Fin de carrière et départ à la retraite (dossier de l'Economie française, édition 2001-2002)

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Présentation de l'un des trois dossiers de l'Economie française - Edition 2001-2002 - Dans tous les pays industrialisés, il est de plus en plus rare d'être actif après 65 ans. Aujourd'hui, beaucoup de travailleurs quittent même le marché du travail dès l'âge de 55 ans, tout particulièrement en France. Près de 70 % des hommes de 60 à 64 ans étaient actifs en 1970 ; en 1983, cette proportion était tombée à 35 %, puis elle s'est stabilisée autour de 17 % depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Entre 55 et 59 ans, la proportion d'hommes actifs est passée de 83 % à 68 % en trente ans. Dans le cas des femmes, les évolutions sont moins nettes, dans la mesure où la baisse tendancielle de l'activité aux âges élevés est en partie compensée par la généralisation de l'activité féminine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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PRESENTATION DU DOSSIER
FIN DE CARRIERE ET DEPART A LA RETRAITE




Cette étude figure in extenso dans l’édition 2001-2002 de
l’Économie française, publiée en juin 2001 par l’Insee dans
« Le Livre de poche » (éditions Hachette) – collection Références –


Une forte baisse de l’activité aux âges élevés

Dans tous les pays industrialisés, il est de plus en plus rare d’être actif après 65 ans.
Aujourd’hui, beaucoup de travailleurs quittent même le marché du travail dès l’âge de 55 ans,
tout particulièrement en France. Près de 70 % des hommes de 60 à 64 ans étaient actifs en
1970 ; en 1983, cette proportion était tombée à 35 %, puis elle s’est stabilisée autour de 17 %
depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Entre 55 et 59 ans, la proportion d’hommes
actifs est passée de 83 % à 68 % en trente ans. Dans le cas des femmes, les évolutions
sont moins nettes, dans la mesure où la baisse tendancielle de l’activité aux âges élevés est
en partie compensée par la généralisation de l’activité féminine.


Taux d’activité des hommes et des femmes de 60 à 64 ans en France
(en pourcentage de la population)
70
60
50
40 Hommes
30
20 Femmes
10
0

Source : INSEE, enquêtes emploi

Bien que la dégradation du marché du travail ait touché l’ensemble des travailleurs, ce sont
les salariés âgés qui en ont le plus souffert. Depuis la fin des années soixante-dix, nombre
d’entre eux ont cessé de travailler bien avant de liquider leurs droits à la retraite. Dans la
plupart des pays, ces départs anticipés ont été favorisés par des dispositifs permettant de
bénéficier de revenus de remplacement jusqu’à l’âge de la retraite. Ainsi, en France, le
nombre de personnes de plus de 55 ans bénéficiant de préretraites ou dispensées de
rechercher un emploi varie entre 460 000 et 500 000 au cours de la décennie quatre-vingt-dix.
Ces dispositifs, conjugués à l’abaissement de l’âge légal de la retraite à 60 ans, expliquent
l’essentiel du recul de la proportion d’actifs de plus de 55 ans.



1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998Une évolution préoccupante dans un contexte de vieillissement rapide

Un vieillissement marqué de la population à l’horizon 2050

En 2050, si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, on comptera en France
huit personnes de plus de 60 ans pour dix personnes en âge de travailler ; ce rapport n’est
aujourd’hui que de quatre pour dix. La faiblesse des taux d’activité des travailleurs âgés
constitue donc une source d’inquiétude pour la viabilité financière des systèmes de retraite.
Pour limiter les conséquences du vieillissement de la population sur le financement des
retraites, une solution serait d’encourager les salariés âgés à prolonger leur activité plus
longtemps qu’ils ne le font aujourd’hui, par exemple en modifiant le mode de calcul des
pensions.


Le prolongement de la vie active dépend en partie du mode de calcul des pensions

Comme le montrent les comparaisons internationales, il existe un lien étroit entre les règles
de calcul des retraites et les comportements d’activité. Le mode de calcul des pensions influe
sur les choix individuels de départ à la retraite, à travers deux canaux. D’une part, la
comparaison entre le salaire perçu par l’individu, et le montant de sa retraite s’il décide de
liquider ses droits, détermine l’ampleur des gains instantanés liés au maintien sur le marché
du travail. D’autre part, le profil d’évolution de la pension en fonction de l’âge de liquidation
détermine l’ampleur des gains différés qu’il peut escompter, en termes de retraite, s’il
repousse son départ.


Le mode de calcul des pensions dans le secteur privé incite aujourd’hui les salariés à
liquider au taux plein

Aujourd’hui, les choix du salarié concernant l’âge de son retrait du marché du travail sont
fortement contraints. Le passage par un dispositif de préretraite en fin de carrière est assez
fréquent. Même pour les salariés du secteur privé qui restent employés jusqu’à leur départ en
retraite, la cessation d’activité est soumise à l’impossibilité de liquider ses droits avant l’âge
légal de 60 ans, et contrainte également par les règles de calcul des pensions. Celles-ci
pénalisent fortement la liquidation en deçà du taux plein et ne procurent que très peu
d’avantages au-delà du taux plein :

- en deçà de la durée cible de 40 ans de cotisation permettant d’obtenir le taux plein,
une année d’activité supplémentaire se traduit par un accroissement de la pension de
10 % à 20 %, selon le profil et la durée de la carrière. Les pénalités encourues par les
carrières courtes, en cas de liquidation avant l’âge de 65 ans (âge qui assure
automatiquement le taux plein), sont donc relativement élevées.
- au-delà de la durée de cotisation permettant l’obtention du taux plein, les gains sont en
général très faibles. Ils passent essentiellement par une accumulation de points
supplémentaires dans les régimes complémentaires.

En définitive, les barèmes de retraite actuels incitent les salariés du secteur privé à liquider
leurs droits à l’âge d’obtention du taux plein.



Effet sur les taux d’activité d’une réforme des barèmes de retraite

Une simulation suggère qu’une majoration de pension pour les personnes travaillant après 60
ans, avec plus de 40 années de cotisation, pourrait inciter une proportion significative de
salariés du secteur privé, nés entre 1945 et 1954, à différer leur départ en retraite. Les effets
de cette réforme seraient surtout sensibles pour les premières générations de l’après-guerre
car celles-ci sont entrées généralement tôt sur le marché du travail et ont donc atteint à 60
ans des durées de carrière longues.







L’ÉCONOMIE FRANÇAISE


L’Économie française – Édition 2001 – 2002
Éditions « Le livre de poche » - Collection Références
Juin 2001 – 256 pages



L’ouvrage fait le point sur l’économie française à travers l’analyse des faits
marquants de l’année 2000, trois dossiers et treize fiches thématiques
Cet ouvrage a été rédigé par un ensemble de spécialistes de l’économie appartenant à
l’Insee, à la Direction de la Prévision du ministère de l’Économie, des Finances et de
l’Industrie, et à la Banque de France. Il est disponible dans toutes les grandes librairies
ainsi que dans les points de vente régionaux de l’Insee, au prix de 40 francs (éditeur Le
Livre de Poche, collection Références, 256 pages). Les précédentes éditions de
l’Économie française ont été vendues à plus de 10 000 exemplaires.


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