L'entrée dans la vie active après une formation professionnelle ou technologique (Octant n° 103)

De
Publié par

En 2003-2004, sept mois après la fin de leurs études, un tiers des jeunes des formations tertiaires qui travaillent ont un contrat à durée indéterminée. A l'issue de la spécialité « Mécanique, Electricité, Electronique », la tendance est à l'insertion en contrat temporaire. Toutefois ce premier constat masque d'importantes disparités selon les académies et les niveaux de formation.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 41
Nombre de pages : 5
Voir plus Voir moins

Emploi
L’entrée dans la vie active
après une formation professionnelle
ou technologique
Insertion des jeunes des académies
d’Aix-Marseille, Amiens, Grenoble,
Lille, Nantes et Rennes
En 2003-2004, sept mois après la fin de leurs études, un tiers
des jeunes des formations tertiaires qui travaillent ont un
contrat à durée indéterminée. A l’issue de la spécialité
« Mécanique, Electricité, Electronique » , la tendance est à
l’insertion en contrat temporaire. Toutefois ce premier
constat masque d’importantes disparités selon les académies
et les niveaux de formation.
ans l’académie de Rennes, les En 2003-2004, 79 700 jeunes sortant de vités annexes à la production indus-Djeunes quittant un établissement l’enseignement professionnel ou tech- trielle (gestion comptable ou infor-
de l’enseignement secondaire après une nologique ont été interrogés dans le matique, service de nettoyage …),
formation professionnelle ou technolo- cadre de l’enquête Insertion dans la vie créant ainsi de nouvelles demandes sur
gique s’insèrent relativement bien. active (IVA) dans les académies de Ren- le marché des services. C’est dans ce
Comme dans les académies de Gre- nes, Nantes, Grenoble, Lille, Amiens et contexte, que les effectifs des forma-
noble et de Nantes, leur taux d’inser- Aix-Marseille. tions tertiaires ont augmenté et se sont
1tion dépasse 55 %. féminisés (les filles représentent 55 %
La majorité des répondants étudiaient des élèves).
dans le secteur des services (60 %), les
autres dans celui de la production. Ces Sur les 46 400 jeunes qui étudient dans1 - Le taux d'insertion (ou d'emploi) est égal au rap-
port entre le nombre de jeunes ayant trouvé un emploi dernières années, les entreprises ont eu le secteur des services, la moitié ont sui-
sept mois après leur formation et le nombre total de tendance à externaliser certaines acti- vi la spécialité « Echange et gestion » ,
jeunes sortant de formation.
Octant n° 103 - Octobre 2005 17Emploi
Formation, insertion et marché du travail
dans les académies d'Aix-Marseille, Amiens, Grenoble, Lille, Nantes et Rennes
Plusieurs critères ont contribué au choix des cinq académies - Aix-Marseille, Amiens, Grenoble, Lille, et Nantes - pour cette étude
comparative sur l'insertion des jeunes Bretons quittant un établissement de l’enseignement secondaire après une formation profes-
sionnelle ou technologique. Elles ont été retenues d'une part, en fonction de leur situation géographique, et d'autre part des effectifs
1interrogés, des taux de réponse et des taux d'insertion dans la vie active mesurés par les enquêtes IVA 2003-2004.
Répartition des répondants selon la formation suivie
Enseignement professionnel
ou technologique
EnseignementEffectifs totaux
général Secteurdes répondants Secteur
en % de la des services
production en %Répartition hétérogène en %
des effectifs de sortants
AIX-MARSEILLE 10 657 3,8 39,1 57,1
AMIENS 11 019 2,2 38,3 59,5
GRENOBLE 11 831 2,3 40,0 57,7
LILLE 21 809 9,5 44,1 55,0
NANTES 12 600 1,2 35,2 63,6
RENNES 11 732 1,1 40,1 58,8
Total 79 649 1,8 40,0 58,2
Source : Enquêtes IVA 2003-2004
Taux d’insertion dans la vie active dans les académies
selon le secteur de formation en %
70
GRENOBLE
NANTES
65
RENNES
60
AIX-MARSEILLEDes taux d'insertion
dans la vie active
55
très variables…
50
AMIENS
45
LILLE
40
40 45 50 55 60 65 70
Secteur de la production
Source : Enquêtes IVA 2003-2004
Taux de chômage corrigés des variations saisonnières par région*
e
au 2 trimestre 2004
Région Taux de chômage
Provence-Alpes-Côte d'Azur 11,9**
Picardie 10,8
Rhône-Alpes 8,9***
…en rapport avec les marchés Nord-Pas-de-Calais 13,2
locaux de l'emploi Pays de la Loire 8,4
Bretagne 8,2
France métropolitaine 10,0
Source : Insee
* taux de chômage des régions administratives1 : Le taux d'insertion (ou d’emploi) est égal au
**L'académie d'Aix-Marseille ne comprend pas les départements du Var et des Alpes Maritimesrapport entre le nombre de jeunes ayant trouvé
un emploi sept mois après leur formation et le ***L'académie de Grenoble ne comprend pas les départements de la Loire, du Rhône et de
nombre total de jeunes sortant de formation. l'Ain
18 Octant n° 103 - Octobre 2005
Secteur des servicesEmploi
Emploi total par académie au Recensement de 1999
Emploi total
Académie
Ensemble Agriculture Industrie Construction Tertiaire
Aix-Marseille 1 038 738 3 % 13 % 6 % 78 %Des structures différentes
Amiens 645 631 5 % 24 % 5 % 66 %de l'activité économique
Grenoble 1 162 861 3 % 23 % 6 % 68 %
Lille 1 344 313 3 % 21 % 5 % 71 %
Nantes 1 276 353 7 % 22 % 7 % 64 %
Rennes 1 115 252 8 % 18 % 6 % 68 %
Source : Insee
26 % celle des « Services aux person- Les sortants de la spécialité “Mécanique, Électricité, Électronique”
nes » et 20 % celle intitulée « Commu- selon le niveau de formation par académie en 2003 - 2004
nication et Information » . Les « Services
à la collectivité» ne rassemblent que
100
4 % des effectifs.
Dans le secteur de la production la spé-
80
cialité« Mécanique, Electricité, Electro-
nique » , fortement masculinisée, est pré-
pondérante (60 % des effectifs du
60
secteur). Et le reste des élèves étudient
%dans les spécialités « Transformation » ,
« Matériaux souples » , « Génie civil,
40
Construction, Bois »,oules « Spécialités
pluri-technologiques de production » .
20
Formations tertiaires :
0
une insertion contrastée
Rennes Nantes Amiens Lille Grenoble Aix-Marseille
selon les académies,
BEP - CAP BAC Techno. BTS AutresBAC Proles spécialités et le niveau
de formation Source : enquêtes IVA 2003 - 2004
Septmoisaprès la sortie du système
scolaire, la situation des jeunes du sec-
teur tertiaire face à l’emploi diffère se- Dans chacune des académies, plus le difficultés pour trouver un emploi
lon les académies. Dans les académies niveau de formation est élevé et plus puisque pour les niveaux BTS et
de Rennes, Nantes et de Grenoble, au l’insertion est facile. Dans la spécialité CAP/BEP, les taux d’insertion sont infé-
moins 64 % des anciens élèves du ter- « Echanges et Gestion », les jeunes issus rieurs de 10 points à ceux des autres
tiaire travaillent, cette proportion est in- des classes de BTS s’insèrent plus facile- académies.
férieure de 20 points dans l’académie ment dans la vie active que ceux de ni-
de Lille. veau CAP/BEP. Ces derniers rencontrent Concernant la spécialité« Communica-
des difficultésd’insertion importantes tion et information », les jeunes formés
Globalement, au sein des six académies aprèsles études de « Comptabilité-Ges- au niveau BTS correspondent mieux
les taux d’insertion les moins élevés tion ». Mais les écarts entre les taux d’in- aux besoins du marché du travail (secré-
concernent les élèves issus de la forma- sertion des niveaux BTS et CAP/BEP taire de direction, secrétaire bilingue ou
tion « Communication et Information ». sont plus ou moins marqués selon les trilingue …) que ceux qui sortent du sys-
En moyenne, un jeune sortant de cette régions : 13 points dans l’académie de tème scolaire plus tôt. De la même fa-
spécialité sur deux trouve un emploi Grenoble, contre 34 points dans celle çon, dans les « Services aux person-
sept mois après sa sortie du système de Lille. A Amiens et Lille, on constate nes »,les taux d’insertion sont plus
éducatif. que les élèves rencontrent davantage de élevésaprès les classes de BTS pour des
Octant n° 103 - Octobre 2005 19Emploi
Taux d'insertion selon la spécialité et le niveau de formation dans les six DuréeIndéterminée (CDI). Les chances
académies d’obtenir un CDI sont d’autant plus im-
portantes que le niveau d’études est éle-
Niveaux Mécanique, Échange, Communication, Services aux vé. La proportion de jeunes en CDI par-
Académie de Électricité, Gestion Information personnes mi les sortants de classes de BTS est deformation Électronique
40 % soit 12 points de plus qu’au ni-
AIX-MARSEILLE III 69 73 68 69 veau Bac, et 10 de plus qu’au ni-
veau CAP/BEP. Cependant, cette lo-IV 68 66 60 67
gique ne prévaut pas dans la spécialité
V48 50 41 55 « Communication et Information ».En
effet, dans chaque académie à l’excep-V bis 34 20 18 24
tion de celle d’Aix-Marseille, la part des
Total 56 59 54 61 sortants de BTS en CDI ne dépasse pas
le quart. En outre, les jeunes de niveauAMIENS III 70 61 59 85
CAP/BEP obtiennent plus fréquemment
IV 64 57 54 58
un CDI que ceux de niveau Bac (respec-
tivement 38 % et 33 % pour l’académieV55 40 35 44
bretonne)
V bis 21 20 10 8
Dans l’académie de Rennes 13 % desTotal 56 51 48 51
jeunes en emploi après une formation
GRENOBLE III 78 73 66 87 tertiaire bénéficient d’un contrat aidé,
IV 77 70 65 73 soit 5 points de moins qu’en moyenne
sur les six académies. C’est le taux de
V66 60 52 64
recours à l’emploi aidé le plus bas. Les
V bis 40 31 32 44 jeunes concernés par ce type de contrat
sont les sortants des niveaux Bac et
Total 69 67 60 71 inférieurs. Et en moyenne, seulement
LILLE III 66 65 62 77 8 % des sortants de BTS tertiaire ont re-
cours à l’emploi aidé pour s’insérerIV 64 49 37 52
dans la vie active.
V42 31 19 39
La proportion de jeunes ayant un em-V bis 14 12 18 17
ploi en Contrat à DuréeDéterminée
Total 49 45 39 49 (CDD)ouenIntérim sont similaires
d’une académie à l’autre (10 % pourNANTES III 74 74 66 76
l’intérim et 35 % pour les CDD).
IV 75 66 54 70
V64 57 42 59
Après la spécialité
V bis 28 26 35 18
« Mécanique, Électricité,
Total 68 66 57 67 Électronique » : une insertion
RENNES III 71 74 67 70 moins aisée
IV 75 65 64 67
V63 58 44 58 Sept mois après leur scolarité, la situa-
tion des jeunes issus de la spécialitéV bis 39 36 13 35
« Mécanique, Electricité, Electro-
Total 69 65 60 64 nique » face à l’emploi diffère d’une
académie à l’autre. En effet, si dansEnsemble III 71 71 64 76
l’académie de Lille la moitié d’entre euxdes 6 académies IV 70 61 52 64
ont un emploi, ce pourcentage est supé-
V53 46 36 51
rieur de 20 points à Grenoble, Nantes et
V bis 26 21 20 20 Rennes.
Total 59 58 51 60
L’insertion est d’autant plus aisée que leSource : Enquêtes IVA 2003-2004
niveau de formation est élevé. Ainsi, les
jeunes qui abandonnent prématuré-
spécialités telles que « opticien-lunet- ment leurs études avant une annéeter-
L’obtention d’un CDI dépendtier » ou certains métiers de l’hôtel- minale de CAP/BEP rencontrent d’im-
lerie….Néanmoins, dans les métiers portantes difficultés sur le marché dudu niveau de la formation
pour lesquels la qualification profes- travail. Dans les académies d’Amiens ettertiaire suivie
sionnelle est nécessaire compte tenu de Lille 60% des sortants sont à la re-
la législation en vigueur (santé, coiffure, cherche d’un emploi contre 40% dans
esthétique, …), les sortants de CAP/BEP Dans les six académies et toutes forma- les quatre autres régions. Le taux d’em-
ont une insertion plus aisée que les au- tions tertiaires confondues, 33 % des ploi double dès le niveau CAP/BEP at-
tres élèves. jeunes qui travaillent sont en Contrat à teint et continue de progresser jusqu’au
20 Octant n° 103 - Octobre 2005Emploi
baccalauréat. La poursuite des études situation concerne de 20 % (académie
au-delà du Bac favorise l’insertion dans d’Aix-Marseille) à 33 % des jeunes (aca-
les académies d’Amiens, Aix-Marseille démie de Nantes) selon les académies.
Pour en savoir pluset Lille (+6 points à Amiens). En re-
vanche, dans l’académie de Rennes le Cependant, à Rennes comme à Nantes,
Insertion dans la vie active destaux d’emploi des élèves de niveau BTS l’accès à l’emploi par l’intérim est plus
jeunes sortis du système éduca-est inférieur de 4 points à celui des jeu- fréquent parmi les jeunes de niveau
tif en 2001/2002 et 2002/2003 /nes de niveau Bac. Après leur CAP/BEP, BTS : un jeune sur trois y a recours, soit
Rectorat de l'académieles élèves y sont plus nombreux à suivre 10 points de plus que dans les autres
d'Amiens. - Dans : Note d'infor-une terminale professionnelle. Et ils régions.
mation. -N° 05/03, (2005,
n’éprouvent pas de difficultéà trouver
mars). Système en ligne.
un emploi. Le recours à l’emploi aidé varie égale-
Les parcours scolaires / Rectorat
ment beaucoup d’une académie à de l'académie d'Aix-Marseille. -
l’autre. A Aix-Marseille, Rennes et Dans : L'état de l'académie,
La moitié des jeunes Amiens, moins de 10 % des jeunes sans 2005- 2006. - Vol. 2, chap. 6, p.
qualification en bénéficient, contre prèsen contrat temporaire 116-119.
d’un quart à Grenoble. Au niveau BTS, L'insertion dans la vie active desaprès la formation
ce taux atteint presque le quart à Gre- lycéens et des apprentis sortis en
« Mécanique, Électricité, noble et descend jusqu’à 5 % dans les 2002-2003 (IVA et IPA). - Gre-
Électronique » académies de Rennes, Nantes et noble : Rectorat de l'académie,
Aix-Marseille. 2005. - 4 p. Système en ligne.
Géographie de l'école / Direc-
Al’issue d’une formation « Mécanique, tion de l'évaluation et de la
Electricité, Electronique »,unjeune sur prospective [DEP]. - Dans : Géo-
deux s’insère dans la vie active par le graphie de l'école ;n° 9 (2005,
biais d’un contrat temporaire (CDD ou mai) . - 103 p.
d’intérim). Dans l’académie de Rennes,
la part des jeunes qui débutent leur vie Catherine CHAMPION
professionnelle en contrat d’intérim est et Monique LE CAM,
relativement basse (25 %). Cette Rectorat de l’académie de Rennes
Octant n° 103 - Octobre 2005 21
n

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.