La conjoncture francilienne en mars 2003

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En Ile-de-France, l'activité stagne depuis un an dans les différents secteurs de l'économie. Dans le secteur marchand, l'emploi n'augmente plus et le chômage dans les départements franciliens s'accroît plus nettement qu'en province. Dans un climat général d'incertitude, les premiers mois de l'année 2003 ne marquent pas encore de signe réel de reprise.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La conjoncture francilienne
en mars 2003
ans un environnement international ralenti, 2002 a été pour
l’économie nationale une année d’hésitation : la repriseD attendue n’a pas eu lieu. Si la consommation, notamment
celle des ménages, a permis de soutenir une croissance réduite, les entre-
preneurs en revanche retardent leurs programmes d’investissement et
poursuivent leur déstockage.
’année 2002 L
marquée par un climat d’incertitude
À la suite de l’infléchissement enregistré depuis fin 2000, l’année
En Ile-de-France, 2002 s’est révélée incertaine pour l’économie nationale. La reprise qui
semblait se dessiner au cours des premiers mois ne s’est pas confir-l’activité stagne
mée. Dès le second trimestre, des signes d’essoufflement sont appa-depuis un an
rus. Le ralentissement s’est accusé au fil des trimestres : + 0,7 % ;dans les différents + 0,4 % ; + 0,3 % ; + 0,2 %. Au total, en 2002, le PIB a connu
secteurs de une croissance ralentie de 1,2 % (donnée provisoire, issue des comp-
l’économie. Dans tes trimestriels), après 1,8 % en 2001 et des taux de 3-4 % les années
le secteur marchand, antérieures.
l’emploi
Cette évolution modérée a été essentiellement soutenue par la consom-n’augmente plus
mation des ménages qui a crû de 1,8 % (contre 2,7 % en 2001), maiset le chômage dans
aussi par les dépenses publiques qui ont progressé de 3,6 % (contre 2,5 %les départements en 2001).
franciliens s’accroît
plus nettement qu’en En revanche, l’investissement total est en baisse de 0,6 % et plus par-
province. ticulièrement celui des entreprises qui a chuté de 1,3 % (alors qu’il
Dans un climat était en croissance de 3,3 % en 2001). Dans le même temps, le mou-
vement de déstockage s’est poursuivi pesant encore négativement pourgénéral d’incertitude,
0,6 point sur la croissance, après avoir déjà obéré l’activité de 1 pointles premiers mois
en 2001.de l’année 2003
ne marquent pas Les entreprises, dont le taux de marge ne s’est pas encore redressé et dont
encore l’épargne a continué de s’effondrer, poursuivent simultanément la
de signe réel résorption de leur surinvestissement des années antérieures et l’allége-
de reprise. ment de leurs stocks.
MENSUEL N° 221 - MARS 2003 - 2,2 €
EconomieFigure 1 - Opinion des industriels Le climat des affaires a connu une nouvelle dégradation au
cours de l’année qui se confirme dans les résultats des enquê-
% tes des premiers mois de 2003.
50
40
De même, le moral des ménages qui ne s’est pas amélioré au30
20 cours de 2002, se dégrade encore début 2003.
10
0
-10 le-de-France :
-20 I
reprise différée en 2002-30
-40
-50 La conjoncture francilienne connaît les mêmes inflexions que
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
la conjoncture nationale.carnets de commande stocks
Dans l’industrie, les signes de reprise qui s’étaient manifes-
Source : Insee, enquête mensuelle de conjoncture, février 2003 tés au début de l’année 2002 ne se sont pas confirmés : l’acti-
vité stagne depuis le mois de mai et les premiers mois de l’an-
née 2003 ne laissent pas percevoir de signes réels d’améliora-Figure 2 - Opinion des grossistes
tion. En effet, d’après les chefs d’entreprise interrogés en
février, les perspectives de production restent orientées à la
%
baisse. Les carnets de commandes sont toujours jugés faibles50
40 alors que les stocks demeurent élevés (figure 1).
30
20 Tous les grands secteurs industriels sont concernés, qu’il s’agis-
10
se des biens intermédiaires, des biens d’équipement ou de0
-10 consommation. En particulier, l’activité de l’automobile a
-20 été touchée en milieu d’année sans que les constructeurs
-30 n’attendent d’amélioration dans les mois à venir.-40
-50
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 Le ralentissement affecte également le commerce de gros
ventes passées intentions de commandes (figure 2) où l’on observe depuis un an une stagnation des
ventes à un niveau jugé faible. Bien que le niveau des stocks
Source : Insee, enquête bimestrielle dans le commerce de gros, janvier 2003 tende à s’alléger en fin d’année, les intentions de commandes
ne se redressent pas. Aucun secteur n’échappe à cette tendan-
ce. Ceci est vrai dans le commerce des biens intermédiairesFigure 3 - Opinion des détaillants
qui a continué de s’affaiblir, reflétant le fléchissement inter-
venu dans la production de ces biens et celui des biens d’é-%
quipement dans lequel l’activité a reculé par rapport à 200150
40 en raison de la baisse des investissements.
30
20 Ceci est également vrai dans le commerce de gros des biens10
0 de consommation qui se ressent de la moindre vigueur de la
-10 consommation des ménages.
-20
-30
De la même manière, on n’observe pas non plus de reprise en-40
-50 2002 dans le commerce de détail (figure 3), un léger repli
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 s’annonçant même en fin d’année. Malgré une baisse du
ventes passées Intentions de commandes
niveau des stocks en fin d’année, les intentions de comman-
des pour le début 2003 ne marquent pas d’évolution. En par-
Source : Insee, enquête bimestrielle dans le commerce de détail, janvier 2003 ticulier, les détaillants font état d’une nette contraction des
ventes dans les secteurs de l’équipement du foyer et de l’amé-
Figure 4 - Opinion des promoteurs immobiliers nagement de l’habitat et d’une tendance à la diminution dans
celui de la culture et des loisirs.
%
La construction, de son côté, connaît toujours un recul de60
40 son activité. Les perspectives des promoteurs immobiliers
20 en Ile-de-France, dégradées depuis 2000, sont restées peu
0 favorables au cours de l’année 2002. Ces derniers ont consta-
-20 té une baisse dans les mises en chantiers en même temps
-40 qu’un recul de la demande de logements (figure 4).
-60
-80
ourisme : mieux qu’en 2001,
-100 T
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 mais moins bien qu’en 2000
Logements neufs à acheter Mises en chantier de logements
En dépit d’une conjoncture peu favorable, l’année touristique
Source : Insee, enquête trimestrielle auprès des promoteurs immobiliers, janvier 2003 2002 s’est révélée meilleure que l’année 2001 (figure 5). LaFigure 5 - Taux d'occupation des hôtels en Ile-de-Francebaisse de fréquentation, qui avait marqué le dernier trimestre
2001 suite aux attentats du 11 septembre (les taux d’occu-
%pation avaient chuté de 7 à 11 points au cours de cette
100période), s’est estompée en début d’année 2002. Sur l’année,
le volume des nuitées dans les hôtels homologués de la 90
région a progressé de 1,9 %, après une diminution de 3,6 %
80
en 2001.
70
Toutefois, la morosité de l’environnement général n’a pas été 60
favorable à la fréquentation des hôtels franciliens qui n’ont 50
pas retrouvé les niveaux atteints au cours de l’année 2000.
40
janv févr mars avr mai juin juil août sept oct nov déc
2000 2001 2002
n 2002, les créations d’entreprises E
diminuent et les défaillances progressent Source : Insee, Direction du tourisme, Observatoire régional du tourisme
Le nombre des créations d’entreprises en Ile-de-France
(47 500 entreprises nouvelles) a chuté de 3,1 % en 2002
(figure 6). Cette baisse est sensiblement équivalente à celle Figure 6 - Créations (CVS) d'entreprises
observée déjà entre 2001 et 2000. Cependant, ces effectifs de
créations sont restés stables pendant l’année : environ 11 800
chaque trimestre. 15 000
Les évolutions sont variables selon les secteurs (les chiffres
13 000par secteur incluent en plus des créations « pures », les
reprises et les réactivations). Dans l’« industrie », la baisse
s’est poursuivie en 2002 (- 6,8 %), malgré une légère repri-
11 000
se au dernier trimestre. Dans la « construction », le redres-
sement du troisième trimestre 2002 ne s’est pas confirmé, et
la diminution en un an se chiffre à 1,4 %. Dans les « ser- 9 000
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002vices aux entreprises », la tendance reste orientée à la baisse
depuis mi-2000.
Source : SireneQuelques secteurs, au contraire, se démarquent en affichant
une progression sensible, notamment les secteurs « commer-
ce et réparation » et « hôtels, cafés, restaurants ».
Figure 7 - Défaillances d'entreprises
En contrepartie, le nombre des défaillances augmente à nou-
veau (figure 7), après avoir diminué régulièrement entre 1997
et 2001. Pour l’ensemble de l’année 2002, ce nombre s’élève
5 000
à 11 600 unités (contre 9 100 l’année précédente) progressant 4 500
4 000ainsi de 27 % ; au cours de chacune des deux années précé-
3 500dentes, il avait baissé de 12 %.
3 000
2 500
2 000
mploi : fort infléchissement 1 500E 1 000
dans la région en 2002 500
0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002L’évolution de l’emploi francilien s'inscrit dans une tendance
au ralentissement depuis le début 2001, reflétant d’une
manière plus amplifiée les inflexions du niveau national.
Source : BODACC
Tout au long de l’année 2002, la croissance de l’emploi
salarié dans le champ de l’UNEDIC n’a cessé de s’infléchir
(figure 8). Au cours du dernier semestre 2002, il connaît Sur un an, par rapport au quatrième trimestre 2001, l’emploi
même une baisse pour la première fois depuis 1996 : après francilien marque un recul (- 0,3 % contre + 1,7 % un an
avoir diminué de 0,1 % au troisième trimestre, il a conti- auparavant) alors que sur l’ensemble du pays l’emploi dans le
nué de reculer de 0,5 % au quatrième trimestre (chiffres champ de l’UNEDIC a continué de croître légèrement
provisoires). (+ 0,8 %). En effet, sur cette période, l’emploi industriel a
diminué à un rythme plus fort qu’au niveau national (- 3,5%
L’emploi dans le tertiaire marchand, qui jusqu’alors soutenait contre - 2,8%). Dans la construction, les effectifs ont baissé
encore l’emploi francilien, s’est replié de - 0,1 % au quatriè- (- 4,3 %) alors qu’ils ont continué d’augmenter en France
me trimestre. Les baisses dans l’industrie (- 1,6 %) et dans la métropolitaine (+ 0,8%). Et surtout, le tertiaire a connu une
construction (- 1,9 %) se sont aggravées au cours de ce der- progression beaucoup plus faible qu’au niveau national
nier trimestre. (+ 0,7% contre + 2,2 %).Figure 9 - Taux de chômage (en % de la population active)Figure 8 - Emploi salarié (champ UNEDIC)
ER(indice base 100 = 1 trimestre 1999)
%
13Emploi salarié (champ UNEDIC)
12
115
11
110 10
9105
8
100
7
695
1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002
Ile-de-France France métropolitaine90
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4
1999 2000 2001 2002 Source : Insee
Industrie
ugmentation du chômage115 A
110 Parallèlement, le chômage a progressé de façon continue
durant l’année 2002 (figure 9). De 7,8 % en décembre
105
2001, le taux de chômage francilien passe à 8,7 % en
100 décembre 2002, accusant ainsi une hausse de 0,9 point en
un an.
95
Fin 2002, on dénombre un peu plus de 500 000 demandeurs90
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 d’emploi (catégorie 1). La progression des DEFM entre fin
1999 2000 2001 2002 2001 et fin 2002 atteint 15,5 % en Ile-de-France.
Construction La hausse du chômage durant l’année 2002 s’inscrit dans la
tendance observée depuis le mois de juin 2001. Depuis cette115
date, le taux de chômage francilien, plus faible que le taux
110 national, progresse plus rapidement que celui-ci. L’écart avec
ce dernier est aujourd’hui de 0,4 point, contre 1 point un an105
auparavant.
100
La croissance du taux de chômage concerne tous les départe-
95
ments franciliens. La progression est sensiblement équiva-
90 lente, allant de 0,7 point pour le Val-de-Marne à 1,1 point à
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 Paris, département où la hausse a été la plus sensible.
1999 2000 2001 2002
Au sein de la région, le niveau du chômage reste cependant
Tertiaire marchand très contrasté. En décembre 2002, la Seine-Saint-Denis
(12,4 %) et Paris (10,4 %) continuent à enregistrer les115
taux de chômage les plus élevés. En revanche, les départe-
110 ments de la grande couronne ont des taux sensiblement
plus faibles, à l’exception du Val-d’Oise. L’Essonne, les105
Yvelines et la Seine-et-Marne sont au nombre des départe-
100 ments français qui affichent les taux les plus bas (entre
6,6 % et 6,7 %).
95
90
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 Geneviève ANO
1999 2000 2001 2002 Marcel PERROT
Service statistique
Ile-de-France France Province
Rédaction achevée le 4 avril 2003
Source : Unedic
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