L'insertion des jeunes sur le marché du travail : le poids des origines socioculturelles

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Les difficultés d'insertion professionnelle sont plus importantes pour les jeunes dont le père est ouvrier que pour les enfants de cadres ou de professions intermédiaires. Ces différences tiennent en grande partie au niveau de diplôme atteint. Cependant, à diplôme équivalent, l'origine sociale a peu d'effet sur la participation à l'emploi. Lorsqu'ils sortent de l'enseignement supérieur, les enfants d'ouvriers, même s'ils accèdent à des salaires plus faibles en moyenne, ne sont pas plus confrontés au chômage que les enfants de cadres. Les origines nationales induisent un clivage important. Même à diplôme équivalent et avec une profession du père comparable, les jeunes issus de l'immigration maghrébine ont un risque bien plus élevé de rester à l'écart de l'emploi que les jeunes d'origine européenne. Certains événements du passé familial semblent influer aussi sur les difficultés d'insertion.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Emploi 3
L’insertion des jeunes
sur le marché du travail :
le poids des origines socioculturelles
Alberto Lopez, Gwenaëlle Thomas*
Les difficultés d’insertion professionnelle sont plus importantes pour
les jeunes dont le père est ouvrier que pour les enfants de cadres ou
de professions intermédiaires. Ces différences tiennent en grande partie
au niveau de diplôme atteint. Cependant, à diplôme équivalent,
l’origine sociale a peu d’effet sur la participation à l’emploi.
Lorsqu’ils sortent de l’enseignement supérieur, les enfants d’ouvriers,
même s’ils accèdent à des salaires plus faibles en moyenne, ne sont
pas plus confrontés au chômage que les enfants de cadres.
Les origines nationales induisent un clivage important. Même à diplôme
équivalent et avec une profession du père comparable, les jeunes issus de
l’immigration maghrébine ont un risque bien plus élevé de rester à l’écart
de l’emploi que les jeunes d’origine européenne. Certains événements
du passé familial semblent influer aussi sur les difficultés d’insertion.
’enquête Génération 98 du Une stabilisation est une étape franchie assez ra-
Céreq permet une analyse pidement : 58 % des jeunesen emploi plus tardiveL sur cinq ans des parcours ayant quitté le système éducatifet difficile que l’accès
sur le marché du travail des jeu- en 1998 ont obtenu leur premier
à un premier emploi
nes sortis de formation initiale emploi en moins de trois mois
en 1998 (encadré 1). Une enquête (encadré 2). Et même, 40 %
similaire avait été réalisée pour Pour une petite majorité des jeu- d’entre eux l’ont trouvé sans dé-
la génération 1992. nes, l’accès au premier emploi lai. Dans certains cas, les jeunes
* Alberto Lopez fait partie du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Gwenaëlle Thomas en faisait également partie
au moment de la rédaction de cet article.
Données sociales - La société française 293 édition 2006
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3 Emploi
étaient déjà en contact avec leur accédé à leur premier emploi en Globalement, quatre types de tra-
futur employeur grâce à un stage, moinsdequatremois, alorsque jectoires peuvent être distingués
un apprentissage ou une expé- le chômage progressait fortement. (figure 1).
rience de travail (travail étudiant : En fait, c’est l’obtention d’un em-
emploi régulier, petits boulots, ploi durable et d’un statut stable Lesdeuxtiers desjeunes(65 %)
etc.) au cours de leur formation qui est souvent longue et délicate. ont connu une période continue
initiale. Même dans une conjonc- Ainsi, pour 26 % des débutants, d’emploi de plus de 18 mois au
ture nettement moins favorable, la durée du premier emploi ne cours des cinq années suivant
les délais d’accès au premier em- dépasse pas six mois et débouche leur sortie de formation initiale
ploi restent relativement limités. sur une période de « non-em- et ont acquis un statut stable à la
Ainsi, la moitié des jeunes sortis ploi » (chômage, formation ou fin de la période : ils sont alors
du système éducatif en 1992 ont inactivité). salariés sous contrat à durée in-
Encadré 1
L’enquête Génération 98
L’enquête Génération 98 réalisée sociale du père. Celle-ci est co- nales, le pays de naissance de la
par le Céreq a pour objectif d’ana- difiée à partir d’une déclaration du mère joue un rôle important.
lyser les parcours sur le marché jeune sur l’activité du père en 1998
Dans le cadredel’interrogationdedu travail des jeunes sortis de for- (datedelasortiedeformation ini-
mation initiale en 1998 à tous les tiale). Dans plusieurs cas, l’enquê- 2003, un sous-échantillon de jeu-
nes a été interrogé sur divers évé-niveaux de formation. té n’a pas pu ou voulu indiquer la
nements pouvant avoir perturbé laprofession de son père. D’autres
Un échantillon de 56 000 jeunes a vie familiale au cours de leur en-variables susceptibles d’induire
fait l’objet d’une première interro- fance : problèmes financiers, chô-desdifférenciationsdansl’inser-
gation au printemps 2001, trois tion des jeunes sont aussi utilisées mage prolongé d’un parent, graves
ans après la fin de leurs études. problèmes de santé, ruptures fa-dans l’analyse, comme l’apparte-
De nombreuses données sur les miliales, etc. Malgré le caractèrenance du père au secteur public,
parcours ont été recueillies grâce facultatif de ces questions (stipulél’activité professionnelle de la
à un calendrier professionnel et par l’enquêteur), la quasi-totalitémère, etc.
des modules de questions permet- des jeunes a accepté d’y répondre.
tant de préciser diverses séquen- Pour caractériser les origines na-
L’ensemble de l’information col-ces d’emploi ou de non-emploi tionales des jeunes, le lieu de nais-
lectée auprès des personnes enquê-(voir Céreq 2002). Une deuxième sance du père a été retenu. Les
tées est riche, mais l’enquêteinterrogation de Génération 98 a jeunes dont le père est né hors de
comporte des limites. D’une part,eu lieu au printemps 2003, soit France ne correspondent pas ri-
cinq ans après la sortie du sys- goureusement aux « jeunes immi- comme dans toute étude de ce
type, les déclarations rétrospecti-tème éducatif. Elle s’est adressée à grés », de première ou deuxième
ves peuvent comporter des « er-un sous-échantillon de 22 000 jeu- génération. Ils sont en effet consi-
reurs de mémoire » et mettre ennes, dont la répartition par niveau dérés dans cette analyse comme
jeu une appréciation variable deset type de formation est proche de « issus de l’immigration », même si
celle de la population de référence 15 % des pères nés à l’étranger ont événements passés et de leur gravi-
té. D’autre part, malgré les redres-(les 740 000 jeunes sortis de for- été déclarés « Français de nais-
sements statistiques réalisés, lesmation initiale en 1998). Elle a sance » en termes de nationalité.
jeunes les plus désocialisés et lespermis de prolonger le recueil
- La caractérisation des origines socio- plus marginalisés sont très mal re-d’information sur le parcours pro
fessionnel. Le questionnaire culturelles privilégie ici le père pour présentés dans une enquête télé-
pouvoir appréhender à la fois les ori- phonique de ce type. Au sein descontenait aussi plusieurs modules
ginessocialesetnationalesdansla ménages ordinaires, beaucoup dethématiques, dont l’un visait à
présentation des résultats. Dans plu- résultats de l’enquête Généra-mieux comprendre la persistance
- sieurs modèles économétriques non tion 98 sont comparables à ceuxde situations de non-emploi plu
sieurs années après la fin des présentés ici, l’effet des caractéristi- des enquêtes Emploi de l’Insee.
ques sociales de la mère a été testé. Mais les jeunes résidant dans desétudes.
Ces caractéristiques jouent en géné- foyers ou d’autres habitats collec-
Lesoriginessocialesdes jeunes ral dans le même sens que celles du tifs sont peu présents voire inexis-
sont appréhendées par la catégorie père. Concernant les origines natio- tants dans ces enquêtes.
Données sociales - La société française 294 édition 2006
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Emploi 3
déterminée, fonctionnaires ou
Encadré 2 non-salariés. Même si quelques
Critères d’insertion personnes sont sorties provisoire-
ment de l’emploi au cours de la
Le délai d’accès au premier emploi après la sortie de la formation ini-
période, l’essentieldecegroupeatiale qui a généralement eu lieu
Le calendrier professionnel men- entre juin et octobre 1998. bénéficié d’une réelle stabilisa-
suel déclaré par le jeune permet de tion en emploi, plus ou moins
déterminer le premier emploi exer- Le type de trajectoire au regard rapide (figure 2).
cé après la fin de la formation ini- de la stabilisation en emploi
tiale. Les jobs d’été (ou emplois de
Un jeune sur cinq a égalementvacances) exercés juste après la fin Une trajectoire sur cinq ans peut
des études ne sont pas pris en être analysée au regard de l’allure connu au moins une période
compte. Le délai d’accès au pre- de la participation à l’emploi, continue d’emploi de plus de 18
mier emploi est ensuite calculé en plus ou moins dense et continue,
mois mais sans pour autant
neutralisant à la fois les mois de et au regard du statut de l’emploi
aboutir in fine à un statutservice national avant le premier final.
emploi et la période de congés stable. Ces jeunes ont davan-
après la formation initiale. Une personne est considérée tage connu des épisodes de
comme « stabilisée » si elle a connu chômage (figure 3). Pour au-
Le taux de chômage à cinq ans une période continue d’emploi de
tant, beaucoup d’entre eux seplus de 18 mois. Cette stabilisation
sont maintenus en emploi grâceLe nombre de chômeurs est rap- prend des formes diverses (avec ou
porté à celui des actifs ayant un sans changement d’employeur et à un enchaînement de contrats à
emploi ou non. avec des statuts d’emploi variables) durée déterminée (CDD) ou de
(Lopez A., 2005).
missions d’intérim : ils ont chan-
La situation prise en compte est
gé d’employeur sans passer parcelle prévalant à la date de l’en- Dans cet article, les jeunes ont été
quête, entre avril et juin 2003, distingués en quatre groupes (fi- le chômage.
donc un peu moins de cinq ans gure 1).
9 % desjeunesn’ont pasoccupé
un emploi plus de 18 mois
Figure 1 - Quatre types de trajectoires au regard de la stabilisation consécutifs mais ont travaillé au
en emploi total plus de 11 mois au cours
des cinq années qui ont suivi la
fin de leurs études. Même si
pour certains, les périodes d’em-
Ont connu une période ploi se situent en début de par-
continue d’emploi cours, elles deviennent surtout
de plus de 18 mois
majoritaires au cours de la cin-
quième année. Le processus de
NonOui stabilisation en emploi se pour-
suit encore, même après cinq an-
nées sur le marché du travail
(figure 4).Personnes « stabilisées » Personnes «non stabilisées »
Pour 6 % des jeunes, la partici-Ont abouti à un statut stable Ont connu plus
au dernier emploi de 11 mois d’emploi pation à l’emploi est faible
(moins de 12 mois) voire inexis-
Oui Non tante. La moitié d’entre eux n’aOui Non
même eu aucun emploi en cinq
ans. Une bonne partie de ce
Groupe 1 Groupe 3 Groupe 4Groupe 2 groupe (environ 60 %) a essen-
Stabilisation Stabilisation Participation àParticipation à tiellement connu le chômage ou
avec statut avec statut l’emploi sans l’emploi faible
des périodes alternantstable précaire stabilisation ou inexistante
et formation sans emploi (fi-
65 % 9% 6% gure 5) ; certains se sont retirés20 %
du marché du travail, et d’autres,
peu nombreux, ont repris des
Source : Céreq, enquête Génération 98.
études.
Données sociales - La société française 295 édition 2006
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3 Emploi
Figure 2 - Parcours du groupe « Stabilisation en emploi avec statut stable »
en %
100 Formation initiale
90
Service national, vacances
80
Reprise d'études70
60 Autres inactifs
50
Chômage-Formation40
30 Emploi : contrat aidé
20
Emploi : salarié sous CDD, intérimaire
10
0 Emploi : salarié sous CDI, fonctionnaire, non-salarié
Janvier Janvier Janvier Janvier Janvier Janv. Avril
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2003
Champ : personnes du groupe « Stabilisation en emploi avec statut stable » : ce groupe rassemble 65 % des jeunes sortis de formation initiale en 1998 (encadré 2 et figure 1).
Source : Céreq, enquête Génération 98.
Figure 3 - Parcours du groupe « Stabilisation en emploi avec statut précaire »
en %
100 Formation initiale
90
Service national, vacances
80
Reprise d'études70
60
Autres inactifs
50
Chômage-Formation40
30 Emploi : contrat aidé
20
Emploi : salarié sous CDD, intérimaire
10
0 Emploi : salarié sous CDI, fonctionnaire, non-salarié
Janvier Janvier Janvier Janvier Janvier Janv. Avril
1998 1999 2000 2001 2002 20032003
Champ : personnes du groupe « Stabilisation en emploi avec statut précaire » : ce groupe rassemble 20 % des jeunes sortis de formation initiale en 1998 (encadré 2 et figure 1).
Source : Céreq, enquête Génération 98.
Figure 4 - Parcours du groupe « Participation à l’emploi sans stabilisation »
en %
100 Formation initiale
90
Service national, vacances
80
Reprise d'études70
60 Autres inactifs
50
Chômage-Formation40
30 Emploi : contrat aidé
20
Emploi : salarié sous CDD, intérimaire
10
0 Emploi : salarié sous CDI, fonctionnaire, non-salarié
Janvier Janvier Janvier Janvier Janvier Janv. Avril
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2003
Champ : personnes du groupe « Participation à l’emploi sans stabilisation » : ce groupe rassemble 9 % des jeunes sortis de formation initiale en 1998 (encadré 2 et figure 1).
Source : Céreq, enquête Génération 98.
Données sociales - La société française 296 édition 2006
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lundi 3 avril 2006 11:37:30Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
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Emploi 3
Figure 5 - Parcours du groupe « Participation à l'emploi faible ou inexistante »
en %
100 Formation initiale
90
Service national, vacances
80
Reprise d'études70
60 Autres inactifs
50
Chômage-Formation40
30 Emploi : contrat aidé
20
Emploi : salarié sous CDD, intérimaire
10
0 Emploi : salarié sous CDI, fonctionnaire, non-salarié
Janvier Janvier Janvier Janvier Janvier Janv. Avril
1998 1999 2000 2001 2002 2003 2003
Champ : personnes du groupe « Participation à l’emploi faible ou inexistante » : ce groupe rassemble 6 % des jeunes sortis de formation initiale en 1998 (encadré 2 et figure 1).
Source : Céreq, enquête Génération 98.
premiers sortent quatre fois plusDes parcours différents Le diplôme,
sans aucun diplôme supérieur auselon l’origine sociale un rôle protecteur
CAP, et trois fois moins de l’en-
seignement supérieur.
Les différences dans les parcoursLesparcoursd’entréedanslavie
professionnels entre catégoriesactive varient sensiblement en
Les enfants d’ouvrierssociales après la fin des étudesfonction de l’origine sociale, ap-
renvoient à celles des niveaux de à l’université :préhendée ici par la catégorie so-
diplôme. Le niveau de formationciale du père (figure 6). Les une insertion
initiale d’un jeune ayant peu ouenfantsdecadresoudeprofes- professionnelle plus
pas d’expérience professionnellesions intermédiaires sont deux rapide que les enfants
conditionne largement l’accès àfois moinsconcernésque lesen-
de cadres mais desl’emploi et le maintien dans l’em-fantsd’ouvrierspar desparcours
exigences salarialesploi. Pour un jeune sortant duoù domine le non-emploi (4 %
système éducatif sans diplôme, la limitéescontre 8 %). Les difficultés d’in-
probabilité que son parcourssertion des enfants d’ouvriers se
professionnel soit dominé par le En fait,àsexe,niveauettypedetraduisent non seulement par
non-emploi est de 26 %, contre formation initiale donnés, l’ori-une plus grande fréquence de
2 % pour un jeune diplômé de gine socialejouepeu surledegrénon-emploi, mais aussi par une
l’enseignement supérieur long de participation à l’emploi. Lessur-représentation des périodes
(bac + 3 ou plus). L’impact du ni- progrès de la scolarisation ontd’emploi temporaire. Par consé-
veau de la formation initiale est conduit de plus en plus d’enfantsquent, ils sont bien moins nom-
prépondérant. Il explique l’essen- d’ouvriers dans les filièresbreux à avoir trouvé un emploi
tiel des différences de parcours professionnalisées courtes de l’en-stable (5 points de moins qu’en
constatées selon l’origine sociale seignement supérieur comme lesmoyenne).
(encadré 3 et figure 7). Par BTS ou à l’université. Apriori,ces
exemple, si les enfants d’ouvriers jeunes ne bénéficient pas de laLes enfants d’agriculteurs ont
risquent deux fois plus le même médiation que les enfantsdes difficultés d’insertion moins
non-emploi long après leur sortie de cadres ou de professions inter-marquées que les enfants d’em-
du système éducatif que les en- médiaires pour les porter vers desployés ou de professions inter-
fants de cadres, cela s’explique emplois en correspondance avecmédiaires qui sont proches de la
essentiellement par le fait que les leur niveau de formation. Pour-moyenne.
Données sociales - La société française 297 édition 2006
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3 Emploi
Figure 6 - Trajectoires suivant la catégorie socioprofessionnelle du père et son lieu de naissance
en %
Catégorie socioprofessionnelle et lieu de naissance du père, considérés indépendamment
0 20 40 60 80 100
Catégorie socioprofessionnelle du père
Agriculteur 4,8
Artisan, commerçant 6,1
4,0Cadre
Profession intermédiaire 4,4
Employé 6,3
Ouvrier 8,4
Décédé 9,1
Inconnue 10,3
Lieu de naissance du père
France 5,8
Autre pays d'Europe 6,1
12,1Maghreb
Autres pays 10,9
Croisement de la catégorie socioprofessionnelle et du lieu de naissance du père
0 20 40 60 80 100
Catégorie socioprofessionnelle
et lieu de naissance du père
Cadre, profession intermédiaire - Autre pays 74,4
Agriculteur - France 72,2
Cadre - France 71,7
Cadre, profession intermédiaire - Europe 70,1
Artisan, commerçant - France 69,1
Ouvrier - Europe 68,7
Profession intermédiaire - France 68,0
Cadre, profession intermédiaire - Maghreb 65,2
Employé - France 65,2
Employé - Europe 63,1
Décédé 61,2
Artisan, commerçant, agriculteur - Europe 61,1
Ouvrier - France 61,0
Artisan, commerçant, agriculteur - Maghreb 57,6
Artisan, agriculteur - Autres pays 57,6
Catégorie socioprofessionnelle inconnue 57,1
Ouvrier - Autre pays 54,1
Employé - Maghreb 51,6
Employé - Autre pays 48,5
44,1Ouvrier - Maghreb
Participation à l'emploi sans stabilisationParticipation à l'emploi faible ou inexistante
Stabilisation avec statut précaire Stabilisation avec statut stable
Source : Céreq, enquête Génération 98.
Données sociales - La société française 298 édition 2006
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lundi 3 avril 2006 11:37:32Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
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Emploi 3
tant, ils n'ont pas plus de difficulté stable contre un tiers des jeu- fants d’ouvriers issus de l’immi-
à accéder à un emploi. nesdontlepèreest né en gration maghrébine cumulent
France. Leur risque de non-em- les difficultés d’insertion alors
À l’issue de l’enseignement supé- ploi prolongé est deux fois plus que leurs homologues issus de
rieur, les enfants de cadres se- élevé que la moyenne. Les jeu- l’immigration européenne sont
raient même un peu plus nesdontlepèreest issu d’autres moins confrontés au chômage
souvent en situation de non-em- courants migratoires extra-euro- quel’ensembledelagénération.
ploi chronique ou d’emploi tem- péens (Turquie, Afrique noire, Les écarts de formation initiale
poraire. Trois ans après leur Moyen-Orient, etc.) connaissent expliquent en partie ces dispa-
sortie du système éducatif, dans leur ensemble des difficul- rités:un tiersdes jeunesdont
6,5 % d’entre eux sont au chô- tés d’insertion équivalentes à le père est ouvrier maghrébin
mage, contre 5,9 % des jeunes celles des jeunes de père mag- arrivent sur le marché du
dont le père est ouvrier. Ce phé- hrébin. Les dont le père travail sans aucun diplôme ; et
nomène est notamment lié au estnéenEuropesontenre- lorsqu’ils sortent de l’enseigne-
niveau de leurs exigences sala- vanche dans une situation ment supérieur, ils n’y ont sou-
riales. Si les enfants de cadres proche des jeunes dont le père vent pas décroché de diplôme.
sortis de l’enseignement supé- est né en France. Les difficultés De leur côté, les jeunes issus
rieur obtiennent un premier em- sont particulièrement aiguës de l’immigration ouvrière eu-
ploi un peu plus tardivement, lorsque les deux parents sont ropéenne arrivent fréquem-
leurs salaires sont en revanche tous deux d’origine extra-euro- ment avec un CAP-BEP (24 %),
plus élevés, à niveau de diplôme péenne alors que l’insertion des un bac professionnel ou tech-
et à localisation de fin d’études jeunesissusdecouples mixtes, nique (15 %) ; 16 % en sortent
donnés (figure 9). Lorsqu’ils sont par exemple franco-maghrébin, même avec un diplôme de ni-
à la recherche d’un emploi au s’apparente à celle des jeunes veau bac + 2.
bout de cinq années, les enfants issus de couples français.
de cadres expriment des attentes La profession du père est aussi
salariales plus élevées. La moitié Le niveau de formation des jeu- un facteur de différenciation, à
d’entre eux se déclarent prêts à nes de père immigré, en origine nationale donnée (fi-
prendre un emploi pour un sa- moyenne moins élevé, est en gure 6). Par exemple, lorsque leur
laire brut supérieur ou égal à partie à l’origine de ces différen- père est cadre ou exerce une pro-
1 370 euros, contre 1 100 euros ces. Même lorsqu’ils ont fession intermédiaire, les enfants
pour les enfants d’ouvriers diplô- fréquenté l’enseignement supé- d’origine maghrébine ont des dif-
més du supérieur. rieur, les jeunes d’origine ex- ficultés d’insertion profession-
tra-européenne sortent souvent nelle moins importantes que la
de l’université sans avoir décro- moyenne.
ché un diplôme de niveauLes jeunes issus
bac + 2. Mais au-delà de cede l’immigration
handicap structurel, leurs diffi- Chômage des parentsextra-européenne ont
cultés d’insertion proviennent
et difficultés d’insertiondes difficultés plus aussi d’autres facteurs comme
importantes d’insertion les discriminations sur le mar-
ché du travail (figure 8 dans Mais l’insertion des jeunes sur
Les parcours scolaires et profes- l’encadré 3). le marché du travail ne dépend
sionnels des jeunes varient aus- pas seulement de leurs origines
si en fonction des origines socioculturelles.
nationales. 14 % des jeunes in- Parmi les enfants
terrogés dans le cadre de Géné- Les jeunes ayant achevé leur for-d’ouvriers, l’origine
ration 98 ontunpèrenéà mation initiale en 1998 sont nésgéographique
l’étranger (encadré 1). Les jeu- dans les années 1974-1980. Lors-
a un impact net
nesdontlepèreest d’origine qu’ils étaient enfants, leurs pa-
maghrébine sont les plus tou- rents ont vécu dans une période
chés par les difficultés d’inser- Leseffetsdelaprofession et de de forte montée du chômage.
tion surlemarchédutravail. l’origine nationale des parents Certes, les parents sont sans
Au bout de cinq ans, la moitié se combinent et peuvent se cu- doute entrés sur le marché du
d’entre eux n’ont pas d’emploi muler ou se compenser. Les en- travail alors que le taux de chô-
Données sociales - La société française 299 édition 2006
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3 Emploi
Encadré 3
Analyse « structurelle-résiduelle » des disparités de trajectoires entre catégories
L’analyse « structurelle-résiduelle » une trajectoire de non-emploi à Dans un deuxième temps, la ré-
permet de déterminer jusqu’où les l’issue d’un CAP-BEP réussi, comme partition théorique par type de
écarts de trajectoires des jeunes, pour l’ensemble des jeunes ayant ce trajectoire ainsi calculée pour
suivant la catégorie sociale ou le niveau de diplôme. Le résultat pour chaque catégorie est comparée à
lieu de naissance de leur père, peu- chaque catégorie provient alors du la répartitiondel’ensembledela
vent s’expliquer par des disparités poids respectif de chaque niveau de génération (toutes origines socia-
dans les niveaux de formation ini- formationinitialeauseindecelle-ci. les confondues). On observe alors
tiale. Par exemple, les enfants d’ouvriers, des«écartsstructurels »imputa-
dans la mesure où ils sortent souvent bles à l’inégale répartition des ca-
Dans un premier temps, on sup- avec un faible niveau de formation, tégories de jeunes par niveau de
pose que l’insertion des jeunes dé- obtiennent à l’issue de cette simula- formation initiale. Cet écart est
pend uniquement de leur niveau de tion des trajectoires d’insertion rela- par exemple de 1,6 point pour la
formation initiale. On simule alors tivement défavorables. La part des part des trajectoires de faible par-
les trajectoires qu’auraient suivies trajectoires avec une participation à ticipation à l’emploi chez les en-
les jeunes dont le père appartient à l’emploi faible ou inexistante est de fants d’ouvriers (figure 7).
une catégorie sociale donnée. Par 8,1 %, dans ce calcul théorique,
exemple, on suppose que 6,1 % des contre 6,5 % pour l’ensemble de la Ces«écartsstructurels »necor-
jeunes dont le père est ouvrier ont génération. respondent pas aux écarts par
Figure 7 - Analyse structurelle résiduelle des écarts liés à la catégorie sociale du père
en point
Participation à l'emploi Participation à l'emploi Stabilisation en emploi Stabilisation en emploi
faible ou inexistante sans stabilisation avec statut précaire avec statut stable
Écarts à l'ensemble
Agriculteur - 1,7 - 2,5 - 2,2 6,4
Artisan, commerçant - 0,4 - 1,4 - 1,5 3,3
Cadre - 2,4 - 1,3 - 3,3 7,0
Profession intermédiaire - 2,1 - 1,0 - 0,3 3,3
Employé - 0,2 0,4 0,7 - 0,9
Ouvrier 1,9 1,2 2,4 - 5,4
Décédé 2,6 0,2 0,5 - 3,3
3,8 2,6 1,1 - 7,5Catégorie sociale inconnue
Effets structurels liés à la formation initiale
Agriculteur - 1,0 - 0,6 - 0,7 2,3
Artisan, commerçant - 0,3 - 0,2 - 0,3 0,8
Cadre - 2,3 - 1,9 - 3,7 7,9
Profession intermédiaire - 1,5 - 1,0 - 1,5 3,9
Employé 0,5 0,4 0,8 - 1,7
Ouvrier 1,6 1,2 2,1 - 4,8
Décédé 0,0 0,0 - 0,1 0,1
1,4 1,0 1,6 - 4,0Catégorie sociale inconnue
Effets résiduels
Agriculteur - 0,7 - 1,9 - 1,5 4,1
Artisan, commerçant - 0,2 - 1,2 - 1,1 2,5
Cadre - 0,2 0,6 0,4 - 0,9
Profession intermédiaire - 0,6 0,0 1,2 - 0,6
Employé - 0,7 0,0 - 0,1 0,8
Ouvrier 0,3 0,0 0,3 - 0,6
Décédé 2,6 0,2 0,6 - 3,4
2,4 1,6 - 0,5 - 3,4Catégorie sociale inconnue
Lecture : concernant l'accès à la catégorie « stabilisation en emploi avec statut stable », les enfants d'agriculteurs ont un écart de 6,4 points par rapport à
l'ensemble des sortants ; celui-ci se décompose en un effet structurel de 2,3 points, le reste (4,1 points) relève de l'effet résiduel.
Source : Céreq, enquête Génération 98.
Données sociales - La société française 300 édition 2006
47.ps
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Composite Trame par dØfaut
Emploi 3
Encadré 3 (suite)
rapport à l’ensemble de la géné- ainsi penser que l’effet des quels la structure par niveau de
ration effectivement constatés origines sociales ou nationales sur formation conduirait à moins
pour chaque origine (figure 7). l’insertion ne transite pas totale- de stabilisations avec un statut
La partie non expliquée corres- ment par la formation initiale. stable (écart structurel de
pond à un « écart résiduel ». –1point) (figure 8) que la
Dans le cas des enfants d’ou- L’écart résiduel peut aussi être moyenne de la génération mais
vriers, cet écart résiduel est de signe opposé à l’écart structu- qui en réalité sont plus souvent
faible (0,3 point), mais dans cer- rel. C’est le cas pour les enfants sur cetypedetrajectoire du
tains cas, il est plus important de père immigré provenant d’un fait d’un écart résiduel de
que l’effet structurel, laissant autre pays européen pour les- +2,1 points.
Figure 8 - Analyse structurelle résiduelle des écarts liés au lieu de naissance du père
en point
Participation à l’emploi Participation à l’emploi Stabilisation en emploi Stabilisation en emploi
faible ou inexistante sans stabilisation avec statut précaire avec statut stable
Écarts à l’ensemble
France - 0,7 - 0,5 - 0,4 1,6
Europe - 0,4 0,9 - 1,7 1,1
Maghreb 5,6 3,5 6,3 - 15,3
4,4 3,9 - 0,4 - 7,9Autres pays
Effets structurels liés à la formation initiale
France - 0,4 - 0,2 - 0,3 1,0
Europe 0,0 0,3 0,6 - 1,0
Maghreb 3,0 1,7 2,4 - 7,2
3,7 1,4 1,7 - 6,8Autres pays
Effets résiduels
France - 0,2 - 0,3 - 0,1 0,7
Europe - 0,5 0,6 - 2,3 2,1
Maghreb 2,6 1,7 3,8 - 8,1
0,8 2,5 - 2,1 - 1,2Autres pays
Lecture : concernant l’accès à la catégorie « stabilisation en emploi avec statut stable », les enfants dont le père est né au Maghreb ont un écart de
- 15,3 points par rapport à l’ensemble des sortants ; celui-ci se décompose en un effet structurel de - 7,2 points, le reste (- 8,1 points) relève de l’effet résiduel.
Source : Céreq, enquête Génération 98.
mage était encore faible. Une teurs à 16 % pour les familles durée que pour les autres. Cet ef-
bonne partie d'entre eux ont ouvrières, en passant par 8 % fetseprolongemêmeau-delà,
donc pu se stabiliser en emploi pour les familles de cadres (fi- dans l’insertion sur le marché du
et, le cas échéant, bénéficier du gure 10). travail. Ainsi, à niveau de forma-
rôle protecteur de l'ancienneté tion, origines sociale et nationale
dans l'entreprise. Mais ce n'est Ce chômage des parents semble équivalents, un jeune dont un
pas le cas pour tous. avoir un impact important sur la parent a été confronté à un chô-
réussite scolaire des enfants. Ain- mage long présente un risque
Environ 12 % des jeunes décla- si, pour les enfants d’employés, 30 % plus élevé de rester presque
rent qu’avant leurs 16 ans, un de la probabilité de sortir du sys- toujours hors de l’emploi plutôt
leurs parents a été confronté à tème éducatif sans qualification que d’obtenir un emploi stable.
une longue période de chômage. apparaît deux fois plus élevée Le risque de ne pas accéder à
Cette part varie de 2 % pour les pour ceux dont un parent a été une période continue d’emploi de
jeunesissusdefamillesd’agricul- confronté au chômage de longue 18 mois est également augmenté
Données sociales - La société française 301 édition 2006
47.ps
N:\H256\STE\zf3njy\_donnees\Donneessociales2005-2006\047\47.vp
lundi 3 avril 2006 11:37:34Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite Trame par dØfaut
3 Emploi
Figure 9 - Effet de diverses variables sur le salaire d’embauche aude 50 %. Comme l’ont montré
premier emploid’autres études (Marry, 1992), la
transition de l’école vers l’emploi
Variables Effet multiplicatif estimé
est facilitée lorsque les parents
ont un ancrage professionnel et Sexe
sont susceptibles de mobiliser Femme Réf.
des réseaux. L’inscription territo-
Homme 1,17*
rialejoueégalementunrôleim-
Niveau de formationportant compte tenu de la
Sans qualification Réf.concentration du chômage dans
certains bassins ou dans certains Supérieur long 1,58*
quartiers. Bac + 2 1,43*
Bac + 1, bac + 2 sans diplôme 1,15*
Bac 1,15*
Le poids CAP-BEP 1,07*
d’autres événements
Voie de formation
« précarisants »
Scolaire Réf.
pendant l’enfance
Apprentissage 1,08
Lieu de naissance du père
Une baisse des revenus, un écla-
France Réf.
tement de la famille ou un pro-
Europe 0,98*
blème de santé peuvent aussi
Maghreb 0,99*avoir des conséquences plus ou
Autres pays 1,03moins durables. Ces événements
ne découlent pas toujours d’un Profession du père en 1998
chômage de longue durée. Ouvrier Réf.
Agriculteur 0,99
Ainsi, 28 % des jeunes sortis de
Artisan, commerçant 1,00
formation initiale en 1998 dé-
Cadre 1,06*
clarent que leur famille a été
Profession intermédiaire 1,02
confrontée à des difficultés finan-
Employé 0,99cières pendant leur enfance. Mais
Décédé 1,01deux fois sur trois, cette situation
Inconnue 0,99n’est pas associée à de longues
périodes de chômage. Secteur d’activité du père
Privé Réf.
Lesrupturesfamiliales(sépara-
Public 0,99*
tion plus ou moins durable entre
Occupation de la mère en 1998l’enfant et ses parents ou sépara-
Active Réf.tion du père et de la mère) sont
aussi susceptibles d’avoir une Inactive 1,00
certaine influence. Au total, 20 %
Région de formation
des jeunes ont une histoire fami-
Province Réf.
liale non conforme au modèle
Île-de-France 1,06*traditionnel selon lequel l’enfant
grandit avec ses deux parents Note : les chiffres notés * sont significatifs au seuil de 5 %. Ce modèle ne prend pas en compte le
caractère endogène du niveau de formation initiale.réunissouslemêmetoit. Lesfa-
Lecture : la situation de référence (notée Réf.) est celle d’une jeune femme sortie du système éducatif sansmilles monoparentales sont deve-
qualification, formée par la voie scolaire en province dont le père est un ouvrier né en France travaillant
nuesdeplusenplusnombreuses dans le secteur privé en 1998 et dont la mère est active sur le marché du travail. Le premier salaire
et les familles recomposées se d’embauche correspondant pour cette jeune femme est de 1 059 euros par mois.
Lorsqu’un jeune est sorti diplômé de l’enseignement supérieur long, mais toutes choses égales par ailleurs,multiplient aussi. Cette montée
ce salaire est multiplié par 1,58. À diplôme équivalent et toutes choses égales par ailleurs, lorsque le jeunede l’« instabilité familiale » a
est d’origine cadre plutôt qu’ouvrier, ce salaire est multiplié par 1,06.
concerné tous les milieux so-
Source : Céreq, enquête Génération 98.
ciaux. Toutefois, chez les cadres,
Données sociales - La société française 302 édition 2006
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