L'emploi en Haute-Normandie en 2003 : Une année défavorable à l'emploi

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Depuis 2001, la croissance économique a fortement ralenti et la région supprime quasiment autant d'emplois qu'elle en crée. L'année 2003 a même été marquée par un recul de l'emploi dû a une baisse exceptionnelle des emplois de services qui vient s'ajouter aux pertes de l'industrie et de l'agriculture. Le BTP parvient cependant à générer quelques postes supplémentaires, mais uniquement dans le département de l'Eure. Les activités commerciales poursuivent leur développement, soutenu là encore par les grossistes et détaillants de l'Eure. L'emploi public tend à diminuer lui aussi, un peu plus rapidement qu'au plan national.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 47 - Septembre 2005
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
2003 : UNE ANNÉE DIFFICILE
POUR L’EMPLOI
L’année 2003 a été marquée à nouveau par L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2003
un net ralentissement de la croissance du
produit intérieur brut (PIB) en France avec
une augmentation moyenne de 0,8% seule- Une année défavorable à l’emploi
ment, chiffre le plus faible depuis 1993.
Cette conjoncture a été défavorable à
Christian CAMESELLAl’emploi total qui baisse en 2003 de 0,4%
Anne-Marie DAVIDd’après les estimations non définitives
disponibles.
La Haute-Normandie a été un peu plus
touchée que la France avec une baisse es-
timée à 0,6% de l’emploi total dont -0,6%
ainsi perdu 4100 emplois en 2003, soitpour l’emploi salarié et -0,7% pour l’emploi Depuis 2001, la croissance
non-salarié. une baisse de 0,6 %. Elle se classe au
économique a fortementAprès le point haut de 4,1% en 2000, la 10ème rang des régions les plus tou-
croissance n’a cessé de se ralentir jusqu’en ralenti et la région supprime chées avec l’Alsace et la Picardie. En
2003 entraînant par là-même des progres-
quasiment autant d’emplois France métropolitaine, le recul desions de plus en plus faibles de l’emploi.
l’emploi est un peu moins fort (-0,4 %)Cette tendance globale n’a cependant pas qu’elle en crée. L’année 2003 a
affecté tous les secteurs de façon homo- mais les disparités sont assez accen-
même été marquée par ungène : si la baisse continue dans l’agricul- tuées (-1,2 % en Champagne-Ardenne,
ture et reprend dans l’industrie, la hausse se recul de l’emploi dû à une +1,5 % en Corse ou +1,4 % en Langue-
poursuit dans la construction et le secteur
doc-Roussillon). A l’exception du Limou-baisse exceptionnelle destertiaire (commerce et services). Fait mar-
sin ou de l’Aquitaine, l’évolution dequant pour la Haute-Normandie, la région emplois de services qui vient
l’emploi est d’ailleurs globalement plusenregistre plutôt des évolutions sectorielles
s’ajouter aux pertes demoins heurtées qu’au plan national, à l’ex- favorable dans les régions du sud.
ception du secteur agricole. Ainsi, les pertes L’essentiel des pertes d’emploil’industrie et de l’agriculture.
d’emploi sont relativement moins fortes
Le BTP parvient cependant àdans l’industrie (-2,8% sur la période
2001-2003 contre -4,7% en France). A l’in- générer quelques postes L’EMPLOI NON SALARIÉ
verse, la construction et le secteur tertiaire
supplémentaires, maishaut-normands (commerce et services)
La diminution de l’emploi non-salarié atteint
connaissent, sur la même période, une uniquement dans le -0,7% en 2003 dans la région contre -0,2% en
moindre progression de l’emploi qu’au plan
France. La région compte ainsi 335 non salariés
département de l’Eure. Lesnational, respectivement +1,7% et +3,0%
en moins, essentiellement des exploitants agri-
pour le secteur tertiaire. Ainsi au cours de
coles et des entrepreneurs individuels des servi-activités commerciales
ces trois années de ralentissement, la région ces. Cette baisse est continue depuis plusieurs
a limité les baisses mais n’a pas bénéficié poursuivent leur années. Entre 1998 et 2003, la Haute-Normandie a
pleinement des hausses. Au total, sur la pé- perdu plus de 2 500 entrepreneurs individuels,développement, soutenu là
riode 2001-2003, l’emploi haut-normand plus de 1 500 sont des exploitants agricoles mais
n’aura progressé que de 0,4% contre 1,3% encore par les grossistes et près de 1 400 avaient une activité tertiaire, com-
au plan national. merciale ou de services. Ces évolutions sont àdétaillants de l’Eure. L’emploi
comparer à celles observées en France métropo-
Denis CAVAUD, public tend à diminuer lui litaine. En proportion, le nombre de non salariés
Chef du service des études et de la diffusion haut-normands a diminué deux fois plus rapide-
aussi, un peu plus rapidement
ment. Les agriculteurs résistent moins bien qu’en
moyenne nationale (15% de cessations en plus).qu’au plan national.
Le BTP suscite deux fois moins de vocations tan-S O MM A IRE
dis que l’industrie constitue encore un gisement
d’emplois indépendants. Dans le tertiaire, en re-
u 31 décembre 2003, la région vanche, les non salariés du commerce diminuentEMPLOI
alors qu’ils sont en progression au plan national.L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2003 Acompte près de 697 300 emplois
Une année défavorable à l’emploi . . . . . . . . . . . 1 Enfin, s’agissant des services, les évolutions ré-au total dont 646 750 emplois salariés.
gionales sont particulièrement défavorables sur
CONJONCTURE L’évolution annuelle de l’emploi total
la période puisque la Haute-Normandie perd 6
TABLEAU DE BORD est négative (-0,6%) pour la première fois fois plus de non salariés qu’en moyenne.DE LA HAUTE-NORMANDIE AU 30 JUIN 2005
Un début d’année mitigé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 depuis 1996. La Haute-Normandie a
EMPLOIconcerne l’industrie régionale (environ l’Eure (+2% contre +1,4 % en France). Le les secteurs des biens de consommation
-3 200) qui est toutefois un peu moins commerce régional suit la tendance na- (-4,8%), les biens d’équipement (-4,6%)
touchée qu’au plan national (-2% contre tionale (+0,6%), là aussi grâce aux créa- et les biens intermédiaires (-2,1%) alors
-2,4%). Elles sont également localisées tions d’emploi dans le département de que les industries agricoles et alimentai-
dans une moindre mesure dans l’agricul- l’Eure. res maintiennent leurs effectifs et l’in-
ture qui voit ses effectifs diminuer de plus dustrie automobile parvient à créer
de 970 postes (dont 350 exploitants). Ce quelques emplois (+1%).
mouvement est en outre accentué par L’EMPLOI INDUSTRIEL DIMINUE L’évolution de l’emploi est relative-
une baisse de l’emploi dans les services TOUJOURS ment préoccupante dans le secteur de
(-0,2%, soit -785 postes au total), ce qui l’électronique qui accuse les plus fortes
est tout à fait exceptionnel. Le secteur du L’industrie régionale perd deux fois baisses (-732 soit -10,9%), l’habille-
BTP affiche en revanche de meilleurs ré- plus d’emplois salariés en 2003 qu’en ment-cuir qui perd près d’un tiers de ses
sultats (+0,7%), en particulier dans 2002. Les difficultés frappent fortement effectifs (-548 soit -30,2%) ou le textile
L’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France (hors DOM-TOM)
Activités
(code NAF en 36 postes) 2002 2003 (1) 2002 2003 (1) 2002 2003 (1) 2002 2003 (1)
Agriculture, sylviculture, pêche 2 817 2 760 4 361 3 798 7 178 6 557 339 563 328 341
Industrie 51 543 50 278 99 902 97 961 151 444 148 239 4 054 416 3 951 059
Industries agricoles et alimentaires 3 988 4 019 11 398 11 406 15 386 15 425 582 534 580 533
Habillement, cuir 812 537 1 006 733 1 818 1 270 116 188 104 443
Édition, imprimerie, reproduction 2 752 2 627 2 178 2 093 4 930 4 720 207 810 199 864
Pharmacie, parfumerie, entretien 6 471 6 571 3 257 3 116 9 728 9 687 151 569 153 175
Équipements du foyer 2 391 2 153 1 988 2 021 4 378 4 174 203 646 195 264
Industrie automobile 889 879 16 026 16 202 16 915 17 082 292 770 293 645
Construction navale, aéronautique et ferroviaire 1 433 1 359 2 111 2 041 3 543 3 400 143 859 141 318
Équipements mécaniques 4 832 4 823 11 687 11 329 16 520 16 152 435 647 422 638 électriques et électroniques 1 594 1 513 5 131 4 480 6726 5 994 233 539 222 999
Produits minéraux 1 726 1 666 5 522 5 460 7 248 7 126 167 275 164 138
Textile 771 582 920 846 1 691 1 429 106 028 97 981
Bois et papier 3 121 3 159 3 170 3 151 6 291 6 310 178 687 174 224
Chimie, caoutchouc, plastiques 7 837 7 690 13 681 13 397 21 518 21 087 348 639 342 952
Métallurgie, transformation des métaux 6 310 6 178 8 095 7 962 14 405 14 140 450 886 433 485
Composants électriques et électroniques 5 668 5 559 3 596 3 478 9 264 9 037 193 662 185 743
Combustibles, carburants 0 0 3 814 3 924 3 814 3 924 32 483 31 548
Eau, gaz, électricité 948 963 6 322 6 322 7 270 7 285 209 194 207 109
Construction (BTP) 10 784 11 027 29 000 28 961 39 784 39 989 1 261 147 1 274 221
Commerce 19 981 20 607 56 483 56 330 76 464 76 938 2 990 958 3 009 454
12 133 12 046 433 362 430 247Commerce et réparation automobile 3 821 3 851 8 313 8 195
20 532 20 426 987 951 985 853 de gros 5 237 5 470 15 295 14 956
43 798 44 466 1 569 645 1 593 354Commerce de détail, réparations 10 923 11 286 32 875 33 179
Services 99 131 98 713 276 512 276 312 375 644 375 026 13 850 356 13 842 460
Transports 7 156 7 343 33 243 33 459 40 399 40 802 1 069 810 1 067 797
Activités financières 2 961 2 951 11 696 11 721 14 657 14 672 711 622 708 235
Activités immobilières 1 206 1 173 5 456 5 496 6 662 6 669 266 257 269 926
Services aux entreprises 24 435 24 196 55 457 55 244 79 892 79 441 3 182 058 3 172 764
Postes et télécommunications 3 199 3 166 8 764 8 593 11 963 11 759 537 205 526 265
Conseil et assistance 6 012 6 070 17 530 17 981 23 542 24 051 1 217 448 1 215 750
Services opérationnels 13 948 13 690 28 820 28 327 42 768 42 017 1 279 597 1 281 839
Recherche et développement 1 276 1 270 343 343 1 619 1 613 147 808 148 910
Services aux particuliers 13 031 12 926 33 508 33 806 46 539 46 732 1 860 131 1 872 823
Hôtels et restaurants 4 660 4 655 10 784 10 873 15 444 15 527 761 433 769 302
Activités récréatives, culturelles et sportives 1 514 1 373 5 313 5 396 6 827 6 769 351 532 350 354
Services personnels et domestiques 6 857 6 898 17 411 17 537 24 268 24 436 747 166 753 167
Éducation, santé, action social 30 145 29 761 84 460 84 525 114 605 114 287 3 968 740 3 969 834
Éducation 14 572 14 073 38 707 37 374 53 279 51 448 1 696 426 1 658 593
Santé, action sociale 15 573 15 688 45 753 47 151 61 326 62 839 2 272 314 2 311 241
Administration 20 197 20 363 52 692 52 061 72 889 72 425 2 791 738 2 781 081 publique 18 545 18 736 46 541 46 306 65 085 65 043 2 445 124 2 439 253
Activités associatives et extra-territoriales 1 652 1 627 6 151 5 755 7 804 7 382 346 614 341 828
Toutes activités 184 256 183 385 466 258 463 362 650 513 646 749 22 496 440 22 405 535
Source : INSEE - Estimations d’emploi au 31 décembre Unité : emploi
(1) Estimations non définitives
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 47 - Septembre 2005ÉVOLUTION SECTORIELLE ENTRE FIN 2000 ET FIN 2003
La région, comme la France, enre- ment leur personnel et ont créé plus
ÉVOLUTION SECTORIELLE DE L’EMPLOI TOTALgistre une baisse de l’emploi en de 2 000 emplois dont plus de 400
ENTRE FIN 2000 ET FIN 2003
2003 après une croissance assez en 2003. Le secteur du conseil et de
forte de 1997 à 2000, puis de plus en l’assistance accroît annuellement
Agriculture, sylviculture, pêcheplus faible en 2001 et 2002. ses effectifs salariés de plus de 2%.
Entre fin 2000 et fin 2003, le secteur C’est une activité en fort développe-
Industrieprimaire perd 10% de ses emplois ment ces dernières années, tout
soit près de 2000 dont un millier de comme le secteur de la santé et de
Constructionsalariés. Sur cette même période, l’action sociale, spécialement en
l’industrie supprime 2,8% de ses 2002 et 2003.
emplois soit près de 4 400, essen- Le personnel salarié du commerce Commerce
tiellement des salariés. Le tertiaire de détail, réparation, secteur tradi-
s’accroît de 1,6% soit de plus de tionnellement créateur d’emplois, a Services
7 800 emplois, pour une augmenta- augmenté de plus de 2 200 indivi-
tion des salariés de près de 9 000. dus en 3 ans dont près de 670 en Ensemble
Les évolutions les plus favorables 2003.
de l’emploi salarié concernent plu- A l’inverse, les secteurs en perte d’ef- -12 -10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8
tôt des activités de services, mais fectifs importante appartiennent sur-
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France
aussi deux secteurs industriels spé- tout à l’industrie et à l’agriculture.
cifiques, qui sont la construction Sept secteurs industriels perdent ain-
Source : INSEE - Estimations d’emploi au 31 décembre Unité : %
automobile et la pharmacie, parfu- si entre 9,5% et 44% de leurs sala-
merie, entretien, et qui ont créé cha- riés). Pour certains, la chute des
les réductions d’effectifs sont de 2003 dont plus de 1 500 en 2003.cun plus de 800 emplois salariés effectifs est ancienne. L’habillement,
entre fin 2000 et fin 2003. cuir et le textile connaissent depuis l’ordre 10% en trois ans. Il s’agit des Le secteur de l’agriculture, sylvi-
industries des équipements du culture, pêche accuse aussi uneAinsi les services aux particuliers longtemps des difficultés qui se sol-
gagnent, pour cette période, près de dent par des licenciements ou des foyer, des équipements électriques décroissance ancienne et impor-
et électroniques, des composants tante de ses effectifs, particulière-2 500 salariés dont plus d’un millier fermetures. Entre fin 2000 et fin
dans les services personnels et 2003, les pertes d’effectifs, les plus électriques et électroniques, de la ment non salariés, mais aussi
construction navale et aéronautique salariés depuis 1999. Sur les troisplus de 1 300 dans les hôtels res- importantes, atteignent respective-
taurants. Les transports, qui sont ment 44% et 26,3% (avec -30,2% et et de l’édition, imprimerie, reproduc- dernières années, les effectifs ont
tion qui ont perdu au total plus de baissé de plus de 1 000 salariésbien développés en Haute-Nor- -15,5% en 2003).
mandie, accroissent aussi régulière- Pour d’autres activités industrielles, 3 400 salariés entre fin 2000 et fin dont plus de 600 en 2003.
(-260 postes, avec -15%). La chimie LES SERVICES dustrie (-0,6%). Ainsi les effectifs des
caoutchouc, plastiques (-431 soit -2%) et ONT EXCEPTIONNELLEMENT PERDU services opérationnels et particulière-
les équipements mécaniques (-368 soit PLUS DE 600 EMPLOIS ment des entreprises d’intérim ont forte-
-2,2%) qui restent des secteurs impor- ment régressé. Les personnels des
tants de l’industrie régionale, participent C’est la première fois depuis 1993 postes et télécommunications diminuent
à ce mouvement. que le secteur tertiaire perd des emplois, en raison de réorganisations de certains
Dans ce contexte difficile, peu de d’après les estimations non définitives services. En revanche, les services de
secteurs industriels génèrent des em- disponibles. Au cours de la décennie conseil continuent à créer des emplois
plois. A côté de l’automobile, seule la passée, la création d’emploi dans les (500 postes supplémentaires) alors que
production de combustibles est en phase services ou le commerce a toujours com- cette activité est en léger recul au niveau
de croissance forte (+2,9%). Même le pensé les pertes subies dans le secteur national (+2,2% contre -0,1%). Ce type
secteur pharmaceutique qui recrutait ré- secondaire et dans l’industrie en particu- d’activité reste encore sous-représenté
gulièrement de façon importante, lier (à l’exception toutefois de l’année dans la région qui semble toutefois rattra-
marque une pause en 2003 (-0,4%). 1996). Principales activités touchées, per un peu son retard.
L’évolution de l’emploi dans le bâtiment l’éducation perd 3,4% de ses effectifs Autres activités en croissance, les
est meilleure (+0,5% contre +1% en (1 830 emplois), les activités associati- services aux particuliers suivent la ten-
France). Ces créations d’emploi sont lo- ves -5,4%, soit 420 emplois. La majorité dance nationale, portés par les créations
calisées dans le département de l’Eure de ces pertes d’emplois proviennent de d’emplois domestiques. Parmi les autres
qui affiche un certain dynamisme fins de contrats aidés d’emplois jeunes. viviers d’emplois, il faut noter que le
(+2,3%). En Seine-Maritime, le secteur Les services aux entreprises subis- transport est encore porteur de 400
du bâtiment marque le pas. sent le contre-coup des difficultés de l‘in- postes nouveaux. Le commerce de
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 47 - Septembre 2005 3LES ZONES D’EMPLOI DE HAUTE-NORMANDIE EN 2003
spécialisée dans les activités in- LES ZONES spécificité de la zone, a encoreL’emploi est en recul dans
dustrielles (40,5% de l’emploi « TERTIAIRES » perdu près de 80 salariés. Lestoutes les zones d’emploi
total), les industries d’équipe- NE CRÉENT PAS services aux particuliers y sontde la région sauf à Bernay.
ment mécanique et- D’EMPLOIS particulièrement développés. La
La plupart subissent de
ment électrique et électronique, zone d’emploi de Vernon a per-
fortes pertes dans l’in-
sont les plus touchées. Dans la Dans les zones d’emploi de du quasiment autant d’emplois
dustrie mais aussi dans
zone de Pont-Audemer, le sec- Rouen, de Gisors et d’Evreux, le dans les services (l’éducation)
l’agriculture. Le BTP vient teur de l’habillement, cuir et plus secteur industriel perd plus de que dans l’industrie aéronau-
atténuer un peu ce mouve- précisément l’industrie du cuir, 2,5% de ses effectifs, pertes tique notamment (une centaine).
ment dans beaucoup de zo- activité spécifique de la zone, d’emplois que les autres sec- La baisse d’emploi est faible
perd la moitié de ses effectifs en teurs ne compensent pas com- dans la zone du Havre, avec unenes alors que les services
raison de la fermeture d’un plètement. Les services sont en industrie qui est globalementsont très souvent en recul.
établissement. baisse dans les deux chefs-lieux moins affectée que dans la plu-
Dans les zones d’emploi du de département. A Rouen, il part des autres zones. Le com-
Parmi les treize zones d’emploi Pays-de-Bray et de Ver- s’agit pour beaucoup d’emplois merce est en perte de vitesse en
que compte la Haute-Nor- neuil-sur-Avre, les baisses d’ef- publics alors que le commerce 2002 et 2003 alors que les servi-
mandie, sept accusent des ré- fectifs sont moins fortes continue à créer des emplois ces sont en accroissement
ductions d’effectifs plus fortes (comprises entre -1,1% et -1,3% nouveaux. Il faut aussi noter que constant. Ce sont tout particu-
qu’en moyenne régionale (com- soit environ 150 postes). La moi- les emplois de services opéra- lièrement les salariés du com-
prises entre -0,7% et -2,8%), cinq tié d’entre elles sont localisées tionnels sont en net repli, proba- merce de gros qui diminuent de
autres affichent des baisses dans l’agriculture dans le blement en lien avec les 5% en 2003 alors que ceux des
plus modérées (comprises entre Pays-de-Bray, alors qu’elles sont difficultés de l’industrie. Toute- transports augmentent de 2,8%
-0,1% et -0,5%). davantage concentrées dans l’in- fois le territoire rouennais soit de plus de 400 salariés. Le
Les zones d’emploi de la Vallée dustrie à Verneuil-sur-Avre (une pourvoie de nombreux postes BTP a créé près de 90 emplois
de la Bresle et de Pont-Audemer centaine d’emplois sur 150). nouveaux dans les services de nouveaux.
connaissent les plus fortes bais- Elles concernent en particulier conseil et d’assistance. A Dans la zone de Lillebonne,
ses (respectivement de -2,8% et les secteurs de l’édition, impri- Evreux, la création d’emploi re- l’emploi total est stable en 2003.
-1,8%) Dans ces deux zones, les merie, reproduction et des com- pose sur le transport, la cons- Pour l’industrie, un équilibre est
maigres créations d’emploi posants électriques et truction mais également le réalisé entre activités en perte
dans le BTP ne parviennent pas électroniques, cependant que commerce. de vitesse et en expan-
à compenser les très nombreu- l’activité de la métallurgie très Dans la zone d’emploi de sion. Le commerce est assez dé-
ses suppressions dans l’in- développée et les équipements Dieppe, au contraire, la baisse veloppé et accroît ses effectifs
dustrie et le secteur tertiaire du foyer, peu représentés, par- de l’emploi dans l’industrie est salariés de 5,6%. Par contre les
perd des emplois. Dans la Vallée viennent à créer une trentaine relativement modérée (-0.9%). services aux entreprises, bien
de la Bresle, qui est fortement d’emplois salariés chacun. Le territoire voit ses effectifs ré- représentés dans la zone,
duits de 300 postes dont une connaissent une baisse impor-
centaine concerne les salariés tante d’effectifs (3,3%) en 2003,
de l’agriculture ou de l’industrie. avec notamment une diminution
L’EMPLOI TOTAL EN 2003 PAR ZONE D’EMPLOI
Dans les cinq autres zones des services de conseil et
Évolution de
d’emploi, la variation de l’emploi assistance.
l’emploi total
Zone d’emploi Emploi total Emploi salarié (en %) total en 2003 est moins défavo- L’emploi de la zone de Bernay est
ValléedelaBresle 19 202 17 378 -2,8 rable. Ces zones montrent des en augmentation de 0,2%. Cette
Pont-Audemer 13 852 12 081 -1,8 activités industrielles plus diver- zone bénéficie des retombées
Verneuil-sur-Avre 11 462 10 280 -1,3
sifiées entre activités en déclin des travaux routiers (notammentPays-de-Bray 14 345 12 618 -1,1
Gisors 8 454 7 528 -0,9 et activités de pointe. L’emploi la construction de l’autoroute
Dieppe 37 360 34 151 -0,8 résiste mieux grâce au plus A28) qui commencent en 2003 :
Rouen 290 820 272 206 -0,7
grand dynamisme de la cons- les effectifs du BTP augmententÉvreux 69 326 63 853 -0,5
Fécamp 12 435 11 334 -0,3 truction et du commerce à Fé- de 7,7%. L’un des secteurs indus-
Vernon 32 777 30 382 -0,2 camp et Vernon. Pour la zone de triels le mieux représenté dans la
Le Havre 140 478 132 470 -0,2
Fécamp, la part d’emplois indus- zone, la pharmacie, parfumerie,Lillebonne 25 648 23 973 -0,1
Bernay 21 087 18 495 0,2 triels est devenu très faible entretien, augmente particulière-
Haute-Normandie 697 246 646 749 -0,6 (13,3%), alors que les services ment ses effectifs salariés
Source : INSEE - Estimations d’emploi Unités : emploi, % occupent 61% des actifs. En (+16,3%) et compense largement
2003, l’industrie agroalimentaire, les baisses.
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 47 - Septembre 2005détail, à l’origine de plus 670 emplois sées par un recul exceptionnel des consommation, l’habillement, cuir perd
supplémentaires, soutient la croissance emplois de services (près de 450 dont encore cette année 270 postes, soit plus
des effectifs du commerce. 420 salariés, soit -0,4%). Plus de la du quart de ses salariés.
moitié de ces pertes sont imputables aux L’industrie automobile et l’énergie
services opérationnels aux entreprises sont les secteurs industriels où le solde
COMMERCE ET BTP SONT TOUJOURS dont fait partie l’intérim. Mais il y a égale- d’emplois salariés reste positif en 2003.
DYNAMIQUES DANS L’EURE ment un net recul de l’emploi dans l’édu- Dans le département de la Seine-Ma-
cation (-500 salariés) ou dans les ritime, le commerce et le bâtiment (en
L’emploi total dans le département de activités récréatives (-140 salariés) qui très légère baisse) ont supprimé des em-
l’Eure est estimé à 200 600 au 31 dé- avaient recruté de nombreux em- plois salariés, tout comme les grossistes
cembre 2003 (dont 183 400 salariés). Il plois-jeunes. Dans ce contexte difficile, et les commerçants automobiles.
est en baisse de 0,5% par rapport à seul le transport présente une bonne dy- Quant aux services, la baisse est rela-
2002 ; le département a ainsi perdu près namique (+2,6%) en générant encore tivement légère par un phénomène de
de 970 postes, en grande majorité sala- près de 190 emplois salariés. compensation. Les services aux particu-
riés. Cette baisse est intermédiaire entre liers augmentent leur personnel dans les
celle enregistrée en France (-0,4%) et activités domestiques notamment, tandis
celle de la région (-0,6%). Elle s’inscrit DES SERVICES EN LÉGÈRE BAISSE que certains services aux entreprises sont
dans une tendance au fort ralentisse- EN SEINE-MARITIME amenés à le contracter. Ainsi, les activités
ment observée depuis 2001. de conseil et assistance poursuivent leur
Avec la suppression de plus de 1 250 La Seine-Maritime compte 496 640 em- développement et embauchent (450 em-
emplois, l’industrie reste très touchée en plois au 31 décembre 2003 dont 463 360 plois créés), alors que les emplois des ser-
2003. L’habillement cuir perd un tiers de salariés. La baisse de l’emploi total, de vices opérationnels décroissent,
ses effectifs salariés, le textile un quart, -0,6%, est imputable au recul de l’emploi principalement dans le travail temporaire.
les équipements du foyer un dixième. Les salarié (de l’ordre de -2 900 postes). Ce Les secteurs qui ont recours aux em-
effectifs salariés progressent toutefois un sont en grande partie des emplois indus- plois aidés ne connaissent pas tous la
peu dans la pharmacie qui crée une cen- triels et agricoles qui disparaissent. Toute- même évolution. Ainsi, alors que l’éduca-
taine de postes, l’industrie agroalimen- fois, le tertiaire aussi subit des pertes (-450 tion enregistre une diminution globale de
taire (+30) et l’industrie du bois (+40). Le emplois). ses effectifs, ceux du secteur de la santé et
BTP génère à nouveau des emplois. Les principales baisses d’emplois in- de l’action sociale s’accroissent. Les activi-
Après des années de forte croissance dustriels ont lieu dans les industries des tés associatives perdent également du
entre 1997 et 2000, puis un certain es- biens d’équipement (-1 080) et notam- personnel (-400) cependant que les servi-
soufflement, ce secteur gagne 260 em- ment les équipementiers électriques et ces aux particuliers, surtout les services
plois en 2003. électroniques (-650 salariés). Les indus- personnels et domestiques (+130) ont plus
Dans le secteur tertiaire, l’emploi total tries d’équipements mécaniques perdent de demandes.
est stable. Qu’il s’agisse des grossistes aussi 360 salariés. Les administrations réduisent leurs
ou des détaillants, les activités commer- Les industries des biens intermédiai- effectifs dans le département de la
ciales du département sont très dynami- res réduisent de plus de 2% leur person- Seine-Maritime alors qu’elles les aug-
ques (+2,8%) et porteuses de nombreux nel salarié, principalement dans le mentent presque d’autant dans le dépar-
emplois nouveaux (+640). Mais ces créa- secteur de la chimie, caoutchouc, plas- tement de L’Eure
tions d’emplois sont en partie compen- tique. Parmi les industries des biens de
BILAN DE LA QUALITÉ DE L’AIR 2004 À ROUEN
Pour la 4e année consécutive, l’agglomération rouennaise n’a connu aucun épisode de pol-
lution soufrée. Cependant, les capteurs situés en proximité de la zone industrielle de Rouen etNOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A en particulier de la raffinerie indiquent pour 2004 une hausse en dioxyde de soufre de 48%
pour l’un des capteurs de Petit-Couronne château d’eau et de 30% pour Petit-Couronne pis-
cine. Ces 2 capteurs dépassent les limites autorisées.IME EN HAUTE-NORMANDIE
A Rouen, les capteurs observent une baisse de 14% du dioxyde d’azote. Au pont Guillaume
A la fin de l’année 2004, 42 instituts médico-éducatifs (IME) étaient implantés en
le Conquérant, cette amélioration n’est que de 7% ce qui n’est pas suffisant pour respecter
Haute-Normandie dont 16 dans l’Eure et 26 en Seine-Maritime. Ceux-ci offrent une capacité
l’objectif annuel de qualité.
autorisée de plus de 2 400 places, réparties pour 30% dans l’Eure et 70% en Seine-Maritime.
La renommée de Rouen « ville la plus polluée de France » n’est plus d’actualité.
En Haute-Normandie, 78,6% des IME sont de statut privé ; ce statut est plus fréquent dans
Bilan des mesures 2004 / Observatoire de la qualité de l’air. - In : L’Air normand. - N° 39 (2005,
l’Eure (93,3% des IME) qu’en Seine-Maritime (69,2%).
fév.-avr.) ; 4 p.
La capacité d’accueil des IME se répartit en moyenne ainsi : 1 410 places pour les enfants
handicapés pour retard mental, environ 875 places pour les enfants déficients intellectuels et
près de 140 places pour les autistes.
Ces enfants et adolescents sont plus souvent en hébergement complet ou de semaine
Nelly LANNEFRANQUE
dans l’Eure (37,9%) qu’en Seine-Maritime (28,8%).
Corinne MARISSIAUXLes instituts médico-éducatifs en Haute-Normandie / Direction régionale des affaires sanitai-
res et sociales. - Rouen : DRASS, 2004. - 28 p.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 47 - Septembre 2005 5

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