Croissance de l'emploi, mais au prix de la précarité

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La plupart des emplois créés depuis 1990 l'ont été sous un statut précaire, en contrat d'emploi aidé par l'état (CES, CEJ) ou en contrat à durée déterminée dans le secteur privé. Les jeunes et les femmes, nouveaux entrants sur le marché du travail, sont les plus touchés par ces formes d'emploi précaires. Les jeunes sont particulièrement nombreux dans les contrats CDD qui sont devenus une étape vers l'emploi stable.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dos sier Evo lu tion de l’emploi (1990-1999)
Crois sance de l’em ploi,
a plu part des emplois créés depuis Les jeu nes et les fem mes
-1990 l’ont été sous un sta tut pré sont les plus tou chésLcaire, en con trat d’emploi aidé par
l’Etat (CES, CEJ) ou en con trat à durée
De façon géné rale, ces for mes d’emplois déter minée dans le sec teur pri vé. Les
aty pi ques concer nent plus sou vent lesjeu nes et les fem mes, nou veaux entrants
jeu nes et les fem mes qui sont déjà lessur le mar ché du tra vail, sont les plus
caté go ries les plus tou chées par le chô -tou chés par ces for mes d’emplois pré cai -
mage. Ain si, 50 % de ces emplois aty pi -res. Les jeu nes sont par ti cu liè re ment
ques sont occu pés par des jeu nes denom breux dans les con trats CDD qui
moins de trente ans alors qu’ils repré sen -sont deve nus une étape vers l’emploi
tent un peu plus de 20 % de l’emploistable.
total. De même, 47 % de ces emplois
La forte crois sance de l’emploi de la sont occu pés par des fem mes alors queLes em plois aidés décennie écoulée s’est lar ge ment faite les fem mes occu pent 42 % de l’emploi
sous les sta tuts les plus pré cai res. Si les total à La Réu nion.
Les Contrats Emploi-Solidarité (CES) ont
sala riés en CDI ou titu lai res de la fonc -été créés en 1990 afin de favoriser Près de 24 % des fem mes qui tra vail lenttion publique à temps plein demeu rentl’insertion professionnelle des occu pent un emploi aty pique en 1999,-lar ge ment majo ri tai res, ils sont pro por personnes sans emploi (rencontrant des soit une aug men ta tion de 10 pointstion nel le ment moins pré sents qu’endifficultés particulières d’accès à depuis 1990. L’emploi mas cu lin n’en
l’emploi) par l’acquisition de 1990. D’ail leurs, l’emploi sous cette
compte lui, que 19 %. La part des CDDcompétence et de savoir-faire. Ils forme « stable et à temps plein » n’a
et des emplois aidés est beau coup pluspeuvent être signés par les collectivités presque pas connu de pro gres sion au
impor tante pour les fem mes alors queterritoriales, les établissements publics cours des dix der niè res années (pas sant
et les associations. -pour les autres for mes d’emploi aty pi de 96 900 à 101 500). À l’inverse, on
ques ce sont les hom mes les plus concer -
Les Contrats Emploi Consolidé (CEC) note une forte crois sance du temps par -
nés. En effet, ceux-ci sont plus nom- ont été créés par la loi du 29 juillet tiel, des con trats aidés (Con trats Emplois
breux à être appren tis ou sta giai res. Cette 1992. Ils sont destinés aux titulaires de Soli da ri té et Con trats Emplois Jeu nes) et
CES qui n’ont pas trouvé d’emploi à pré ca ri sa tion de l’emploi des fem mesdes CDD (Con trats à Durée Déter minée).
l’issue de ces contrats. s’accom pagne sou vent de con trats à
Ain si, ces for mes d’emplois qu’on qua li- temps par tiel : un emploi fémi nin pré -Les Contrats Emploi Jeunes (CEJ) sont
fie ra ici d’aty pi ques, ont presque dou blé caire sur deux est à temps par tiel. Cesdestinés aux jeunes de 18 à 26 ans,
au cours de la période. Déjà marquées for mes d’emplois aty pi ques cachent desquel que soit leur niveau de formation
et aux personnes de moins de 30 ans par la crois sance du chô mage, les années réa li tés bien dif fé ren tes.
reconnues handicapées ou ne quatre-vingt-dix sem blent aus si avoir été
percevant pas d’allocation chômage. le théâtre d’une forte crois sance de la Avec les emplois aidés,
pré ca ri té.
moins de chô mage mais
plus de pré ca ri té
l’in té rim
Au cours des années quatre-vingt-dix,
-L’inté rim demeure un phé no mène très les emplois dits « aidés » se sont mul ti
mino ri taire à La Réu nion. En mars pliés. En mars 1999, on recen sait 13 400
1999, seu le ment 732 per son nes sala riés se décla rant en con trats d’aides à
tra vail laient dans une agence d’inté rim l’emploi CES ou CEJ alors qu’en mars
soit 0,4 % de l’emploi. En France
1990, les TUC ne repré sen taient quemétropolitaine le taux est beaucoup
2 200 emplois. Aus si, au cours de cetteplus élevé avec 1,7 % de l’emploi total.
période la crois sance de l’emploi aidé est Tou te fois, ce phé no mène est très
nou veau à La Réu nion et il est de l’ordre de 11 200 emplois ce qui
cer tai ne ment ame né à pour suivre son repré sente près de 40 % de la crois sance
essor. En mars 1990, les sala riés pla cés de l’emploi au cours de la der nière
par une agence d’inté rim n’étaient décennie. Il est fort pro bable que sans
qu’au nombre de 105. Ce nombre, ces aides le chô mage aurait atteint des
cer tes très faible, a ain si été mul ti plié
niveaux encore plus éle vés.
par sept en neuf ans.
Les emplois aidés concer nent une popu-
L’em ploi stable et à temps plein la tion glo ba le ment assez peu diplômée et
stagne tan dis que les for mes « aty pi - se retrouvent sur tout par mi les ouvriers
ques » d’em ploi se dé ve lop pent. et les employés. Les béné fi ciai res de
14dos sier
mais au prix de la pré ca ri té
CEJ réside chez ses parents. Ceci est lié trente ans alors que ces jeu nes repré sen -
d’une part à la jeu nesse de cette popu la - tent un peu plus de 20 % de l’emploi.
tion (54 % des titu lai res d’un CES ou L’emploi en CDD, est plus fré quent à
d’un CEJ ont moins de trente ans) mais La Réu nion qu’en métro pole (12,2 %
révèle aus si que la pré ca ri té de ces types contre 8,6 %). Ceci s’explique avant
d’emploi conduit un grand nombre de tout par la jeu nesse de la popu la tion
jeu nes à res ter au domi cile de leurs réu nion naise. Mais, si on com pare les
parents. Sou li gnons, en outre que 21 % résul tats par tranche d’âge, le CDD
des titu lai res de ces types de con trats sont demeure mal gré tout légè re ment plus
des jeu nes fem mes chefs de famille uti li sé à La Réu nion.
mono pa ren tale.
Le con trat à durée déter mi né est une
forme de con trat uti lisée à tous les
Les con trats à durée niveaux de diplôme. Ain si, les sala riés
déter minée : une étape vers qui n’ont pas de diplôme sont dans
Les fem mes sont plus sou vent en em - 12 % des cas embau chés sous ce typel’emploi stable
ploi aidé ou en CDD que les hom mes. de con trat. Les sala riés titu lai res d’un
diplôme de l’ensei gne ment du 1er cycle En dix ans, le nombre de CDD a presque
le sont dans la même pro por tion etCon trats Emploi-Jeu nes sont tou te fois dou blé pas sant de 9 300 à 18 300. De
même les titu lai res d’un diplôme demanière assez natu relle, les jeu nes sontplus diplô més. Ain si les trois quarts
l’ensei gne ment supé rieur du second etplus concer nés par les CDD qui appa rais -d’entre eux avaient au moins le bac ca lau-
du troi sième cycle occu pent dans 10 %sent de plus en plus comme une étaperéat en 1999. Avec la montée du chô -
des cas un emploi en CDD. Au niveauavant d’accé der à un CDI. Ain si, 46 %mage des diplô més, tout se passe comme
des caté go ries socio pro fes sion nel les,s’il y avait eu une seg men ta tion des aides des titu lai res d’un CDD ont moins de
à l’emploi. D’une part, les CES seraient à
des ti na tion d’une popu la tion très peu
diplômée, d’autre part les emplois-jeu nes Les hom mes aus si sont à temps par tiel
vise raient davan tage à favo ri ser l’inser -
tion d’une popu la tion plus diplômée. Au cours des an nées quatre-vingt-dix le l’est beau coup moins qu’en France mé tro -
tra vail à temps par tiel s’est for te ment dé - po li taine où 81 % de l’em ploi à temps par -Les CES sont des con trats qui durent
ve lop pé à La Réu nion. Ain si, alors qu’en vi- tiel est oc cu pé par des fem mes. La Réu -moins de six mois, les emplois jeu nes, en
ron 17 000 per son nes tra vail laient à temps nion, se dis tingue donc, au con traire, parrevanche, peu vent durer jus qu’à cinq ans.
par tiel en 1990 el les sont près de 30 000 la forte pro por tion d’hom mes qui ne tra vail -Autant, la faible durée moyenne des CES
en 1999. Cette forte pro gres sion est lar ge- lent pas à temps plein.atteste du fort niveau de pré ca ri té lié à
ment liée à la montée en puis sance desces emplois, autant la longue durée des A La Réu nion le temps par tiel se re trouve
me su res d’aides à l’em ploi. Ain si, lesemplois jeu nes induit une pré ca ri té de es sen tiel le ment dans les sec teurs de l’ad -
8 000 ti tu lai res d’un CES en 1999 tra vail- l’emploi bien plus faible. Dans un cas sur mi nis tra tion et dans les ser vi ces aux par ti -lent à temps par tiel. Mais d’au tres sa la riéstrois, le titu laire d’un con trat CES ou cu liers. La po pu la tion sou mise au temps
tra vail lent à temps par tiel (5 300 en CDD
par tiel est glo ba le ment moins di plômée
et 11 400 en CDI).
-que le reste de la po pu la tion. Même en ex
Mal gré cette forte évo lu tion, la pro por tion cluant de l’ana lyse, les bé né fi ciai res d’un
de sa la riés à temps par tiel est très proche con trat CES, il ap pa raît qu’une per sonne à
de ce qu’elle est en France mé tro po li taine temps par tiel sur deux n’a au cun di plôme.
-(17 %). Tou te fois, les em plois et les per A titre de com pa rai son, ce n’est le cas que
son nes qui les oc cu pent sont très dif fé- d’une per sonne sur trois pour les per son-
rents. Les con trats ai dés ty pes CES-CEJ nes tra vail lant à temps plein.
ex pli quent près de 30 % du temps par tiel à
Le tra vail à temps par tiel s’ap pa rente la
La Réu nion alors que ce taux est in fé rieur
plu part du temps à une vé ri table forme de
à 5 % en France mé tro po li taine. Dans la
pré ca ri té puisque dans 69 % des cas, les
fonc tion pu blique, alors que près de 16 %
per son nes tra vail lant à temps par tiel sou -des ti tu lai res mé tro po li tains tra vail lent à
hai tent aug men ter leur durée de tra vail.temps par tiel, ce phé no mène est beau -
Ain si trois hom mes sur quatre qui tra vail -coup plus rare à La Réu nion où le temps
lent à temps par tiel sou hai tent tra vail lerpar tiel concerne moins de 4 % des ti tu lai-
da van tage ain si que deux fem mes sur
res. Enfin si le temps par tiel reste ma jo ri- Par mi les em plois sup plé men tai res trois.
tai re ment fé mi nin à La Réu nion (63 %) ilquatre sur dix sont des em plois ai dés
(CES et CEJ).
15dos sier Evo lu tion de l’emploi (1990-1999)
La pré ca ri té ac com pagne le chô mage
En terme de pré ca ri té, La Réu nion connaît Les com mu nes les plus iso lées sont les
de très for tes dis pa ri tés. Ain si, l’éven tail des plus tou chées par l’emploi pré caire.
taux d’em plois pré caires (CDD, em plois ai - Saint-Phi lippe et Sainte-Rose se dis tin -
dés, in té rim, sta giai res...) va de 13 % à guent des au tres com mu nes avec une
42 % se lon les com mu nes. pro por tion d’emploi pré caire su pé rieur à
40 % de l’em ploi sa la rié to tal alors que ce -
Les com mu nes à plus faible taux de chô -
lui-ci s’élève à 25 % sur l’en semble de La
mage sont aus si cel les dans les quel les
Réu nion.
l’em ploi est le moins pré caire (Saint-De nis,
Sainte-Marie, La Pos ses sion). Les em plois
ai dés y sont pro por tion nel le ment moins
nom breux.
cette cons ta ta tion est un peu moins per - con trat qui régit 22 % des sala riés alors
ti nente. En effet, près de 14 % des que 12 % de l’emploi sala rié total est
ouvriers sont employés à tra vers un sous ce type de con trat. Ceci est lié à la
CDD et 7 % des cadres. Il appa raît ain si faible durée des chan tiers. Une pré cé -
que le CDD n’est pas tou jours un signe dente étude avait révé lé qu’un sala rié du
de pré ca ri té. Il appa raît bien plus BTP sur cinq tra vail lait moins de trois
comme une forme d’embauche, comme mois dans l’année. Au sein de l’agri cul -
en en témoigne la proxi mi té des pour - ture, 17 % des sala riés sont embau chés à
cen ta ges pour l’ensemble des caté g o ries. tra vers un CDD et ce taux est de 15 %
-pour le sec teur des ser vi ces aux entre pri
Les sec teurs qui uti li sent le plus les ses. n
CDD sont le BTP, l’agri cul ture et les
Ja mel MEKKAOUIser vi ces aux entre pri ses. Le BTP est le
sec teur qui a le plus recours à ce type de
Con di tions d’em ploi se lon le sexe en 1999
Type de con trat Hom mes Fem mes Ensemble
CDI 48 404 36 644 85 048
Ti tu laire de la fonc tion pu blique 14 987 13 888 28 875
CDD 9 812 8 458 18 270
Emplois ai dés (CES et CEJ) 6 256 7 148 13 404
Au tres (ap pren ti, in té rim, sta giaire ré mu né ré) 2 885 1 621 4 506
Non sa la riés 18 290 5 284 23 574
To tal 100 634 73 043 173 677
Source : Insee, re cen se ment de 1999.
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