L'économie sociale - Un salarié bas-normand sur dix

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Un salarié bas-normand sur dix travaille dans l'économie sociale. C'est plus que deux fois les effectifs des industries agroalimentaires dans la région. L'essentiel des emplois s'exerce dans les services non marchands, même si l'économie sociale est aussi présente dans la plupart des grands secteurs économiques privés. Le monde associatif contribue aux trois quarts des emplois de l'économie sociale bas-normande. Principal domaine : l'action sociale. Les emplois y sont plutôt occupés par des femmes et des jeunes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 124 - novembre 2003
L’économie sociale
UN SALARIÉ BAS-NORMAND SUR DIX
’économie sociale fait partie du Basse-Normandie moins de 30 000 sa- % Un salarié bas-normand surquotidien de chacun, notamment lariés et les industries agroalimentaires
dix travaille dans l'économie so-Ldans le domaine du sport, de la un peu plus de 20 000.
ciale. C'est plus que deux foissanté ou de la culture. Avec 45 800 sa-
les effectifs des industrieslariés à la fin 2000, soit près de 10 % de L’économie sociale regroupe notam-
agroalimentaires dans la région.l’emploi salarié régional, l’économie ment les associations, les mutuelles et
sociale apparaît comme un secteur les coopératives. Cet ensemble assez
économique important en Basse-Nor- hétérogène se définit toutefois autour % L'essentiel des emploismandie. A titre d’exemple, le secteur de valeurs communes comme le béné-
s'exerce dans les services nonde la construction emploie en volat des administrateurs, l’absence de
marchands, même si l'économie
sociale est aussi présente dans
la plupart des grands secteurs
économiques privés.
% Le monde associatif con-
tribue aux trois quarts des em-
plois de l'économie sociale
bas-normande. Principal do-
maine : l'action sociale.
% Les emplois y sont plutôt
occupés par des femmes et des
jeunes.
Le salariat dans l’économie sociale n’avait pas encore fait l’objet d’une étude complète en Basse-Normandie. La
Chambre régionale de l’économie sociale, la Caisse des dépôts et consignations, la Préfecture de Région et l’Insee
de Basse-Normandie ont donc passé en 2003 une convention pour la réalisation d’une étude par l’Insee.
Un groupe de travail a suivi et orienté les travaux. Il a réuni ces quatre institutions, d’autres organismes publics (la Di-
rection régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, le Conseil économique et social régional) et
des acteurs importants de l’économie sociale (la Mutualité du Calvados, la Mutualité de l’Orne, la Mutualité de la
Manche, l’Union régionale des SCOP de l’Ouest, la Caisse d’épargne de Basse-Normandie, le Crédit coopératif,
l’Association régionale pour le Développement de l’économie solidaire et la Conférence permanente des coordina-
tions associatives.
Ce numéro de Cent pour cent Basse-Normandie est la synthèse du rapport final de l’étude. Ce rapport est disponible
auprès des membres du groupe de travail.
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 124. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
L’ÉCONOMIE SOCIALE CONCENTRE LE QUART DES EMPLOIS SALARIÉS
DANS L’ÉDUCATION, LA SANTÉ ET L’ACTION SOCIALE AU 31 DÉCEMBRE 2000
Ensemble de l’économie Economie sociale
Part dans chaqueSecteur d’activité Nombre d’emplois Répartition par Nombre d’emplois Répartition par
secteur
salariés secteur (%) salariés secteur (%)
de l’économie (%)
Secteur marchand, hors agriculture, 326 940 67,8 15 640 34,2 4,8
sylviculture et pêche
Industries 108 360 22,5 2 760 6,0 2,5
Construction 30 900 6,4 350 0,8 1,1
Commerce 63 100 13,1 2 610 5,7 4,1
Services marchands 124 580 25,8 9 920 21,7 8,0
Services d’éducation, de santé et 108 990 22,6 30 140 65,8 27,7
d’action sociale et autres activités(*)
Administration publique, hors 46 350 9,6---
éducation, santé et action sociale
Ensemble, hors agriculture, 482 280 100,0 45 780 100,0 9,5
sylviculture, pêche
(*) Autres activités : organisations professionnelles, religieuses, politiques, syndicales...
Sources : Insee, estimations d’emploi et DADS 2000
but lucratif ou la liberté d’adhésion. des emplois). En revanche, elle pèse mentaire, notamment dans l’industrie
L’économie sociale est très présente très peu dans la construction et l’in- laitière, même si ce secteur est désor-
dans la sphère non marchande, où elle dustrie, à l’exception du secteur des mais largement dominé par de grands
offre 28 % des emplois régionaux. composants électriques et électroni- groupes privés. La coopération agricole
Cette proportion est très forte, proche ques où sa part atteint 15 %. Cette ex- reste en revanche puissante dans le
de 34 % dans la santé et l’action so- ception est due à la présence de la commerce de gros, organisant la mise
ciale, et plus modeste dans l’éducation, coopérative ouvrière Acome, troisième sur le marché d’une part notable de la
avec 11 % des postes. Ces trois secteurs entreprise du secteur en Basse-Nor- production agricole. Les autres coopé-
regroupent les deux tiers des salariés de mandie (un millier d’emplois). ratives regroupent des entreprises dans
l’économie sociale bas-normande. diverses activités économiques, surtout
Le domaine de l’économie sociale re-
Mais la sphère marchande offre elle groupe dans la région près de 2 800 en-
aussi son lot d’emplois. Dans ce sec- treprises, dont les trois quarts
teur, l’économie sociale emploie emploient moins de dix salariés (trois
15 700 salariés, soit presque 5 % de en moyenne). Pour autant, même peu
l’effectif total. Elle est surtout présente nombreuses, les grandes structures oc-
dans les services (8 %), et tout particu- cupent une place importante en terme
lièrement dans les secteurs du sport, d’emploi : les 71 plus grandes em-
des loisirs et de la culture (où elle repré- ploient à elles seules près de 25 000 sa-
sente 30 % des emplois) et surtout dans lariés, c’est-à-dire plus d’un emploi de
les activités financières (53 %), en rai- l’économie sociale sur deux.
son de la présence des mutuelles d’as-
Les trois grandes familles
surance et des coopératives de crédit. de l’économie sociale
Ce poids tombe à 6 % dans le conseil et
Les coopératives (96 en Basse-Nor-
l’assistance et à 5 % dans l’hôtellerie et
mandie en fin 2000) offrent près de
la restauration et reste très faible dans
10 000 emplois, soit un peu plus d’un
les autres secteurs des services mar-
emploi de l’économie sociale sur cinq.
chands.
On dénombre notamment 4 100 em-
Par ailleurs, en raison de la présence plois dans les activités financières et
des coopératives agricoles, l’économie 2 500 dans les coopératives agricoles.
sociale occupe une place certaine dans Ces dernières sont encore présentes
l’industrie agroalimentaire (6 % des (mais peu nombreuses) dans le do-
emplois) et le commerce de gros (13 % maine de la transformation agroali-
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dans l’industrie (Acome), le bâtiment
(CMEG), les travaux publics Un tissu associatif développé dans l’Ouest,
(SORAPEL), mais aussi des coopératives et particulièrement en Basse-Normandie
de consommation (Super U, les Coopé- Dans chacune des régions de
rateurs de Normandie et de Picardie). l’Ouest de la France (Pays de la Loire,
Bretagne, Poitou-Charentes et
La particularité des coopératives réside Basse-Normandie), l’économie sociale
dans la concentration des emplois, tant représente entre 9 % et 10 % de l’emploi
salarié total (hors agriculture, sylviculturedans le secteur financier (Crédit Agri-
et pêche).cole, Crédit Mutuel, Caisse d’Epargne
Dans cet ensemble, la Basse-Normandieet de Prévoyance, Banque Populaire
se distingue par l’importance du poids desde l’Ouest, Crédit Coopératif...) que
associations (72 % de l’emploi salarié de
dans les coopératives agricoles Agrial l’économie sociale, contre 60 % en Poi-
(commerce de gros), les Maîtres lai- tou-Charentes, 65 % en Bretagne et 70 %
Parmi les quatre régions du Grand-Ouest,tiers du Cotentin et la Coopérative dans les Pays de la Loire). Le secteur de
c’est en Basse-Normandie que l’éco-l’action sociale (35 % des emplois sala-d’Isigny-sur-Mer (industrie laitière).
nomie sociale pénètre le plus faiblementriés de l’économie sociale) s’y détacheAinsi, la vingtaine de coopératives em-
alors plus nettement. En contrepartie, la l’économie marchande. Cette implanta-
ployant plus de cent salariés en place des coopératives est moins forte. tion reste toutefois plus importante que
Basse-Normandie concentre 87 % des Dans ce domaine, la Basse-Normandie dans de nombreuses régions métropoli-
effectifs salariés de la catégorie. devance tout de même l’Île-de-France ou taines, par exemple l’Île-de-France ou la
la Franche-Comté, une région assez Franche-Comté.
proche quant à sa population et à sonA côté des coopératives, l’économie
Dans l’offre de services non marchandsnombre d’emplois.sociale inclut aussi les fondations, sur- (éducation, santé, action sociale...), l’éco-
tout présentes dans le domaine de la san- nomie sociale bas-normande se situe à
té comme la Fondation du Bon Sauveur mi-chemin entre Poitou-Charentes et les
Pays de la Loire, puisqu’elle concentreet la Fondation de la Miséricorde. Elles
28 % des emplois salariés de ce secteur,emploient 1 500 salariés (moins de 4 %
contre respectivement 23 % et 31 %. A cet
de l’économie sociale), très concentrés
égard, la Basse-Normandie est proche de
dans quelques établissements. l’Alsace (région réputée pour le dyna-
misme de son tissu associatif), et de
Enfin, les 45 mutuelles bas-normandes l’Île-de-France (région à l’économie ter-
telles celles complémentaires de la san- tiaire très développée).
té de la Mutualité française (Imadiès,
Muti, les centres optiques et dentaires,
nombre de personnes dans leurCPM, etc), la MSA ou la SMENO... et Une mosaïque d’associations
quotidien. Les 2 600 associations em-celles des assurances comme la Macif, De l’enseignement à la santé, en pas-
ployeuses de la région offrent près dela Maif ou la Matmut, regroupent 1 300 sant par le sport et la culture, les asso-
33 000 emplois, soit 72 % de l’effectifsalariés (soit un peu moins de 3 % des ciations recouvrent des activités très
salarié de l’économie sociale, et prèseffectifs de l’économie sociale). variées, leur permettant de toucher bon
LA MOITIÉ DES EMPLOIS ASSOCIATIFS DÉDIÉS À L’ACTION SOCIALE
en décembre 2000
Part des cadres
Nombre Part des moins Part des femmes Salaire mensuel
Nombre d’emplois et professions
d'entreprises de 30 ans (%) (%) moyen (en euro)
intermédiaires
Enseignement 249 4 860 23,7 49,6 58,8 1 386
Santé 48 2 310 13,9 58,7 73,7 1 928
Action sociale 447 16 080 18,0 27,8 69,3 1 211
Culture, sport, loisirs 720 1 930 46,6 54,4 39,4 1 239
Accueil, hébergement 116 660 16,7 20,7 72,3 1 183
Insertion par l’intérim 21 320 33,3 17,6 59,5 1 009
Autres associations 979 6 800 28,1 41,8 61,5 1 341
2 580 32 960Ensemble 22,5 37,3 64,7 1 311
Source : Insee, DADS 2000
. . . . . . . . . . . CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 124. . . . . . . . . . .ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE ANALYSE
nisation s’élevant respectivement à
LE TEMPS PARTIEL, LARGEMENT UTILISÉ
73 % et 70 %, les associations de santéEn décembre 2000 En %
et d’action sociale sont d’ailleurs les
Temps complet Temps partiel Intermittent secteurs associatifs où les femmes sont
Enseignement 54,4 28,1 17,5 les plus représentées. Elles y occupent
Santé 58,3 34,9 6,8 notamment des postes d’infirmières
Action sociale 55,9 29,4 14,7 dans les cliniques, d’aides ménagères à
Culture, sport, loisirs 55,3 23,5 21,2 domicile ou sont salariées des crèches
et haltes-garderies. La proportion deAccueil, hébergement 43,7 42,8 13,5
femmes dans les associations est égale-Insertion par l'intérim 24,4 22,6 53,0
ment forte dans l’éducation, la culture,Autres associations 55,7 31,6 12,7
le sport et les loisirs.Ensemble des associations 55,2 29,9 14,9
Comme dans l’ensemble de l’éco-Source : Insee, DADS 2000
nomie, 80 % des salariés des associa-
tions sont des permanents, c’est-à-direA peine plus d’un salariéde 7 % de l’emploi salarié régional.
errémunérés du 1 janvier au 31 dé-sur deux à temps completElles s’appuient en outre sur de nom-
cembre, quelles que soient la forme etbreux bénévoles dont il n’est pas pos- Les associations, largement investies
la durée hebdomadaire du travail.sible de connaître le nombre, au travers dans des activités du tertiaire, ne pro-
Cette part est plus faible (75 %) dans lades sources statistiques, mais qui ont posent que 55 % de leurs emplois à
culture, le sport et les loisirs où l’em-un rôle social déterminant. temps complet (contre 79 % des em-
ploi d’intermittents est important. Les
plois dans l’ensemble de l’économie
Même si les associations se définissent associations d’insertion par le travail
bas-normande. Cette proportion varie
par des valeurs communes (bénévolat, recourant au placement d’intérimaires
de 58 % dans les associations de santé,
citoyenneté, but non lucratif...) et sup- affichent pour leur part un taux de sala-
à 44 % dans le secteur de l’accueil et de
posent un projet social avec ou sans riés permanents plus bas encore
l’hébergement. Les associations d’in-
subventions publiques, elles forment (67 %), mais qui indique qu’une majo-
sertion par l’intérim pour des publics
un ensemble très hétérogène. Leurs do- rité des personnes en recherche d’in-
en difficulté, se démarquent même en-
maines d’action les plus fréquents res- sertion conserve un lien avec
core plus nettement par une très faible
tent le social et l’enseignement avec l’association sur une longue période.
part d’emplois à temps complet (24 %).
respectivement 16 000 emplois et
En contrepartie, les associations of- Des salariés plutôt jeunes5 000 emplois. Elles jouent aussi un
frent une proportion importante d’em-
rôle essentiel dans le sport, la culture et Dans les associations, 23 % des sala-plois à temps partiel (30 %), tout
les loisirs (près de 2 000 emplois). riés ont moins de 30 ans, contre 20 %particulièrement dans l’accueil-héber-
dans l’ensemble de l’économieIl existe deux grandes familles d’asso- gement (43 %) et la santé (35 %). De
bas-normande. Les situations sont ce-ciations. Les premières jouent essen- même, celle des intermittents (mis-
pendant très variables d’un secteur àtiellement un rôle de service public sions d’intérim et postes permanents
l’autre. Dans le domaine de la santé, ladans la santé, l’enseignement ou l’ac- comportant une alternance de périodes
proportion de jeunes de moins de 30tion sociale. On y retrouve plutôt des travaillées et non travaillées) est forte.
ans est plutôt faible (moins de 14 %), laentreprises de grande taille offrant des Ainsi, les emplois d’intermittents re-
classe d’âge des 40 à 49 ans étant laemplois stables. Les secondes sont en présentent 15 % des emplois associa-
plus fournie (38 % des emplois). En re-général de petites structures qui relè- tifs avec des pointes dans les domaines
vanche, les moins de 30 ans forment àvent davantage de l’initiative privée de l’insertion (53 %) et de la culture, du
eux seuls près de la moitié des effectifs(culture-sport-loisirs, accueil-héberge- sport et des loisirs (21 %).
dans les associations tournées vers lament...) et recourent beaucoup plus à des L’emploi se conjugue
culture, le sport et les loisirs. Les em-contrats courts occupés par des jeunes. surtout au féminin
plois y sont alors souvent occupés par
Autre caractéristique des associations, des intermittents employés sur de fai-
l’emploi y est très féminisé. Ainsi, bles durées de travail. De même, les as-
65 % des emplois associatifs sont occu- sociations d’insertion plaçant des
NOTE : Dans la suite de l’article, l’ensemble pés par des femmes, contre 60 % dans intérimaires font surtout appel aux jeu-
de l’économie bas-normande comprend tous l’ensemble de l’économie sociale et nes, puisque seuls 12 % des salariés
les secteurs d’activité hors Etat, services do- 45 % seulement dans l’économie sont âgés de 50 ans ou plus. Dans le do-
mestiques, agriculture, sylviculture et pêche. bas-normande. Avec des taux de fémi- maine de l’action sociale l’enjeu du re-
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moins que la rémunération moyenne
nette perçue par un salarié bas-nor-
mand. L’écart est particulièrement fort
pour la rémunération du personnel
d’encadrement. Davantage représenté
dans les associations (38 % de l’emploi
contre 28 % dans l’ensemble de l’éco-
nomie bas-normande), ce personnel est
moins bien rémunéré que dans l’en-
semble de l’économie : la différence
est proche de 14 % pour les cadres et de
8 % pour les professions intermédiaires.
Entre outre, des différences existent au
sein même du secteur associatif. Ainsi,
les salaires versés dans les associations
de la santé sont en moyenne bien plus
élevés que dans le reste du secteur, et
ce, quelle que soit la catégorie sociale
considérée. En revanche, les salairesnouvellement de la main d’œuvre reste (17 % de cadres et 42 % de professions
perçus par les employés des associa-important, même si la moyenne d’âge intermédiaires), métiers réclamant de
des salariés est proche de la moyenne plus en plus de technicité. En revanche,
de l’économie sociale. Dans ce secteur, les associations du secteur de l’ensei-
près de 3 400 salariés âgés de plus de gnement emploient peu de cadres La main d’œuvre
50 ans en 2000 devront être remplacés (11 % seulement), c’est-à-dire en fait mesurée
au cours des dix prochaines années peu de salariés d’un niveau de qualifi- au travers des DADS
pour seulement maintenir l’emploi. cation égal à celui des professeurs de
Les Déclarations annuellessecondaire, et privilégient les profes-
Quatre salariés sur dix de données sociales (DADS) sont la
sions intermédiaires (38 %). On peut principale source statistique utiliséesont des employés
signaler dans ce domaine la place parti- pour cette étude. Cette déclaration, que
Du côté des catégories sociales, les as- culière de l’Association nationale pour doit accomplir toute entreprise em-
sociations, où prédominent des activi- ployant des salariés, permet de décrirela formation professionnelle des adul-
la main d’œuvre salariée (sexe, âge, sa-tés tertiaires, emploient surtout des tes (AFPA) qui emploie un millier de
laire, condition d’emploi, périodes d’em-professions intermédiaires et des em- stagiaires rémunérés dans le cadre de
ploi, catégorie socioprofessionnelle...).
ployés (respectivement 30 % et 39 % leur formation en fin 2000. Le champ des DADS couvre l’ensemble
de l’emploi salarié total). Ces derniers des employeurs et de leurs salariés, à
Enfin, les associations d’insertion parsont très bien représentés dans les asso- l’exception des salariés de l’agriculture
le travail et les associations investies et de la sylviculture, des agents de l’Etatciations de l’accueil et l’hébergement
dans l’action sociale emploient une (titulaires ou non) et des services do-(55 %) ou dans celles œuvrant dans
mestiques. Cette source ne permet doncforte proportion d’ouvriers non quali-l’action sociale (46 %). Le taux d’enca-
pas de chiffrer l’emploi salarié dans lesfiés (respectivement 40 % et 19 %).drement est aussi important. Les cadres entreprises de l’économie sociale ap-Pour une partie d’entre elles, ces asso-(y compris les chefs d’entreprise) et partenant à ces secteurs, qu’elles soient
ciations du secteur de l’action socialeprofessions intermédiaires, représen- coopératives ou associatives. En re-
jouent en effet un rôle d’aide à l’inser- vanche, l’étude inclut bien les coopérati-tent 38 % des emplois associatifs. Cette
tion pour des actifs en situation d’ex- ves agricoles classées dans le commerceproportion est néanmoins inférieure à
(comme Agrial) ou l’industrie (commeclusion ou de grande difficulté,celle observée en Bretagne (42 %). A
Les Maîtres Laitiers du Cotentin).c’est-à-dire surtout des personnes sansl’opposé, les ouvriers sont peu présents
Sont considérés comme des emplois lesqualification professionnelle.dans les effectifs des associations postes de travail rémunérés en fin de
(17 %). mois (fin décembre pour l’estimation deDes différences de
l’emploi d’une année), quels que soientrémunérations au sein même-Des différences sensibles sont d’ail le type de contrat et le temps de travaildes associations
leurs perceptibles selon le domaine (sauf les postes annexes). Un salarié
- Le salaire net mensuel moyen versé ayant occupé deux emplois dansd’activité. L’emploi est ainsi haute
l’année chez deux employeurs différents- aux salariés des associations s’établit àment qualifié dans les associations in
est compté pour deux emplois.1 300 euros en 2000, soit 11 % detervenant dans le domaine de la santé
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tions de l’action sociale et des associa-
Associations : quelles sont-elles ?tions plaçant des intérimaires sont plus
faibles (respectivement 1 200 euros et Les associations de Saint-Lô et de Picauville, les centres de
sont définies par la loi du rééducation et de réadaptation fonction-1 000 euros) en raison d’une propor-
er1 juillet 1901: “l’association est nelle de Bagnoles-de-l’Orne et de la Fer-tion importante d’ouvriers non quali-
une convention par laquelle deux ou té-Macé, le Service interprofessionnel
fiés (respectivement 19 % et 40 %
plusieurs personnes mettent en com- Santé-travail de la Manche ;
contre 13 % pour l’ensemble du secteur mun de façon permanente leurs - les associations du secteur de l’action so-
associatif). connaissances ou leur activité dans un ciale : les principales sont l’ADAPEI de
but autre que de partager des bénéfi- l’Orne et les APEI de la Manche et du Calva-Les hommes perçoivent 1 380 euros,
ces”. Un intérêt commun et un but non dos, les sauvegardes de l’enfancesoit 9 % de plus que les femmes. Cet
lucratif unissent nécessairement les (ACSEA), les ADMR, les ASSAD, l’ANAIS,
écart tient en partie à des effets de contractants. l’association Jean Bosco et la Croix Rouge
structures d’emplois, les femmes étant Les associations sont réparties dans Française... ;
moins présentes que les hommes sur six catégories en fonction de la nature - avec les MJC, les principaux employeurs
de leur activité :les postes d’encadrement. A catégorie du secteur de la culture, du sport et des loi-
- dans le secteur de l’enseignement, les sirs sont l’association Rivières et Bocages,sociale donnée, des différences demeu-
associations sont des intermédiaires le Centre régional de nautisme, le Hockeyrent cependant pour les professions
pour la rémunération des personnels Caen Calvados, l’Association sportive cher-qualifiées, et particulièrement les em-
des établissements d’enseignement du bourgeoise, le Musée d’Arromanches ou la
plois de cadres (y compris les chefs secteur privé sous contrat ; Scène nationale d’Alençon ;
d’entreprise). Le salaire des hommes - de formes juridiques et domaines - les principales associations des secteurs
est alors supérieur de 21 % à celui des d’activité très variés, les associations de l’accueil et de l’hébergement sont les Fé-
femmes. En revanche, chez les em- du secteur de l’insertion par l’intérim, dérations des œuvres laïques du Calvados
font office d’agences de placement et de la Manche, l’UNAT, le restaurant duployés ou les ouvriers non qualifiés, les
pour des publics en difficulté (RMIstes, personnel civil de l’Arsenal de Cherbourg,différences sont minimes.
chômeurs de longue durée, âgés ou en et les foyers de jeunes travailleurs...
fin de droit...). En Basse-Normandie,De nombreux emplois Enfin, sont regroupés parmi les “autres as-
les plus importantes sont le Coorace, sociations” les établissements dont le codesaisonniers
Astre, Actif et l’association intercommu- d’activité ne permet pas un classementD’une manière générale, l’emploi as-
nale de développement de l’emploi et plus précis.On y trouve notamment les as-sociatif est marqué par une forte sai- de réinsertion ; sociations de contrôle laitier, les centres
sonnalité : entre le mois le plus bas - les associations du secteur de la san- d’économie rurale et des organisations reli-
(décembre) et le plus haut (juillet), les té : les principales sont le Bon Sauveur gieuses.
effectifs peuvent varier de plus de
50 %. On observe un pic en été pour des
domaines dont l’activité est tournée
septembre et en octobre). Cette saison- La qualification requise pour les em-vers le tourisme (culture, sport, loisirs
nalité de l’emploi associatif, moins plois d’été est souvent peu importante.et accueil-hébergement). En cette pé-
forte que dans les régions Aquitaine, Les personnes recrutées sont avant toutriode de l’année, des emplois saison-
Bretagne, Pays de la Loire et Poi- des jeunes qui occupent essentielle-niers de courte durée correspondant
tou-Charentes (les effectifs doublant ment des postes d’employés dans desaux périodes de surcroît d’activité
dans ces régions), reste cependant im- centres de vacances, dans des établisse-s’ajoutent aux emplois permanents des
portante comparée à celle de toute ments d’hébergement touristique ou destitulaires en congé. La saisonnalité se
l’économie sociale bas-normande associations culturelles et récréatives.remarque également dans l’enseigne-
(+ 10 % de l’activité pendant la périodement, avec un pic lors de la rentrée sco-
Bruno DARDAILLONhaute).laire (surcroît de recrutements en
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE CENT POUR CENT Basse-Normandie
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Tél. : 02.31.15.11.11 Fax : 02.31.15.11.01 Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER
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ISSN 1267-2769 Dépôt légal : novembre 2003 Code SAGE : Cent12470 © Insee 2003

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