Création de richesse, emplois et salaires : le poids des villes

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La Lorraine produit 3,2% de la richesse nationale. Les services y contribuent pour plus de 60%, en dépit du maintien d'une spécialisation industrielle de la région. Les villes polarisent la création de richesse, l'emploi et la distribution des salaires. Les aires urbaines de Metz et de Nancy concentrent plus de 55% de la valeur ajoutée lorraine, et le sillon lorrain urbanisé plus de 70%. La sphère productive, plutôt localisée en zones périphériques, contribue le plus - via les rémunérations - à la richesse régionale. La sphère résidentielle, orientée vers la satisfaction des besoins locaux, domine dans les pôles urbains.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine
°
62N Création de richesse, emplois et salaires :
La Lorraine produit 3,2% de la richesse nationale. Les services
y contribuent pour plus de 60%, en dépit du maintien d’une spécialisation
industrielle de la région. Les villes polarisent la création de richesse,
l’emploi et la distribution des salaires. Les aires urbaines de Metz
et de Nancy concentrent plus de 55% de la valeur ajoutée lorraine,
et le sillon lorrain urbanisé plus de 70%. La sphère productive,
plutôt localisée en zones périphériques, contribue le plus - via les
rémunérations - à la richesse régionale. La sphère résidentielle, orientée
vers la satisfaction des besoins locaux, domine dans les pôles urbains.
èPrès de la moitié (45%) de la création de raineseplace en 18 position des régions
richesse, mesurée par la valeur ajoutée, est pour la part de sa richesse provenant des
concentrée sur les trois grandes régions fran- services àlapersonne.
çaises que sont l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et
La Lorraine en position médiane
Provence - Alpes - Côte d’Azur. La Lorraine,
è
Part dans laquant à elle, occupe le 11 rang des régions
Région
valeur ajoutée (%)françaises créatrices de richesse, avec une
Île-de-France 28,8contribution d’un peu plus de 3%. En 10 ans,
Rhône-Alpes 9,6
la richesse économique de la Lorraine s’est
Provence - Alpes - Côte d’Azur 7,2
certes accrue de plus de 30%. Mais cette évo-
Nord - Pas-de-Calais 5,2
lution est inférieure de 10 points à celle ob-
Pays de la Loire 5,0
servée au niveau national. Aquitaine 4,5
Bretagne 4,3
Midi-Pyrénées 3,9
Création de richesse : plus Centre 3,7
Languedoc-Roussillon 3,2d’industrie et de services publics
Lorraine 3,2
Alsace 2,8Le secteur «éducation et administration»
Haute-Normandie 2,7représente plus de 25% du PIB régional,
Picardie 2,5ce qui place la Lorraine dans le tiercé de
Poitou-Charentes 2,3
tête des régions françaises pour le poids
Bourgogne 2,3
de ses services publics dans l’appareil pro-
Champagne-Ardenne 2,0
ductif. La région occupe également la troi-
Basse-Normandie 2,0
sième place, après la Franche-Comté et Auvergne 1,8
l’Alsace, quant à l’importance de son in- Franche-Comté 1,6
dustrie automobile. Avec la sidérurgie, l’in- Limousin 1,0
Corse 0,3dustrie des biens intermédiaires occupe
France métropolitaine 100également une place importante, avec
Source : Insee - PIB régionaux 2003 (en valeur)9,1% du PIB régional. En revanche, la Lor-
VÉducation,
adm.
En 2004, le PIB français s’élève à élevés dans l’industrie que dans ajoutée du secteur. Dans le sec-
près de 1 700 milliards d’euros. d’autres secteurs. Le secteur des teur «activités immobilières et fi-
En supposant inchangées (par services ne peut pas être analysé nancières», la valeur ajoutée est
rapport à 2003)lapartdelaLor- comme le secteur industriel, et en partie constituée des loyers
raine dans le PIB national et la ce pour deux raisons. Dans le fictifs payés par les propriétaires
structure sectorielle de la valeur secteur «éducation et administra- occupants. Au total, ceci tend à
ajoutée, le PIB lorrain en 2004 tion», la valeur ajoutée ne pouvant diminuer la part des rémunéra-
s’élève à près de 46 milliards être évaluée à partir du chiffre tions dans ce secteur. Ces préci-
d’euros. Évidemment, les servi- d’affaires, elle est estimée aux sions étant faites, la part des
ces, marchands et non mar- coûts des facteurs. Ceci a pour rémunérations distribuées dans
chands, sont le secteur qui conséquence de minorer la valeur lesservices(57%) est inférieure à
contribue le plus à la création de
richesse, avec plus de 60% de la
Poids important du secteur "éducation et administration"
valeur ajoutée régionale. Mais la
Lorraine est en retrait de près de Contributions comparées des secteurs à la valeur ajoutée et aux rémunérations
5 points par rapport à la
moyenne nationale. Ce retrait est 35 %
Rémunérations
compensé par le poids du secteur
Valeur ajoutée
ème
industriel qui arrive en 2 posi- 30
tion et continue de représenter
25un cinquième de la richesse régio-
nale, alors qu’il ne représente
20plus que 16% au niveau national.
Enfin, l’agriculture arrive en der-
15
nière position, avec 2%. Au sein
des services, le sous-secteur
10
«éducation et administration» oc-
cupe une place prépondérante
5
puisqu’il concentre près de 45%
des richesses créées dans les 0
AgricultureAgriculture Énergie CommerceBiens conso. Biens d'équip. Serv.services. Viennent ensuite les
entreprisesIAA Indus. auto Biens interm. Constr. Transports
secteurs «activités immobilières Immo., Serv.
financ. personne
et financières» ainsi que les servi-
ces aux entreprises.
Source : Insee - CLAP
Des rémunérations
distribuées Metz - Nancy : des métropoles de services
Ces contributions à la richesse
Part des services dans la valeur ajoutée pour chaque aire urbaine
doivent être complétées par la
part que chaque secteur occupe Longwy
Esch-sur-Alzette(L)-Villerupt
dans l’ensemble des rémunéra-
Dudelange-Volmerange-les-Minestions. Ainsi, l’industrie qui con-
Thionvilletribue pour 21% à la richesse
lorraine, représente près de 26%
Creutzwald
des rémunérations salariales. Ce Verdun Forbach
Metz Sarregueminesrésultat vient valider le constat
Saint-Avold
que les salaires sont souvent plus
Pont-à-Mousson
Prépondérance
Bar-le-Duc
des services
Sarrebourg
Toul
Saint-Dizier
NancyPart dans
la valeur ajoutée Lunéville
Secteur (%)
d’activité
France
Lorraine Saint-Diémétro.
Part des services (%) ÉpinalAgriculture 2 2,6
70 ou plusIndustrie 21 16,1
de 60 à moins de 70
RemiremontConstruction 6 5,6
de 50 à moins de 60
La Bresse
Commerce 10 10,5 moins de 50
Services 61 65,2
Source : Insee - CLAP
Source : Insee - données 2003
2
©
IGN
-
Insee
2006la participation de ce secteur à la important dans une zone géogra- valeur ajoutée de chaque secteur
richesse lorraine. Le sous-sec- phique donnée. Afin de ne pas li- est ventilée au niveau des aires
teur «éducation et administra- miter le poids économique d’une urbaines à partir d’une clef de ré-
tion» qui y contribue pour 26%, ville à son seul découpage com- partition. Cette dernière corres-
distribue près de 33% des rému- munal, le zonage d’études géogra- pond àlapartdes rémunérations
nérations salariales. À l’inverse, phique retenu sera l’aire urbaine. salariales que représente une
le sous-secteur «activités immobi- L’ajout de la localisation géogra- aire urbaine dans l’ensemble de la
lières et financières» pèse 15,6% phique des activités productives région lorraine.
de la valeur ajoutée lorraine et ne permet d’expliquer près de 60% Les aires urbaines, bien que ne
représente que 4,1% des rému- desécartsderichesse. représentant qu’un tiers des com-
nérations. munes lorraines, créent plus de
Une richesse polarisée 80% de la richesse régionale.
Le rôle important Elles se caractérisent par unedans les aires urbaines
forte proportion d’emplois dansde la localisation Sur les 2 487 communes compo-
les services, avec plus de 60%.
Tous les secteurs ne contribuent sant la Lorraine, un tiers se
Cette proportion est près de 20
pas de manière égale à la créa- trouvent dans l’une des 21 aires
points supérieure à ce que l’on
tion de richesse. La seule prise urbaines que compte la région.
observe dans les espaces ruraux
en compte de la structure pro- Près de 40% des communes lor-
et multipolarisés. Dans les aires
ductive lorraine n’explique que raines se trouvent dans l’espace
urbaines, un actif occupé sur
30% de la variabilité totale de rural, tandis que 20% des com-
sept travaille dans le secteur du
cette création. Les villes, de par munes sont dites multipolarisées,
commerce. Cette proportion
les effets d’agglomération, pèsent c’est-à-dire dans la zone d’in-
chute et passe à 10,7% en zone
souvent d’un poids économique fluence de deux pôles urbains. La
rurale, 11,7% en espace multipo-
larisé. Le secteur de la construc-
Industrie : encore une présence forte dans l'est lorrain tion est peu représenté dans les
espaces urbains, alors qu’il oc-Part de l'industrie dans la valeur ajoutée pour chaque aire urbaine
cupe près d’un emploi sur huit en
Longwy
Esch-sur-Alzette-Villerupt zone multipolarisée. Dans l’es-
pace rural, il emploie 7,2% desDudelange-Volmerange-les-Mines
actifs occupés. Le secteur indus-
Thionville
triel est sous-représenté dans
Creutzwald Forbach
l’espace urbain, avec 19,1% des
Verdun Metz
effectifs employés et 17,6% de la
Sarreguemines
Saint-Avold valeur ajoutée produite. Il est
Pont-à-Mousson concentré dans les espaces ru-
raux et multipolarisés, représen-
Bar-le-Duc
tant plus du tiers des emplois
Sarrebourg
Toul occupés. Dans ces espaces, les
NancySaint-Dizier Lunéville services sont néanmoins les pre-
miers employeurs, notamment
grâce à la présence de services
d’éducation et d’administration.
Saint-Dié
Certains secteurs sont quasi ex-
Part de l'industrie (%)
Épinal clusivement concentrés dans les
30 ou plus
aires urbaines. Ainsi, plus de
de 20 à moins de 30
Remiremont
90% des emplois du secteur «ac-de 10 à moins de 20 La Bresse
moins de 10 tivités immobilières et financiè-
res» y sont localisés. À l’inverse,
Source : Insee - CLAP
seul un emploi sur deux dans le
L’industrie localisée dans le rural et les communes multipolarisées
Aires urbaines Espace rural Communes multipolarisées
Secteur Part de la VA Part de la VA Part de la VAPart des Part des Part des
effectifs (%) effectifs (%) effectifs (%)(%) (%) (%)
Agriculture 0,5 2 1,2 4,4 1,0 3,7
Industrie 19,1 17,6 37,6 36,6 33,9 35
Construction 5,7 5,2 7,2 7,2 11,6 11,9
Commerce 13,8 10,3 10,7 9,1 11,7 9,6
Services 60,9 64,9 43,3 42,7 41,8 39,8
Source : Insee - CLAP VA : Valeur ajoutée
3
©
IGN
-
Insee
2006secteur des industries agro-ali- bainedeSarreguemines,avec nes à la richesse régionale est
mentaires se trouve dans une notamment l’usine SMART.L‘aire donc amoindrie.
aire urbaine. de Pont-à-Mousson occupe une
place intermédiaire dans ce clas-
Le couple Nancy-Metz
sement, avec moins de 2% de laLe sillon lorrain
se démarquerichesse lorraine produite. Cetteen exergue
place est à relativiser si l’on Ce classement global recouvre
En termedecréationderichesse, tient compte du fait que cette des différences sectorielles
on retrouve en tête les aires urbai- ville est enclavée entre les deux entre les aires urbaines. Une
nes des deux métropoles lorraines, métropoles régionales que sont analyse multidimensionnelle (ana-
ainsi que celles du sillon lorrain, Nancy et Metz. L’implantation de
lyse en composantes principales)
qu’elles structurent. La zone de PONT-À-MOUSSON SA sur la zone permet de mettre en lumière lesère
Metz arrive 1 au classement des tend àlaspécialiser dans le sec- déterminants du classement.
aires urbaines, suivie de très près teur des industries intermédiai- Elle permet également d’asso-
par celle de Nancy. À elles deux, res (22% de la valeur ajoutée). cier ou d’opposer des zones se-
ces aires urbaines concentrent
En queue de peloton se trouvent lon leurs caractéristiques
plus de 55% de la richesse créée
les aires urbaines de Saint-Di- sectorielles. Pour chacune des
dans la région. Loin derrière se
zier, Esch-sur-Alzette - Villerupt aires urbaines, la part de
trouvent les zones de Thionville
et Dudelange - Volmerange- chaque secteur dans la richesse
(8,4%)etÉpinal(6%). Ensuite vien-
les-Mines. Ces espaces contri- produite dans cet espace et ce
nent des aires urbaines dont beau-
buent peu à la richesse de la ré- que cela représente au niveau
coup présentent encore les
gion, notamment à cause de régional sont introduits dans l’a-
caractéristiques d’une forte implan-
leur caractère limitrophe ou nalyse. Sont intégrées égale-
tation industrielle.
frontalier. En effet, dans l’aire ment la part que chaque aire
Ainsi, Forbach et Sarreguemines urbaine de Saint-Dizier, seules fi- urbainereprésenteenterme de
occupent les cinquième et gurent les communes lorraines, valeur ajoutée, de rémunéra-
sixième places des zones contri- les autres faisant partie de la ré- tions et d’effectifs, dans l’en-
buant le plus à la richesse régio- gion Champagne-Ardenne, et semble régional. Cette analyse
nale. Le secteur de l’énergie est donc exclues de l’étude. Les reflète parfaitement le classe-
en 2004 encore très présent à deux autres zones sont frontaliè- ment des aires selon leur contri-
Forbach, notamment à travers res avec le Luxembourg. La ri- bution à la richesse de la région
la présence des HOUILLÈRES DU chesse étant mesurée au lieu de selon deux grands axes (le pre-
BASSIN DE LORRAINE.L’industrie travail - via les rémunérations mier plan factoriel explique près des
automobile représente près d’un versées - et non au lieu de rési- deux tiers de la variabilité totale du
emploi sur sept dans l’aire ur- dence, la contribution de ces zo- phénomène).
Nancy - Metz : la force par la taille
Visualisation du poids des aires urbaines dans l'ensemble régional
Axe 2
Dudelange-Volmerange-les-Mines
4
Esch-sur-Alzette-Villerupt
Verdun
2
Bar-le-Duc
Lunéville Longwy Nancy
Épinal
Sarrebourg
0
Metz
Toul Forbach
Sarreguemines
La Bresse
Saint-Dié
Remiremont
Thionville
Saint-Avold
Pont-à-Mousson
-2
Creutzwald
Saint-Dizier Axe 1
0 4 8
Source : Insee - CLAP
4En effet, les variables contribuant reste très présent. Ainsi, l’aire Àl’inverse,les zonesde
le plus au premier axe sont les urbaine de Dudelange - Volme- Pont-à-Mousson, Thionville,
parts de valeur ajoutée, de rému- range-les-Mines, bien que très pe- Saint-Avold sont caractérisées
nérations et d’effectifs que les ai- tite, est caractérisée par une par une part du secteur «éduca-
res urbaines représentent dans très forte présence des secteurs tion et administration» inférieure
la région. Naturellement, le duo «éducation et administration» et à la moyenne et une part de l’in-
Nancy-Metz se détache claire- «activités immobilières et financiè- dustrie supérieure à la moyenne.
ment des autres aires urbaines, res», qui représentent respective- Le secteur des biens intermédiai-
caractérisé par des contributions ment 40% et 42% de la richesse res représente plus de 20% de la
très fortement supérieures à la locale. valeur ajoutée dans les aires ur-
moyenne.Defaçon moinsfla- baines de Pont-à-Mousson et
Ce profil peut être associé à ce-
grante, apparaissent Thionville et Saint-Avold.
lui d’autres zones urbaines, bien
Épinal. À elles quatre, ces zones
que dans des proportions moin- À Sarreguemines, la part du sec-représentent plus de 70% de la
dres (Esch-sur-Alzette - Villerupt, teur «éducation et administra-richesse créée dans l’ensemble
etc.). L’aire urbaine de Nancy tion» n’est que de 11% mais lades aires urbaines. Mais, le poids
est marquée par un emploi pu- part de l’industrie automobile yéconomique des deux grandes ag-
blic fort, puisque le secteur est de 15%. Les mêmes caracté-glomérations est surtout révéla-
«éducation et administration» re- ristiques sont observables pourteur d’un effet de masse, les deux
présente près du tiers de la ri- les zones de Saint-Dié, Remire-métropoles lorraines pesant plus
chesse nancéienne. Elle se mont et La Bresse, avec une in-de la moitié, à elles seules, de la
caractérise également par un dustrie toujours bien implantée.valeur ajoutée, des effectifs em-
poids important de la sphère
ployés et des rémunérations dis- Enfin, le troisième axe permet«immobilière et financière» (24%
tribuées. d’opposer les rares zones dansde la valeur ajoutée), près de 10
lesquelles l’industrie de l’énergiepoints supérieur à la moyenne
occupe une place prépondéranteEmploi public versus régionale.
aux autres zones, moins spéciali-industrie
La composition sectorielle de sées.
Neutraliser l’effet-taille permet de l’aire urbaine de Metz est proche
mieux analyser la composition de la moyenne pour ce qui est de Ainsi, la zone de Forbach se dis-
sectorielle interne à chaque aire la part de l’industrie et du secteur tingue,auniveaurégional, parun
urbaine. Le deuxième axe oppose «éducation et administration» poids important du secteur éner-
des zones dans lesquelles l’emploi (26,5%), ce dernier créant en gétique dans l’emploi et la valeur
public est important, à des zones moyenne 26% de la valeur ajoutée de la zone, avec plus du
dans lesquelles l’emploi industriel ajoutée régionale. quart de la richesse créée.
Ressemblance et dissemblance des aires urbaines
Analyse des compositions sectorielles des aires urbaines
Axe 3
La Bresse Sarrebourg
1,5 Saint-Dié
Remiremont
Verdun
Saint-Dizier
NancySaint-Avold
Bar-le-Duc
Épinal LunévilleMetzThionville
0
Esch-sur-Alzette-VilleruptToul
Pont-à-Mousson
Longwy
Dudelange-Volmerange-les-Mines
-1,5 Sarreguemines
Creutzwald
-3
-4,5
Forbach
Axe 2
-2 0 42
Source : Insee - CLAP
5est suivie par les aires urbaines rentes aires urbaines. Ainsi, la ri-Valeur ajoutée par
de Pont-à-Mousson et de Saint- chesse d’une zone est corréléeemploi : un classement
Avold. positivement au nombre de sala-
bouleversé
riés. Mais une fois celui-ci contrô-
L’interprétation de ce change-Le classement des aires urbaines lé, la valeur ajoutée par emploi
ment de classement est facilitéerésulte donc principalement d’un dépend de la spécialisation de la
par l’analyse multidimensionnelleeffet de masse. La valeur ajoutée zone dans des activités où la pro-
précédente. Le poids écono-totale d’une zone dépend du ductivité apparente du travail est
miquedeMetzetdeNancy ré-nombre d’emplois salariés dans forte. Ceci est le cas pour l’aire
side en partie dans la partcette zone. Mais qu’advient-il de urbaine de Forbach où près d’un
prépondérante qu’elles occupentce classement si la valeur ajoutée quart de la richesse créée pro-
au niveau régional, tant enest calculée par salarié ? Il vient du secteur de l’énergie ca-
nombre de salariés qu’en mas-convient de préciser que cette ractérisé par une productivité
ses salariales. Ces métropolesmesure alternative de la richesse apparente du travail forte. Du fait
se caractérisent par une ex-ne mesure pas la richesse d’une de la fermeture des HOUILLÈRES
croissance des services, et no-zone. En effet, cet indicateur ne DU BASSIN DE LORRAINE,Forbach
tamment du secteur «éducationprend pas en compte le nombre cèdera à terme sa première
et administration». Ce secteur,d’habitants de la zone. Ainsi, une place au classement.
certes caractérisé par une fortezone marquée par un fort taux de
valeur ajoutée, l’est égalementchômage pourrait laisser appa- Une approche alternative :par des effectifs très impor-raître une forte valeur ajoutée par
les sphères productivestants. Le rapport de ces deuxemploi.Lecalculdecet indica-
grandeurs laisse apparaître une Une approche alternative au dé-teur modifie très sensiblement le
productivité apparente du travail coupage sectoriel des activitésclassement des aires urbaines.
faible. Une fois corrigée de l’ef- consiste à classer les établisse-
Les aires urbaines qui figuraient fet-taille, se dégagent des zones ments productifs selon leurs finali-
en fin de classement avec le pre- marquées par une part impor- tés. Les établissements dont
mier mode de calcul, le restent tante de l’industrie, mais surtout l’activité économique est orientée
avec le calcul d’une valeur ajoutée par une relative faiblesse du vers les marchés extérieurs au ter-
par emploi. En revanche, les deux secteur «éducation et adminis- ritoire local sont regroupés dans
métropoles lorraines perdent tration». une sphère dite «appareil produc-
leurs premières places pour se si-
tif». Les établissements qui produi-
Le passage d’un calcul en massetuer en milieu du classement.
sent des biens et services destinés
à un calcul par emploi diminueL’aire urbaine de Forbach passe
aux personnes présentes sur le
considérablement la variabilité detrès provisoirement de la cin-
territoire sont regroupés dans la
la valeur ajoutée entre les diffé-quième place à la première. Elle
sphère dite «économie résiden-
tielle». Enfin, la sphère «fonctionValeur ajoutée par emploi : Nancy et Metz rétrogradées au classement
publique» englobe les établisse-
Classement Classement selon ments qui dépendent des troisAires urbaines
selon la valeur ajoutée la valeur ajoutée par emploi
fonctions publiques : d’État, hospi-
Metz 1 10
talière et territoriale.
Nancy 2 8
En Lorraine, la fonction publique
Thionville 3 5
représente 22% des rémunéra-
Épinal 4 13
tions distribuées. En son sein, la
Forbach 5 1
fonction publique d’État repré-
Sarreguemines 6 6
sente un peu plus de 42% des ef-
Saint-Dié 7 11
fectifs, suivie par la fonction
Saint-Avold 8 3
publique territoriale avec 36%,
Bar-le-Duc 9 4
22% revenant à la fonction pu-
Verdun 10 16
blique hospitalière.
Sarrebourg 11 14
Cette sphère «fonction publique»
Pont-à-Mousson 12 2
n’est pas répartie de façon uni-
Longwy 13 12
forme sur l’ensemble du territoire
Remiremont 14 7
lorrain. Sa présence est plus af-
Toul 15 9
firmée dans les pôles, que ces
Lunéville 16 17
derniers soient urbains ou ruraux.
Creutzwald 17 15
Dans les pôles urbains, l’emploi
La Bresse 18 18 public est porté par la présence
Esch-sur-Alzette - Villerupt 19 19 des administrations d’État, des
Saint-Dizier (partie lorraine) 20 20 grandes collectivités territoriales,
Dudelange-Volmerange-les-Mines 21 21 mais également des grands éta-
Source : Insee - CLAP
6blissements d’enseignement et n’est pas étonnant au regard du selle et en Meurthe-et-Moselle,
desgrandscentres hospitaliers. poids des industries dans ces du fait de l’importance sur la ri-
Mais cette concentration se re- départements. À l’inverse, la chesse locale des deux pôles ur-
trouve également dans les pôles Meuse et la Meurthe-et-Moselle bains que sont Nancy et Metz.
ruraux où hôpitaux, collèges et sont marquées par le poids de la
municipalités font partie des «fonction publique» dans l’appa-
Martine BOURDIERgrands employeurs locaux. Même reil productif local. L’«économie
dans les communes rurales iso- résidentielle», ayant partie liée
Ludovic JOBARD
lées, l’emploi public pèse près de avec la population, est en pro-
20% des rémunérations, soit à portion plus développée en Mo- Yann KUBIAK
peine moins qu’au niveau régio-
nal. Lescouronnesdes pôlesur-
Répartition de la masse salarialebains et ruraux sont souvent les
selon la sphère d’activité et la localisation en Lorraineespaces dans lesquels la pré-
sence publique est la plus faible
Appareil Économie Fonction
Répartition (en %) Totalen proportion. Dans ces zones productif résidentielle publique
périphériques, la sphère «appareil
Espace à dominante urbaine 40,3 34,6 25,1 100
productif» est la mieux implantée.
Aires urbaines 39,6 34,8 25,5 100
Globalement, cette sphère pro-
Pôles urbains 37,8 35,7 26,5 100
ductive est celle qui - via les ré-
Couronnes périurbaines 56,2 27,2 16,5 100
munérations - contribue le plus à
Communes multipolarisées 51,0 30,7 18,2 100
la richesse régionale (42% des ré-
Espace à dominante rurale 53,2 25,3 21,5 100).
Aires d’emploi de l’espace rural 53,4 24,2 22,4 100
Elle représente moins de 38%
Pôles d’emploi de l’espace rural 53,1 24,2 22,8 100
des rémunérations dans les pôles
Couronnes des pôles d’emploi
urbains, tandis qu’elle représente de l’espace rural 65,0 24,8 10,2 100
56,2% des rémunérations dans Autres communes rurales 52,9 27,2 19,9 100
les couronnes périurbaines. Cette
Ensemble 42,0 33,4 24,6 100
proportion atteint même 65%
Source : Insee - CLAP
des rémunérations dans les cou-
ronnesdes pôlesd’emploidel’es-
pace rural. Dans ces couronnes
Une approche par les trois sphères
- urbaines ou rurales - la sphère
Nature de la richesse créée dans les communesproductive se substitue à la
sphère publique.
Prédominance
du résidentiel
dans les pôles urbains
Enfin,lasphère«économie rési-
dentielle» représente un tiers
des rémunérations dans la ré-
gion. Sa définition résidant
dans le caractère de proximité,
elle se retrouve surtout dans
les pôles urbains, marqués par
une forte concentration des
établissements dans le secteur
du commercededétail. En
moyenne, à mesure que l’on
s’éloigne des pôles urbains, la
part de l’économie dédiée à la
Appareilsphère «résidentielle» se ré-
Économie
productifduit. résidentielle
Le poids des trois sphères est
variable selon les zones considé-
rées. Moselle et Vosges sont les
deux départements où la sphère Fonction publique
de «l’appareil productif» est la
plus développée. Ce résultat Source : Insee - CLAP (Réalisé avec Philcarto : http://perso.club-internet.fr/philgeo)
7
©
IGN
-
Insee
2006Savoir plus : Méthode
La méthode de calcul de la valeur ajoutée par aire urbaine, inspirée de
F-P YATTA in Données urbaines, s’appuie sur le calcul des valeurs ajou-
tées régionales réalisé par l’Insee. Elle consiste à affecter les ajou-
- «Les produits intérieurs régionaux
tées des secteurs (en NES14) en utilisant comme clef de
en 2003, forte concentration spa-
répartition les masses salariales contenues dans la source CLAP (Con-
tiale et dynamismes contrastés» -
naissance Locale de l’Appareil Productif).
Insee première n° 1055 - Déc.
- Soit VAsr, la valeur ajoutée régionale r d’un secteur s de l’activité écono-2005
mique.
- «Le poids économique des villes - Soit les masses salariales contenues dans CLAP de ce secteur, versées
françaises» - François-Paul Yatta - dans la région MSsr, et dans l’aire urbaine MSsa,
Données urbaines, vol.2, 1998,
La valeur ajoutée du secteur dans l’aire urbaine est donc égale à :
pp.297-308.
MSsa,- Site Internet : www.insee.fr
VAsa,,= VAsr
MSsr,
La valeur ajoutée totale de l’aire urbaine a est la somme des valeurs ajou-
tées des secteurs qui s’y trouvent
S = 14
VAas= VA ,a∑
s =1
Il est à noter que cette méthode sous-estime la création de richesse dans
les aires urbaines et les secteurs d’activité où le taux de salariat est faible.
Les trois sphères
- La sphère «productive» est composée de l’industrie, des services aux entre-
prises, de la logistique et plus généralement des établissements dont l’activité
économique est orientée vers les marchés extérieurs au territoire local ;
- La sphère «résidentielle» correspond aux services à la population présente
sur le territoire dès lors qu’ils ne sont pas rendus par des établissements de la
sphère «publique». Elle inclut également le secteur de la construction et les en-
treprises publiques constituées en établissements publics à caractère indus-
triel et commercial comme la SNCF et la Poste ;
- La sphère «publique» comprend les administrations et collectivités publi-
ques : sont comptabilisés les agents en poste dans les établissements recru-
tant sur la base du droit public : de l’État, collectivités
Ministère de l’Économie, territoriales, établissements publics à caractère administratif (hôpitaux, uni-
des Finances et de l’Industrie versités,...).
Insee
Le champ sur lequel s’appuie cette étude couvre l’ensemble de l’emploi salarié,
Institut National de la Statistique
en dehors des emplois domestiques, de ceux de l’agriculture et de la défense.
et des Études Économiques
Les non-salariés, comme les artisans et les professions libérales, ne sont donc
Direction Régionale de Lorraine
pas comptabilisés.
15, rue du Général Hulot
CS 54229
54042 NANCY CEDEX
Tél :03 83 91 85 85
CLAP : un nouvel outil pour la connaissanceFax :03 83 40 45 61
www.insee.fr/lorraine des emplois et des rémunérations au niveau local
Le dispositif «Connaissance locale de l’appareil productif» (CLAP) a été conçu
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION pour mesurer l’emploi et les salaires au niveau local, en utilisant les données is-
Jean-Paul FRANÇOIS
sues de plusieurs sources, notamment SIRENE, EPURE (URSSAF), DADS (Dé-
Directeur régional de l’Insee
clarations annuelles de données sociales). CLAP rassemble à un niveau
géographique fin et sur un champ complet, non limité au traditionnel champ
COORDINATION RÉDACTIONNELLE
ICS (Industrie, Construction, Commerce et Services), des données sur la locali-Christian CALZADA
sation des établissements employeurs, les effectifs employés, les rémunéra-
tions versées par secteur d’activité sur l’ensemble de l’économie, marchandeRESPONSABLE ÉDITORIAL ET
et non marchande, hors personnels militaires dépendant du Ministère de laRELATIONS MÉDIAS
Défense et emplois domestiques. CLAP vise la fourniture d’une information deJacqueline FINEL
qualité homogène au niveau du croisement zone d’emploi - NES114.
RÉDACTRICE EN CHEF Les non-salariés, comme les artisans et les professions libérales, ne sont pas
Agnès VERDIN comptabilisés. Dans cette étude, les établissements pris en compte sont uni-
quement les établissements employeurs.SECRÉTARIAT DE FABRICATION
MISE EN PAGE - COMPOSITION Dans CLAP, l’emploi est mesuré au sens des «postes de travail» pourvus au
Marie-Thérèse CAMPISTROUS 31 décembre par établissement employeur. Cette approche centrée sur la no-
Marie-Odile LAFONTAINE tion de «facteur travail» au sein du système productif ne se substitue donc pas
aux estimations d’emploi centrées sur le nombre de personnes en emploi dans
ISSN : 0293-9657
un territoire, leurs caractéristiques sociales et leurs trajectoires.
© INSEE 2006
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