Deux embauches sur trois en CDD

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En 2000, le dynamisme économique a favorisé les mouvements de main-d'œuvre dans les établissements de plus de 50 salariés en Alsace. Les recrutements ont été nombreux. Pourtant, même en période d'embellie sur le marché du travail, l'emploi demeure fragile : les deux tiers des embauches se sont faites sous forme d'un CDD. Toutefois de nombreux salariés ont démissionné pour profiter de meilleures opportunités de carrière.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI
n En 2000, le taux de rotation dans les
établissements de plus de 50 sala-
riés a été de 29 % de leur effectif au
1er janvier.Deux embauches n Deux embauches sur trois ont étén
conclues en CDD.
n Les démissions ont représenté plussur trois en CDD du quart des motifs de sortie.
rente selon les secteurs d’activité.En 2000, le dynamisme Toujours des
La mobilité est toujours plus forte contrats de courteéconomique a favorisé les
dans le tertiaire et la construction. duréemouvements de main-d’œuvre
Si les flux d’entrée et de sortie ont
dans les établissements Comme les années précédentes,constamment progressé depuis
les entreprises ont privilégié lesde plus de 50 salariés 1996, ils se sont accélérés en
recrutements en contrat à durée2000. Les embauches sont plusen Alsace. Les recrutements
déterminée (CDD). L’an 2000 sedynamiques dans la plupart desont été nombreux.
caractérise pourtant par un taux desecteurs. Plus de la moitié des
Pourtant, même en période recrutement en CDD exceptionnel-recrutements se sont concentrés
d’embellie sur le marché lement bas, à 64%, soit un recul dedans les services opérationnels, le
du travail, l’emploi demeure neuf points par rapport à 1997,commerce de détail, la santé et
année de la reprise économique.l’action sociale, le transport et lesfragile : les deux tiers des
Il existe sur ce point des disparitésindustries agroalimentaires. Enembauches se sont faites
entre secteurs. Dans le tertiaire, les2000, sur un effectif en début
sous forme d’un CDD. deux tiers des embauches sontd'année de 219 000 salariés, plus
Toutefois, de nombreux réalisées en CDD. Le commerce dede 66 000 personnes ont été recru-
détail y a recours huit fois sur dix.salariés ont démissionné tées par ces établissements et plus
Dans la période récente, l’industriede 60 000 ont quitté leur poste.pour profiter de meilleures
privilégiait les recrutements de sesDepuis 1997, les recrutements sontopportunités de carrière.
nouveaux salariés pour des duréessupérieurs aux départs dans les
déterminées.établissements intéressés.
n Alsace, la situation écono-
Presque 34 % des embauches à durée indéterminée
mique favorable de l’annéeE2000 a particulièrement
Mouvements par motif Secteur d'activité Ensemble
dynamisé les mouvements de main-
Industrie Construction Services
d’œuvre dans les établissements Entrées 100,0 100,0 100,0 100,0
de plus de 50 salariés. La mobilité Contrat à durée déterminée 58,9 42,4 68,0 63,9
a concerné 29 salariés sur 100 pré- Contrat à durée indéterminée 38,0 53,6 29,9 33,6
Transfert en entrée 3,1 3,9 2,1 2,5sents en début d’année.
Sorties 100,0 100,0 100,0 100,0
L’ampleur de ces mouvements est
Fin de contrat à durée déterminée 37,5 20,7 54,9 47,8
demeurée, comme les années
Démission 29,3 51,1 25,5 27,7
précédentes, sensiblement diffé- Licenciement économique 4,8 0,4 0,5 2,0
Autre licenciement 7,0 8,6 5,0 5,8
Mise à la retraite 7,4 6,0 1,7 3,8
Transfert en sortie 6,1 3,4 4,0 4,7
Fin de période d'essai 3,8 3,3 5,2 4,7
Autre 4,0 6,5 3,1 3,5
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus en 2000.
7Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002
Source : Insee-Dares (DMMO)EMPLOI
En 2000, 59 % des embauches ont plus souvent à des emplois stables. alsaciens semblaient à cette
donné lieu à un CDD, au lieu de C'est le cas des cadres et, dans époque confiants dans l’avenir et
une moindre mesure, des profes- anticipaient un maintien du niveau70 % les années précédentes. La
sions intermédiaires. de leur carnet de commandes.relative faiblesse de ces taux peut
Les CDD débouchent rarement sur Dans ce secteur, les recrutementsen partie s’expliquerpar le recours à
une embauche définitive au sein de en CDI ont augmenté de 45 % parl’intérim.
la même entreprise (une fois sur rapport à 1999. Dans les services,Plus des trois quarts des jeunes ont
cinq en moyenne nationale). Ce la progression est de plus de 22 %été recrutés par le biais d’un CDD.
type de contrat ne fait donc pas sur un an ; elle s'élève à 60 % dansCeci illustre la difficulté des moins
véritablement fonction de test de les transports et à 45 % dans lede 25 ans à "décrocher" un emploi
commerce de gros. Confrontés auxpré-embauche.stable. De nombreux jeunes peuvent
difficultés de recrutement, danscependant acquérir une formation
Forte augmentation certains secteurs d'activité ougrâce à un CDD aidé par l’État,
pour des professions particulièresdes embauches encomme par exemple un contrat
souffrant d'un déficit d'image, lesCDId’apprentissage.
chefs d’entreprises ont pu reconsi-Les femmes sont embauchées plus En 2000, si le nombre de recrute- dérer leurs pratiques de recrutement.
de sept fois sur dix en CDD, contre ments progresse de presque 15 %
une fois sur deux pour les hommes. par rapport à l’année précédente, Un niveau important
Cette différence s’explique en partie ceux sur contrats à durée indéter- de démissionspar le fait que les femmes travaillent minée (CDI) ont progressé deux
plus souvent dans des secteurs qui fois plus vite. Parmi les 66 000 per- Les fins de contrat à durée déter-
utilisent traditionnellement des minée demeurent, et de loin, lesonnes embauchées par les éta-
contrats courts (l’habillement, le premier motif de sortie des salariés.blissements de 50 salariés ou plus
commerce de détail, etc.). En 2000, un salarié sur deux a quittésur l'ensemble de l'année, plus de
Les ouvriers non qualifiés sont 22 000 personnes ont été recrutées l’établissement pour cette raison.
embauchés en CDD presque huit Le nombre de démissions atteint unau moyen de ce contrat de travail.
fois sur dix, et les employés le sont niveau record en 2000 : sur 60 000Pour gérer ses recrutements,
salariés ayant quitté cette année lessept fois sur dix. L'exercice d'une l’industrie a privilégié l'offre
profession qualifiée permet d’accéder d'emplois stables: les industriels établissements intéressés, environ
17 000 l'ont fait volontai-
rement. Les démissionsLes jeunes et les femmes massivement embauchés en CDD (%)
représentent ainsi plus du
Mouvements par motif Âge Sexe quart des motifs de sortie.
- de 25 ans 25 à 49 ans 50 ans et plus Femme Homme Ces départs volontaires de
Entrées 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 l’entreprise témoignent que la
dont :
situation sur le marché de
contrat à durée déterminée 75,7 52,7 54,7 73,6 52,3
l’emploi a été jugée nettementcontrat à durée indéterminée 22,8 42,4 35,6 24,0 42,9
Sorties 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 meilleure par certains salariés.
dont :
fin de CDD 70,1 36,7 18,6 59,6 35,8
démission 18,8 37,5 11,6 22,4 33,2
licenciement économique 0,2 2,7 5,2 1,7 2,2
autre licenciement 2,6 6,9 12,7 3,9 7,7
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus en 2000.
8 Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002
Source : Insee-Dares(DMMO).EMPLOI
Source et définition
Sont tenus à une déclaration mensuelle
des mouvements de main-d’œuvre
(DMMO) tous les établissements comp-
tant au moins 50 salariés. Sont exclus de
ce dispositif les établissements soumis
Ils n’hésitent plus à saisir des offres travail. Cette année, le secteur a au droit administratif, les entreprises
d'emploi plus intéressantes faites rencontré de réelles difficultés de étrangères, la SNCF, la Poste et les éta-
par d’autres établissements. recrutement, un phénomène amplifié blissements de travail temporaire.
Sur l'effectif présent en janvier par la multiplication des grands
2000, 8 % des salariés ont démis- travaux, les baisses spécifiques Les taux d’entrée et de sortie des éta-
blissements sont calculés par rapportsionné. En 1990, année également de la TVA et les réparations
aux effectifs présents en début d’année.favorable pour l’emploi, ils étaient consécutives à la tempête de
11 %, mais au plus fort de la crise décembre 1999.
en 1993, en deçà de 4 %. Les personnels démissionnent majo- En 2000, les licenciements écono-
Les secteurs les plus concernés ritairement entre 25 et 49 ans, miques représentent 2 % des
par les démissions sont l’hôtellerie au moment où, ayant capitalisé motifs de sortie, contre 2,5 % un an
et la restauration, où elles repré- suffisamment d’expérience profes- auparavant. Seules les industries
sentent 50 % des motifs de sortie, sionnelle, ils souhaitent la valoriser du textile et de l’habillement, avec
les transports (36 %), les services dans un autre établissement. D'une respectivement des taux de 29 % et
aux entreprises (26 %), la construc- manière générale, les départs volon- de 17 % environ, ont fortement
tion (25 %). La construction connaît taires sont plutôt le fait de salariés réduit leurs effectifs; elles subis-
traditionnellement un fort niveau de titulaires de CDI. Les ouvriers non sent toujours la concurrence des
démission, fluctuant néanmoins qualifiés et les employés démission- pays à faibles coûts salariaux.
avec l’activité. Les métiers du bâti- nent moins souvent que les autres
ment jugés moins attractifs pâtis- professions, car leur situation est
sent d'une relative pénibilité du plus fragile sur le marché de l’emploi. Christophe RAFRAF
Toujours plus de CDD, de plus en plus de CDI et de démissions
25
En % des effectifs présents en début d'année
20
Embauche sur contrat à durée déterminée
15
Sortie pour fin de contrat
10
Embauche sur contrat à durée indéterminée
Sortie par démission
5
Sortie par licenciement économique
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus en Alsace.
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Source : Insee-Dares (DMMO).

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