Douze ans de chômage

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Au cours de ces douze dernières années, l'évolution du taux de chômage régional a connu trois phases. Les deux premières partagent de façon égale la période 1991-1996 qui a ainsi vu croître puis se stabiliser l'indicateur. La troisième, encore d'actualité, est une phase de régression continue. Elle a pu être observée au plan national à partir de la même date mais elle s'est arrêtée à l'été 2001 tandis qu'elle s'est poursuivie au niveau régional. Le différentiel entre la région et la France, qui avait commencé de décroître au début de l'année 1998, a pu continuer à se réduire significativement ; en effet, alors qu'il s'élevait encore à 3,6 points en juin 2001, il n'est plus que de 2,8 points en décembre 2002.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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NORD-PAS-DE-CALAIS
N°1 - MARS 20032,2 €
Douze ans de chômage
Au cours de ces douze dernières années,
l’évolution du taux de chômage régional
À partir de 1990 et jusqu’à la moitié dea connu trois phases. Les deux premières
l’année 1994, face au ralentissement de la
croissance et aux taux d’intérêt élevés, lespartagent de façon égale la période 1991-1996
entreprises ont adopté un comportement
attentiste : recours au chômage partiel,qui a ainsi vu croître puis se stabiliser l’indicateur.
suppression d’emplois permanents, réduction
des heures supplémentaires, développementLa troisième, encore d’actualité, est une phase
des emplois précaires et moins de créations
d’emplois.de régression continue. Elle a pu être observée
SOUS LE SIGNE DE LA RÉCESSIONau plan national à partir de la même date
AU DÉBUT DES ANNÉES
mais elle s’est arrêtée à l’été 2001 tandis
QUATRE-VINGT-DIX
qu’elle s’est poursuivie au niveau régional.
L’incidence est immédiate sur le chômage
et le nombre de chômeurs au sens duLe différentiel entre la région et la France,
BIT augmente de 65 000 personnes dont
30 000 sur la seule année 1993. Le taux dequi avait commencé de décroître au début
chômage s’accroît de 3,8 points entre
décembre 1990 et mars 1994, et plusde l’année 1998, a pu continuer à se réduire
particulièrement dans les zones d’emploi
à forte dépendance industrielle telles quesignificativement ; en effet, alors qu’il s’élevait
le Valenciennois (+4,6 points), la Sambre-
Avesnois (+4,4 points) et Roubaix-encore à 3,6 points en juin 2001, il n’est plus
Tourcoing ou Lens (+4,3 points). La politique
sociale de l’emploi mise en place dès 1992,que de 2,8 points en décembre 2002.
qui s’est traduite par un accroissement
notable du nombre de stages et de
Raymond Bénard
contrats emploi-solidarité, a permis alors
DIVISION STATISTIQUES SUR LE CHÔMAGE ET L’EMPLOI
de contenir cette hausse du chômage.
INSEE NORD-PAS-DE-CALAIS - 130, AVENUE DU PRÉSIDENT J.F. KENNEDY - 59034 LILLE CÉDEX - TÉL. : 03 20 62 86 29 - TÉLÉCOPIE : 03 20 62 86 00N°1
Profils
NORD-PAS-DE-CALAIS
bénéficiaires d’implantations industriellesLE TAUX DE CHÔMAGE RÉSISTE UNE CROISSANCE SOUTENUE QUI
récentes, plus consommatrices de main-
MALGRÉ LA REPRISE PROVOQUE LE REPLI DU CHÔMAGE
d’œuvre (le secteur automobile dans le
Valenciennois et le Douaisis par exemple),
La période 1994-1997 connaît une reprise À partir du printemps 1997, le chômage
et bien reliées par ailleurs à la métropole
concomitante de la production et des recule tandis que les ressources de main-
lilloise.
créations d’emplois principalement dans le d’œuvre connaissent une progression plus
tertiaire. Au plan national, les deux tiers soutenue que par le passé. Le nombre de
des emplois créés l’ont été à temps partiel chômeurs au sens du BIT diminue de 60 000 Les dispositifs régionaux de l’emploi aidé
diminuant notablement leur coût et ont en Nord-Pas-de-Calais entre mars 1997 et (contrats emploi-solidarité, contrats emplois
permis une meilleure adaptation des décembre 2002. Le taux de chômage consolidés, contrats emploi jeunes) ont
capacités de production aux contraintes décroît alors continûment, passant de également fortement contribué à la baisse
économiques. 16,6% à 11,9%. du chômage. Le nombre de ces emplois
s’élève à plus de 57 000 dans la région
L’amplitude de la baisse du taux de chômage, depuis l’année 2000. Ils représentent entre
Malgré cela, le chômage s’est maintenu à sur la période allant de mars 1997 à 4% et 5% de l’emploi salarié régional et
un niveau élevé. La région ne profite que décembre 2002 sur l’ensemble des zones entre 10% et 12% des emplois aidés
dans un premier temps du retournement d’emploi de la région, varie de 3,0 points nationaux sur la période allant de 1998 à
de la conjoncture et voit alors son taux de pour la zone de Lille à 7,6 points pour le 2002. Par leur volume, ces emplois ont en
chômage reculer de 1,3 point entre mars Valenciennois. Le dynamisme économique grande partie permis de stabiliser le taux
1994 et septembre 1995. Celui-ci remonte de la métropole lilloise ne transparaît pas de chômage ou d’accentuer notablement
ensuite d’autant jusqu’en juin 1997, la dans l’évolution de son taux de chômage la baisse du chômage dans la plupart des
progression de l’emploi se trouvant ralentie qui progresse depuis mars 2001, mais zones. Au cours des trois dernières années,
voire stoppée. Sur toute la période, la part profiterait aux zones bénéficiant des récents ce sont les zones de la Sambre-Avesnois,
du chômage de longue durée a continué développements du réseau de communi- du Valenciennois, de l’Artois-Ternois et
de croître pour représenter 40,4% des cations ferroviaires et routières vers la capitale dans une moindre mesure les zones de
chômeurs de catégorie 1 à la fin de l’année régionale. Les plus importantes diminutions Dunkerque et de Berck-Montreuil qui en
1997. semblent concerner a priori les zones ont le plus bénéficié.
ÉVOLUTION DU TAUX DE CHÔMAGE NORD-PAS-DE-CALAIS ET FRANCE
ENTRE DÉCEMBRE 1990 ET DÉCEMBRE 2002 Définitions
Les demandeurs d’emploi sont
% inscrits dans plusieurs catégories
17,5
selon le type d’emploi recherché.
16,5
La catégorie 1 regroupe des per-
15,5 sonnes sans emploi, immédiatement
Nord-Pas-de-Calais
disponibles, à la recherche d’un14,5
emploi à durée indéterminée à
13,5
temps plein. Depuis juin 1995,
France
12,5 suite à une décision du Conseil
d’État, les personnes répondant11,5
aux mêmes critères que la caté-
10,5
gorie 1 mais ayant exercé une
9,5
activité réduite ou occasionnelle de
8,5 78 heures ou plus dans le mois
Déc. 1990 Déc. 1992 Déc. 1994 Déc. 1996 Déc. 1998 Déc. 2000 Déc. 2002
précédent, sont exclues de la caté-
gorie 1 et forment la catégorie 6.
Source : Insee, DRTEFPN°1
Profils
NORD-PAS-DE-CALAIS
ÉVOLUTION DU TAUX DE CHÔMAGE PAR ZONE D’EMPLOI ENTRE DÉCEMBRE 1990 ET DÉCEMBRE 2002
% % %
21,0 21,0 21,0
19,019,0 19,0
Roubaix-Tourcoing DunkerqueDépartement du Nord
17,0 17,0 17,0
15,0 15,0 15,0
Département du Nord Département du Nord
13,013,0 13,0
Lille
11,0 11,0 11,0
9,0 9,0 9,0
7,0 7,0 7,0
12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02
% % %
21,0 21,0 21,0
Valenciennois
19,0 19,0 19,0
DouaisisDépartement du Nord
17,0 17,0 17,0
15,0 15,0 15,0
Département du Nord Département du Nord
13,0 13,0 13,0
Flandre-Lys
11,0 11,0 11,0
9,0 9,0 9,0
7,0 7,0 7,0
12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02
% %%
21,0 21,0 21,0
Sambre-Avesnois
19,0 19,0 19,0
Département du Pas-de-Calais
17,0 17,0 17,0
Cambrésis
15,0 15,0 15,0
Département du Nord Département du Nord
13,0 13,0 13,0
11,0 11,0 11,0
Artois-Ternois
9,0 9,0 9,0
7,0 7,0 7,0
12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02
% % %
21,0 21,0 21,0
Lens-Hénin
19,0 19,019,0
Département du Pas-de-Calais Département du Pas-de-Calais
17,0 17,0 17,0
15,0 15,0 15,0
Département du Pas-de-Calais Béthune-Bruay
13,0 13,013,0
Saint-Omer
11,0 11,0 11,0
9,0 9,0 9,0
7,0 7,0 7,0
12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02
% % %
21,0 21,0 21,0
Calaisis Boulonnais
19,0 19,0 19,0
Département du Pas-de-Calais
17,0 17,0 17,0
15,0 15,0 15,0
Département du Pas-de-Calais Département du Pas-de-Calais
13,0 13,0 13,0
Berck-Montreuil
11,0 11,0 11,0
9,0 9,0 9,0
7,0 7,0 7,0
12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02 12/90 12/91 12/92 12/93 12/94 12/95 12/96 12/97 12/98 12/99 12/00 12/01 12/02
Source : Insee, DRTEFP
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POUR COMPRENDRE CES RÉSULTATS
Chômage au sens du BIT
Le chômage est entendu au sens du Bureau international du travail (BIT). En application de la définition internationale adoptée
en 1982 par le BIT, les chômeurs sont :
a) les personnes satisfaisant simultanément, au cours de la période de référence, aux critères suivants :
• être sans travail, c’est-à-dire dépourvues d’un emploi salarié ou non salarié ;
• être immédiatement disponibles pour travailler dans un emploi salarié ou non salarié ;
• être à la recherche d’un travail.
La première condition induit que chômage ne signifie pas absence de travail mais absence d’emploi rémunéré. En revanche, la
définition de l’emploi est très large et exclut du chômage par exemple toute personne ayant réalisé ne serait-ce qu’une heure
rémunérée dans la période de référence ainsi que les aides familiaux non rémunérés contribuant à une activité marchande ou les
personnes qui ont un lien formel avec leur emploi (maladie courte, congé de formation, chômage partiel, etc.).
La seconde condition exclut du chômage les personnes désireuses de travailler qui ne sont pas disponibles dans un délai de quinze
jours et en particulier les personnes en formation sauf si leurs horaires sont compatibles avec l’exercice d’un emploi.
La troisième condition engendre le plus de controverses : la personne doit avoir accompli un acte effectif de recherche d’emploi ou
avoir maintenu son inscription à l’ANPE.
b) les personnes disponibles ayant un emploi qui commence ultérieurement.
Le taux de chômage
Le taux de chômage est le nombre des chômeurs au sens du BIT rapporté à la population active totale (salariés y compris militaires
du contingent, non-salariés, chômeurs).
Le calcul du taux de chômage depuis septembre 2002
Il n’existe pas de source statistique qui permette le calcul direct des taux de chômage au sens du BIT. L’enquête emploi, réalisée
chaque année au mois de mars, est la seule source statistique qui permette de mesurer le chômage suivant une définition conforme
aux normes internationales, susceptible de se prêter à des comparaisons dans le temps et dans l’espace. Mais elle ne permet pas
actuellement un suivi des évolutions infra-annuelles et l’échantillon de l’enquête emploi est insuffisant pour la production de résultats
fiables sur la plupart des régions, malgré sa taille (150 000 individus).
Les taux trimestriels sont donc établis par recoupement entre le chômage BIT national issu de l’enquête emploi, les évolutions locales
des demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) établies par l’ANPE et la Dares, et les évolutions locales du nombre de personnes
en emploi établies à partir du recensement de la population et de sources administratives.
Chaque année, les taux sont révisés deux fois ; la première, pour tenir compte des résultats nationaux de la dernière enquête emploi
et des nouveaux chiffres d’emploi départementaux actualisés, notamment à partir des données de l’Unedic, la seconde à l’occasion
de l’actualisation des coefficients de variations saisonnières.
En septembre 2002, une révision de grande ampleur a eu lieu car elle a intégré deux autres changements :
- l’un porte sur la catégorie de DEFM mobilisée pour ventiler localement le chômage BIT national. Jusqu’à présent, l’Insee
s’appuyait sur la répartition régionale des DEFM dites “1+6”, correspondant aux chômeurs à la recherche d’un emploi à durée
indéterminée et à plein temps, et ayant éventuellement eu une activité partielle au cours du mois écoulé, quelle qu’ait été sa
durée. Or l’Insee dispose depuis la fin de 2001 de séries de DEFM conceptuellement plus proches du chômage BIT, à savoir les
(1)séries de DEFM dites “1+2+3 hors activité réduite ”, englobant l’ensemble des demandeurs d’emploi quel que soit le type
d’emploi demandé, mais excluant ceux d’entre eux qui ont eu une activité au cours du mois écoulé. Ce sont ces séries qui sont
désormais utilisées au niveau national pour l’estimation du chômage BIT mensuel et la présente révision étend leur utilisation
aux estimations régionales, départementales et infradépartementales ;
- l’autre est la prise en compte des résultats définitifs du recensement de la population de 1999, qui a amené à rétropoler les séries
d’emploi depuis 1990. Cette rétropolation a été menée à terme au cours du premier semestre 2002, et elle affecte le dénominateur
des taux de chômage.
Ces deux facteurs ont conduit à des révisions qui s’avèrent être d’une assez forte ampleur pour le Nord-Pas-de-Calais, ses deux
départements et certaines zones d’emploi. C’est en effet la correction des effectifs de chômeurs BIT qui joue le rôle le plus important.
Les plus fortes révisions à la baisse sont intervenues en général dans des zones géographiques à fort taux de DEFM à activité réduite,
la ventilation selon les DEFM 1+6 tendant à y surestimer le chômage au sens du BIT.
(1) Quelle qu’en soit la durée.
Pour en savoir plus
• Le marché du travail : aspects et évolution. Les différentes mesures du chômage - De P. Concialdi - Les Cahiers français n° 304, septembre - octobre 2001.
e• Le chômage - J. Freyssinet - La Découverte, repères (10 édition).
• Le chômage en France - J.-M. Fahy - PUF - Que sais-je ?
• Plein emploi, l’improbable retour - O. Marchand - Folio actuel, le Monde.
• Entre l’emploi et le chômage - Chapitre 3 : Émergence de la notion d’activité réduite - Insee, Liaisons sociales, Dares - Les dossiers thématiques
n° 14 - 1999.
• Seules neuf régions résistent à la hausse du chômage - Insee - Insee Première n° 888, mars 2003.
• www.insee.fr/fr/insee_regions/nord-pas-de-calais (rubrique Conjoncture).
Directeur de la publication : Jean-Claude HAUTCŒUR - Service Administration des Ressources : Marie-Françoise DUBOIS
Service Études Diffusion : Anne FLIPO - Service Statistique : Michel BREZAULT - Rédacteur en chef : Jean-Luc VAN GHELUWE
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