Jeunes et femmes : 3 embauches sur 4 en CDD

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Depuis 2001, la conjoncture moins favorable a eu des répercussions sur les mouvements de main-d'oeuvre dans les établissements de plus de 50 salariés, en Alsace. La mobilité des salariés diminue et la précarité des nouveaux emplois augmente. Le dynamisme des salariés alsaciens reste néanmoins vif, avec une sortie sur cinq par démission. À l'inverse, les licenciements économiques touchent fortement certains secteurs de l'industrie.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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EMPLOI
Trois embauches de femmes surJeunes et femmes :
quatre se font en CDD dans les éta-
blissements de plus de 50 salariés .
Pour les employés et ouvriers non3 embauches sur 4 en CDD qualifiés, plus de 8 embauches sur
10 sont conclues en CDD.
En 2004, les licenciements écono-
miques représentent 2,2 % des sor-
quatre dernières années en Alsace, ties, mais 6,5 % dans l'industrie.Depuis 2001,
alors qu’augmentent les tensionsla conjoncture
sur le marché du travail. Si en
moins favorable
2000, le taux de rotation de la
a eu des répercussions main-d’œuvre était de 29 %, ce-
sur les mouvements lui-ci n’est plus que de 25 % en Des embauches
2004.La rotation de la main d’œuvre de courte duréede main-d’œuvre
est ainsi inférieure du tiers en Alsacedans les établissements
à celle de l’ensemble de la France Le ralentissement de la crois-
de plus de 50 salariés,
(34 % en 2004). sance économique en Alsace a
en Alsace. L’ampleur des mouvements de soutenu le recours aux embau-
La mobilité des salariés main-d’œuvre est différente selon ches à durée déterminée : elles re-
les secteurs. Ce sont les services présentent 66 % des entrées, endiminue
qui enregistrent en 2004 le plus de 2004, contre 64 % en 2000, mais àet la précarité
renouvellements, bien qu’avec un un niveau bien moindre de celui de
des nouveaux emplois
taux plus faible qu’en 2000 : le 1997 : 73 %. Cependant, la part
augmente. taux de rotation dans le tertiaire des entrées en CDD continue à se
Le dynamisme marchand était de 48 % en 2000, il situer sensiblement en dessous
n’est plus que de 36 %. Dans le du chiffre national. Pour l’en-des salariés alsaciens
secteur porteur des services aux semble de la France, 72 % desreste néanmoins vif,
particuliers, les entrées et les sor- nouveaux contrats sont à durée
avec une sortie sur cinq
ties se maintiennent néanmoins, déterminée. Cet écart est particu-
par démission. et avoisinent 70 % des effectifs. La lièrement important dans l’in-
À l’inverse, les licenciements mobilité dépasse 80 % dans le dustrie, avec un niveau national
secteur de l’hôtellerie et de la res- supérieur de 11 points au taux al-économiques
tauration. sacien de 56 %.touchent fortement
certainssecteursdel’industrie. Les mouvements de main-d'oeuvre
suivent la conjoncture économique en Alsace
Taux* (en %)
31
Entrées
30L’Alsace enregistre en 2004, sa
29troisième année consécutive de
baisse de l’emploi dans le secteur 28
concurrentiel. Les mouvements de 27
Sortiesmain-d’œuvre dans les établisse-
26
ments de plus de 50 salariés se
25
sont ainsi ralentis au cours des
24
1995 1997 1999 2001 2003 2005
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus.
* taux annualisé, calculé par somme des 4 taux trimestriels.
7Chiffres pour l'Alsace · revue n° 32 · avril 2006
Source : Insee-Dares, DMMOEMPLOI
En Alsace, moindre recours au CDD pour les transports
Part des entrées à durée déterminée dans certains grands secteurs
en 2004 (en %)
Industries agricoles et alimentaires
100
Industries des biens de consommation celui observé quatre ans aupara-Services aux particuliers
80 vant. En 2000, il y avait en effet
60 pour ce secteur, un pic dans le
recours aux contrats à durée40 Industrie automobileServices aux entreprises
indéterminée au moment des nou-20
velles embauches.
0
Industries
des biens d'équipementTransports Les femmes
et les jeunes,
premiers concernés
Industries
Commerce des biens intermédiaires
Le premier poste à l’embauche fait
Construction
FranceAlsace le plus souvent l’objet d’un contrat
à durée déterminée.En 2004, 85 %Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus.
des recrutements de jeunes de
Tout comme en 2000, l’embauche CDD. Comparé à l’année 2000, ce moins de 25 ans se font sur de tels
par CDD prévaut en 2004 dans le chiffre est en augmentation de contrats. Ces derniers ne repré-
secteur tertiaire, avec près de trois plus de 10 points, pour les em- sentent plus que la moitié des en-
contrats de ce type pour quatre ployés. Les dirigeants d’entrepri- gagements pour les salariés âgés
nouveaux emplois (71 % en Alsace ses et cadres supérieurs compo- de 25 à 49 ans.
et 75 % en France).Ils prédominent sent les emplois stables des entre- La main-d’œuvre féminine est plus
encore davantage dans le secteur prises, et peu d’embauches les mobile. Fin 2004, pour trois fem-
de la santé et de l’action sociale concernant sont à durée déter- mes travaillant dans un grand éta-
avec 80 % des contrats. Dans le minée, respectivement une et blissement alsacien, une femme a
commerce, la part des recrute- deux sur dix. été recrutée au cours de l’année
ments à durée déterminée, pour- Les embauches à l’aide d’un con- écoulée (ou réembauchée en cas
tant en baisse de plus de 5 points trat à durée indéterminée, concer- de renouvellement de CDD), alors
par rapport à l’année 2000, se nent un peu plus d’un salarié sur que seul un homme sur cinq est un
situeà76%. quatre, en 2004. Ce taux est, en nouvel embauché.
Au niveau des catégories socio- Alsace, supérieur de 5 points au Moins d’une femme sur cinq en-
professionnelles, plus de 8 em- niveau national. Ces embauches gagée, l'est avec un contrat à
bauches d'employés ou d'ouvriers atteignent 30 % dans l’industrie, durée indéterminée en Alsace,
non qualifiés sur 10, se font en soit un taux inférieur de 8 points à alors qu’un homme sur deux en
Un quart des embauches à durée indéterminée, en 2004
Secteur d’activité
Mouvements par motif Ensemble
Industrie Construction Services
Entrées 100,0 100,0 100,0 100,0
Contrat à durée déterminée 56,5 36,6 71,0 65,8
Contrat à durée indéterminée 29,5 53,2 23,4 26,2
Transfert en entrée 8,0 10,0 4,5 5,7
Autre 6,0 0,2 1,1 2,3
Sorties 100,0 100,0 100,0 100,0
Fin de contrat à durée déterminée 35,3 19,8 60,1 50,9
Démission 16,8 30,0 17,7 18,0
Licenciement économique 6,5 0,9 0,4 2,2
Autre* 41,4 49,3 21,8 28,9
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus.
* mise à la retraite, autre licenciement, fin de période d'essai, transfert en sortie.
8 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 32 · avril 2006
Source : Insee-Dares, DMMO
Source : Insee-Dares, DMMOEMPLOI
Les jeunes et les femmes massivement embauchés en CDD (en %)
dont
Mouvements par motif Hommes Femmes Ensemble moins de
30 à 49 ans 50 à 59 ans
30 ans
Entrées 47,6 52,4 100,0 57,8 35,1 6,4
dont :
Contrat à durée déterminée 54,3 76,3 65,8 76,4 51,9 47,1
Contrat à durée indéterminée 35,1 18,0 26,2 20,2 35,7 28,0
Sorties 49,9 50,1 100,0 48,6 34,6 12,9
dont :
Fin de contrat à durée déterminée 37,2 64,6 50,9 70,8 39,7 19,6
Démission 20,5 15,6 18,0 16,2 26,0 8,1
Champ : établissements alsaciens de 50 salariés et plus.
bénéficie. Pour l’ensemble de la deux était volontaire, il n’y en a ment plus que dans le reste de la
France, l’écart entre les sexes est plus qu’un sur cinq en 2004. La France : 25 % des sorties en
plus réduit, non par le fait que les fréquentation hôtelière a diminué Alsace pour cette catégorie socio-
femmes bénéficient de contrats depuis deux ans, et les offres professionnelle contre seulement
plus stables, mais par suite d’un d’emploi sont moins importantes. 17 % dans tout le pays. L’emploi
recrutement plus fréquent des L’ajustement du travail se fait par frontalier favorise cette souplesse.
hommes à l’aide d’un contrat à des emplois à durée déterminée, La Suisse continue d’engager
durée déterminée, avec un taux plus de 60 % des motifs de sorties des professions intermédiaires,
supérieur de 10 points à celui de sont des fins de contrat de ce type. notamment dans le secteur des
notre région. Dans une moindre mesure, il en professions médicales. La baisse
Bien sûr, l’écart constaté est en est de même pour les transports, du travail frontalier, de près de 10 %
partie à relier au fait que les fem- avec des démissions représen- depuis 2000, touche essentielle-
mes travaillent plus souvent dans tant 23 % des départs en 2004, ment les employés et les ouvriers.
des secteurs ayant recours à ce soit 6 points de moins par rapport
type d’emploi, par exemple le à l’année 2000. Le secteur des
Dynamisme des salariés alsacienscommerce de détail. transports est particulièrement
exposé à la concurrence des
pays nouvellement membresUne sortie sur cinq
de l’Union, et il est aussi trèsest une démission
fortement lié à la production in-
La part des démissions dans les dustrielle à flux tendu.
sorties est plus forte en Alsace Connaissant une situation so-
(18 %) qu’en France (14 %). Les ciale plus fragile, et une moindre
départs volontaires sont plus im- fluidité de leur métier, les em-
portants dans la plupart des sec- ployés et ouvriers non qualifiés
teurs, mais la construction en quittent rarement leur emploi
Alsace est concernée en premier de façon volontaire : seule une
lieu, avec près d’une démission personne sur huit démissionne.
sur trois départs.La grande mobili- C’est environ deux fois moins
té des salariés dans ce secteur que pour les cadres supé-
Part des démissions
s’explique par une pénurie de rieurs ou les professions inter- dans les sorties (en %)
main-d’œuvre. médiaires. 18 et plus
de 14 à moins de 18Alors qu’en 2000, dans l’hôtellerie En Alsace, les professions inter-
de 12 à moins de 14
et la restauration, un arrêt sur médiaires démissionnent nette-
moins de 12
France métropolitaine : 14 %
9Chiffres pour l'Alsace · revue n° 32 · avril 2006
Source: Insee-Dares, DMMO
© IGN - Insee
Source : Insee-DARES, DMMOEMPLOI
Pour les jeunes, moindre recours au CDD
dans la construction et l'automobile
Part des contrats à durée déterminée dans le total des entrées en 2004 (en %)
dont
Secteur d’activité Ensemble
Femmes Moins de 30 ans
de licenciements économiques,
Industrie 57 67 71
16 % des sorties. Ces secteurs
dont :
sont toujours particulièrement tou-Industries des biens de consommation 54 68 66
Industrie automobile 48 54 55 chés par la concurrence interna-
Industries des biens d’équipement 63 77 76 tionale, spécialement des pays à
Industries des biens intermédiaires 47 50 68
faible coût salariaux.
Construction 37 55 53
Les licenciements économiquesServices 71 79 80
dont : correspondent aux cessations ou
Commerce 76 84 84 restructurations importantes des
Transports 46 66 61
entreprises. Pour autant, ils ne re-
Services aux entreprises 73 80 82
présentent qu’un peu plus du cin-Services aux particuliers 77 79 79
quième de l’ensemble des licen-Ensemble 66 76 76
ciements, lesquels, en dépit d’une
Ce sont toujours les industries al- forte augmentation, n’expliquentDes licenciements
saciennes qui réduisent le plus qu’une part limitée des sorties :économiques élevés
leurs effectifs, avec un taux de sor- une sur dix. Les fins de contrat àdans l’industrie
ties pour licenciement économique durée déterminée, représentant
Malgré un contexte économique (6,5 %) qui est de 2 points supé- une sortie d’emploi sur deux, pè-
moins favorable qu’en 2000, le rieur au chiffre national, consé- sent de façon tout aussi notable
nombre de licenciements écono- quence du déclin remarqué de sur le climat social.
miques reste relativement faible. l’emploi industriel depuis la
Ils correspondent à 2,2 % des sor- mi-2001.
Guillaume RIEDLINties en 2004, même s’ils progres- Les industries du textile et des
sent d'un quart depuis 2000. En composants électriques et élec-
France, ce taux est encore plus troniques continuent de réduire
bas, avec 1,5 % des départs. leurs effectifs avec une part élevée
Sources et définitions
Une source administrative : "déclarations de mouvement de main-d’œuvre" (DMMO).
Ce dispositif a été institué en 1975, dans le but du contrôle de la législation sur l’emploi, notamment en matière d’em-
bauche après licenciement économique ou de renouvellement de contrat à durée déterminée. Suite à la suppression de
l’autorisation administrative de licenciement en 1986, l’obligation de déclaration mensuelle des mouvements de main-
d’œuvre a été maintenue ; les informations ainsi rassemblées permettent de mettre à jour un fichier de suivi des mouve-
ments de main d’œuvre dans les établissements de plus de 50 salariés.
Champ
Sont tenus à cette déclaration, tous les établissements des secteurs privé et public concurrentiel, qui comptent au moins
50 salariés (équivalents temps plein).
L’emploi salarié couvert par la déclaration concerne tous les salariés titulaires d’un contrat de travail, y compris les em-
plois aidés (contrat d’orientation, d’adaptation, de qualification, de réinsertion en alternance ou de retour à l’emploi), et
les contrats d’apprentissage.
Le champ des exploitations annuelle et mensuelle est variable. Les résultats annuels sont constitués à champ constant
sur l’année, c’est à dire pour tous les établissements ayant répondu de manière cohérente sur l’ensemble de l’année.
Pour les résultats détaillés d’analyse des mouvements, tous les établissements ont été retenus, même si ceux-ci n’ont
pas répondu de manière cohérente sur l’ensemble de l’année.
Calcul des différents taux
Les taux d’entrée, de sortie, ou de rotation, sont calculés par rapport aux effectifs présents en début d’année.
Le taux de rotation de la main-d’œuvre est égal à la somme du taux d’entrée et du taux de sortie divisée par 2.
Limites du champ
Dans le secteur tertiaire, le champ couvert par les DMMO n’est pas pleinement représentatif de l’ensemble des établis-
sements de ce secteur. En effet, dans ce secteur, la plupart des établissements ont une taille inférieure à 50 salariés ;
par ailleurs, le champ considéré ne tient pas compte des sociétés d’intérim.
10 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 32 · avril 2006
Source : Insee-Dares, DMMO

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