L'artisanat en Basse-Normandie - Un pilier de l'activité rurale

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Dans le monde rural, un salarié sur cinq du secteur privé travaille chez un artisan. Avec ses 20 400 entreprises, le secteur des métiers contribue pour 8 % à la création de richesse régionale. Les entreprises artisanales occupent un position de force dans le bâtiment. Dans l'industrie, les entreprises artisanales sont appelées à grandir plus souvent que dans les autres secteurs et constituent un gisement de futures PME. Profitant pleinement de la conjoncture économique favorable, l'artisanat a fortement embauché en 2000, les effectifs des entreprises pérennes au cours de l'année ayant crû de 5,5 %, l'emploi salarié bas-normand croissant pour sa part de 3 % seulement. Sur trois emplois salariés créés à la campagne en 2000, un l'a été dans une entreprise artisanale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 99 - septembre 2001
L’artisanat en Basse-Normandie
UN PILIER DE L’ACTIVITÉ
EN ZONE RURALE
ien que la Basse-Normandie résiste Mortagne-au-Perche, de Granville et de % Dans le monde rural, un salariémieux à la désertification de ses Coutances. A l’inverse, on compte moins
sur cinq du secteur privé travaille chezBcampagnes que d’autres régions, de 120 entreprises pour 10 000 habitants
un artisan.l’activité économique tend à se concentrer dans les bassins d’emplois les plus urbani-
dans les villes. Ainsi, moins de quatre sala sés, comme Caen et Cherbourg. Loin-
riés bas-normands sur dix travaillent en d’être une survivance d’un passé en voie
dehors des quinze plus grandes agglomé de disparition, l’artisanat rural fait preuve- % Avec ses 20 400 entreprises, le
rations et de leur aire d’influence. Or, ce d’un grand dynamisme puisque plus de
secteur des métiers contribue pour 8 %
sont souvent des entreprises artisanales 60 % des recrutements effectués en 2000
à la création de richesse régionale.
qui offrent ces emplois hors des villes : par le secteur des métiers l’ont été dans les
dans le monde rural, un salarié sur cinq du entreprises artisanales du monde rural.
secteur marchand travaille chez un artisan Ces dernières ont ainsi accru leurs effectifs % Les entreprises artisanales occualors qu’en ville la proportion n’est que de salariés de 6,5 % sur un an, contre seule --
pent une position de force dans le bâti13 %. L’artisanat apparaît donc comme un ment 5 % pour leurs homologues implan --
ment. Dans l'industrie, les entreprisespilier de l’activité économique en zone ru tées en aires urbaines. En zone rurale, les-
artisanales sont appelées à grandir plusrale. La densité artisanale, de 162 entrepri entreprises artisanales ont même assuré-
souvent que dans les autres secteurs etses pour 10 000 habitants en zone rurale près du tiers des créations d’emplois ob-
constituent un gisement de futurescontre seulement 126 en ville, dépasse 180 servées sur l’année dans le secteur mar-
P.M.E.dans les bassins d’emploi de L’Aigle, de chand. A l’inverse, la contribution du
% Profitant pleinement de la
Contribution de l'artisanat à la création de richesse régionale
conjoncture économique favorable, l'ar-
(valeur ajoutée), selon les secteurs de la Nomenclature d'Activités Française
tisanat a fortement embauché en 2000,
les effectifs des entreprises pérennes0 1020 304050
au cours de l'année ayant crû de 5,5 %,
Construction l'emploi salarié bas-normand croissant
pour sa part de 3 % seulement.
Commerce
Secteur marchand hors agriculture
% Sur trois emplois salariés créés àIndustrie
la campagne en 2000, un l'a été dans
Services marchands une entreprise artisanale.
Unité : %
Source : Insee - RIM, SUSE 1998, Comptes régionaux
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 99. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
16 % DES SALARIÉS DU SECTEUR PRIVÉ (HORS AGRICULTURE)
TRAVAILLENT CHEZ UN ARTISAN AU 31 DÉCEMBRE 2000
Alimentation Production Bâtiment Services et autres Ensemble
Tranche d’effectif
Nombre Effectif Nombre Effectif Nombre Effectif Nombre Effectif Nombre Effectifsalarié
d’entreprises salarié * d’entreprises salarié * d’entreprises salarié * d’entreprises salarié * d’entreprises salarié *
Aucun salarié 1 013 0 1 247 0 2 854 0 2 598 0 7 712 0
1 à 4 salariés 2 015 4 030 1 189 2 430 3 196 6 140 2 919 5 670 9 319 18 270
5 à 9 salariés 421 2 680 455 3 040 817 5 420 657 4 220 2 350 15 360
10 à 14 salariés 63 730 127 1 490 211 2 450 133 1 530 534 6 200
15 salariés ou plus 45 1 110 182 4 390 154 3 370 75 1 720 456 10 590
Ensemble 3 557 8 550 3 200 11 350 7 232 17 380 6 382 13 140 20 371 50 420
* au 31 décembre 2000
Source : Insee, RIM, URSSAF
secteur des métiers à l’augmentation de les du secteur de la construction a ainsi plantation de zones d’activités commercia-
augmenté de 270 et les effectifs salariés de les et de grandes surfaces alimentaires aul’emploi salarié marchand, en ville, a été
1 390 personnes, alors que le nombre d’en sein des aires urbaines explique en partie leseulement de 12 %. -
treprises baissait dans les autres secteurs. fait que l’artisanat alimentaire soit propor-
Urbain ou rural : Cette représentation plus forte du secteur tionnellement moins présent en milieu ur-
les deux visages du bâtiment en zone rurale est particulière- bain. Ainsi, il subsiste treize
de l’artisanat bas-normand ment importante dans les activités de me boucheries-charcuteries pour 10 000 habi- -
nuiserie, de couverture et de terrassement, tants en zone rurale contre seulement huit
La bonne santé de l’artisanat rural s’ex-
les électriciens s’installant quant à eux plu en ville.-plique avant tout par le dynamisme du sec-
tôt en agglomération urbaine.
teur de la construction. En effet, 38 % des Dans l’artisanat de production, les écarts
entreprises artisanales implantées en zone Pour le secteur de l’alimentation, l’écart d’implantation entre zones urbaines et ru-
rurale appartiennent à ce secteur contre un entre zones rurales et aires urbaines est rales sont quasiment inexistants, entre 15
tiers en milieu urbain. Or, ce secteur a moins marqué (18,5 % des entreprises arti et 16 % des entreprises artisanales exer- -
connu une croissance particulièrement sanales appartenant à ce secteur en zone ru çant ces activités. Toutefois, les entrepri- -
vive au cours des deux dernières années. rale contre 16,5 % en zone urbaine), mais ses spécialisées dans le travail des métaux,
En 2000, le nombre d’entreprises artisana- touche toutes les activités. La plus forte im et notamment la fabrication de machines et-
d’équipements, et celles de la filière
bois et ameublement sont davantage loca-
lisées en milieu rural, alors que les entre-
prises artisanales d’imprimerie se
concentrent dans les aires urbaines.
Quant aux entreprises artisanales de servi-
ces, elles préfèrent nettement les zones ur-
baines : 34 % des entreprises artisanales
implantées au sein d’une aire urbaine ont
une activité de services, contre à peine
27 % en zone rurale. En ville, les entrepri-
ses artisanales de services sont même plus
nombreuses que celles spécialisées dans
les métiers du bâtiment. L’artisanat
n’échappe donc pas à la tendance générale
qui voit les activités de services accompa-
gner le développement urbain. Les entre-
prises de services de proximité,
essentiellement commerciales, préfèrent
en effet s’implanter à proximité de leur
clientèle, et celle-ci croît avec la densité de
la population. Cette spécialisation des aires
urbaines dans les services, vérifiée pour
tous les types d’activités, est particulière-
ment importante dans les services aux par-
ticuliers et chez les garagistes. Des
différences de modes de vie expliquent
aussi sans doute l’implantation privilégiée
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 99. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
en ville des teintureries, des blanchisseries En revanche, ce dernier est davantage té de ce dynamisme, les entreprises artisa-
et des établissements de soins à la per spécialisé dans le secteur des services, des nales du bâtiment sont plus nombreuses- -
sonne, les dépenses de consommation de tinés aux particuliers comme aux entrepri dans le Calvados que dans la Manche ou-
ces services par les habitants des villes ses. Au caractère urbain s’ajoutent des dans l’Orne, alors même que la construc-
croissant rapidement et offrant des oppor- facteurs historiques, qui contribuent par tion reste un secteur mieux représenté en
tunités pour des créations d’activités. exemple à l’importance des filières tex zone rurale.-
tile-habillement et travail des métaux dans
A chacun sa spécialité
La plus ou moins grande urbanisation d’un le département de l’Orne. Le dynamisme
territoire expliquera par conséquent en de la demande peut également jouer sur la A la croisée de ces différents facteurs, les
partie les différences de spécialisation de présence des artisans. Ainsi en est-il du bassins d’emploi de Basse-Normandie
ses entreprises artisanales. Ainsi, dans Calvados, où l’accroissement de la popula- laissent apparaître des spécialisations mar-
l’Orne et dans la Manche, les secteurs de tion s’est accompagné d’un essor très ra- quées de leurs entreprises artisanales, qui
l’alimentation, du travail des métaux, du pide du parc de logements depuis 1990 accompagnent parfois un développement
bois et de l’ameublement sont logiquement (+ 14 % contre + 8 % dans la Manche et local original. Ainsi, les bassins d’emploi
mieux représentés que dans le Calvados. + 7 % dans l’Orne). Ayant largement profi de Cherbourg,de Flers et deVire sont da- -
LES RÉSULTATS FINANCIERS DE L’ARTISANAT BAS-NORMAND EN 1998
Unités : nombre, million de francs
Nombre Excédent brut
Secteurs d’activité Chiffre d’affaires Valeur ajoutée Investissements Total des dettes
d’entreprises d’exploitation
Alimentation 3 682 6 372 2 039 779 344 2 221
Travail des métaux 1 031 4 109 1 410 362 135 1 451
Textile, habillement et cuir 278 261 90 31 9 108
Bois et ameublement 823 1 060 399 119 42 423
Autres fabrications 1 094 2 410 961 287 118 993
Bâtiment 7 136 8 491 3 781 1 111 315 3 077
Transport, réparation et autres services 6 076 10 086 2 959 971 350 3 118
Autres activités 48 370 124 44 70 194
Ensemble 20 168 33 159 11 763 3 704 1 383 11 585
Source : Insee, RIM, SUSE
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 99. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
33 milliards de francs (5 milliards d’euros) effet en 1998 surtout le fait des entreprises nouvellement créées
de chiffre d’affaires en 1998 du secteur des métiers, les plus anciennes ayant eu tendance à di-
(1)
et 39 milliards estimés pour 2000 , minuer leurs dépenses. C’est particulièrement le cas dans le sec-
soit près de 8 % de la valeur ajoutée régionale teur de l’alimentation où les nouvelles unités, assez nombreuses
en 1998, ont eu à faire face à des charges importantes pour l’acqui-L’artisanat bas-normand a généré 12 milliards de francs de
sition des équipements nécessaires au lancement de leur activité.
valeur ajoutée en 1998 (soit 1,8 milliards d’euros), contribuant
En revanche, dans les secteurs de la production, notamment dans
ainsi pour 7,6%àla création de richesse régionale, pour un
la plasturgie et dans les activités extractives, l’investissement a dé-chiffre d’affaires annuel de 33 milliards de francs (soit 5 milliards
passé le strict cadre des nouvelles entreprises. Confrontées à une
d’euros) à cette date. La contribution de l’artisanat dépasse
concurrence forte, les entreprises artisanales de ces secteurs ont
même 10 % de la richesse régionale pour le seul secteur concur-
en effet dû moderniser leur outil de production pour pouvoir ré-rentiel (hors agriculture). C’est en fait dans les secteurs de la
pondre à une demande croissante et ont ainsi accru leurs dépen-construction et du commerce que l’artisanat pèse le plus lourd,
ses d’investissements de6%en 1998. Même bien orienté,
concentrant 42 % de la valeur ajoutée dans le premier et 18 %
l’investissement de l’artisanat industriel reste cependant marginal
dans le second. En revanche, l’industrie reste le domaine de pré-
par rapport à celui des grandes entreprises du secteur : il ne repré-dilection de la grande entreprise, l’artisanat créant moins de
sente guère plusde7%de l’investissement des seuls établisse-10 % de la valeur ajoutée industrielle. Enfin, malgré le dévelop-
ments bas-normands des entreprises industrielles de vingt salariés
pement des entreprises artisanales de services aux particuliers,
ou plus.
l’impact du secteur des métiers est plus que modeste dans les
Les entreprises artisanales du bâtiment quant à elles investissentservices, avec seulement 3 % de la valeur ajoutée de ce secteur.
peu, l’activité reposant surtout sur la main d’œuvre, à l’exceptionSeule la réparation reste largement dominée par les entreprises
des de terrassement et de génie civil, par ailleurs plusartisanales. L’artisanat est donc à la fois puissant et en dévelop-
soumises à la concurrence de grandes unités. En moyenne, l’in-pement dans des secteurs d’activité traditionnels, mais presque
vestissement par entreprise est plus important dans les métiers lesabsent dans l’économie des services pourtant en forte crois-
mieux représentés en zone rurale, comme la menuiserie.sance.
Cet essor de l’investissement ne s’est pas soldé par un fort recoursLa valeur ajoutée créée par les entreprises artisanales repré-
à l’endettement. La dette du secteur des métiers n’a ainsi crû quesente en moyenne 36 % de leur chiffre d’affaires et cette valeur
de 500 000 francs en 1998 (76 000 euros), démontrant la bonneajoutée est d’autant plus importante que les entreprises sont de
capacité d’autofinancement des entreprises artisanales. Les fraispetite taille et que le coût des matières premières est faible. Le
financiers supportés par les artisanales ont d’ailleurstaux de valeur ajoutée (valeur ajoutée rapportée au chiffre d’af-
légèrement baissé en 1998, pour descendre en dessous de 10 %faires) atteint ainsi 39 % pour les entreprises n’ayant aucun sala-
de leur excédent brut d’exploitation. Si les niveaux d’endettementrié contre à peine 31 % pour les de plus de 15
sont du même ordre de l’entreprise du bâtiment au prestataire desalariés, et varie de 50 % dans les activités de peinture et de plâ-
service, en passant par l’artisanat alimentaire (de 2,5 à 2,8 fois l’ex-trerie à 22 % dans la réparation automobile.
cédent brut d’exploitation annuel), ils culminent à quatre fois le ré-
Des dépenses d’investissement d’un milliard et demi de sultat d’exploitation (l’E.B.E.) dans le travail des métaux. La
francs en 1998 (230 millions d’euros) localisation de l’activité et la taille de l’entreprise contribuent toute-
fois à placer les entreprises dans des situations inégales. Ainsi, en
En 1998, les entreprises artisanales bas-normandes ont conser-
raison de locaux plus onéreux en ville, les activités commerciales
vé 32 % de leur valeur ajoutée pour financer leur développement
du secteur alimentaire sont plus endettées en agglomération qu’en
et assurer le revenu des entrepreneurs. Les disparités restent
zone rurale. En outre, en dépit d’un endettement limité, les plus pe-cependant importantes entre les entreprises puisque les marges
tites entreprises artisanales paraissent avoir plus de mal à obtenir
varient de 26 % de la valeur ajoutée seulement dans le travail
des conditions d’endettement avantageuses. À niveau d’endette-des métaux à 38 % dans l’alimentation, en passant par 29 %
ment égal, elles paient nettement plus d’intérêts que les autres.
dans le bâtiment.
__________
Ceci leur a permis d’investir, pour près de 1,5 milliards de francs
(1) Seul le chiffre d’affaires de l’année 1998 nous est connu sur l’ensemble
en 1998 (230 millions d’euros), soit 12 % de la valeur ajoutée,
du secteur des Métiers. Selon des données provisoires issues de la Direc-
après 1,2 milliards de francs en 1997 (180 millions d’euros), la tion Générale des Impôts sur une partie des entreprises artisanales, ce
bonne conjoncture encourageant manifestement la prise de chiffre d’affaires aurait augmenté de 7 % en 1999 et de 9 % en 2000. Il serait
risque. Effet conjoncturel ou pas, l’effort d’investissement est en donc proche de 39 milliards de francs en 2000 (5,9 milliards d’euros).
vantage orientés vers les métiers de loppement de la branche alimentaire s’est timent, celui du logement individuel et de
bouche. Le bassin d’emploi de Vire est ce opéré au détriment du secteur du bâtiment la rénovation.-
lui où la spécialisation dans l’alimentation qui apparaît relativement moins présent
est la plus prononcée et c’est sans doute là qu’au niveau régional. Il est possible que Le second groupe de bassins d’emploi,
la marque de la tradition agricole de ce ter dans le Nord-Cotentin, les grandes entre spécialisé dans l’artisanat de production,- -
ritoire. Les entreprises d’alimentation y re prises de construction, très sollicitées sur comprend Argentan, L’Aigle et Gran- -
présentent en effet 23 % des entreprises les grands chantiers de l’électronucléaire, ville. Ces deux derniers bassins possèdent
artisanales contre moins de 18 % au niveau aient grignoté une part du marché ailleurs même une spécialisation sans équivalent
régional. Dans ces trois bassins, le déve plutôt dévolu aux petites entreprises du bâ- - dans l’artisanat de production. Cette forte
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 99. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
polarisation de l’activité s’explique essen- PME. En revanche, le tissu artisanal tion, eux-mêmes légèrement sur-représen-
tiellement par l’importance du travail des d’Argentan est plus diversifié. Dans ce tés par rapport au reste de la région.
métaux, qui se concentre dans des entrepri bassin, les nombreuses entreprises de pro Le troisième groupe, composé des bassins- -
ses artisanales et dans un réseau dense de duction côtoient les artisans de l’alimenta de Lisieux et de Mortagne-au-Perche, est-
Une majorité de très petites entreprises une entreprise artisanale sur cinq emploie au moins quinze sala-
riés. En fait, pour une forte proportion d’entreprises artisanales
de l’industrie, la réussite s’accompagne rapidement d’une crois-Avec en moyenne moins de 2,5 salariés, les en-
sance en termes de chiffre d’affaires et d’effectifs qui les place à
treprises artisanales bas-normandes sont pour la plupart des
égalité avec les P.M.E. du secteur, ce qui est beaucoup moins
petites structures. Ainsi, 38 % d’entre elles n’ont aucun salarié et
fréquent pour une entreprise artisanale de l’alimentation ou du
85 % emploient moins de 5 salariés. Par conséquent, la concen-
bâtiment. Les entreprises du textile et du cuir semblent constituer
tration de l’emploi salarié est extrêmement forte au sein du sec-
une exception car elles ont une taille (1,5 salarié) nettement infé-teur des métiers. Un employeur rémunère en moyenne 4 salariés
rieure à la moyenne régionale, mais cette faible dimension tient à
et les 15 % d’entreprises les plus grandes, celles qui emploient au
la forte proportion d’ateliers de retouche au sein de ces activités.
moins cinq salariés, concentrent deux emplois salariés sur trois.
Un cinquième des salariés de l’artisanat est même employé par Dans le secteur du bâtiment, la taille moyenne des entreprises
les 450 entreprises inscrites au Répertoire des Métiers comptant est de 2,4 salariés, très variable, cependant, selon le métier exer-
(1)au moins quinze salariés . Le nombre important d’entrepre cé. Les entreprises de construction de maisons individuelles et-
neurs n’employant aucun salarié (près de 8 000) indique qu’il de logements collectifs sont, avec en moyenne six salariés, les
existe un potentiel de croissance de l’emploi non négligeable de plus grandes. Dans ces activités une taille minimale est néces-
ce côté de l’économie. Ce sont en effet les Très Petites Entrepri saire pour disposer de la totalité des compétences nécessaires à-
ses (T.P.E.), celles comptant moins de dix salariés, qui ont le plus la construction de logements. A l’inverse dans les activités plus
contribué à la croissance de l’emploi en 2000. Celles-ci, en aug spécialisées de finition et d’électricité, la taille moyenne n’excède-
mentant de 13 % leurs effectifs salariés par rapport à 1999, ont pas deux salariés. Fin 2000, plus de 2 800 artisans du bâtiment
assuré près de 90 % des recrutements réalisés par les artisans (40 %) n’employaient aucun salarié, seul un conjoint-collabora-
bas-normands. teur apportant le cas
Ce dynamisme échéant un renfort.
Les entreprises artisanales de dix salariés ou plusdes T.P.E. arti Comme dans le sec- -
sanales est su teur du bâtiment, les- créent le quart de la valeur ajoutée
périeur à celui entreprises artisa-
observé dans nales des métiers
15 salariés ou plus
les autres filiè Nombre d'artisans Valeur ajoutée de bouche em- -
10 à 14 salariés
res où les entre ploient en moyenne-
5 à 9 salariés
prises de moins 2,4 salariés (hors
1 à 4 salariés
de dix salariés apprentis). Le poids
Aucun salarié
n’ont accru des activités com-% %
0 102030405050 40 30 20 10 0leurs effectifs merciales de bou-
salariés que de cherie – charcuterieSource : Insee - RIM, SUSE 1998
8 % sur un an. et de boulan-
En revanche, gerie – pâtisserie au
les P.M.E. arti sein des métiers de-
sanales n’ont guère plus embauché en 2000 que les autres bouche explique en partie cette petite taille. Dans ces deux activi-
P.M.E. bas-normandes (+ 3 %), parvenant même à peine à main tés, seulement 12,5 % des entreprises emploient plus de cinq sa- -
tenir leurs effectifs dans les services. lariés.
Le secteur de la production est celui où les entreprises artisana Le secteur des métiers n’échappe pas à la tendance générale qui-
les sont les plus grandes, chaque employeur rémunérant en voit le secteur des services concentrer les structures les plus peti-
moyenne six salariés. La part d’entreprises n’employant aucun tes. Ainsi, les entreprises artisanales de services sont, avec en
salarié reste cependant importante (39 %). Dans ces activités, moyenne moins de deux salariés, celles qui reposent le plus sur
essentiellement industrielles, une entreprise sur quatre emploie le travail du patron et d’un éventuel conjoint-collaborateur. C’est
plus de cinq salariés et la proportion de celles employant plus de également dans ce secteur que la proportion d’entreprises de
dix salariés atteint 10 %. Ces entreprises avaient moins de dix sa plus de quinze salariés est la plus faible (1,2 %). Dans les activi- -
lariés à la date de leur inscription au Répertoire des Métiers et se tés commerciales et de soins aux personnes (coiffeurs, fleuris-
sont donc développées depuis. Plus généralement, l’artisanat de tes, photographes ou taxis) les artisans s’adjoignent l’aide de 1 à
production regroupe 40 % des entreprises artisanales comptant 2 salariés seulement. Seules les activités de transport, hors taxi,
plus de quinze salariés. Dans le travail des métaux, principale ac et de réparation automobile concentrent des entreprises de taille-
tivité de l’artisanat de production, la taille moyenne des entrepri supérieure à la moyenne régionale du secteur artisanal.-
ses atteint 5,5 salariés. Mais, c’est dans la transformation des __________
matières plastiques que les entreprises artisanales sont, avec en (1) Une entreprise artisanale qui franchit la barre des dix salariés peut en
moyenne dix salariés, les plus grandes. Dans ces métiers, forte- effet maintenir son inscription au Répertoire des Métiers (voir encadré
ment exposés à la concurrence des grands groupes industriels, méthodes).
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 99. . . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSEANALYSE ANALYSE ANALYSE
Fin 2000, l’Insee et la Chambre Régionale de exercer, à titre principale ou secondaire, une activité de
Métiers de Basse-Normandie sont convenus production, de transformation, de réparation ou de prestation de
de la mise en place d’un système d’observation services, parmi celles retenues par l’arrêté ministériel qui délimite
des entreprises artisanales afin de développer la le champ de l’artisanat. Au moment de son inscription au Réper-
connaissance régionale du Secteur des Métiers en Basse-Nor toire des Métiers, l’entreprise ne doit pas employer plus de dix sa- -
mandie. A cet effet, la Direction régionale de l’Insee a constitué lariés. Un décret de 1995 permet aux entreprises qui franchissent
un répertoire des entreprises artisanales régionales contenant le seuil des dix salariés de maintenir leur immatriculation au ré-
des informations sur l’emploi, l’activité et les résultats financiers pertoire sous certaines conditions. Les entrées et les sorties du
des unités économiques. Ce répertoire est mis à jour à partir du fi système d’observation peuvent par conséquent avoir plusieurs-
chier des entreprises inscrites au Répertoire Informatisé des Mé motifs : créations ou cessations d’entreprises bien entendu, mais-
tiers (RIM), image informatique des Répertoires des Métiers également changement d’activité ou modification de la situation
gérés par les Chambres de Métiers départementales. Il est en par rapport au seuil des dix salariés. Pour mieux appréhender les
outre alimenté par l’information provenant de fichiers administra évolutions économiques réelles, on observe de façon privilégiée-
tifs : le Système Unifié de Statistiques d’Entreprise (SUSE) géré les unités pérennes, c’est-à-dire celles présentes au début et à la
par l’Insee, pour les données à caractère comptable, et le fichier fin de l’année observée.
des établissements disposant de comptes actifs auprès de Enfin, dans cette étude, le monde urbain correspond aux aires ur-
l’URSSAF, pour les effectifs salariés, non compris les apprentis. baines définies suite au recensement de la population de 1990.
Le présent document met en lumière les principaux résultats is Une aire urbaine est constituée d’une agglomération concentrant-
sus de l’exploitation de ces informations. plus de 5 000 emplois et de sa couronne périurbaine, cette der-
nière regroupant toutes les communes dont au moins 40 % des
Qu’est-ce qu’une entreprise artisanale ? actifs travaillent dans l’agglomération centrale ou son immédiate
Pour être inscrite au Répertoire des Métiers, une entreprise doit périphérie. Le monde rural correspond au reste du territoire.
quant à lui orienté vers les activités du bâti gional. Cette orientation forte s’accom trouvera toutefois peu d’entreprises artisa- - -
ment. Le bassin d’emploi de Lisieux pagne d’un moindre poids du secteur du nales de services installées dans le bassin
compte une forte proportion d’entreprises bâtiment dans le bassin d’emploi de d’emploi de Bayeux. La proximité de
spécialisées dans les travaux de finition et Saint–Lô, et de l’artisanat de production Caen, principal pôle d’attraction pour les
d’aménagement et profite à plein de la de dans celui d’Alençon. services, explique sans doute en partie ce-
mande en croissance liée au tourisme de phénomène. Le nombre élevé de grandes
Enfin les bassins d’emploi d’Avranches,
chambres d’hôtes et de résidences secon- surfaces implantées dans l’agglomération
de Bayeux, de Caen et de Coutances se ca-
daires du Pays d’Auge. Quant à celui de caennaise doit également contribuer au
ractérisent par une absence de spécialisa-
Mortagne-au-Perche, où la croissance du moindre développement de la branche ali-
tion marquée. La structure des entreprises
parc de logements, la plus forte après Caen, mentation du Bessin.
artisanales implantées dans ces bassins
Granville et Lisieux, a stimulé le secteur de
d’emploi ne diffère pas significativement
la construction, il est également marqué Michel MOISANde celle observée au niveau régional. On
par la présence de nombreux artisans de la
production.
Les bassins d’emploi de Saint-Lô et
d’Alençon, qui forment le quatrième
groupe, sont quant à eux polarisés sur les
Tableau de bord régional du Secteur des Métiers, Chambreactivités de services, la position de
Régionale de Métiers de Basse-Normadie, octobre 2001.chef-lieu de département attirant une popu-
lation urbaine plus portée à consommer “Bilan 2000”, L’économie bas-normande, n° 30, Insee
certains services. Ainsi, la proportion d’en- Basse-Normandie, juillet 2001.
treprises spécialisées dans les soins à la
personne y est plus élevée qu’au niveau ré-
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE CENT POUR CENT Basse-Normandie
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