Emploi : une progression plus forte en Bretagne que France entière (Octant n° 81)

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Selon des estimations encore provisoires et portant sur le seul emploi salarié privé non agricole intérim compris, la progression de l'emploi atteint 3,6 % de décembre 1998 à décembre 1999 en Bretagne, alors qu'au niveau national elle se situe à 2,7 %. Cela correspond, pour ce seul champ à 21 000 postes de travail supplémentaires. Tous les grands secteurs ont progressé, même le secteur industriel pourtant marqué par le tassement des industries agro-alimentaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Une progression plus forte
en Bretagne que France entière
orté par une activité dyna Le commerce qui repréSelon des estimations - -Pmique, l’emploi poursuit sa sente un tiers des emplois duencore provisoires et
progression. tertiaire, a été créateur de plus
portant sur le seul de 4 000 emplois, dont 2 700
dans le commerce de détail etemploi salarié privé non
réparations. Le développementLe tertiaire conforteagricole intérim
de centres commerciaux, etson essorcompris, la progression l’implantation de grandes surfa-
ces spécialisées y ont contribué.de l’emploi atteint
3,6 % de décembre Avec un solde de plus de
Autre grand secteur dy-16 000 emplois, le secteur ter-1998 à décembre 1999 namique, les transports ont pro-tiaire explique encore la plus
gressé de 3,8 % dégageant unen Bretagne, alors qu’au grande partie de la hausse de
solde de 1 200 emplois.niveau national elle se l’emploi salarié.
situe à 2,7 %. Cela La bonne orientation de
Les services aux entre-
la consommation des ménagescorrespond, pour ce prises, intérim compris, ont
a également profité aux servi-seul champ à 21 000 continué de bénéficier du
ces aux particuliers dont les ef-contexte économique favorablepostes de travail fectifs salariés se sont accrus,
(+ 9,4 % soit 7 300 emplois). Le
tout particulièrement dans lesupplémentaires. Tous développement d’activités de
secteur de l’hôtellerie-ca-les grands secteurs ont conseil et d’assistance, et sur-
fés-restaurants (4,4 % soit 1 300
tout celui des sociétés de ser-progressé, même le emplois).
vices liées à l’informatique ex-
secteur industriel pliquent notamment ces
Dans la construction, lespourtant marqué par le résultats.
mesures incitatives à l’entretien
tassement des industries du logement et à la relance de
la construction ont eu des effetsagro-alimentaires.
24 Octant n° 81 - Mars 2000 Bilan économique 1999Emploi
Nouvelle progression de l’intérim
Les chiffres publiés par la Direction de l’Animation de la
Recherche et des Statistiques du Ministère de l’Emploi et de la So-
lidarité (DARES) indiquent une nouvelle progression du travail
intérimaire au cours de l’année 1999.
En effet, de janvier 1999 à octobre 1999, le nombre de
missions d’intérim comptabilisées en fin de mois a augmenté de
24 % en 1999 contre 18,9 % en 1998. Le volume de travail en
équivalent temps plein s’établit à 25 400 sur les premiers mois de
l’année 1999 contre 22 540 au cours de la même période de
1998.
positifs sur l’emploi (+ 4,7 % près de 400 emplois, soit 7 %
Variation de l’emploi salarié privé non agricolesoit 2 500 emplois). Les princi des effectifs salariés, ont été-
en Bretagne (y compris l’intérim)paux bénéficiaires ont été les supprimés dans l’habillement et
au cours des deux dernières annéesétablissements de moins de 10 le cuir.
salariés. Activité 1998/1997 (1) 1999/1998 (2)
Industrie + 2,4 + 1,5
Continuant de bénéficier La plus lente progression
dont IAA + 2,8 + 0,8du contexte économique favo- des Côtes-d’Armor
rable, l’emploi industriel a dans Construction + 2,9 + 4,7
son ensemble augmenté de Tertiaire + 5,1 + 4,6
1,5 % soit un solde positif d’en- Si l’augmentation de
dont commerce + 3,4 + 3,4viron 2 500 emplois. Cette l’emploi a été sensible dans
Ensemble + 4,1 + 3,6hausse de l’emploi salarié in- tous les départements, elle
dustriel se traduit à la fois par Source : INSEE - URSSAF - DARESs’est révélée une nouvelle fois,
(1) données définitivesune très nette augmentation de particulièrement élevée en
(2) données provisoires
l’emploi dans les industries des Ille-et-Vilaine (+ 4,4 % soit
biens intermédiaires (+1 000 8 900 emplois). Dans l’in- Selon ces premières estimations encore provi-soit + 2,5 %) et celles des biens dustrie, l’emploi a progressé de
soires, la croissance de l’emploi sur ce champ statis-d’équipement hors arsenaux, 2,2 % contre 1,5 % au niveau
tique aurait été un peu plus faible en 1999 que l’année
(+ 600 soit + 2,0 %) et une pro- régional. Cette dynamique in-
précédente. C’est pour l’essentiel l’effet du fort ralentis-gression moins élevée que les dustrielle s’explique en partie
sement de la progression de l’emploi dans les industries
années précédentes dans les par l’explosion de la télé-
agro-alimentaires.industries agro-alimentaires phonie mobile. Le développe-
(0,8 % contre 2,8 % en 1998). ment de sociétés telles que
En effet, les accords passés sur « MITSUBISHI » à Etrelles près
la réduction du temps de travail de Rennes, ou du groupe
ont été moins nombreux en « SAGEM » à Fougères en sont
1999, et les embauches réali- deux exemples. Dans le secteur
sées dans les établissements de tertiaire, l’installation de nou-
préparation industrielle à base velles sociétés de services près
de viandes n’ont pas suffi à de Rennes, et l’expansion de Variation de l’emploi salarié privé non agricole
compenser les pertes observées celles déjà existantes contri- (y compris l’intérim) par département
dans les unités de production buent à une très forte progres- au cours de l’année 1999
de viandes de volailles. sion de l’emploi (+ 5,4 %).
Côtes- Ille-et-
Activité Finistère Morbihand’Armor Vilaine
Deux autres faits mar- Dans le département du
Industrie + 1,1 + 1,0 + 2,2 + 1,3quants sont à signaler. Dans Morbihan, les évolutions sont
l’industrie automobile, les ef- plus diffuses. L’industrie crée dont IAA - 1,2 - 1,5 + 1,4 + 2,5
fectifs ont légèrement augmenté quelques centaines d’emplois, Construction + 3,4 + 6,0 + 4,3 + 4,3
après plusieurs années de et dans le tertiaire, les hausses
Tertiaire + 2,5 + 4,4 + 5,4 + 5,0baisse (+ 2,3 % soit près de 300 sont à mettre à l’actif du com-
emplois). En revanche, l’in dont- merce (+ 3,7 % soit 900 em-
commerce + 2,3 + 3,9 + 3,3 + 3,7dustrie textile a connu de gros- plois) et des services rendus aux
ses difficultés, et les pertes particuliers et aux entreprises. Ensemble + 2,2 + 3,4 + 4,4 + 3,6
d’emplois y sont importantes :
Source : INSEE - URSSAF - DARES - données provisoires
Bilan économique 1999 Octant n°81 - Mars 2000 25Emploi
Dans le département du le tertiaire, les plus fortes haus Les Côtes-d’Armor enre- -
Finistère, la progression de ses sont enregistrées dans le gistrent la plus faible évolution
l’emploi industriel (hors DCN) commerce (+ 3,9 % contre de l’emploi breton : 2,2 %. Le
se situe à + 1 % (soit 400 em 3,4 % au niveau régional), mais secteur tertiaire a évolué moins-
plois). Confrontées à la crise le Finistère se distingue surtout vite que dans les autres départe-
de l’aviculture et à des restruc par une hausse élevée des effec ments (+ 2,5 % contre + 4,6 %- -
turations annoncées notam tifs de la santé (+ 2,5 % contre en Bretagne).-
ment chez « DOUX » et 1,5 % au niveau régional). Il
« TILLY-SABCO », les industries s’agit du développement de
agro-alimentaires ont dans leur programmes associatifs liés au
ensemble, enregistré une baisse maintien des personnes à domi Monique LE CAM-
de leurs effectifs (- 1,5 %). Dans cile dans le monde rural.
Pour comprendre ces résultats
Les évolutions présentées sont provisoires pour l’année 1999. Elles ont été obtenues à partir de
l’exploitation des bordereaux récapitulatifs de cotisations (BRC) que tous les employeurs relevant du
régime général de la sécurité sociale fournissent aux URSSAF. Elles seront revues une première fois
au cours du mois de mai, puis à l’automne prochain lors de l’élaboration des estimations d’emploi
salarié total qui intègreront les établissements cotisants à la MSA et ceux relevant du secteur public.
Les effectifs pris en compte pour mesurer les évolutions sont ceux présents à la fin de chaque
trimestre, qu’il s’agisse d’emplois à temps plein, à temps partiel ou à durée déterminée.
26 Octant n°81 - Mars 2000 Bilan économique 1999Emploi
L’impact des principaux dispositifs
d’aide à l’emploi
LES EMPLOIS-JEUNES
Dans le secteur tertiaire non marchand, la principale mesure du dispositif d’aide à l’emploi a concerné les emplois-
jeunes. A la fin du mois de décembre 1999, 6 954 jeunes avaient été embauchés en Bretagne depuis le démarrage du disposi-
tif fin 1997.
4 960 embauches ont été réalisées par les collectivités locales, les établissements publics et les associations
dont 510 en remplacement de départs.
1 778 jeunes ont été employés dans le secteur éducatif
dont :
- 1 197 dans les établissements d’enseignement public
- 524 dans les établissements d’enseignement privé
- 57 dans les établissements d’enseignement agricole.
216 ont été recrutés par le Ministère de l’intérieur.
LOI « AUBRY » DU 13 JUIN 1998 :
ACCORDS RÉDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL
VISANT LE CONVENTIONNEMENT (1)
Accords offensifs Accords défensifs Ensemble des accords
Effectifs Emplois Effectifs Emplois Effectifs EmploisNombre Nombre Nombre
concernés créés* concernés créés* concernés créés*
Côtes-d’Armor 267 12 326 1 052 18 1 061 99 285 13 388 1 151
Finistère 532 26 351 2 202 23 4 303 348 555 30 654 2 550
Ille-et-Vilaine 298 15 705 1 258 15 891 84 313 16 596 1 342
Morbihan 326 15 625 1 238 18 1 232 74 344 16 858 1 312
Total région 1 423 70 007 5 749 74 7 488 605 1 497 77 496 6 354
Source DRTEFP : Situation connue au 16 février 2000
* prévisions d’embauches ou de maintien d’emplois en équivalent temps plein
Dans le secteur privé, la réduction du temps de travail a constitué le principal dispositif de la politique d’aide à l’em-
ploi marchand au cours de l’année 1999. Depuis la date d’effet de la loi « Aubry », 1497 accords ont été conclus en Bretagne,
permettant la création nette de 5 750 emplois, et le maintien de 600 autres.
Les effectifs concernés par les accords « Aubry » représentent aujourd’hui entre 13 et 14 % des effectifs salariés du sec-
teur privé en Bretagne. L’impact de ce dispositif devrait cependant encore s’intensifier dans les mois à venir, du fait du
nombre d’entreprises de moins de 20 salariés pouvant bénéficier de l’aide incitative.
(1) Il s’agit d’accords signés dans le cadre de la loi d’incitation à la réduction du temps de travail du 13 juin 1998 et déposés en Directions Dé-
partementales du travail. Ces données sont provisoires car de nombreux accords signés en décembre 1999 sont encore en traitement et non comptabili-
sés. Ces accords visent tous un conventionnement avec l’Etat pour l’octroi de l’aide incitative. Cette dernière est conditionnée à l’engagement de
création ou maintien d’emplois à hauteur de 6 % minimum des effectifs concernés, pour une réduction du temps de travail de 10 %, ramenant la durée
hebdomadaire du travail effectif à 35 heures.
Bilan économique 1999 Octant n°81 - Mars 2000 27

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