Connaître pour agir : des indicateurs au service des politiques sociales

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hoi sir les indi ca teurs les plus adap tés à Cl’ap pré hen sion de la pau vreté n’est pas chose aisée. Le pilo tage des poli ti ques publi ques requiert de dis p o ser d’une infor ma ti on per ti nente et cohé rente à l’é chelle nationale comme locale. La mise à dis po si tion d’un socle d’in di ca teurs com muns à l’en semble des conseils géné raux dans le domaine de l’ac tion sociale, en coor di na tion avec le Con seil natio nal de l’in for ma tion sta tis tique (Cnis), offre de nou vel les métho des de tra vail. Les ana ly ses qui en décou lent peu vent aider aux choix des poli ti ques prio ri tai res à de Avec la par t i ci pa t ion de F.Dele pou lle et de L.Ribeiro du Dépar te ment du Pas-de-Calais multiples échelles, du département à la commune. Con naître pour agir : des indi ca teurs au ser vice des poli ti ques socia les Le groupe de tra vail indi ca te urs Des ana l y ses nati o na les et loca les ont d’in di ca teurs défini par le groupe soci aux dépar t e men ta ux du Cnis, été condui tes pour éprou ver la jus tesse du Cnis , il est pos sibl e de pro po ser mis en place en 2008 a per mis de de la sélec tion de ces indi ca teurs. Une une typo logie des ter ri toi res sur le cons ti tuer et de mettre à dis po si tion pre mière étude a per mis d’a na ly ser les thème de la pré ca rité à un niveau un noyau dur d’in di ca teu rs per ti nent s.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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hoi sir les indi ca teurs les plus adap tés à
Cl’ap pré hen sion de la pau vreté n’est pas chose
aisée. Le pilo tage des poli ti ques publi ques requiert de
dis p o ser d’une infor ma ti on per ti nente et cohé rente à
l’é chelle nationale comme locale. La mise à dis po si tion
d’un socle d’in di ca teurs com muns à l’en semble des
conseils géné raux dans le domaine de l’ac tion sociale,
en coor di na tion avec le Con seil natio nal de
l’in for ma tion sta tis tique (Cnis), offre de nou vel les
métho des de tra vail. Les ana ly ses qui en décou lent
peu vent aider aux choix des poli ti ques prio ri tai res à de
Avec la par t i ci pa t ion de F.Dele pou lle et
de L.Ribeiro du Dépar te ment du
Pas-de-Calais multiples échelles, du département à la commune.
Con naître pour agir : des indi ca teurs
au ser vice des poli ti ques socia les

Le groupe de tra vail indi ca te urs Des ana l y ses nati o na les et loca les ont d’in di ca teurs défini par le groupe
soci aux dépar t e men ta ux du Cnis, été condui tes pour éprou ver la jus tesse du Cnis , il est pos sibl e de pro po ser
mis en place en 2008 a per mis de de la sélec tion de ces indi ca teurs. Une une typo logie des ter ri toi res sur le
cons ti tuer et de mettre à dis po si tion pre mière étude a per mis d’a na ly ser les thème de la pré ca rité à un niveau
un noyau dur d’in di ca teu rs per ti nent s. dif fé ren ces entre dépa r te ment s en dépar t e men ta l et infra d é par te m en tal ,
Il offre une lec ture par tagée à tous ter mes de pro por tion de la popu la tion offrant une lec ture homo gène aux
les dépar te ments et faci lite la béné fi cia nt d’ai d es à l’in ser t ion ou dif fé rent s éche lons géo gra phi ques .
com pré hen si on des dif fé rents d’ai des à des ti na ti on des per son nes
phé no mè nes en rap port avec les âgées, en regard des indi ca teurs de UNE APPROCHE SPATIALE DE LA
quatre prin ci paux domai nes de context e démo g ra phiq ue, éco no miqu e VULNÉRABILITÉ SOCIALE EN FRANCE
l’ac t ion socia le dépa r te men t ale : ou social .
per son nes âgées, enfance et jeu nesse Une sélec t ion d’in di ca teu rs rela t ifs
en dan g er, inser ti on, per son nes en À tra vers l’axe rela tif à la pré ca rité, aux reve nus, aux niveaux sociaux,
situ a ti on de han di cap . la pré sente étude illustre com ment, à la vie active et aux par cours sco laires
en mobi l i sa nt quel q ues indi ca teurs per met de rendre compte
de contexte choi sis dans le socle de diver s es insuf fi san ces de res sour ces
E nca dré 1 : MÉTHO DO LOGIE DE LA CONS TI TU TION DES DIX CLAS SES DE DÉPAR TE MENTS
Une pre mière ana lyse a per mis de faire émer ger les va ria bles qui con tri buent le plus à l’ana lyse et à la dif fé ren cia tion des
dé par t e ments en ter mes de pré ca ri t é : in ten si té plus ou moins grand e de la pau v re té, bé né fi cia i res des mi ni m a so cia ux,
dif fi cul tés et échecs sco lai res, em ploi non qua li fié, fré quence de la de mande d’em ploi de longue durée, inac ti vi té. La
dé ter m i na t ion des va ri a bl es les plus con tri bu ti v es a conduit , dans un se cond temps , à l’é la bo ra t ion des cla s ses. Les
grou pes de dé par te ments ont en suite été cons ti tués se lon leur ins crip tion sur ces dif fé rents axes d’ana lyse de telle sorte
que les dif fé ren ces entre les grou pes sont les plus for tes tan dis que les écarts au sein des grou pes sont les plus fai bles. Les
24 va ri a bl es ac ti ves re te nues pour l’a na lyse se ré par t is sent se lon quat re thé ma ti qu es :
Rev e nus Emploi Aides socia les Édu ca ti on
Part des reve nus autres que des Part des deman deurs d’em ploi de Part des pres ta tions fami lia les dans le Part des jeu nes de 17 ans en grave
pres ta tions socia les dans le revenu longue durée dans la popu la tion 15 à revenu dis po ni ble des per son n es dif fi culté sco laire
dis po ni ble des per son n es pau vr es 64 ans pau vr es
Part des cou ples avec enfants parmi Taux de chô mage Taux de béné fi ciai res de l’ASE Retard sco laire en sixième
les ména ges pau vres
Part des ména ges com plexes et des Part des per son nes cou ver tes par le Taux de béné fi ciai res du mini mum Pro por tion de jeu nes non diplô més
per son nes seu les parmi les ména ges RSA socle vieil lesse
pau vr es
Part des famil les mono pa ren ta les Part des actifs en emploi non qua li fié Taux de béné fi ciai res de l’ASS
parmi les ména ges pau vres
Part des 0 à 19 ans dans la popu la tion Part des inactifs n’ ayant jamais Taux de béné fi ciai res de l’AAH
pauvre tra vaillé
Part des 65 ans et plus dans la
popu la tion pauvre
Pau vreté des per son nes de 65 ans et
plus
Inten sité de la pau vreté
Pau vr eté
Iné ga l ité des reve nu s
Niveau de vie médian









moné taires et de s ituations d e
pré ca rit é. L’a na lyse de ces indi ca teurs Carte 1: TYPOLOGIE NATIONALE DE LA PRÉCARITÉ
fait appa raître dix grou pes de
dépar t e ments. Les dépar t e ments
s’op po sent d’abord pa r la nature
de la popu la tion touchée par la
pau vreté (enfants et jeu nes, per son nes
âgées ou tous les âges ; famil les
mono pa ren ta l es, ensembl e des fami l les
avec enfants ou autres ménages) .
Vient ensuit e l’op po s i tion entre
pau vreté et niveau de vie élevé, puis
l’hé té ro g é néité entre les nivea ux de
vie au sein d’un même espace, et
enfin la fré quence du chô mage de
longue durée parmi la popu la tion
d’âge actif.
Cette ana lyse per met de cara c té ri ser
les dépar te ments les plus pau vres
selon les spé ci fi ci tés de la popu l a ti on
qui y subit plus qu’ail leurs la
pré ca rit é : per son nes âgées pour
un groupe, enfants et famil les pour
un aut re, fami l les mono pa ren ta l es
dans le troi sième. Enfin un revenu
médian élevé ou com pa rable à
la moyenne des ter ri toi res n’est pas
néces sa i re ment signe que la
popu la tion est à l’a bri de la pré ca rité.
Il peut cacher une grande
hété ro gé néit é des situ a ti ons, sa
con fron ta tion aux aut res indi ca teurs
per met alors d’i den t i fier les situ a ti ons
de vul né ra bi l ité socia le. Cette ana lyse
conforte et com plète d’au tres études
condui t es sur cette pro blé m a ti que
.
Note : cette clas si f i ca tio n concerne uni qu e ment les dépar t e ments métro po li t ains.
Source : indi ca teurs Cnis (Insee).
Le ter ri toi re fran ça is pré sente un
cli vage nord-sud, avec les situations
de pau vreté des moins de 65 ans les tou chés par la pau vreté et le nom breux, de jeu nes et de famil les
plus inten ses à l’ex trême nord et à chô mage de longue durée. Les mono pa ren ta l es. L’aut re, situ é dans
l’ex trême sud. Au nord de la France et iné ga li tés de niveau de vie sont les un grand quart sud-ouest concerne
en Seine-Saint-Denis, la pau vreté plus for tes et res sor tent comme un une popu l a ti on âgée pré sen ta nt des
concerne davan tage les famil les avec trait carac té ris tique de ces espa ces. iné ga li tés de niveau de vie. Un autre
enfants et les jeu nes de moins de Ce sont les fami l les mono pa ren ta l es groupe plus dif fus se carac té rise par
20 ans. Les dif fi cu l tés sco la i res sont qui sont sur re pré sen t ées parm i la une pauvreté de ni veau médian,
plus fré quen tes et les béné fi cia i res de popu l a ti on des ména g es pau v res. moins intense, et un chô mage moins
la pro tec tion de l’en fance sont plus élevé où la popu la tion est éga le ment
nom breux . Dans les dépar te ments du pour tour âgée.
du Mas sif cen tral, c’est surtout la
Parmi les dépar te ments à niveau de vie pau vreté des per son nes âgées qui Enfin, un ensemble com posé
le plus élevé, situés prin ci pa le ment domine, com binée à une fré quence essen ti el le m ent de dépar t e ments
en Île-de-France et dans la région plus forte des béné fi ciaires de bre tons ou de la façade atlan tique
lyon naise, la pau vreté est moins l’Al lo ca tion aux adu l tes han di ca pés concerne une popu la tion moins
pré sente, sauf à Paris qui se sin gu la rise (AAH). Deux grou pes de dépar te ments pauvre que la moyenne sou vent
par une inten sité de la pau vreté aux niveaux de vie infé rieurs à la com posée d’en fants et de jeu nes.
élevée. moyenne, se carac té ri sent par une Les dépar te ments cor ses sont en
1pau vreté marquée. L’un, com posé posi t ion isolée .
Géo gra phi que m ent, à l’op pos é, de dépar te ments situés dans une
1
Le taux de pau vreté y est très élevé, mais la pau vretéles dépar t e ments du pour tour large moi tié nord, regroupe une
concerne davantage q u’ail leurs les adul tes à par tir de 30 ans.médi t er ra néen sont éga l e ment popu l a ti on com posée d’en fant s plus







IDENTIFIER LES TERRITOIRES LES Pas-de-Calais qui pré sen tent des du RSA socle et de l’AAH. Enfin du
PLUS CONFRONTÉS À LA PRÉCARITÉ enjeux sociaux simi lai res à l’é chelle côté des reve nus, de nombreu ses
dépa r te men t ale. Ell e pour rai t être per son nes sont sous le seuil des bas
Le choix de la maille d’ob ser va tion étendue à l’a ve nir aux dépar te ments reve nus. Les médianes et l e pre mier
infra d é par t e men ta le est déli cat. Les de la Somme, de l’Aisne et des décile des reve nus fiscaux sont les
zona ges d’in ter v en tion des conseil s Arden nes . plus fai bles de la région. Les rapports
géné raux ne cons ti tuent pas des inter qua r ti les des reve nus fis ca ux
mai l les géo gra phi ques direc te m ent En Nord-Pas-de-Calais, les trois sont éle vés , signe d’i né ga li t és
acces s i bles et uni for mi sées sur tout zones d’em ploi de Valen cien nes, mar quées de revenu. Au sein de
le ter ri toire fran çais. La pre mière Sambre-Aves nois et Lens-Hénin cette classe, la zone d’em ploi de
analyse a été effectuée au niveau de la pré sen tent des dif fi c ul t és mar q uées, Lens-Hénin se démarque par une
zone d’em ploi, qui pré sente le à l’opposé des zones d’em ploi de espé rance de vie plus faible qu’ail leurs,
double avan tage d’a voir une Lille, Flandre-Lys, et Artois-Ter nois. un plus fort taux de deman deurs
défi ni t ion nati o nale et de cons ti tuer Parmi les neuf zones res tan tes, celles d’em ploi de longue durée, et une
un niveau géo gra phique cou rant de de Rou baix-Tour coing, du Calai sis part plus élevée d’ou v riers retrai tés.
mise à dis po si tion d’in di ca teurs. La et du Boulon nais sont les plus en
plu p art des indi ca teurs choi sis , à dif fi culté, à l’opposé de cel les de À l’op posé, les zones de Lille,
l’ex cep tion des indi ca teurs de Berck-Mon treuil et Dun kerque. Flandre-Lys, et Artois-Ter nois sont
pau v reté moné ta ire, sont dis p o ni bles Enfin, les zones du Douai sis, du cel les qui pré sen tent le moins de
à cet éche lon géo gra phique. Cam bré sis, de Béthune-Bruay et de dif fi cu l tés rela t i ve ment à la réfé rence
Des indi ca teurs rem pla çants à par t ir Saint-Omer sont en posi tion médiane. régio na le. Côté for ma t ion-emp loi,
des reve nus fis caux et des bas Sont ainsi for mées par une méthode les parts d’employés non q ua li fiés
reve nus ont été uti li sés, afin de dicho to m ique cinq cla s ses d’in ten s ité et d’ou vriers retrai tés sont fai bles.
situer les ter ri toi res sur une échelle de la pré ca rité dans la région . Ces zones pré sen tent peu d’en fants
de reve nus , annexes. avec un retard sco laire à l’entrée en
Les zones d’em ploi de Valen cien nes, sixième. La zone de Lille pré sente
De même qu’une lec ture synop tique Sambre-Aves nois et Lens-Hénin de forts taux de cadres en acti vité et
sur l’en semble des dépar te ments pré sen tent de nom breu s es dif fi c ul t és sur retrai tés, de fem mes acti ves de
per met d’ap p ré cier et de qua l i fier la les thè mes de la pau vreté-pré ca rité. plus de 50 ans et de d iplô més du
vul né ra bi l ité socia le pour le ter ri toi re Au regard de la for ma tion-emploi, supé rieur. Au regard de l’aide sociale,
de com pé tenc e d’un Dépa r te ment , elles pré sen tent de fai bles taux peu de per son nes béné fi cient de
une ana lyse com parée des situa tions d’em ploi, peu de fem mes acti ves de 25 l’AAH. Les zones de Flandre-Lys et
pour tou tes les zones d’em ploi d’un à 49 ans, des taux éle vés d’employés d’Artoi s-Ter noi s ont peu d’al lo ca tai res
espace de réfé rence délivre une non qua li fiés et un faible taux de du RMI et du RSA socle. Dans ces deux
lec ture plus fine de l’in ten sité des diplô més du supé rieur. Du point de zones, peu de per son nes sont sous
for mes de pau vreté. Cette démarche vue de l’aide sociale, on cons tate de le seuil de bas reve nus. Les média nes
a été conduite sur le Nord et le forts tau x de per son nes all o ca ta i res et pre miers quar ti les des reve nus
fis caux sont éle vés. Ces trois zones
d’em pl oi pré sen tent une espé ranceCarte 2 : TYPOLOGIE DES ZONES D'EMPLOI DU NORD-PAS-DE-CALAIS
de vie plus élevée que les autres. Au
SUR L'AXE PAUVRETÉ-PRÉCARITÉ sein de cette classe, Lille doit sa place
à la struc ture de son emploi plus
qua li fié et les deux autres à leur
faible taux de chô mage.
Les zones d’em ploi de Rou baix-Tour coing,
du Calaisis et du Bou lon nais, pré sen tent
des carac té ris ti ques simi lai res à la
classe de Lens-Hénin, Valen cien nes et
Sambre-Aves nois, mais plus
atté nuées. Il s’a git d’une classe avec
des dif fi c ul t és moins pro non cées que
la pre mière. Rou bai x-Tou r coing se
démarque au sein de cette classe par
la struc ture de son emploi : plus de
fem me s actives de 25 à 49 ans, plus de
cadres en emploi, davan tage de hauts
dipl ô més mais aussi de non diplô més
et d’ou vriers non qua li fiés. C’est une
zone d’emploi a vec une mixité d’em plois
très forte, se rap pro chant du Calai sis
par son fort taux de chô mage.
Source : indi ca teurs Cnis (Insee).








Berck-Mon treuil et Dun kerque ont
E nca dré 2 : LA POLI TIQUE DE CON TRAC TUA LI SA TION
des cara c té ris t i ques ass ez pro ches de
la classe de Lille, Flandre-Lys,
Artois-Ter nois. Les taux d’em ploi sont
La con trac tua li sa tion des po li t i ques pu bl i ques s’im p ose en France de puis lesassez éle vés. Les retrai tés sont plus
lois de dé cen tra li sa tion. L’Éta t et ses ser vi ces dé con cen trés , les col lec ti v i téssou vent d’an ciens cadres qu’en
ter ri to ri a les , le tis s u as s o cia t if et, par fois , les en tre pri ses pri vées se re trou ventmoyenne régio nale. Les reve nus
dé sor ma is fré quem m ent pour dé ter m i ner les contours et les mo da li t és defis caux médians et de pre mier
l’ac tion publiq ue, dans un nombre va rié de do maines. décile sont éga le ment assez éle vés.
Glo ba le ment la zone de Dun kerque
La con trac tua li sa tion est un ou til de vé ri ta ble né go cia tion des prio ri t és dedoit cette place à la struc ture de son
l’ac tion pu blique et per met d’as so cier plus étroi te ment les ac teurs de ter rain àemploi avec plus d’ac tifs, de cadres
la réa li sa t ion d’ac t ions ci bl ées. Col l ec ti v i tés ter ri to ri a les et ser vi ces dé con cen tréset de diplô més du supé rieur, alors
de l’Ét at vont sol l i ci ter des ré seaux as s o cia t ifs pour dé ve l op per de nou vel lesque Berck-Mon treuil le doit plus à sa
for mes d’ac tion pu blique, plus pro ches du ter rain et pre nant en compte lespopu la tion retraitée plus aisée,
at t en tes des bé né fi cia i res de ces po li t i ques. Pour les conseil s gé né rau x, laaccom pag née tou te f ois de nom breux
con trac tua li sa tion per met de confor ter la ter ri to ri a li sa t ion de leurs po li t i quesemployés non qua li fiés en emploi.
pu bl i ques. Deux lo gi ques de la ter ri to ri a li sa t ion peu vent être dis t in guées : une Les quatre zones res tan tes du Douai sis,
lo gique de rap pro che ment du ser vice pu blic des usa gers-ci toyens, le cri tère ou du Cam bré sis, de Béthune-Bruay et de
l’en jeu de la proxi mi té étant alors mis en avant ; une lo gique de dé ve lop pe mentSaint-Omer ont une position méd iane
ter ri to ri al, le cri tère ou l’en jeu du pro jet ter ri to ri al pré va lant . Des en jeuxsur l’ax e pré ca ri té-p au v reté.
ma jeurs pour les conseils gé né raux, chefs de file de l’ac tion so ciale dans les
dé pa r te ment s : com ment conduire des ac ti ons so cia les per met t ant de prendre
L’APPROCHE COMMUNALE FAIT
au mieux en compte à la fois les spé ci fi ci tés des ter ri toi res et cel les de leurs
APPARAÎTRE DES POCHES DE ha bi t ants ? Com ment ada p ter les dis p o si ti fs d’ac com pa g ne ment ? Les conseil s
PAUVRETÉ gé né raux et leurs par te nai res ont be soin d’ou tils tels que cette étude, qui vien nent
ob jec ti v er, étayer, ap pro fon d ir la connais sance qu ’ont les ac teu rs lo ca ux de
La néces sit é de dis p o ser d’in for ma tion leurs ter ri toi res, pour à la fois ré pondre à leurs spé ci fi ci tés col lec ti v e ment et
ter ri to ri a li sée s’im p ose de plus en as s u rer une éga l i té de trai te ment .
plus aux Dépar te ments, chefs de file
Les conseils gé né raux du Nord et du Pas-de-Ca lais font partie des Dé par te mentsdes poli ti ques publi ques rele vant
pion niers ayant fait de la ter ri to ria li sa tion un axe fort de leur pro jet po li tique.de l’ac tion sociale, et acteurs du
déve l op pe ment loca l. La ter ri to ri a li sa t ion
Ain si, le Dé par te ment du Nord s’est en ga gé de puis 2010 dans une dé marche
de leur action, dans une pers pec tive
de con trac tua li sa tion avec les ter ri toi res. Elle vise à mettre en œuvre un
de plus grande proximité d es répon ses
dé ve l op pe ment du rab le, équi l i bré et équi ta ble, dans une lo gi que de proxi m i té et
appor tées à la popu la tion, néces site de so li da ri té, afin de ré pondre au mieux aux be soins des Nor dis tes.
une connais sance des réa li tés socia les à Expé ri mentée dans le Cam bré sis, cette dé marche, qui s’appuie sur un diagnos tic
un niveau géo gra phique adapté par ta gé par l’en semble des ac teurs lo caux pour dé fi nir en semble les ac tions à
. Le décou pa ge des ter ri toi res en me ner et les prio ri ser, va se pour suivre pro gres si ve ment avec l’en semble des
zones de plus en plus fines, met en ter ri toi res. La lut te contre la pau v re té, l’a m é lio ra tion de la mo bi l i té et de l’ac c ès
évi dence que les pro blè mes de pau vreté aux soins en mi lieu rural, com p tent ain si par mi les prio ri tés du Cam bré sis.
sont bien sou vent concen trés dans des
zones géo gra phi ques ciblées et non pas Pour le Dépa r te ment du Pas- de-Ca lai s, la ter ri to ri a li sa t ion des poli t i ques publ i ques
éga l e ment répar t is sur tout l’es pace. s’appuie sur les con trats ter ri to riaux de déve lop pe ment durable, signés entre
Ainsi, les acteurs locaux peu vent à leur le conseil géné ral et les 43 EPCI du Pas-de-Calais. Ceux-ci organi sent et ryth ment
tour cher cher à adapter leurs actions depuis 2006 les poli ti ques en faveur du déve lop pe ment local menées dans le
au plus près des ter ri toi res et des enjeux dépar te ment avec pour objec tif d’a mé lio rer le ser vice rendu aux citoyens dans
et conce voir des dis p o si ti fs à l’é chelle une logi que de proxi m ité, d’a d ap t a ti on aux spé ci fi ci tés loca les, de cohé rence
d’une agglo mé ra tion ou d’une com mune. et d’op ti mi sa tion de l’u ti li sa tion des fonds publ ics. Enga ge ment réci proque
sur la base d’un pro jet de ter ri toire glo bal et par tagé, la contrac tuali sa tion est
Dans le cadre de ce dia logue ter ri to rial devenue le mode prio ri taire d’in ter ven tion du Dépar te ment du Pas-de-Calais.
et en vue de dis po ser d’un dia gnos tic Elle cons titue, notamment d ans le domaine social, le niveau de décli nai son
par tagé avec les acteurs locaux, une ter ri to riale et de mise en œuvre opé ra tion nelle des politi ques et sché mas sec to riels.
part ie des indi ca teurs sélec t ion nés
dans le socle peut être mobi lisée,
notam ment à l’é chell e com mu nale. Au La typo logie s’ins crit minier mais aussi des gran des vil les
final, onze varia bles dont cinq issues clai re ment dans un cli vage entre de la région et des poches plus rura les
du socle ont été rete nues pour la classe 1, regrou pant les commu nes dans l’Aves nois ou le cœur du
effec tuer la typo l ogie aux quel l es il les plus aisées et la classe 3 comp tant Pas- de-Ca lai s. Ces com mu nes pré sen tent
faut ajou ter 27 varia bles dont 22 issues les com mu nes les plus vul né ra bl es des reve nus fiscaux fai bles et très
du socle, uti li sées pour décrire . La classe 3 concerne 243 hété ro gè nes, asso ciés à de très forts
cha cune des classes , com mu nes pour 2 266 000 habi tants, taux de chô mage et de per son nes
annexes. issues en grand nombre du Bas sin dont les reve nus sont com po sés en
















534 com mu nes et 72 % de la popu la tionCarte 3 : TYPOLOGIE DES COMMUNES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
régio nale. La classe 2 com posée de
VIS-À-VIS DE LA PRÉCARITÉ
504 com mu nes, 941 000 habi tants,
sou vent à proxi mité des deux
pré cé den tes , forme une deuxi ème
large cou ronne autour des gran d es
villes. El le est proche de la
classe 3, avec peu de cadres et plus
d’em ployés mais plus proche de
la classe 1 pour le faible chô mage et
le peu de béné fi ciai res d’ai des
sociales. Les clas ses 4 et 5, com po sées
res pec ti ve ment de 176 et 244 com mu nes,
83 000 et 89 000 habi tants, sont
plus rura les. La pre mière pré sente
de faibles taux de fem mes acti ves
entre 25 et 49 ans, la plu part des
com mu nes qui la com po sent sont
entou rées de com mu nes de la seconde
qui compte de nombreux retrai tés et
employés non qua li fiés, et se caracté ri sent
le plus sou vent par des reve nus assez
fai b les et hété ro gè nes .
Source : indi ca teurs CNIS (Insee).
OÙ SE SITUENT LES ÉQUIPEMENTS
D’UTILITÉ PUBLIQUE ?
E nca dré 3 : MÉTH O DO L OGIE DE LA CON S TI TU TION
DES CINQ CLAS SES DE COM MU NES Ces ana l y ses peu vent uti l e ment se
com pl é ter d’une car to g raphie de
cer tai ns équi pe m ents en rap port avec
Ada p ter la ty po l ogie au ni vea u com mu nal sup pos e une ada p ta tion des in di ca teurs l’ac tion sociale afin d’ap pré cier
qui ne sont pas tous dis po ni bles à cette échelle géo gra phique. 40 in di ca teurs l’ac c es si bi lit é des popu l a ti ons se
en ac cord avec le thème ont été cal cu lés, et par mi eux 11 ont pu per mettre de trou vant dans des zones en dif fi cul tés.
cons truire cette ty po logie. En pre mier lieu une ana lyse en compo santes prin ci pales Les car tes 4 à 6 per met tent de visua li ser
sur ces va ria bles a per mis de cons truire les axes sur les quels se distin guent le la proxi mité des popu la tions d’une
mieux les commu nes, et à par tir de ces axes une ty po logie en cinq clas ses à été agence de Pôle emploi, d’un centre
cons trui te. d’hé ber ge m ent et de réin ser ti on
sociale ou encore d’une per ma nence
sociale .
Caté go ries
Rev e nus Emploi
socio pro fes si on nel l es En pre mière lec ture, on notera que les
rési da nts des com mu nes situ ées
Deman deur s d’em ploi long ue Cadres en emploiMédiane des reve nus fis caux autour des gran des vil les de la régiondurée
et du Bas sin minier béné fi cient, la
plu part du temps, d’é qui pe ments
Pre mier quar tile des reve nus Fem mes acti ves de 25 à 49 ans Employés non qua li fiés
direc te ment pré sents au sein de leurfis caux
com mune ou dans une com mune
limi trophe. Par contre les com mu nes
Rap port inter quar tile des Taux de chô mage Cadres et pro fes sions
plus rura les du centre dureve nu s fis caux inter mé diai res retrai tés
Pas-de-Calais, de l’Aves nois ou
pro ches de la fron tière picarde qui
Part des per son nes à bas Ouvriers et employés retrai tés
peu vent pré sen ter des dif fi c ul t ésreve nu s
iden ti fiées en ter mes de p au vreté-
pré ca rité sont sou vent plus éloignées
majo rité de pres ta tions de la CAF, du com posée de 291 com mu nes et des équi pe m ents.
RSA, d’al lo ca tai r es du mini mum compte 634 000 habi tants qui se
vieil lesse et de l’AAH. On cons tate cara c té ri sent par des reve nus éle vés , Cette lec ture croisée entre pré ca rité
éga le ment de forts taux d’i nac tifs peu de chô mage, beau coup de de la popu la tion au sein des com mu nes
et de non diplô més. La classe 1 diplô més du supé rieur et de cadres. et équipe ments, ici pré sentée à titre
concerne le plus sou vent des com mu nes La popu l a ti on d’an ci ens cadres illus tra tif, avec quel ques exem ples,
situées en péri phérie des gran des est éga l e ment sur re pré sent ée chez peut cons ti tuer une aide réelle dans
villes d e la classe pré cé dente. Elle est les retrai tés. Ce cli vage concerne le cadre des coo pé ra t ions inte rins ti tu -









tion nel les et inter pa r te na ri a les mises Carte 4 : TYPOLOGIE DES COMMUNES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
en place ou à pro mou voir sur les VIS-À-VIS DE LA PRÉCARITÉ ET PRÉSENCE D'UNE PERMANENCE SOCIALE
dif fé rent s ter ri toi res.
CONFRONTER LA STATISTIQUE À LA
RÉALITÉ DES TERRITOIRES
Les ana l y ses à l’in fra dé par t e men ta l
cons ti tuent une néces sité pour les
acteurs publics car les ter ri toi res
pré sen tent une grand e hété ro gé néi té.
Comme cette ana lyse le montre,
l’in ten sité et les types de pau vreté
varient d’un ter ri toire à l’autre. Par
exemple, la pau vreté ren contrée dans
le Bas sin minier, concentrée et davan tage
tournée vers des famil les aux reve nus
modes tes, touchées pa r le chô mage et
lar g e ment béné fi cia i res d’ai des socia les,
est dif fé rente de celle ren contrée Source : indi ca teurs Cnis (Insee).
dans les com mu nes de l’Artois et du
Ter nois com po sées d’une popu l a ti on Carte 5 : TYPOLOGIE DES COMMUNES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
modest e, rural e, rela t i ve m ent éparse VIS-À-VIS DE LA PRÉCARITÉ ET PRÉSENCE D'UNE PÔLE EMPLOI
et tou cha nt prin ci p a le m ent des
tra v ail leurs modes t es. Ce cons ta t est
impor t ant pour la ter ri to ri a li sa t ion des
actions et une meil leure répar ti tion
des moyens. L’u ti l i sa tion de quel q ues
indi ca teurs per ti nent s, iden ti fiés dans
le socle d’in di ca teu rs, est suf fi s ante
dans un pre mier temps pour une
lec ture d’en semble et néan moins
localisée f ine ment de la pré ca rité. Elle
per met de mettre à dis po si tion des
par t e nai res loca ux, de pre miè res
ana ly ses cohé ren tes vis- à-v is des
lec tu res nati o na les et dépa r te men t a les
fondées sur le même socle de suivi
sta tis tique . La pré sence
de poches de pré ca rité au sein des
ter ri toi res amène à tou jours cher cher Source : indi ca teurs Cnis (Insee).
des répon ses au plus près des
popu l a ti ons, donc aux ter ri toi res les Carte 6 : TYPOLOGIE DES COMMUNES DU NORD-PAS-DE-CALAIS
plus fins pos si bles. L’é tape sui vante de VIS-À-VIS DE LA PRÉCARITÉ ET PRÉSENCE D'UN CHRS
cette démarche sera de ten ter de
dis cri mi ner au sein même des com mu nes
ces poches, en des cen dant au niveau
du quar tier.
Source : indi ca teurs Cnis (Insee).
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Pour en sa voir plus :
Lis tes d’in di ca teurs
• Annexe 1 : in di ca teurs ty po logie des zo nes d’em ploi :
http://www.insee.fr/Nord-Pas-de-Ca lais > Pu bli ca tions > Pa ges de Pro fils > Pa ges de Pro fils n°92 > Annexe 1
• Annexe 2 : in di ca teurs ty po l ogie des com mu nes :
http://www.insee.fr/Nord-Pas-de-Ca lais > Pu bli ca tions > Pa ges de Pro fils > Pa ges de Pro fils n°92 > Annexe 2
• « Indi ca teurs so ciaux dé par te men taux », pré sen ta tion du rap port du groupe de tra vail du Cnis, Chro nique, n° 11, sep tembre
2010.
• Rap port du groupe de tra vail : à pa raître en do cu ment de tra vail de la Drees.
• « Ai des so cia les à l’in ser t ion et aux per son nes âgées . Les si tu a ti ons con tras tées des dé pa r te ment s », Insee, Insee Pre mière,
n° 1 346, avril 2011.
• Léon O., « Pau vre té : dif fé rents pro fils de ré gions et dé par te ments », Insee, La France et ses ré gions, Insee Ré fé r en ces, édi tion
2010.
• « Pauvre tés et ter ri toi res en Nord-Pas-de-Calai s - Si tua tions de pau vre té et condi tions de vie », Insee Nord-Pas-de-Ca lais, Les
Dos sier de Pro fils, n° 82, juin 2006.
@ Con sul ter le site pour des don nées com pl é men ta i res :
http:/ /www.ins ee.fr/fr/t he mes/ do cu ment .asp?reg _id=0&ref_id =ip1346
@ Accé der aux pre miers in di ca teurs dis p o ni bles :
http:/ /www.ins ee.fr/fr > Ru briqu e pu bl i ca t ions-et -ser vi ces > Dos si ers > Action so cia le de par t e men ta le
Di rec te ur de la pu bli ca tion : Da niel HUART
Ser vice Admi n is tra tion des Res sour ces : Ari el PÊCHE R
Ser vice Étu des Dif fu sion : Arnaud DEGORRE
Ser vice Sta tis tiq ue : Fran çois CHEVALIER
Car to graphe : Éve lyne LORENSKI, Martine SÉ NÉCHAL
Ré dac teur en chef : Jean-Luc VAN GHELUWE
Cor rec teur ré vi seur : Chris tian DE RUYCK
Res pon sabl e Fa bri ca tio n : Lam ber t WATRE LOT
Gra phis tes : Annick CEUGNIEZ, Oli vier MAJCHERCZAK, Claude VISAYZE, Lam bert WATRELOT
CPPAD en cours - ISSN : 1774-7562 - Dé pôt lé gal Juin 2011 - © Insee - Code Sage PRO119220
Impri merie : Bec quart IMPRES SIONS - 67, rue d'Amster dam - 59200 TOURCOING - Tél. : 03 20 01 00 60 - Télé copie : 03 20 01 00 61
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