L'emploi en Haute-Normandie en 2001 : Progression de l'emploi salarié dans l'industrie malgré une croissance globale modérée

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Après une croissance exceptionnelle en 2000, la moindre progression des créations d'emplois en 2001 s'observe en Haute-Normandie comme sur l'ensemble du territoire français. L'infléchissement de la croissance des emplois est même un peu plus accentuée dans la région. Il est directement lié à la décélération économique de 2001. La Haute-Normandie affiche une création nette de près de 2 200 emplois. Fin 2001, la région totalise ainsi 696 660 emplois. L'évolution régionale est moins favorable que celle de l'ensemble du territoire : +0,3% en Haute-Normandie contre +1,2% en France. Elle est exclusivement due à la progression de l'emploi salarié qui reste cependant plus modérée qu'en France (+0,5% contre +1,3%)0.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 24 - avril 2003
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
QU’EST-CE QU’UN IMMIGRÉ ?
Nous avions publié en décembre 2001
L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2001dans le n° 10 de cette revue un article sur
les étrangers en Haute-Normandie.
Dans ce petit éditorial de première page, Progression de l’emploi salarié dans
j’avais insisté sur l’importance des défini-
tions et tout particulièrement sur la diffé- l’industrie malgré une croissance
rence entre «étranger» et «immigré».
Je crois utile de rappeler ici qu’un immigré globale modérée
est une personne née à l’étranger avec une
nationalité étrangère et qui vit en France. Anne-Marie DAVID
Cette personne continue à faire partie des
Chantal RENAC
immigrés même si elle acquiert la nationali-
té française. Ainsi, 35% des immigrés pos-
sèdent-ils la nationalité française.
in 2001, l’emploi salarié estLe terme d’immigré recouvre donc des réa- Après une croissance Févalué à 645 200 postes de tra-lités très diverses. Peut-on vraiment com-
exceptionnelle en 2000, laparer l’étranger arrivé en France depuis vail, soit une augmentation de l’ordre de
quelques mois à celui qui s’y trouve installé 3 000 emplois par rapport à 2000. C’estmoindre progression des
depuis plusieurs dizaines d’années ? beaucoup moins que les années anté-
créations d’emplois en 2001Peut-on comparer celui qui arrive avec une
rieures, puisqu’on avait gagné environ
connaissance de la langue et de la culture
s’observe en Haute-Normandie 44 000 emplois sur les trois annéesfrançaises à celui qui en ignore le b.a - ba ?
précédentes.On voit bien ici que la question du pays comme sur l’ensemble du
d’origine est primordiale. Les services ont créé beaucoup moins
territoire français.Pour des personnes aussi différentes, les d’emplois salariés qu’en 1999 ou 2000. La
conditions d’activité (ou d’inactivité) ne sont L’infléchissement de la dynamique du tertiaire repose uniquement
bien sûr pas très comparables ; on ne
sur les services aux particuliers(+1 800croissance des emplois estcitera comme exemple que l’accès à la
emplois en 2001) et le transport (plus de
fonction publique.
même un peu plus accentué 1 000 emplois supplémentaires). Les ser-Il ressort de ces quelques remarques que
vices aux entreprises stagnent sous l’effettoute donnée statistique «moyenne» sur dans la région. Il est
les immigrés doit être interprétée avec d’un fort repli des services opérationnels
directement lié à laprécaution. (et de l’intérim en particulier) compensé
Je suis bien obligé de le dire une fois de décélération économique de par les créations dans le «conseil et assis-
plus : la statistique doit être maniée avec
tance». L’emploi dans les administrations
prudence. 2001.
recule fortement sur l’année 2001, avec
La Haute-Normandie affiche une perte de plus de 1 000 emplois quiJean LEMATTRE
Chef du service des études et de la diffusion serait à relier à la baisse du nombre de bé-une création nette de près de
néficiaires des dispositifs d’aide à l’emploi
2200 emplois. Fin 2001, la
(CES) et aux départs en retraite non rem-
région totalise ainsi 696 660 placés. Il faut toutefois signaler que les
évolutions de l’emploi depuis 1998 ont étéemplois. L’évolution régionaleS O MM A IRE assez soutenues, l’année 2000 constituant
est moins favorable que celle alors un point particulièrement haut dans
EMPLOI ce secteur d’activité relativement stable.de l’ensemble du territoire :
L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2001 Dans le commerce, la création d’emplois
Progression de l’emploi salarié dans l’industrie +0,3% en Haute-Normandie
malgré une croissance globale modérée. . . . . . 1 relève exclusivement du commerce de
contre +1,2% en France. Elle détail.
POPULATION Le secteur secondaire a, pour saest exclusivement due à laTION ACTIVE IMMIGRÉE
part, créé 1 200 emplois dont la moitiéPlus d’un homme sur six travaille dans la
construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 progression de l’emploi salarié dans le BTP.
Ces deux dernières années, l’activitéqui reste cependant plusANALYSES CONJONCTURELLES
industrielle est globalement porteuseLES TAUX DE CHÔMAGE AU 4e TRIMESTRE 2002 modérée qu’en France (+0,5%
Remontée du chômage à Vernon, mais les évolutions sectorielles sont con-
Gisors et Évreux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
contre +1,3%). trastées. La pharmacie continue à recru-
EMPLOIL’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France
Activités
(code NAF en 36 postes) 2000 2001 (1) 2000 2001 (1) 2000 2001 (1) 2000 2001 (1)
Agriculture, sylviculture, pêche 3 041 2 903 4 540 4 350 7 581 7 253 354 259 342 694
Industrie 52 343 52 505 100 330 100 789 152 673 153 294 4 153 036 4 137 809
Industries agricoles et alimentaires 3 886 3 882 11 215 11 347 15 101 15 229 574 170 579 845
Habillement, cuir 961 926 1 307 1 037 2 268 1 963 133 062 124 811
Édition, imprimerie, reproduction 2 850 2 739 2 365 2 252 5 215 4 991 217 679 214 937
Pharmacie, parfumerie, entretien 5 810 6 020 3 022 3 050 8 832 9 070 141 758 147 821
Équipements du foyer 2 622 2 457 2 194 2 099 4 816 4 556 219 922 212 905
Industrie automobile 1 224 924 15 026 15 916 16 250 16 840 293 282 296 608
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 1 474 1 434 2 285 2 124 3 759 3 558 144 198 146 297
Équipements mécaniques 4 670 4 877 11 653 11 833 16 323 16 710 444 128 444 571
Équipements électriques et électroniques 1 435 1 588 5 363 5 252 6 798 6 840 246 419 244 632
Produits minéraux 1 736 1 701 5 232 5 332 6 968 7 033 171 797 171 143
Textile 901 1 073 1 039 1 028 1 940 2 101 117 446 112 499
Bois et papier 2 949 3 067 3 440 3 508 6 389 6 575 182 773 182 498
Chimie, caoutchouc, plastiques 8 008 8 052 14 102 14 131 22 110 22 183 356 098 354 095
Métallurgie, transformation des métaux 6 302 6 340 8 183 8 107 14 485 14 447 458 093 459 619
Composants électriques et électroniques 6 537 6 472 3 574 3 531 10 111 10 003 205 169 200 873
Combustibles, carburants 0 0 3 826 3 746 3 826 3 746 34 981 34 042
Eau, gaz, électricité 978 953 6 504 6 496 7 482 7 449 212 061 210 613
Construction (BTP) 10 673 10 723 28 247 28 799 38 920 39 522 1 231 018 1 255 290
Commerce 19 128 19 670 55 416 55 838 74 544 75 508 2 881 667 2 958 509
Commerce et réparation automobile 3 656 3 788 8 409 8 277 12 065 12 065 418 164 425 866
Commerce de gros 4 950 5 125 15 306 15 119 20 256 20 244 973 284 989 514
Commerce de détail, réparations 10 522 10 757 31 701 32 442 42 223 43 199 1 490 219 1 543 129
Services 97 374 97 569 271 072 272 061 368 446 369 630 13 442 600 13 656 797
Transports 6 977 7 083 31 768 32 798 38 745 39 881 1 038 226 1 062 075
Activités financières 2 829 2 948 11 835 11 801 14 664 14 749 673 119 695 418
Activités immobilières 1 825 1 248 5 228 5 253 7 053 6 501 260 571 263 920
Services aux entreprises 24 518 24 329 55 494 55 606 80 012 79 935 3 091 451 3 152 723
Postes et télécommunications 3 157 3 229 8 869 9 015 12 026 12 244 536 621 542 174
Conseil et assistance 5 731 5 835 16 560 17 148 22 291 22 983 1 165 908 1 220 719
Services opérationnels 14 413 14 065 29 732 29 088 44 145 43 153 1 244 393 1 244 012
Recherche et développement 1 217 1 200 333 355 1 550 1 555 144 529 145 818
Services aux particuliers 11 806 12 892 32 433 33 175 44 239 46 067 1 780 379 1 821 326
Hôtels et restaurants 3 698 4 663 10 461 10 700 14 159 15 363 713 521 734 037
Activités récréatives, culturelles et sportives 1 455 1 437 5 275 5 356 6 730 6 793 348 333 354 730
Services personnels et domestiques 6 653 6 792 16 697 17 119 23 350 23 911 718 525 732 559
Éducation, santé, action sociale 29 770 29 750 82 644 82 554 112 414 112 304 3 896 181 3 953 109
Éducation 14 517 14 470 38 675 38 655 53 192 53 125 1 709 032 1 735 190
Santé, action sociale 15 253 15 280 43 969 43 899 59 222 59 179 2 187 149 2 217 919
Administration 19 649 19 319 51 670 50 874 71 319 70 193 2 702 673 2 708 226
Administration publique 17 746 17 657 45 651 44 705 63 397 62 362 2 368 167 2 365 256
Activités associatives extra-territoriales 1 903 1 662 6 019 6 169 7 922 7 831 334 506 342 970
Toutes activités 182 559 183 370 459 605 461 837 642 164 645 207 22 062 580 22 351 099
Source : INSEE - Estimations d’emploi au 31 décembre Unité : emploi
(1) Estimations non définitives
ter mais à un rythme nettement ralenti ; macie, de la construction navale ou des dans la région. Depuis trois ans, la
l’automobile accentue la progression ob- fabricants de composants électroniques. baisse de 3% de ces emplois en
servée en 2000. Les équipementiers mé- Haute-Normandie est à comparer avec
caniques affichent également une les 1,3% pour l’ensemble de la France.
tendance favorable comme les industries L’EMPLOI NON SALARIÉ En effet, la baisse des non salariés s’est
du textile et du «bois-papier». accentuée en Haute-Normandie dans leCONTINUE À BAISSER
En revanche, d’autres secteurs sem- commerce (-2%) et les services (-3,1%)
blent subir davantage le ralentissement Cette érosion de l’emploi non salarié en 2001, alors qu’elle était juste un peu
conjoncturel. C’est le cas des industries s’est pourtant atténuée au fil de la dé- moins soutenue pour la France dans les
des biens de consommation, hors phar- cennie, mais elle reste plus prononcée services (-0,5%)
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 24 - Avril 2003L’EMPLOI DANS L’EURE EN 2001
LE COMMERCE ET LES SERVICES AUX PARTICULIERS GÉNÈRENT DE NOMBREUX EMPLOIS
En 2001, l’évolution de l’emploi du département de l’Eure a été très faible en comparaison des années précédentes. Le gain a
été de l’ordre de 650 emplois contre dix fois plus l’année précédente. Ainsi, au 31 décembre 2001, le département compte
200 968 emplois. L’emploi non salarié continue à baisser (-0,8%), proportionnellement un peu plus que pour l’ensemble de la
France, et l’augmentation des salariés (+0,4%) a été beaucoup plus modérée que pour l’ensemble du territoire métropolitain.
Pour les non salariés, le commerce se distingue en enregistrant la plus forte perte d’emplois. Hors agriculture, ces pertes sont
d’ailleurs uniquement imputables au tertiaire.
Au contraire, la création d’emplois salariés dans le commerce est l’une des plus remarquables du tertiaire, avec la création de
plus de 500 emplois. Elle concerne toutes les activités commerciales qu’il s’agisse du commerce et de la réparation automobile,
du commerce de gros ou du commerce de détail et de la réparation. Ce secteur a été soutenu par la vigueur du pouvoir d’achat
qui a stimulé la consommation des ménages.
Dans les services, l’emploi salarié est stable (+0,2%) en 2001. Cette évolution, sans commune mesure avec celles des dix
précédentes années (+3,9% en moyenne), conjugue une diminution de personnel des administrations, des services opération-
nels (intérim) et des activités immobilières et un surcroît de postes dans les services aux particuliers : hôtels-restaurants, servi-
ces personnels et domestiques.
Avec un accroissement de 0,3%, l’emploi salarié industriel se maintient mieux dans le département que sur l’ensemble de la
métropole (-0,4%) et un peu moins bien que sur l’ensemble de la région (+0,4%). La parachimie, l’un des secteurs phares du dé-
partement, progresse toujours, mais à une allure plus modérée que sur la période 1997-2000. Ce secteur a créé plus de 200 em-
plois en 2001.
Les industries des biens d’équipement, mécaniques, électriques et électroniques ont, elles aussi, embauché plus de 350 per-
sonnes en 2001 pour répondre à la demande. Par contre, c’est pour le personnel de l’industrie automobile que la perte d’emplois
a eu le plus d’impact avec 300 suppressions (fermeture de De Carbon à Andé). Dans les industries des biens intermédiaires, ce
sont le textile et le bois-papier qui ont créé le plus d’emplois.
L’EMPLOI DANS LA SEINE-MARITIME EN 2001
LE BÂTIMENT TOUJOURS EN PROGRESSION
L’emploi total dans le département de la Seine-Maritime a, lui aussi, très peu augmenté en 2001, comme dans le département
de l’Eure et l’ensemble de la région. Ainsi, au 31 décembre 2001, le département compte 495 693 emplois, soit 1 500 postes sup-
plémentaires. L’emploi non salarié a poursuivi sa régression, principalement à cause des services et du commerce. En revanche,
le secteur secondaire accueille de nouveaux entrepreneurs, pr dans le bâtiment.
La croissance de l’emploi salarié a subi un net ralentissement, un peu moins fort cependant que dans l’Eure, mais plus impor-
tant que celui observé pour l’ensemble du territoire français. En 2001, la Seine-Maritime a ainsi créé six fois moins d’emplois sala-
riés que l’année précédente.
Le secteur de la construction en Seine-Maritime est, là encore, le plus dynamique. Cet accroissement de 2% (soit +550
postes) est moins ample que l’an dernier, mais dénote une activité qui reste soutenue depuis trois ans.
Dans l’industrie, l’emploi salarié est en progression de près de 0,5%. Cette augmentation de 500 postes s’inscrit dans un
contexte de fort ralentissement. A l’image de la région, les évolutions sectorielles sont contrastées.
Ainsi en 2001, comme en 2000, l’industrie automobile a créé des emplois : plus de 600 en 2000, près de 900 en 2001. Dans
son sillage, les équipementiers mécaniques affichent également de bons résultats. A signaler enfin, parmi les secteurs en expan-
sion, la bonne tenue des industries agroalimentaires. Parallèlement, les difficultés des industries des biens de consommation, de
la construction navale et des équipementiers électriques, ont eu un impact négatif sur l’emploi salarié.
L’emploi salarié dans les services n’offre que 1 000 postes supplémentaires, ce qui est faible par rapport aux gains de plus de
10 000 postes sur l’année précédente. L’accroissement du personnel salarié dans les services provient en grande partie des
transports bénéficiant de 1 000 personnes supplémentaires, du secteur «conseil et assistance» offrant près de 600 postes et des
services aux particuliers, créateurs de 740 emplois. En revanche, les administrations ont supprimé 2% de postes comme les ser-
vices opérationnels qui comprennent l’emploi intérimaire.
On retiendra, comme note positive, l’évolution de l’emploi salarié dans le commerce, qui génère plus de 400 postes salariés
supplémentaires. Cette progression est entièrement imputable au dynamisme du de détail (+800 postes en 2000, +740
en 2001).
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 24 - Avril 2003 3

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