L'emploi en Haute-Normandie en 2004 - Poursuite des tendances récentes : industrie en baisse et tertiaire en hausse

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La croissance de l'emploi du secteur privé est très faible en 2004. Elle est portée par les activités commerciales, les services et le BTP. La baisse de l'emploi industriel se poursuit et touche quelques fleurons de l'industrie régionale : la construction automobile mais également l'industrie pharmaceutique. Le domaine de l'électronique éprouve de nouvelles difficultés tant chez les équipementiers que chez les fabricants de composants.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’EMPLOI EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Poursuite des tendances récentes :
industrie en baisse et tertiaire en hausse
Christian CAMESELLA
Anne-Marie DAVID
a croissance de l’emploi salarié du L’EMPLOI SALARIÉ EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004La croissance de l’emploi du
Lsecteur concurrentiel en Évolution Évolutionsecteur privé est très faible en
2003 2004Haute-Normandie est estimée à 0,3% en2004. Elle est portée par les (en %) (en %)
2004 contre 0,5% en 2003. Cette évolu-
activités commerciales, les Industrie -2,2 -2,8
tion légèrement positive se traduit par
Dont : IAA +0,4 +0,1services et le BTP. plus de 1 000 emplois salariés supplé- Biens de consommation -5,1 -5,6
La baisse de l’emploi industriel Automobile +1,0 -4,0mentaires. La situation de l’emploi dans
Biens d’équipement -4,6 -3,3se poursuit et touche quelques la région a été globalement plus favo-
Biens intermédiaires -2,2 -2,2
rable au deuxième et au quatrième tri- Énergie +3,3 -0,4fleurons de l’industrie
mestre particulièrement pour les BTP +2,0 +0,9régionale : la construction
secteurs des services, de la construction Commerce +0,7 +0,9automobile mais également
et du commerce. Services +2,6 +2,6
l’industrie pharmaceutique. Le
L’emploi salarié manufacturier di- Dont : Transports +1,9 +0,5
domaine de l’électronique Services aux entreprises +3,6 +2,9minue régulièrement, en moyenne de
Services aux particuliers +1,8 +2,4éprouve de nouvelles difficultés 0,7% par trimestre sur l’année, soit une
Total +0,5 +0,3
tant chez les équipementiers disparition de l’ordre de 3 800 emplois en
Source : évolutions URSSAF 2003 et 2004
2004.que chez les fabricants de
Les industries des biens intermédiai-composants.
res ont perdu 1 300 emplois, principale- grande partie, au moins 500, dans les in-
ment pour les activités de chimie, dustries des équipements électriques et
AVERTISSEMENT caoutchouc, plastiques, de métallurgie et électroniques. Enfin, l’industrie automo-
L’évolution de l’emploi dans cet article est basée sur
transformation des métaux, et des indus- bile a aussi été touchée cette annéeles statistiques provisoires des URSSAF. Les éta-
blissements employeurs, affiliés au régime général, tries des composants électriques et élec- 2004 par la vague des suppressions de
sont tenus de remplir et d’adresser les Bordereaux troniques. La situation des fabricants de postes, tout particulièrement au troi-
Récapitulatifs de Cotisations (BRC) aux URSSAF
composants électriques et électroniques sième trimestre.(Union de Recouvrement de Sécurité Sociale et des
Allocations Familiales), transmis trimestriellement à reste ainsi très préoccupante avec une Le bilan de l’année est par contre fa-
l’INSEE. Le système d’information trimestrielle baisse de 4,4% des effectifs salariés. vorable pour l’emploi dans le secteur du
EPURE (Extension du Projet Urssaf sur les Reve-
En 2004, 1 000 emplois sont encore bâtiment et des travaux publics. Lanus et l’Emploi), système d’exploitation et de traite-
ment de ces données, permet de fournir un supprimés dans les industries des biens construction a bénéficié du dynamisme
indicateur de l’évolution de l’emploi. de consommation. Le secteur de la phar- des investissements dans le domaine
Le champ considéré couvre l’emploi salarié des so-
macie, parfumerie et entretien est le plus du logement privé. Les grands chan-ciétés et quasi-sociétés et des entreprises indivi-
duelles. Les évolutions, sur le secteur marchand, touché (-8,4%), alors que les baisses tiers ont aussi engendré des embau-
sont étudiées hors SNCF, La Poste, France Télé- d’emplois sont moins
com, Air France, Banque de France. Sont également
fortes qu’en 2003 pourexclus l’intérim, les effectifs de l’Education natio-
nale, l’action sociale, l’administration et les secteurs l’habillement, cuir. ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ EN 2004
relevant de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Cette évolution est 1,5
Certaines entreprises transmettent une déclaration
assez nouvelle dans lagroupée pour plusieurs établissements (administra-
tions, grandes entreprises nationales). D’autres région dans la mesure 1,0
données sont difficilement exploitables et méritent où les effectifs de l’in-
d’être isolées (intérim, caisses de congés payés …).
dustrie pharmaceu- 0,5Au total, la source utilisée couvre près des deux
tiers de l’emploi salarié régional (64%) et ne prend tique n’ont cessé
pas en compte l’emploi non salarié. L’emploi salarié d’augmenter depuis la 0,0
industriel est couvert à hauteur de 94%, le BTP
fin des années 1990.
99%, le commerce 96% et les services 42%. Le
poids de l’emploi dans le secondaire et dans le com- Les industries des -0,5
merce est donc surestimé, au détriment de l’emploi biens d’équipement
dans les services. L’évolution de l’emploi salarié
ont supprimé un peu -1,0
dans son ensemble et la tendance annoncée seront
Industrie Construction Commerce Services Ensembleaffinées dans les statistiques exhaustives établies moins de 1 000 em-
1er trimestre 2e trimestre 3e trimestre 4e trimestrepar les estimations d’emploi en fin d’année, sur le plois, dont la plus
champ complet. Source : INSEE - URSSAF (séries cvs à partir de 1998) Unité : %
6 CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005
EMPLOI
CHÔMAGEL’EMPLOI SALARIÉ EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
LES SERVICES AUX ENTREPRISES SE DÉVELOPPENT DANS L’EURE
L’évolution de l’emploi des secteurs concurrentiels du département de l’Eure est de -0,2% en 2004. Depuis 2002,
L’EMPLOI SALARIÉ DANS L’EURE EN 2004les variations de l’emploi salarié oscillent entre -0,2% et +0,2%, avec cette année une évolution un peu plus défa-
vorable qu’en 2003 en raison de la poursuite des baisses d’emplois dans l’industrie. Évolution Évolution
2003 2004L’emploi industriel s’est encore nettement dégradé en 2004, notamment dans les industries des biens d’équipe-
(en %) (en %)ment, avec une évolution défavorable de -4,4% (contre -2,1% en 2003). Sur les 340 emplois perdus, plus de la
moitié relèvent de l’industrie des équipements mécaniques. Dans la construction automobile, un emploi sur cinq Industrie -2,5 -3,5
a été supprimé compte tenu de la fermeture d’un établissement équipementier d’une cinquantaine de salariés. Dont : IAA +1,1 +2,2
Biens de consommation -4,5 -3,7Les diminutions sont très importantes également dans les industries des biens intermédiaires (-840 emplois),
Automobile -1,3 -19,9surtout pour la chimie, caoutchouc, plastiques (-200), la métallurgie et transformation des métaux (-190), et les in-
Biens d’équipement -2,2 -4,4
dustries des composants électriques et électroniques (-250). Dans les industries de biens de consommation, plus
Biens intermédiaires -2,3 -3,5
de 400 emplois ont disparu en 2004, principalement dans la pharmacie, parfumerie et entretien. Au contraire, les
Énergie +4,1 +2,1
industries agricoles et alimentaires conservent une évolution positive et même amplifient la croissance de leurs
BTP +2,6 +2,5
effectifs tout au long de l’année. Finalement, le secteur manufacturier perd quand même plus de 1 600 salariés en
Commerce +3,3 +1,02004.
Dans le secteur du bâtiment, l’emploi a été aussi dynamique que l’année précédente avec une évolution annuelle Services +1,5 +2,7
de +2,5%, soit un gain de plus de 360 salariés. La situation de l’emploi dans le commerce, bien qu’en croissance Dont : Transports +2,7 +0,5
de 1,0%, a été moins bonne qu’en 2003. Les effectifs ont augmenté de 200 emplois, quasi exclusivement dans le Services aux entreprises +1,4 +3,9 aux particuliers +0,7 +1,3commerce de détail.
Pour les services, au contraire, la hausse de l’emploi est de 2,7% en 2004, entraînée par les services aux entrepri- Total 0,2 -0,2
ses, surtout les activités de conseils et assistance (+4,1%) et les services privés de santé et d’action sociale et
Source : évolutions URSSAF 2003 et 2004
d’enseignement. En 2004, les services de transports ont créé moins d’emplois salariés qu’en 2003 (+0,5% contre
2,7% en 2003).
SEINE-MARITIME : L’INDUSTRIE RECULE, LE BTP RALENTIT,
LE TERTIAIRE COMPENSE
C’est grâce au département de la Seine-Maritime que l’évolution annuelle de l’emploi reste positive dans la
L’EMPLOI SALARIÉ EN SEINE-MARITIME EN 2004région. Cependant, la croissance est de plus en plus faible depuis 2001. La variation de l’emploi salarié des
secteurs privés hors agriculture passe ainsi de 0,7% en 2003 à 0,5% en 2004, soit un gain de 1 350 salariés sur Évolution Évolution
cette dernière année. 2003 2004
(en %) (en %)Parallèlement, la baisse de l’emploi industriel passe de -2,0% à -2,4%, correspondant à une perte de 2 180 salariés.
Les diminutions d’emplois sont très importantes dans les industries de biens de consommation courante avec Industrie -2,0 -2,4
plus de 600 emplois perdus, dont plus de 300 emplois dans le secteur de la pharmacie, parfumerie et entretien. La Dont : IAA +0,1 -0,7
construction automobile a perdu plus de 500 en 2004 après une période de croissance de ses effectifs, Biens de consommation -6,0 -8,5
Automobile +1,1 -3,2notamment depuis 2001. Les baisses d’emploi se poursuivent dans les industries des biens d’équipement et des
Biens d’équipement -5,6 -2,7biens intermédiaires, mais avec moins d’amplitude qu’en 2003, avec la suppression de près de 500 emplois dans
Biens intermédiaires -2,1 -1,3
chacun de ces secteurs. Les industries agroalimentaires affichent aussi des résultats en baisse, contrairement au
Énergie +3,2 -0,6
département de l’Eure.
BTP +1,9 +0,3Les effectifs de la construction en Seine-Maritime ont connu une progression minime sur cette année 2004, à
cause d’un premier trimestre très négatif, dû particulièrement à quelques restructurations d’entreprises. Commerce -0,3 +0,9
L’emploi dans le commerce est par contre nettement positif, particulièrement pour les détaillants aux deuxième et Services +2,9 +2,5
quatrième trimestres de l’année. Dont : Transports +1,7 +0,6
Les services continuent d’être porteurs en emplois. Ils le sont cependant un peu moins dans le département de la Services aux entreprises +4,4 +2,6
Seine-Maritime que dans l’Eure. La croissance des effectifs dans les services aux entreprises s’est un peu ra- aux particuliers +2,3 +2,8
lentie. Cependant, près de 1 000 emplois supplémentaires sont créés dans les activités de conseil et d’assistance Total +0,7 +0,5
ainsi que dans les services opérationnels. Les services privés de la santé, action sociale et éducation ont égale-
Source : évolutions URSSAF 2003 et 2004
ment offert 1 100 emplois de plus en 2004.
Comme dans le département de l’Eure, les effectifs des transports n’ont augmenté que peu par rapport à 2003
(0,6% contre 1,7% en 2003).
l’année précédente. Les entreprises deches dans la région. progressent de 2,4% en 2004 contre 1,8%
conseil et assistance ont créé près deen 2003. L’accroissement de l’année 2004L’emploi dans le commerce a égale-
1 000 emplois salariés en 2004. Les servi-ment progressé de 0,9% soit 650 emplois correspond à plus de 600 emplois dont
ces opérationnels qui comprennent les ac-salariés supplémentaires, en majeure plus de 450 dans les activités d’hôtellerie
tivités de sécurité, de nettoyage de locauxet de restauration. Les services aux entre-partie dans le commerce de détail.
ou la gestion des déchets en ont créé plusParmi les activités tertiaires, les effec- prises continuent aussi à proposer des
de 500emplois nouveaux, mais un peu moins quetifs salariés des services aux particuliers
CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005 7

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