Bilan économique 2003 - Emploi : effectifs en baisse

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L'emploi salarié en Champagne-Ardenne a diminué de 1%, soit un peu plus de 3 000 emplois détruits. Tous les départements de la région ont enregistré une contraction de leurs effectifs salariés. Les Ardennes et dans une moindre mesure l'Aube sont les plus touchés. La Haute-Marne et la Marne, avec un secteur tertiaire plus développé, ont mieux résisté. L'emploi salarié industriel (hors intérimaires), qui représente le tiers des emplois concurrentiels de la région a perdu 4 000 emplois. Pour la deuxième année consécutive, les créations d'emplois dans le secteur tertiaire concurrentiel ont très modérément augmenté tant au niveau national qu'en Champagne-Ardenne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI
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EFFECTIFS EN BAISSE
our la première fois depuis la récession de
Evolution de l’emploi salarié privé1993 et après une faible croissance de
0,2% en 2002, l’emploi salarié français a
Unités : nombre et % Déc.2002 Déc. 2003 EvolutionPreculé dans les secteurs concurrentiels
non agricoles. Environ 50 000 emplois ont été perdus soit, Ardennes 61 230 60 121 -1,8
en glissement annuel - d’un mois de décembre à l’autre - Aube 72 684 71 806 -1,2
une baisse de 0,3%. La situation a encore été moins favo-
Marne 138 220 137 226 -0,7rable en Champagne-Ardenne avec une diminution de 1 %
et un peu plus de 3 000 emplois perdus, le tissu écono- Haute-Marne 45 147 44 832 -0,7
mique régional étant fortement sensible à la dégradation de
Champagne- 317 281 313 985 -1,0la conjoncture industrielle. L’emploi champardennais Ardenne
s’est replié tout au long de l’année 2003, la baisse ayant
Source : INSEE - URSSAF - DARESété légèrement moins marquée au cours du second se-
mestre (-0,4% en glissement semestriel) que durant le pre-
mier (-0,6%). Au niveau national, le recul a eu lieu au Les quatre départements champardennais ont subi des
premier semestre (-0,4% en glissement semestriel) alors pertes en 2003, en particulier l’Aube, où l’emploi indus-
que l’emploi s’est par la suite quasiment stabilisé au se- triel s’est contracté de 6,1% ; dans les Ardennes et la
cond semestre. Marne la chute a été de même ampleur (-3%) alors qu’en
Autre indicateur témoignant des difficultés sur le marché Haute-Marne les effectifs ont fléchi de 2,3%.
du travail champardennais, le recours au chômage partiel Pratiquement tous les secteurs ont été touchés : les indus-
s’est fortement accéléré, le nombre d’heures autorisées tries des biens intermédiaires (-5,1% en glissement annuel,
ayant progressé de 26% en un an. Tous les départements soit 2 700 postes), les industries agricoles et alimentai-
de la région ont enregistré une contraction de leurs effec- res (-3,3% soit 540 postes), les biens de consomma-
-tifs salariés, les Ardennes (-1,8%) et dans une moindre me tion (-3,2% soit 480 postes), et celles des biens
sure l’Aube (-1,2%) sont les plus touchés. Grâce à son d’équipement (-2,9% soit 440 postes). Dans ces secteurs,
secteur tertiaire plus développé, la Marne a mieux résisté souvent marqués par le ralentissement de la demande eu-
(-0,7%). En Haute-Marne, l’emploi a également diminué ropéenne, les entreprises ont dû poursuivre le processus
de 0,7%. d’ajustement de leurs effectifs. Ainsi, de nombreux em-
plois ont été supprimés dans la métallurgie et la transfor-
mation des métaux, notamment dans les Ardennes et laChute de l’emploi dans l’industrie
Marne.
Si les fournisseurs de premier rang de l’automobile ont
Représentant le tiers des emplois concurrentiels de la ré- souvent perdu de nombreux postes de travail, l’emploi
gion, contre environ le quart au niveau national, l’emploi chez les grands équipementiers automobiles - constituant
salarié industriel (non compris les intérimaires employés le secteur automobile stricto-sensu - s’est finalement accru
dans l’industrie) s’est replié de 3,7%, soit une suppression de 1%, après cependant une forte baisse en 2002 (-3,8%).
d’environ 4 000 emplois au cours de l’année 2003. Cette Dans le textile et l’habillement, les fermetures d’entrepri-
baisse - supérieure d’un point à celle observée à l’échelon ses - ou leurs reprises - se sont encore traduites par de
national - provient d’une présence relativement plus im- lourds plans sociaux et le département de l’Aube est resté
portante, dans la région, des activités manufacturières. très pénalisé.
INSEE DOSSIER Champagne-Ardenne n°18En 2003, l’emploi champardennais dans la construction a Evolution de l’emploi salarié privé
progressé de 1% en glissement annuel (1,1% au niveau en Champagne-Ardenne
national). Dans ce secteur, l’augmentation de l’emploi est Indice base 100 au 31 décembre 1996 25
sensiblement du même ordre de grandeur dans chacun
120des départements de la région.
Tertiaire
115
ConstructionFaible progression dans le tertiaire
110
Toutes activitésmarchand
105
Pour la deuxième année consécutive, les créations d’em-
100
ploi dans le secteur tertiaire concurrentiel ont très modéré-
ment progressé tant au niveau national, qu’en
95
Champagne-Ardenne (+0,3%). Hormis les Ardennes en
Industrie
repli, tous les autres départements de la région ont connu 90
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003des hausses : +1,7% dans l’Aube et +0,3% dans la Marne
et la Haute-Marne. Source : UNEDIC (données trimestrielles corrigées des
variations saisonnières)Cependant, la variation de l’emploi tertiaire champarden-
nais a été - comme pour les années passées - affectée par
les fluctuations de l’emploi intérimaire. En effet, les effec-
tifs d’intérimaires sont comptabilisés conventionnelle-
NOTE METHODOLOGIQUE.ment dans les services aux entreprises - indépendamment
des activités réellement exercées par les missionnaires - et
Une mesure de l’emploi en trois temps.
le recours à l’intérim est devenu, pour de nombreuses en-
treprises, le mode privilégié de régulation des effectifs Les statistiques de l’emploi départemental au 31 décembre sont éta-
blies en trois phases :pour s’adapter au moindre retournement de la conjonc-
* Les informations « provisoires » publiées dans cet article sont relati-
ture économique. En Champagne-Ardenne l’emploi intéri-
ves à l’emploi salarié dans les « secteurs concurrentiels » qui
maire a baissé de 4,4% de décembre 2002 à décembre regroupent toutes les activités économiques hors agriculture, admi-
nistration, éducation, santé et action sociale. Elles proviennent d’indi-2003, alors qu’au niveau national il a été quasiment
cateurs calculés à partir de l’exploitation des bordereaux destable.
versement de cotisations sociales aux URSSAF, renseignés par l’en-
Hors intérim, l’emploi salarié a continué de s’accroître
semble des entreprises de toutes tailles, y compris les entreprises pu-
(+0,6%), notamment dans les activités de services aux en- bliques (SNCF, La Poste, EDF-GDF, etc.) L’intérim est connu par la
DARES ( Ministère des Affaires Sociales et du Travail) qui exploite lestreprises (+3,5%), sous l’effet de la poursuite de l’externali-
relevés des missions d’intérim que l’Unedic met à sa disposition. Lessation de certaines tâches (nettoyage, gardiennage…) et
variations d’emploi sont mesurées à activité constante sur l’année.
grâce aux recrutements dans les centres d’appels télépho-
* En fin d’année 2004, des estimations départementales d’emploi
niques, notamment dans l’Aube. «semi-définitives 2003 » sont établies par actualisation d’une base de
Dans le secteur des transports (hors SNCF) la croissance personnes en emploi, issue du Recensement de la population de
1999. Les données exhaustives de l’UNEDIC - qui constituent alors laest restée modeste (+0,3%) après une année 2002 de quasi
source principale de calcul des évolutions - sont complétées par des
stagnation. Les activités financières et immobilières ont
informations recueillies auprès de divers organismes (fichiers de paye
également enregistré de faibles progressions d’emplois : des agents de l’Etat, enquête auprès des collectivités territoriales, Mu-
tualité Sociale Agricole, etc.) pour couvrir la totalité du champ écono-+0,5% et +0,4% respectivement.
mique ainsi que l’emploi non-salarié.Le niveau de l’emploi dans le commerce est demeuré pra-
L’activité économique d’un établissement est celle du 31/12 et des
tiquement stable en Champagne-Ardenne alors qu’au ni-
« glissements d’activité » - d’une année sur l’autre – peuvent alors
veau national il a enregistré une progression relativement conduire à des évolutions sensiblement différentes de celles obtenues
provisoirement.importante (+1,2%) et ce en dépit d’une consommation
* Enfin, des rectifications – le plus souvent mineures – sur les sourcesdes ménages peu dynamique en 2003.
d’actualisation sont réalisées en fin d’année 2005, pour obtenir une
Malgré une croissance assez forte des créations d’em-
statistique « définitive » de l’emploi total au 31/12/2003, pour la ré-
plois domestiques, l’emploi dans les services aux parti- gion et chacun de ses départements.
culiers a baissé d’environ 0,5%, en raison de pertes
d’emploi dans les cafés hôtels restaurants et les activités
récréatives qui ont été pénalisées par l’atonie de la de-
mande des ménages.
Patrick Bouny
INSEE DOSSIER Champagne-Ardenne nº18

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