Bilan socio-économique 2003 : EMPLOI - Emploi salarié privé dans les établissements de 10 salariés et plus : premier recul depuis dix ans

De
Publié par

Les nombreuses fermetures de gros établissements ont affecté l'emploi industriel régional. La construction a résisté et les effectifs dans le tertiaire n'ont crû que faiblement. Au total 3 900 postes ont été supprimés en 2003.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 20
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

Emploi
Emploi salarié privé dans les établissements de
10 salariés et plus : premier recul depuis dix ans
Les nombreuses fermetures de gros établissements ont Évolution de l’emploi salarié dans les
établissements de 10 salariés et plus duaffecté l’emploi industriel régional. La construction a résisté et
secteur privé non agricole
les effectifs dans le tertiaire n’ont crû que faiblement. Au total,
3 900 postes ont été supprimés en 2003.
Au 31 décembre 2003, 777 800 salariés étaient dénombrés dans
la région au sein des établissements du secteur privé non
agricole de 10 salariés et plus, lesquels enregistraient pour la
première fois depuis 1993 une baisse de leurs effectifs par
rapport à l’année précédente (-0,5 %). Cette décroissance de
l’emploi s’est traduite par la perte d’un volume de près de 3 900
postes sur l’année, alors que la région Nord-Pas-de-Calais avait
dégagé un gain de 4 300 postes l’année précédente. Ce recul Source : Une dic - Sta tis ti ques tri mes triel les - Don nées CVS
provient en grande partie des réductions d’emplois dans Dans l’industrie agroalimentaire, le
l’industrie y compris l’énergie (-3,5%), liées à la fermeture de nombre de salariés a reculé de 0,4%, plus
nombreuses grosses unités. La conjoncture économique faiblement que dans la plupart des autres
défavorable s’est répercutée négativement sur le secteur de la secteurs industriels. Ce retrait est
construction qui a perdu 0,5% de ses effectifs. Ces pertes n’ont principalement imputable à la diminution des
pas été compensées par les créations d’emplois dans le tertiaire. effectifs dans les industries alimentaires
diverses, liée à des restructurations ou des
Ce repli de l’emploi a été plus marqué dans le Nord (-0,6%) où la délocalisations dans la confiserie (La Pie qui
baisse a été deux fois plus rapide que dans le Pas-de-Calais Chante : -142 salariés), la biscuiterie
(-0,3%). (Lu : -247 salariés) et les conserveries.
La dégradation de l’emploi en 2001 et 2002
Après avoir connu une progression durant les six premiers mois dans les industries des biens intermédiaires
(+1,0% en variation trimestrielle moyenne), l’emploi salarié privé s‘est amplifiée en 2003. Elles enregistrent une
(en données brutes) n’a cessé de décroître au cours des six nette baisse des effectifs (-3,7%) représentant
derniers mois suivant une variation trimestrielle moyenne de un volume de plus de 4 200 emplois. Ces
-1,3%. En fin d’année, ce recul s’est amplifié (-1,5%), lié au fort pertes d’effectifs proviennent en grande partie
repli des effectifs dans l’industrie (-1,4%) qui a entraîné dans son du textile (-1 700 salariés). Elles sont dues
sillage une nette diminution du nombre de postes dans les principalement aux restructurations ou à la
services (-2,7%). Dans la construction, les effectifs ont été fermeture d’établissements (filature de
relativement stables durant les neufs premiers mois, mais ont Saint-Liévin, filature Caulliez, Intexal-Rodier,
fléchi en fin d’année (-0,8%). Enfin, si l’emploi dans le commerce tissage de Linselles, peignage Auchelaine,
a légèrement progressé en glissement annuel, il a connu des Saint-Maclou, Prod’hygia, etc.), principalement
baisses au premier et au troisième trimestre, en accusant pour des raisons de délocalisation vers des
respectivement un recul de 1,9% et 1,3%, compensé par des pays où la législation est moins contraignante
progressions de 2% au deuxième trimestre et de 1,6% au qu’en Europe. La métallurgie et
quatrième trimestre. transformation des métaux (-1 600 salariés)
contribue largement aux pertes, avec
Sombre année dans la quasi-totalité des secteurs essentiellement les fermetures de Metaleurop,
industriels de la Comilog et de la restructuration au sein
d’Arcelor.
Depuis fin décembre 2001, l’emploi dans l’industrie Résultant de la faiblesse persistante de la
manufacturière (non compris les intérimaires) subit une sensible demande tant intérieure qu’extérieure durant
régression suivant un rythme annuel moyen proche des 3,2%. l’année, l’emploi salarié dans les biens
Cependant, cette évolution n’est pas homogène et diffère dans d’équipement accuse une baisse sensible
son mouvement selon les secteurs industriels. (-5,1%) en 2003. Cette perte d’effectifs
d’environ 2 100 personnes résulte en
majeure partie des secteurs de la
Bilan socio-économique 2003 32 Insee Nord-Pas-de-CalaisEmploi
chaudronnerie (-11,4%) et de la fabrication pertes dénombrées durant l’année 2002, la baisse de l’emploi
de machines industrielles (-7,3%). dans l’activité informatique s’est sensiblement atténuée (-2,8%,
Globalement, le niveau de l’emploi dans les soit moins de 300 postes) tandis que les effectifs des services de
industries des biens de consommation conseils se sont accrus de 2,1%, soit plus de 810 postes.
recule, mais de manière un peu moins vive Dans un marché très actif, l’emploi dans l’immobilier a
qu’en 2002 (-8,6% contre -13,2%). Cette sensiblement progressé (+5,6%).
perte représente un volume de plus de 2 000 Soumise à une activité fortement concurrentielle et très
emplois. Ces mauvais résultats sont dus internationalisée, ainsi qu’à une plus faible demande régionale, la
pour moitié à la poursuite de l’effondrement situation de l’emploi dans les transports s’est orientée de
de l’emploi dans l’habillement (-17,2%), nouveau à la baisse (-0,7%) par rapport à l’an passé. Cette
toutefois moins prononcé qu’en 2002 dégradation a principalement concerné le secteur du transport
(-30,4%). de marchandises.
Malgré ce contexte, quelques secteurs
industriels parviennent à augmenter leurs
Évolution de l’emploi salarié privé dans les établissements
effectifs salariés. Le dynamisme de la
de 10 salariés et plus par grand secteur d’activité
branche automobile s’est traduit sur l’année
par une progression de 1,1% (hors emplois
intérimaires). Le secteur entraîne dans son
sillage les industries de transformation des
matières plastiques (+2,2%). Le matériel de
transport autre que l’automobile échappe à
l’évolution négative dans les biens
d’équipement et voit son nombre d’emplois
progresser de 1,1%, progression toutefois
moins forte qu’en 2002 (+10,1%).
Très légère baisse de l’emploi dans la
construction
Après avoir connu une croissance continue
au cours des dernières années, les effectifs
salariés de la construction (non compris les Source : Une dic - Sta tis ti ques tri mes triel les - Don nées CVS
intérimaires occupés dans le secteur) ont
Faible croissance des effectifs dans le commerceaccusé un léger recul (-0,4%) au cours de
l’année 2003. Le dynamisme du secteur des
Globalement, les effectifs salariés dans le commerce onttravaux publics (plus de 500 postes) n’a
légèrement progressé (+0,1%). Cependant, l’effritement decompensé qu’en partie la perte des 750
l’activité dans le commerce de détail a engendré un netemplois enregistrée dans le bâtiment.
ralentissement des créations d’emplois, lesquelles représentent
moins de 500 postes, soit quatre fois moins qu’en 2002. Si lesLégère progression des effectifs dans le
effectifs dans le commerce de gros alimentaire et dans celui
tertiaire
des biens de consommation non alimentaires se sont
stabilisés, ceux du commerce de gros inter-industriel
Sur l’ensemble de l’année 2003, l’emploi
s’orientent à la hausse (+2,0%). L’emploi dans le commerce etsalarié du tertiaire a progressé suivant un
réparation automobile accuse un léger recul (-0,9%).
rythme moins soutenu qu’en 2002 (+0,9%
contre +3,1%). Cette légère croissance a
Comparée à l’an passé, l’évolution de l’emploi salarié dans le
engendré un volume de créations d’environ
reste du tertiaire a été stimulée par des créations d’emplois dans1 600 postes, nettement plus faible que les
les secteurs de l’action sociale (+4,1%) et de l’activité
10 500 de l’année précédente. Ce phénomène
hospitalière (+3,4%). Globalement, cet accroissement
s’explique principalement par un climat
représenterait près de 2 900 salariés. Toutefois, la
économique jugé incertain, maintenant le
non-reconduction d’un certain nombre de contrats aidés a
recours à l’intérim au même niveau que celui
contribué à la régression de l’emploi au sein des secteursde l’année précédente dans l’industrie et
« activités associatives » (-2,8%) et « actions culturelles »
dans les secteurs de la construction et du
(-9,9%) dont le volume a respectivement enregistré une baisse
tertiaire. Dans leur globalité, les services
proche de 300 et 550 postes.
aux entreprises ont bénéficié d’une faible
croissance de l’emploi (+1,3%), pour un gain
proche de 1 300 salariés. Après les fortes
Insee Nord-Pas-de-Calais 33 Bilan socio-économique 2003Emploi
Évolution de l'emploi salarié privé dans les établissements de 10 salariés et plus par activité,
du 31 décembre 2002 au 31 décembre 2003 dans le Nord-Pas-de-Calais
Année Taux d’évolution Taux de
Activité économique (Nomenclature économique de 2003-2002 couverture au2002 2003synthèse niveaux 4 et 16) en % 31.12.2002 en % (1)
en milliers en milliers
Industrie (hors énergie) 238,5 230,3 -3,4 91,2
30,8 30,7 -0,3 79,9 Industries agricoles et alimentaires
24,4 22,3 -8,6 87,8 Industries des biens de consommation
Habillement, cuir 5,4 4,4 -17,2
Édition, imprimerie, reproduction 8,4 8,1 -4,1
Pharmacie, parfumerie et entretien 4,0 3,8 -5,4
Industries des équipements du foyer 6,6 6,0 -9,3
28,3 28,6 +1,1 99,0 Industrie automobile
40,0 38,0 -5,1 91,5 Industies des biens d’équipement
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 5,3 5,4 +1,1
Industries des équipements mécaniques 28,3 26,1 -7,6
Industries des équipements électriques et électroniques 6,4 6,5 +1,2
114,9 110,7 -3,7 93,7 Industrie des biens intermédiaires
Industries des produits minéraux 18,6 18,4 -1,4
Industrie textile 21,5 20,0 -7,0
Industries du bois et du papier 10,9 10,5 -4,0
Chimie, caoutchouc, plastiques 21,5 21,4 -0,8
Métallurgie et transformation des métaux 37,0 35,4 -4,1
Industries des composants électriques et électroniques 5,4 5,0 -6,6
Énergie 3,7 3,6 -2,8 92,9
Construction 55,7 55,4 -0,4 72,7
Tertiaire 484,0 488,5 +0,9
Commerce 128,8 128,9 +0,1 69,5
Transports 42,9 42,6 -0,7 86,0
Activités financières et immobilières 29,5 29,7 +0,6 69,0
Services aux entreprises 140,2 142,0 +1,3 89,2
Autres secteurs tertiaires (santé, action sociale, services 142,7 145,3 +1,8 75,0aux particuliers, etc.)
Ensemble 781,8 777,8 -0,5 83,5
(1) Le taux de cou ver ture est égal, dans un sec teur don né, à l’ef fec tif des éta blis se ments de 10 sa la riés et plus rap por té à l’ef fec tif des éta blis se ments ayant au moins un sa la r ié,
au 31 dé cembre 2002.
Source : Insee, Asse dic des Pays du Nord et du Pas-de-Ca lais
Ray mond BÉNARD
Pre miers ré sul tats dans les éta blis se ments de tou tes tail les : re cul glo bal
Insee - Ser vice Sta tis tiquede 0,4% de l’em ploi sa la rié pri vé
Des in di ca tions plus fra gi les mais sur un champ plus large mi ses à dis po si tion par
les Asse dic des Pays du Nord et du Pas-de-Ca lais confir me raient en grande
partie les ten dan ces que nous avons don nées dans la pre mière partie : ain si, sur
l’en semble des éta blis se ments quelle que soit la taille de leur ef fec tif, le bi lan
glo bal se sol de rait par la dis pa ri tion d’en vi ron 4 500 em plois (-0,4%) après la
créa tion de 11 600 em plois en 2002.
M éthodologie
Les statistiques d’emploi salarié proposées dans ce chapitre sont tirées des relevés trimestriels de l’Unedic. Elles concernent les effectifs des
établissements employant au moins 10 salariés, qui représentent près des quatre cinquièmes de la totalité des salariés de l’ensemble des
établissements affiliés à l’Unedic. Ces données partielles peuvent être sujettes à des effets de passage du seuil des 10 salariés en cours
d’année civile.
En effet, un établissement dont l’effectif en début d’année N est inférieur à 10 est assujetti à la simplification de recouvrement (une unique
déclaration en fin d’année N), pour la totalité de l’année N, même si au cours de cette période son effectif devient supérieur à 10 salariés. Ce
dernier n’interviendra donc pas dans les statistiques trimestrielles sur l’emploi.
À l’inverse, si au début de l’année N un établissement appartient à l’ensemble des établissements d ont l’effectif est supérieur à 10, il ne sera pas
soumis à cette mesure de simplification administrative pendant toute la période où son effectif sera supérieur à 10 salariés, et établira une
déclaration pour chacun de ces trimestres. On constate que des établissements appartenant au second ensemble peuvent disparaître des
statistiques trimestrielles sur l’emploi au cours de l’année civile.
Bilan socio-économique 2003 34 Insee Nord-Pas-de-Calais

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.