L'emploi salarié en 1998

De
Publié par

Forte progression des emplois salariés de 1997 à 1998, en Aquitaine selon les estimations provisoires d'emploi. La croissance économique profite à tous les secteurs sauf l'énergie et l'industrie automobile. Tous les départements aquitains affichent une augmentation de leurs emplois salariés comprise entre 2 et 3%, sauf le Lot-et-Garonne avec un taux de 1,5%. Les créations d'emploi s'intensifient dans le secteur tertiaire en Dordogne, dans l'activité de construction en Gironde, dans les services opérationnels dans les Landes et dans tous les secteurs des Pyrénées-Atlantiques. Tableau - Graphiques - Lexique - Bibliographie
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 59
Tags :
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

L’EMPLOI SALARIÉ EN 1998
En Aquitaine, selon les estimations
provisoires d’emploi, L’agriculture est le seul secteur qui n’enregistre pas
une augmentation significative de ses emploisla forte progression des emplois salariés
(+ 0,5 %). Elle se stabilise après une année 1997 ex-enregistrée en 1997 se poursuit
ceptionnelle (+ 5,7 %).
et s’accentue en 1998.
Une amélioration plus visibleTous les secteurs profitent
pour l’industriede la croissance économique retrouvée
La reprise dans les biens d’équipement entamée enà l’exception de l’énergie
1997 se confirme avec une évolution du nombre
et de l’industrie automobile.
d’emplois salariés de + 2,4 %. Elle est le résultat des
Tous les départements aquitains créations d’emplois dans la construction navale et
affichent une augmentation aéronautique et dans les biens d’équipements mé-
caniques.de leurs emplois salariés
comprise entre 2 et 3 %, Pour la première fois depuis 1990, les biens de
hormis le Lot-et-Garonne consommation enregistrent une progression de leurs
effectifs. Les emplois continuent d’augmenter danspour lequel ce taux n’est que de 1,5 %.
les industries de la pharmacie-parfumerie-entretien
et de l’édition-imprimerie-reproduction ; mais c’est
surtout la stabilisation de ceux de l’habillement-cuir
En 1998, l’évolution de l’emploi salarié aquitain et des équipements du foyer qui permet au secteur
reste supérieure à celle de la France : + 2,4 % contre de redevenir globalement créateur d’emplois.
+ 2 %. Tous les grands secteurs économiques évo-
La croissance des emplois dans les biens intermé-
luent favorablement. Cependant les effectifs salariés
diaires, faible en 1997, s’accentue légèrement en
de l’agriculture progressent très peu alors que ceux
1998. L’industrie du textile subit une perte impor-de la construction nettement. En effet, la
tante de ses effectifs, la plus forte des cinq dernières
reprise amorcée en 1997 dans la construction se
années (- 8 %). Par contre, la métallurgie et trans-
confirme puisque c’est le secteur qui affiche non
formation des métaux poursuit sa progression en-
seulement la plus forte évolution (+ 3,8 %) mais aus-
tamée en 1994 en créant plus de 400 emplois en
si la plus forte accélération des créations d’emplois.
1998.
Après avoir perdu des effectifs pendant huit ans, le Les industries agricoles et alimentaires, premier em-
secteur de l’industrie est de nouveau créateur d’em- ployeur industriel de l’Aquitaine, confirment la re-
plois (1 500 salariés de plus qu’en 1997). prise de l’année précédente mais dans une moindre
mesure (+ 0,7 % contre + 1,5 %).
Le secteur tertiaire poursuit sa progression au même
L’énergie est le seul secteur industriel qui ne profiterythme que l’année précédente. Sa part dans l’em-
pas de la croissance économique puisqu’il perd prèsploi salarié total augmente chaque année et ap-
de 250 emplois soit plus de 2 % de ses effectifs.proche, en 1998, les 75 %.
o
N 82
FÉVRIER 2000participe pour plus d’un quart et
connaît sa plus forte progression depuis
le début des années 90. La croissance
du nombre d’emplois s’accentue égale-
ment dans les services, notamment
dans les services aux particuliers
(+ 5,7 %) et dans l’administration
(+ 4,5 %).
Gironde : véritable essor
de la construction
La Gironde affiche le même taux de
progression de ses emplois salariés
qu’en 1997, ce qui représente, en 1998,
près de 11 000 emplois supplémentai-
res. Ces créations sont concentrées à
près de 90 % dans le secteur tertiaire.
La construction connaît en 1998 un vé-
ritable essor. Avec plus de 1 200 em-
plois créés, la Gironde enregistre l’évo-
lution la plus forte de la région pour ce
secteur.
Les créations dans l’éducation, la santéLe commerce
et l’action sociale, l’administration et les La quasi-totalité des activités tertiairesen pleine expansion
associations s’intensifient après quel- sont stables ou en hausse. Les services
Les activités tertiaires sont toutes en ques années de modération. Cette situa- aux entreprises sont de nouveau ceux
progression. Celle enregistrée par le tion s’explique en partie par un impor- qui créent le plus d’emplois : environ
commerce (+ 2,7 %) reflète la bonne tant recrutement “d’emplois-jeunes”. 1 400 dans les conseils et l’assistance et
santé de ses trois composantes. En effet,
autant dans les services opérationnels.
Tous les départements aquitains affi-les années précédentes, le commerce
Le rythme de croissance des emplois
chent une évolution nettement positive.de détail était souvent le principal ac- dans les services aux particuliers reste
La Dordogne et les Pyrénées-Atlantiquesteur de l’évolution positive du com- soutenu (+ 5,1 %) et s’accélère même
connaissent même une forte accéléra-merce ; en 1998, le commerce automo- pour les hôtels et restaurants et les servi-
tion des créations d’emplois. Seule labile et le commerce de gros y
ces personnels et domestiques. Après
progression dans le Lot-et-Garonne estparticipent aussi significativement.
deux années de ralentissement, l’édu-
inférieureà2%.
cation, santé et action sociale ainsi queDans les transports, les activités finan-
l’administration retrouvent un niveauDordogne : forte progressioncières et immobilières, l’augmentation
de créations d’emplois proche de celuidu commercedu nombre d’emplois salariés constatée
de 1995.en 1997 se poursuit en 1998. L’industrie enregistre encore en 1998
une augmentation de ses effectifs ; elle L’industrie girondine qui regroupe 41 %
Les services aux entreprises sont tou- le doit essentiellement aux industries des emplois aquitains de ce secteur
jours globalement créateurs d’emplois. des biens d’équipement, en particulier reste stable alors que les autres départe-
La seule baisse réelle d’effectifs, cons- mécaniques. Les autres activités indus- ments renouent avec les créations
tatée dans tous les départements aqui- trielles sont relativement stables. d’emplois. Pourtant, les industries des
tains, se situe dans les postes et télé- biens de consommation et des biens in-
Comme en 1997, l’évolution des em-communications qui perdent 500 termédiaires affichent des évolutions
plois dans la construction se situe au ni-emplois (- 2,1 %).
positives, grâce notamment à l’édi-veau de celle de la région, mais bien en
tion-imprimerie-reproduction pour les
dessous de celui de la Gironde.
La progression de l’emploi dans les ser- premières et aux industries du bois et du
vices aux particuliers perdure à un Dans le secteur tertiaire, les créations papier pour les secondes. Mais l’impact
rythme soutenu (+ 5,4 %). d’emploi s’intensifient. Le commerce y de ces progressions sur l’ensemble du
LE Q U A T RE P A G E S N ° 82
INSEE AQUITAINE F É VRIER 2000plois créés en 1998), les Pyré-Évolution de l’emploi salarié en 1998 dans les départements aquitains
erSource : Insee - Estimations d’emploi au 1 janvier 1998 et 1999 nées-Atlantiques sont en tête des dépar-
Unité : %
tements aquitains. C’est le seul où les
Dordogne Gironde Landes Lot-et- Pyrénées- Aquitaine quatre grands secteurs enregistrent une
Garonne Atlantiques
Agriculture - 2,0 - 0,7 - 2,7 7,6 6,7 0,5 progression des emplois.
Industrie hors énergie 0,8 0,5 2,6 1,2 2,3 1,3
Énergie - 0,1 - 1,7 1,6 1,5 - 5,2 - 2,2 Les tendances de l’industrie des Pyré-
Industrie 0,8 0,2 2,5 1,2 1,6 1,0
nées-Atlantiques sont similaires à celles
Construction 3,6 5,9 1,7 - 0,4 2,8 3,8
des Landes. En effet, l’industrie bénéCommerce 4,4 2,5 1,9 1,2 3,2 2,7 -
Services 2,8 3,0 3,0 1,2 3,0 2,8 ficie de la hausse des effectifs dans les
Tertiaire 3,1 2,9 2,8 1,2 3,0 2,8
biens d’équipement et notamment de la
Total 2,5 2,5 2,4 1,5 2,8 2,4
construction navale et aéronautique
(+ 5,5 %). Dans les biens intermédiai-secteur est minimisé par les pertes dans Lot-et-Garonne : la plus faible
res, comme dans les Landes, les indus-croissance de la régionl’industrie automobile et l’énergie.
tries de la métallurgie et transformation
Le est le département
Landes : explosion des métaux se distinguent avec 250 em-
aquitain qui enregistre la plus faible
des services opérationnels plois supplémentaires. Les industries
croissance de ses emplois.
agricoles et alimentaires ainsi que lesL’essor des créations d’emplois salariés,
biens de consommation, au travers deLa construction, en plein essor dansobservé dans les Landes en 1997,
l’habillement-cuir, confortent cette ten-tous les autres départements, se stabicontinue. C’est dans ce département -
dance à la hausse des emplois induslise juste en Lot-et-Garonne. -que l’industrie connaîtl’évolution la
triels. Seul le secteur de l’énergie subitplus forte de la région. Cette évolution
De plus, les créations d’emplois dans des pertes importantes (- 5,2 % soit prèsreprésente près de 500 emplois supplé-
les activités tertiaires sont réduites de de 200 emplois).mentaires. Ils proviennent essentielle-
moitié par rapport à l’annéeprécédente.
ment de la construction navale et aéro-
La reprise amorcée dans la constructionC’est le cas notamment dans le com-
nautique pour les biens d’équipement
en 1997 se poursuit et se traduit par lamerce qui ne doit son évolution positive
et de la métallurgie et transformation
création de plus de 300 emplois enqu’au commerce de détail. Dans les ser-
des métaux pour les biens intermédiai- 1998.vices, ce sont ceux aux entreprises qui
res. Les industries agricoles et alimen-
semblent rencontrer quelques difficul-
taires ainsi que les biens de consomma Moins forte que l’annéeprécédente,-
tés. En effet, la baisse non négligeable
tion contribuent également à cette l’évolution dans le tertiaire se situe
(- 8,9 %) dans les services opérationnels
tendance positive ; les industries des néanmoins légèrement au-dessus de la
est spécifique au Lot-et-Garonne. Par
équipements du foyer se redressent moyenne régionale. Seules les activités
contre, ce département enregistre la plus
(+ 3,8 %) après trois années consécuti financières enregistrent une faible dimi- -
forte progression de la région pour les
ves de baisse. nution de leurs effectifs. Les services
emplois dans les services aux particu-
aux entreprises sont globalement créa-
liers.Dans la construction, le changement ra- teurs d’emplois. Les fortes évolutions
dical de tendance observé en 1997
constatées dans les activités de conseilQuant à l’industrie, l’augmentation du
(+ 3,2 % contre - 3,4 % en 1996) se
nombre de ses effectifs se situe dans la
confirme.
moyenne régionale. La bonne tenue de
L’emploi salarié en 1998 en Aquitaine :
la pharmacie-parfumerie-entretien per- estimation provisoire de l’Insee
L’emploi dans les activités tertiaires
met aux industries des biens de L’Insee réalise une fois par an une estimation
continue sa progression. Ce secteur
de l’emploi total salarié et non salarié sur unconsommation d’être globalement
compte près de 2 000 emplois salariés champ complet, marchand et non marchand.
créatrices d’emplois. Ce secteur con-
Par rapport aux données Assedic, qui sont lade plus. Les créations d’ les plus
tribue ainsi pour moitiéà l’augmenta- source de base des estimations, l’Insee tra-conséquentes se situent dans les servi-
tion des emplois industriels du départe- vaille dans deux directions. D’une part, l’insti-
ces aux particuliers et aux entreprises
tut effectue une vérification de certainesment.
où l’emploi des services opérationnels informations, notamment le code d’activité et
d’autre part, il intègre d’autres informationsPyrénées-Atlantiques : tous lesexplose depuis deux ans. Quant au
telles celles émises par la MSA ou le secteurgrands secteurs progressentcommerce, les créations d’emplois, en
public afin de produire des estimations sur un
augmentation régulière depuis 1995, Avec une évolution de + 2,8 % de ses champ complet.
emplois salariés (soit près de 5 300 em-connaissent un fléchissement en 1998.
LE Q U A T RE P A G E SN ° 82
INSEE AQUITAINEF É VRIER 2000LE Q U A T RE P A G E S N ° 82
INSEE AQUITAINE F É VRIER 2000
et assistance et de recherche et déve- faire passer, entre 1996 et 1997, 2 600 étape déplace à nouveau en 1998 ces
loppement s’expliquent par la seconde salariésdel’activité de production de salariés dans l’activité de recherche et
étape de la restructuration d’Elf Aqui combustibles et carburants à l’activité développement. La progression dans-
taine. La première avait eu pour effet de de conseil et assistance. Cette seconde les services aux particuliers s’accentue
(+ 5 %) ainsi que dans l’administration
(+ 3 %). Dans le commerce, les créa-Relier l'emploi à l'activité est un exercice rendu délicat pour plusieurs raisons :
tions concernent aussi bien le com-
Les entreprises n'ajustent pas instantanément Dans ce cas, les variations de l'emploi obser-
merce de détail (+ 2,5 %) que le com-
leurs effectifs aux variations de la production. vées ne correspondent ni à une création ni à
merce de gros (+ 5,7 %).Ce phénomène, bien connu sous le nom de une disparition de postes, mais à un déplace-
cycle de productivité, est en général imputéà ment géographique.
l'existence de coûts d'ajustement : coûts de li- En second lieu, une entreprise peut être Michèle CHARPENTIER
cenciement du fait de procédures administra- amenée, dans sa totalité ou en partie, à chan-
tives, de versement d'indemnités ou de perte
ger de secteur d'activité, lors d'une restructu-
de savoir spécifique à l'entreprise qui ne pour- ration par exemple.
ra pas être mobilisé en phase de reprise ; coûts
Ce type de mouvement est pris en compte
à l'embauche, par exemple de formation ou
dans les estimations de l'emploi de l'Insee.
de recrutement.
C'est le cas, en 1998, de l'entreprise Elf dont
Dans l'étude d'un secteur particulier, on doit une partie du personnel ne relève plus “des
tenir compte de la propension plus ou moins conseils et assistance” mais de l’activité de
grande des entrepreneurs à utiliser de nouvel- “recherche et développement”. Lorsque le
les formes d'emploi plus flexibles, notamment
mouvement est clairement identifiable, les va-
par l'embauche de personnel intérimaire. Or,
riations d'effectifs sectoriels peuvent être ana-
le secteur de l'intérim est compté convention- lysées sans ambiguïté. En revanche, si le
nellement dans le secteur des services aux en- mouvement n'est pas connu, les variations
treprises. d'effectifs peuvent être, à tort, attribuées à des
Le tissu des établissements est un tissu vivant créations ou disparitions de postes alors qu'il POUR EN SAVOIR PLUS...
appréhendéà partir de fichiers administratifs. s'agit d'un déplacement sectoriel. Le risque
“L’emploi départemental et secto-
est d'autant plus grand que l'analyse porte sur
Deux types de problèmes peuvent se rencon- riel en 1997” - Insee Résultats n°
un "petit" champ. C'est la raison pour laquelle
trer. 666-667 - Juillet 1999 (236 pages) -
les commentaires sur les évolutions d'emploi
1Premièrement, une entreprise décide de re 149 francs.- en NES36 par département sont fragiles.
grouper sur le lieu de son siège social les dé-
“L’emploi départemental et secto-
clarations administratives afférentes à tous ses
riel en 1998” - Insee Résultats à pa-
établissements quelque soit le lieu de leur im-
raître.1 Nomenclature économique de synthèse en 36 postesplantation ; ou, au contraire, de les dégrouper.
Supplément inclus : “L’évolution de l’emploi en 1998”
Directeur de la publication : Michel Schrantz-Rédacteur en chef :Paul Ahmed Michaux - Secrétaire de fabrication : Daniel
Lepphaille - INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex.
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3615 ou 3617 INSEE - Imprimé à l'Insee Aquitaine.
er© INSEE 2000 - n° ISSN 1246-3809 - Dépôt légal 1 trimestre 2000.
INSEE Code Sage IA8208
Prix : 15 FF (2,29€) - Abonnement : France : 12 numéros 150 FF (22,87€) - Étranger : 187 FF (28,51€)AQUITAINE
Étranger par avion : 202 FF (30,79€)

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.