Gestion de l'emploi : les entreprises régionales recourent principalement à trois systèmes bien distincts

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Les entreprises de Provence-Alpes-Côte-d'Azur s'organisent dans leur gestion des qualifications autour de trois systèmes principaux. Deux d'entre eux, fortement représentés dans la région, diffèrent sensiblement : le système « externalisé » du commerce et des services aux particuliers et le système « promotionnel » de la grande industrie. Le premier est caractérisé par la forte mobilité d'un emploi jeune et féminin ; le second, par de grandes entreprise à forte proportion de cadres, et par une faible accessibilité aux jeunes. Le système des métiers, du bâtiment, de l'artisanat et des « services à main-d'oeuvre ouvrière » présente une population homogène d'ouvriers qualifiés et une gestion plus stable de l'emploi. Il occupe une place notable qui lui confère un rôle régulateur sur le marché du travail régional.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les autorités publiques de la région
Provence-Alpes Côte d’Azur s’effor
cent de programmer le développement
des formations professionnelles en co-
hérence avec l’emploi. Pour cela il leur
faut connaître les modes de renouvelle
ment des qualifications des branches
professionnelles. Si l’expression di
recte des besoins, branche par branche
par les organisations professionnelles,
est indispensable, elle est nécessaire-"externalis? rce
ment diverse et reste souvent marquée
par la conjoncture économique du mo-
ment. Pour préparer ces consultationssys ?me "promot nel
ou pour les compléter utilement, des
approches plus "instrumentées" et plus
transversales s’imposent. Ainsi l’étude
présentée ici, fondée sur un grand nom-
bre d’indicateurs d’entreprises, essaie
de dégager un panorama à la fois objec-
tif et schématisé des modes de gestion
des qualifications des secteurs d’activité.
Le système dit "externalisé" en raison
de l’importance de la rotation des em
plois est celui du commerce, des servi-
ces aux particuliers (hôtellerie, activités
récréatives et culturelles), de la publici-
té et des études de marché, de l’immo-
bilier ou encore de la santé et l’action
sociale. 390 000 salariés sont concernés
par ce système fortement présent en
INSEE 1998C
estpop?unetpr?sentedueddlaecesstablquidefdesvrlrepensiblementnmoccuptIllei."extploqu?l?emouneg?neesplsyst?mm?tre-l?artif?-ssysadntalierstnal.ertudes?m"servi-nalis?caerse?ilit?mo-adin-ed?oeruvunepDeuxrfortemdiern,esenttlcar?meactjeunes.?ris?cpLeaserrxlleae.foravailrlet?guermobconfilitnot?ed?unerem"plomirjeunepaetunefort?minminb;tlhomerseconnd,d?ouparidergrandesqualientfi?srepriseset?gestiofeorted?entpro-eux,portementionpr?sent?sdeanscadres,r?gioetdifparrusn:eeftai-ilitbleauxacces"sibuulatomioneoei?desivinau"particueetareiruvriersre,or"edplrgrandeindustsidLeur?gioPtrmarch?osurb?tlateui-rmen?t,ns?reeluinableLesystsuace
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leu s?organi ansd?Azur C?te
vence-Alpes-entde LesesProvence Alpes Côte d’Azur puisqu’il de grandes entreprises, etc. L’encadre- de ces trois catégories de gestion. Ils ont
représente 44 % de l’effectif total, le ment, prédominant, a connu une mobi été ici regroupés dans une quatrième
poids dans l’emploi salarié régional dé- lité ascendante sur longue période. Le classe, de ce fait plus hétérogène. Ainsi,
passant de 24 % le poids national. personnel, plutôt âgé, comporte relati- certaines activités s’apparentent quel-
vement peu de diplômés de l’enseigne-que peu au système promotionnel : des
L’importance d’une main-d’oeuvre fé ment supérieur. Les entreprises industries de biens intermédiaires qui
minine et jeune, le plus souvent compo-manifestent, en 1994-1995, un mouve- présentent des traits moins accusés que
sée d’employés, va de pair avec des ment de renouvellement des qua lifications les industries lourdes, ou encore les sec-
niveaux de salaires plutôt modestes. Le par un recours modéré mais visible à des teurs de la fonction publique présentes
niveau de diplôme au sein des catégo- jeunes mieux formés. dans l’étude : postes et télécommunica-
ries socioprofessionnelles est élevé, ce tions, recherche et développement,
qui est à rapprocher de la jeunesse de la mais avec une proportion d’employés
main d’oeuvre. Ainsi plus de 80 % des qui équilibre le poids de l’encadrement.
employés ont au minimum un CAP ou De même, la classe des industries de
un BEP, contre 70 % pour l’ensemble biens de consommation ou d’activités
des secteurs. Certaines entreprises uti- tertiaires liées au commerce ou au
lisent les allées et retours fréquent avec s transport est intermédiaire entre le sys-Le système des métiers correspond aux
le marché du travail comme mode de tème externalisé et celui des métiers.activités qui emploient une main-
gestion de l’emploi, pour d’autres cela d’oeuvre homogène et qualifiée d’ou
découle également du caractère saison- vriers. On y trouve l’artisanat et certaines
nier de leur activité. productions industrielles en petites séries
ainsi que les secteurs que l’on a qualifiés
de "tertiaire à qualifications ouvrières"
comme le transport routier. Cela repré- L’opposition industrie/tertiaire ou en-
sente 320 000 salariés soit 36 % des core cols bleus/cols blancs ne rend pas
effectifs de la région avec un poids infé-toujours bien compte des grands cliva-
rieur de 12 % au niveau national. Le système promotionnel se retrouve ges dans la gestion sociale des entrepri-
dans les principales industries lourdes, ses : de grands services collectifs
Le CAP joue un rôle important dans dessidérurgie, métaux non ferreux, chimie comme la distribution de l’eau ou le
secteurs qui recourent fortement à l’ap organique, raffinage du pétrole et cons- transport ferroviaire vont se retrouver
prentissage : bâtiment, travail du bois,truction aéronautique, ainsi que dans la
chaudronnerie industrielle, alimenta production et distribution de l’eau et le
tion-cuisine, etc. Le renouvellementtransport ferroviaire. Le système pro-
des qualifications par les jeunes se faitmotionnel concerne 37000 salariés soi t
en principe de façon plus régulière dans4 % de l’ensemble régional avec une
le temps que dans le système précédent.
forte spécificité régionale : + 22 % par
Au vu de la haute qualification des ca-rapport au poids national.
dres d’entreprises l’accès à l’encadre-
ment semble plus problématique, saufCe système privilégie, dans un contexte
peut être si l’on tient compte de la pos toutefois de réduction d’emploi, une
sibilité de l’installation à son comptecertaine stabilité du personnel à long
dans les entreprises artisanales.terme et la promotion de carrière dans
l’entreprise. On peut trouver plusieurs
raisons à ces choix de gestion sociale :
compétences dans le pilotage des instal-
lations lourdes qui favorise la promo-
tion de certains opérateurs dans la Ces systèmes deréfé rence donnent une
grande industrie, évolutions technolo- représentation simplifiée de la réalité
giques et formation continue qui entraî- des entreprises et des branches. Cela ne
nent une capitalisation des compé- signifie pas que toutes les entreprises
tences du personnel, rôle protecteur du d’une même branche ont recours aux
statut des salariés dans certains services mêmes modes de gestion. Par ailleurs,
parapublics, poids traditionnellement plusieurs secteurs d’activité occupent
fort des organisations syndicales dans des positions intermédiaires au regard
C INSEE 1998
rVersdonn?unomafoufsaiblissemlaenAvitualifdessclivagceessysttsyst?mesrINSEE,aditEssentiele..ionnreelsisesarntisagrnatd-inionndusterien-tgestionerLestiaannuellesireSourcesdiair10m?SUDervreintvri?ionqpositi?eenepr?stiviteactandeDesplusLeeluisyel",st?otme"prde?msLemmai?tdeierdestroiss?eordeganiseD?clarationsau:togur-.N?uneINSEEmProchain-d?oeud?aindans des conditions de gestion analo- tion ouvrière mais par celle des techni- jeune qui occupe de nombreux emplois
gues à l’industrie lourde. De même lesciens et des cadres, ou au contraire quedes petites entreprises des services est
classes à forte proportion d’ouvriers des entreprises tertiaires comme celle relativement bien formée par rapport à
rassemblent des activités aussi bien ter- de la grande distribution ne font plus sa catégorie d’appartenance.
tiaires comme le transport routier ou leappel aux mêmes modes de gestion que
traitement des déchets, qu’industrielles. les petits établissements du commerce,
tous ces faits relèvent des évolutions
Le fait que les systèmes de gestion detechniques et organisationnelles des en-
certains grands secteurs industriels ne treprises et contribuent à transformer
soient pluscara ctérisés par une popula- le panorama de la relation formation
On peut considérer que différents fac-
qualification-emploi.
teurs interviennent dans l’insertion de
nombreux jeunes dans une branche pro-
Les qualifications en présence et la taille fessionnelle : ce peut être une conjonc-
ture économique porteuse, qui à unde l’établissement rendent aussi compte
moment conduit à de nombreux recru-de la diversité des systèmes de gestion
sociale des entreprises. C’est ainsi que lestements ; ce peut être une pyramide des
grandes entreprises à forte proportion de âges favorable : de nombreux ouvriers
professions intermédiaires et supérieures âgés arrivant à l’âge de la retraite, il y a
sont celles qui montrent la stabilité la plus nécessité de renouveler les qualifica
forte de l’emploi et les salaires les plus tions ; ce peut être un turnover impor
élevés. A l’opposé les très petites entre- tant lié notamment à la saisonnalité de
prises à catégorie majoritaire d’employés l’activité qui crée un appel fort mais
et à fort travail saisonnier tendent à se temporaire au marché du travail ; ce
peut être enfin un poids important desdévelopper en offrant des emplois de
très petites entreprises dont on saitcourte durée à une main-d’oeuvre fémi
nine et aux jeunes. qu’elles recourent plus fréquemment
que les grandes à une main-d’oeuvre
jeune.Le niveau de formation peut surprendre :
dans les grandes entreprises, les person
nels qui sont restés longtemps dans desFace à des modes contrastés de recours
emplois stables et ont été promus aux à la main d’oeuvre jeune quelles peu-
fonctions d’encadrement sont en vent être les perspectives d’emplois et
moyenne plutôt âgés et autodidactes. Ade carrière pour ceux qui arrivent sur le
l’inverse la main d’oeuvre féminine et marché du travail ?
C INSEE 1998
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ati fa?on ff?rencien t?meQuelques cas de figure se dessinent qui sier de supermarché pour des jeunes qui
permettent d’en dresser le paysage : les viennent de finir leurs études. Enfin, le
secteurs les plus stables offrent des pos système des métiers offre un vivier tra
L? bservatoi ?gional des tier
sibilités d’évolution de carrière mais ditionnel d’emplois qualifiés nombreux
selon une ouverture du marché du tra- dans la région. Cela peut expliquer la
vail très réduite. Face à la logique de progression d’un système d’apprentis-
gestion du système promotionnel, les sage déjà robuste.
occasions ne sont pas très nombreuses
pour les jeunes et la concurrence forte.
ta nt de truc tu ra tion la rela ion Les secteurs à statut relativement proté Ainsi les jeunes sont soumis au-
gé comme les postes, les télécommuni jourd’hui à de nouvelles conditions
cations, la recherche et développement, d’insertion dans les branches profes-
offrent davantage de possibilités que sionnelles. Celles qui ont connu une
lum es odes l’industrie lourde sans doute au regard évolution très positive de l’emploi ces
d’une conjoncture de croissance un peudernières années sont aussi celles qui
plus favorable. La recherche d’un re- tendent à développer des emplois de
nouvellement des qualifications et d’un courte durée. Mais d’autres branches à
meilleur équilibre de la pyramide des gestion plus stable recommencent àge stion ntre pr ises ?es
âges peut amener les ent reprises à s’ou s’ouvrir à l’insertion de jeunes entrants.
vrir davantage à des recrutements de Le risque toutefois est que le caractère
jeunes comme on le constate en 1994 sélectif de ces entrées et des perspecti-
1995 mais pour des effectifs restreints ves offertes ne conduise à une suren-
et peut être à des niveaux de formationchère au niveau de formation initial.
nettement plus élevés que par le passé.C’est d’ailleurs, semble-t il, une ten-
dance quasi générale que les critères de
A l’opposé, les jeunes et les femmes qualification professionnelle devien-
entrent en grand nombre dans les sec-dront de plus en plus importants car
teurs à forte rotation de l’emploi (petit l’enjeu, dans la région particulièrement,
commerce, hôtellerie restauration, ser n’est plus seulement laccè’ s à l’emploi
vices personnels, grandes surfaces, san mais aussi et surtout la stabilisation des
té travail social) où ils trouvent des jeunes dans l’emploi et la possibilité
occasions fortes de travail de proximité.d’un déroulement de carrière.
Ces secteurs à gestion externalisée ser-
vent pour de nombreux jeunes de sas
d’entrée dans la vie active où ils rejoi-
gnent d’autres secteurs d’activité : c’est
le cas des emplois temporaires de cais-
C INSEE 1998
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