Emploi industriel 1993-1998 : les IAA assurent la moitié de la croissance (Octant n° 84)

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Fin 1998, un salarié breton sur cinq travaille dans l'industrie, proportion proche de la moyenne nationale. Or en 1946, la part de l'industrie au sein de la population active n'était que de 11,5 % en Bretagne contre 25 % pour l'ensemble de la France. ll y a eu rattrapage en 50 ans. Plus récemment, de 1993 à 1998, le rythme de croissance de l'emploi salarié industriel breton a dépassé celui enregistré au niveau national grâce en particulier au développement des IAA. Mais, l'importance de ce secteur dans la croissance varie selon les zones d'emploi bretonnes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Emploi industriel
Emploi industriel 1993-1998 :
les IAA assurent la moitié
de la croissance
Fin 1998, un salarié breton sur cinq travaille dans
l’industrie, proportion proche de la moyenne nationale.
Or en 1946, la part de l’industrie au sein de la population
active n’était que de 11,5 % en Bretagne contre 25 %
pour l’ensemble de la France. ll y a eu rattrapage en 50 ans.
Plus récemment, de 1993 à 1998, le rythme de croissance
de l’emploi salarié industriel breton a dépassé celui
enregistré au niveau national grâce en particulier au
développement des IAA. Mais, l’importance de ce secteur
dans la croissance varie selon les zones d’emploi bretonnes.
u 31 décembre 1998, l’industrie En revanche, la Bretagne est la population active bretonne tandis queAbretonne représente 20,1 % de sixième région en termes de volume France entière, cette proportion at-
l’emploi salarié. Cette proportion est d’emploi salarié industriel derrière la teint 25,0 %. Juste après la guerre, la
légèrement supérieure à celle ob- région Centre, mais devant la Bretagne se démarque par l’impor-
servée au niveau national (19,8 %), Lorraine. tance du secteur agricole (58,8 % des
mais en deçà de la moyenne des ré- actifs) et la faible part du tertiaire
gions de province (21,6 %). (25,7 %). La population françaiseEn 1946, l’industrie
compte, à cette époque, 36,5 % d’ac-
bretonne était nettement
La Bretagne se situe au 16ème tifs dans l’agriculture (y compris la
sous-représentée par rapportrang des régions françaises pour la pêche, les forêts et l’élevage) et le ter-
part de l’emploi salarié industriel. Les à la moyenne nationale tiaire ne rassemble alors qu’un tiers de
régions où celle-ci est la plus impor- la population active.
tante sont la Franche-Comté, l’Alsace Au sortir de la seconde guerre
et la Picardie. La Corse et le Langue- Après la fin de la guerre, desmondiale, la Bretagne connait un re-
doc-Roussillon figurent en queue de établissements se sont implantés entard industriel. En effet, en 1946, l’in-
ce classement. dustrie représente 11,5 % de la Bretagne. Ces implantations témoi-
22 Octant n° 84 - Décembre 2000Emploi industriel
gnent d’un certain attrait pour la Bre- avoisine 16 % contre 9 % au niveau Cette activité est deux fois plus pré-
tagne et ont contribué à donner une national, mais elle représente moins sente dans l’industrie régionale que
image favorable de l’industrie bre- de2%dela population active totale, dans l’ensemble de la France. Toute-
tonne aux entreprises nationales. soit une proportion légèrement fois, ce secteur représente 1,5 % de la
moindre que celle observée pour l’en- population active bretonne 1,4 % au
Dès 1956, l’ambition de relan- semble de la France. niveau national.
cer l’industrie est contenue dans le
premier Plan breton. Cependant, mal- Le deuxième secteur industriel D’autres secteurs sont bien re-
gré un rattrapage durant les années 60 en 1946 est le travail du cuir et peaux. présentés au sein de l’industrie
(implantation de Citroën à Rennes), le
poids de l’industrie en Bretagne est
encore faible. Au début des années
Population active en 194670, la Bretagne renforcera son in-
dustrie et cela par une double dyna-
Bretagne Francemique de développement exogène et
endogène. Les effectifs industriels bre-
Effectifstons vont augmenter au cours des an- Effectifs % %
(en milliers)nées 70 et 80, contrairement à l’évo-
lution nationale.
Agriculture 709 984 58,8 7 483,7 36,5
Industrie 138 864 11,5 5 138,0 25,0
Une faible présence des
Bâtiment et travaux publics 48 425 4,0 1 045,3 5,1activités qui connaîtront
Tertiaire 309 843 25,7 6 853,4 33,4de graves crises
Ensemble 1 207 116 100,0 20 520,4 100,0
La progression de l’emploi in-
Source : Recensement de la population 1946
dustriel en Bretagne résulte notam-
ment d’une répartition de l’emploi par
activité sensiblement différente de la
moyenne nationale. Ainsi, du fait de Emploi total (salarié et non salarié) en 1998
la faible importance de certains sec-
teurs traditionnels (textile, sidérurgie,
Bretagne France
charbon...), l’industrie bretonne ne
connaîtra pas de reconversions dou- EffectifsEffectifs % %loureuses comme d’autres régions (en milliers)
françaises. En 1946, le textile, la sidé-
Agriculture 98 037 9,0 971,5 4,3rurgie et les combustibles, minéraux
solides (secteur comprenant le char-
Industrie 194 819 17,8 4 233,9 18,6
bon) rassemblent 20 000 personnes
Construction 70 482 6,4 1 377,9 6,0en Bretagne, soit 1,7 % de la popula-
tion active. France entière, ces trois
Tertiaire 730 599 66,8 16 235,7 71,1
activités représentent plus de 8 % de
la population active. On peut élargir Ensemble 1 093 937 100,0 22 819,0 100,0
ce groupe d’activités qui connaîtront Source : Insee, Estimations d’emploi
de grandes difficultés en ajoutant aux
trois activités ci-dessus l’industrie des
cuirs et peaux, l’extraction de mine-
rais et l’habillement. Cet ensemble re-
groupe un peu plus de 42 000 person-
nes et représente 3,5 % de la
population active bretonne en 1946
contre près de 10 % au niveau
national.
Des spécificités sectorielles
qui émergent après la guerre
Malgré la faible part de l’in-
dustrie dans la population active ré-
gionale, quelques spécificités appa-
raissent. Ainsi, les industries
alimentaires rassemblent près de
22 000 personnes. L’importance de
cette activité au sein de l’industrie
Octant n° 84 - Décembre 2000 23Emploi industriel
régionale (extraction de minerais,
bois-ameublement notamment), mais
leurs effectifs sont plus faibles.
De 1993 à 1998, l’emploi
salarié industriel breton
a crû de 5,1 %
L’augmentation récente de
l’emploi salarié industriel breton de
1993 à 1998 tient à des raisons pro-
pres à la région, en particulier, la
faible représentation de secteurs qui
subiront de fortes récessions.
De 1993 à 1998, l’emploi sala-
rié industriel a diminué de 2,7 % sur
l’ensemble de la France, avec de for-
tes disparités régionales. Deux ré-
gions se détachent : les Pays de la
Loire qui affichent une croissance de
6,3 % et la Bretagne avec 5,1 %. Le
taux de croissance de l’emploi indus-
triel est positif, mais inférieur à 2,5 %
dans quatre autres régions : Midi-Py-
rénées, Poitou-Charentes, Rhône-
Alpes et Auvergne. Par contre, l’em-
ploi industriel diminue dans 14 ré-
gions. Le plus fort recul se situe en
Ile-de-France (-11,2 %).
Évolutions observées
et structures régionales
de l’industrie
Ces évolutions observées
tiennent en partie à la structure des
industries régionales. Pour compa- A l’inverse, un effet résiduel importante que l’évolution observée.
rer les régions, on a calculé une négatif montre que des facteurs pro- Ceci signifie que cette région enre-
“évolution structurelle ou effet pres à la région ont induit une évolu- gistre un effet résiduel négatif qui ac-
structurel” de l’emploi salarié indus- tion régionale de l’emploi industriel centue les pertes d’emploi industriel.
triel pour chacune des 22 régions, moins favorable que France entière, Elle affiche l’effet résiduel le plus né-
en appliquant à chaque secteur (en compte tenu de la structure de gatif. Par contre, l’effet résiduel est
nomenclature NES36) d’une région l’industrie. l’un des plus élevé en Pays de la Loire
l’évolution moyenne du secteur et Bretagne. Il atteint 10 % en Pays de
France entière. L’évolution structu- la Loire (2ème région) et près de 7 %
Un effet résiduel très positif
relle obtenue est donc l’évolution en Bretagne (3ème région).
en Bretagnethéorique qu’aurait eu la région si
les secteurs d’activité avaient évolué et Pays de la Loire En résumé, si tous les secteurs
de la même façon qu’au niveau na- industriels de la région avaient évolué
tional. La différence entre l’évolu- A structure égale, si les régions de façon analogue à la moyenne fran-
tion réellement observée et- françaises avaient connu les évolu- çaise entre 1993 et 1998, l’emploi in-
tion structurelle s’appelle “évo- tions sectorielles moyennes françai- dustriel breton aurait décru de 1,9 %.
lution résiduelle ou effet résiduel”. ses, elles auraient toutes enregistré Or la croissance a été de 5,1 %. Il y a
Elle montre l’évolution de l’emploi une diminution de l’emploi salarié in- donc un effet résiduel favorable à la
due à des facteurs propres à la ré- dustriel de 1993 à 1998. C’est pour région de 6,9 %.
gion. Si elle est positive, cela signifie les Pays de la Loire que cette baisse
que l’industrie de la région a tiré aurait été la plus importante (près de On peut ensuite pour chaque
profit de facteurs endogènes, de 4 %), juste devant la Lorraine et région déterminer la contribution de
sorte que l’évolution est plus favo- l’Aquitaine (-3,9 % dans ces deux ré- chaque secteur industriel à l’effet rési-
rable que France entière, compte gions). En Ile-de-France, l’évolution duel. En décomposant l’effet résiduel
tenu de la structure de l’industrie. structurelle est négative, mais moins de l’ensemble de l’industrie d’une
24 Octant n° 84 - Décembre 2000Emploi industriel
région, on montre que la contribution Bretagne, l’effet résiduel positif repose répartit à parts égales entre des contri-
de chaque secteur dépend de deux très largement sur les IAA. Ceci tient butions négatives et positives. Dans
éléments : certes à une croissance de l’emploi lé- cette région, l’agroalimentaire, très
- le différentiel d’évolution de l’em- gèrement supérieure dans la région présent, amène un effet résiduel néga-
ploi salarié du secteur dans la région pour ce secteur, mais surtout à son tif. Plus généralement, les secteurs les
par rapport à la France poids élevé dans l’industrie. En re- plus représentés, excepté les équipe-
- le poids du secteur dans l’industrie vanche, la contribution de la cons- ments mécaniques, contribuent néga-
de la région en 1993. truction navale et de l’automobile est tivement à l’effet résiduel de l’in-
négative sur l’effet résiduel breton. dustrie bas-normande. La contri-
bution la plus négative concerne l’in-
Les IAA particulièrement
dustrie des équipements du foyer,En Pays de la Loire, l’effet rési-
dynamiques précédée par l’automobile, la cons-duel est réparti sur l’ensemble des ac-
truction navale, aéronautique et ferro-tivités. Toutes connaissent une pro-
Ainsi, l’emploi dans les IAA a viaire ainsi que la métallurgie-travailgression de l’emploi sur la période
augmenté de 1993 à 1998 de 11 % en des métaux.1993-1998 et la répartition des effec-
Bretagne contre 1 % sur l’ensemble tifs salariés entre les activités est plus
de la France, le différentiel est donc Sur la période récente, de 1993homogène. Les IAA occupent la pre-
de 10 % ou de 0,1. Le poids de ce sec- à 1998, la croissance de l’emploi sala-mière place mais ne rassemblent que
teur dans l’industrie bretonne en 1993 rié breton tient à des raisons internes à17,5 % des emplois salariés. Deux au-
est de 32 %. La contribution de ce la région, en particulier au dévelop-tres secteurs, l’habillement-cuir et les
secteur à l’effet résiduel est donc de : pement des IAA. La prédominance deéquipements mécaniques, emploient
32 x 0,1 soit 3,2 %. Sur les 6,9 % de cette activité en Bretagne se traduitplus de 10 % des salariés de l’in-
l’effet résiduel de l’ensemble de l’in- par une diversification industrielle dedustrie de cette région.
dustrie bretonne, près de la moitié la région parmi les plus faibles des ré-
(3,2 points) sont dûs aux IAA. Les caractéristiques de la gions françaises. Les zones d’emploi
présentent des degrés de dépendanceBasse-Normandie sont encore diffé-
très différents vis-à-vis des industriesrentes. Globalement, l’effet résiduelLes profils des trois régions de
agroalimentaires.est légèrement négatif, mais il sel’Ouest sont très différents. En
Des activités industrielles plus ou moins bien représentées en Bretagne
En 1998 l’industrie bretonne mécaniques emploie une part des salariés de l’industrie contre 18 % au
emploie 185 000 salariés et se situe salariés nettement plus faible en niveau national. Toutes les compo-
au 6ème rang des régions françaises Bretagne qu’au niveau national. santes de ce secteur (habille-
derrière l’Ile-de-France, Rhône- L’automobile avec ses 11 400 sala- ment-cuir, édition-imprimerie-repro-
Alpes, Pays de la Loire, Nord- riés en 1998 occupe aussi une duction, pharmacie-parfumerie-en-
Pas-de-Calais et la région Centre place plus modeste dans la région tretien et équipements du foyer) sont
mais devant la Lorraine. que sur l’ensemble de la France. moins bien représentées en Bretagne
qu’au niveau national. L’énergie est
L’agroalimentaire occupe une L’industrie des biens intermé- un très petit secteur dans la région. Il
place importante dans le dispositif diaires compte 42 000 salariés dans emploie 5 500 salariés, tout juste 3 %
industriel régional puisqu’elle la région. Ce secteur représente des salariés industriels contre 5 % au
emploie 61 700 salariés soit le tiers 36 % des emplois industriels France niveau national.
des salariés contre 13 % sur l’en- entière et seulement 23 % en Bre-
semble du pays, l’industrie de la tagne. Les activités de ce secteur L’agroalimentaire est présente
viande est très développée, elle sont souvent moins bien représen- dans toutes les zones d’emploi mais le
emploie à elle seule la moitié des sa- tées qu’au niveau national. La mé- Finistère-sud, le Morbihan, la région de
lariés des IAA en Bretagne. tallurgie-transformation des métaux Saint-Brieuc-Lamballe et l’axe Vi-
regroupe moins de 6% des salariés tré-Rennes-Montauban-de-Bretagne en
L’industrie des biens d’équi- de l’industrie contre 11 % au niveau Ille-et-Vilaine présentent une plus forte
pement constitue un autre pan im- national. Le textile ne compte que densité de grands établissements. L’in-
portant (39 000 salariés), elle 1 300 salariés dans la région pour dustrie des équipements électriques et
emploie dans la région 21 % des sa- 120 000 France entière. Les pro- électroniques est surtout localisée dans
lariés industriels (20 % France en- duits minéraux et les ensembles les zones d’emploi de Lannion, Brest et
tière). L’industrie des équipements “chimie-caoutchouc-plastique”, Rennes, ces trois zones regroupant plus
électriques et électroniques avec “bois-papier” et “composants de 60% des salariés de cette activité.
ses 15 600 salariés est très bien re- électriques et électroniques” sont L’industrie automobile est concentrée
présentée dans la région. L’en- moins développés en Bretagne sur l’Ille-et-Vilaine et la moitié-est de la
semble “construction navale, aéro- que sur l’ensemble du pays. Bretagne. La construction navale
nautique et ferroviaire” est aussi compte deux pôles très importants au-
plus développpé dans la région que L’industrie des biens de tour des DCN de Brest et Lorient et des
France entière. En revanche l’in- consommation emploie un peu pôles secondaires à Concarneau,
dustrie des équipements moins de 25 000 salariés, 13 % des Saint-Malo, Vannes et Auray.
Octant n° 84 - Décembre 2000 25Emploi industriel
Lecture : l’effet résiduel pour la Bretagne est de 6,9 %. Les industries agroalimentaires contribuent à près de la moitié de cet effet résiduel (3,2 %). Cette
26 Octant n° 84 - Décembre 2000Emploi industriel
contribution résulte d’une différence d’évolution de l’emploi par rapport à la France de 0,1 et de la part de secteur dans l’industrie bretonne de 32 %.
Octant n° 84 - Décembre 2000 27Emploi industriel
spécialisation agroalimentaire se Un emploi industriel sur deuxL’agroalimentaire,
trouve renforcée par des industries du est un agroalimentaire à
une industrie majeure
poisson (à Morlaix et Carhaix), des lé- Vannes, Guingamp et Quimper.
dans un tiers des zones gumes (dans les trois zones) et à Ponti- L’industrie de la volaille et dans une
d’emploi bretonnes vy-Loudéac par de l’aliment du bétail moindre mesure la fabrication d’ali-
et de la boulangerie-pâtisserie indus- ments pour animaux domine dans la
Six zones d’emploi sont très trielle. Les activités industrielles zone de Vannes. Cinq établisse-
dépendantes de l’industrie agroali- non-alimentaires des zones de Bre- ments parmi les dix plus grands ap-
mentaire, avec plus d’un emploi in- tagne centrale sont souvent à la péri- partiennent à l’agroalimentaire mais
dustriel sur deux dans cette activité. phérie de l’agriculture ou de l’agroali- le plus grand n’est pas dans les IAA,
Carhaix, Morlaix et Pontivy-Loudéac mentaire (fabrication de films et la tréfilerie “Michelin” emploie près
sont les plus concernées : plus de d’emballages, de machines). A Mor- de 800 salariés dans la métal-
60 % des emplois industriels sont laix, la présence du siège du “Télé- lurgie-transformation des métaux.
dans les IAA. L’industrie de la viande gramme de Brest et de l’ouest”, de L’énergie (eau, électricité) et la mé-
représente une part des emplois deux “Géminox” et “Bastide électronique” tallurgie-transformation des métaux
fois plus importante que sur l’en- élargissent la palette d’activités de la est bien représentée dans la zone de
semble de la Bretagne et la zone. Vannes.
Les chiffres-clés de l’industrie dans les zones d’emploi bretonnes
Emploi salarié Nombre Caractéristiques du salariat
industriel d’établissementsPoids de
l’industrie
dans Taux SalaireTauxl'emploi variation de plus de Part des de qualifi- netEn d'enca- Part destotalZone d'emploi 1989- total 50 ouvriers cation moyen1998 drement femmes(1) 1998 salariés (3) ouvrière mensuel(2)
(4) (5)
Rennes 16,2 37 538 - 6,1 2185 100 26,7 60,6 54,5 28,1 9 898
Brest 14,2 18 833 - 10,7 1138 52 28,2 57,4 69,0 27,2 10 123
Lorient 19,7 17 358 - 9,1 1182 58 17,8 71,0 57,4 34,2 9 139
Quimper 18,3 17 022 - 2,4 1437 64 19,8 66,3 55,6 40,2 8 936
Saint-Brieuc 16,2 12 098 - 3,4 928 48 21,8 64,1 57,7 30,9 9 201
Vannes 16,6 10 308 + 6,7 825 35 18,7 67,9 40,1 36,9 8 534
Pontivy-Loudéac 23,0 10 091 + 11,0 673 49 15,9 74,3 43,4 35,7 8 396
Vitré 34,5 9 365 + 24,3 344 33 18,4 71,0 54,3 35,8 8 786
Morlaix 17,2 8 052 + 43,0 550 21 13,2 75,2 39,5 37,1 8 348
Fougères 28,8 7 468 - 6,2 468 41 17,0 70,9 56,7 36,0 8 524
Redon 29,4 6 641 + 7,5 372 23 14,8 58,1 51,4 40,6 9 073
Saint-Malo 13,3 5 213 + 3,9 558 28 27,6 55,5 61,6 33,5 9 607
Lannion 15,7 4 422 + 4,4 389 10 48,8 35,0 76,9 33,6 13 019
Ploërmel 20,1 4 139 + 8,6 291 22 14,3 73,2 53,3 34,5 8 077
Carhaix 19,0 4 134 + 18,4 388 19 11,0 77,9 43,3 39,8 8 082
Dinan 14,2 3 785 - 6,1 464 17 20,3 65,4 53,7 36,0 8 708
Guingamp 14,7 3 690 + 15,3 391 13 19,8 64,5 55,2 30,6 8 676
Auray 16,7 3 547 + 12,7 462 12 17,6 62,8 56,3 35,4 8 837
Bretagne 17,8 183 704 + 0,3 13045 645 21,5 65,0 53,9 33,6 9 240
Sources : INSEE, Estimations d’emploi, Sirene 1998, DADS 1998.
1 - Poids de l’industrie dans l’emploi = rapport du nombre d’emplois salariés et non salariés dans l’industrie au nombre d’emplois total dans la zone ;
2 - Taux d’encadrement = part des postes des chefs d’entreprise + cadres supérieurs salariés + cadres moyens (y compris techniciens,
contremaîtres et agents de maîtrise) dans l’ensemble des postes de travail ;
3 - Part des ouvriers= rapport du nombre de postes d’ouvriers au nombre total de postes salariés ;
4 - Taux de qualification ouvrière = part des postes d’ouvriers qualifiés (de type artisanal , de type industriel, de la manutention, du magasinage
et du transport) dans l’ensemble des postes d’ouvriers ;
5 - Salaire net moyen mensuel versé sur l’année 1998 pour un temps complet dans l’industrie hors apprentis et stagiaires.
28 Octant n° 84 - Décembre 2000Emploi industriel
Guingamp est peu industria-
lisée, le plus grand établissement in-
dustriel est un abattoir d’animaux de
boucherie (300 salariés). La zone est
surtout spécialisée dans des activités
agroalimentaires (fabrication d’ali-
ments pour animaux, industrie lai-
tière, boulangerie industrielle). Sept
des dix plus grands établissements ap-
partiennent aujourd’hui à l’agroali-
mentaire. La zone est relativement
bien représentée dans les activités de
la chimie (fabrication de produits azo-
tés) et du plastique (menuiserie indus-
trielle). La fermeture de l’usine “CIT
Alcatel” de Grâces a fait disparaître
du paysage industriel la téléphonie
qui était devenue très importante pour
la zone, 1 000 emplois ont été suppri-
més dans cet établissement au début
des années 1980.
Quimper se singularise un peu Saint-Brieuc, ce sont aussi les plus grands établissements industriels rela-
par rapport aux autres zones car elle gros employeurs de l’industrie de la tivise l’importance de l’agroalimen-
affiche une forte spécialisation dans zone. Saint-Brieuc a toutefois d’autres taire. A Ploërmel ce sont les activités
l’agroalimentaire mais au sein de ce atouts, elle abrite de grands établisse- de biens intermédiaires (fournitures
secteur les activités sont assez diversi- ments industriels, “Chaffoteaux-et-Mau- plastiques pour l’automobile, travail
fiées. L’industrie de la viande prévaut ry”, “Le Joint Français”, “Manoir in- des métaux et industrie du papier-car-
(22 % des emplois industriels de la ton) et la pharmacie-parfumerie quidustrie” et plusieurs établissements de
zone) mais moins qu’ailleurs, l’in- ressortent comme axes de spécialisa-taille moyenne qui assurent une
dustrie du poisson a perdu de son im- tions relatifs. A Vitré, le plastique, l’in-bonne diversification du système pro-
portance mais compte encore sept dustrie électronique (fabrication deductif de la zone.
établissements de 100 à 300 salariés composants et téléphonie), l’habille-
et fait travailler près de 2 000 salariés. ment-chaussure et la mécanique ontL’industrie de la viande est
L’industrie des légumes, l’industrie bien implantée dans la zone de Lo- largement contribué à l’enrichisse-
laitière et la boulangerie-biscuiterie ment industriel de la zone.rient (23 % des emplois industriels),
confortent notablement la vocation l’industrie des légumes et du poisson
agroalimentaire de la zone de Quim- La zone d’emploi d’Auray estet quelques unités de fabrication
per. Les activités non-alimentaires, une petite zone, elle compte un grosd’aliments pour animaux étoffent les
automobile exceptée, sont assez bien fabricant de matériel hospitalierIAA, les autres activités alimentaires
représentées et assez diversifiées à (“Hill-Room Sas”, 700 salariés) etsont peu représentées. Le système
Quimper. Cette zone ne compte pas quelques établissements spécialisésproductif de la zone s’appuie encore
de très grand établissement mais un dans le plastique ou le travail des mé-beaucoup sur la DCN, la construction
nombre important d’unités dépassant taux. Les principaux établissementsnavale emploie en 1998, 17 % des sa-
100 salariés et spécialisées dans la té- agroalimentaires sont spécialisés danslariés industriels de la zone et les en-
léphonie, le plastique, le papier, le la boulangerie-pâtisserie industrielletreprises du travail des métaux et de
textile ou l’habillement, la construc- et les légumes. Auray se distingue parl’électronique travaillent souvent
tion navale, la mécanique ou la mé- dans le sillage de la construction na- ailleurs par une forte densité
tallurgie et transformation des vale. La présence de la “SBFM” à Cau- artisanale.
métaux. dan, de “PDM” à Quimperlé et de
“Chantelle” à Lorient confèrent à
cette zone des spécialisations dans la Dans les zones les plus
Les zones de Saint-Brieuc, transformation des métaux, le urbanisées et les zones
bois-papier et l’habillement.Auray, Lorient, Vitré de tradition industrielle,
et Ploërmel disposent d’un
l’industrie agroalimentaireA Ploërmel et Vitré l’industrie
bon potentiel agroalimentaire
de la viande est importante (28 et cède le pas à d’autres activités
18 % des emplois industriels), les plus
Dans ces cinq zones, au moins gros employeurs industriels sont des
30% des salariés de l’industrie travail- abattoirs d’animaux de boucherie, La présence d’un tissu indus-
lent dans les IAA. Les deux plus gros “ Olympig ” à Josselin et la “ SVA ” à triel déjà bien constitué avant l’essor
établissements agroalimentaires bre- Vitré, ils emploient respectivement des IAA bretonnes explique sans
tons “Cooperl Hunaudaye” et “Ker- 900 et 1 100 salariés, l’industrie lai- doute la faible place de l’agroalimen-
méné”, 1 200 salariés chacuns, sont tière est un autre point fort de ces taire dans les zones les plus urbani-
localisés dans la zone de deux zones mais la présence d’autres sées (Rennes, Brest et Saint-Malo) et
Octant n° 84 - Décembre 2000 29Emploi industriel
Des raisons historiques ou naturelles
A la fin de ce siècle le paysage de Quimper, Fougères et Dinan a étof- cette période que sont nées les premières
industriel des zones d’emploi découle fé cette activité dans les années 1970. laiteries. Après la fin de la seconde guerre
de décisions d’implantation de grands La volonté d’affirmer la vocation élec- mondiale et surtout dans les années 1960
établissements, d’exploitation de ri- tronique de la Bretagne par le déve- on a assisté à une véritable industrialisa-
chesses locales ou simplement d’ini- loppement de la recherche et de la for- tion de la transformation du lait, de l’abat-
tiatives humaines construites à partir mation supérieure a plus récemment tage d’animaux et de la salaison. Le déve-
d’un projet personnel et de la simple favorisé l’implantation de nouvelles loppement de l’emploi dans l’agro-
volonté de rester au pays. entreprises dans l’ouest (centres de re- alimentaire au cours des dernières décen-
cherche et établissements industriels nies est étroitement lié à l’intensification
Les implantations des arsenaux tel Mitsubishi à Etrelles). de la production de porcs, de volailles et de
à Brest et Lorient au 17ème siècle ont bovins. L’industrie s’est développée en
créé deux pôles de contruction navale Le système productif industriel amont (fabrication d’aliments, de machi-
militaire autour desquels se sont déve- breton s’est aussi diversifié en lien nes et équipements pour les bâtiments) et
loppées les activités de la métallurgie avec l’implantation et le développe- en aval (transformation des produits et
et de la fabrication de machines et ment d’autres grands établissements leur commercialisation). En 1998, la Bre-
équipements qui se sont élargies plus à différentes périodes de ce XXème tagne compte 150 usines agroalimentaires
récemment à l’électronique. Ainsi la siècle. Pour illustrer cette diversifica- de plus de 100 salariés et seize d’entr’elles
zone de Brest dispose d’un sa- tion on ne citera que les plus gros em- dépassent 500 salariés. Les conserveries
voir-faire dans des technologies de ployeurs Ouest-France à Rennes, Pa- de poissons ont dû faire face à plusieurs
pointe comme la fabrication de radars peteries de Mauduit à Quimperlé, crises et le Finistère-sud y a laissé de nom-
ou d’appareils de transmission. Société Bretonne de Fonderie Méca- breux emplois. On peut associer aux IAA la
nique à Caudan, Chaffoteaux et Mau- fabrication de machines et équipements
L’implantation en 1954 à Ren- ry à Saint-Brieuc, Michelin à Vannes pour l’agriculture ou l’agroalimentaire.
nes-La Barre-Thomas de la première et plus récemment Canon à Liffré. Cette dernière activité est assez diffuse
usine Citroën, puis en 1961 de l’éta- Chacun de ces établissements dans la région, les établissements dépas-
blissement de La Janais à Char- emploie plus de 700 salariés en 1998. sant rarement les 100 salariés mais elle
tres-de-Bretagne a constitué le fonde- La Bretagne compte aussi un pôle contribue souvent au maintien d’emplois
ment de l’activité automobile parfumerie-cosmétique avec le en zone rurale.
bretonne. Celles du CNET à Lannion groupe Yves Rocher qui totalise 1 800
et du CELAR à Bruz et le transfert de salariés industriels dans quatre éta- Les richesses du sous-sol sont à
grands établissements de la téléphonie blissements situés dans les zones l’origine d’activités comme l’exploita-
de la région parisienne vers la Bre- d’emploi de Redon et Ploërmel. tion du granit et le travail du verre dans
tagne (Alcatel, Sat, Thomson, LTT) ont la région de Fougères, l’exploitation des
donné naissance à un pôle électro- La transformation des produits calcaires marins ou des algues sur la
nique de renommée internationale de l’agriculture et de la pêche a donné côte nord de la Bretagne. Le travail du
dans le Trégor et suscité la création de naissance à une importante industrie bois a perdu de son importance mais la
nombreuses petites entreprises de agroalimentaire qui a démarré au dé- région conserve un savoir-faire dans la
l’électronique dans le bassin rennais. but du XXème siècle par la création fabrication de meubles ou d’articles de
La création de plusieurs sites de pro- des conserveries de poissons, de char- menuiserie un peu plus développée dans
duction Matra et Sagem dans les zones cuteries et de légumes. C’est aussi à la partie est de la Bretagne.
les zones de tradition industrielle de emplois de la chimie-caout- matériaux de construction dans la ré-
Fougères et Redon. chouc-plastique. En agroalimentaire gion rennaise) constituent un autre
elle n’est bien placée que dans l’in- axe de spécialisation de cette zone.
Dans la zone d’emploi de Ren- dustrie des boissons et l’industrie lai-
tière. Elle emploie 60 % des effectifs Brest fait partie des zonesnes, l’automobile emploie un salarié
régionaux de l’industrie des boissons d’emploi bretonnes où l’industrie estindustriel sur quatre et l’agroalimen-
et 30 % des salariés de l’industrie lai- moins diversifiée. Elle a perdu detaire un sur cinq. Dans les autres sec-
tière mais regroupe moins de 10 %teurs industriels une partie des em- nombreux emplois depuis 1980 dans
des salariés de la viande ou des IAAplois sont liés à l’automobile (caout- les activités de la construction navale
diverses (boulangerie, poisson, légu-chouc-plastique, équipementiers). et la fabrication de machines et équi-
mes..). L’industrie des équipementsAvec ses 37 500 salariés industriels pements en lien avec la réduction des
-(20 % des effectifs régionaux), la zone mécaniques qui comprend des équi commandes de la Défense mais reste
de Rennes est de loin la plus grande pementiers automobile (Sanden), des très spécialisée dans la construction
zone d’emploi bretonne. Elle fabricants de machines et de matériel navale. La zone concentre 10 % des
concentre à elle seule 85 % des em- agricole et la fabrication d’armement emplois industriels de la région et plus
plois régionaux de l’automobile, (GIAT) est bien représentée. Les pro- de la moitié des emplois de la cons-
45 % des emplois de l’impri- duits minéraux (production de granit truction navale et aéronautique bre-
merie-presse-édition, un quart des dans la partie nord de la zone et de tonne : la “DCN” (4 600 salariés en
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1998) est le deuxième site industriel Le paysage industriel de Fougè- L’électronique-téléphonie,
breton. La fabrication d’équipements res est composé d’activités tradition- une activité exclusive
électriques et électroniques est l’autre nelles, cuir-chaussures, textile, ex-
à Lannionpoint d’appui de l’industrie brestoise. traction et travail du granit ou travail
En rassemblant le quart des emplois du verre et d’activités plus récentes
bretons, Brest compte plus d’emplois comme la téléphonie ou la fabrication La zone de Lannion emploie
que Lannion dans la fabrication d’équipements pour l’automobile et, 3 % des salariés de l’industrie bre-
d’équipements électriques et électro- pour un cinquième des emplois seule- tonne mais concentre environ 22 %
niques. Beaucoup d’entreprises de ce ment, d’agroalimentaire. C’est une des emplois industriels de l’électro-
secteur travaillent plus ou moins lar- zone très industrialisée et la zone bre- nique. Tous les établissements indus-
gement pour l’arsenal (“Thomson”, tonne la plus diversifiée. triels de plus de 50 salariés sont liés à
“Bastide”, “Meunier”, “Laudren”...). l’électronique-télécommunication
Les IAA sont très peu implantées, à Dinan est au contraire, une (téléphonie, fabrication de câbles, op-
l’exception de l’industrie laitière qui zone faiblement industrialisée qui n’a tronique, de composants).
compte plusieurs grandes unités dans pas bénéficié de l’expansion agroali- “Alcatel” emploie 1 800 salariés dans
la région de Landerneau. mentaire. Elle ne représente que 2 % son établissement de Lannion. Les au-
des emplois salariés industriels régio- tres activités sont souvent le fait de pe-
La zone de Saint-Malo naux et figure parmi les zones qui ont tites entreprises employant peu de sa-
concentre près de 10 % des emplois perdu le plus d’emplois industriels sur lariés. Cette situation de
longue période. Son tissu industrielrégionaux de la chimie-caout- mono-industrie a particulièrement
est cependant assez diversifié, travailchouc-plastique et9%de ceux de la fragilisé la zone dans la décennie
du bois, téléphonie, habillement, car-fabrication de composants électriques 1980-1990 lors de la crise de l’élec-
rières de granit et de pierres pour leset électroniques alors qu’elle ne pèse tronique. Mais l’industrie de cette
activités non alimentaires. Dans lesque pour 2,8 % dans l’emploi indus- zone dispose d’un avantage essentiel,
IAA on trouve essentiellement du lait,triel. La première spécialisation ré- elle offre des emplois de haut niveau
des boissons et de l’aliment du bétail.sulte de la présence conjointe de deux et beaucoup d’emplois qualifiés qui la
entreprises de fabrication de produits placent largement en tête dans le clas-
azotés, (“TIMAC” et “Goëmar”) et Le tissu industriel est moins sement des zones bretonnes pour le
d’un gros fabricant de pièces plasti- dense dans la zone de Redon que niveau du salaire moyen industriel.
ques “Sieffel”. La seconde est liée à la dans la moyenne des zones françai-
présence d’une dizaine d’établisse- ses, il est aujourd’hui dominé par la
ments employant au total 400 salariés parfumerie-cosmétique. Les trois éta-
dans la fabrication de composants. La blissements “Yves Rocher” emploient
spécialisation dans la construction près du quart des salariés industriels
navale et aéronautique est aussi assez de la zone. La fabrication de compo-
marquée. Le pôle de et sants électroniques, la fonderie, les
maintenance de Pleurtuit équipements du foyer, l’industrie du François-Xavier DUSSUD
a créé des emplois depuis le milieu plastique et les équipementiers sont Irène HOUSSAIS
assez bien implantés dans la zone.des années 1980 et compte au-
jourd’hui plus d’emplois salariés que L’agroalimentaire ne compte que trois Pour en savoir plus
l’ensemble des établissements de la établissements de plus de 50 salariés
construction navale dans cette zone. dans cette zone et seulement 11 %
- “Industrie et territoires” - Les dossiers
L’agroalimentaire est très peu im- des salariés industriels travaillent dans
d’octant n° 40 - Novembre 2000
plantée, seule l’industrie laitière est ce secteur.
correctement représentée.
Octant n° 84 - Décembre 2000 31

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