Globalisation et flux d'emploi : que peut dire une approche comptable ?

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Les effets de l’internationalisation sur l’emploi peuvent s’envisager sous deux angles. Le premier s’intéresse aux effets sur l’emploi global. Il oblige à prendre en compte le fait que l’internationalisation se traduit à la fois par des destructions et des créations d’emploi car c’est leur solde qui est pertinent au niveau macroéconomique. L’autre approche se focalise sur les seules destructions, qui correspondent à la part du phénomène qui est effectivement ressentie par les salariés concernés. C’est sur cette composante que nous mettons l’accent dans cet article. Une évaluation fréquemment citée est celle d’Aubert et Sillard (2005). Leur évaluation s’appuyait sur l’analyse de données microéconomiques d’entreprise et débouchait sur un flux annuel d’environ 15 000 destructions. Ce chiffre est significatif mais il ne couvre que le secteur industriel et ne capte qu’une partie de ce que l’on entend souvent par délocalisation. Nous examinons ici une évaluation alternative fondée sur les données de la comptabilité nationale par branche. Cette évaluation s’inspire de la méthode dite du contenu en emploi des échanges internationaux, mais, appliquée aux flux d’emploi plutôt qu’aux stocks, elle en évite les principaux écueils. Sur la période 2000-2005, l’internationalisation aurait été à l’origine de 36 000 disparitions annuelles d’emplois en moyenne, avec des fluctuations importantes selon la phase du cycle économique. L’estimation reste néanmoins tributaire d’un certain nombre de conventions et, par nature, elle ne porte que sur une seule des deux facettes de l’internationalisation, puisqu’elle ne chiffre pas les créations d’emploi qui compensent ces destructions.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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TRAVAIL - EMPLOI
Glblstn t flux d’mpl : qu put d un ppc cmptbl ?Mul Blt, Dd Blnct t Lu Cussn*
Les effets de linternationalisation sur lemploi peuvent senvisager sous deux angles. Le premier sintéresse aux effets sur lemploi global. Il oblige à prendre en compte lefait que linternationalisation se traduit à la fois par des destructions et des créations demplois car cest leur solde qui est pertinent au niveau macroéconomique. Lautre approche se focalise sur les seules destructions, qui correspondent à la part du phéno-mène qui est effectivement ressentie par les salariés concernés. Cest sur cette compo-sante que nous mettons laccent dans cet article. Une évaluation fréquemment citée estcelle dAubert et Sillard (2005). Leur évaluation sappuyait sur lanalyse de donnéesmicroéconomiques d’entreprise et débouchait sur un flux annuel d’environ 15 000 des-tructions. Ce chiffre est significatif mais il ne couvre que le secteur industriel et ne captequune partie de ce que lon entend souvent par délocalisation. Nous examinons ici uneévaluation alternative fondée sur les données de la comptabilité nationale par branche.Cette évaluation sinspire de la méthode dite du contenu en emploi des échanges inter-nationaux, mais, appliquée aux flux d’emploi plutôt qu’aux stocks, elle en évite les prin-cipaux écueils. Sur la période 2000-2005, linternationalisation aurait été à lorigine de 36 000 disparitions annuelles d’emplois en moyenne, avec des fluctuations importantesselon la phase du cycle économique. Lestimation est néanmoins tributaire dun certain nombre de conventions et, par nature, elle ne porte que sur une seule des deux facettes delinternationalisation, puisquelle ne chiffre pas les créations demplois qui compensent ces destructions.
 Didier Blanchet appartient au département des Études Économiques dEnsemble (D3E) de lInsee, Muriel Barlet et Laure Crusson,*appartenaient, lors de la rédaction de cet article, à la division Croissance et Politiques Macroéconomiques du même département. Cetravail dveloppe un chiffrage prsent dans Barlet et al. (2007). Il a bnfici de prsentations au sminaire interne du D3E et au smi-naire Emploi et Travail du Centre dÉtudes de lEmploi et de la Dares. Les auteurs remercient les participants à ces différentes rencontres et tout particulièrement leurs discutants, Guillaume Daudin et Hervé Boulhol. Ils remercient également Hélène Erkel-Rousse, VladimirPasseron et les deux rapporteurs de la revue pour leurs conseils, ainsi que Françoise Le Gallo pour la construction des séries de valeurunitaire. Ils restent évidemment seuls responsables des limites ou inexactitudes de leur travail.
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Lae ffqeutes stsiuorn  ldeems pldoéil orceavliiesnatt iorénsg uelti èdree mleeunrt s dans le débat public et, à ce jour, il a toujours étédifficile de réconcilier la perception qu’en ontune majorité déconomistes et celle quen ontlopinion publique ou les acteurs directementconcernés. Une première vague dinquiétudes’était manifestée au début des années 1990(Arthuis, 1993). Elle était ensuite retombée à lafin des années 1990 du fait d’une conjonctureéconomique plus favorable, mais elle est reve-nue depuis au cur de lactualité avec la montéeen puissance de pays tels que la Chine ou lIndeet la concurrence des pays d’Europe Centraleet Orientale. Elle s’est encore intensifiée avecl’entrée dans la crise et les réflexes protection-nistes quelle réactive. Les chefs dentrepriseeux-mêmes reconnaissent recourir assez large-ment à linstrument des délocalisations. À titredexemple, selon une enquête conduite en 2008par lInsee et le Comité National des Conseillersdu Commerce Extérieur (CNCCEF), 12 % deschefs dentreprise de plus de 20 salariés décla-raient avoir délocalisé au cours de la période2002-2007 (Bardaji et Scherrer, 2008). Maisdans le même temps, beaucoup déconomistescontinuent à défendre la thèse que les échan-ges internationaux nont quun effet modérésur lemploi global, voire négligeable à longterme.
Dux ppcs d l’mpct dsdélclstns : ffts nts su l’mplglbl t flux buts d pts d’mplContrairement aux apparences, ces deux pointsde vue ne sont pas incompatibles. Leur diver-gence vient de ce quils ne sintéressent pas à lamême face du phénomène. La thèse de la neu-tralité de linternationalisation concerne uni-quement lévolution du nombreglobal dem-plois. À cette échelle, le raisonnement est queles destructions demplois qui sopèrent danscertains secteurs de l’économie finissent parêtre compensées par des créations dans dautres secteurs. Ceci ne veut pas dire que les effets delinternationalisation sont inexistants, mais ceciveut dire qu’ils concernent plutôt l’allocationdes emplois et leurs rémunérations absolueset relatives. Par exemple, selon les termes deBhagwatiet al., (2004) « les économistes affir-ment généralement que cest la politique macro-économique qui détermine le nombre totaldemplois alors que la politique commerciale affecte lacomposition des emplois ». Ceci restevrai même lorsque lon fait valoir que les gains à léchange pourraient devenir plus faibles et plus 
inégalitaires quautrefois (Samuelson, 2004).Des effets sur lemploi global napparaissent que lorsque lon prend en compte des rigidités des marchés (Brecher, 1974 ; Boulhol 2008).Le point de vue du terrain est différent. Il estdavantage focalisé sur ce que les économis-tes du travail qualifient deflux bruts (Davis etHaltiwanger, 1997 ; Picart, 2008). On sait queces flux bruts de destructions et créations d’em-plois sont dune ampleur très importante, mêmelorsque lemploi global est stable. La question est de chiffrer la part de ces flux qui sont impu-tables à linternationalisation. Dans cet article, on s’intéressera à des flux de destructions net-tessectorielles plutôt qu’à des flux brutsstrictosensu, mais, dans les deux cas, la question esttrès différente de celle de l’effet sur le stock glo-bal demploi. Cette question relève davantage de la statistique descriptive que de lanalyse déquilibre général, mais elle nest pas moinsimportante que la première. Les deux pointsde vue sont en fait complémentaires : ne rai-sonner que sur les destructions demplois sans prendre en compte les créations compensatricesest un raisonnement déquilibre partiel qui ne capte quune partie des conséquences de lin -ternationalisation ; mais ne s’intéresser qu’ausolde global des créations et des destructionsconduit à laisser dans lombre une composante bien réelle du phénomène, celle qui est le plusdirectement perceptible par les intéressés et qui,à ce titre, mérite d’être quantifiée. C’est à cettecomposante que nous nous intéressons dans cetarticle.Un ppc mcécnmqu : nvn15 000 mpls ndustls délclséscqu nnéSi l’on choisit de se focaliser sur les flux de des-tructions demplois, de quels chiffrages dispose-t-on actuellement (1) 1? Évaluer les flux de délo-calisations ne peut se faire par simple comptage.Il nexiste pas de répertoire des emplois qui per-mettrait de suivre le devenir de chacun dentreeux eta fortiori aucune information directe surles raisons de leur éventuelle destruction.Une alternative peut être le dénombrement deseffets des plans sociaux ou le suivi des mou-vements de délocalisation identifiés par lesmédias : mais ce type de suivi est difficile àgérer de manière exhaustive et harmonisée et1. On se borne ici à quelques références récentes : pour un exa-men plus complet, cf. Daudin et Levasseur (2005).
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il ne débouche pas forcément sur des ordres degrandeur très significatifs (Daudin et Levasseur,2005). On peut également interroger rétrospec-tivement les employeurs ou leurs salariés sur lesdélocalisations quils ont pratiquées ou subies.Le chiffre Insee/CNCCEF cité plus haut de12 % d’employeurs ayant délocalisé au coursde la période 2002-2007 en est un exemple,mais linformation quil donne nest quindica-tive. Après pondération, ces 12 % d’employeursreprésentaient environ 1/6e du champ de len-quête, champ totalisant 2,7 millions demploi. Ces employeurs déclarant avoir délocaliséreprésentent donc 450 000 emplois mais leflux de délocalisations dépend de la part de cesemplois quils ont effectivement délocalisés. Or cette information est difficile à recueillir. Mêmesi les employeurs avaient une comptabilité pré-cise des emplois quils détruisent et créent cha -que année, il leur serait difficile de dire quellepart dentre eux sont perdus ou créés du seulfait de la globalisation car les causes des mou-vements demploi sont en général multiples etont tendance à se renforcer mutuellement. Il ny a que dans quelques cas très emblématiques dedéménagement complet dune unité de produc-tion à létranger que cette question des motifsreçoit une réponse non ambiguë.Cest pour pallier ce manque dinformation directe quAubert et Sillard (2005) ont pro-posé une méthode indirecte sappuyant sur lerecoupement de plusieurs sources statistiques :les déclarations annuelles de données sociales(DADS), les déclarations fiscales et les statis-tiques douanières. La méthode consiste à tra-vailler au niveau microéconomique de lentre -prise ou du groupe. Elle repère un mouvementde délocalisation lorsquil y a concomitance entre hausse des importations du groupe et delentreprise et baisse des effectifs dans au moinslun de ses établissements produisant le ou lesbiens dont les importations augmentent. Seloncette approche, les délocalisations auraientconduit à 15 000 destructions d’emplois par anen moyenne entre 2000 et 2003 contre 13 000emplois sur la période 1995-1999.Ces chiffres peuvent être rapprochés de ceuxde l’enquête Insee-CNCCEF. À supposer queles flux de 15 000 destructions annuelles sesoient maintenus jusquen 2007, ce sont envi-ron 90 000 destructions d’emplois dues auxdélocalisations qui auraient eu lieu de 2002 à2007. Ceci voudrait dire que les employeursdéclarant avoir délocalisé au cours de lapériode auraient en moyenne délocalisé 20 %des 450 000 emplois quils représentent, voire 
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davantage si le phénomène s’est intensifié aucours de cette période par rapport aux années2000-2003. Les résultats des deux approches nesont donc pas incompatibles.Pour autant, le chiffrage Aubert-Sillard a parfoisété considéré comme restant toujours en deçà dela réalité globale du phénomène, pour diversesraisons.Premièrement, Aubert et Sillard (2005) se foca-lisent sur le secteur industriel car leur méthodenest pas transposable au secteur des services, faute d’un enregistrement complet des fluxinternationaux de services. Or la crainte dunemontée en charge des délocalisations commenceaussi à se manifester pour ce secteur des servi-ces (Amiti et Wei, 2005) et il est donc légitimede linclure également dans lanalyse.Une seconde critique est le fait que lapprochedAubert et Sillard sintéresse à une notion de délocalisationau sens strict,i.e. labandon par un groupe d’une unité de production en Franceau profit d’importations. Or la notion com-mune de délocalisation englobe dautres cas defigure.- Il est dune part probable quune partie dessubstitutions demplois étrangers à des emplois français passe par labandon de sous-traitantsfrançais au profit de sous-traitants étrangers.Cette substitution nentre pas dans leur chif-frage alors que les salariés peuvent effective-ment la considérer ou la déclarer comme formede délocalisation.-En outre, au-delà des délocalisations décou-lant dun arbitrage de lemployeur, les salariés vivent aussi comme délocalisations les pertesdemplois venant de ce que leurs entreprisesperdent des parts de marché au profit de concur-rents étrangers. Dans ce cas, ce nest plus lem -ployeur ou son donneur dordre quichoisis-sent de déplacer une partie de leur productionà létranger. Ils subissent plutôt la concurrencedentreprises étrangères qui écoulent leurs pro-duits sur le marché français.Ce dernier type deffets est souvent distinguédu phénomène de délocalisationstricto sensu :on préfère parler deffets de commerce inter -national. Cest à ce choix que sétaient rangésAubert et Sillard. Il nest pas illégitime devouloir dissocier ces deux composantes, quisont de nature différente. Néanmoins il estaussi nécessaire de rechercher un chiffrage deseffets sur lemploi de la concurrence interna -
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tionale qui agrège ces deux dimensions dontplus de 10 000 par an. Le chiffre se révèle doncl’effet final est le même du point de vue desplus faible que celui dAubert et Sillard, malgré salariés concernés.lélargissement du concept, mais ceci nest pas surprenant. Il sagit en effet de destructions glo-Certains travaux vont dans ce sens. Par exem- bales pour lensemble de lindustrie, qui conso -ple, Boulhol et Fontagné (2006) se sont inté- lident donc les mouvements croisés de destruc-ressés à la contribution globale des échanges tions/créations observés au sein de lindustrie.aux destructions demplois industriels pour Il sagit également dune moyenne en longue les pays de l’OCDE sur la période 1970-2002.période, incluant des périodes où la concurrenceLapproche reprend une démarche initiée par des pays à bas salaires jouait peu.Rowthorn et Ramaswamy (1998) et consistepour lessentiel à régresser les évolutions de Au total, les éclairages dont on dispose res-la part de lemploi industriel dans les pays étu-tent encore incomplets ce qui laisse une place diés sur un ensemble de variables explicatives pour dautres approches. Le but de cette étudeincluant des variables décrivant lintensité des est dexaminer lune dentre elles, consistantéchanges internationaux. Boulhol et Fontagnéà adapter une démarche ancienne, celle desconcluent à des destructions cumulées dem - contenus en emplois des échanges internatio-plois industriels de 350 000 unités, soit à peine naux. Cette méthode présente des faiblesses
Encadré 1COMPARAISON AVEC lA MÉTHODE USUEllE DES BAlANCES EN EMPlOI
Le cadre comptable de la méthode proposée dans cetarticle est le même que celui de la méthode dite desbalances en emplois. Or cette méthode a souvent étécritiquée, à juste titre. Il est donc important de préciserce que les deux méthodes ont en commun et en quoielles diffèrent.lappication au eets sur empoi goba : une démarche contestéeLa méthode des balances en emploi est en généralappliquée dans un cadre statique. À une date don -née, on utilise les données de productivité apparentedu travail pour calculer des contenus en emploi desexportations et des importations. Il est ensuite tentantdinterpréter le solde de ces deux contenus comme leffet net sur lemploi de léchange international : sil est positif, on conclura que l’emploi national bénéficiedes échanges, sil est négatif, on conclura que le pays est perdant à léchange.Les limites dun tel raisonnement sont évidentes. Apriori, il ny a aucune raison pour quune balance enemploi soit équilibrée. Un pays qui importe des biensintenses en travail et exporte des biens intenses encapital aura une balance déséquilibrée et léquilibrage de son marché du travail se fera par dautres voies. Par exemple, si le pays est spécialisé dans la produc -tion de biens à haute technologie, la rémunérationmoyenne de ses salariés sera élevée, et ses salairesélevés stimuleront la demande pour des biens ou ser -vices locaux créateurs demploi. Une analyse correcte des effets de linternationalisation nécessite de prendre en compte ces effets déquilibre général. Le problème de la méthode des balances en emploi est quelle pré-tend résoudre ce problème déquilibre général par une démarche comptable en équilibre partiel.Cette limite explique pourquoi la plupart des applica -tions statiques de la méthode insistent sur son carac -
tère indicatif : elle ne sert quà montrer dans quelle direction linternationalisation affecte le marché du travail, sans prétendre chiffrer limpact effectif de cette internationalisation sur lemploi. Parmi ces études oncitera Cortès et Jean (1997), ou Guimbert et Lévy-Bruhl (2002).La démarche présentée dans cet article diffère decette méthode standard des contenus en emploi parson caractère dynamique et par le fait que laccent est plutôt mis sur les destructions demplois. Elle sin -téresse au contenu en emploi desvariations des fluxdéchanges, et non pas au solde entre contenus en emploi des flux d’importations et d’exportations expri-més en niveau. De plus, elle nutilise pas tel quel lecontenu en emploi des variations dimportations maislajuste en fonction des variations demploi effective-ment observées.Comparaison avec appication au u de des-tructions : un eempe simpeOn peut donner lintuition des conséquences de ces choix sur un exemple stylisé très simple (cf. tableau).Cet exemple est celui dune économie à trois biens/trois secteurs notés A, B et C. Les productivités envolume sont identiques dans les trois secteurs et,dans létat initial, les prix des trois biens sont égaux à un et lemploi est équiréparti dans ces trois sec-teurs pour une population totale de 150 000. Avec ceshypothèses, le revenu nominal total de cette écono -mie est lui aussi de 150 000. Mais on suppose que lastructure de consommation surpondère le bien C etléconomie importe donc 20 000 unités de ce bien enéchange de 10 000 unités de chacun des autres biens.Compte tenu des productivités unitaires, les contenusen emploi sont de même montants et la balance enemploi statique de cette économie se trouve être équi -librée.
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