En 30 ans, la proportion d'actifs de la Picardie a rattrapé celle de la France

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Entre 1968 et 1999, tandis que la population picarde augmentait comme en France de 0,53% en moyenne annuelle, le nombre d'actifs est passé de 622 000 à 838 000, soit une hausse annuelle moyenne de 0,97% contre 0,81% sur l'ensemble de la France métropolitaine. Ainsi, la croissance des actifs a été plus rapide que celle de la population au niveau national et encore plus au niveau régional. En 1999, la proportion d'actifs de la Picardie a rattrapé celle de la France (45,1% contre 45,4%) grâce au redressement de la part des personnes en âge de travailler ; à cette date, la moindre activité féminine est compensée par un taux d'activité masculin supérieur de 2 points à la moyenne nationale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N°148  2005
n 30 ans, la proportion d'actifs e la Picardie a rattrapé celle de la France
tre 1968 et 1999, tandis que la population picarde augmentait comme en France de 0,53% en moyenne annuelle, le nombre d’actifs est passé de 622 000 à 838 000, soit une hausse annuelle moyenne de 0,97% contre 0,81% sur l’ensemble de la France métropolitaine. la croissance des actifs a été plus rapide que celle de la population au niveau al et encore plus au niveau régional. 99, la proportion d'actifs de la Picardie a rattrapé celle de la France % contre 45,4%) grâce au redressement de la part des personnes e de travailler ; à cette date, la moindre activité féminine est compensée taux d’activité masculin supérieur de 2 points à la moyenne nationale.
vec 39,4 actifs pour 100 habicontre 27,1% en moyenne nationale.négatif pour l’ensemble des classes tants contre 41,6 actifs pour 100Cet important effet de structure étaitâgées de 25 à 60 ans. seAdité traditionnellement plus importantd’activité était, quant à lui, de moindistinguait en 1968 par une propor résidents en France, la Picardielié principalement au niveau de féconL’écart dû aux différences de taux tion d’actifs inférieure à la moyenneen Picardie que dans le reste de ladre ampleur, l’effet dû à la moindre française. Cette différence, liée pourFrance. Les naissances lors du babyactivité des Picardes (0,8 %)étant l'essentiel à la structure de la populaboom de l’immédiat aprèsguerrepresque compensé par une plus forte tion, et dans une moindre mesure auxayant été plus nombreuses en Picaractivité des Picards (+ 0,5%). Le taux taux d’activité, situait la Picardie dansdie que dans le reste de la France,d’activité féminin, bien qu’inférieur à une position plutôt défavorable au seil’effet structurel est le plus fortementla moyenne française, avec seule zième rang des régions françaises. Une croissance de la population active soutenue de 1968 à 1982 Seules les régions industrielles du nord et de l’est (Nord  PasdeCalais, LorComparaison de l'évolution de la population totale et active entre la France métropolitaine et la Picardie raine) et les régions les plus méridio 1 volution (%) nales de la France étaient classées Comparaison Picardie / 1962 1968 1975 1982 1990 1999  1968 1982  encore plus défavorablement. France métropolitaine 1999 1999 Ce positionnement résultait princi France palement de la structure de sa popu Population totale (en milliers)46 14249 44552 38054 05656 40258 254 lation. En effet, la part des personnes 1 en évolution(%) 1,160,83 0,45 0,53 0,360,53 0,44 en âge de travailler était sensiblement e plus faible en Picardie (51,3%, au 2026 43325 18823 71621 96120 57619 629Population active (en milliers) 1 en évolution(%) ,790,94 1,10 0,76 0,540,81 0,64 rang sur 22) qu’en France (54,1%). Si0 multanément, la part des personnesPicardie âgées de 60 ans et plus était proche1 5781 681Population totale (en milliers)1 4641 8581 7391 814 1 de la moyenne nationale, tout en étanten évolution0,91 0,49 0,53 0,26(%) 1,250,53 0,39 sensiblement supérieure aux régionsPopulation active (en milliers)576 622 685 753 795 838 1 voisines. La Picardie était alors l’uneen évolution(%) 1,281,41 1,35 0,68 0,590,97 0,63 des régions les plus jeunes de France 1 Évolution moyenne annuelle par rapport au recensement précédent e (4 sur22) avec une part des jeunessi la période n'est pas précisée. de moins de 17 ans de 30,7% en 1968Source : Insee, recensements de lao ulation,ex loitationscom lémentaires
me âgé en 1 nati France de province (44,1%) Pour cette même classe d’âge le taux d’activité des homme était sensiblement plus élev chez les Picards (93,6 %) qu’e métropole (92,3%).
De 1968 à 1982 : croissance soutenue de la population active
Entre 1968 et 1982, le nom bre d’actifs picards a connu s plus forte progression relative ment à la moyenne nationale. E effet, au cours de cette période, la po pulation active picarde évoluait à un rythme soutenu de 1,38 % par an, niveau nettement supérieur à l’évolution natio nale (+1,02%/an). Dans le même temps, le nombre de Picards n’augmentait qu’à un rythme de 0,70% par an, c’estàdire proche de la tendance métropolitaine (+0,64%/an). Cette croissance plus ra pide de la population active picarde s’ex plique par la combinaison d’effets structurels et de taux d’activité devenus plus favorables. L’effet lié à la structure de la popula tion augmentait de plus d'un point, passant de 1,9 actif pour 100 habitants en 1968 à 0,8 en 1982. De même, grâce à la forte progression des taux d’activité féminins, l’effet dû aux taux d’activité pi cards se redressait de près de 0,5 point par rapport à 1968, et devenait positif en 1982, s’établissant à +0,2 actif pour 100 habitants. Ces évolutions étaient parti culièrement nettes dans le département de l’Oise sous influence francilienne. Par la suite, l’effet lié à la structure de la population a continué à augmenter jusqu’à la période la plus récente. Mais l’effet dû aux taux d’activité a évolué de façon plus défavorable que dans le reste
La cause est essentiellement struc turelle. D’une part la proportion de jeu nes (moins de 17 ans) en Picardie s’est nettement rapprochéede la moyenne nationale, et d’autre part, la Picardie vieillit moins rapidement que le reste de la France passant du douzième rang en 1968 au dixneuvième rang en 1999 en terme de part des "soixante ans et plus". Ainsi, la part de la population en âge de travailler (17 à 59 ans) s’est très nette ment redressée en Picardie en trente ans par rapport aux autres régions. En effet, l’essentiel de l’accroissement de la po lation entre 1968 et 1999 (+280 000) sulte de la classe des 1759 ans 277 000). Aux âges extrêmes, les taux d’acti é des femmes et des hommes ont issé depuis 1968 en Picardie comme ns l’ensemble de la France. Des étu s plus longues et l'abaissement de ge de la retraite en sont les causes ncipales. Pour les classes les plus jeu s (17 à 19 ans), le taux d’activité est ssé de 12% en 1968 à seulement 2% 1999. Pour les plus de 60 ans, il est ssé de 12% à moins de 4%. Aussi, en %&5' 99, 97% des actifs picards apparte %&'( ient à la classe d’âge des 20 à 59 ans %&&& ntre 80% en 1968. Le taux d’activité féminin : d’importantes différences territoriales de la France sous l’effet d’une évolutionEn 1968, la Picardie avait un taux moindre des taux d’activité des femmesd’activité des femmes âgées de 20 à 59 en Picardie, et d’une moindre activité desans inférieur à la moyenne française hommes. Résultat de ces effets contra(47%) et équivalent à la moyenne de pro dictoires, l’évolution de la po Jusqu'en 1982, le taux d'activité des Picardes a convergé pulation active picarde a connu plus vite vers le niveau national que la France de province au cours la période 19821999 Évolution des taux d'activité des femmes une évolution similaire à la ten au cours des recensements par zone d'emploi dance nationale. Taux d'activité des femmes de 20 à 59 ans1968 1975 1982 1990 1999 En 1999, la proportion par zone d'emploi (en%) d'actifs de la Picardie France47,0 54,3 62,1 69,5 74,4 rattrape celle France de province44,1 51,3 60,2 68,0 73,4 de la France Picardie 44,153,4 61,4 67,7 72,4 Amiens 46,955,6 62,3 68,3 70,5 En 1999, la Picardie com ChâteauThierry 47,657,3 63,5 70,6 76,0 portait 45,1 actifs pour 100 SudOise 44,154,9 62,8 68,9 74,6 habitants soit un niveau proche Soissons 38,348,0 58,5 64,9 70,9 de la moyenne nationale Beauvais 48,759,4 69,0 72,9 76,9 (45,4 %),marquant ainsi un Compiègne 41,450,6 58,3 64,5 71,2 complet retournement par rap SanterreOise 41,453,4 60,6 65,2 70,5 port à 1968. La Picardie est AbbevillePonthieu 44,854,0 61,3 67,5 72,9 passée de la queue du peloton e Vimeu 46,353,8 62,4 70,1 74,3 en 1968 au 4rang en 1999 SanterreSomme 41,551,5 60,3 66,1 70,9 juste derrière l’ÎledeFrance, SaintQuentin 47,253,6 62,2 68,1 71,9 l’Alsace et RhôneAlpes avec 58,5 % de la population en âge ChaunyTergnierLa Fère35,3 46,4 51,7 60,0 66,9 de travailler contre 58,2% enThiérache 43,149,1 56,3 63,1 67,6 moyenne nationale et 57,4%47,4 58,0 66,0 71,4Laonnois 38,5 pour la France de province.Source : Insee  SAPHIR  recensements de la population
vince (44,1%). Dans la Somme, le tauxd’activité des femmes de 20 &      &    '      d’activité était le plus élevé de la régionà 59 ans que de 70,5%. Ce + )  *   (- . 3&   %&&& (45,7%). Par contre, les Axonaises étaientfaible niveau d’activité est moins actives, leur taux d’activité n’étanten partie à mettre au que de 42%. Pour l’Oise, ce taux d’acticompte de la forte propor !!""# vité s’élevait à 44,5%.tion d’étudiants résidant Cinq zones d’emploi se situaient à desdans cette zone. niveaux supérieurs ou proches de laDeux zones d’emploi s  moyenne nationale : Beauvais, Châteausituent toujours netteme    Thierry, SaintQuentin, Amiens et le Vimeu.en dessous de  Pour les zones de SaintQuentin et du ViChaunymoyenne :   meu, le niveau relativement haut de l’acgnierLa Fère et la Thi     tivité des femmes est à attribuer à l’offreche.  e d’emplois importante de type industriel.TroisÀ l’aube du XXIsiè  zones d’emploi connaissent un taux d’acla Picardie apparaît co88:-  tivité particulièrement faible : Le Laonnois,un territoire de moindre 84:- 8%:3 Soissons et ChaunyTergnierLa Fère.tivité des femmes où l’ 8-:3 #9 8(:4 ;  " 9 84:4 ; Sur l’ensemble de la période 1968térogénéité géographiq 1999, l’augmentation de l’activité fémides taux d’activité a sen nine a été plus forte dans la région (+28 blementdiminué. Cepe /012  0 (--3 points) qu’au niveau national (+26 dant,une ligne de cliva            points). Jusqu’en 1982, le taux d’activitéallant de la vallée de l’Oi des Picardes a convergé plus rapidementen partant de Paris vers le vers le niveau national que la France deNord jusqu’à la vallée de la Serre (nord(85,2%), où le taux d’aprovince. En 1982, 61,4% des Picardesde Laon) est apparue. Les territoires simes a le plus diminué depuis 1968. À entre 20 et 59 ans étaient actives contretués à l’ouest et au nord de cette fronl’opposé, on trouve les zones d’emploi seulement 60,2% en France de province,tière, connaissent un recul relatifde Beauvais, ChâteauThierry et du le niveau s’établissant à 62,1% au niveauconstant depuis 1982 des taux d’actiSanterreOise avec un taux de 92%. national. L’essentiel du rattrapage de l’acvité féminins et en particulier de celuiEn 1968, les hommes entraient sur tivité des femmes a eu lieu avant 1982 :des femmes âgées de 25 à 39 ans. Lesle marché du travail, très jeunes. Ainsi, le taux d’activité des Picardes étant alorszones situées dans les vallées, ainsile taux d’activité des hommes âgés de inférieur, en 1982, de moins d’un pointqu’au sud et à l’est de cette ligne, n’ont15 à 19 ans s’élevait à 50,4% et celui de par rapport à la moyenne nationale. Cepas connu de recul comparable.ceux âgés de 20 à 24 ans à 89,3%. En pendant en 1999, cet écart avec la1999, ces taux ne sont plus respective France est plus important de 2 pointsment que de 11,9% et 64,5%. Le taux d’activité masculin : (respectivement 72,4% et 74,4%). Sile taux d’activité des hommes âgés encore supérieur En 1999, c’est désormais dans l’Oisede 50 à 54 ans est demeuré stable entre à la moyenne nationale que les femmes sont les plus actives, les1968 et 1999, il a nettement diminué pour taux y sont proches de la moyenne natioDe 1968 à 1999, l’activité des homles tranches d’âge supérieures. Pour les nale. L’activité féminine a aussi progressémes âgés de 20 à 59 ans a baissé en5559 ans, il est passé de 83% à 70% et dans l’Aisne, se rapprochant de celle dePicardie comme en France : respectipour les 6064 ans, en raison de l’abais la Somme.vement 4,3% et 3,2%. La baisse estsement de l’âge de la retraite, de 66% à Seules les trois zones leslus mérila lus rononcéedans la Somme :12%. di Letaux d’activité des hommes âgés la de55 à 59 ans est cependant plus élevé z en1999 qu’en 1990 (+3,5 points). En ef fet, les plans sociaux ont été moins im d’ portantsdurant la dernière décennie que lors des années 80 et la population âgée de 55 à 59 ans est aussi moins nom breuse ; seule la zone d’emploi de Chauny connaît depuis 1982 une moin dre activité persistante à ces âges.
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Forte baisse du taux d’activité des jeunes adultes depuis 1982
Le taux d’activité des jeunes adultes (17 à 24 ans) a beaucoup diminué de puis 1968 en Picardie comme en France. Ce taux est passé de 69,6% à 40,3% de 1968 à 1999 dans la région. Cet inflé chissement se situe notamment à partir du début des années 70 en France et après 1975 en Picardie. C’est surtout à partir de 1982 que l’on observe une
baisse significative du taux d’activité des jeunes adultes en Picardie. Le taux d’activité des femmes âgées de 20 ans a nettement chuté depuis 1968 ; de 68% à cette date, il a progressé jus qu’en 1975 de 2 points puis baissé de 5 points en 1982, avant de diminuer par la suite pour atteindre 29,8% en 1999. En effet, avec notamment la poursuite des études, les femmes arrivent plus tard sur le marché du travail. Cependant, des disparités infr gionales existent. Ainsi, la zone d ploi d’Amiens est la zone picarde taux d’activité des jeunes est la ble en 1999 (31,4%) comme 1968 (66,1%). Ce taux se situe en dessous de la moyenne r et nationale en 1999 (respect 40,3% et 39%). Cet écart n’ de 3,5 points en 1968. En raiso pôle universitaire, la zone d’Amiens se distingue par une portante des jeunes de 17 à 24 à la naissance de l’Université de die en 1970. Autre zone d’empl taux d’activité des 1724 ans est moyenne picarde : Compiègne, néficie depuis 1972 de la prése l’Université de Technologie. À l’opposé, les zones d’emplo rurales comme le SanterreSom Vimeu et le SanterreOise ont le d’activité pour les jeunes adultes les p us élevés de la région: respectivement 48,2%, 47,2% et 46,4%. Mais la part des jeunes adultes dans la population y est aussi plus faible. Le transfert de la population jeune vers les pôles univer sitaires entraîne une montée des taux d’activité dans la campagne et une baisse dans les pôles universitaires.
Nadine Viatte Jérôme Mathias
Pour en savoir plus
« Activité professionnelle des femmes : plus diplômées que les hommes mais plus pénalisées par leur situation familliale », INSEE PICARDIE Relais n°104 juillet 2002
www.insee.fr  espace "publications"
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Concepts et méthodes Effet de structure et taux d’activité comparatif :le calcul des contributions à l’écart à la moyenne nationale de la proportion d’actifs pour 1 000 habitants est réalisé pour chaque terri toire à l’aide des informations détaillées par sexe et âge (nombre d’habitants et nombre d’actifs) disponibles au cours de chaque recensement. Dans le calcul, les personnes âgées de plus de 80 ans (respectivement de moins de 15 ans) sont considérées comme formant une seule et même classe d’âge : les plus de 80 ans (respectivement les moins de 15 ans). La contribution relative liée à la différence de taux d’activité au niveau d’un territoire se déduit par une double sommation sur tous les âges et les deux sexes. La contribution à l’effet de structure se calcule par différence de l’évolution de la proportion d’actifs dans la population et de la contribution de l’effet taux. Population active :le concept de population active retenu dans cette étude a été harmoni sé pour tous les recensements, il s’agit de l’ensemble des individus ayant un emploi (actifs occupés) ou en recherche d’emplois (chômeurs au sens du recensement) et des militaires du contingent. Taux d’activité :c’est le pourcentage de personnes actives dans la population totale. Dans le cas d’un taux d’activité d’une classe d’âge, il s’agit du pourcentage des personnes actives dans cette classe d’âge. Champ métropole :en raison des problèmes liés à la collecte du recensement survenus en 1975 en Corse, le champ métropole retenu dans cette étude est le champ métropole hors Corse.
Institut National de la Statistique et des Études Économiques Insee Picardie Téléphone : 03 22 97 32 00 Télécopie : 03 22 97 32 01 Directeur de la Publication :Pascal SEGUINRédacteur en chef :Catherine LEPIN Maquette Insee Picardie  Impression YVERT Dépôt légal : août 2005  ISSN : 03963128  Code SAGE : IPR14862  N°1482005 Prix : 2,20Conditions d'abonnement : INSEE PICARDIE Relais (11 numéros) + INSEE PICARDIE Première (11 numéros minimum) 38© Insee 2005 Insee Picardie 1, rue Vincent Auriol 80040 AMIENS CEDEX 1Courriel : ventespicardie@insee.fr Renseignements statistiques:Téléphone 0 825 889 452 (0,15 euro/mn) Courriel inseecontact@insee.fr
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