Emploi des jeunes : intérim, une première étape vers plus de stabilité

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En 1999, 23 000 jeunes Bourguignons âgés de 15 à 30 ans ont trouvé leur premier emploi. Plus de 20 % d'entre eux sont intérimaires, une part importante que l'on retrouve dans la plupart des régions de tradition industrielle du nord-est. Trois ans plus tard, en 2002, l'emploi de ces jeunes apparaît plus stable : moins de 5 % sont intérimaires. Leurs qualifications se sont élevées. Toutefois, pendant cette période d'insertion, la mobilité est importante : la moitié des jeunes débutants a changé d'entreprise et un tiers, de secteur d'activité. En Bourgogne, près d'un débutant sur deux (47 %) relève d'un parcours professionnel stable, soit un peu moins que la moyenne nationale. On observe par ailleurs davantage de parcours jalonnés de missions d'intérim que France entière.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N°130-Avril 2006-2,30eurosBOURGOGNE
Emploi des jeunes :
intérim, une première étape vers plus de stabilité
En 1999, 23 000 jeunes Bourguignons âgésde15 à 30 ans ont trouvé leur premier emploi.
Plus de 20 % d’entre eux sont intérimaires, une part importante que l’on retrouve
dans la plupart des régions de tradition industrielle du nord-est.
Trois ans plus tard, en 2002, l’emploi de ces jeunes apparaît plus stable :
moins de 5 % sont intérimaires. Leurs qualifications se sont élevées.
Toutefois, pendant cette période d’insertion, la mobilité est importante :
la moitié des jeunes débutants a changé d’entreprise et un tiers, de secteur d’activité.
n 1999, un peu plus de 23 000 jeu-
Les débutants bourguignons très présents dans l'intérimE nes Bourguignons de 15 à 30 ans
ont occupé leur premier emploi dans
un établissement du secteur privé ou Répartition des débutants et de l’ensemble des salariés en 1999
semi-public. par secteurs d’activité en Bourgogne
Plus de 20 % d’entre eux, soit près
0 5 10 15 20 25 30 35de 4 900, commencent leur parcours %
professionnel comme intérimaires, sans Intérim*
compter les jeunes embauchés en tant
Commerceque permanents des agences d’intérim.
DébutantsC’est nettement plus que la moyenne
Services aux particuliers Tous salariésfrançaise (15 %), mais aussi que la
proportion de salariés bourguignons Éducation, action sociale
travaillant dans le cadre de ce type de
Industriecontrat (3 %).
A l’inverse, ils ne sont que 12 % à Services aux entreprises
être engagés directement par une en- (hors intérim)
treprise industrielle. L’industrie, il est Construction
vrai, recrute souvent par le biais de l’in-
Transportstérim. Et, de fait, la plupart des régions
à profil encore industriel sont aussi cel-
Activités financières
les où les intérimaires sont nombreux et immobilières
parmi les jeunes débutants.
Deux autres secteurs d’activité atti-
rent plus spécifiquement les débutants :
Part des jeunes intérimaires*
le commerce et les services aux parti- (par rapport à la moyenne nationale de 15 %)
culiers. Environ 3 700 jeunes Bourgui-
Très supérieur
gnons (soit 16 % des débutants) Supérieur
Dans la moyenneentament leur carrière professionnelle
Inférieur
dans le commerce. Quant aux services
Très inférieur
aux particuliers, dont principalement
l’hôtellerie-restauration, ils emploient
* Intérim et intérimaires : le secteur de l’intérim comprend les jeunes intérimaires
un peu plus de 3 000 débutants, soit mais aussi les permanents des agences d’intérim.
13 %.
Source : Panel DADS. © IGN - Insee 2006INSEE BOURGOGNE N°130-Avril2006-2,30euros
Des débutants Les débutants bourguignons : plus jeunes, moins qualifiés
plus souvent ouvriers Caractéristiques des débutants de 1999
Bourgogne FranceLes caractéristiques des débutants
bourguignons sont liées en grande partie
au poids de l’intérim, essentiellement Part des femmes (%) 42 45
localisé dans l’industrie. Ainsi, parmi les
Part du temps partiel (%) 35 38jeunes qui entament leur parcours pro-
fessionnel dans la région en 1999, les Part des cadres, professions intellectuelles
18 23
femmes sont moins nombreuses qu’en supérieures et intermédiaires (%)
moyenne nationale (42 % contre 45 %).
Part des ouvriers (%) 47 37
On compte également moins de débu-
Âge moyen 22,3 ans 22,8 anstants à temps partiel, et plus à temps
complet : 65 % contre 62 % en France. Salaire médian (net horaire) 5,90 € 6,00 €
Près de 47 % des premiers emplois
des jeunes Bourguignons sont des em-
Source : Panel DADS.
plois ouvriers, soit 10 points de plus que
la moyenne française, principalement
d’une conjoncture favorable ainsi quedes emplois ouvriers de type industriel. Trois ans plus tard,
du développement des emplois aidés.La majorité de ces emplois sont non moins d’intérim
De fait, le nombre de débutants estqualifiés et, au total, plus d’un quart des
plus important en “période faste” :jeunes commencent leur vie active en
Trois ans après leur entrée dans leen Bourgogne, il est passé de 18 600occupant un poste d’ouvrier non qualifié.
monde du travail, que sont devenusen 1997 à 23 000 en 1999, avant deLa Bourgogne fait partie des régions
les débutants de 1999 ?redescendre à 20 500 en 2001.où les débutants sont parmi les plus
Tout d’abord, près de trois sur dixPlus nombreux, les débutants sontjeunes : 22,3 ans en moyenne contre
ne figurent plus en 2002 dans les éta-aussi plus jeunes : leur âge moyen22,8 ans en France. Cet écart est dû à
blissements du secteur privé oubaisse de 22,9 ans en 1997 à 21,8 ansune proportion moindre d’étudiants et
en 2001. semi-public, une proportion légèrementde diplômés du supérieur. Les entrées
inférieure à celle de la France (31,2 %).Et les conditions du premier emploisur le marché du travail avant 19 ans
Cela représente environ 6 900 jeuness’améliorent en période de bonneapparaissent insignifiantes.
sortis du champ de ces secteurs pourconjoncture : en 1997, moins de 60 %La moitié des jeunes débutants
diverses raisons : chômage, reprisedes débutants occupaient un poste àbourguignons gagne au moins 5,90 €
d’études, activité non salariée, emploitemps complet contre près des deuxde l’heure, un premier salaire proche
dans la fonction publique ou à l’étran-tiers en 1999, puis de nouveau moinsdu salaire médian français (6 €).
ger, inactivité.de 60 % en 2001.
Parmi ceux qui ont toujours un em-La conjoncture pèse aussi sur le
Insertion et conjoncture ploi salarié, à peine 5 % sontrecours à l’intérim. Entre 1998 et 1999,
intérimaires, soit quatre fois moinsla part des débutants intérimaires est
qu’en début de parcours. Leur part de-L’insertion des jeunes est très sen- passée de 14 à 21 % en Bourgogne,
sible à la conjoncture économique. hausse très supérieure à celle de la meure encore un peu plus importante
De mi-97 à fin 2001, ils ont bénéficié en Bourgogne, mais l’écart avec laFrance (de 12 % à 15 %).
moyenne française, de 6 points en
1999, atteint à peine 1 point trois ans
après. Cette baisse de l’intérim con-Le recours à l'intérim, très sensible à la conjoncture
firme son rôle dans l’insertion profes-
Évolution du nombre de premiers emplois, dont intérimaires, en Bourgogne sionnelle des jeunes. Parallèlement,
(base 100 en 1997) les jeunes sont davantage présents
150 dans l’industrie (23 % contre 12 %) et
140 dans le commerce (21 % contre 16 %).
130 A l’inverse, ils sont moins nombreux
Total des entrants
120 dans les services aux particuliers, no-
110 tamment dans l’hôtellerie-restauration.
100 En trois ans, les jeunes entrants de
Intérimaires
1999 se sont “élevés” dans la hié-90
rarchie professionnelle : ils occupent80
davantage des postes de cadres et de
1997 1998 1999 2000 2001
professions intermédiaires et moins
Source : Panel DADS.
souvent des postes d’employés ou
© Insee Bourgogne - 2006 - Emploi des jeunes : intérim, une première étape vers plus de stabilité 2INSEE BOURGOGNE N°130-Avril2006-2,30euros
d’ouvriers, notamment d’ouvriers non Au bout de 3 ans : moins d'intérim, plus de stabilité
qualifiés.
Conditions d’emploi des entrants de 1999La majorité d’entre eux (55 %) oc-
%
cupe, hors intérim, un emploi à temps 100
complet qui dure depuis plus de 9 mois.
80À l’inverse, les périodes courtes d’em-
ploi sont moins fréquentes. Les emplois Hors champ DADS
60
Emploi “long” *à temps partiel ont également diminué,
Emploi “court” *notamment ceux de courte durée, et ne 40
Intérimconcernent plus qu’à peine 11 % des
20jeunes salariés, soit moitié moins qu’en
début de parcours. * Un emploi est dit “court”
0 si sa durée n’a pas excédé 9 mois.
À l’entrée Au bout de 36 mois
Source : Panel DADS.Changement d’entreprise
De l’intérim vers l’industrie
Parmi les jeunes qui ont débuté leur
parcours professionnel en 1999, la moi- Répartition des entrants de 1999* par secteurs d’activité (en %)
tié ont quitté leur premier poste au bout
Industriede 8 mois et demi (9,6 mois France
entière). Les trois quarts d’entre eux
Commerce
sont restés moins de deux ans dans le
même poste. La Bourgogne fait partie Éducation, action sociale
des régions où la durée médiane du
Intérim
premier emploi est la plus courte, avec
une mobilité supérieure à la moyenne. Services aux particuliers
Un débutant sur deux a changé d’entre-
Services aux entreprises
prise au bout de trois ans, plus d’un tiers (hors intérim) A l'entrée
3 ans aprèsa intégré un autre secteur d’activité et
plus d’un sur cinq est passé dans une
Autresautre catégorie socioprofessionnelle.
Enfin, presque 12 % ont quitté la 20 25 300 5 10 15 35
Bourgogne, alors qu’en moyenne natio-
* Encore présents dans le champ DADS.
Source : Panel DADS.nale, seulement 7 % des débutants ont
changé de région.
sont très diverses. Pour l’ensemble cours professionnel stable, combi-
des débutants (France entière), cinq nant emploi à temps complet et durée
Différents parcours trajectoires-types peuvent cependant longue. Il s’agit en général de jeunes
être définies en regroupant celles qui diplômés de l’enseignement supérieur,
présentent des similitudes. qui occupent des postes d’encadre-Les trajectoires professionnelles des
En Bourgogne, près d’un débutant ment ou exercent une profession inter-jeunes pendant les trois premières an-
nées qui suivent leur premier emploi sur deux (47 %) relève du type par- médiaire (techniciens...). Cette propor-
tion, inférieure à la moyenne nationale
e
(50 %), place la région au 17 rang desLes jeunes Bourguignons plus mobiles que la moyenne
régions françaises.
Situation des entrants de 1999* trois ans après
En revanche, pour les parcours
jalonnés de missions d’intérim,la
Bourgogne France
Bourgogne occupe la deuxième placeChangement au bout de 3 ans
nombre (%) (%) au classement des régions, juste der-
rière la Franche-Comté. 17 % des jeu-
D’entreprise 11 525 50 47 nes débutants suivent de tels parcours.
La région reste ainsi loin devant laDe secteur d’activité 8 175 35 29
moyenne française (11 %). Il s’agit,
De région de résidence 2 675 12 7
pour l’essentiel, d’hommes assez jeu-
De catégorie socioprofessionnelle 5 275 23 22
nes et peu diplômés qui occupent des
* Encore présents dans le champ DADS. postes d’ouvriers pour les trois quarts
Source : Panel DADS. d’entre eux. La durée effective de leur
premier contrat est plus courte en
Note de lecture : au cours des 3 ans qui ont suivi leurs débuts professionnels, 11 525 jeunes
moyenne que pour les autres débutants.débutants de 1999 ont changé d’entreprise, soit 50 % des débutants.
© Insee Bourgogne - 2006 - Emploi des jeunes : intérim, une première étape vers plus de stabilité 3INSEE BOURGOGNE N°130-Avril2006-2,30euros
Environ 19 % des débutants (20 % en En Bourgogne, davantage de parcours jalonnés de missions d’intérim
France) se regroupent dans une classe
Répartition des entrants de 1999 par classe
dont la caractéristique commune est de
compter peu de périodes d’emploi dans
Bourgogne France
les secteurs privé et semi-public ”par- Cinq parcours type
nombre (%) (%)cours incertains hors des secteurs
privé et semi-public”. C’est dans ce
Parcours professionnel stable 10 850 47 50parcours que se concentre la majeure
partie des jeunes qu’on ne retrouve pas jalonné de missions d’intérim 4 000 17 11
dans des établissements de ces sec- Parcours vers le temps partiel durable 2 275 10 10
teurs trois ans après leur entrée sur le
Réorientation après un début
marché du travail. Lors de leur entrée 1 575 7 9en temps partiel
sur ce marché, ces jeunes étaient très
Parcours incertain hors des secteurs privéprésents dans les secteurs du travail 4 425 19 20
et semi-public
temporaire, de l’hôtellerie-restauration
Ensemble 23 125 100 100
et du commerce de détail ; pour une
large part, ils occupaient des fonctions
Source : Panel DADS.
d’employés.
■ Annick Détroit
Le repérage du premier emploi “stable” dans les secteurs privé et semi-public
et des trajectoires professionnelles
Cette étude s’intéresse au premier emploi “stable” des jeunes, marquant le point de départ de leur carrière professionnelle dans des
entreprises de l’industrie, du commerce ou des services. Les emplois saisonniers, les “petits boulots” d’étudiants, les stages et autres
emplois ”occasionnels” ne sont donc pas concernés. Les données sont issues du panel des déclarations annuelles de données sociales
(DADS). Au total, cette étude concerne 925 Bourguignons de moins de 30 ans représentatifs de 23 125 jeunes.
Disposant jusqu’en 2002 des données de ces 925 jeunes Bourguignons, il a été possible d’étudier leur parcours professionnel au cours des
trois ans suivant le premier emploi stable en 1999. Si seuls les emplois “stables” ont été pris en compte en début de carrière en 1999, l’étude du
parcours professionnel sur trois ans a porté sur tous les emplois ultérieurs, “stables” ou non.
Cette étude se distingue des enquêtes d’insertion, réalisées annuellement par le Ministère de l’Education Nationale pour connaître le
devenir des anciens élèves : enquête Insertion dans la Vie Active (IVA), enquête Insertion Professionnelle des Apprentis (IPA). Ces enquêtes
appréhendent la situation professionnelle des jeunes sept mois après la fin de leur scolarité (IVA) ou leur sortie du centre de formation (IPA),
quelle que soit leur (en emploi ou non).
Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) réalise de son côté des enquêtes générationnelles, qui fournissent des
informations détaillées sur le devenir de toute une génération de “sortants” du système éducatif durant une même année.
POUR EN SAVOIR PLUS Insee - Bourgogne
2, rue Hoche - BP 1509-L’insertion des jeunes sur le marché du travail entre 2002 et 2004 -
21035 Dijon CedexInsee Première n° 1061 - janvier 2006.
Tél : 03 80 40 67 67
- Bilan Formation-Emploi - De l’école à l’emploi : parcours - Insee - Économie et Fax : 03 80 40 68 00
sstatistique n° 378-379 - 2004. Directeur de la publication : Jean-Louis Coster
Chef du Service Études et Diffusion :- Coup de frein à l’insertion des jeunes en 2002 - DARES - Premières synthèses -
Christian Bonsacquetn° 07.1 - février 2003.
Rédactrice en chef : Christine Charton
- Les jeunes en Bourgogne : du lycée à l’emploi - C. Guégnard, C. Lecrenais -
Maquette PAO : Sylvie Renaud
Document Centre associé au Céreq/Irédu - Service statistique académique -
Abonnement :
4 pages - janvier 2003.
8 numéros par an + Bilan économique
Accessible sur le site de l’Université de Bourgogne (publications) :
et social annuel : 23 euros abonnement France
www.u-bourgogne.fr/iredu<http://www.u-bourgogne.fr/iredu> dans la rubrique
28 euros abonnement étranger
Publications 2,30 euros le numéro
- Quand l’école est finie... Premiers pas dans la vie active de la Génération 2001 - Impression : AZ Média - Chenôve
e
Dépôt légal : à parutionOuvrage édité par le CEREQ - 2 trimestre 2005.
ISSN 1246-483 X
Code Sage D0613016Les Insee Première, les Insee Bourgogne Dimensions et Économie et Statistique
© Insee 2006figurent dès parution sur le site internet de l’INSEE : www.insee.fr
© Insee Bourgogne - 2006 - Emploi des jeunes : intérim, une première étape vers plus de stabilité 4

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