La mobilité professionnelle des ouvriers et employés immigrés

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Entre 1990 et 1999, parmi les employés et ouvriers, les chances de promotion des immigrés sont plus faibles que celles des non-immigrés. Pour les femmes, ces chances sont moindres quel que soit l'emploi occupé ; pour les hommes, la différence n'est perceptible que chez les employés non qualifiés et les ouvriers qualifiés. Parmi les ouvriers non qualifiés, les hommes immigrés ont même plus de chances d'être promus. Un immigré ouvrier ou employé qualifié sur quatre a subi un recul professionnel. Le pays d'origine n'a pas d'influence sur les chances de promotion des immigrés, mais l'arrivée en France avant l'âge de dix ans favorise la promotion. Enfin, les employés et ouvriers immigrés, notamment ceux originaires de Turquie, d'Asie ou de Tunisie, se mettent plus souvent à leur compte que les non-immigrés. Ils privilégient alors les secteurs du bâtiment et de l'hôtellerie-restauration.
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Emploi 3
La mobilité professionnelle des ouvriers
et employés immigrés
Fanny Mikol, Chloé Tavan*
Entre 1990 et 1999, parmi les employés et ouvriers, les chances de
promotion des immigrés sont plus faibles que celles des non-immigrés.
Pour les femmes, ces chances sont moindres quel que soit l’emploi occupé ;
pour les hommes, la différence n’est perceptible que chez les employés non
qualifiés et les ouvriers qualifiés. Parmi les ouvriers non qualifiés, les
hommes immigrés ont même plus de chances d’être promus. Un immigré
ouvrier ou employé qualifié sur quatre a subi un recul professionnel.
Le pays d’origine n’a pas d’influence sur les chances de promotion
des immigrés, mais l’arrivée en France avant l’âge de dix ans favorise
la promotion. Enfin, les employés et ouvriers immigrés, notamment ceux
originaires de Turquie, d’Asie ou de Tunisie, se mettent plus souvent
à leur compte que les non-immigrés. Ils privilégient alors les secteurs
du bâtiment et de l’hôtellerie-restauration.
lusieurs études ont mis migrés se concentre dans cer- en 2002, contre seulement un
en évidence un taux de tains secteurs d’activité, comme quart des non-immigrés. L’inté-P chômage élevé au sein de la construction, mais aussi dans gration sur le marché du travail
la population immigrée et une le milieu ouvrier, notamment est un phénomène dynamique,
faible participation des femmes non qualifié, et les emplois de mieux appréhendé par les par-
immigrées au marché du travail services. Parmi les personnes oc- cours professionnels que par la
(Insee, 2005). Elles montrent cupant un emploi, quatre immi- situation d’emploi à un moment
également que l’emploi des im- grés sur dix sont en effet ouvriers donné. L’échantillon démo-
* Fanny Mikol appartient à la division Enquêtes et Études démographiques de l’Insee. Au moment de la rédaction de cet article, Chloé
Tavan faisait partie de la cellule Statistiques et Études sur les populations étrangères de l’Insee.
Données sociales - La société française 351 édition 2006
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graphique permanent permet ou de cadre. Le déclassement hors secteur agricole, âgés de 20
justement de comparer la situa- correspond au parcours inverse : à 50 ans, en 1990, ayant toujours
tion professionnelle de chaque il s’agit du passage d’employé ou un emploi en 1999.
individu en 1999 à celle occupée d’ouvrier qualifié à ouvrier ou
en 1990, en termes de promo- employé non qualifié. Le passage
tion, de déclassement ou de mise entre emploi et chômage Des chances de
àson compte (encadré 1). Un ou- concerne beaucoup plus les im- promotion moindres,
vrierouunemployé nonqualifié migrés que les autres : 12,2 %
surtout pour les femmes
est considéré comme promu s’il des immigrés ouvriers ou em-
est devenu ouvrier ou employé ployés en 1990 sont au chômage
qualifié, ou s’il exerce une profes- en 1999, contre seulement 7,3 % Malgré leur plus forte concentra-
sion intermédiaire ou de cadre. pour le reste de la population. Il tion dans les emplois non quali-
Unouvrierouunemployé quali- est exclu de l’analyse. Dans cette fiés, pour lesquels la mobilité
fié est promu s’il occupe un em- étude, le champ retenu est cons- ascendante est plus forte (Brutel,
ploi de profession intermédiaire titué des ouvriers et employés Jegou, Rieu, 2000), les immigrés
Encadré 1
Source et nomenclatures
L’échantillon démographique per- tions sont plus importantes en bas Nomenclatures
manent de l’échelle sociale). Les limites
d’âge fixées permettent d’étudier les Cette étude distingue, parmi les
L’échantillon démographique per- personnes en âge d’occuper un em- employés et les ouvriers, les qua-
manent rassemble, pour 1/100 de ploi en 1990 et en 1999. L’échantil- lifiés des non qualifiés. Pour les
la population résidant en France lon ainsi construit comporte ouvriers, la nomenclature PCS à
métropolitaine, de nombreuses in- 81 390 personnes, dont 5 572 immi- deux chiffres permet de faire
formations issues des bulletins in- grés. cette distinction. En revanche,
dividuels des recensements de pour les employés, il n’existe pas
1968, 1975, 1985, 1990 et 1999 et Les différentes variables prises en de nomenclature ad hoc permet-
des données de l’état civil. Il per- compte dans les analyses, notam- tant de séparer les qualifiés des
met donc de suivre un même indi- ment « toutes choses égales par ail- non-qualifiés. Pour les différen-
vidu au fil du temps et d’étudier en leurs » (encadré 2), sont d’abord des cier, la définition proposée par
particulier comment évolue sa si- variables sociodémographiques : Chardon (2001) est utilisée. Selon
tuation sur le marché du travail. l’âge atteint en 1990, le sexe, la qua- cette définition, qui s’appuie sur
Cette étude est restreinte à la pé- lité d’immigré, la situation familiale la nomenclature PCS à 4 chiffres,
riode 1990-1999, pour laquelle en 1990, le nombre d’enfants, le di- les professions dont le contenu
sont disponibles en particulier la plôme, la taille de la commune et la correspond à la spécialité de for-
nomenclature PCS à quatre chif- région de résidence. S’y ajoutent des mation des jeunes exerçant cette
fres et l’année d’arrivée en France. caractéristiques de l’emploi occupé profession sont considérées
Seule la situation aux différentes en 1990 : catégorie socioprofession- comme qualifiées. Dans le secteur
dates est connue ; l’historique nelle, secteur d’activité, type de con- privé, lesprofessionsd’employé
complet des événements interve- trat, type d’établissement, temps de non qualifié sont ainsi celles dont
nus entre 1990 et 1999 n’est pas travail. Le secteur d’activité, croisé l’accès ne nécessite pas de forma-
connu (promotion, déclassement, avec la catégorie socioprofession- tion spécifique. Dans le secteur
mise à son compte). Certaines tra- nelle, rend en grande partie compte public, elles comprennent les pro-
jectoires sont de ce fait ignorées d’une distinction par métier. Aussi, fessions qui recrutent sans exiger
(cas d’une personne s’étant mise à dans les analyses par catégorie so- un niveau de formation minimal
son compte puis ayant réintégré le cioprofessionnelle, le secteur d’acti- et qui ne dispensent pas de for-
salariat par exemple). vité et le métier détaillé ne peuvent mation à l’entrée. Les employés
pas être introduits simultanément. non qualifiés sont ainsi consti-
L’étude se concentre sur les per- Dans l’étude, le choix a été de ne pas tués des agents de service et d’en-
sonnes âgées de 20 à 50 ans en tenir compte des professions détail- tretien, des agents de sécurité et
1990, ouvriers ou employés hors lées, sauf dans la première analyse de surveillance, des standardis-
secteur agricole à cette date et où elles seules (appréhendées par la tes, des opérateurs de saisie, des
ayant un emploi en 1999 (emploi nomenclature PCS à 4 chiffres) sont vendeurs en alimentation, des
salarié pour l’étude des promo- introduites. Pour les immigrés, des employés de libre-services, des
tions). Ce choix a été guidé par la variables spécifiques ont été en caissiers de magasins, des pom-
forte sur-représentation des immi- outre prises en compte : pays de pistes et de l’ensemble des profes-
grés dans ces deux catégories so- naissance, nationalité en 1990, pé- sions de services aux particuliers
cioprofessionnelles et par la nature riode d’arrivée et âge à l’arrivée en à l’exception des coiffeurs et des
du phénomène étudié (les promo- France. esthéticiens.
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Figure1- Taux de promotion des immigrés et des non- immigrés par ont des chances de promotion
catégorie socioprofessionnelle légèrement inférieures aux
en % non-immigrés. Entre 1990 et
50 1999, parmi les ouvriers et em-
ployés, 23 % des immigrés et40
26 % des non-immigrés ont
30 connu une promotion au sein du
salariat. Cette faible différence20
globale masque des situations
10 très contrastées selon la catégorie
socioprofessionnelle : les immi-0
Employés Employés Ouvriers Ouvriers
grés ont un taux de promotionnon qualifiés qualifiés non qualifiés qualifiés
significativement plus faible que
Immigrés Non-immigrés Ensemble
les non-immigrés chez les em-
Champ : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, en emploi salarié en ployés non qualifiés (19 % contre
1999.
27 %) et les ouvriers qualifiés
Source : Insee, échantillon démographique permanent.
(12 % contre 18 %) (figure 1).
Figure2- Les 10 professions les plus exercées par les immigrés parmi les employés et ouvriers, selon
le sexe
taux de promotion (en %) Hommes employés taux de promotion (en %) Femmes employées
60 35
libre-service serv. hospitaliersserveurs
vendeurs alim. 3050 services caissières
compt.serv. comptables serveusesagents serv. FP 25emp. administratif
secrétaires40
emp. banque, guichet
vendeurs vêtements 20
agents sécurité
30
15
assistantes maternelles concierges, gardiennes20
10 employées de maisonagents de serviceconcierges, gardiens
10 aides-soignantes5
0 0
00 5 10 15 20 10 20 30 40 50 6025
part d'immigrés (en %) part d'immigrées (en %)
taux de promotion (en %) taux de promotion (en %)Hommes ouvriers Femmes ouvrières
70 50
ONQ second œuvre60 ONQ type artisanal
ONQ montage ONQ gros œuvre 40
confection50 ONQ type indus. ONQ indus.ONQ montage
30manutent. ONQ textile40 tri, emballage
manutent.
nettoyeurs
30 20livreurs
nettoyeuses20
routiers cuisinères10
10 maçons qualifiés
peintres en bâtiment couturières qual.
0 0
300 10 20 30 40 50 5 10 15 20 25
part d'immigrés (en %) part d'immigrées (en %)
Note : la ligne rouge horizontale correspond au taux moyen de promotion sur l'ensemble des professions de la catégorie socioprofessionnelle. La ligne rouge verticale
correspond à la part d'immigrés dans l'ensemble des professions de la catégorie socioprofessionnelle.
Champ : pour le calcul de la part d'immigrés, le champ est celui des ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, quelle que soit leur situation
en 1999 (recensés ou non, en emploi ou non...).Pour le calcul du taux de promotion, le champ est celui des ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940
et 1970, en emploi salarié en 1999. Lecture : parmi les femmes employées, la profession des concierges et gardiennes d'immeubles compte 56 % d'immigrées (contre 6 %
pour l'ensemble des employées), et connaît un taux de promotion de 11 % (contre 22 % pour l'ensemble des employées).
Source : Insee, échantillon démographique permanent.
Données sociales - La société française 353 édition 2006
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Ces écarts entre les taux de pro- fiés (12 % contre 27 %). À l’in- qualifiés et les ouvriers qualifiés,
motion reflètent en partie des verse, parmi les ouvriers qualifiés, mais restent inférieures.
structures différentes en termes les immigrés sont deux fois
d’emplois occupés. En effet, par- moinsnombreuxque lesnon-im- Les chances de promotion des
mi les employés non qualifiés, un migrés à être mécaniciens ou femmes immigrées sont 23 %
immigré sur trois occupe un électromécaniciens (5 % contre plus faibles que celles des
poste d’employé de maison, de 10 %), professions dont le taux de non-immigrées. Les femmes im-
femme de ménage ou de gardien promotion est supérieur à la migrées occupent en effet plus
d’immeuble, contre seulement moyenne (28 %). En raisonnant à souvent que les non-immigrées
7 % des non-immigrés. Or, pour métier identique, les chances de des professions à faible taux de
ces professions, le taux de pro- promotion des immigrés se rap- promotion : employées de mai-
motion est plus faible que pour prochent de celles des non-immi- son, concierges, nettoyeuses, cou-
l’ensemble des emplois non quali- grés parmi les employés non turières, etc. Pour les hommes,
Encadré 2
L’analyse « toutes choses égales par ailleurs »
Une limite : le biais de sélection tante), mais d’autres plutôt défavora- d’intérêt) en prenant en compte les
bles (beaucoup de non-diplômés). Il résultats de l’équation de sélection.
Modéliser la probabilité d’être pro- est donc difficile de prévoir dans
mu, déclassé ou de se mettre à son quel sens le biais de sélection va Outre les variables explicatives
compte entre 1990 et 1999, sup- jouer sur les chances de promotion, présentes dans l’équation d’inté-
pose de connaître la situation sur comme pour la probabilité de mise à rêt, l’équation de sélection
le marché du travail des personnes son compte ou de déclassement. contient des « variables d’exclu-
en 1999, c’est-à-dire de posséder sion » supplémentaires : le type
leur bulletin individuel de recense- La correction du biais de sélection de famille, le nombre d’enfants,
ment. Une fois exclus les omis- le type de contrat (CDD, CDI,
sions de bulletin, les problèmes La correction du biais de sélection etc.) et l’acquisition de la natio-
d’identification et les décès, une qui est mise en œuvre repose sur nalité française. Ces caractéris-
absence de bulletin de recense- l’estimation d’un probit bivarié. La tiques ont été choisies comme
ment en 1999 signifie que l’indivi- première équation (ou équation de variables d’exclusion car elles
du a quitté le territoire français sélection) modélise la probabilité ontunimpactsur le fait d’avoir
entre 1990 et 1999. Or ceci d’être recensé et d’avoir toujours un toujours un emploi et de se
concerne surtout les immigrés. De emploi en 1999. La de trouver en France en 1999, plu-
plus, parmi les employés et ou- connaître une promotion (ou une tôt que sur le fait de connaître
vriers recensés en 1990, la propor- mise à son compte, ou un déclasse- une promotion (ou une mise à
tion de personnes sans emploi en ment) est ensuite estimée à l’aide son compte, ou un déclasse-
1999 (au chômage ou inactif) est d’un deuxième probit (ou équation ment).
deux fois plus élevée chez les im-
migrés (20,6 %, contre 15,2 % pour
les non-immigrés). Ne pas tenir
Figure 3 - Caractéristiques des immigrés employés ou ouvriers
compte de ces différences peut in-
en 1990 selon qu'ils font ou non partie du champ d'étudeduire des estimations biaisées des
en %
écarts de promotion entre immi-
grés et non-immigrés.
Immigrés employés ou ouvriers recensés en 1990
La structure par âge, niveau d’étu-
inclus dans le champ de l'étude exclus du champ de l'étude
des, qualification, etc. des em-
ployés et ouvriers recensés en 1990
20-25 ans 9 15
– et occupant un emploi en 1999 –
25-50 ans 91 85est différente de celle des person-
Niveau d'études :nes exclues du champ de l’étude
(c’est-à-dire les personnes non re- Sans aucun diplôme 26 44
censées ou sans emploi en 1999). CEP ou BEPC 33 24
Ceci est notamment valable pour
Supérieur ou égal au CAP/BEP 41 32
les immigrés (figure 3).
Pays d'origine :
Les immigrés exclus du champ de Espagne, Italie, Portugal 56 42
l’étude possèdent certaines caracté- Afrique (dont Maghreb), Turquie 24 32
ristiques favorables à la promotion
Autres 20 26
(proportion de jeunes plus impor-
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les écarts de promotion entre im- qu’au sein des employés non celles des 20-34 ans sont
migrés et non-immigrés sont qualifiés et des ouvriers qualifiés presque 1,5 fois supérieures à
moins marqués. Les hommes im- (figure 4). Les hommes ouvriers celles des 35-50 ans. Cependant,
migrés sont en effet bien repré- non qualifiés issus de l’immigra- toutes choses égales par ail-
sentés dans certaines professions tion ont même toutes choses leurs, l’effet négatif de l’âge est
offrant peu de perspectives de égales par ailleurs plus de chan- plus marqué pour les immigrés,
promotion (maçons, concierges, ces d’obtenir une promotion que de sorte que les inégalités entre
gardiens), mais aussi dans d’au- les non-immigrés. immigrés et non-immigrés dans
tres à fort taux de promotion, les chances de promotion se
comme serveurs, vendeurs ou creusent aux âges les plus avan-
ouvriers du gros œuvre du bâti- Détenir un diplôme cés (figure 5).
ment (figure 2). Une analyse élevé est un atout
«touteschoseségales parail- Le diplôme augmente quant à luimoins valorisé
leurs » corrigée du biais de sélec- les chances de promotion : fai-
chez les immigrés
tion confirme ces résultats bles en cas d’absence de diplôme
(encadré 2). Le fait d’être immi- (moins de 18 %), celles-ci sont
gré est pénalisant pour les fem- Que les personnes soient immi- plus que doublées lorsque la
mes quelle que soit la catégorie grées ou non, les chances de personne possède au moins le
socioprofessionnelle de départ ; promotion diminuent au fur et baccalauréat (41 %). À caractéris-
pour les hommes, ce n’est le cas à mesure que l’âge augmente : tiques individuelles identiques,
ne pas avoir de diplôme ou seu-
lement le certificat d’études pri-Figure 4 - Impact de la catégorie socioprofessionnelle de départ
maires pénalise autant lessur les chances de promotion entre immigrés et non-immigrés
selon le sexe immigrés que les non-immigrés
dans leurs perspectives de pro-
écart des coefficients
motion. En revanche, détenir un
0,2 diplôme supérieur ou égal au
baccalauréat accroît certes les
0,0
chances de promotion des immi-
grés, mais dans des proportions-0,2
moindres que pour les non-im-
migrés (figure 5). Au sein des em--0,4
ployés et des ouvriers, détenir un
-0,6 diplôme supérieur ou égal au
baccalauréat est donc moins va-
-0,8 lorisé chez les immigrés. L’arrivée
en France de nombreux immi-
-1,0
grés après leurs études, et donc
Employés non qualifiés Employés qualifiés Ouvriers non qualifiés Ouvriers qualifiés avec un diplôme étranger, peut
expliquer une plus grande diffi-Hommes : immigrés par rapport aux non-immigrés
culté à faire reconnaître leurFemmes : immigrées par rapport auxrées
qualification sur le marché du
travail français.Note : l'axe des ordonnées représente l'écart entre les coefficients probit des immigrés et ceux des non-
immigrés, selon la catégorie socioprofessionnelle de départ. Les coefficients sont obtenus à l'aide d'une
analyse « toutes choses égales par ailleurs » corrigée du biais de sélection, modélisant la probabilité de
connaître une promotion entre 1990 et 1999 (encadré 2).
L’arrivée en FranceChamp : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, en emploi salarié en
1999. à un âge précoce
Lecture : le coefficient relatif à la probabilité de promotion d'un homme immigré employé non qualifié est favorise la promotion
inférieur de 0,29 à celui d'un homme non immigré de la même catégorie. Parmi les hommes employés non
qualifiés, être immigré diminue donc les chances de promotion. À l'inverse, le coefficient d'un homme
immigré ouvrier non qualifié est supérieur de 0,15 à celui d'un homme non immigré de la même catégorie.
Les immigrés originaires d’Espa-
Parmi les hommes ouvriers non qualifiés, être immigré augmente donc les chances de promotion. Pour les
gne, d’Italie, du Portugal et dufemmes, l'écart négatif entre les coefficients des immigrées et des non-immigrées est toujours plus
important que ce même écart chez les hommes. Être immigré est donc un facteur davantage défavorable Maghreb, qui représentent les
aux femmes. trois quarts des immigrés em-
Source : Insee, échantillon démographique permanent. ployés et ouvriers en 1990, ont
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Figure 5 - Impact de l'âge et du diplôme sur les chances de un taux de promotion plus faible
promotion que ceux originaires des autres
pays (21 % contre 28 %, fi-
Âge Diplômecoefficient gure 6). Mais des différences, no-
tamment en termes d’âge, de1,5
sexe,deniveaudediplôme,se-
raient à l’origine de ces écarts :1
ces derniers s’éliminent une fois
les différentes caractéristiques in-0,5
dividuelles prises en compte. Par
ailleurs, les immigrés arrivés en
0
France avant l’âge de 10 ans ont
des chances de promotion plus
-0,5 élevées que les autres : elles attei-
gnent27%,contre22%pour
-1 ceux arrivés après leur dixième
20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-50 Aucun CEP BEPC CAP, Bac Études anniversaire ; cet effet persiste en
BEP sup. raisonnant « toutes choses égales
Immigrés Non-immigrés par ailleurs ». L’acquisition de la
Note : les coefficients sont obtenus à l'aide d'un probit bivarié modélisant la probabilité de connaître une nationalité n’exerce quant à elle
promotion, après correction du biais de sélection (encadré 2). Le modèle a été estimé sur les immigrés puis aucun effet propre sur les pers-
sur les non-immigrés. Le point correspond à la situation de référence. pectives de mobilité, alors qu’elle
Champ : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, en emploi salarié en
favorise l’accès à l’emploi (Fou-1999.
gère, Safi, 2005). Ainsi, le princi-Lecture : pour les immigrés, le coefficient passe de 0à–0,6: plus ils vieillissent, plus leur probabilité de
promotion est faible. Cet effet d'âge existe chez les non-immigrés mais est moins accentué. Le niveau de pal moteur de mobilité
diplôme augmente quant à lui les chances de promotion, surtout pour les non-immigrés : le coefficient professionnelle est l’arrivée pré-
passe de – 0,7 à 1 pour les immigrés, et de – 0,9 à 1,6 pour les non-immigrés.
coce en France : elle implique le
Source : Insee, échantillon démographique permanent.
plus souvent un parcours sco-
laire en France qui constitue un
facteur important de l’intégration
dans la société française (Hou-
seaux, Tavan, 2005).
Figure 6 - Taux de promotion des immigrés employés et ouvriers
entre 1990 et 1999, selon les circonstances de la migration
en % La promotion conduit
35 plus souvent à l’emploi
taux de promotion des non-immigrés taux de promotion des immigrés
ouvrier chez les immigrés
30
25 Quand ils connaissent une pro-
motion, les immigrés occupant
20 un emploi qualifié en 1990 ont
un devenir professionnel en
15 1999 proche de celui des
non-immigrés : les employés de-
10
viennent alors cadres dans deux
cas sur dix et les ouvriers dans
5
un cas sur dix (figure 7). Les
postes d’encadrement (profes-0
Espagne, Portugal Maghreb Autres Asie Autres Arrivée Arrivée Arrivée sion intermédiaire et cadre)
Italie pays avant 10 entre 11 après 19 sont atteints dans des propor-
d'Afrique ans et 18 ans ans
tions différentes lorsque l’em-
Champ : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, en emploi salarié en ploi occupé en 1990 était non
1999. qualifié. Parmi les employés
Source : Insee, échantillon démographique permanent. non qualifiés en 1990 ayant ac-
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cédé en 1999 à un poste plus 22 % d’entre eux l’ont subi, Les immigrés, en
qualifié, les immigrés sont plus contre seulement 13 % des particulier les hommes,
nombreux que les non-immi- non-immigrés. De manière gé-
se mettent plus souvent
grés à occuper de tels postes nérale, le recul professionnel est
à leur compte(36 % contre 30 %). C’est l’in- plus fréquent pour les femmes
verse pour les ouvriers non qua- parmi les ouvriers, et pour les
lifiés (14 % contre 20 %). Enfin, hommes parmi les employés ; Les immigrés sont plus nom-
quelle que soit la catégorie so- ces différences sexuées sont breux que les autres à devenir ar-
cioprofessionnelle de départ, la plus marquées pour les immi- tisans, commerçants ou chefs
proportion de non-qualifiés qui grés (figure 8). Après un déclas- d’entreprise (Chenu, 1998). Ainsi,
accèdent à un emploi d’ouvrier sement, les immigrés se parmi les personnes qui étaient
qualifié est plus importante retrouvent plus souvent ouvriers, ouvrières ou employées en 1990
chez les immigrés que chez les qu’ils aient été ouvriers ou em- et qui ont encore un emploi en
autres. Rester ou devenir ou- ployés en 1990 : c’est en effet le 1999, 4,6 % des immigrés ont
vrier est donc une trajectoire cas pour 71 % d’entre eux, quitté le salariat contre 3,6 % des
plus répandue chez les immi- contre 60 % seulement des non-immigrés (figure 9). Les ou-
grés. non-immigrés. Toutes choses vriers de type artisanal, les per-
égales par ailleurs, l’âge sonnels des services directs aux
n’exerce pas d’influence sur le particuliers et les employés de
risque de recul professionnel commerce se mettent plus sou-Un immigré qualifié
des immigrés, tandis que celui vent à leur compte (autour desur quatre subit un recul
des non-immigrés décroît lors- 7 %). Or, les immigrés ouvriers
professionnel
qu’ils vieillissent. Les tendances ou employés sont plus nombreux
sont similaires pour le niveau à occuper de tels emplois : 11 %
Le recul des em- d’études : un diplôme supérieur d’entre eux occupent un emploi
ployés et des ouvriers, qui cor- ou égal au baccalauréat di- de services directs aux particu-
respond au passage de qualifié minue fortement le risque de liers (contre 6 % pour les
à non qualifié, est un autre as- déclassement chez les non-im- non-immigrés) et 28 % sont ou-
pect de la mobilité profession- migrés, mais ne joue aucun rôle vriers de type artisanal (contre
nelle. Ce parcours affecte pour les immigrés. Comme 16 %). Cela ne suffit toutefois
davantage les immigrés, pour pour la promotion, détenir un pas à expliquer la plus forte pro-
lesquels le déclassement est diplôme élevé ne constitue donc pension des immigrés à créer
d’ailleurs plus fréquent que la qu’un faible avantage pour les leur entreprise : à caractéristi-
promotion : entre 1990 et 1999, immigrés. ques sociodémographiques et so-
Figure 7 - Catégories socioprofessionnelles atteintes en 1999 après promotion, selon la catégorie
socioprofessionnelle de 1990
en %
Catégorie socioprofessionnelle en 1999
Catégorie socioprofessionnelle
Ensemble
en 1990
Employés qualifiés Ouvriers qualifiés Professions intermédiaires Cadres
Immigrés
Employés non qualifiés 41,2 23,2 30,9 4,6 100,0 qualifiés /// /// 81,1 18,9 100,0
Ouvriers non qualifiés 6,0 79,7 11,9 2,4 100,0 qualifiés /// /// 89,1 10,9 100,0
Non-immigrés
Employés non qualifiés 51,0 19,3 25,1 4,6 100,0 qualifiés /// /// 84,1 15,9 100,0
Ouvriers non qualifiés 11,1 68,8 17,4 2,7 100,0 qualifiés /// /// 91,6 8,4 100,0
Champ : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, ayant connu une promotion entre 1990 et 1999.
Lecture : parmi les immigrés employés non qualifiés en 1990, promus entre 1990 et 1999, 41,2 % sont devenus employés qualifiés.
Source : Insee, échantillon démographique permanent.
Données sociales - La société française 357 édition 2006
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cioprofessionnelles comparables, économique, connaissance du mi- Qu’elles soient immigrées ou
les immigrés accèdent encore lieu, réseau relationnel, etc.) sont non,lesfemmessonttrèspeu
plus souvent au statut d’indépen- déterminantes dans l’accès à la po- nombreuses à créer leur propre
dant ou d’employeur. Les immi- sition d’indépendant (Laferrère, entreprise : seules 2,4 % des ou-
grés qui se mettent à leur 1998). Or, les immigrés sont certes vrières et employées de 1990
compte pourraient ainsi pallier le nombreux à être fils d’indépen- sont devenues non salariées en
manque de perspectives offertes dants – d’agriculteurs, plus précisé- 1999 (figure 9). Il s’agit en re-
parlesalariatetlerisquede ment –, mais les deux tiers d’entre vanche d’une trajectoire plus fré-
chômage plus élevé auquel ils eux sont arrivés à l’âge adulte, quente chez les hommes,
sont exposés. aprèslafinde leursétudes, et ont notamment immigrés (6 %
donc pour la plupart migré sans contre 4,7 %). Le diplôme ne
Cette plus forte tendance à créer sa leurs parents. Il est néanmoins pèse pas significativement sur les
propre entreprise est d’autant plus possible que, pour eux, la trans- chances des immigrés de quitter
importante à souligner que les dif- mission ne s’effectue pas de pa- le salariat en 1999, alors que son
férentes formes d’héritage ou de rents à enfants, mais entre pairs rôle est plus marqué pour les
transmissions familiales (capital d’une même origine par exemple. non-immigrés. Au-delà des
connaissances scolaires élémen-
Figure 8 - Taux de déclassement, entre 1990 et 1999, selon le sexe taires, la mise à son compte
et la qualité d'immigré semble nécessiter surtout un es-
prit d’initiative et des compéten-
en % Employés Ouvriers ces concrètes, plus qu’une
60
éducation formelle sanctionnée
par un diplôme. En cela, elle
50
constitue une opportunité pour
les immigrés, en moyenne moins
40
diplômés.
30
20 Les immigrés venus de
Turquie créent plus
10 souvent leur entreprise
0
Hommes Femmes Ensemble Hommes Femmes Ensemble Contrairement aux promotions,
les chances de mise à son compteImmigrés Non-immigrés
varient fortement selon le pays
Champ : ouvriers et employés qualifiés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970, en emploi d’origine : 12 % des ouvriers et
salarié en 1999.
employés originaires de Turquie
Lecture : parmi les immigrés employés qualifiés en 1990, 20 % des hommes et 13 % des femmes ont subi un
ou d’Asie (hors Cambodge, Laosdéclassement (c'est-à-dire sont devenus non-qualifiés) en 1999.
Source : Insee, échantillon démographique permanent. et Vietnam) et 7 % des immigrés
Figure 9 - Part d'ouvriers et employés en 1990 à leur compte en 1999
en %
Hommes Femmes Ensemble
Catégorie socioprofessionnelle en 1990
Immigrés Non-immigrés Immigrées Non-immigrées Immigrés Non-immigrés
Employés non qualifiés 9,8 4,7 1,3 2,3 3,1 2,8 qualifiés 5,3 3,3 4,2 2,6 4,5 2,8
Ouvriers non qualifiés 5,3 4,0 1,3 1,7 4,1 3,4
Ouvriers qualifiés 6,2 5,6 ns ns 5,9 5,4
6,0 4,7 2,2 2,4 4,6 3,6Ensemble
Champ : ouvriers et employés hors secteur agricole en 1990, nés entre 1940 et 1970.
Lecture : 9,8 % des hommes immigrés qui étaient employés non qualifiés en 1990 et qui ont encore un emploi en 1999 sont à leur compte à cette date.
Source : Insee, échantillon démographique permanent.
Données sociales - La société française 358 édition 2006
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natifs de Tunisie ou d’Asie du Toutes choses égales par ailleurs, vaillant dans ce type d’entreprise
Sud-Est se sont mis à leur compte les immigrés arrivés avant 1968 peut constituer une forme de capi-
en 1999. Ces différences persistent sont, par rapport à ceux arrivés tal humain informel. Il s’agit par
toutes choses égales par ailleurs, après, plus souvent restés dans le ailleurs de métiers qui n’exigent
notamment à période de migra- salariat entre 1990 et 1999. Cela pas un niveau de diplôme élevé :
tion et âge à l’arrivée identiques. peut tenir au fait qu’ils sont arrivés en 1990, 30 % des artisans du bâti-
Elles peuvent s’expliquer, pour cer- dans un contexte économique favo- ment et 34 % des patrons de la
tainspaysaumoins,par la pré- rable où il était plus facile d’évo- restauration ont au plus le certifi-
sence relativement importante luer au sein de l’emploi salarié. cat d’études primaires. Le choix de
d’autres immigrés natifs du même ces métiers correspond plus, pour
pays dans ces métiers, ce qui peut les immigrés comme pour les au-
faciliter l’accès à un réseau de re- Les immigrés qui se tres, à une valorisation de l’expé-
lations et une meilleure connais- rience : 28 % des immigrés etmettent à leur compte
sance du milieu. Ainsi, 9 % des 18 % des non-immigrés s’étant misprivilégient le bâtiment
immigrés occupant un emploi à leur compte travaillaient déjà
et l’hôtellerie-restauration
en 1990 étaient à leur compte dans le secteur de la construction.
comme artisans, commerçants ou Enfin, le capital financier néces-
chefs d’entreprise, et cette part est Près de la moitié des ouvriers et saire à un artisan du bâtiment est
plus élevée pour les immigrés ve- employés qui se sont mis à leur relativement modeste.
nus de Tunisie (12 %), des pays compte en 1999 sont devenus
d’Asie (hors Asie du Sud-Est) employeurs. Cette part est légère- Souvent réalisée dans le même sec-
(12 %) ou du Cambodge, du Laos ment plus importante parmi les teur d’activité, la mise à son
et du Vietnam (10 %). La part immigrés (53 % contre 49 %). compte s’assimile à une forme de
d’immigrés venus de Turquie qui Les entreprises créées par les im- mobilité professionnelle ascen-
étaient indépendants en 1990 n’est migrés ou les non-immigrés sont dante. En considérant conjointe-
cependant pas très importante le plus souvent de petite taille : ment la mise à son compte et la
(9 %) alorsque lesouvriersetem- les trois quarts emploient moins promotionauseindusalariat,les
ployés originaires de ce pays sont de 10 salariés. immigrés restent toutes choses
nombreux à devenir non salariés. égales par ailleurs encore désavan-
À l’inverse, beaucoup d’immigrés Les immigrés se lancent plus sou- tagés : à caractéristiques identi-
d’Italie sont en 1990 dans les mé- vent dans les secteurs du bâtiment ques, ils sont moins nombreux que
tiers de l’artisanat et du commerce (31 % contre 18 % chez les les autres à connaître une promo-
ou sont chefs d’entreprise (14 %), non-immigrés) et de l’hôtellerie-res- tion ou à devenir indépendants.
mais ceux qui étaient à cette date tauration (13 % contre 8 %), sec- Leur plus forte propension à créer
ouvriers ou employés ne se met- teurs où les immigrés dans leur leur entreprise ne suffit pas à com-
tent pasplussouventàleur ensemble étaient sur-représentés en penser leur moindre progression
compte que le reste des immigrés. 1990. Connaître des personnes tra- de carrière au sein du salariat.
Pour en savoir plus
Bonneau J., Francoz D., « Les créa- Chenu A., « De recensement en re- des immigrés ? », France Portrait
teurs d’entreprises », Données so- censement, le devenir professionnel Social, édition 2005-2006, Insee,
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Brutel C., Jegou M., Rieu C.,«La 1998. liens aujourd’hui entre l’emploi et
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tion professionnelle des salariés : M., « Le parcours professionnel des sues de l’immigration », Revue Éco-
une analyse par aire urbaine », immigrés en France : une étude lon- nomique, vol. 56, n° 2, mars 2005.
Économie et Statistique, Insee, gitudinale », Économie et Statistique, Insee, « Les immigrés en France »,
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Données sociales - La société française 359 édition 2006
044.ps
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