Évolution de l'emploi entre 1990 et 1998 - La région retrouve son niveau d'emploi de l'année 1990

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L'emploi total en Haute-Normandie a pratiquement retrouvé son niveau de la fin de l'année 1989 alors qu'il a progressé de 0,9% en France. Cette stagnation de l'emploi dans la région est bien sûr liée au niveau de l'activité. Néanmoins, il apparaît clairement que la structure de l'emploi de la région conditionne plus qu'ailleurs son évolution.La Haute-Normandie compte en proportion plus de salariés qu'au plan national mais l'emploi salarié y a progressé deux fois moins vite. Les secteurs générateurs d'emplois sont encore mal représentés. La spécificité industrielle de la région tend à pénaliser globalement l'emploi régional. Mais ce n'est pas le seul déterminant de son évolution. Ainsi, l'industrie haut-normande a mieux résisté que l'ensemble de l'industrie française et le BTP est également moins touché. Les services, pour leur part, ont généré proportionnellement moins d'emplois en Haute-Normandie qu'en France et le commerce en a supprimé deux fois plus.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI CHÔMAGE
Évolution de l’emploi
entre 1990 et 1998
La région retrouve
son niveau d’emploi 11
de l’année 1990
n 1998, la Haute Normandie plois tandis que l’industrie en per-L’emploi total en
retrouve un niveau d’em- dait 22 300, l’agriculture 8 000, le Haute Normandie a
pratiquement retrouvé son Eploi comparable à celui de BTP près de 5 000 et le commerce
niveau de la fin de l’année 1990. Au cours de la décennie, les 3 400. La structure des emplois s’en
1989 alors qu’il a progressé créations d’emplois salariés ont est trouvée modifiée mais sa défor
de 0,9% en France. Cette peu à peu compensé les pertes mation au profit du tertiaire est
stagnation de l’emploi dans
d’emploi chez les non salariés moins prononcée dans notre régionla région est bien sûr liée au
( 11 000 emplois). Le secteur des qu’au niveau national. Plus de 70%niveau de l’activité.
services a créé plus de 38 000 em- des effectifs nationaux travaillent, Néanmoins, il apparaît
clairement que la structure
de l’emploi de la région
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI TOTAL DE 1975 À 1998conditionne plus qu’ailleurs
son évolution. La
En près d’un quart de Normandie a été région profitait de l’élan
Haute Normandie compte siècle, l’emploi total a particulièrement touchée national avec toutefois un
en proportion plus de progressé de près de 6% enpar la crise pétrolière de différentiel de croissance
France alors qu’il n’a pas 1979 et les restructurations de 1,8 point. L’emploisalariés qu’au plan national
dépassé son niveau de qui ont suivi. Durant cette régional s’est ensuitemais l’emploi salarié y a
1975 dans la région. période, l’emploi régional dégradé comme dans
progressé deux fois moins L’emploi régional a été n’a cessé de baisser, l’ensemble français
vite. Les secteurs marqué par une nette excepté en 1982, année de jusqu’en 1993. Il n’a que
tendance à la baisse créations d’emplois dans peu augmenté depuis cettegénérateurs d’emplois sont
jusqu’en 1988. Au plan le secteur public, pour date (+1 point) alors qu’ilencore mal représentés. La
national, cette tendance atteindre son point bas à a progressé de +2,7 points
spécificité industrielle de la s’est inversée dès le milieu la fin de l’année 1987. en France sur la même
région tend à pénaliser des années 1980. Dès lors, L’année suivante, la période.
la croissance de l’emploiglobalement l’emploi
s’est accrue sous l’effetrégional. Mais ce n’est pas
du contre choc de 1988
le seul déterminant de son
jusqu’au début de la 106
évolution. Ainsi, l’industrie décennie 90. La situation France
de l’emploi s’est àhaut normande a mieux 104
nouveau dégradée aprèsrésisté que l’ensemble de
la crise irakienne
102l’industrie française et le BTP
jusqu’en 1993 où la
Haute Normandieest également moins France accusait une
100croissance négative.touché. Les services, pour
Depuis, l’emploileur part, ont généré
national s’inscrit dans 98proportionnellement moins
une tendance à la hausse
d’emplois en confortée par la reprise
96
initiée en 1997.Haute Normandie qu’en 1975 1980 1985 1990 1995 1998
L’évolution de l’emploiFrance et le commerce en
régional est plus Unité : base 100 au 1er janvier 1975 Source : INSEE a supprimé deux fois plus.
Estimations d’emploicontrastée. La Haute
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999EMPLOI CHÔMAGE
en 1997, dans le commerce ou les
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI PAR RÉGION DE 1990 À 1998services, à peine un quart dans l’in-
dustrie et la construction. En
EMPLOI TOTAL
Haute-Normandie, ces deux sec-
Corseteurs concentrent encore 30% des
Languedoc Roussillon
Alsaceeffectifs régionaux, le tertiaire occu-
Midi Pyrénées
Pays de la Loirepant deux tiers des emplois. Cette
Bretagne
Aquitainespécificité régionale rend la Haute
Rhône Alpes
Normandie globalement moins Picardie
Nord Pas de Calais
créatrice d’emploi. France métropolitaine
Poitou Charentes12 La région a perdu, en propor- Provence Alpes Côte d’Azur
Franche Comté
tion, moins d’emplois non salariés Basse Normandie
Haute Normandieque la France ( 14,8% contre -16,4% Centre
Bourgogneen France). Le différentiel de
Lorraine
Auvergnecroissance, de 1,6 point, provient
Ile de France
Champagne Ardenneprincipalement d’évolutions plus
Limousin
4 2 0 2 4 6 8 10favorables dans notre région que
dans le reste du territoire (1,3
point) mais aussi d’une réparti
EMPLOI SALARIÉtion sectorielle de l’emploi non
Corsesalarié probablement plus équili
Languedoc Roussillon
Bretagnebrée (l’effet de structure entrant
Midi Pyrénées
Pays de la Loirepour 0,3 point). Le recul de l’em
Aquitaine
Poitou Charentesploi non salarié touche en premier
Alsace
Basse Normandielieu les exploitants agricoles, le
Rhône Alpes
Picardiesecteur secondaire et le com-
Limousin
merce. Les emplois non salariés Provence Alpes Côte d’Azur
France métropolitaine
des services progressent, quant à Nord Pas de Calais
Auvergne
eux, de 1,7%. Franche Comté
Centre
Bourgogne
Haute Normandie
Lorraine
Champagne ArdenneL’emploi salarié : les secteurs
Ile de France
2 0 2 4 6 8 10 12 14 16traditionnels résistent mieux
qu’en France
EMPLOI NON SALARIÉ
Depuis le début de la décennie,
Alsace
Rhône Alpesl’emploi salarié français a progressé
Languedoc Roussillon
Corsede 3,5%. Dans la région cette
Picardie
Bourgognehausse n’est que de 1,8%. L’écart de
Haute Normandie
croissance, de 1,7 point tient pour Champagne Ardenne
Franche Comté
1,1 point à des évolutions moins fa Lorraine
France métropolitaine
vorables dans la région. Il est dû, à Ile de France
Provence Alpes Côte d’Azur
hauteur de 0,6 point, à la réparti- Nord Pas de Calais
Aquitainetion sectorielle de l’emploi salarié. Poitou Charentes
Midi PyrénéesSi, à structure d’emploi compara-
Centre
Bretagneble, la région avait suivi les tendan
Pays de la Loire
Auvergneces nationales depuis le début de la
Basse Normandie
Limousindécennie, elle compterait en 1997
30 25 20 15 10 5 0
près de 9 800 salariés en plus. L’ef
fectif salarié de l’agriculture serait Unité : % Source : INSEE Estimations d’emploi au 1er janvier
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999EMPLOI CHÔMAGE
ÉVOLUTION DE LA CRÉATION D’EMPLOIS EN HAUTE NORMANDIE ENTRE 1990 ET 1998
Agriculture
10
Industrie
Construction
Commerce8
Services
6
4
2 13
0
2
4
6
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 (1)
Unité : Millier d’emplois Source : INSEE Estimations d’emploi au 1er janvier
(1) Estimations semi définitives
supérieur de 2 700 postes, le com
STRUCTURE DE L’EMPLOI TOTAL EN HAUTE NORMANDIE
merce et les services compteraient
près de 37 700 emplois supplémen 1990 1997
Agriculture Agriculturetaires tandis que l’industrie et le 3,5%4,7%
BTP en auraient perdu plus de Industrie
Industrie
27,2%
23,8%30 500.
Construction
6,3%
Services Construction
Services7,1%Effets de structure 48,0% Commerce 53,9%
12,5 %Commercese conjuguent 13,0%
avec évolutions sectorielles
Unité : % Source : INSEE Estimations d’emploi au 1er janvier
Si l’emploi salarié de la région
avait connu, secteur par secteur, la faiblesse de la création nette d’em- gion car il apparaît que l’industrie
même évolution que la tendance ploi salarié relève à la fois d’effets dehaut normande a mieux résisté que
structure et d’évolutions moins favo l’industrie française (1 400 emploisnationale, compte tenu de sa struc-
ture propre en 1990, il aurait pro- rables. Elles montrent surtout que ce maintenus, soit 0,9 point de crois-
gressé de 2 500 postes supplémen moindre dynamisme de l’emploi sa sance). De même, le BTP est parvenu
larié provient davantage d’une rela à maintenir plus de 2 800 emploistaires. Sous cette hypothèse, le
secteur secondaire aurait perdu tive morosité dans les secteurs créa (7,3 points de croissance). En revan
4 200 emplois en plus et les créa- teurs tels que le commerce et les che, le déficit d’emplois mesuré par
tions d’emploi dans le tertiaire se- services que de destructions massi- les écarts entre l’évolution nationale
raient supérieures de 5 200. L’agri ves dans les secteurs traditionnels et l’évolution régionale atteint 3 800
culture compterait, quant à elle, tels que l’industrie et le BTP. Ce pour les services (1,3 point) et 1 400
1 500 salariés de plus. Ces deux hy constat permet de nuancer le déclin pour le commerce (2 points)
pothèses tendent à montrer que la de l’emploi industriel dans la ré-
Christian CAMESELLA
AVAL 85 2e TRIMESTRE 1999

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