Evolution de l'emploi non salarié en Haute-Normandie : Un emploi non salarié sur cinq a disparu en neuf ans

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Les agriculteurs, artisans et commerçants sont moins nombreux en 1999 qu'en 1990, à la différence des professions libérales et des professions intermédiaires indépendantes. Le "vieillissement" des actifs non salariés touche tous les métiers à l'exception des agriculteurs. Au sein de cette population d'actifs non salariés (indépendants, employeurs et aides familiaux selon la nomenclature officielle des catégories socioprofessionnelles), dans chaque activité, les indépendants laissent progressivement la place aux petits employeurs, et les moins qualifiés aux plus qualifiés. Lire l'article pages 1 à 3
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 13 - Mars 2002
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI NON SALARIÉ EN HAUTE-NORMANDIEATTENTION, STATISTIQUES !
De 1990 à 1999, l’âge des membres des Un emploi non salarié
professions libérales a fortement augmen-
té, alors que celui des agriculteurs a sur cinq a disparu en neuf ans
diminué.
Un homme de bon sens comprendra qu’en
Martial MAILLARD
9 ans une catégorie sociale ait pris de l’âge,
mais il lui semblera moins évident qu’elle sines du nord et de l’est du bassin pari-Les agriculteurs, artisans et
ait rajeuni de 6 ans ! sien. Elle est néanmoins inférieure à lacommerçants sont moins
Pour le statisticien (qui peut être aussi, moyenne nationale (11,8%). En neuf ans,
nombreux en 1999 qu’en 1990, à
parfois, homme de bon sens), le paradoxe l’emploi non salarié a reculé un peu plus
la différence des professionsn’existe pas. Si l’âge moyen d’une catégorie en Haute-Normandie (-20,4%) qu’au
socioprofessionnelle diminue, c’est soit libérales et des niveau national (-16,5%). L’ampleur de
parce que les plus âgés ont disparu (par intermédiaires indépendantes. Le cette diminution est similaire à celle de
départ ou par décès), soit parce que des “vieillissement” des actifs non régions proches (Picardie,
jeunes sont arrivés en masse, soit un mé-
Nord-Pas-de-Calais, Centre, Chamsalariés touche tous les métiers à -
lange des deux. S’agissant des agriculteurs,
pagne-Ardenne) mais reste inférieure àl’exception des agriculteurs. Auon a assisté à de nombreux départs de per-
celle de la Basse-Normandie, région où
sein de cette population d’actifssonnes âgées et à quelques arrivées de
elle est la plus marquée.
personnes jeunes. non salariés (indépendants,
L’évolution du nombre d’actifs non sa-En ce qui concerne les professions libéra- employeurs et aides familiaux
lariés a cependant été différente selon
les, dont la moyenne d’âge était plutôt
selon la nomenclature officielle les statuts. Parmi les trois statuts d’actifs
basse en 1990, on a vu peu de départs de
des catégories non salariés (indépendant, employeur,travailleurs âgés ; les deux mouvements
socioprofessionnelles), dans aide familial), seuls ceux d’indépendantqui ont joué sont donc le «vieillissement
et d’employeur se rapportent à l’exploita-naturel» des individus (+9 ans) et, dans chaque activité, les indépendants
tion d’une entreprise. En effet, le rôle desl’autre sens, l’arrivée de travailleurs jeunes. laissent progressivement la place
aides familiaux se limite à collaborer auC’est dans les prochaines années que par- aux petits employeurs, et les
sein d’une structure dirigée par un actiftiront des travailleurs plus âgés.
moins qualifiés aux plus qualifiés.
De la même manière, si on constate que le lui-même comptabilisé comme indépen-
niveau de formation des agriculteurs a for- dant ou comme employeur. De ce fait, le
u recensement de population detement augmenté entre 1990 et 1999, ce champ des indépendants et employeursA1999, la Haute-Normandien’est pas parce que les agriculteurs ont sera retenu ici pour analyser les caracté-
compte 64 000 emplois non salariés, soitrepris leurs études ; c’est simplement parce ristiques socioéconomiques des actifs
que les anciens - peu diplômés - sont 9,6% de l’emploi total. Cette proportion non salariés.
partis, et que les nouveaux, qui sont peu est comparable à celles des régions voi- Les indépendants ont subi une forte
nombreux, sont bien plus diplômés. érosion de leurs effec-
VARIATION DE L’EMPLOI NON SALARIÉ DE 1990 À 1999Seul un statisticien peut affirmer sans plai- tifs : de 39 800 en 1990,
santer qu’«en 9 ans, les agriculteurs ont ra-
Alsace leur nombre n’est plus
jeuni de 6 ans». Ile-de-France
que de 29 000 en 1999
Provence-Alpes-Côte d’Azur
Jean LEMATTRE Rhône-Alpes (-27,1%). Parallèlement,
Chef du service des études et de la diffusion Languedoc-Roussillon
le nombre d’employeurs
Corse
Franche-Comté a connu une croissance
France métropolitaine
notable (+21,8%), soit
Lorraine
Aquitaine près de 5 300 person-
Midi-Pyrénées
nes. Dans le mêmeChampagne-ArdenneS O MM A IRE
Picardie temps, les aides fami-
Nord-Pas-de-Calais
liaux se raréfient. Ils neCentre
EMPLOI
Pays de la Loire sont plus que 6 000
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI NON SALARIÉ
Haute-Normandie
EN HAUTE-NORMANDIE contre 16 900 neuf ansBourgogne
Un emploi non salarié
Auvergne auparavant (-64,5%). Sisur cinq a disparu en neuf ans . . . . . . . . . . . . . . 1
Poitou-Charentes
les effectifs des indépen-Bretagne
Limousin dants et des aides fami-
ANALYSES CONJONCTURELLES Basse-Normandie
liaux ont décru au même
PREMIER BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2001 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0
EN HAUTE-NORMANDIE rythme en Haute-Nor-
Une activité sans éclat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unité : %
EMPLOILES ACTIFS NON SALARIÉS (1) SELON L’ÂGE ET LA CATÉGORIE SOCIOPROFESSIONNELLELES STATUTS D’ACTIFS
NON SALARIES
800
Les indépendants exercent leur activité seuls
1990
ou éventuellement aidés par un membre de
600
AGRICULTEURSleur famille (aide familial). Les employeurs
exercent leur activité avec la collaboration
400
des salariés qu’ils emploient, et éventuelle-
ment d’un aide familial. Les aides familiaux 1999
200
assistent, sans être salariés, un membre de
leur famille qui est lui-même établi à son
0
compte (indépendant ou employeur). 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75
800
1990 1999mandie qu’en France métropolitaine, la
600
croissance du nombre d’employeurs a été
moins dynamique dans la région (+21,8% 400
ARTISANS
contre +36,3%).
200
0
LES PETITES STRUCTURES 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75
DISPARAISSENT AU PROFIT D’UNITÉS
800
PLUS IMPORTANTES
1990
600
En 1999, la Haute-Normandie
1999
compte 16 600 artisans (-5,5% par rap- 400COMMERÇANTS
port à 1990), 15 600 commerçants
200(-10,5%) et 10 800 agriculteurs (-31,2%).
Dans ces activités, les petites structures
0
connaissent les évolutions les plus défa 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75-
vorables. Le nombre de petites exploita-
400
tions agricoles a diminué de 62,6%, tan-
1990 1999
PROFESSIONSdis qu’il s’est accru de 4,7% pour les
200
LIBÉRALES
exploitations au-delà de ce seuil. Ainsi,
les premières représentent 30% de l’en 0- 75
semble en 1999 contre 54% en 1990. La
disparition progressive des petites ex-
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unité : actif non salarié
(1) hors emplois familiauxploitations, souvent tenues par les plus
âgés, explique le fort rajeunissement des
et compte maintenant 2 700 unités ; celui tions avec salariés progressaient deagriculteurs, dont l’âge médian (1), de 46
ans en 1999, s’est réduit de six ans sur la des prestataires de services, avec 4 000 35,2%. Le mouvement est de même na-
établissements aujourd’hui, a augmenté ture dans le commerce : les grandes surpériode. -
d’un tiers. faces à dominante alimentaire ou spéLa diminution du nombre de commer --
L’artisanat perd lui aussi du terrain, cialisées continuent à se substituer auçants est concentrée sur les petites
principalement dans le bâtiment qui a commerce indépendant.structures qui emploient deux salariés au
plus. Un petit commerce sur trois et un perdu 14,6% de ses effectifs non salariés Les autres catégories socioprofes-
et compte 5 800 entrepreneurs. L’artisa sionnelles non salariées se développentpetit café ou café-tabac sur quatre a dis- -
nat alimentaire chute globalement de et constituent un quart des indépendantsparu en neuf ans. La région en compte
8,3%, surtout à cause de la disparition et employeurs. Le développement desrespectivement 5 600 et 1 000 en 1999.
d’un boucher ou d’un charcutier sur préoccupations liées à la santé a bénéfiAvec près de 1 800 établissements, les -
restaurants employant deux salariés au quatre. cié aux professions médicales (+10,3%),
Ces évolutions sont à rattacher à la fortes de 4 700 membres et représentantplus résistent. Le déclin de l’emploi non
transformation du système productif. Les 71% des professions libérales.salarié dans le commerce est amorti par
petites structures cèdent progressivela création de structures de plus grande -
ment la place à des unités plus importantaille. Ainsi, entre 1990 et 1999, le -
nombre de commerces employant de tes, mais en nombre inférieur. Dans LES INDÉPENDANTS
l’agriculture, le coût du matériel ne peut ET EMPLOYEURS VIEILLISSENTtrois à neuf salariés s’est accru de moitié
s’amortir que sur des exploitations tou-
(1)âge qui répartit les actifs en deux groupes, les membres du
jours plus grandes. En neuf ans, le La structure d’âge des indépendantspremier ayant un âge inférieur à l’âge médian, ceux du second
un âge supérieur. Cet indicateur de tendance centrale présente nombre d’exploitations sans salarié a di et employeurs de Haute-Normandie est-
l’avantage de ne pas être sensible aux valeurs extrêmes, à la
différence de l’âge moyen. quasiment identique à celle de la France.minué de 43,3%, tandis que les exploita-
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 13 - Mars 2002L’évolution de l’âge médian, passé de 44 8% en 1990, 15% d’un baccalauréat tisanat, forte croissance des professions
à 46 ans en neuf ans, traduit un vieillisse (10% en 1990), et 8% d’entre eux sont di libérales.- -
ment de ces actifs. Les indépendants et plômés de l’enseignement supérieur. Le
employeurs sont globalement plus âgés mouvement est de même nature, bien
que les salariés, dont l’âge médian est que de moindre ampleur, chez les arti- LES PROFESSIONS
de 38 ans et demi en 1999, soit deux ans sans, commerçants et chefs d’entrepri NON SALARIÉES-
de plus qu’en 1990. Les pyramides des ses. En 1999, 22% des artisans possè DU COMMERCE SE DÉVELOPPENT-
âges par catégorie socioprofessionnelle dent un BEP ou un baccalauréat contre
confirment le vieillissement de chacune 15% en 1990, la proportion de titulaires Les professions non salariées en ex-
d’entre elles, à l’exception toutefois des d’un certificat d’aptitude professionnel pansion notable relèvent souvent du
agriculteurs. Leur rajeunissement résulte (CAP) restant stable à 45%. Chez les commerce. Les prestataires de services,
de nombreux départs à la retraite, dans professions libérales et les professions qui comprennent notamment les activités
la mesure où plus d’un agriculteur sur intermédiaires indépendantes, où le di de conseil et d’assistance en informa- -
deux (54,3%) était âgé de plus de 50 ans plôme est souvent une condition légale tique, effectuent une percée notable en
en 1990. En 1999, la répartition par âge nécessaire à l’installation, la progression raison des politiques d’externalisation
est relativement uniforme. Entre 30 et 60 du niveau de qualification est beaucoup des emplois mises en œuvre par les en-
ans, les effectifs varient peu à chaque moins accentuée. treprises. Ils sont deux fois plus nom-
âge. Les effectifs devraient donc se stabi breux en 1999 qu’en 1990, avec 1 000-
liser à l’avenir. actifs non salariés supplémentaires. Bien
La forme et l’évolution des pyramides DES ÉVOLUTIONS que l’emploi non salarié commercial ait
des âges des artisans, commerçants et CONTRASTÉES reculé en Haute-Normandie d’environ
professions libérales sont comparables. SELON LES ZONES D’EMPLOI 10% sur cette période, le développement
Les classes d’âge les plus nombreuses des réseaux de franchise explique la
sont celles des 45 à 55 ans, alors que L’emploi des indépendants et em croissance des commerces employant-
c’était le cas des 35 à 45 ans auparavant. ployeurs est en déclin dans l’ensemble de trois à neuf salariés. L’implantation ré-
Le vieillissement de certaines profes des zones d’emploi haut-normandes, à cente de nombreux supermarchés dans-
sions, à l’image des infirmières libérales l’exception de celle d’Évreux où il a pro les bourgs ruraux illustre cette évolution.-
dont l’âge médian est passé de 35 à 42 gressé de 0,9%. Dans les zones d’emploi Ainsi, en 1999, la région compte 600 dé-
ans en neuf ans, est marqué. L’environ les plus rurales, des pertes d’effectifs taillants en alimentation et 400 détail- -
nement économique de la décennie doubles de la moyenne régionale sont lants et grossistes en produits non ali-
1990 (faible croissance, politique de maî fréquentes. Dans ces zones, l’agriculture mentaires de plus qu’en 1990.-
trise des dépenses de santé, atonie de la est la principale source d’emplois non Les autres professions non salariées
construction, poursuite à un rythme éle salariés, mais ce secteur y a, comme ail en expansion ont profité de la hausse du- -
vé de l’expansion des grandes surfaces leurs, perdu un actif non salarié sur trois. niveau de vie moyen qui a étendu leur
commerciales) a réduit les opportunités Cette évolution s’accompagne d’un recul marché potentiel. La vogue des soins
d’installation. Il est à l’origine de la rela de l’artisanat et du commerce dans les personnels explique l’augmentation du-
tive faiblesse des classes d’âge jusqu’à zones de la Vallée de la Bresle et de Ver nombre de coiffeurs de 500 actifs non sa- -
45 ans. neuil-sur-Avre. La zone d’emploi de Ber lariés en neuf ans. Dans le même temps,-
nay se caractérise à la fois par un déclin les professions artistiques telles que les
de l’emploi non salarié dans l’artisanat et décorateurs et les photographes ont vu
LA PROGRESSION une nette progression dans le com le nombre de leurs membres doubler. La-
DES NIVEAUX DE FORMATION merce. L’emploi non salarié commercial diffusion des dispositifs automatiques
PROFITE ESSENTIELLEMENT est en déclin marqué à Fécamp et dans dans la production comme dans la
le Pays de Bray. La proximité du marché sphère domestique a permis à plus deAUX AGRICULTEURS
francilien bénéficie aux artisans des zo- 300 artisans spécialisés dans le travail
Comme pour les salariés, le renou nes de Vernon, Gisors et Évreux. Ils y des métaux et l’électromécanique de-
vellement des générations a contribué à sont en proportion plus nombreux et s’établir.
l’élévation du niveau de formation des in leurs effectifs résistent mieux qu’ailleurs. La plupart des professions libéra- -
dépendants et des employeurs, mais Le commerce dieppois est stimulé par les se sont développées. Dans le do-
avec une ampleur variable selon les ca- l’activité touristique. Les zones articulées maine de la santé, c’est le cas des mé-
tégories socioprofessionnelles. Les agri autour des pôles urbains de Rouen et du decins généralistes et des pharma- -
culteurs en ont particulièrement bénéfi Havre se singularisent par un effritement ciens, ainsi que de certaines profes- -
cié. Si 68% d’entre eux ne possédaient marqué du commerce associé à un ren sions paramédicales (rééducateurs,-
aucun diplôme ou le seul certificat d’étu forcement des professions libérales, no opticiens). De même, parmi les autres- -
des primaires en 1990, ils ne sont plus tamment juridiques. Le bon résultat de la professions libérales, le nombre d’avo-
que 37% dans ce cas en 1999. Cette zone d’Évreux résulte d’un faisceau cats, d’experts-comptables et d’ingé-
même année, 22% des agriculteurs sont d’évolutions favorables : baisse moins nieurs-conseils a progressé d’une cen-
titulaires d’un brevet d’enseignement forte qu’ailleurs du nombre d’agricul taine de membres par profession de- -
professionnel (BEP), contre seulement teurs, résistance du commerce et de l’ar puis 1990-
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 13 - Mars 2002 3
❑ANALYSES CONJONCTURELLES
NOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
PREMIER BILAN
SANS DOMICILE... ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2001
UNE RÉALITÉ POUR PLUS DE 86 000 PERSONNES
EN HAUTE-NORMANDIE63 500 adultes et 16 000 enfants, dont beaucoup en bas âge, consti-
tuent une grande partie de la population des personnes sans domicile
personnel. En y ajoutant les 6 500 personnes hébergées dans des cen-
tres d’accueil pour demandeurs d’asile, des centres de transit, etc. on Une activité sans éclat
peut estimer à 86 000 le nombre de personnes sans domicile utilisatri-
Francis COUVOUTces des services d’aide. Au mois de janvier 2001, 8% des sans-domicile
ont dormi dans un lieu non prévu pour l’habitation (cave, cage d’esca-
lier…) ou dans des lieux publics fermés (gare, métro…) ou ouverts (rue,
jardin public). 14% ont été hébergés dans des centres qu’ils ont dû quit n France, l’année 2001 aura été marquée par un ralen- -
ter le matin sans certitude de retrouver une place pour la nuit suivante E tissement de l’activité après une période de forte expan-
et 36% ont dormi dans des établissements accessibles en journée. sion. La progression en volume du produit intérieur brut (PIB)
L’hébergement en studio ou en appartement concernait 37% des est ainsi passée d’un rythme annuel moyen de +3% de 1998 à
sans-domicile et 5% étaient logés à l’hôtel. 2000 à +2,1% en 2001. Le ralentissement est venu d’un coup
Bien que diverses, les conditions de vie des sans-domicile se carac- de frein brutal des exportations passant d’une croissance de
térisent par la précarité et l’incertitude face au lendemain, traduites +13,4% en 2000 à moins de +2% en 2001. Les entreprises ont
dans le langage courant par l’expression « sans domicile fixe ».
réagi en réduisant leurs stocks et en suspendant leurs investis-
Hébergement et distribution de repas chauds : le cas des sans-domi- sements qui passent de +8,6% en glissement annuel fin dé-
cile / Brousse C. et La Rochère B. (de). - In : INSEE première. - N° 823 cembre 2000 à -0,2% un an plus tard. Les créations d’emploi
(2002, janv.) ; 4 p. ont alors fortement décéléré passant de +530 000 à +190 000,
provoquant un retournement du chômage qui devrait remonter
à 9,2% de la population active à la mi-2002. Apportant une forteMOINS D’ÉLÈVES DANS LE PRIMAIRE,
PLUS D’ÉTUDIANTS ET D’APPRENTIS contribution à la croissance, la consommation des ménages a
bien résisté (+2,9%) profitant d’une forte augmentation des re-Entre 1990 et 1999, les populations scolaires ont connu des évolu-
venus (+5%) conjointement à une augmentation des prix bientions contrastées nécessitant un aménagement permanent de la carte
maîtrisée (+1,4% en glissement annuel en décembre 2001scolaire.
après +1,6% un an plus tôt).Dans le premier et le second degrés, le nombre d’élèves a baissé
(respectivement -6% et -2,3% sur l’ensemble de la métropole). L’ap-
prentissage a connu en revanche un développement continu (+51%).
Dans l’enseignement supérieur, le nombre d’étudiants a augmenté de HAUTE-NORMANDIE :
près de 25%. LE TERTIAIRE ET LA CONSTRUCTION DOPENT L’EMPLOI
En Haute-Normandie, durant cette même période, le premier degré a
connu une baisse d’effectifs plus marquée en Seine-Maritime que dans Au cours de l’année 2001, 5 070 créations d’entreprises ont
l’Eure. Pour l’ensemble de la région, la baisse est supérieure à la été enregistrées en Haute-Normandie. Ce résultat, en baisse
moyenne nationale. Pour le second degré et l’enseignement supérieur, d’une vingtaine d’unités sur celui de l’année précédente
l’évolution est positive et même supérieure à la moyenne nationale pour
(-0,3%), est le plus faible des cinq dernières années. Cepen-
les effectifs d’étudiants. L’apprentissage, s’il connaît lui aussi une évolu-
dant, l’année avait commencé par un premier trimestre très po-tion positive, reste de niveau similaire au niveau national.
sitif, en hausse de +9% sur un an, mais les deux trimestres sui-
L’évolution des effectifs scolarisés / Ministère de l’Éducation natio- vants ont déçu et le quatrième n’a apporté qu’un progrès limité.
nale. - In : Géographie de l’école. - N° 7 (2001, oct.) ; p. 18-19
Les secteurs les plus dynamiques sont les services aux ména-
ges et les commerces-réparations. L’industrie et la construction
2 580 NOUVEAUX FRANÇAIS EN HAUTE-NORMANDIE reculent. Contrairement aux deux années précédentes, la
baisse est plus sensible parmi les reprises et les réactivationsEn 2000, 150 025 personnes étrangères ont acquis la nationalité
globalement en recul de -8%. La surprise viendrait plutôt desfrançaise. Ce chiffre est en progression de 2% par rapport à l’année
créations nouvelles qui augmentent de +6% et dont la part re-précédente.
monte de 3 points, atteignant ainsi les 59%. L’embellie a eu lieuC’est l’Ile-de-France et la façade méditerranéenne qui accueillent
principalement au premier trimestre et, dans une moindre meune large majorité de ces nouveaux Français. En effet, plus de 55% -
d’entre eux résident dans trois régions : Ile-de-France, Rhône-Alpes et sure, au quatrième. Elle est cependant réservée à la Seine-Ma-
Provence-Alpes-Côte d’Azur. ritime car les chiffres de l’Eure sont les plus bas des dix derniè-
En Haute-Normandie, ce sont 2 580 personnes qui sont devenues res années. Dans l’ensemble, il s’agirait plutôt d’un rattrapage
françaises en 2000, ce qui représente 1,7% du total des acquisitions. car la région fait moins bien qu’au niveau national, lequel enre-
Notre région se place ainsi au 14ème rang des 22 régions gistre une hausse de +10% de créations nouvelles avec une
métropolitaines. part qui dépasse les 65% depuis deux ans.
Les acquisitions de nationalité française en 2000 / Ministère de la jus Selon les statistiques provisoires de l’UNEDIC, l’emploi salarié-
tice ; Ministère de l’emploi et de la solidarité. - In : Études et statisti- en Haute-Normandie dans les secteurs marchands non agricoles
ques justice. - N° 18 (2001, déc.) ; 67 p. a progressé sur un rythme soutenu de près de +4% en glissement
Nelly LANNEFRANQUE, Florence PIMENTA annuel tout au long de l’année 2000 avant de ralentir au printemps
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 13 - Mars 2002ANALYSES CONJONCTURELLES
2001. Le tertiaire et la construction se montrent de loin les sec des effectifs est la même que celle de l’ensemble de l’industrie-
teurs les plus dynamiques, mais l’industrie se maintient sur un manufacturière.
rythme légèrement positif et à peu près stable. L’activité dans l’automobile a connu un rythme d’activité
Après être passé par un minimum vers le mois d’avril 2001, soutenu au 1er semestre 2001 avant de freiner assez brutale-
le chômage est reparti à la hausse. Fin septembre 2001, le ment au second. En fin d’année, la demande se montre plus dy-
nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 inscrits en namique que dans les autres secteurs, ce qui redonne de la vi-
Haute-Normandie s’élève à 74 820 (en données CVS). Sur un gueur aux perspectives de production comme le confirme une
an, il demeure encore en recul de -4% mais, sur un trimestre, il reprise des embauches.
regagne +6%. Les plus touchés par cette résurgence sont les En 2001, les immatriculations de véhicules particuliers
jeunes de moins de 25 ans mais, fait significatif, les inscriptions neufs progressent de 3% en Haute-Normandie et se situent à
des hommes de 25 à 49 ans progressent elles aussi de +5% en leur meilleur niveau depuis 1996 avec près de 57 000 immatri-
un trimestre. L’augmentation est légèrement plus forte dans culations. Néanmoins, ce bon résultat doit être relativisé car la
l’Eure qu’en Seine-Maritime. Par ailleurs, le nombre de deman progression est plus rapide au niveau national (+6%) où il fau- -
deurs d’emploi de catégorie 6 (exerçant une activité réduite) drait remonter avant 1993 pour trouver un nombre total supé-
maintient une tendance à la baisse. rieur. La part de la Haute-Normandie ne cesse donc de décliner
Ainsi, fin septembre 2001, le taux de chômage régional, au depuis une dizaine d’années. La part des gazoles a augmenté
sens du BIT, s’établit à 10,9% de la population active en don de sept points en Haute-Normandie comme en France ; elle at- -
nées CVS, soit une baisse d’un demi-point sur un an. L’écart teint près de 61% dans la région contre 56% en France. De
avec la France reste de deux points plus élevés en Haute-Nor même, avec 34% de voitures neuves étrangères contre 40% au-
mandie qu’au niveau national. L’Eure maintient un avantage de niveau national, la région résiste mieux que la France en géné-
plus d’un point sur la Seine-Maritime (9,3% contre 11,6%). Les ral à la pénétration des marques étrangères. Le changement de
zones d’emploi les plus touchées sont toujours celles de la fa législation concernant le changement de millésime qui passe-
çade maritime. de juillet à janvier depuis l’année 2000 a supprimé le creux des
ventes de véhicules qui avait lieu en mai et juin. Comme en
1999, l’Eure se montre un peu plus dynamique que la
INDUSTRIE : UNE ACTIVITÉ TROP CALME Seine-Maritime. Les gazoles y sont plus nombreuses avec six
points d’écart mais les marques étrangères sont un peu moins
En Haute-Normandie, faisant suite au déclin amorcé au 2e fréquentes.
semestre 2000, la baisse du rythme d’activité dans l’industrie
s’est poursuivie tout au long de l’année 2001. Les carnets de
commandes sont allés en s’amenuisant et tombent en fin BÂTIMENT : DYNAMISME DANS L’ENTRETIEN
d’année à des niveaux inférieurs à ceux du creux du début ET L’AMÉLIORATION DE L’HABITAT
1999. Tous les secteurs sont touchés. Les tendances des effec-
tifs suivent à nouveau une tendance à la baisse. Néanmoins, un Après les niveaux exceptionnels atteints au milieu de
certain rebond apparaît en fin d’année dans les perspectives de l’année 2000, l’activité dans le bâtiment haut-normand s’est
production pour les prochains mois. stabilisée avant de ralentir en fin d’année 2001. L’abaissement
L’agro-alimentaire (IAA) a subi les conséquences de l’em de la TVA sur les travaux d’entretien et d’amélioration de l’habi- -
bargo qui a frappé les exportations de certains produits agrico tat n’est certainement pas étrangère à cette bonne tenue de-
les français au 1er semestre. Au 2e semestre, les IAA profitent l’activité qui a permis de prendre le relais d’une demande de
de la perspective des fêtes de fin d’année pour retrouver un cer bâtiment neuf en perte de vitesse après l’expiration des mesu- -
tain dynamisme avec une tendance passée des effectifs plutôt res incitatives gouvernementales. En effet, l’activité dans le lo-
bien orientée. gement neuf a nettement freiné au printemps 2001 en même
Les biens intermédiaires sont les plus touchés par le ralen temps que les perspectives générales d’évolution du secteur-
tissement économique. L’activité suit une tendance nettement basculaient. L’année 2001 se termine sur un rythme ralenti en
baissière depuis l’été 2000 et le déclin des effectifs accélère de général et des prévisions plus sereines. Néanmoins, la baisse-
puis l’été 2001. Les prévisions connaissent néanmoins un cer des effectifs s’est accélérée, ce qui n’exclut pas de nouvelles-
tain rebond en fin d’année qui devrait se concrétiser en début embauches dans les prochains mois car les difficultés à recru-
d’année 2002. ter du personnel qualifié subsistent.
Les biens d’équipement ont été touchés plus tardivement. Au printemps, le gros œuvre a été le plus touché par la fai-
La tendance passée de la production suit une pente aussi né blesse de la demande de logements neufs. L’année se termine-
gative que celle des biens intermédiaires mais celle des carnets néanmoins dans des conditions assez satisfaisantes grâce à
de commandes est plus stable. Les perspectives de production des carnets de commandes suffisamment garnis. Les réduc-
à court terme demeurent orientées à la baisse. Les effectifs qui tions d’effectifs ne cessent d’avoir lieu depuis plus d’un an.
avaient été renforcés au printemps déclinent à nouveau. Le second œuvre a connu une activité soutenue pendant la
Après avoir atteint un niveau exceptionnel vers la rentrée majeure partie de l’année, entraînée par la demande dans l’en-
2000, l’activité dans les biens de consommation a retrouvé un tretien et l’amélioration. Un ralentissement n’est apparu qu’en
rythme plus calme en début d’année 2001. Le ralentissement fin d’année avec des carnets de commandes dégarnis. Il s’est
n’est devenu manifeste qu’au 2e semestre avec la baisse de la accompagné d’une réduction des effectifs sensible dans tous
demande et un alourdissement des stocks. La tendance passée les sous-secteurs, faisant ainsi baisser les pourcentages de ca-
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 13 - Mars 2002 5ANALYSES CONJONCTURELLES
pacité de production inemployée. En revanche, les entreprises COMMERCE EXTÉRIEUR : DES EXPORTATIONS
intensifient leurs investissements. Avec des carnets de com EN PERTE DE VITESSE-
mandes bien garnis, le sous-secteur de la charpente-couver-
ture est celui qui termine l’année 2001 dans les meilleures Après une année 2000 marquée par une brusque accéléra-
conditions. Les perspectives générales y restent néanmoins tion des importations haut-normandes (en hausse de plus de
prudentes. L’activité dans les travaux d’installation a été sou 40%), l’année 2001 a commencé par une décélération des im- -
tenue au 1er semestre avant de ralentir au 3e trimestre et de portations, en partie due aux anticipations d’une baisse des
freiner au 4e, suite à une faiblesse de la demande aussi bien cours de pétrole brut et de la demande intérieure française. Le
dans le neuf que dans l’entretien-amélioration. Les travaux de ralentissement est allé jusqu’à un recul sur un an au 3e tri-
finition enregistrent une activité moyenne en 2001, le 3e tri mestre dans tous les grands secteurs. Au total, en année glis- -
mestre s’étant révélé de loin le plus dynamique et l’année se sante, les importations haut-normandes augmentent de 15%
termine avec des carnets de commandes peu garnis. au 3e trimestre et s’élèvent à près de 20 milliards d’euros. A
En décembre 2001, le nombre des logements commencés contrario, dès le début de l’année 2001, les exportations témoi-
durant les douze derniers mois diminue autant en Haute-Nor gnent d’un ralentissement direct du commerce international et-
mandie qu’au niveau national (-2%) et s’élève à 6 690. Il se de la demande extérieure, manifeste dans les biens intermé-
situe donc assez loin des excellents niveaux de 1999 et 1998 diaires et les biens d’équipement. Les exportations de biens de
qui avaient profité des mesures incitatives gouvernementales consommation et des IAA résistent mieux et restent dynami-
en faveur de la construction. La baisse est imputable aux loge ques jusqu’à l’été. L’automobile enregistre aussi un bon 3e tri- -
ments individuels (-6%) car les logements collectifs sont en mestre 2001 par rapport au creux de l’année précédente. Cela
hausse de +4%. Par contre, les autorisations de logements paraît aussi le cas pour les produits de l’agriculture, ce qui com-
baissent sensiblement plus dans la région qu’au niveau natio pense un peu l’embargo qui les avait frappés au printemps. Au-
nal (-4% au lieu de -1%). Là aussi, les demandes de logements total, les exportations sur douze mois consécutifs progressent
individuels sont en perte de vitesse. En revanche, les surfaces de +2% en glissement annuel au 1er octobre 2001. Finalement,
de locaux commencés progressent de +9%, en partie grâce la balance commerciale dégage un solde négatif d’un demi-mil-
aux industriels. Les surfaces autorisées sont en recul de liard d’euros et un taux de couverture de 0,97 comme au niveau
-15% par rapport au total de l’année précédente qui se présen national (données brutes douanières FAB/CAF).-
tait comme le meilleur depuis une dizaine d’années. Par produit et par ordre d’importance, les principaux fournis-
seurs restent les producteurs de pétrole brut, l’Arabie Saoudite,
le Royaume-Uni et la Norvège qui totalisent à eux seuls pour ce
COMMERCE : DES VENTES DYNAMIQUES poste chaque trimestre plus du tiers de l’ensemble des importa-
DANS LES GRANDES SURFACES tions. Les produits importés qui viennent après sont les produits
À PRÉDOMINANCE ALIMENTAIRE de l’industrie automobile et les produits chimiques en caout-
chouc ou plastiques. Les principaux produits exportés sont
En 2001, le volume des ventes dans le commerce de gros d’abord des produits de l’industrie automobile devant les com-
n’a cessé de décliner et les prévisions de ventes ne font pas bustibles et carburants et les produits chimiques en caoutchouc
mieux, contrairement aux opinions exprimées un an aupara et plastiques, en majorité à destination des pays de l’Union-
vant. Les résultats de septembre et octobre sont jusqu’à pré européenne.-
sent les plus bas de ceux enregistrés au cours des trois derniè-
res années. Les ventes à l’étranger suivent la même évolution.
Les intentions de commandes tant en France qu’à l’étranger re PORTS : LE HAVRE POURSUIT SA PROGRESSION,-
culent également. Les difficultés de trésorerie vont en s’ampli DIEPPE SE RESSAISIT-
fiant et les augmentations de personnel se tarissent. Tous les
secteurs sont en perte de vitesse et présentent à peu près les En 2001, le port du Havre enregistre un nouvel accroisse-
mêmes caractéristiques que l’ensemble du commerce de gros. ment de son activité avec un trafic total de 69 millions de tonnes
Biens d’équipement et biens de consommation non alimentai (MT), hors avitaillement, soit une hausse de +2,2% après-
res paraissent avoir plus de difficultés à maîtriser le niveau de +5,6% en 2000. Face à la nécessité de renouveler les stocks et
leurs stocks. dans la perspective de marges de raffinage accrues, les impor-
Après une bonne fin d’année 2000, le volume des ventes du tations de pétrole brut longtemps contenues en 2000 accélè-
commerce de détail haut-normand a fluctué en 2001 et termine rent avec une hausse de +6% (après +0,3% en 2000). Comme
sur un creux en septembre-octobre avec des prévisions de ven elles représentent à elles seules près de 70% des entrées, il-
tes sensiblement plus orientées à la baisse que l’année précé s’ensuit une hausse de +2% de l’ensemble des importations,-
dente. Les deux composantes du commerce de détail enregis bien que la plupart des autres produits en vrac soient en recul-
trent des résultats différents. Les ventes sont dynamiques dans par rapport à l’année précédente, notamment le charbon
les grandes surfaces à prédominance alimentaire. Les effectifs (-30%). Les sorties sont un peu plus dynamiques et progres-
sont largement renforcés et les difficultés de trésorerie sont sent de +4%. De leur côté, les marchandises diverses et plus
quasi absentes. Au contraire, pour les autres commerces de dé spécialement les conteneurs apportent un sujet de satisfaction-
tail, l’année 2001 a été décevante. Le volume des ventes ne avec une hausse globale de +6% et un tonnage de 14,5 MT.
cesse de se dégrader et les difficultés de trésorerie s’accumu Cette progression justifie les efforts consentis pour l’ouverture-
lent. Néanmoins, les effectifs augmentent légèrement. du chantier Port 2000 qui table sur un doublement du trafic des
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conteneurs à l’horizon 2010. tracas aux éleveurs, semant le trouble chez les consomma-
Le port de Rouen connaît une évolution moins favorable et teurs. Les cours de la viande bovine chutent à nouveau. La dé-
enregistre un recul de -9% après -5% en 2000. Le trafic re cote est de l’ordre de 25% sur un an en avril 2001 pour les va- -
tombe au niveau des années 1997 et 1998 avec 20,7 MT. La ches et aurait pu être catastrophique sans les mesures prises.
baisse est imputable une nouvelle fois aux exportations de cé En revanche, les éleveurs de porcs et de volailles profitent en-
réales qui ne s’élèvent plus qu’à 5,5 MT contre 8,8 MT en 1999. partie d’un retournement de la demande en leur faveur. Les
Les exportations d’oléagineux sont également en net recul avec cours de la viande porcine sont montés jusqu’à 12,5 F/kg en
un tonnage divisé par quatre en deux ans. En revanche, les au mai 2001, puis se sont mis à baisser encore une fois au 2e se- -
tres vracs solides (sucre, malt, ...) progressent ou se maintien mestre. A cause des quotas imposés, la production de lait est à-
nent à leur niveau des années précédentes mais n’empêchent peu près stable, bien que le nombre de vaches laitières aillent
pas les exportations de diminuer de -7%. La baisse, encore plus en déclinant.
importante pour les importations (-12%), est à relativiser après Les mauvaises conditions climatiques ont nui aux produc-
le record de près de 10 MT en 2000. Les produits forestiers sont tions végétales aussi bien pour les semis de l’automne 2000
presque stables mais les produits ensachés (farines, sucre, que pour la récolte de l’été 2001. Globalement, les surfaces en-
malt, ...) déçoivent franchement (-28%). Un faible encourage semencées diminuent au profit des jachères, en augmentation-
ment vient cependant des conteneurs qui poursuivent leur pro de 4 000 hectares (ha). Pour le blé, les résultats sont très con- -
gression sur un rythme ralenti et atteignent presque les 1,2 MT. trastés et parfois proprement catastrophiques. La sole s’est
Le port de Dieppe se ressaisit avec un tonnage total de trouvée réduite de 19 000 ha (-8%) et, en moyenne, les rende-
900 000 tonnes après le passage à vide de l’an 2000. Le trafic ments baissent à nouveau et s’établissent à 76 quintaux à l’hec-
transmanche de la Gare Maritime remonte à plus de 330 000 tare (qx/ha) au lieu de 86 qx/ha en 1999. En contrepartie, les
tonnes en dépit d’une défaillance du Sardinia-Vera en fin de pé surfaces d’orge-escourgeon ensemencées au printemps-
riode. Un deuxième car-ferry sera mis en service en 2002, ce 2001 augmentent de 8 500 ha mais les rendements reculent
qui permettrait de patienter avant que les investissements de 71 qx/ha à 67 qx/ha. Pour les oléagineux et protéagineux,
consentis par le Conseil général de Seine-Maritime ne devien les soles de colza (alimentaire et industriel) reculent de 2 400-
nent opérationnels. Le trafic de marchandises connaît égale ha (-5%) et les rendements demeurent moyens avec 32 qx/ha.-
ment une amélioration sensible, entraîné par les trafics de fruits A une époque où l’on parle de produits de substitution au soja,
et d’oléagineux et les graves de mer. les pois protéagineux déçoivent, avec des soles en recul et des
rendements médiocres (37 qx/ha). Les soles de betteraves in-
dustrielles sont quasi stables avec cependant des rendements
AÉROPORTS : UNE RESTRUCTURATION assez faibles (67 tonnes/ha). Enfin, pour le maïs fourrager, les
PLUS OU MOINS BÉNÉFIQUE soles progressent légèrement et les rendements sont stables.
La reprise par Air France ou ses filiales des deux aéroports
haut-normands a entraîné une profonde restructuration qui TOURISME : UNE ANNÉE SANS SURPRISE
n’est sans doute pas terminée. Au Havre-Octeville, il ne reste
plus qu’une ligne régulière internationale à destination de Lon Après un record en 1999, l’activité dans l’hôtellerie haut-nor- -
dres. Sur les onze premiers mois de l’année, 8 000 passagers mande ralentit une seconde fois en 2001 avec une fréquentation
l’ont empruntée, soit un recul de -13% par rapport à la même hôtelière qui retombe au niveau des années 1996 et 1997. Les
période 2000. Dans le périmètre national, la ligne de Cler défections sont antérieures aux attentats du 11 septembre et ap- -
mont-Ferrand a été supprimée en octobre et remplacée par une paraissent dès février. L’Eure est en fait le seul département tou-
ligne régulière directe pour Lyon après escale à Rouen-Boos. ché, car, en Seine-Maritime, les Français compensent les absen-
Le trafic à destination de l’ensemble Lyon/Clermont-Ferrand di ces des étrangers. Les durées de séjour sont à peu près stables-
minue néanmoins de 29% sur les onze premiers mois 2001 et dans les deux départements avec néanmoins une réduction de
s’élève à peine à 11 100 passagers. La progression des com durée de séjour des Français dans l’Eure.-
merciaux privés et des charters est encore bien insuffisante En 2001, les campings connaissent une fréquentation lé-
pour compenser les pertes d’un trafic divisé par près de deux gèrement supérieure à celle de 2000, mais qui reste, après
en un an. En revanche, le fret connaît un fort développement qui celle de l’année précédente, la plus faible des dix dernières
devrait se poursuivre. L’aéroport de Rouen-Boos profite en années. La hausse est imputable aux étrangers car les nui-
partie du regroupement de sa ligne de Lyon avec celle du tées des nationaux sont stables. En revanche, si la durée
Havre. Hors transit, le trafic augmente de +50% sur un an. Glo moyenne de séjour continue à progresser et atteint 3,2-
balement, le trafic total reste stable avec un peu plus de 35 000 jours/personne, elle le doit aux Français, les étrangers ayant
passagers. très légèrement tendance à écourter leurs séjours. Ces der-
niers ne totalisent qu’un peu plus de deux nuitées sur cinq.
Les Hollandais restent de loin les principaux clients étrangers
AGRICULTURE : UNE ANNÉE 2001 MOROSE devant les Allemands et les Anglais. Les deux départements
connaissent des situations comparables avec néanmoins
Après un 2e semestre 2000 marqué par l’apparition de l’en quelques particularités locales. La part des étrangers est as- -
céphalopathie spongiforme bovine (ESB), la fièvre aphteuse sez nettement supérieure dans l’Eure mais leur durée
fait son apparition au début 2001 et vient ajouter de nouveaux moyenne de séjour est plus brève
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 13 - Mars 2002 7
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