Emploi : croissance modérée de l'emploi en 2005 (Octant n°105)

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En 2005, la croissance de l'emploi salarié privé non agricole - intérim compris - marque un léger fléchissement par rapport à l'année précédente. Ainsi, selon des estimations encore provisoires, le rythme de progression passerait de + 2,4 % en 2004 à + 1,4 % en 2005. L'industrie continue de perdre des emplois tandis que le secteur de la construction conforte son dynamisme.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Emploi
Croissance modérée de l’emploi
en 2005
En 2005, la croissance de l’emploi salarié privé non dance est également défavo-
rable. Les activités en perte deagricole - intérim compris - marque un léger
vitesse sont toujours : l’industrie
fléchissement par rapport à l’année précédente. textile (- 8,4 % ) et les industries
Ainsi, selon des estimations encore provisoires, des composants électriques et
électroniques (- 4 %). Dans lesle rythme de progression passerait de + 2,4 % en
autres secteurs la dégradation
2004 à + 1,4 % en 2005. L’industrie continue de est moins accentuée, notam-
perdre des emplois tandis que le secteur de la ment dans les industries du bois
et des produits minéraux.construction conforte son dynamisme.
Dans les industries des biens
d’équipement (hors directionprès une croissance relati- unreculdeplusde3%del’em-Avement soutenue en 2004, ploi salarié. des constructions navales),
l’amélioration est patente dansl’emploi salarié dans le secteur
concurrentiel progresse plus Dans l’agroalimentaire, princi- le secteur des équipements
mécaniques. En revanche, lafaiblement en 2005. Les créa- pal employeur du secteur in-
tions nettes d’emploi sont esti- dustriel en Bretagne (un tiers baisse se poursuit dans les in-
dustries des équipements élec-mées à 9 300 contre 15 500 un des salariés fin 2005), près de
an plus tôt. A l’exception de la 300 postes ont disparu. Toute- triques et électroniques mais
elle est moins forte que les an-construction, tous les autres fois, ces chiffres n’intègrent pas
secteurs d’activité sont concer- encore tous les plans de licen- nées précédentes.
nés par ce ralentissement ciement du secteur de l’abat-
général. tage et de la découpe de la
volaille consécutifs à l’épi- Très forte hausse
démie de grippe aviaire qui dans la construction
pèse sur le volume d’activitéNouveau recul
des entreprises. En 2004, lesdans l’industrie
Les évolutions observées audisparitions nettes d’emploi
étaient de l’ordre de 500 postes. cours des années précédentes
se confirment. La hausse deAprès la stabilisation observée
l’an passé, l’emploi industriel se Parmi les autres secteurs en re- l’emploi se poursuit dans le sec-
teur de la construction endégrade à nouveau en 2005. cul, il faut mentionner les in-
Peu ou prou, tous les grands dustries des biens de 2005 : + 6 %, soit 3 900 postes
de travail supplémentaires.secteurs sont touchés y compris consommation : habillement-
l’industrie automobile. Ce sec- cuir (- 9,6 %), équipement du C’est l’augmentation la plus im-
portante depuis de nombreusesteur avait connu une progres- foyer (- 2,6 % ), et pharmacie-
sion de plus de 10 % entre 2003 parfumerie (- 2 %). L’édition- années. Les créations avoisi-
naient 2 200 postes en 2004 etet 2004 grâce notamment au imprimerie tire son épingle du
lancement d’une nouvelle jeu avec une progression de 1 300 en 2003. L’activité a été
très soutenue dans tous les sec-gamme de voitures dans l’usine + 2,7 %.
de Peugeot-Citroën implanté à teurs, qu’il s’agisse des travaux
de préparation des sites (terras-Chartres-de-Bretagne (35). Mais Concernant l’industrie des
en 2005, le secteur enregistre biens intermédiaires, la ten- sement), de la construction
26 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005Emploi
Emploi intérimaire :Intérim : nombre de missions en fin de mois
40 000 forte hausse au premier trimestre
35 000
Selon les chiffres publiés par la Direction de l’AnimationdelaRe-30 000
cherche, des Études et des Statistiques du ministère de l’Emploi et de
25 000 la Solidarité (DARES), le nombre d’entreprises ayant recours à l’inté-
rim progresse d’environ 3 % par rapport à 2004. (Ce chiffre affichait20 000
une hausse de 7 % l’an passé). En moyenne annuelle plus de 14 200
15 000 unités sont concernées avec des durées de l’ordre de 1,8 semaine par
mission. Comme de coutume, ces durées s’allongent davantage pen-10 000
dant les mois de juillet, août et septembre.
5 000
Contrairement à ce que l’on a observé l’an dernier, les missions d’in-
0
2001 2002 2003 2004 2005 térim en fin de mois ont fortement progressé au cours du premier tri-1996 1997 1998 1999 2000
mestre 2005 (+ 11,7 %), progression liée selon toute vraisemblanceSource : Dares - DRTEFP
Estimation des mois de novembre et décembre 2005 effectuée par l’Insee au niveau d’activité encore relativement dynamique dans le secteur
Rappel : une modification du calcul du nombre d'intérimaires en fin de mois est automobile et la construction. Les évolutions ont été beaucoup moins
intervenue dans le courant de l'année 2002. Les calculs intègrent maintenant les
favorables au cours des trimestres suivants notamment en fin demissions des 5 derniers jours du mois, alors qu'antérieurement seule la dernière
journée du mois était prise en compte. période.
d’ouvrages de bâtiments ou de les activités culturelles et les Variation de l’emploi salarié privé non agricole
génie civil (maisons individuel- services personnels (coiffure, en Bretagne, intérim compris, au cours des deux
les), des travaux d’installation blanchisserie, services domes- dernières années (de décembre à décembre)
(d’électricité,d’eau ou de gaz) tiques). (1)
2003-2004 2004-2005
et de finition (plâtrerie, menui-
Industrie (hors construction navale) 0,1 - 1,0serie et peinture). En 2005, les services rendus
dont IAA -0,8 -0,5
aux entreprises ne contribuent
Construction 3,4 6,0
pas à la hausse de l’emploi de Tertiaire 3,2 1,6Les services aux manière aussi prépondérante dont commerce 1,4 1,7
particuliers tirent l’emploi Ensemble 2,4 1,4qu’en 2004 en raison d’un tas-
Source : Insee - Urssaf - Daressement des missions d’intérimvers le haut
(1) Données provisoiresau cours du dernier trimestre
(voir l’encadré sur l’emploi
Après une année de forte
intérimaire). Variation de l'emploi salarié privé non agricolehausse, le rythme de croissance
par département, intérim comprisde l’emploi dans le tertiaire
Parallèlement, les effectifs du (décembre 2004 à décembre 2005)chute de moitié par rapport à
commerce augmentent de
2004 : 7 040 créations fin 2005 Côtes- Ille-et-
Finistère Morbihan1,7 % (450 emplois supplémen- d'Armor Vilainecontre un peu plus de 13 200
taires). Conformément aux ten-
un an auparavant. En dépit de Industrie (hors
dances enregistrées l’an passé, construction navale)ce net ralentissement, le secteur -0,1 -1,5 -1,2 -0,6
le commerce de détail pro- dont IAA 0,4 - 3,5 1,7 0,6contribue encore de manière
gresse un peu plus rapidement Construction 5,3 6,1 6,5 5,7importante à la hausse de l’em-
que le commerce de gros Tertiaire 0,5 2,1 1,6 1,9ploi salarié dans la région.
(+ 2 % contre + 1,5 %), alors dont commerce 1,9 1,2 2,1 1,5
que le secteur du commerce et Ensemble 0,9 1,6 1,3 1,6Dans l’ensemble des activités
de la réparation automobile Source : Insee - Urssaf - Daresde services les évolutions, cer-
Données provisoiresmarque le pas à nouveau.
tes encore positives, sont beau-
coup plus modestes que l’an
dernier : + 1,6 % en 2005
contre + 4,1 % en 2004 soit
moins de 5 000 postes supplé- Pour comprendre ces résultats
mentaires sur l’ensemble de
l’année. Les estimations présentées sont provisoires pour l’année 2005. Elles ont été obtenues à partir de l’ex-
ploitation des bordereaux de cotisation que tous les employeurs relevant du régime général de la sécu-
rité sociale fournissent aux Urssaf. Les effectifs pris en compte pour mesurer les évolutions sont ceuxLes effectifs des services aux
inscrits à la fin de chaque trimestre, qu’il s’agisse d’emplois à temps plein, à temps partiel ou à duréeparticuliers augmentent une
déterminée.
nouvelle fois en 2005 et à un
rythme plus vigoureux qu’anté- Les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire et plus précisément dans « les services ren-
dus aux entreprises » et non pas dans le secteur d’activité dont dépend l’établissement utilisateur.rieurement (+ 4,9 % contre
+ 2,5 % en 2004). Les créations
Les évolutions seront revues une première fois au cours des mois de mai ou juin, puis à l’automne lorssont significatives dans l’en-
de l’élaboration des estimations d’emploi salarié total qui intègreront les établissements cotisants à la
semble des activités notamment MSA et ceux relevant du secteur public.
dans l’hôtellerie-restauration,
Bilan économique 2005 Octant n° 105 - Avril 2006 27Emploi
Les effectifs de la santé et de nition (plâtrerie, menuiserie, re-
Évolution de l'emploi salarié privé de 2000 à 2005 (en %) l’action sociale (cliniques pri- vêtement de sol, …).
vées, personnels des laboratoi-6
Côtes-d’Armor res, des centres d’accueil pour S’agissant de l’industrie, la si-
Finistère5 personnes âgées) augmentent tuation est globalement néga-
Ille-et-Vilaine de moins de 2 % alors que la si- tive. La baisse est plus sensible
Morbihan
4 tuation dans le secteur éducatif dans le Finistère et en Ille-et-
Bretagne
(enseignement délivré par des Vilaine. Dans le Finistère, le
3 organismes privés) se dégrade à contexte difficile concernant
nouveau après une année 2004 l’abattage de volailles, l’indus-
2
plutôt favorable. trie laitière et dans une moindre
mesure les industries des biens
1
de consommation, pèse sur le
niveau de l’emploi. En Ille-et-Hausse de l’emploi0
Vilaine le retournement de ladans la construction pour
conjoncture dans le secteur-1 les quatre départements
2000 2001 2002 2003 2004 2005 automobile et les industries de
Source : Insee - Urssaf consommation a un impact sur
Globalement, le rythme de l’évolution de l’emploi salarié.
croissance de l’emploi est du
même ordre dans le Finistère, Dans l’ensemble des activités
en Ille-et-Vilaine, et dans le tertiaires, le Finistère affiche un
Morbihan. bilan plus satisfaisant que les
autres en raison notamment
Après quelques années de Dans la construction, la pro- d’une augmentation plus forte
croissance ininterrompue dans gression de l’emploi se mani- dans les activités de services,
les transports, un retournement feste avec beaucoup de vigueur spécifiquement dans le secteur
de tendance semble s’amorcer. dans tous les départements, à la des services aux particuliers
Les années 2001, 2002 mar- faveur de la forte demande en (hôtellerie-restauration, services
quées par un haut rythme de logements neufs. L’Ille-et-Vi- personnels et activités cultu-
croissance sont déjà lointaines. laine se démarque toutefois de relles).
En 2005, l’emploi se stabilise la moyenne régionale par une
autour de 38 200 postes de tra- croissance plus soutenue dans
vail sans marge évidente de certaines activités comme les
Jean-Luc NATIVELprogression à court terme. travaux de construction et de fi-
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n

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