Evolution de l'emploi salarié bas-normand entre les 1er janvier 2002 et 2003

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Après avoir baissé en 2001, l'emploi salarié a progressé de 0,5 % en 2002. Le chômage a augmenté de 3,6 %. Il aurait fallu une progression deux fois plus forte de l'emploi en 2002 pour maîtriser cette hausse du chômage. La dégradation de la situation dans l'industrie se poursuit. Ce secteur a perdu 1 700 emplois permanents en 2002, et plus de 2 000 emplois en comptant les intérimaires. Les services marchands subissent les conséquences des difficultés dans l'industrie. Les services aux entreprises réduisent les emplois les plus qualifiés, dans les activités de conseil et d'assistance, et augmentent l'emploi le moins qualifié, dans les services opérationnels par exemple. L'offre d'emplois de courte durée a augmenté mais l'offre d'emplois stables reste atone.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Évolution de l’emploi salarié bas-normand er entre les 1 janvier 2002 et 2003
LE RECUL DE L’INDUSTRIE PÈSE DÉSORMAIS SUR LES SERVICES
près avoir très légèrement bais sé en 2001, les effectifs salariés raleAnti en 2002. Leur faible augmenta ont retrouvé une croissance au tion (+ 0,5 %) ne correspond qu’à 2 300 postes de travail supplémentai res, pour un total de 498 000 salariés. Le secteur marchand non agricole reste mal en point : il perd près de 700 em plois ( 0,2 %) en BasseNormandie alors qu’il en crée en France (+ 0,5 %). Très affectée par des restructurations en chaîne en 2001, l’industrie basnormande a encore perdu 1 700 emplois permanents en 2002, et même plus de 2 000 emplois en comptant les intérimaires. Le recul est moins important qu’en 2001, mais il se poursuit dans la plupart des sec
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teurs, y compris les secteurs phares de l’industrie régionale, l’industrie agroalimentaire faisant exception. Très lié à la conjoncture industrielle, l’emploi intérimaire a lui aussi encore reculé en 2002, surtout en fin d’année. Dans la plupart des branches indus trielles, le recul de l’emploi intérimaire est encore plus accentué que les baisses d’effectifs permanents.
C’est la consommation des ménages qui a soutenu la croissance en 2002. C’est donc dans les branches les plus liées à cette consommation que l’em ploi s’est le mieux comporté. Ainsi, comme les années passées, les effectifs ont crû dans la construction et le com
n° 123 - juillet 2003
% Après avoir baissé en 2001, l’emploi salarié a progressé de 0,5 % en 2002. Le chômage a aug-menté de 3,6 %. Il aurait fallu une progression deux fois plus forte de l’emploi en 2002 pour maîtriser cette hausse du chômage.
% La dégradation de la situation dans l’industrie se poursuit. Ce sec-teur a perdu 1 700 emploisperma-nentsen 2002, et plusde 2 000 emploisen comptant lesintérimaires.
% Les services marchands su-bissent les conséquences des diffi-cultésdansl’industrie. Lesservices aux entreprises réduisent les em-ploislesplusqualifiés, danslesacti -vités de conseil et d’assistance, et augmentent l’emploi le moinsquali -fié, danslesservicesopérationnels par exemple.
% L’offre d’emploisde courte durée a augmenté maisl’offre d’em -plois stables reste atone.
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merce, mais à un rythme plus modéré. Comme en 2001, les réductions d’ef fectifs dans les secteurs concurrentiels sont compensées par des créations dans les services non marchands (san té, social…). Mais à la différence de 2001, les services marchands ont perdu des emplois, affectés par le coup de froid sur l’industrie. Le recul est parti culièrement sévère dans les services aux entreprises, où les effectifs ont re culé de près de 4 %. Les fleurons industriels en difficulté Alors que les succès de l’industrie basnormande avaient dynamisé l’éco nomie régionale entre 1998 et 2000, la mauvaise conjoncture industrielle a donc pesé sur l’emploi dans son en semble en 2002. Ainsi, pour la pre mière fois depuis 1998, le secteur automobile basnormand a connu une année en demiteinte. L’emploi perma nent y a reculé de près de 3 % en un an et l’emploi intérimaire (l’équivalent de
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1 500 postes de travail permanents) de presque 5 %. Plus de 200 suppressions d’emplois ont affectéRenault Trucks (exRVI), hors fluctuations de l’emploi intérimaire. Du côté des grands équipe mentiers, seulPeugeot Citroën Auto mobilesaura embauché de façon significative en 2002. D’autres entre prises restent affectées par les soubre sauts du marché mondial, comme Honeywell, à CondésurNoireau. Cet établissement a encore perdu 30 em plois en 2002, l’effectif étant ramené à 480 personnes seulement en fin d’année, alors que 900 salariés y tra vaillaient en début 1990. En revanche, certains soustraitants spécialisés dans les traitements de surface ont vu leurs effectifs progresser, confirmant ainsi une forte croissance entamée il y a plu sieurs années. L’année 2003 s’annonce encore incertaine, en raison notam ment des difficultés des établissements Jean Chéreau, l’un des fleurons indus triels dans le SudManche.
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De son côté, la construction navale a encore réduit la voilure. Seuls lesACM à Colombelles affichent une bonne santé, puisque trente emplois nou veaux y ont été créés au cours de 2002. Dans le Cotentin en revanche, l’heure est clairement au repli. LaDirection des constructions navales (DCN)a supprimé 200 emplois et 150 autres de vraient disparaître d’ici 2005, les dé p a r t s e n r e t r a i t e n ’ é t a n t p a s intégralement compensés par de nou velles embauches. Une baisse de charge attendue entre fin 2003 et 2004 devrait en outre se répercuter sur les entreprises soustraitantes en méca nique et en électricité. A moyen terme, les entreprises locales de soustrai tance pourraient de plus faire les frais de la réforme du statut de laDCN, qui laissera plus de liberté à l’entreprise pour choisir ses partenaires. Par ail leurs, toujours dans le Cotentin,les Constructions Mécaniques de Nor mandieont supprimé 30 postes.
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Les incertitudes des marchés conti nuent d’affecter aussi le secteur des équipements et des composants électri ques et électroniques, autre poids lourd industriel basnormand investi par des groupes internationaux importants. Dans ce secteur, les effectifs perma nents ont reculé de 5 % et l’emploi inté rimaire s’est effondré ( 24 %). Ainsi, la reprise d’Alcatelà Tourlaville par Sanmina Frances’est soldée par la perte de 60 emplois. A Coutances, Alcatela réduit ses effectifs ( 50 em plois), tout comme la coopérative ou vrièreAcomeà Mortain ( 75 emplois). Dans le Calvados, les fabricants d’électronique pour automobile s’en sortent bien, les difficultés étant restées concentrées jusqu’à présent chezPhi lips( 330 emplois). Toutefois, l’année 2003 sera celle du retournement chez Oberthur(puces électroniques), l’éta blissement caennais du groupe entrant dans une période d’incertitude avec un plan social annoncé d’une cinquan
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taine d’emplois. Les petites entreprises du secteur, très peu nombreuses, ont connu des sorts divers. D’un côté, Realtronica fermé, entraînant la dispa rition de plus de 50 emplois à Gran ville. En revanche, à Verson, la société Instruments scientifiques de labora toirea créé 20 emplois nouveaux. Dans une conjoncture morose, cette réussite industrielle reste une exception. L’industrie agroalimentaire à contre-courant Déjà première branche industrielle en BasseNormandie, l’agroalimentaire a créé 340 nouveaux postes de travail permanents en 2002 (+ 1,7 %). Dans cette branche, le recours au travail tem poraire, déjà important, s’est encore accentué (+ 12 %, soit l’équivalent de 200 nouveaux postes de travail perma nents). Le dynamisme de l’emploi se manifeste surtout dans le secteur de la viande, la reprise de la consommation ayant dopé l’activité des industriels.
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A l’exception desSalaisons de Brocé liande,à VillersBocage, les grands établissements ont tous augmenté leurs effectifs :Techni Dessosa créé 54 em plois,SOVICOà Coutances 47 em plois,Charal, à Flers, 30 emplois. Tout comme le secteur artisanal, les autres opérateurs (laSociété normande de Volailles, SOVIBAà VillersBocage, AIMà SainteCécile…) ont également contribué, de façon plus modeste, à la croissance des effectifs. L’industrie de transformation du lait maintient quant à elle ses effectifs, à l’exception de la branche des produits glacés qui perd des emplois ( 56 emplois chezSeges Frigécrème,  10 emplois chezCogesal à Argentan). La croissance se poursuit dans l’industrie du poisson grâce au dynamisme deCofa(+ 20 emplois) alors que dans les produits alimentaires divers et les boissons, la tendance est plutôt à la compression des effectifs, tant dans les PME (Guesnoin,Dupont) que les groupes (Lu, CSR Pampryl).
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Les effectifs salariés dans les secteurs de la boulangerie et de la pâtisserie arti sanales sont restés stables.
La conjoncture industrielle difficile dans les secteurs phares, à la seule ex ception de l’agroalimentaire, a pesé sur les secteurs des biens d’équipement professionnel et des biens intermédiai res, très dépendants des commandes des donneurs d’ordres et des investis seurs. Ainsi, le recul de l’emploi est as sez net dans la mécanique et la métallurgie ( 2 % pour l’emploi per manent et  4 % pour l’emploi intéri maire, soit une perte globale de plus de 450 emplois). Des petites entreprises fragilisées par la perte brutale de mar chés ont mis la clé sous la porte, commeCahagne Tôlerie Chaudron nerieà Carpiquet (17 salariés fin 2001) etATC Industrieà CormellesleRoyal (23 salariés). De plus, des restructura tions se sont accompagnées d’une ré duction de l’emploi. C’est le cas de la reprise de la fonderieVaugeoispar Rencats, à Mondeville (30 emplois). Des entreprises plus importantes ont elles aussi réduit leurs effectifs, commeEurocelà DivessurMer (perte de 30 emplois) etAPM(exValfond, perte de 40 emplois) à Argentan. Dans le travail des métaux,Guy Degrennea également diminué ses effectifs en concentrant son activité sur le site de Vire ( 70 emplois). Si certains fournis seurs et soustraitants pour l’automo bile ont réduit leur personnel (Nadella, Titan France), d’autres au contraire ont confirmé leur croissance, sur des créneaux de développement spécifi ques à la région. C’est le cas deWagon Automotiveet de laSNOPdans l’Orne. La première entreprise a créé 60 em plois en cinq ans et la seconde a recruté 40 nouveaux salariés en 2002, portant à 120 les embauches réalisées en trois ans. Spécialisée dans la tôlerie fine de précision,Axeest un autre exemple des réussites de l’industrie basnormande dans la soustraitance en métallurgie. Cette entreprise implantée près de Li sieux a ainsi créé 80 emplois en cinq ans.
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L’intérim : l’équivalent de 14 600 emplois en 2002
Le travail temporaire a offert l’équivalent de 14 600 emploisà temps complet en 2002, soit 3,5 % de moinsqu’en 2001 (et 7 % de moinsqu’en 2000). La dégradation de la situation dans l’industrie s’accompagne donc d’une re-mise en cause de la tendance observée les années passées, à savoir la croissance ré-gulièredelintérim.Trèsliéàlaconjoncture,lerecoursautravailtemporairesest effondré en fin d’année, le nombre d’intérimairesau travail étant, en décembre 2002, in -férieur de 11 % à son niveau de fin 2001. Alors que l’intérim avait fortement progressé dans le commerce et les services, en 2000 et 2001, il a reculé en 2002 (respectivement - 9 % et - 4 %) et limité ainsi la progression réelle de la main d’œuvre salariée dans ces secteurs. Dans l’industrie, le recul de l’inté-rim est plus fort que la baisse des effectifs des “permanents”. Ce recul amplifie donc la baisse de la main d’œuvre salariée dans l’industrie.
D’autres secteurs traditionnels de l’in dustrie basnormande ont aussi perdu des emplois. Dans le textile et l’habil lement, les effectifs ont chuté de 6 %. Dans ces secteurs, la croissance se ré sume de plus en plus aux performances de quelques grandes enseignes. Ainsi, en 2002, la seule croissance significa tive aura été celle deLouis Vuittonqui a embauché 70 nouveaux salariés dans l’année pour atteindre le régime de croisière fixé pour son nouvel établis sement dans le Sud Manche.Saint Ja mes(confection) etBagster(maroqui nerie) ont créé aussi quelques emplois mais partout ailleurs les effectifs chu tent, que ce soit chezFilix,Edwige et Edward’s,Odon Delcroix ouHoussard, des entreprises qui contribuaient naguère efficacement au maintien d’un fort tissu industriel dans l’espace rural.
Le secteur de l’imprimerie a, lui, souf fert d’une baisse des commandes des industriels. Les principales imprime ries ont réduit leurs effectifs (Montli geon, Anquetil, OCEP…). Seule l’édition numérique tire son épingle du jeu, avecCorlet NumériqueetArea cem. Quant au secteur de l’équipement du foyer, naguère fleuron industriel en BasseNormandie, il a encore réduit ses effectifs au cours de l’année passée, conséquence du démembrement de Moulinex. Ainsi,Marbo, dont le prin cipal client étaitMoulinex, a perdu une centaine d’emplois en 2002. Par ail leurs, les deux sites de laCGME
(SaintLô et Carpiquet), l’exfilière de Moulinex, ont perdu chacun une cen taine de salariés à l’occasion de la re prise de l’activité parEuromoteurs courant 2002. Et si, fin 2001,SEBavait conservé 120 emplois sur le site de Moulinexà Argentan, un an plus tard ces salariés ne sont plus que 80.
Cosmétique, parfumerie et plastiques ont le vent en poupe
Selon la Mission de Revitalisation Economique (MIRE) de BasseNor mandie, 518 emplois nouveaux aidés par l’Etat et les collectivités territoria les ont été créés entre le début de l’année 2002 et juillet 2003. Ces créa tions ont été permises par la signature de la convention de “redynamisation des sites et bassins d’emploi de BasseNormandie affectés par la fer meture totale ou partielle des usines Moulinex”. Parmi ces créations, en fin 2002, quinze provenaient de l’implan tation deCosmesoap, spécialiste du conditionnement de produits de beau té, sur le siteMoulinexde Falaise. Ces quinze emplois, qui devraient être por tés à 120 dans les trois ans, s’ajoutent à d’autres créés récemment dans la ré gion dans les activités liées à la cosmé tique et aux produits de beauté. Ainsi, à Honfleur, s’est installéeCosmoluxe, une entreprise de fabrication de par fums destinés à l’exportation. En fin 2002, l’entreprise employait 35 sala riés, l’objectif final étant d’atteindre 90 emplois sur le site. Dans la fabrication
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d’emballages plastiques pour la parfu merie et la cosmétique, le groupeLisi avait quant à lui implanté dès 1998 un établissement de sa division cosmé t i q u e ,C o s m e t i c s ,L i s i à N e u i l lysurEure dans l’Orne. Les effectifs y croissent régulièrement : 45 emplois y ont été créés en cinq ans. Plasturgie et parfumeriecosmétique apparaissent ainsi comme deux secteurs porteurs en BasseNormandie. En parfumerie, les créations d’emplois suite aux implan
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tations d’entreprises nouvelles sont toutefois compensées par la fermeture deCéton Parfum(à Céton, dans l’Orne) qui a entraîné la perte de 65 em plois. Sur d’autres créneaux que l’em ballage pour produits de beauté, l’emploi continue de progresser dans quelques entreprises importantes de la plasturgie et de la transformation du caoutchouc, tellesModling(matériel scolaire et de bureau),Soparco(pots pour l’horticulture),Aries(équipe
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ments automobiles),STELMI(pro duits en caoutchouc pour usage phar m a c e u t i q u e ) . A u t o t a l , c e s progressions d’effectifs sont cepen dant compensées par les difficultés des Plastiques du Vald’Orne, une entre prise ayant perdu près de cent emplois en 2002.
Globalement, le secteur de la phar macie, autre spécificité basnormande, continue lui aussi de bien se porter. Toutefois, avec la reprise de l’établis sement coutançais du groupeSanofi SynthélaboparUnither, un laboratoire indépendant spécialiste du façonnage de doses uniques pour le compte de clients, l’industrie pharmaceutique a perdu une cinquantaine d’emplois à Coutances. Cette reprise illustre une tendance actuelle dans l’industrie : la cession, par les grands groupes indus triels, d’unités de production entières, qui accompagne la concentration de la soustraitance et la constitution de grands groupes soustraitants internationaux. Les cessions d’unités de production parAlca telSanmina) ou parMarion Hoecht RousselFamar) sont d’autres exem ples de ce mouvement de fond.
La construction et le commerce restent dynamiques
Dans d’autres secteurs tirés par les dé penses des ménages, l’activité est restée à un niveau élevé en 2002. Les effectifs salariés ont ainsi crû de 1,5 % dans le bâtiment, où la construction de maisons individuelles a dopé l’activi té : la progression de l’emploi y dé passe 5 %, alors que le reste du secteur a réduit ses effectifs. Des PME conti nuent de se développer, commeMai sons France Confort(construction de maisons individuelles) dans l’Orne, qui a recruté près de 50 nouveaux sala riés en 2002. En revanche, de grandes entreprises ont diminué leurs effectifs, comme laCegelecqui a perdu 30 em plois. L’emploi salarié des entreprises artisanales est aussi en légère progres sion, de 1 % à 2 % selon le métier, mais cette croissance est nettement moins forte que les années passées.
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Effectifs salariés au er 1 janvier 2003 3 590 25 640 6 480 11 250 52 160 99 120 63 980
FAIBLE HAUSSE DE L’EMPLOI SALARIÉ EN 2002
Manche Evolution des effectifs salariés en 2002 Nombre % + 180 + 3,1 - 450 - 1,4 +120 + 1,0 + 370 + 1,7 + 1 710 + 2,0 + 1 930 + 1,2 + 870 + 0,8
Basse-Normandie Effectifs Evolution des effectifs salariés au salariés en 2002 er 1 janvier Nombre % 2003 14 570 + 260 + 1,8 102 330 - 1 740 - 1,7 32 280 + 530 + 1,7 65 550 + 1 190 + 1,8 282 820 + 2 110 + 0,8 497 550 + 2 350 + 0,5 324 050 - 660 - 0,2
12 290 21 520 89 300 162 160 105 590
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de près de 2 000 postes). L’intérim connaît le repli le plus important, en raison de la mauvaise conjoncture dans l’industrie au second semestre 2002. Mais les effectifs permanents dans les activités de conseil et d’assistance re culent également ( 4,5 %, soit 700 em plois perdus) et l’emploi temporaire dans ce secteur chute nettement ( 14 %, soit l’équivalent d’une perte de 100 emplois permanents à temps com plet). Parmi les secteurs du conseil et de l’assistance, les services informati ques marquent le pas, nombre de jeu nes pousses réduisant leurs effectifs (Highdeal,Eolring). L’emploi dans les secteurs de l’ingénierie, de la logis tique et des études techniques recule lui aussi ( 4%), surtout dans le Cotentin où des entreprises importantes ont sé vèrement réduit leurs effectifs ( 70 emplois chezAssystem Serviceset  50 emplois à laSociété de logistique in dustrielle de Normandie). Il s’agit sou vent d’emplois qualifiés. A l’opposé des services de conseil et d’assistance, les services opérationnels (hors inté rim) continuent d’augmenter leurs ef fectifs (+ 4 %, soit 400 emplois nouveaux) mais proposent des postes de travail moins qualifiés. Les activités en croissance sont le nettoyage, les grands groupesKlinos,ONETetAbilis continuant de gagner de nouveaux marchés, mais aussi la sécurité, le rou
L’emploi salarié dans le commerce a pour sa part progressé de près de 2 % (1 200 emplois nouveaux). C’est une progression presque égale à celle de 2001, atténuée toutefois par la forte baisse d’intérimaires employés dans ces secteurs ( 9 %, soit l’équivalent d’une perte de près de 150 emplois per manents à temps complet). Les em plois nouveaux sont créés dans le commerce de détail et dans le com merce et la réparation automobile. Les supermarchés et les hypermarchés ont créé plus de 350 emplois (+ 6 %), alors que les effectifs salariés baissaient d’une centaine dans le commerce d’ali mentation traditionnel, en raison de la poursuite de la baisse du nombre de pe tits magasins. Mais c’est dans les supé r e t t e s , m o y e n n e s s u r f a c e s d e proximité, que l’emploi salarié a crû le plus en 2002 (+ 14 %). Dans les maga sins spécialisés en bricolage, l’emploi salarié a progressé de 3,5 %. Cette aug mentation est deux fois plus forte dans les commerces d’articles de sport et de loisirs, fréquentés par une clientèle chaque année plus nombreuse. Les services aux particuliers conti nuent d’offrir eux aussi des emplois nouveaux. Le dynamisme de l’emploi est particulièrement fort dans la restau ration traditionnelle. Dans ce secteur, la baisse de la durée du travail et une bonne saison touristique ont encouragé
Effectifs salariés au er 1 janvier 2003 6 050 33 000
Calvados Evolution des effectifs salariés en 2002 Nombre % + 20 + 0,3 - 710 - 1,6 + 400 + 3,0 + 730 + 2,3 + 340 + 0,2 + 780 + 0,3 - 570 - 0,4
Effectifs salariés au er 1 janvier 2003 4 930
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236 270 154 480
43 690 13 510 32 780 141 360
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Orne Evolution des effectifs salariés en 2002 Nombre % + 60 + 1,6 - 580 - 2,2 + 10 + 0,2 + 90 + 0,8 + 60 + 0,1 - 360 - 0,4 - 960 - 1,5
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les employeurs à embaucher de nou veaux salariés (+ 10 %). Le secteur du sport, des loisirs et de la culture continue aussi de se développer : en 2002, il a proposé 200 emplois supplé mentaires (soit une progression de 3 %). Cependant, ces emplois sont sou vent des emplois intermittents, comme chez l’entrepreneur de spectaclesTTC Productionsà HérouvilleSaintClair, qui a développé son activité de façon importante ces dernières années. LaSA Récréa(gestion d’installations sporti ves) et leMémorial de Caenont eux aussi accru leurs effectifs salariés, pour s’adapter à la hausse de fréquentation. En revanche, la croissance de l’emploi dans les services personnels et domes tiques semble marquer le pas. Elle n’est que de 0,5 % en 2002, très loin des forts taux de croissance du milieu des années quatrevingtdix, après la créa tion des chèques emploisservice. Les services en entreprises à la peine Si le commerce de détail et les services aux particuliers profitent de la bonne tenue de la consommation des ména ges, en revanche, les services aux en treprises subissent le contrecoup des difficultés de l’industrie. En 2002, ce secteur a pour la première fois connu un tassement de son activité et un fort recul de l’emploi ( 4 %, soit une perte
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Construction Commerce Services Ensemble Secteur marchand hors agriculture
Agriculture Industrie
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Note : Les intérimaires sont comptés dans le secteur des services. Source : Insee, estimations d’emploi provisoires
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Des estimations provisoires de l’emploi er Les estimations de l’emploi salarié au 1 janvier 2003 sont encore pro-visoires. Ces estimations sont réalisées principalement à partir des dé-clarationsdesemployeursaux URSSAF et à la MSA. L’intérim est connu grâce aux déclarationsdesentreprisesde travail temporaire à l’UNEDIC, traitéespar le minis -tère de l’Emploi et de la Solidarité. L’emploi danslessecteursde l’administration, de l’éducation, de la santé et de l’action sociale est estimé à partir de tendances nationales. er Une version semi-définitive des estimations d’emploi au 1 janvier 2003 sera disponible début 2004.
tage et l’organisation de foires et de sa lons. Recul de l’emploi dans l’Orne C’est dans l’Orne que le recul de l’in dustrie est le plus prononcé, les pertes d’emplois étant concentrées dans le textile et l’habillement, les équipe ments du foyer et la métallurgie. Quelque 600 postes de travail perma nents ont été perdus ( 2 %), l’intérim chutant pour sa part de 6 % (soit l’équi valent de 200 emplois permanents à temps complets). A la différence de ses voisins basnormands, l’Orne ne pro fite guère de la reprise dans l’agroali mentaire. Les créations d’emplois permanents y sont peu nombreuses et correspondent à une consolidation de l’emploi temporaire. L’Orne cumule d’autres contreperformances : une sta gnation de l’emploi dans la construc tion, une très faible progression dans le commerce (à peine 1 %) après une année de forte croissance et un fort re cul dans les services aux particuliers. Les 550 emplois nouveaux offerts dans la sphère non marchande (santé, social, éducation…) ne compensent pas les 900 emplois perdus dans le secteur marchand. Au final, l’emploi salarié aura baissé de 0,4 %.
La Manche présente l’image inversée de l’Orne. La baisse des effectifs in dustriels permanents est la plus faible de la région ( 1 % seulement), com pensée par une augmentation dans la construction (+ 1 %), le commerce (+ 2 %), et un bond des effectifs dans les services aux particuliers, tant dans la filière touristique que dans les activi
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tés de loisirs. Les hôtels et restaurants ont ainsi créé plus de 300 emplois sala riés et les secteurs de la culture, du sport et des loisirs près d’une centaine. La baisse des effectifs dans la construc tion navale, les équipements du foyer, le matériel électrique et les composants est en partie compensée par des embau ches dans l’agroalimentaire (l’emploi permanent y augmente de 2,4 % et l’emploi intérimaire de 7 %) et par l’augmentation des effectifs dans la fi lière de l’énergie. D’autres branches industrielles, porteuses de l’espoir de diversification industrielle du départe ment, échappent au recul. C’est le cas du textile, du bois, du papier, du caout chouc et de la plasturgie. Plus forte que dans les autres départements basnor mands, la croissance de l’emploi sala rié agricole (+ 3 %) atténue elle aussi le repli global de l’industrie. Avec une progression de 1,2 % de l’emploi sala rié, la Manche se détache ainsi de ses voisins basnormands. Le Calvados occupe une position mé diane. L’augmentation des effectifs at teint 0,3 % au total, le secteur
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marchand non agricole affichant une perte de 0,4 %. L’industrie a perdu 700 emplois permanents, les secteurs de l’automobile, des composants et des équipements du foyer étant les plus touchés. Seuls la pharmacie, la parfu merie et surtout l’agroalimentaire ont créé de nouveaux emplois (240 em plois permanents et presque autant d’emplois intérimaires). Les branches en difficulté ont quant à elles limité le recours au travail temporaire. Toute fois, à la différence de l’Orne et de la Manche, le travail intérimaire se main tient globalement dans le Calvados. Le repli des services aux entreprises est accentué, surtout dans les activités de conseil et d’assistance (plus de 500 em plois permanents perdus mais une cen taine d’emplois temporaires créés), fortement implantées dans l’aire ur baine caennaise. Très créateurs d’em plois ces dernières années, l’hôtellerie, la restauration, le sport, les loisirs et la culture ont marqué le pas en 2002, année en demiteinte affichant des pro gressions d’effectifs de l’ordre de 2 % contre 5 % en 2001. Dans le Calvados, commerce et construction continuent de jouer le rôle de locomotive. Dans ces deux derniers secteurs, les effectifs salariés permanents ont crû respective ment de 2 % et de 3 %, comme en 2001.
Croissance du chômage en 2002 La légère progression de l’emploi sala rié en 2002 n’a pas été suffisante pour freiner l’augmentation du chômage. Le
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 123
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nombre de demandeurs d’emplois de (1) catégorie 1 inscrits à l’ANPE a crû de 3,6 % en un an, contre 4 % en 2001. En fait, il aurait fallu une augmentation de l’emploi deux fois plus forte pour sta biliser le chômage. Le nombre d’inscriptions à l’ANPE pour le motif de fin de convention de conversion a augmenté de 83 % en 2002. L’exécution du plan social de Moulinexexplique pour l’essentiel cette envolée. En effet, un millier des exMoulinex, qui avaient opté pour ce dispositif, se sont inscrits à l’ANPE en début juin 2002. Début juillet 2003, se lon la MIRE, le bilan du reclassement des anciensMoulinexest le suivant : sur les 2 878 personnes à reclasser, 1 007 ont bénéficié d’une préretraite ou trouvé une autre solution sociale, 861 ont trouvé un emploi durable (CDI, CDD de plus de six mois ou créa tion d’entreprise), 173 sont engagées dans une formation longue qualifiante et 837 restent sans solution (dont 109 sont considérées en difficulté majeure et 281 “proches de l’emploi”). Par ailleurs, le nombre d’inscriptions à l’ANPE après un licenciement écono mique a augmenté de 59 % en 2002
ISSN 1267-2769
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(+ 42 % horsMoulinex). Cette forte progression traduit les difficultés parti culièrement importantes des entrepri ses du secteur privé en 2002. Selon la direction régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation profes sionnelle, hormis l’année 2001, il faut remonter à 1993 et 1994 pour retrouver dans la région un nombre de procédu res de suppressions d’emplois induites par les plans sociaux dépassant celui de 2002.
Le nombre de demandeurs d’emplois à temps partiel ou en CDD a aussi aug menté de 3 % en 2002, après la chute de 7 % en 2001. En 2001, une grande partie de ces personnes inscrites à l’ANPE, à la lisière du chômage et de l’emploi, alternant missions d’intérim, contrats courts et périodes sans emploi, avaient en effet basculé dans le chô mage “à temps complet”. Après la baisse de l’emploi en 2001, l’augmen tation des effectifs salariés en 2002, même faible, a permis sembletil à une partie de cette population de retrouver un emploi. L’augmentation moins ra pide du nombre de demandeurs d’em plois en catégorie 1 est ainsi compensée par une reprise de la croissance des
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demandeurs d’emplois des autres caté gories (presque 20 000 personnes fin 2002). L’augmentation de l’offre d’emploi enregistrée à l’ANPE, en 2002, est en effet concentrée dans l’emploi tempo (2) raire (+ 3 %) et dans l’emploi occa (3) sionnel (+ 5 %). La rupture avec 2001 est nette, l’offre ayant baissé alors respectivement de 9 % et de 3 %. Pour sa part, l’offre d’emplois durables a encore baissé en 2002, mais le recul n’est que de 0,5 % contre  3,6 % en 2001. Après une année 2001 très diffi cile marquée par un effondrement du climat de confiance, les employeurs ont donc réactivé le courant d’embau ches, mais aussi accentué la part des of fres d’emploi de courte durée. Cette part a atteint 55 % en 2002, alors qu’elle n’était que de 45 % en 1995. Michel MOISAN
(1) Personnes inscrites à l’ANPE à la recherche d’un emploi à tempscomplet, immédiatement disponibleset n’ayant pastravaillé plusde 78 heures au cours du dernier mois. (2) Contrat de travail de un à six mois. (3) Contrat de travail de moins d’un mois.
L’économie sociale bas-normande Les projections de population active à l’horizon 2015
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