Des actifs en mouvement

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Pour rejoindre leur travail, les Francs-Comtois sont de plus en plus souvent amenés à se déplacer. En 1999, sur 100 actifs occupés, 60 quittent quotidiennement leur commune de résidence, 54 restant dans la région. La mobilité est sensiblement plus importante qu'en 1990. Cette situation résulte des nouvelles conditions du marché de l'emploi, de la modification des choix de localisation résidentielle des ménages et du développement des voies de communication. Les déplacements restent très majoritairement des déplacements de proximité. L'allongement des distances est néanmoins perceptible et les migrations hors de la région s'amplifient.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Pour rejoindre leur travail, les Francs-Comtois sont de plus en plus souvent amenés à se déplacer. En 1999, sur 100 actifs occupés, 60 quittent quotidiennement leur commune de résidence, 54 restant dans la région. La mobilité est sensiblement plus importante qu&en 1990. Cette situation résulte des nouvelles conditions du marché de l&emploi, de la modification des choix de localisation résidentielle des ménages et du développement des voies de communication. Les déplacements restent très majoritairement des déplacements de proximité. L&allongement des distances est néanmoins perceptible et les migrations hors de la région s&amplifient.
Nº 43 - AVRiL 2001
Marché de l'emploi
a plupart des déplace-l  e s s e n t i e ls ap e r t i n e n c e . ments de travail desNéanmoins, la population tra-Francs-Comtois se fontvaillant dans une autre zone à lintérieur même deque sa zone de résidence croît la région. Sur 448 700 actifsde façon assez systématique. ayant un emploi, 240 000 quit-Cela vaut particulièrement tent leur commune de rési-pour les zones frontalières, le dence pour se rendre dans uneRevermont, la zone demploi autre commune de Franche-de Champagnole. Dans cer-Comté, dans plustaines zones(Be-Les déplacements de quatre cas surs a n ç o n ,L o n s - l e -cinq du même dé-de proximitéSaunier, Vesoul), le p a r t e m e n t .C e u xrôle structurant de restent les qui sortent du dé-l  a g g l o m é r a t i o n plus fréquents partement le font enprincipale apparaît général pour une zone limi-très marqué. Dans dautres, trophe. Les actifs occupés ré-au contraire, il est peu percep-sident dans 70% des cas àtible (Revermont, zones de moins de 9 kilomètres de leurMorteau, de Lure-Luxeuil et lieu de travail. Lessentiel desmême de Saint-Claude). Les flux ont lieu à lintérieur de laflux croisés peuvent être très zone demploi. Ce résultat estimportants, comme le mon-logique car ce découpage atrent les échanges entre les été conçu à partir des navetteszones de Belfort et Montbé-domicile-travail. La carte desliard : chaque jour, 7 400 ac-flux issue des résultats du der-tifs du Territoire de Belfort nier recensement montre queentrent dans la zone demploi ce découpage conserve pourde Montbéliard, tandis que
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près de 6 000 actifs de la zone de Montbéliard vont vers le Territoire de Belfort. À moin-dre échelle des flux croisés notables peuvent être repérés entre les zones demploi de Lure-Luxeuil et Vesoul, cel-les de Besançon et Montbé-liard, ainsi que celles de Be-sançon et Vesoul. Dans la plu-part des cas, on migre vers une commune proche ou ri-chement dotée en emplois in-dustriels ou tertiaires. Dans le Doubs, du fait de son statut de capitale régionale, Besançon attire plus de 27 000 tra-vailleurs extérieurs à la ville. Les autres préfectures dépar-tementales sont également pourvoyeuses demplois pour
nombre de Francs-Comtois qui ny ont pas élu domicile : 15 600 pour Belfort, 10 400 pour Vesoul et 8 300 pour Lons-le-Saunier. Dans lag-glomération de Montbéliard, 42 700 flux de travail se pro-duisent quotidiennement sur les seules communes de So-chaux, Montbéliard, Audin-c o u r t ,É t u p e s ,M a n d e u r e , Voujeaucourt, Valentigney, Exincourt et Pont de Roide. Ces échanges internes à la ré-gion se sont multipliés depuis 1 9 9 0 .O nd é n o m b r ep r è s 44 000flux supplémentaires de commune à commune et 14 500de zone demploi à zone demploi. Cest en di-rection de la zone de Belfort que laugmentation est la plus importante : 3 200 entrées en plus avec une participation importante des habitants de la zone de Montbéliard (2 300 flux supplémentaires). La zone de Besançon attire éga-lement beaucoup plus dactifs extérieurs à la zone, avec une augmentation de 3 100 entrées entre les deux recensements, dont 900 sont originaires de la zone demploi de Dole. Ces échanges résultent de lobli-gation de rechercher du tra-vail plus loin de son domicile, mais aussi dune modification des comportements résiden-tiels. Certains ménages font le choix de résider plus loin du centre pour trouver un lo-gement à leur convenance. Ces comportements peuvent varier au cours du cycle de vie. Tous ces changements sont facili-tés par des infrastructures rou-tières améliorées, des moyens de locomotion plus nombreux et limplantation de zones dactivité commerciale en banlieue des villes-centre.
Cette évolution des flux a une incidence directe sur les tra-j e t sm o y e n sd e sF r a n c s -Comtois qui résident et tra-vaillent dans la région (et changent de commune pour aller travailler). Ils passent de 10,7 à 11,9 kilomètres entre 1 9 9 0e t1 9 9 9 .P o u rn e u f Francs-Comtois sur dix la dis-tance natteint pas 25 kilomè-tres. Pour se déplacer à linté-rieur de la Franche-Comté, 87% des actifs utilisent leur voiture. Seulement 5% se ser-vent des transports en com-mun.
Les déplacements hors de la région samplifient.
Pour 30 300 Francs-Comtois, lemploi se trouve hors fron-tière régionale, dans une autre région de France métropoli-taine ou à létranger, le plus souvent en Suisse (14 000 na-vettes). Ceux qui restent en France métropolitaine se dé-placent en majorité vers les régions limitrophes. Cinq ré-gions (Alsace, Bourgogne, R h ô n e - A l p e s ,L o r r a i n ee t Champagne-Ardenne) reçoi-vent 85% de ces migrants. Les mouvements vers lÎle-de-France ne sont pas négligea-bles (1 300 actifs). Les dépla-cements professionnels vers les autres régions de France samplifient (+26,6% par rap-port à 1990). Ils augmentent tout particulièrement vers lAlsace et la Bourgogne. Mais ils diminuent denviron 300 personnes en direction de la région parisienne. En sens inverse, les flux en-trants, de lordre de 11700, sont également en nette aug-mentation par rapport à 1990. Mais ces 3 100 flux supplé-
mentaires ne compensent pas laccroissement du nombre de sortants. Au total, le déficit des échanges de travailleurs sest encore creusé par rap-port à 1990. Les régions limi-trophes sont aussi celles qui fournissent la majorité (86%) des entrants. Avec les régions Bourgogne, Lorraine et Cham-pagne-Ardenne, léquilibre entrées-sorties est atteint. En revanche, avec les régions Al-sace, Rhône-Alpes et Île-de-France, le solde est nettement défavorable à la Franche-Comté, car les entrées ne re-présentent pas la moitié des sorties. Comme pour les flux inter-nes, les principales migrations de travail sétablissent entre zones demploi de proximité. Au nord-est, les habitants du Territoire de Belfort se ren-dent dans les zones de Mul-house (plus de 1400 flux), dAltkirch ou de Thann-Cer-nay. Au nord, ceux de la zone de Lure se dirigent vers Épi-nal ou Remiremont-Gérard-mer. Plus à lOuest, les échan-ges se font entre la haute val-lée de la Marne et les zones de Vesoul et Gray. En Bourgo-gne, la zone de Dijon est pri-sée par les habitants de Dole (1 400 flux) mais aussi de Gray et de Besançon. Celle dAutun attire les urassiens des zones de Lons-le-Saunier et de Dole e tc e l l e sd eL o u h a n se t Chalons présentent aussi des opportunités de travail pour leur zone voisine, Dole. Au Sud enfin, la zone dOyonnax offre près de 1 800 emplois aux habitants de la zone de Saint-Claude ou de Lons-le-Saunier, ces derniers se diri-geant également vers Bourg-en-Bresse.
LES RÉSULTANTES VECTORIELLES : UNE MÉTHODE DE REPRÉSENTATION DES FLUX
C ette méthode permet de synthétiser sous la forme dun unique vecteur tous les mouvements domicile-travail prove-nant dune commune. Ce vecteur résultant tient compte des directions et de lintensité des flux observés. Lensemble des résultantes vectorielles donne une vision très parlante des mouvements. Elle fait apparaître les pôles dattraction, et la plus ou moins grande complexité de leur structuration, comme le montent les mouvements vers le nord de la Franche-Comté. Elle fait aussi apparaître quelques courants migratoi-res : RN83 entre Lons-le-Saunier et Besançon, vallées vos-giennes dans les mouvements vers Mulhouse et Colmar.
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À noter que 1 800 actifs rési-Qui sont donc tous ces actifs dant en Saône-et-Loire font leen mouvement ? De manière trajet quotidien vers le ura.caricaturale on pourrait dres-Le ura reçoit dailleurs 39%s e rl ep o r t r a i t - r o b o td u des flux entrant en Franche- navetteur  franc-comtois de Comté. Et à lintérieur du ura,la façon suivante : ouvrier de la zone demploi de Lons-le-sexe masculin, jeune, salarié Saunier agit comme un aimantet marié. Un navetteur sur sur les zones voisines, en par-deux a moins de 35 ans, alors t i c u l i e rc e l l ed eL o u h a n sque ce rapport est de 1 pour 3 (1 400flux). pourles actifs stables. Les Ces échanges interrégionaux,obligations afférentes à la dans un sens ou dans lautre,prise en charge des enfants sont donc plutôtconduisent les fem-d e sr a p p o r t sd emes à rechercher Des déplacements proximité. Ils nedavantage un em-au masculin s  a c c o m p a g n e n tploi de proximité. pas nécessairement de longsDans un couple cest donc plu-t r a j e t s .E nm o y e n n e ,l e stôt lhomme qui se déplace. Francs-Comtois qui sortent deLa proportion des femmes la région parcourent 110 kilo-chez les actifs migrants nest mètres (contre 123 en 1990)que de 41% alors quelle est soit 25 kilomètres de moinsproche de 50% dans le cas des que ceux qui viennent tra-actifs résidant et travaillant vailler en Franche-Comté.dans la même commune. Les Pour la moitié cette distanceemployés représentent 33% est inférieure à 43 kilomètresdes actifs travaillant dans leur et pour un sur quatre à 20commune de résidence, mais k i l o m è t r e s .L em o y e nd eseulement 24% des migrants. transport le plus souvent uti-Chez les ouvriers les propor-lisé est la voiture, choisie pourtions sont respectivement de plus de trois déplacements sur29 et de 38%. Le grand nom-quatre. Les transports en com-bre de migrants ouvriers pro-mun ne font que 7% dadeptesvient pour une large part de dans le sens des sorties (3,5%lexistence des grands pôles pour les flux entrants).industriels du nord franc-
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10 500 000 KILOMÈTRES PARCOURUS TOUS LES JOURS
L es distances moyennes mentionnées dans cet article correspondent au kilométrage à vol doiseau mesuré entre deux communes. Par convention, pour calculer une distance moyenne pour lensemble des actifs occu-pés, on affecte pour ceux qui habitent et travaillent dans la même commune, une distance égale à la moitié de la racine carrée de la superficie de cette commune. En ajoutant cet élément de calcul, la distance moyenne qui sépare lensemble des actifs francs-comtois de leur lieu de travail est estimée à 11,7 kilomètres. Mais un actif sur deux effectue moins de  kilomètres. Il faut signaler cependant que ce calcul nintègre pas les flux vers les pays frontaliers. En partant des deux hypothèses qui suivent : 1) les trajets vers létranger nont quune infime influence sur le trajet moyen 2) les trajets sont effectués deux fois par jour (un aller et un retour) on peut estimer à 10 500 000 le nombre de kilomètres parcourus par les actifs comtois, chaque jour.
comtois. Les déplacements hors Franche-Comté sont sou-vent synonymes de plus fortes qualifications. Les niveaux de diplôme sont supérieurs puis-que 42% déclarent avoir au minimum le baccalauréat, contre 36% pour lensemble des migrants. Pour ceux qui travaillent en région pari-sienne cette proportion atteint 66%. Les cadres, techniciens et agents de maîtrise sont éga-lement mieux représentés. Enfin, hors frontières régio-nales, les emplois des Francs-comtois ne sont plus guère féminisés : moins dun em-ploi sur trois.n
Evelyne Dony
INSEEFranche-Comté "le Major" 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99
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