L'emploi en Haute-Normandie en 2000 : L'industrie et le BTP en hausse

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En 2000, la région acréé en propoirtion un peu plus d'emplois qu'en France. Ce bon résultat s'explique par la poussée des activités tertiaires et des services en particulier. près d'une création d'emploi sur trois concerne cependant le travail intérimaire. L'industrie et surtout le BTP profitent aussi d'une conjoncture très favorable pour afficher d'excellents résultats. le shausses observées n'ont d'ailleurs jamais été enregistrées au cours de la décennie passée. Seule l'agriculture est en perte de vitesse suivant en cela une tendance qui semble inexorable.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2000
L’industrie et le BTP en hausse
Christian CAMESELLA
Chantal RENAC
(les embauches sous CDD chutent plus habituel, près de 500 non-salariés desEn 2000, la région a créé en
fortement). Ce ralentissement pénalise services ont cessé leur activité en 2000.
proportion un peu plus
l’emploi des jeunes mais semble moins Ce mouvement, observé aussi au niveau
d’emplois qu’en France. Ce bon affecter l’emploi féminin. national, est cependant plus accentué
dans la région. Seule l’activité commer-résultat s’explique par la
ciale connaît une évolution légèrement
poussée des activités tertiaires UNE CROISSANCE CONFORTÉE positive alors qu’en France ce secteur
est en perte de vitesse après une bonneet des services en particulier.
Le rythme des créations d’emplois année 1999.
Près d’une création d’emploi sur
s’accélère depuis quatre ans. La création L’emploi salarié est en meilleure si-
trois concerne cependant le nette totale, répartie selon les trois tuation. En 2000, il a progressé de près
grands secteurs d’activité, met en évi de 3% après une très bonne année 1999.-travail intérimaire. L’industrie et
dence le dynamisme du tertiaire qui reste La région compte désormais 640 000 sa-
surtout le BTP profitent aussi
le secteur le plus créateur (84% des lariés. Cette progression, liée à la reprise
d’une conjoncture très favorable créations en 2000). Il est d’ailleurs inté économique, est surtout marquée par-
ressant de noter que cette poussée est une forte croissance dans les activitéspour afficher d’excellents
aussi portée par les activités commercia tertiaires et le bâtiment. Le dynamisme-
résultats. Les hausses observées les (+2,5%, soit plus de 2 000 emplois). de l’activité durant cette période a aussi
Le BTP affiche une tendance tout à fait permis de relancer l’emploi industriel quin’ont d’ailleurs jamais été
positive. Après une bonne année 1999, a connu une réelle remontée.
enregistrées au cours de la
la création d’emplois y est deux fois plus
décennie passée. Seule forte en 2000 (+4,2%, 1 700 emplois sup-
plémentaires). L’emploi total industriel re LES SERVICES AUX ENTREPRISES-l’agriculture est en perte de
trouve, quant à lui, un niveau légèrement RESTENT TRÈS DYNAMIQUES
vitesse suivant en cela une supérieur à celui de 1998, après une
année 1999 difficile. Dans l’agriculture Parmi les 18 500 emplois salariéstendance qui semble inexorable.
enfin, 700 postes ont été à nouveau sup créés en 2000, 15 300 émanent du-
primés, dont près des deux tiers sont des commerce et des services. Les évolu-
emplois d’exploitants non salariés. tions dans ces deux secteurs sont parti-
epuis la reprise économique de culièrement fortes et celle observée
D1997, l’emploi en Haute-Nor pour les services uniquement dépasse-
mandie n’a cessé de progresser. Il atteint LES SERVICES même l’évolution nationale. Toutes les
désormais 692 395 postes de travail au PERDENT DES NON-SALARIÉS activités de services sont en crois-
1er janvier 2001, soit 2,9% de l’emploi sance, qu’il s’agisse du secteur public
total du pays. En quatre ans, près de L’emploi non salarié en Haute-Nor ou du privé. Les nouveaux emplois sont-
46 500 postes nouveaux ont été créés mandie compte 52 300 personnes au 1er cependant concentrés pour 60%
dont 17 700 pour la seule année 2000. janvier 2001. Depuis plusieurs années, le d’entre eux dans les services aux en-
Ce mouvement de forte hausse profite nombre de non-salariés ne cesse de di treprises qui ont généré près de-
exclusivement à l’emploi salarié. Il devrait minuer. L’année 1999 a été assez excep 8 000 emplois supplémentaires. Il est-
cependant se ralentir en 2001, essentiel tionnelle de ce point de vue car le d’ailleurs intéressant de noter que les-
lement en raison d’une croissance nombre d’indépendants a légèrement services opérationnels sont toujours en
morose dans le tertiaire et particulière progressé. En 2000, le mouvement défi forte croissance (+5 700 postes, soit- -
ment dans l’intérim. La croissance de citaire reprend et ce sont encore près de +14,9%) mais ils n’ont pas l’exclusivité
l’emploi salarié est toujours un peu plus 800 exploitants indépendants qui dispa de la création d’emplois. Hors services-
riche en contrats à durée indéterminée, raissent. Un tiers d’entre eux sont des opérationnels, la croissance des em-
même si leur nombre est en léger repli agriculteurs mais, fait beaucoup plus in plois de services est en effet proche-
CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002 5
EMPLOI
CHÔMAGEL’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France
Activités
(code NAF en 36 postes) 1990 2001 (1) 1990 2001 (1) 1990 2001 (1) 1990 2001 (1)
Agriculture, sylviculture, pêche 2 713 2 956 4 426 4 567 7 139 7 523 275 969 352 664
Industrie 58 533 52 602 112 487 99 240 171 020 151 842 4 662 700 4 152 493
Industries agricoles et alimentaires 4 070 4 039 11 641 11 272 15 711 15 311 552 492 572 536
Habillement, cuir 2 151 980 4 242 1 281 6 393 2 261 266 348 134 271
Édition, imprimerie, reproduction 2 645 3 352 3 026 2 417 5 671 5 769 237 657 218 042
Pharmacie, parfumerie, entretien 4 227 5 800 3 483 2 990 7 710 8 790 146 947 142 588
Équipements du foyer 2 447 2 097 2 343 2 123 4 790 4 220 270 107 220 390
Industrie automobile 2 185 1 241 16 859 15 060 19 044 16 301 323 458 291 791
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 2 226 1 479 4 140 2 243 6 366 3 722 189 402 145 022
Équipements mécaniques 6 008 4 607 10 781 11 726 16 789 16 333 461 360 445 108
Équipements électriques et électroniques 1 645 1 464 8 786 5 088 10 431 6 552 257 745 247 629
Produits minéraux 2 091 1 727 4 767 5 067 6 858 6 794 216 654 170 962
Textile 1 379 935 2 016 1 081 3 395 2 016 170 367 117 987
Bois et papier 3 148 2 992 4 169 3 324 7 317 6 316 219 563 183 232
Chimie, caoutchouc, plastiques 8 373 7 929 12 520 13 763 20 893 21 692 376 930 353 577
Métallurgie, transformation des métaux 6 774 6 370 8 187 8 146 14 961 14 516 520 817 460 208
Composants électriques et électroniques 8 244 6 568 5 090 3 492 13 334 10 060 176 228 204 017
Combustibles, carburants 20 - 4 271 3 743 4 291 3 743 70 654 33 338
Eau, gaz, électricité 900 1 022 6 166 6 424 7 066 7 446 205 971 211 795
Construction (BTP) 10 249 10 527 28 421 28 249 38 670 38 776 1 326 007 1 234 971
Commerce 17 447 19 228 52 228 55 703 69 675 74 931 2 543 501 2 895 361
Commerce et réparation automobile 3 032 3 591 7 541 8 415 10 573 12 006 377 564 422 130
Commerce de gros 5 315 5 027 18 022 15 532 23 337 20 559 936 435 980 693
Commerce de détail, réparations 9 100 10 610 26 665 31 756 35 765 42 366 1 229 502 1 492 538
Services 69 537 96 541 221 407 270 470 290 944 367 011 10 471 350 13 417 172
Transports 5 007 7 038 31 357 31 821 36 364 38 859 875 392 1 029 828
Activités financières 2 640 2 873 10 857 11 775 13 497 14 648 693 441 674 662
Activités immobilières 1 666 1 817 5 210 5 174 6 876 6 991 279 944 268 479
Services aux entreprises 13 680 23 942 41 757 55 076 55 437 79 018 1 978 174 3 055 676
Postes et télécommunications 2 726 2 603 9 323 8 077 12 049 10 680 476 644 512 585
Conseil et assistance 3 300 5 865 10 306 16 935 13 606 22 800 757 459 1 163 982
Services opérationnels 6 904 14 251 21 664 29 675 28 568 43 926 618 553 1 236 706
Recherche et développement 750 1 223 464 389 1 214 1 612 125 518 142 403
Services aux particuliers 7 199 11 603 18 296 31 666 25 495 43 269 1 139 490 1 784 514
Hôtels et restaurants 2 708 3 675 7 581 10 412 10 289 14 087 528 795 714 165
Activités récréatives, culturelles et sportives 973 1 354 2 961 5 055 3 934 6 409 231 564 349 969
Services personnels et domestiques 3 518 6 574 7 754 16 199 11 272 22 773 379 131 720 380
Éducation, santé, action sociale 24 808 29 566 73 515 83 494 98 323 113 060 3 335 216 3 906 673
Éducation 12 091 14 532 35 118 39 221 47 209 53 753 1 535 017 1 714 831
Santé, action sociale 12 717 15 034 38 397 44 273 51 114 59 307 1 800 199 2 191 842
Administration 14 537 19 702 40 415 51 464 54 952 71 166 2 169 693 2 697 340
Administration publique 13 217 17 663 36 450 45 065 49 667 62 728 1 953 773 2 344 334
Activités associatives extra-territoriales 1 320 2 039 3 965 6 399 5 285 8 438 215 920 353 006
Toutes activités 158 479 181 854 418 969 458 229 577 448 640 083 19 279 527 22 052 661
Source : INSEE - Estimations d’emploi au 1er janvier Unité : emploi
(1) Estimations semi-définitives
de la moyenne nationale (2,4% contre tés récréatives, culturelles et sportives. REGAIN DE L’EMPLOI SALARIÉ
2,6%). Les activités de conseil et assis Depuis 1996, la progression des effec- - DANS L’INDUSTRIE ET LE BTP
tance continuent à se développer avec tifs salariés dans cette dernière activité
vigueur (+2 180 emplois, soit +10,6%). n’a jamais été inférieure à 5%. Sur la dernière décennie, la région a
Dans les autres activités, ce sont Le commerce affiche lui aussi une perdu 19 200 emplois salariés
les transports et les associations qui af croissance de 2,8%, conforme à la ten- - industriels. Fortement productive et in-
fichent les meilleurs résultats. Les ser dance nationale. Ce dynamisme retrouvé- dustrielle, elle n’a pas échappé à la ten-
vices aux particuliers affichent est toujours porté par le commerce de dance observée nationalement depuis
eux aussi de bons résultats avec détail qui a encore créé 1 500 postes nou- les années 70. L’industrie de la région est
un très fort développement des activi veaux (près de 1 700 en 1999) en 2000.- dominée par la présence de grandes
6 CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002L’EMPLOI DANS LES DÉPARTEMENTS HAUT-NORMANDS EN 2000
EURE SEINE-MARITIME
Au 1er janvier 2001, le département de l’Eure compte 199 595 emplois. Au 1er janvier 2001, le département de la Seine-Maritime compte 492 800
L’emploi total n’a cessé de progresser depuis quatre ans (2,3% en emplois, soit une progression de plus de 12 150 postes (+2,5%) en un an.
moyenne annuelle) ; il augmente de 2,9% en 2000, soit 5 560 postes sup Depuis la reprise économique de 1997, le département a créé 29 200 em- -
plémentaires. L’évolution est particulièrement remarquable dans ce dé plois supplémentaires. Il a donc accueilli un peu plus de six postes nou- -
partement qui a créé plus de 17 200 emplois depuis 1997. veaux sur dix. En 2000, la Seine-Maritime concentre plus de 70% de
En 2000, le dynamisme de l’emploi dans l’Eure est essentiellement dûà l’emploi régional. L’évolution observée cette année est légèrement infé-
une forte création d’emploi salarié (+5 900 postes). L’emploi non salarié rieure à celle de la Haute-Normandie (+2,6%) ou de la France.
accuse plus de 330 cessations d’activité en dépit d’une bonne tenue de Ce rythme de croissance forte est exclusivement dûà la création
ces emplois dans l’industrie, le commerce et la construction. d’emploi salarié.
En proportion, ce département crée plus d’emplois salariés que son Cependant, la croissance de l’emploi salarié est moins dynamique qu’au
voisin, la Seine-Maritime. L’année 2000 confirme la tendance avec des ré niveau régional. Ce constat n’est pas propre à l’année 2000 car, depuis-
sultats supérieurs à ceux de la région ou de la France. L’emploi salarié quatre ans, le département suit la tendance régionale mais avec un peu
atteint désormais 181 854 postes, soit près de 5 900 emplois nouveaux. moins de vigueur : +1,8% en moyenne annuelle contre +2%. Compte tenu
Hormis l’agriculture, tous les secteurs bénéficient de ces créations de la présence de la capitale régionale, la création d’emplois concerne
d’emplois et plus particulièrement le secteur des services. d’abord les activités tertiaires. Parmi les 12 580 emplois supplémentai-
res de l’année 2000, 9 500 touchent les activités de services, prèsde1
200 une activité commerciale. Il apparaît toutefois que les autres sec-
teurs d’activité, traditionnellement déficitaires ou stables en période
UNE BONNE ANNÉE POUR L’INDUSTRIE DU DÉPARTEMENT
d’expansion, affichent également des créations d’emplois non négligea-
bles. C’est ainsi que l’industrie du département a créé 740 emplois sala-
Même si l’Eure est un département très industrialisé, la part de l’emploi riés et le BTP le double. Seule l’agriculture continue à perdre des
salarié dans l’industrie ne retrouve pas son niveau de 1990 (37% des em- emplois salariés.
plois au 1er janvier 1990 contre 28,9% au 1er janvier 2001). Néanmoins, Dans l’industrie, la création d’emploi s’est plutôt concentrée dans les
l’industrie gagne plus de 1 000 emplois en 2000, portée par des hausses secteurs les plus importants du département. Parmi eux, on trouve l’au-
importantes dans la pharmacie et l’édition. La fabrication de compo- tomobile et la métallurgie, les équipementiers mécaniques et la chimie.
sants électriques, la métallurgie et l’agro-alimentaire sont aussi globale- Les activités qui ont perdu le plus d’emplois en 2000 sont les équipe-
ment créatrices d’emplois. Ces postes nouveaux compensent mentiers électriques et électroniques et les fabricants de composants
entièrement les pertes subies dans l’automobile et l’équipement du électriques, l’industrie extractive, les équipements du foyer et la cons-
foyer. L’année 2000 reste donc une bonne année pour l’industrie du dé- truction navale, aéronautique et ferroviaire qui continue à licencier.
partement. Elle est également très satisfaisante pour le BTP qui enre- Dans la construction, l’embellie se confirme. Ce secteur n’avait pas créé
gistre un excédent de près de 400 emplois, soit une croissance de 3,9%. d’emplois depuis 1994. L’année 2000 est encore plus bénéfique que 1999
Le secteur de la construction est près de retrouver son niveau d’emploi avec près de 1 400 nouveaux emplois.
salarié de 1991, début d’une longue période de crise pour ce secteur.
Le secteur tertiaire, commerce et services, représente 63,7% de l’emploi
salarié en 2000 et progresse ainsi de façon notable depuis 1990 (54,9%
des effectifs).
LE TERTIAIRE, MOTEUR DE L’EMPLOI SALARIÉLe commerce, porté par le commerce de détail, gagne près de 900
postes salariés (4,7%) et affiche un dynamisme que les services ne par-
viennent pas àégaler (+4,1%). Toutefois, les activités de services de- Le secteur tertiaire, commerce et services, reste moteur pour la création
meurent les plus porteuses puisqu’elles sont à l’origine de deux d’emplois. En 2000, il représente 71,2% de l’emploi salarié (plus de six
créations sur trois. points supplémentaires par rapport à 1990). Le commerce voit ses effec-
En particulier, les gisements d’emplois de services se trouvent pour tifs salariés progresser de près de 1 200 postes, dans la continuité d’une
plus de 70% dans les services aux entreprises et notamment dans les année 1999 déjà très favorable. Cette progression exceptionnelle au
services opérationnels (55%) et le conseil (15%). Cette nouvelle augmen cours de la décennie est essentiellement due au commerce de détail.-
tation permet ainsi aux services opérationnels de se placer parmi les Dans les services, le constat est identique. Ils affichent une nouvelle
plus gros pourvoyeurs d’emplois avec l’éducation, la santé et l’action croissance forte de 3,6%, soit 9 500 nouveaux emplois. Cette poussée
sociale. L’administration publique progresse seulement de 1,8% en 2000, des emplois tertiaires résulte bien entendu d’une nouvelle expansion
soit plus de 350 emplois supplémentaires. des services opérationnels qui recouvrent le travail intérimaire. Elle est
Les services aux particuliers évoluent sensiblement de la même façon due également au dynamisme de l’activité de conseil et assistance aux
avec une augmentation de 200 postes. Les transports poursuivent une entreprises. Les autres activités en pleine expansion sont le transport, le
tendance très favorable : 7% l’an passé, +6% en 2000. secteur culturel et sportif pour les services aux particuliers ainsi que les
L’emploi non salarié dans l’Eure renoue avec la baisse. Après une année activités associatives.
1999 en croissance, ce qui est exceptionnel, le nombre de non-salariés L’emploi non salarié poursuit quant à lui la tendance connue nationale-
chute de 338 postes. Si l’agriculture est bien sûr touchée par ce mouve ment et dans la région. Plus de 400 indépendants ont cessé leur activité-
ment, l’essentiel des cessations se produit dans les services. Sur la dé- en 2000. Cette baisse concerne tous les secteurs, en particulier l’agricul-
cennie, le département a perdu près de 7 000 indépendants, soit environ ture mais aussi les services. En dix ans, l’emploi non salarié du départe-
–3,2% par an. ment a chuté de plus de 13 500 emplois, soit plus de 3% par an.
CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002 7unités stratégiques, qu’il s’agisse de chimie, de la métallurgie et des équipe- duits minéraux ou l’équipement du foyer.
production automobile, de raffinerie, de ments mécaniques qui sont plus ancien- Ces pertes importantes n’ont pas été
chimie ou de mécanique. Ces dernières nes. Ces industries sont aussi, avec le compensées par les embauches dans
années, l’emploi industriel a chuté es secteur alimentaire, les plus gros pour- - les secteurs les plus porteurs. Elles sont
sentiellement en raison de fermetures voyeurs d’emplois industriels de la à mettre en relation avec l’explosion de
dans les secteurs traditionnels et de res région. Parmi les secteurs clés de l’éco- - l’intérim dans notre région, en tête des
tructurations dans les industries plus ré nomie régionale, il faut également citer- régions françaises pour la part de
centes. Sur les trois dernières années, l’industrie automobile qui ne parvient pas l’emploi intérimaire.
la tendance se poursuit et les gains en à compenser en 2000 les pertes enregis- - Autres activités ayant un recours fré-
registrés exceptionnellement en 2000 trées sur les quatre dernières années. En quent à l’intérim, le bâtiment et les tra-
sont loin de compenser les baisses en dépit de la reprise, la production automo- - vaux publics se remettent
registrées en 1997 et 1999. Toutes les bile a perdu 1 500 postes depuis 1997. progressivement des fortes dépressions
activités industrielles ne subissent pas Les autres activités les plus touchées qu’ils ont subies dans le milieu des
ce mouvement à la baisse car la région demeurent la construction navale, l’habil- années 90. Le secteur, qui a profité de la
compte des industries créatrices d’em lement-cuir (qui ne compte plus au- - reprise économique, enregistre une
plois. C’est le cas, par exemple, des in jourd’hui que 2 300 salariés contre 6 400- hausse de ses effectifs de plus de 2 500
dustries récentes comme la pharmacie ilyadix ans), les équipementiers électri- postes en trois ans dont près de 1 800 en
et la production d’énergie ou de la ques et électroniques, l’extraction de pro- 2000
POURQUOI RECALCULE-T-ON DE NOUVELLES SÉRIES D’ESTIMATIONS D’EMPLOI ?
Pourquoi les estimations d’emploi changent-elles au cours du temps pour une même annéederéfé-
rence ? A quoi correspondent les qualificatifs “provisoires, définitives, recalées, rétropolées” ?
pour appréhender les évolutions de l’emploi et en estimer le niveau au
Les recensements constituent des points de repères
31 décembre de chaque année. Citons les principales statistiques :
En matière d’emploi - comme de démographie - les recensements suc-
- les bordereaux de recouvrement des cotisations URSSAF,
cessifs de la population constituent les points de repères. Les questions
- les statistiques de la Mutualité Sociale Agricole,
du bulletin individuel permettent de connaître, à la date du recensement
- les enquêtes auprès des collectivités territoriales et des établisse-
et pour chaque actif occupé, son lieu de travail, son statut (salarié, non
ments publics,
salarié), et le secteur d’activité dans lequel il travaille.
- les statistiques issues du fichier “paye” des agents de l’État.
L’ensemble de ces renseignements permet d’établir, à la date du recen- Ces sources permettent de calculer les indices annuels d’évolution de
sement, le niveau de l’emploi au lieu de travail par secteur d’activité
l’emploi par secteur d’activité. Les niveaux d’emploi au 31 décembre
économique.
sont obtenus en appliquant à chaque secteur l’indice d’évolution annuel
au niveau du 31 décembre de l’année précédente.
Le recalage Les estimations d’emploi sont mises à la disposition des utilisateurs le
Des divergences plus ou moins importantes selon les secteurs appa- plus tôt possible. Elles évoluent au fur et à mesure que de nouvelles in-
raissent entre les niveaux observés à chaque recensement et les don- formations viennent les enrichir. Néanmoins, la tendance générale est
nées annuelles estimées par l’INSEE. dégagée dès la première estimation.
Le recensement constituant la référence, la série estimée entre deux re- Les premiers indices disponibles sont ceux issus de l’exploitation des
censements doit donc être «recalée» sur les niveaux du recensement. bordereaux de recouvrement des cotisations URSSAF. Cette source
couvre l’ensemble du secteur privé marchand non agricole. Ces résul-
La rétropolation tats régionaux et départementaux permettent de connaître les principa-
Une fois le «calage» sur les recensements réalisé, le travail consiste à les tendances de l’évolution de l’emploi salarié privé de l’année n-1.
recalculer les niveaux annuels intermédiaires. Il s’agit alors de répartir Al’automne, lorsque l’essentiel des autres sources est disponible,
sur chaque année, l’écart entre le niveau annuel obtenu par les estima- l’INSEE procède au calcul des estimations d’emploi pour la région, les
tions d’emploi et le niveau donné par le recensement, faisant l’hypo- départements et les zones d’emploi. Les données manquantes sont esti-
thèse que l’écart est réparti uniformément sur toute la période et que les mées. A ce stade, les estimations d’emploi, qui portent cette fois-ci sur
tendances annuelles observées restent valables. Ce travail est appelé l’ensemble des secteurs public et privé confondus sont dites «provisoi-
«rétropolation» de la série d’estimations d’emploi. Les séries publiées res». Dans la pratique, ces estimations sont peu modifiées et peuvent
ici correspondent aux nouvelles séries recalées puis rétropolées sur la être considérées comme quasi-définitives.
base du recensement de 1999. Les estimations «définitives» sont validées un an plus tard en même
temps que sont produites les estimations provisoires de l’année n-1. Les
Estimations annuelles entre deux recensements données définitives départementales et régionales font l’objet d’une pu-
blication nationale.Entre deux recensements, l’INSEE utilise des sources administratives
8 CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002

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