Emploi en Champagne-Ardenne : l'intérim recrute moins

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Après avoir augmenté entre 1996 et 2000, le travail intérimaire a subi un coup d'arrêt en 2001. Ce retournement s'est confirmé en 2002 en Champagne-Ardenne où l'intérim équivaut désormais à 12 700 emplois à temps plein contre 13 000 deux ans auparavant. Dans la région, comme en métropole, la durée moyenne d'une mission tend à diminuer, passant ainsi sous la barre des deux semaines. L'industrie demeure le principal secteur utilisateur de travailleurs intérimaires. Cependant, entre 2001 et 2002, les établissements industriels de la région ont perdu 10 200 contrats. A l'inverse, les services en ont gagné 11 700 et sont les seuls à créer des emplois temporaires. Avec 72% du volume total, le travail intérimaire reste encore ouvrier. Toutefois entre 2001 et 2002, mille emplois équivalents temps plein ouvriers ont disparu en Champagne-Ardenne. Quant aux cadres, s'ils sont encore peu concernés par cette forme d'emploi, leur nombre ne cesse de croître. Leur part dans le volume total atteint 4,8% dans la région en 2002 contre 4% en 2001. L'activité intérimaire demeure majoritairement masculine : 39 000 hommes contre 18 000 femmes. Mais le travail intérimaire féminin progresse tant en nombre d'intérimaires qu'en nombre de missions effectuées. Les femmes sont plus souvent recrutées sur des postes du tertiaire, ce secteur étant commanditaire de missions plus courtes. En moyenne, les missions des femmes durent 1,7 semaine tandis que celle des hommes est de 2 semaines. Les intérimaires sont en moyenne plutôt jeunes : plus de la moitié des personnes ayant effectué au moins une mission d'intérim dans l'année 2002 sont âgées de moins de 26 ans.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Emploi en ChampagneArdenne L‘intérim recrute moins
E n 2002, l’intérim en ChampagneArdenne a cessé de pro gresser, perdant ainsi de son importance dans l’emploi sala rié. Après avoir augmenté entre 1996 et 2000, le travail intérimaire a subi un coup d’arrêt en 2001. Avec 296 200 contrats en 2002, les établissements champardennais ont sensiblement conclu le même nombre de contrats que l’année précédente (0,5% en un an). En volume, la baisse est plus sensible, l’intérim ayant représenté, tous secteurs confondus, un peu moins de 12 700 emplois à temps plein, soit 6,6% de moins qu’en 2001. L’industrie demeure le principal secteur utilisateur de travail leurs intérimaires. La part des contrats conclus, environ cinq sur neuf (près de 5 sur 7 dans les Ardennes), est d’ailleurs net tement supérieure à la moyenne nationale (cinq contrats sur douze). Entre 2001 et 2002, les établissements industriels de la région ont perdu 10 200 contrats. A l’inverse, les services en ont gagné 11 700 et sont les seuls à créer des emplois tem poraires. Toutefois, leur part ne représente que 22% dans la région contre 33% au niveau national. Dans la région, comme en métropole, la durée moyenne d’une mission tend à diminuer, passant ainsi sous la barre des deux semaines. Trois missions sur cinq ne dépassent pas la semaine, une sur quatre dure moins de deux jours, tandis qu’en moyenne, une sur quinze seulement s’effectue sur plus d’un mois. Ces résultats masquent toutefois des disparités géographiques importantes tenant essentiellement aux parti cularités du tissu économique de chacun des départements. Les Ardennes et la HauteMarne concluent principalement des contrats dans l’industrie et pour des missions plus lon gues. Leur durée moyenne est de 2,3 semaines. Dans l’Aube et la Marne, c’est seulement un contrat sur deux qui concerne l’industrie pour un sur quatre dans les services. Ceci explique la durée plus courte des missions dans l’Aube (2 semaines) et dans la Marne (1,6 semaine).
Nº 38 Août 2003  Prix : 2,20d
Evolution du volume de l'emploi intérimaire (en équivalentsemploi à temps plein) entre 1996 et 2002 220 200 180 160 140 120 100 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 ChampagneArdenne France Source : MESDARES, exploitation des fichiers UNEDIC des déclarations mensuelles des agences d’intérim * En base 100 en 1996
Répartition des contrats d’intérim par grands secteurs d’activité en 2002 (en %)
Services
Commerce
Construction
Industrie 0 1020 30 40 50 60 Source : MESDARES, exploitation des fichiers UNEDIC des déclarations mensuelles des agences d’intérim
INSEE Flash ChampagneArdenne
L'emploi intérimaire en 2002 par secteur d'activité *
Activité de l’établissement d’accueil
Industrie manufacturière Dont industries alimentaires industrie textile industrie du papier et du carton industrie chimique industrie du caoutchouc et des plastiques fabrication d'autres produits minéraux non métalliques métallurgie travail des métaux fabrication de machines et équipements industrie automobile Construction Commerce Dont commerce de gros et intermédiaires du commerce commerce de détail et réparation d'articles domestiques Services Dont transports terrestres services auxiliaires des transports services fournis aux entreprises santé et action sociale assainissement, voierie et gestion des déchets Total*** Dont secteurs ayant conclu moins de 5 000 contrats Dont secteurs ayant conclu plus de 5 000 contrats
Contrats Volume d'emplois en ETP **
164 142 31 967 8 347 7 747 6 806 19 555 9 047 9 418 26 226 10 850 13 967 30 312 31 212 15 208 13 406 65 395 11 309 14 349 10 662 6 022 8 766 296 203 42 239 253 964
7 381 784 418 248 228 742 325 644 1 548 805 606 1 659 1 168 681 268 2 259 337 543 430 97 264 12 685 10 627 2 058
Taux de recours en 2000
7,2 4,4 6,4 8,4 7,6 9,9 6,6 7,5 9,5 8,0 12,4 6,5 2,4 3,5 0,9 1,5 1,8 9,9 1,6 0,2 14,8 4,1 1,9 5,2
Durée moyenne des missions (en semaine) 2,0 1,1 2,5 1,4 1,5 2,0 1,5 3,0 2,9 3,3 2,1 2,4 1,7 2,0 0,9 1,4 1,2 1,6 1,6 0,7 1,2 1,9 2,2 1,9
Source : DRTEFP* Seuls les secteurs ayant conclu plus de 5 000 contrats apparaissent dans ce tableau** Equivalent temps plein *** Les totaux calculés ici sont supérieurs à la somme industrie, construction et services car ils incluent les contrats dont le secteur économique n’est pas déterminé.
L’industrie supprime des emplois intérimaires …
En ChampagneArdenne comme au niveau national, quatre salariés sur cent étaient des intérimaires en 2000. Là encore, l’industrie et la construction se distinguent par un taux de re cours nettement plus élevé tandis que le commerce et les ser vices sont nettement en dessous. L’importance du travail intérimaire dans l’industrie se caractérise également par son volume : un peu moins de 7 400 emplois en équivalents temps plein en 2002. Cependant, même si les entreprises in dustrielles de la région continuent de recourir fortement à cette forme d’emploi (7,2% en 2000), elles suppriment des emplois intérimaires : 11,6% entre 2001 et 2002, alors que tous secteurs confondus la perte de l’activité intérimaire est de 6,6%. Au niveau national, les emplois intérimaires dimi nuent de 11,5% dans l’industrie et de 5,4% sur l’ensemble des secteurs. L’industrie automobile, forte consommatrice d’emplois inté rimaires, enregistre un taux de recours de 12,4% dans notre région en 2000, proche des 11,9% du taux national. En 1998, l’écart était beaucoup plus important puisque ce sec teur comptait vingt intérimaires pour cent salariés en Cham
pagneArdenne contre seulement neuf au niveau France. L’évolution de l’emploi temporaire, en emplois équivalents temps plein, précède dans la plupart des secteurs celle de l’ensemble des emplois salariés du même secteur. Ainsi, le travail intérimaire augmente généralement dans les secteurs où l’emploi progresse. Mais dans notre région, l’industrie au tomobile fait exception. Entre 1998 et 2000, l’emploi intéri maire a connu une forte baisse, pendant que l’emploi salarié dans le secteur enregistrait une hausse d’effectif de près de 11% (estimations d’emploi). Entre 2001 et 2002, la construction en ChampagneArdenne n’échappe pas à la baisse générale d’activité dans le secteur, l’emploi intérimaire régional recule de 3,5% et de 6,6% au plan national. En dépit de ce repli, la construction reste un secteur qui recourt intensément au travail temporaire, plus de six salariés sur cent sont des intérimaires.
… alors que les services en recrutent
Le tertiaire champardennais détient, après l’industrie, le vo lume de travail temporaire le plus important, avec un peu plus de 3 400 emplois équivalents temps plein en 2002. Ce recours reste pourtant relativement modeste compte tenu du
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nombre élevé de salariés dans ce secteur. Malgré le ralentis sement de l’emploi, il est le seul grand secteur d’activité éco nomique ayant accru son recours à l’intérim : +150 équivalents emplois à temps plein, soit +4,7%. Une augmen tation qui cache les évolutions opposées des deux compo santes du tertiaire, puisque l’emploi intérimaire régresse de 16,6% dans le commerce et s’accroît de 20,5% dans les ser vices. Dans ces derniers, le recours à l’intérim demeure néanmoins encore faible : 1,5 intérimaire pour 100 salariés, exception faite des services auxiliaires des transports (10 in térimaires pour cent salariés) qui recrutent principalement sur des postes de manutentionnaires. Au plan national, le commerce et les services perdent 3,3 % d’emplois intérimai res, la situation particulière dans le secteur tertiaire en Cham pagneArdenne, pouvant apparaître comme un phénomène de rattrapage vu le faible niveau de l’emploi intérimaire au début de la décennie quatrevingtdix. Avec 72% du volume total, le travail intérimaire reste encore avant tout ouvrier. Toutefois, entre 2001 et 2002, mille em plois équivalents temps plein ouvriers ont disparu en Cham pagneArdenne. Quant aux cadres, s’ils sont encore peu concernés par cette forme d’emploi, leur nombre ne cesse de croître. Leur part dans le volume total atteint 4,8% dans la ré gion en 2002 contre 4% en 2001. De plus leur secteur de pré dilection change. En 2000, pour 53% concentrés dans l’industrie, les intérimaires cadres étaient 36% à travailler dans le tertiaire. En 2002, ils sont 46% dans l’industrie et 48% dans le tertiaire. Leur durée de mission, comme celle des ouvriers qualifiés est la plus longue, elles s’élèvent res pectivement à 2,1 et 2,5 semaines en moyenne.
Durée moyenne d'une mission d'intérim par qualification en 2002 (en nombre de semaines)
3
2
1
0 Ensemble Cadreset professionsEmployés OuvriersOuvriers non intermédiaires qualifiésqualifiés
Source : MESDARES, exploitation des fichiers UNEDIC des déclarations mensuelles des agences d’intérim
Répartition des contrats d’intérim par qualification en 2002 (en %) *
Ouvriers non qualifiés
Ouvriers qualifiés
Employés
Cadres et professions intermédiaires 0 1020 30 40 50 Source : MESDARES, exploitation des fichiers UNEDIC des déclarations mensuelles des agences d’intérim * Le total est inférieur à 100% car pour certains contrats la qua lification n’est pas renseignée.
Les caractéristiques de l’intérim en 2002 (en %)
Intérimaires
Missions
50 ans ou plus
De 26 à 49 ans
Moins de 26 ans
0 20 40 60 Hommes Femmes
80
0 1020 30 40 50 60 Intérimaires Missions Source : MESDARES, exploitation des fichiers UNEDIC des déclarations mensuelles des agences d’intérim
Reflétant l’activité du travail temporaire, le nombre d’intéri m a i r e sa re c u l ée n t r e2 0 0 1e t2 0 0 2 ,e n ChampagneArdenne. Au total 2 500 personnes en moins, qui ont ramené à 57 000 le nombre d’intérimaires ayant ef fectué au moins une mission dans l’année. La moitié d’entre eux n’a accompli qu’une ou deux missions, alors qu’un inté rimaire sur sept en a réalisé au moins dix dans l’année.
L’intérim, une activité qui reste masculine dans la région
L’activité intérimaire reste majoritairement masculine : 39 000 hommes contre 18 000 femmes, soit seulement 31% de l’ensemble. Cependant le travail intérimaire fé minin progresse, tant en nombre d’intérimaires (16 800 en 2000) qu’en proportion de missions : 30% en 2002 contre 28% en 2001. Le département des Ardennes, plus industriali sé, demeure celui où le recours à une main d’œuvre mascu line est le plus important. Les femmes sont plus souvent recrutées sur des postes du tertiaire, ce secteur étant com manditaire de missions plus courtes. En moyenne, les mis sions des femmes durent 1,7 semaine tandis que celles des hommes sont de 2 semaines. Au total, les femmes réalisent 27% du volume de travail temporaire en équivalents temps plein. Les intérimaires sont en moyenne plutôt jeunes : 53% des personnes ayant effectué au moins une mission d’intérim dans l’année 2002 sont âgées de moins de 26 ans. Elles ont accompli 46% des missions. La part des 2649 ans est moindre, environ 43%, mais ils ont réalisé relativement plus de missions, soit 49%. Quant aux plus de 50 ans, leur poids dans l’emploi temporaire reste très faible.
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En 2002, la ChampagneArdenne compte 33 entreprises de travail temporaire et 158 agences réparties sur l’ensemble du territoire régional. Cinq entreprises concentrent à elles seules 83% de l’activité intérimaire. Trois ont même proposé plus de 45 000 missions chacune en un an. Par ailleurs, 9% des missions offertes par des agences champardennaises l’ont été hors de la région, en particulier en IledeFrance. Sur les 296 200 contrats conclus en 2002 par les entreprises de la région, 17 000 l’ont été avec une agence de travail tem poraire extérieure à la ChampagneArdenne notamment lo calisée dans les régions voisines, à savoir la Bourgogne, l’IledeFrance et la Lorraine. A l’intérieur même de la région, si plus de neuf missions sur dix ont été pourvues localement, 10 500 l’ont été par des in térimaires résidant dans un autre département, les Ardennais ayant été les plus mobiles. Enfin, lorsqu’ils ont travaillé à l’ex térieur de leur département, les intérimaires se sont, dans leur très grande majorité, déplacés dans la Marne. Parallèle ment, 6% des contrats conclus par des établissements cham pardennais ont été effectués par un intérimaire n’habitant pas la région. Il s’agit toutefois de personnes résidant dans une ré gion limitrophe. Ainsi dans l’Aube, 1 500 missions ont été confiées à des Franciliens tandis que dans la Marne, 5 000 l’ont été à des Picards, principalement du département de l’Aisne. La HauteMarne s’est de préférence tournée vers la Lorraine avec 1 400 missions.
DÉFINITIONS Le taux de recoursà l’intérim se définit, pour un secteur donné, comme le rapport du nombre de postes occupés par des intérimaires (en équi valent temps plein), au nombre total de postes occupés par des salariés permanents et des intérimaires. Par exemple, un taux de recours à l’in térim de 3,5% dans un secteur donné, signifie que pour 1 000 heures travaillées dans ce secteur, 35 heures étaient effectuées par des intéri maires Secteurs d’activité de l’emploi intérimaire: les activités économiques détaillées sont celles du niveau 60 de la Nomenclature d’Activités Française (NAF) en vigueur depuis 1993.
SOURCES DADS: la Déclaration Annuelle de Données Sociales (DADS) est un formulaire commun aux services fiscaux et à certains organismes so ciaux, rempli par tout employeur. Il contient, pour chaque salarié de l’entreprise (à l’exclusion des agents de l’Etat et des collectivités territo riales, des apprentis, des gens de maison et des salariés agricoles), des caractéristiques d’état civil, la profession et la catégorie socioprofes sionnelle, les périodes d’emploi et les rémunérations perçues. Les statistiques sur l’emploi intérimaireen fin d’année sont élaborées par l’UNEDIC à partir d’un serveur informatique enregistrant la totalité des missions d’intérim, cellesci étant déclarées par les entreprises de travail temporaire. L’indicateur de fin d’année constitue une moyenne du nombre de missions effectuées au cours des cinq derniers jours de chaque mois.
METHODOLOGIE
Pour exploiter les données sur le travail temporaire, plusieurs appro ches sont possibles. Selon la variable localisée, soit on étudie : 1  Les missions enregistrées par les établissements de travail tempo raire (ETT) de la région, quel que soit le lieu de réalisation de la mission ; 2  Les missions réalisées dans les établissements de la région, quelle que soit la localisation de l’ETT fournisseur de prestation. Selon la nature de l’information traitée, soit on étudie : 3  Les missions dont le contrat a été conclu au cours du mois ; 4  Les missions dont le contrat est en cours à la fin du mois. Ces deux notions ne se recouvrent pas entièrement. Nous avons fait le choix ici de travailler sur les contrats conclus au cours du mois par les établissements champardennais qui ont fait ap pel à l’intérim pendant l’année 2002 (2 et 3). Ceci nous semble le mieux traduire le niveau de l’activité intérimaire dans la région. D’au tres choix expliquent les variations des résultats entre différentes publi cations.
Monique Saliou (INSEE) Abdellah JAMAA (DRTEFP)
Dès sa parution,INSEE FLASHChampagneArdenne est disponible sur le site Internet de l’INSEE :www.insee.fr/champagneardenne
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