La situation économique du département de la Manche - La Manche à la recherche de nouveaux axes d'expansion

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Les locomotives des vingt dernières années étaient sans contexte le nucléaire, la construction navale et l'agriculture mais aujourd'hui, les industries qui émergent en Basse-Normandie, comme la plasturgie et l'électronique, peinent à prendre la relève dans la Manche. En dépit d'un faible dynamisme des activités de services, la Manche peut compter sur son fort potentiel en matière de conseil et d'assistance aux entreprises. Il s'agit d'un atout indéniable pour attirer de nouvelles industries, tout comme le développement de l'industrie touristique représente un enjeu essentiel pour le département. Après avoir connu un fort développement, le Nord-Cotentin est à la recherche d'un second souffle. Le centre du département retrouve son dynamisme dans les services tandis que le sud affirme ses vocations touristiques et industrielles. Une diversification industrielle limitée et un plus faible développement des services distinguent la Manche des départements de la façade atlantique.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 85 - Décembre 2000
La situation économique
du département de la Manche
LA MANCHE À LA RECHERCHE
Les locomotives des vingt DE NOUVEAUX AXES D'EXPANSION
dernières années étaient sans
conteste le nucléaire, la construc-
tion navale et l'agriculture mais,
'annonce de l'implantation pro- vité records s'accompagnant d'une véri- aujourd'hui, les industries qui émer-L gent en Basse-Normandie, com-chaine de Louis-Vuitton-Moët- table hémorragie de la population active
me la plasturgie et l’électronique,Hennessy dans le Sud-Manche n'est pas agricole (les pertes avoisinant 4 % par
peinent à prendre la relève dans lapassée inaperçue dans un département an). Ensuite, dans le Nord-Cotentin, la
Manche.qui cherche aujourd'hui comment diver- manne des grands chantiers s'est tarie et
sifier son tissu industriel. La filière nu- les locomotives traditionnelles qu'étaient
En dépit d’un faible dynamismecléaire, la construction navale et l'agri- l'industrie nucléaire et les chantiers
des activités de services, laculture ont en effet longtemps occupé la navals n'ont plus soutenu le développe-
Manche peut compter sur son fortplace centrale dans l'économie du dé- ment local comme cela avait pu être le cas
potentiel en matière de conseil etpartement le plus rural de Basse-Nor- au cours des vingt années précédentes,
d’assistance aux entreprises. Ilmandie. Mais la domination de ce trip- entraînant une stagnation de l'emploi et
s’agit d’un atout indéniable pourtyque a été largement remise en cause un arrêt de la croissance démographique.
attirer de nouvelles industries, toutau cours des années quatre-vingt-dix. La Enfin, l'ensemble du département a été
comme le développement de
restructuration de l'agriculture, bien que soumis à d'intenses restructurations
l'industrie touristique représente
n'étant pas une nouveauté, s'est tout industrielles, les soldes d'emplois étant
un enjeu essentiel pour le dépar-
d'abord accélérée, les gains de producti- plus souvent négatifs que positifs, à
tement.
l'image de l'agroali-
Le poids des différents secteurs mentaire, premier sec- Après avoir connu un fort dé-
teur industriel man-d’activité dans l’emploi salarié en 1999 veloppement, le Nord-Cotentin est
chois en termes d'em-010 20 30 40 % à la recherche d'un second souffle.
ploi. Les effectifs de Le centre du département retrouveAgriculture
ces activités ont dimi- son dynamisme dans les services
Industrie nué de 7 % entre 1990 tandis que le sud affirme ses vo-
Construction et 1999, alors que la cations touristiques et industrielles.
baisse était de 4,6 %
Commerce
pour l'ensemble de la Une diversification indus-
Services marchands région. L'industrie lai- trielle limitée et un plus faible
Services non marchands tière a notamment payé développement des services dis-
tinguent la Manche des départe-un lourd tribut tandis
Manche Basse-Normandie France ments de la façade atlantique.que le secteur des
Source : Insee, estimations d’emploi viandes ou du condi-
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 84••••••••• •••••••••ment, le cuir et le textile dans le sud du industriel dans la Manche représente moins
département confortent un secteur qui du quart de l'investissement industriel bas-Principaux chiffres
s'est mieux maintenu dans la Manche normand, lui-même déjà en deçà des
PIB par habitant en 1996 = 115 000 F qu'en Basse-Normandie (les pertes d'em- dépenses d'investissement engagées dans
La Manche est
e ploi ne dépassent pas 1 % par an dans la l'ensemble des régions françaises. Cecile 36 département français
Manche, alors qu'elles atteignent 4 % par tient pour l'essentiel à la faible présence de
Source : Insee - comptes régionaux an dans la région). Les bons résultats des certaines activités qui génèrent un volume
Tricots Saint-James représentent donc important d'investissements, comme l'au-
tionnement des légumes se montrait plu- un atout pour le département, mais ils tomobile (20 % de l'investissement indus-
tôt créateur d'emplois. Certes, comme concernent un secteur encore peu déve- triel bas-normand en 1997), la chimie, la
dans l'ensemble de l'industrie, l'externa- loppé. Les activités du cuir, du textile et plasturgie et le caoutchouc (industries très
lisation des emplois de services (comp- de l'habillement regroupent en effet à ce capitalistiques), la pharmacie et les com-
tabilité, nettoyage, transport...) compte jour seulement 6 % de l'emploi indus- posants électroniques (industries forte-
parmi les causes de la diminution des ef- triel contre 20 % pour l'agroalimentaire, ment innovantes). La conséquence est une
fectifs de l'agroalimentaire. Mais, plus 16 % pour l'énergie et 13 % pour la demande moindre adressée aux industries
qu'ailleurs, les restructurations de l'outil construction navale. des biens d'équipement, donc un environ-
industriel opérées par les grands groupes nement peu favorable pour les entreprises
ont entraîné des pertes d'emplois, le re- A la recherche manchoises du secteur.
groupement des activités sur des sites de Dans le secteur des équipements et desde la diversification
production modernisés s’accompagnant composants électriques et électroniques, laindustrielle
de l’abandon des unités les moins per- Manche possédait une solide position au
formantes. Ainsi, à partir de 1993, la re- Paradoxalement, la Manche ne semble pas début des années quatre-vingt-dix. Mais ce
structuration des activités de transfor- profiter de la croissance des trois secteurs secteur dynamique dans la région (avec
mation de l’Union Laitière Normande auindustriels qui s'affirment en plus de 1 000 emplois gagnés en neuf ans)
sein de la Compagnie Laitière Euro- Basse-Normandie et permettent à la région a perdu dans la Manche plus de 2,5 % de
péenne a induit une perte d’environ de maintenir son emploi industriel : les ses effectifs chaque année. Des handicaps
200 emplois à Condé-sur-Vire. Les fer- industries des équipements et des com- structurels expliquent très largement ces
metures successives pendant la seule an- posants électriques et électroniques, la chi- résultats décevants. Dans le Calvados, la
née 1995 de l’usine Nestlé de Carentan, mie-plasturgie et la mécanique. Ce der- croissance de ces secteurs repose sur l'in-
des laiteries de Pont-Hébert et de Quet- nier secteur connaît dans la Manche des novation dans les segments de haute-tech-
treville-sur-Sienne se sont, quant à elles, difficultés profondes puisque 15 % des nologie, et sur l'accroissement de la
traduites par une perte totale de plus de effectifs ont disparu depuis 1990. La fin demande des donneurs d'ordre, notam-
400 emplois. Ce processus de restructu- des beaux jours dans la construction navale ment de la filière automobile. Mais,
ration, en œuvre depuis une quinzaine et la fin des grands chantiers liés à l'élec- demandeuses de main-d'œuvre très qua-
d’années, tend à se poursuivre dans la tronucléaire expliquent en grande partie les lifiée, les industries de haute technologie
Manche : fin 1999, le groupe Nestlé fer- difficultés du secteur, mais la relative fai- tendent plutôt à se concentrer autour des
mait ainsi son unité de Bricquebec. blesse de l'investissement manchois dans plus grandes métropoles. Aussi, pendant
A l'opposé, les quelques centaines d'em- son ensemble joue aussi sur les résultats de que le Calvados profite du développement
plois nouveaux attendus dans l'habille- la mécanique. En effet, l'investissement de Philips-Composants (avec 600 emplois
créés sur le site caennais depuis 1990), la
Manche subit les restructurations d'Alca-La Manche dans l’emploi salarié
tel-CIT, l'effectif du groupe employé dans
bas-normand en 1999 ce département passant de 1 500 salariés
% en 1987 à moins de 700 aujourd'hui. Dans
50
la Manche, seule la coopérative ouvrière
40 Acome, située près de Mortain, affiche
des ambitions importantes de développe-30
ment sur le créneau très ciblé des câbles
20 conducteurs et des fibres optiques. Cette
entreprise fait figure d'exception alors que10
l'échec de Nomaï (entreprise centrée sur la
0 production de disques durs) à Granville a
Agriculture Industrie Construction Commerce Services Services non
marchands marchands rappelé la difficulté de pérenniser des acti-
Source : Insee, estimations d’emploi vités nouvelles dans les secteurs où la
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 84••••••••• •••••••••L’EMPLOI EN 1990 ET 1999 dans le sud de la Normandie, elle ne pro-
fite pas aujourd'hui du dynamisme de cette
Nombre d’emplois Evolution Part de la Manche
en 1999 1990 - 1999 en Basse-Normandie filière qui dope, depuis maintenant presque
trois ans, tant l'équipement électroniqueEmplois salariés 146 950 + 5,8 % 32,3 %
Emplois non salariés 31 850 - 31,6 % 38,7 % pour automobile que la plasturgie. De
Ensemble 178 800 - 3,5 % 33,3 % manière générale, à quelques exceptions
Source : Insee, recensements de la population près comme la petite entreprise Laporte
Electronics à Saint-Fromond (chimie de
course à l'innovation et aux gains de lièrement solide. Dans ce cadre, comme la base liée à la fabrication de semi-conduc-
productivité sont la règle et imposent, pour Manche est restée presque complètement teurs), l'implantation dans la Manche de
la recherche et le développement, de à l'écart de l'implantation des construc- fabricants de produits, pièces ou articles en
disposer d'une assise financière particu- teurs et des équipementiers automobiles sous-traitance pour l'industrie automobile
ou les industries des biens de consomma-
tion est faible. Or, si l'emploi régional en
Les activités économiques spécifiques chimie-caoutchouc-plastiques fait un bond
à la Manche en 1999 de 13 % en 1997 et 1998 (et de l'ordre de
5 % en 1999 selon des chiffres provisoires),Indicateur de spécificité de l'emploi
c'est bien parce que ces secteurs ont pu-2 -1 0 1 2 3
répondre favorablement à un surcroît de
Combustibles commandes en provenance de ces don-Secteurs
Construction navalemoins présents neurs d'ordre.
Habillement cuirdans la Manche
A l'heure de la croissance retrouvée, laque dans la région Conseil assistance
Manche peine donc à relancer sa machineConstruction
Agriculture industrielle. Ses grands donneurs d'ordre
Services personnels traditionnels obéissent en effet à des
Minéraux logiques de développement sans rapport
Eau gaz électricité avec le dynamisme de la consommation
Administration
sur lequel s'appuie aujourd'hui la crois-IAA
sance française. Il en va ainsi de la Direc-Associations
Secteurs
Commerce détail tion de la Construction Navale qui a pro-plus présents
Services opérationnels grammé la baisse de son plan de chargedans la Manche
Santé que dans la région d'ici à 2002, et de la Cogéma dont la dimi-
Commerce auto
nution du programme d'investissements
Commerce de gros
équivaudrait à la perte de 400 emploisPoste
sous-traitants en 2001, selon les respon-Education
Edition-imprimerie sables de l'entreprise.
Finance
Hôtels-restaurants L'atout touristique
Composants et le potentiel des services
Textile
aux entreprisesElectrique-électronique
Mécanique
Transports Outre l'implantation ex nihilo de grands
Bois-papier groupes industriels, susceptibles de favo-
Sport-culture riser l'émergence de nouveaux moteurs
Chimie dans l'industrie, la mise en œuvre des
Métallurgie
projets liés au tourisme ou aux activitésEquipements du foyer
portuaires pourrait aussi constituer desPharmacie
opportunités de croissance, notammentImmobilier
Automobile dans les services. Le secteur tertiaire, qui
Recherche est le plus créateur d'emplois depuis de
nombreuses années, connaît en effet unPour un secteur d’activité donné, l’indice de spécificité est le résultat du calcul suivant :
faible dynamisme dans la Manche : lai = (part de l’emploi salarié départemental du secteur / part de l’emploi salarié régional
du secteur - 1) croissance de l'emploi n'y est que de 1,7 %
Source : Insee, estimations d’emploi par an contre 2 % pour la région. Dans le
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 84••••••••• •••••••••Un département et trois territoires
effet augmenté de 14 % dans le bassin de Granville et deLe bassin d'emploi
8 % dans le bassin d'Avranches. Le secteur de la construc-de Cherbourg
tion aura ainsi gagné 200 emplois en dix ans.
cherche son second souffle
L’agroalimentaire est la branche industrielle la plus importan-
te (un quart des 9 200 emplois industriels) devant la transfor-
Le bassin d'emploi de Cherbourg est celui qui bénéficie le mation des métaux. D'autres activités industrielles sont
moins de la reprise économique. Entre 1997 et 1999, le représentées par des entreprises peu nombreuses mais qui
nombre d'emplois n'y a progressé que de 0,3 %, alors que la ont consolidé leur implantation, comme Acome, Chéreau
croissance avoisinait 1,5 % pour le département. La pro- (carrosserie) et les Tricots Saint-James (confection). Cette
gression des services entre 1990 et 1999 y est plus faible industrie apparaît donc assez diversifiée et les coups durs
qu'ailleurs. Dans l'industrie, le recul entre 1990 et 1999 (échec de Nomaï ou fermeture de Moulinex à Granville) ont
atteint 16 %, tandis que les bassins d'Avranches et de été contrebalancés par des créations d’emplois régulières
Granville ont maintenu leur potentiel. Dans la construction, dans des petites et moyennes entreprises pérennes, répar-
1 900 emplois ont été perdus (28 %), alors que le reste du ties sur de nombreuses communes, sans concentration géo-
département a créé 200 emplois. L'économie du Nord- graphique particulière mais aussi sans logique de pôle.
Cotentin reste structurée autour de ses pôles industriels
dominants : l’électronucléaire et la construction navale. Aux
quatre principales entreprises : Direction des Constructions Le centre du département : depuis 1997
Navales, EDF Flamanville, Cogéma et les Constructions une reprise aussi vive qu'ont été difficiles
Mécaniques de Normandie sont adossés des dizaines de
les années de crise, sous-traitants dans l'industrie (mécanique, métallurgie, com-
avec les services comme moteurposants électriques et électroniques) et dans la construction.
L'incertitude qui règne sur l'avenir du plan de charge des
60 % des emplois créés entre 1997 et 1999 dans le départe-donneurs d'ordre incite de nombreux sous-traitants à opérer
ment l'ont été dans le Centre-Manche. Après les années dif-une difficile reconversion. Cette forte présence industrielle a
ficiles, les bassins de Saint-Lô et de Coutances font preuvefavorisé le développement d'un réseau important de presta-
d'une grande vitalité mais le centre du département revienttaires de services, très concentré en ville. Enfin, avec près de
de loin : entre 1990 et 1996, il a perdu 2 000 emplois. Depuis40 % de la capacité hôtelière ou d'emplacements de cam-
1997, le rythme de la baisse de l'emploi agricole est moinsping, le Nord-Cotentin apparaît bien placé pour tirer parti du
fort, l'industrie ne perd plus d'emplois, le commerce en créedéveloppement touristique. L'ouverture de la Cité de la Mer
à nouveau (près de 200 emplois entre 1997 et 1999), et sur-devrait permettre de faire fructifier ce capital alors que l'em-
tout le rythme des créations d'emplois dans les services estploi évolue d'ores et déjà favorablement avec 400 emplois
presque multiplié par trois. Ainsi, en deux ans, le Centre-salariés créés dans le commerce, 140 dans les hôtels et les
Manche a retrouvé les trois quarts des emplois perdus entrerestaurants et 150 dans les secteurs du sport et de la cultu-
1990 et 1996. Les services marchands dynamisent la crois-re depuis 1997.
sance, particulièrement les services aux personnes, avec 400
emplois salariés créés entre 1990 et 1999 dans les activités
sportives ou culturelles, et 150 dans les hôtels et les restau-Le sud du département :
rants. Dans les services aux entreprises, plus de 300 emplois
quand vocation touristique et dynamisme
salariés nouveaux sont apparus dans les activités de conseil
industriel vont de pair et d'assistance, et 200 dans le nettoyage, la forte croissance
de l'intérim accompagnant pour sa part la reprise écono-
Avec une chambre d'hôtel sur deux, 40 % des emplace- mique à partir de 1997. De plus, l'emploi public dans les
ments de camping et un fort développement des gîtes administrations ou la santé est en croissance surtout dans le
ruraux, le sud du département est principalement tourné vers bassin de Saint-Lô.
le tourisme. 300 emplois salariés ont été créés dans le sec- A une agriculture fortement orientée vers l'élevage mais pré-
teur hôtels-restaurants entre 1990 et 1999, et autant dans les sente également à travers les productions légumières, cor-
secteurs du sport et de la culture, qui lui sont très liés. Ce respond une puissante industrie de transformation, dominée
par les grands groupes du secteur et soumise à d'intensesdéveloppement n’a cependant pas pu contrecarrer la ten-
dance à la disparition des petits commerces au profit des restructurations. L'hémorragie d'emplois dans les secteurs
grandes surfaces, l'emploi dans le commerce ayant baissé traditionnels (transformation du lait) n'a pas été compensée
de 3 % au cours de la décennie. Outre son offre touristique par le dynamisme d'entreprises diversifiant la production
importante, le territoire possède une industrie dynamique et agroalimentaire traditionnelle, notamment dans l'industrie du
poisson. Présent dans l'industrie des équipements du foyerun secteur de la construction en développement, surtout
autour d’Avranches. La construction tire parti des atouts tou- surtout à travers Moulinex à Saint-Lô, le Centre-Manche
ristiques du territoire et profite pleinement de l'attrait pour les compte également un tissu dense d'entreprises de moins de
communes littorales d'une population constituée souvent de cinquante salariés spécialisées dans les équipements méca-
retraités. Entre 1990 et 1999, le nombre de logements a en niques.
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 84••••••••• •••••••••Calvados), et en particulier quasimentEvolution de l'emploi salarié entre 1990 et 1999
absente sur le créneau " haut de gamme ",
dans la Manche l’activité s’est uniquement développée
sur la bande littorale. L ’économie touris-
tique de la Manche s’identifie donc lar-Croissance Basse-Normandie
gement aux campings et aux centres de
vacances, se révélant de ce fait beaucoup
Immobilier plus saisonnière qu’ailleurs : 35 % des
saisonniers du tourisme de la région (soit
environ 3 000 personnes travaillant entre
avril et octobre) ont ainsi fait le choix de
venir travailler dans la Manche en 1996,
pour seulement 25 % des salariés des acti-Sport culture
vités ayant un lien avec le tourisme. C'est
Associations
sans doute à cette orientation vers les
hébergements de plein air que tient le
ComposantsRecherche moindre dynamisme du coeur de la filière
Services personnelsConseils assistance touristique, les hôtels, les cafés et les res-
taurants connaissant une croissance de 1Services opérationnels
Electricité
% par an de leurs effectifs permanentsHôtels restaurants
Santé
entre 1990 et 1999, contre 3 % dans leEquipements Croissance Manche
Chimie
Educationmécaniques Calvados. De surcroît, la croissance sou-
Transports
tenue des secteurs sportifs et culturels,
AgricultureCommerce auto indirectement liés au tourisme, n’est pas
Commerce détail, Finance parvenue à compenser la faiblesse de laIAA édition imprimerie,
Pharmacie administration, progression de l'activité directement liée
combustiblesPoste commerce de gros
au tourisme. En ce sens, les projets de
TextileBois papier Construction Minéraux développement touristique du Nord-
Cotentin (avec les investissements impor-Métallurgie
Electrique-électronique
Automobile tants entrepris pour la Cité de la Mer) et
du Mont-Saint-Michel constituent des
enjeux majeurs pour l'avenir de la Manche. Equipements du foyer
Navale
Mais, pour l'instant, c'est le secteur duHabillement cuir
conseil et de l'assistance aux entreprises
qui tient fermement la première place
dans les activités de services du départe-
ment. Les entreprises de conseil et d'as-
sistance, filiales de grands groupes ou
petites entreprises locales, emploientLecture du graphique : les deux axes se coupent en un point représentant la croissance régio-
nale moyenne de l’emploi salarié. L’axe horizontal représente la croissance de la Manche, et l’axe 6 800 salariés dans la Manche, 1 400 de
des ordonnées la croissance de la Basse-Normandie. Chaque secteur est représenté par un plus qu'il y a dix ans, et représentent pluspoint dont l’abcisse est égale à l’écart entre la croissance de ce secteur dans la Manche et la
de 40 % de l'emploi salarié du secteur encroissance moyenne régionale, et l’ordonnée est égale à l’écart de la croissance de ce secteur
en Basse-Normandie et la croissance régionale moyenne. Basse-Normandie. Le département est
Source : Insee, estimations d’emploi particulièrement bien doté en petites en-
treprises de services informatiques, de
secteur touristique, par exemple, la en haute saison. Ce moindre développe- conseil, d'ingénierie et d'études techniques
Manche n'emploie que 27 % des salariés ment de l’économie touristique dans le où la part de travail qualifié est impor-
des hôtels et des restaurants bas-normands département tient à l’orientation même tante. Ce réseau d'entreprises très concen-
et moins du quart des salariés régionaux du tourisme manchois : moins tournée tré dans le Nord-Cotentin s'est dévelop-
dont l’activité est "directement influen- vers les hôtels (60 % de la capacité pé notamment avec l'externalisation des
1cée par le tourisme" , soit 5 500 emplois d’accueil en hôtels est concentrée dans le fonctions de service des grandes entre-
1 - L'emploi salarié "directement influencé par le tourisme" est calculé par l'Insee établissement par établissement à partir d es déclarations annuelles de données sociales des employeurs. Il dépend du classement de l'établissement selon trois modalités :
l'intensité touristique de son activité, l'attrait touristique de la zone d'activité dans laquelle il se situe et le caractère saisonnier de son emploi. ( Cent pour cent Basse-Normandie , n°48, novembre 1998.)
CENT POUR CENT BASSE-NORMANDIE n° 84••••••••• •••••••••prises de l'industrie et de la construction.
Il génère une forte capacité d'offres de
La Manche services qui constitue un atout indéniable
et ses départements "cousins" : pour l'implantation d'entreprises nou-
velles. Cet environnement favorable pour- des trajectoires différentes
rait cependant se voir remis en cause avec
Plusieurs départements de la façade biens d'équipements mécaniques)la diminution des besoins d'expertise des
atlantique apparaissaient proches de confortent leurs positions.grands donneurs d'ordre (nucléaire et
la Manche en 1990 par leur structure En Charente-Maritime, les services
construction navale). Certaines entreprises d’activités, comme le Morbihan, la regroupaient déjà plus de 56 % de
de conseil pourraient être tentées de dé- Charente-Maritime et les Pyrénées- l'emploi salarié total en 1990. Depuis,
placer leurs activités, notamment les fi- Atlantiques. Mais, entre 1990 et 1999, leur croissance ne s'est pas démentie
la Manche et ses trois cousins ont et a permis de creuser l'écart avec unliales d'entreprises industrielles ou de BTP
connu des trajectoires bien différentes. département plus industrialisé commeainsi que les succursales des grands
Le Morbihan se distingue par une pro- la Manche. Cette progression repose
groupes d'expertise-conseil nationaux ou gression de son emploi industriel. sur les activités liées au tourisme
internationaux. La mise en œuvre de pro- Dans ce département, l’agroalimen- (hôtels et restaurants, sport et culture)
jets tels que fast-ship (liaison maritime taire domine l'industrie et l'emploi y et sur l'emploi public administratif. Les
progresse vigoureusement. Par services aux entreprises sont aussi enrapide entre Philadelphie et Cherbourg)
ailleurs, les secteurs des équipements croissance (loin derrière le Morbihan etconstituerait donc une opportunité pour le
mécaniques et surtout électriques et les Pyrénées-Atlantiques mais devant
Nord-Cotentin. Les travaux préalables sur électroniques montrent un fort dyna- la Manche), tandis que les pertes
le port lui-même et l'organisation de l'ar- misme. Le renforcement du pilier d'emplois sont importantes dans la
industriel traditionnel s'accompagne construction ou dans l’agroalimentaire.rière-pays seraient en effet autant de dé-
donc de l'affirmation de secteurs Cependant, malgré les pertes d'em-bouchés nouveaux tant pour ces activités
émergents. La progression de l'emploi plois à la Direction des Constructionsde services que pour un secteur de la
dans les services reste modeste, Navales, le département a maintenu à
construction en difficulté dans le nord du comme dans la Manche. Elle est prin- flot sa construction navale, aéronau-
département après la période faste des cipalement tirée par l'explosion des tique et ferroviaire et ainsi assuré la
services aux entreprises qui accom- stabilité voire le développement desgrands chantiers. En outre, la réussite du
pagne la croissance industrielle : l'em- sous-traitants en équipements méca-projet favoriserait probablement l'im-
ploi dans les services opérationnels niques, métallurgie et transformationplantation d'entreprises spécialisées dans
double. L'emploi touristique induit est des métaux.
la logistique et serait au final un argument également en croissance importante. Les trois "cousins" de la Manche mon-
pour l'installation de nouvelles industries, Pour leur part, les Pyrénées- trent donc des dynamiques très diffé-
Atlantique misent principalement sur rentes : le Morbihan mise sur l’agroali-par exemple dans les secteurs où les
une forte croissance du tertiaire, bien mentaire et les services aux entre-échanges internationaux sont importants.
supérieure à celle de la Manche prises tandis que les deux autresLe handicap des services manchois tient
(+ 19 % contre + 13 %). Le dynamisme départements jouent la carte du tertiai-
en effet principalement au faible déve- touristique induit une forte croissance re en attribuant un rôle moteur au tou-
loppement des services opérationnels aux de l'emploi dans les hôtels et les res- risme. Ils présentent aussi un point
taurants. Les pertes d'emplois indus- commun, celui d'avoir consolidé enentreprises (nettoyage, sécurité, intérim...),
triels sont concentrées dans le secteur outre au moins un secteur industriel,qui croissent seulement de 0,7 % par an
des hydrocarbures, dans des secteurs traditionnel ou émergent. Ceci met en
dans la Manche contre 2,6 % par an en
plutôt en perte de vitesse (habillement, relief deux difficultés propres à la
Basse-Normandie. cuir) ou en difficulté (chantiers navals), Manche : une diversification industriel-
tandis que l’agroalimentaire, première le limitée et un faible développement
branche industrielle, n'affiche qu'un des services, particulièrement des ser-Michel MOISAN
recul limité et que d'autres points forts vices opérationnels aux entreprises et
du département (la métallurgie et les des activités liées au tourisme.
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