Conjoncture 2005 : un début d'année hésitant

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L'Ile-de-France connaît en ce début d'année 2005 une conjoncture mitigée. Les perspectives de croissance nationale se limitent à 1,5 % sur l'année dans un contexte incertain marqué par la hausse des cours du pétrole. Malgré cela, on note sur le marché du travail francilien des signes de reprise, notamment sur le volume des offres d'emploi. Les niveaux d'emploi et de chômage semblent se stabiliser.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
ILEDEFRANCE
’environnement international de la zone euro paraît moins porteur
en 2005 qu’en 2004. Le ralentissement de la croissance auxL Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Japon pèse sur la de-
mande adressée à la zone euro. Cette faible demande extérieure,
conjuguée à l’enlisement de la demande de nos partenaires européens et
au cours élevé du pétrole, a entravé la reprise qui s’était amorcée fin 2004
en France.
L’Ile-de-France a croissance plie mais ne rompt pasL
connaît en ce début
Au premier trimestre 2005, la croissance s’est élevée à 0,2 %, soutenued’année 2005
par la consommation des ménages et l’investissement encore dyna-une conjoncture
miques. En revanche, la production des entreprises a stagné, et mêmeéconomique mitigée.
régressé dans l’industrie. Les chefs d’entreprise n’anticipent pas d’amé-Les perspectives
lioration avant la fin du deuxième trimestre.
de croissance nationale
se limitent à 1,5 % Une reprise progressive de l’activité est attendue au second semestre,
sur l’année, dans un grâce à la détente observée sur le cours de l’euro qui devrait favoriser les
contexte incertain exportations. Au total, la croissance 2005 serait de 1,5 %, en dessous de
marqué par la hausse son rythme de longue période. Ces résultats médiocres se répercuteraient
des cours du pétrole. sur l’emploi qui stagnerait au premier semestre et progresserait
faiblement au second.Malgré cela,
on note sur le marché
Deux aléas principaux pèsent sur ces prévisions : une nouvelle flambéedu travail francilien
des cours du pétrole pourrait hypothéquer la reprise ; à l’inverse, une
des signes de reprise,
nouvelle impulsion donnée à la politique macro-économique euro-
notamment
péenne constituerait un soutien à la demande interne de la zone euro.
sur le volume des
offres d’emploi. En Ile-de-France, le début d’année 2005 s’inscrit en continuité avec la fin
Les niveaux d’emploi d’année 2004 : la situation est toujours en demi-teinte. Certains secteurs
et de chômage d’activité ont vu leur activité croître, d’autres ont connu plus de difficul-
tés. La situation sur le marché du travail s’est stabilisée.semblent se stabiliser.
MENSUEL N° 253 - JUILLET 2005 - 2,2€
àlapage
Conjoncturene activité au ralenti dans l’industrie onstruction : activité soutenueU C
Début 2005, les responsables d’entreprises industrielles, Après une très bonne année 2004 pour la construction de
interrogés par la Banque de France, escomptaient une re- logements (43 770 logements autorisés), le rythme de pro-
prise d’activité pour le premier trimestre. L’embellie at- gression des autorisations de construire a ralenti au premier
tendue n’a pas eu lieu, malgré le léger rebond du mois de trimestre 2005 (Figure 2). Elles sont en augmentation de
mai. Globalement, l’activité se situe autour de son niveau de 6 % par rapport au premier trimestre 2004, après des
longue période. Seule, l’industrie des biens d’équipement hausses de plus de 20 % les trois trimestres précédents.
bénéficie d’un courant d’affaires porteur : sa production a
augmenté sur les cinq premiers mois de l’année et ses car- Le niveau élevé des autorisations de construire déposées en
nets de commande se sont étoffés. Dans les autres secteurs 2004 devrait générer un volume de travaux important pour
de l’industrie, les carnets de commande sont juste suffisants 2005. Compte tenu des mauvaises conditions climatiques du
et les perspectives d’activité pour les prochains mois sont début d’année, le pic d’activité devrait se situer en milieu
modérément optimistes. d’année. Les mises en chantier du premier trimestre 2005 ont
augmenté de 2,5 % par rapport au 2004.
es services marchands bien orientésL
L’activité dans les travaux publics devrait également être
assez soutenue en 2005. Les carnets de commande des en-Dans les services marchands, les chefs d’entreprise ont cons-
trepreneurs sont biens garnis et la fin de certaines grossestaté une légère progression de leur activité au premier se-
opérations se traduit par des travaux conséquents.mestre sauf dans les transports routiers de marchandises.
L’activité s’est notamment améliorée dans le secteur du tra-
vail temporaire, que ce soit pour les contrats de courte ou de
longue durée. Figure 2 - Logements ordinaires autorisés et commencés
NombrePour l’ensemble des services marchands, les prévisions d’activité
16 000
sont assez favorables à l’exception des transports routiers de
14 000
marchandises.
12 000
10 000
eprise de l’activité touristique 8 000R
6 000
Après un début d’année difficile, l’activité touristique connaît 4 000
un regain d’activité depuis le mois de mars (Figure 1). De jan-
2 000
vier à mai 2005, le nombre des arrivées s’accroît de 8,8 % par
0
er e e e er e e e er1T. 2T. 3T. 4T. 1T. 2T. 3T. 4T. 1T.rapport aux mêmes mois de 2004. Dans la même période, le
2003 2004 2005nombre des nuitées progresse de 4,1 %. Cette amélioration est
Logements autorisés Logements commencés
essentiellement due à la clientèle française dont les nuitées
augmentent de 7,3 % sur la période, alors que les nuitées des Source : ministère de l'Equipement/SG/DAEI/SESP, SITADEL (Système d'information et de
traitement automatisé des données élementaires sur les logements et les locaux)touristes étrangers sont quasi stables (+ 1,5 %).
Les durées moyennes de séjour restant toujours assez courtes,
le taux d’occupation des hôtels ne croît que modérément
es créations d’entreprises(1 point en moyenne depuis janvier 2005). D
moins nombreuses
Figure 1 - Taux d'occupation des hôtels de 0 à 4 étoiles-luxe
Depuis un an, le nombre d’entreprises créées dans la80
région estorientéàlabaisse.Cemouvement fait suite
75 aux très fortes hausses des créations d’entreprises ob-
servées en 2003. Le volume de créations reste élevé70
(près de 17 500 entreprises créées au premier trimestre
65 2005). Dans les services aux entreprises, principal sec-
teur des nouvelles entreprises, le nombre de créations60
est stable.
55
50
Parallèlement, le nombre de défaillances d’entrepri-Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
ses publiées au BODACC, entre avril 2004 et mars 2005,2003 2004 2005
est stable par rapport aux quatre trimestres précédents
Source : Insee, enquête de fréquentation hôtelière - Direction du Tourisme - Observatoire
régional du tourisme d'Ile-de-France (avril 2003 à mars 2004) : autour de 10 900 unités.à durée déterminée de 6 mois ou moins. On retrouve ainsi,égère hausse de l'emploi salariéL pour la première fois depuis le retournement conjoncturel de
dans le secteur privé
mi-2001, un rythme mensuel de dépôt des offres presque
équivalent à celui observé en 2000, au plus fort de la période
Les estimations provisoires de l’Unedic font apparaître une de croissance. Toutefois, les offres de contrats durables sont
légère progression de l’emploi au premier trimestre 2005 dans nettement moins nombreuses qu’il y a cinq ans, alors que les
le secteur privé non agricole : 3 917 000 salariés en données offres de courte durée sont en augmentation.
CVS, soit + 0,3 % par rapport au trimestre précédent (Figure 3).
Après la baisse enregistrée au dernier trimestre 2004, la région
La croissance des offres d’emploi reçues à l’ANPE a été
revient ainsi à son niveau du troisième trimestre 2004. A beaucoup plus marquée en Ile-de-France qu’au niveau natio-
l’inverse, les effectifs salariés diminuent légèrement en pro- nal (+ 6,9 %). Elle a été particulièrement élevée pour les pos-
vince au premier trimestre 2005 (- 0,1 %), après avoir augmen- tes de cadres et de professions intermédiaires, ainsi que dans
té au cours du précédent (+ 0,3 %).
les secteurs des services marchands, des services non mar-
chands, des transports et des télécommunications. A l’inverse,
Sur un an, la croissance de l’emploi en Ile-de-France (+ 0,3 %)
cette évolution a été faible, ou négative, dans quelques sec-
est un peu plus faible que celle observée au niveau national
teurs : activités financières, industries des biens d’équipement,
(+ 0,5 %). Le secteur industriel continue à perdre régulière-
construction.
ment des emplois (- 3,1 % en un an), alors que le secteur de la
construction connaît une légère hausse (+ 0,9 %). Après avoir
Les données du premier trimestre 2005 sur l’intérim ne confir-supprimé de nombreux emplois en 2003, le secteur tertiaire
ment pas cette reprise de l’activité. Certes, il y a une légère aug-est revenu à son niveau de fin 2002 (3 131 000 emplois, soit
mentation du volume des missions réalisées par rapport au79,9 % des effectifs du secteur privé non agricole).
premier trimestre 2004. Mais celle-ci reste faible (+ 2,1 % en
équivalent emploi à temps plein - EETP -), alors que l’intérimAu cours des quatre derniers trimestres, la reprise de l’emploi
avait connu un net recul au premier trimestre 2004. Quelquesprivésembleavoir étéparticulièrement marquéedanstrois
secteurs ont néanmoins accrû leur recours aux missionssecteurs d’activité : télécommunications, conseil et assis-
d’intérim : ceux où la situation de l’emploi paraît s’améliorertance, santé et action sociale. Elle n’est guère sensible dans
sensiblement (conseil et assistance, transports et télécommu-les autres activités du secteur tertiaire, notamment dans le
nications), mais aussi les industries des biens d’équipement etcommercededétail.
la construction.
Figure 3 - Emploi salarié n chômage stabilisé à un haut niveauUdans le secteur privé non agricole
Estimations trimestrielles (CVS)
Le taux de chômage francilien a rejoint le taux de chômage na-
4 000 000 tional au troisième trimestre 2003. Depuis lors, il a peu varié
d’un trimestre à l’autre, se stabilisant à 10,0 % durant toute
3 980 000 l’année 2004 (Figure 4). Au premier trimestre 2005, le taux de
chômage est reparti à la hausse (+ 0,1 point), mais celle-ci a été
un peu plus faible qu’en moyenne nationale (+ 0,2 point).3 960 000
3 940 000
Figure 4 - Taux de chômage par département
3 920 000
%
16
3 900 000
14,1
14,0
14
11,63 880 000 12 11,4
10,4 10,1 10,29,8 9,9 10,010,09,610 9,4 9,5
8,4
7,9 8,07,9 7,8 7,88Sources : Garp/Unedic
6
4ne forte augmentation des offres d’emploiU
déposées à l’ANPE 2
0
La très nette hausse du volume des offres d’emploi enregis- Paris Hauts- Seine- Val- Seine- Yvelines Essonne Val- Ile- France
de- Saint- de- et- d'Oise de- métro.trées à l’ANPE entre janvier et mai 2005, par rapport à la Seine Denis Marne Marne France
même période de l’année précédente (+ 18,4 %), semble être er er
1 trimestre 2004 1 trimestre 2005
le signe d’une reprise des recrutements. De plus, les offres du-
Source : Insee, données CVS en fin de trimestrerables ont progressé un peu plus vite que les offres de contrat
Mars 01
Juin 01
Sept. 01
Déc. 01
Mars 02
Juin 02
Sept. 02
Déc. 02
Mars 03
Juin 03
Sept. 03
Déc. 03
Mars 04
Juin 04
Sept. 04
Déc. 04
Mars 05Figure 5 - Evolution du nombre de demandeurs d'emploi selon utres contributeurs du diagnosticAl'ancienneté de l'inscription
Base 100 en janvier 1998 conjoncturel
110
ANPE, délégation régionale d’Ile-de-France : Christine Féjard
100 Cellule économique Ile-de-France pour la construction, les travaux publics et
les matériaux : Hervé Vibert
90 CRCI Paris Ile-de-France : Thomas Bertaud
Crocis : Aurélie Terlier
80
Dreif : Jérémy Comet
Garp : Frédéric Savalle
70
Ortif : Catherine Avignon
60 RGF : Danièle Marty
50
La politique de l’emploi semble avoir eu peu d’impact sur le ni-
depuis moins de 1 an depuis1à2ans depuis 2 ans ou plus veau du chômage depuis le début de l’année. Le premier se-
mestre 2005 a, en effet, été une période de transformation des
Champ : demandeurs d'emploi de catégorie 1 (CVS) en fin de mois mesures existantes et de mise en place de nombreux disposi-Sources : ANPE et Dares
tifs nouveaux dans les secteurs marchands et non marchands,
qui ne devraient produire leur plein effet qu’à partir du second
semestre.
L’évolution des inscriptions à l’ANPE confirme cette orienta-
tion pour le premier trimestre 2005, avec une hausse de 0,9 %
Rédaction achevée le 8 juillet 20051du nombre des demandeurs d’emploi inscrits en catégorie 1 .Ce-
pendant un retournement de tendance, qui reste à confirmer, a
été observé en avril et mai, avec une baisse de 1,4 %. Le
NathalieGUILLONDESHAYESnombre des demandeurs d’emploi est donc en léger recul en
InseeIle-de-FranceIle-de-France sur les cinq premiers mois de l’année (- 0,5 %),
BernardSIMONIN
alors qu’il s’accroît de 1,6 % en France métropolitaine.
DRTEFPIle-de-France
Aveclacollaborationdenombreuxcontributeurs(voirencadré)
Au premier semestre 2005, le chômage des cadres poursuit la
décrue amorcée en 2004, après la très forte augmentation des
années 2002 et 2003. La situation des autres catégories socio- our en savoir plusPprofessionnelles ne s’améliore pas. Elle continue même à se
dégrader pour les employés, ainsi que pour les femmes. Le
« Regards sur… l’année économique et sociale 2004 », Insee Ile-de-France,nombre des demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE depuis
juin 2005.
moins d’un an est en légère baisse, alors que le chômage de
très longue durée (inscrits à l’ANPE depuis plus de deux ans) « Note de conjoncture », Insee Conjoncture, juin 2005.
continue à croître (Figure 5).
« Conjoncture de l’emploi et du chômage au premier trimestre 2005 :
turbulences sur le marché du travail », Dares, Premières informations,
n° 26.2, juin 2005.
« Bulletin mensuel d’informations sur le marché du travail », DRTEFP
1
Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles à la recherche d’un emploi à temps Ile-de-France, Bref Ile-de-France, n° 14, juin 2005.
plein et à durée indéterminée, n’ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois.
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www.insee.fr/ile-de-france
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