La conjoncture francilienne en juillet 2003

De
Publié par

Malgré des prévisions d'embellie de la conjoncture internationale, la croissance française et francilienne devrait rester faible en 2003, notamment à cause de la forte valeur de l'euro. Au cours des derniers mois, l'activité dans la région s'est dégradée dans plusieurs secteurs. la situation sur le marché du travail est plus difficile en Ile-de-France qu'en province. Le taux de chômage francilien, 9,1 % fin mars, est désormais très proche du taux moyen de province, ce qui ne s'était jamais produit.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 36
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

La conjoncture francilienne
en juillet 2003
arquée par l’attentisme en ce début d’année, la conjonctu-
re internationale pourrait connaître au cours du deuxièmeM semestre une réanimation des échanges mondiaux du fait
d’une éventuelle amélioration aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
Mais, en raison de la forte appréciation de la devise européenne, l’impact
sur l’économie européenne serait très peu sensible et ne pourrait pas
compenser la faiblesse de la demande intérieure dans cette zone, (Insee).
conomie française : en phase de consolidationMalgré des E
prévisions d’embellie Dans cet environnement international peu porteur, la croissance de
de la conjoncture l’économie nationale, après un fléchissement au dernier trimestre
internationale, 2002 (-0,1 % d’évolution du PIB), est cependant redevenue légère-
er ment positive au 1 trimestre 2003 (+0,3 %). Cette résistance pro-la croissance française
vient toujours essentiellement de la consommation des ménages quiet francilienne devrait
s’est accrue de 0,6 % au 1er trimestre. Signes nouveaux depuisrester faible en 2003, deux ans, deux autres éléments ont joué favorablement : les investis-
notamment à cause sements des entreprises se sont accrus de 0,5 % et les stocks ont
de la forte valeur apporté une légère contribution positive de 0,2 %.
de l’euro. Au cours
Cependant, on s’attend à un deuxième trimestre faible, en raisondes derniers mois,
d’une modération de la consommation des ménages dont le pouvoirl’activité dans la région d'achat se ralentirait après l’impact des réductions d’impôts de 2002
s’est dégradée dans et avec l’accroissement attendu du chômage. Ainsi, la consommation
plusieurs secteurs. cesserait de jouer le rôle moteur qui singularisait la croissance fran-
La situation sur çaise. La confiance des ménages ne s’est ainsi toujours pas rétablie en
juin après avoir recommencé à s’affaiblir depuis le début de l’année. le marché du travail
est plus difficile De même, l’indicateur du climat des affaires chez les industriels a
en Ile-de-France qu’en continué de chuter en juin, en retombant à son niveau de fin 2001.
province. Le taux L’indice de la production industrielle, qui a décroché depuis fin 2001,
de chômage francilien, est resté quasiment stagnant jusqu’à maintenant (avril 2003). Ainsi,
l’économie française poursuivrait encore au cours de l’année 2003 sa9,1 % fin mars, est
phase de consolidation pendant laquelle les entreprises se consacre-désormais très proche
ront à restaurer leurs bilans financiers.du taux moyen de
province, ce qui ne Malgré tout, les signes de reprise sont encore ténus. Quelques éléments
s’était jamais produit. restent favorables : le maintien par les industriels de leurs prévisions
MENSUEL N° 225 - JUILLET 2003 - 2,2 €
Conjonctured’investissement, une certaine détente attendue des conditions
La précédente phase économique mondiale s’est caractérisée par un triple phé-de crédit et un comportement de stockage moins restrictif.
nomène : Avec un rythme un peu plus soutenu attendu au second
- Une sur-valorisation boursière : elle est terminée aujourd’hui.semestre (+0,3 % ; +0,4 %), la croissance resterait cepen-
- Un surinvestissement dans les technologies de l’information et de la communi-dant faible sur l’ensemble de l’année (+0,8 %), et le chô-
cation : sa résorption n’est pas encore totalement achevée.
mage devrait continuer à s’accroître. (Insee). - Un surendettement des entreprises : celles-ci continuent actuellement à se dés-
endetter.
ndustrie : conjoncture dégradée Actuellement, nous sommes dans une phase de consolidation des comptes desI
entreprises qui n’est pas achevée.
En Ile-de-France, la conjoncture industrielle continue de se
J.L. Biacabe, Centre d’observation économique (COE)dégrader en mai 2003, période délicate en raison des jours
fériés, congés divers et mouvements sociaux. Selon les
entrepreneurs, la production récente ne s’améliore pas et les
se replier. Les intentions de commandes pour les prochainsperspectives ne sont guère optimistes. Les carnets de comman-
mois fléchissent encore, (Insee).des se détériorent fortement, tandis que les stocks varient peu.
réations d’entreprises en hausse L’activité s’est ralentie dans les biens intermédiaires et les Cbiens de consommation. Les carnets se dégarnissent dans les
Au premier trimestre 2003, le nombre d’entreprises créées enbiens d’équipement. Dans le secteur de l’automobile, la bais-
Ile-de-France progresse de 2,5 %. Sur un an, il augmente dese se poursuit. Les carnets de commandes se réduisent. Les
7,0 % (Figure 2). Deux secteurs restent particulièrementperspectives pour les trois prochains mois n’indiquent pas de
dynamiques. Le secteur « commerce et réparation » quireprise (Figure 1), (Insee).
connaît une reprise avec une croissance de 12,7 % en un an et
celui des « hôtels, cafés, restaurants » où les créations ont pro-En léger retrait en mai 2003 dans l’ensemble des filières, l’ac-
gressé de 8,8 %. Dans les « services aux entreprises », le nom-tivité industrielle a davantage reculé dans les TIC. Toutefois,
bre de créations est également plus élevé qu’il y a un an, maiselle a été stable sur un an. La demande globale a diminué,
le niveau reste très en-dessous du niveau atteint en 2000.aussi bien en comparaison du mois précédent que de l’an
passé. La baisse a été légèrement plus accentuée sur le marché
Dans la « construction », les créations d’entreprises semblentintérieur, en raison d’une contraction de la consommation des
également enregistrer un certain regain depuis un an avec uneménages, notamment dans l’automobile.
croissance de 7,4 %.
Néanmoins, si les perspectives d’une reprise de la croissance
En revanche, dans l’ « industrie », malgré des évolutions fluc-restent floues, les chefs d’entreprise feraient preuve d’un moin-
tuantes, les créations s’inscrivent toujours sur une tendancedre pessimisme pour les prochains mois, (Banque de France).
lourde à la baisse.
ervices marchands : évolutions contrastéesS Au premier trimestre 2003, le nombre de défaillances d'en-
treprises publiées dans le Bulletin Officiel des AnnoncesLes services marchands présentent en mai des évolutions très
Civiles et Commerciales est en augmentation, ceci depuis mi-hétérogènes selon les branches. L’hôtellerie, l’ingénierie tech-
2001, (Insee).nique, le travail temporaire et les agences et conseils en publi-
cité enregistreraient une amélioration. En revanche, les
ctivité touristique de nouveau en retraittransports routiers, la réparation automobile, l’ingénierie infor- A
matique, le conseil pour les affaires et la gestion connaîtraient
Mise à mal après les attentats du 11 septembre 2001, l’acti-une diminution de leur chiffre d’affaires, (Banque de France).
vité touristique s’était redressée dans le courant de l’année
2002, sans retrouver cependant son niveau antérieur. DurantSelon les grossistes, l’activité dans le commerce de gros est tou-
les quatre premiers mois de 2003, avec en même temps unejours aussi faible. Les détaillants estiment quant à eux que le
mauvaise conjoncture économique internationale, un eurovolume de leurs ventes sur les deux derniers mois continue de
Figure 2 - Créations d'entreprises (CVS)Figure 1 - Opinion des industriels
60 20 000
50
18 00040
30
16 000
20
10 14 000
0
-10 12 000
-20
10 000-30
-40 8 000
-50
-60 6 000
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 20031996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
Production passée Carnets de commande Stocks Ensemble des créations Créations pures
Source : Insee - Sirene, champ industrie, commerce, servicesSource : Insee - Enquête mensuelle dans l'industrieFigure 3 - Taux d'occupation des hôtels de 0 à 4 étoiles-luxe fort par rapport au dollar, le conflit en Irak et l’épidémie de
SRAS, les arrivées de touristes en Ile-de-France ont de nou-
veau diminué, qu’ils soient français ou étrangers. La clientèle 90
haut de gamme notamment semble moins présente. Au mois 85
d’avril, le taux d’occupation des hôtels de la région est de 80
66,5 %, en recul de 5,1 points par rapport à son niveau de l’an 75
passé (Figure 3). Après une baisse prononcée, le nombre de 70
touristes américains est à nouveau en hausse en mai 2003, les 65
replaçant en deuxième position derrière les Britanniques,
60
(Insee, Ortif).
55
50
L’activité hôtelière se serait cependant améliorée en mai, grâce jan. fév. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.
notamment au salon du Bourget, (Banque de France). 2001 2002 2003
Très liée au tourisme étranger, l’activité des grands maga- Source : INSEE - direction du Tourisme - Observatoire régional du tourisme d'Ile-de-
Francesins est en nette baisse depuis le début de l’année. Et, d’après
les réservations en agences de voyage, les Français partant à
rogés en mars 2003 ont jugé que la situation a tendance à sel’étranger devraient être moins nombreux cet été, (COE).
dégrader. Les carnets de commandes sont en légère diminu-
tion et la baisse des autorisations de construire est source d’in-
ises en chantier de logements : quiétude pour 2004. De plus les chefs d’entreprise rencontrentM
inquiétudes pour les mois à venir toujours des difficultés de recrutement, la pénurie en person-
nels qualifiés persistant, (Cellule économique régionale pour
Après la forte baisse des années 2001 et 2002, les quatre la construction Ile-de-France, FFB-RP IdF).
premiers mois de 2003 font apparaître un arrêt de la chute
des autorisations de construire des logements en Ile-de- aisse de l’emploi salarié
France. Cette stabilisation, qui se situe cependant à un B
depuis trois trimestresniveau relativement peu élevé, résulte d’une baisse de l’ha-
bitat individuel et d’une progression du secteur collectif.
Au cours du premier trimestre 2003, l’emploi salarié franci-
lien (champ UNEDIC) diminue pour le troisième trimestreLes mises en chantier quant à elles ont progressé de 9 % par
consécutif. Le nombre de salariés recensés dans les établisse-rapport à la même période en 2002. Cette hausse résulte du
ments affiliés à l’assurance chômage diminue ainsi de 0,3 %.plan de relance du logement social et des programmes col-
Dans le même temps, l’emploi régresse de 0,1 % dans le restelectifs autorisés en 2001 et 2002. Le creux rencontré en
de la France, du fait notamment de l’emploi intérimaire qui,2002 sur les autorisations de construire du logement social
après avoir augmenté fin 2002, baisse fortement début 2003.devrait se faire ressentir sur les mises en chantier en fin d’an-
née, à moins que le secteur privé ne le compense sous l’effet
Le recul de l’emploi francilien s’observe dans les trois grandsdes nouvelles mesures concernant l’investissement locatif
secteurs d’activité. L’emploi industriel a chuté de 1,1 % après(nouvel amortissement « Robien »).
une diminution de 1,6 % au dernier trimestre 2002. Dans la
construction les effectifs ont diminué de 0,6 %. Dans le sec-La commercialisation des logements surprend par son dyna-
teur tertiaire, on observe également une décroissance desermisme. Au 1 trimestre 2003, elle progresse de 2 % par
effectifs de 0,2 %, après une diminution de 0,1 % au trimes-errapport au 1 trimestre 2002 et de 4 % par rapport au tri-
tre précédent, ainsi qu’une baisse de 0,1 % au plan national.mestre précédent, (Cellule économique régionale pour la
construction Ile-de-France).
Sur un an, l’emploi salarié francilien recule de 0,8 % tandis
que sur l’ensemble du pays il continue de croître légèrementLes promoteurs immobiliers interrogés en Ile-de-France au
(+0,4 %). En effet, sur cette période, l’emploi industriel amois de mars 2003 indiquent en effet une poursuite de la
diminué à un rythme plus fort qu’au niveau national (-3,9 %reprise de la demande de logements neufs à acheter au cours
contre -2,3 %). Dans la construction, les effectifs ont décrudes trois premiers mois de l’année, et ce, malgré la hausse
(-5,0 %) alors qu’ils ont continué d’augmenter en Francedes prix, (Insee).
métropolitaine (+0,8 %). Le tertiaire a connu une quasi-sta-
gnation : +0,1 % contre +1,3 % au niveau national (Figure 4),
ureaux : autorisations en baisse (Insee).B
erLe nombre des transactions sur les bureaux du 1 trimestre
n taux de chômage er2003 est supérieur à celui du 1 trimestre 2002, mais sans U
proche de celui de la provinceatteindre le niveau des trois trimestres précédents.
Les flux de demandeurs d’emploi en fin de mois continuentLe volume d’autorisations de bâtiments non résidentiels est
d’augmenter en mai 2003 : plus de 510 000 de catégorie 1en nette baisse durant les quatre premiers mois de l’année
dénombrés en mai 2003. Ce nombre a augmenté de 14 % enpar rapport au début de l’année 2002 : -16,6 %, comme les
un an en Ile-de-France contre 6 % en France. Le nombre demises en chantier (-9,7 %).
jeunes demandeurs d’emploi a augmenté dans la région de
20 %par rapport à l’année dernière (+6 % en métropole), deAprès cinq années de forte croissance qui ont permis la créa-
21 % pour les chômeurs de longue durée (+7 % en métropole).tion de 20 000 emplois, les entrepreneurs du bâtiment inter-Figure 4 - Emploi salarié dans les principaux secteurs d’activité Taux de chômage dans les départements franciliens
er(indice base 100 = 1 trimestre 1999) (données cvs en fin de trimestre en % de la population active)
2002 2003
115
er e e e er1 2 3 4 1110
trim. trim. trim. trim. trim.
105
Paris 9,9 10,3 10,6 10,8 11,0
100
Hauts-de-Seine 7,7 8,0 8,2 8,4 8,9
Seine-Saint-Denis 11,8 12,1 12,3 12,3 12,795
Val-de-Marne 7,8 8,0 8,3 8,2 8,6
90 Yvelines 6,1 6,4 6,5 6,8 6,9
1999 2000 2001 2002 2003
Essonne 6,0 6,3 6,4 6,8 7,0
industrie construction
Val-d'Oise 7,9 8,2 8,3 8,5 9,0
tertiaire ensemble des secteurs
Seine-et-Marne 6,0 6,3 6,5 6,6 6,9
Ile-de-France 8,1 8,4 8,6 8,8 9,1
Source : Unedic, données cvs hors agriculture, Province 9,1 9,1 9,1 9,1 9,3
Métropole 8,9 9,0 9,0 9,1 9,3
Source : Insee, séries révisées
Figure 5 - Demandeurs d'emploi en fin de mois
(cat.1, base 100 : janv. 1996)
Le nombre de cadres demandeurs d’emploi continue à aug-
menter, notamment de cadres jeunes. En matière de chôma-110,0
105,0 ge, l’Ile-de-France reste ainsi en déphasage avec la province
100,0 depuis octobre 2001 (Figure 5), (ANPE, DRTEFP).
95,0
90,0
A la fin du premier trimestre 2003 le taux de chômage, en85,0
80,0 progression de 0,3 point depuis la fin 2002, s’établit en Ile-
75,0 de-France à 9,1 % de la population active, contre 9,3 % en
70,0 France. L’écart au taux national était supérieur à un point
65,0
depuis plus de vingt ans. Il était de 0,8 point il y a un an, il60,0
jan-96 juil-96 jan-97 juil-97 jan-98 juil-98 jan-99 juil-99 jan-00 juil-00 jan-01 juil-01 jan-02 juil-02 jan-03 n’est plus que de 0,2 point fin mars (Figure 6), (Insee).
Ile-de-France Province Métropole
Rédaction achevée le 8 juillet 2003.Source : DRTEFP Ile-de-France
Geneviève ANO, Marcel PERROT
service statistique Insee Ile-de-France,
Figure 6 - Taux de chômage Thomas LE JEANNIC
(CVS en % de la population active) chargé de mission Insee, Préfecture Ile-de-France,
Hervé VIBERT
14 Cellule économique régionale pour la construction
13 Ile-de-France,
12 Alain ROUSSEL
Banque de France Ile-de-France. 11
10
9
Tous nos remerciements aux organismes ayant contribué à ce numéro aux côtés de la
8
direction régionale de l'Insee : Agence nationale pour l'emploi, Cellule économique
7
régionale pour la construction Ile-de-France, Chambre de commerce et d'industrie
6
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 de Paris - Ile-de-France, Crocis, Direction régionale de la Banque de France,
Ile-de-France Province Métropole Direction régionale du Travail, de l'emploi et de la formation professionnelle,
Groupe des industries métallurgiques, Observatoire régional du tourisme Ile-de-
France, Centre d'observation économique.Source : Insee, séries révisées
Directeur de la publication : Alain Charraud - Comité de rédaction : Brigitte Belloc INSTITUT NATIONAL
Rédacteur en chef : Jean-François Moreaux - Secrétaire de rédaction : Josette Siriostis
DE LA STATISTIQUE Conception graphique : Muriel Granet - Maquette et Impression : GIMO SERVICES
ET DES ETUDES ECONOMIQUES Abonnements : Agnès Vavasseur - Tél. : 01 30 96 90 75 - Fax : 01 30 96 90 67
Tarif : 12 numéros par an - France : 24 € - Etranger : 30 € - Le numéro : 2,2 €
Vente par correspondance : Tél. : 01 30 96 90 99 - Fax : 01 30 96 90 27 - Internet : www.insee.fr/ile-de-franceDirection régionale d’Ile-de-France
7, rue Stephenson - Montigny-le-Bretonneux Vente sur place : Insee Info Service - Tour Gamma A - 195, rue de Bercy - 75582 Paris cedex 12 - Tél. : 01 41 17 66 11 - Fax : 01 53 17 88 09
78188 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex e© Insee 2003 ISSN 0984-4724 - Dépôt légal : 2 semestre 2003 - Commission paritaire n°2133 AD - Code Sage I0322552

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.