La ZFU des Hauts de Garonne-Bastide, cinq ans après

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En 5 ans, la zone franche urbaine des Hauts de Garonne-Bastide, appartenant à la zone d'emploi de Bordeaux-zone centrale a gagné plus de 1 500 établissements et près de 7 500 emplois. Quelque 11 000 salariés du secteur marchand privé y sont employés. Depuis le 1er janvier 1997, date de la mise en place du dispositif zone franche, le nombre d'entreprises a été multiplié par 2,5 et celui des salariés par 3. Ce dynamisme concerne principalement les petites entreprises du bâtiment et des services rendus aux entreprises. Dans le même temps, l'effectif des demandeurs d'emploi a décru plus vite que celui de la zone d'emploi correspondante. Le nombre de bénéficiaires du RMI a, quant à lui, légèrement diminué, malgré l'augmentation annuelle régulière du nombre d'allocataires à faibles revenus.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE QUATRE PAGES
INSEE AQUITAINE
LA ZFU DES HAUTS DE
GARONNE-BASTIDE, CINQ ANS APRÈS
En 5 ans, la zone franche urbaine
des Hauts de Garonne-Bastide,
appartenant à la zone d’emploi de
Cinq ans après la mise en place du dispositif zone
Bordeaux-zone centrale, a gagné franche, sous l’effet d’une progression annuelle
plus de 1 500 établissements régulière, le léger tassement de l’année 2000 faisant
et près de 7 500 emplois. exception, le nombre d’établissements du secteur
erQuelque 11 000 salariés du secteur marchand privé est passé de 1 010 au 1 janvier
ermarchand privé y sont employés. 1997 à 2 590 au 1 janvier 2002. L’effectif salarié de
erDepuis le 1 janvier 1997, l’ensemble du secteur a, quant à lui, gagné près de
7 500 emplois.date de la mise en place du dispositif
zone franche, le nombre d’entreprises Le tissu économique de la ZFU renforcé
a été multiplié par 2,5
Durant cette période, environ un tiers des 2 500et celui des salariés par trois.
installations, représentées par les créations et lesCe dynamisme concerne principalement
transferts d’une autre zone, n’aura pas survécu.
les petites entreprises du bâtiment
Cependant, le tissu économique de la ZFU s’est
et des services rendus aux entreprises.
considérablement renforcé. Il compte maintenant 71
Dans le même temps, l’effectif
établissements pour 1 000 habitants contre 27 en
des demandeurs d’emploi a décru
1997, et a largement comblé son écart par rapport
plus vite que celui de la zone
à la zone d’emploi de Bordeaux-zone centrale (55
d’emploi correspondante. établissements pour 1 000 habitants contre 51 en
Le nombre de bénéficiaires du RMI début de période). Le taux brut de création d’éta-
a, quant à lui, légèrement diminué, blissement (voir définition) enregistré dans la ZFU
malgré l’augmentation annuelle régulière est, en effet, le double de celui de la zone d’emploi,
du nombre d’allocataires à faibles revenus. respectivement 24 et 12 % en 2001.
Délimitation de la zone franche urbaine
des Hauts de Garonne-Bastide
Zone franche urbaine
LORMONTLimite de commune
Population 1990 : 37 600 habitants
CENONP 1999 : 36 680
BORDEAUX
01,5 3km
FLOIRAC
INSEE
AQUITAINE Source : Insee - Recensements de la population de 1990 et 1999 © INSEE-IGN 2002
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
La Garonne
o
N 111
OCTOBRE 2002Évolution des établissements et du nombre de salariés du secteur marchand privé entre 1997 et 2002
ZFU Zone d'emploi de Bordeaux-Zone centrale
Secteur marchand privé 1997 2002 2002/1997 1997 2002 2002/1997
% %
erNombre d'établissements au 1 janvier 1 010 2 587 156 39 106 43 542 11
dont
- non employeurs 553 1 193 116 19 375 20 385 5
- employeurs de :
1 à 9 salariés 397 1 103 178 16 739 19 299 15
10 à 49 salariés 48 266 454 2 453 3 218 31
50 salariés et plus 12 25 108 539 640 19
erNombre de salariés au 1 janvier 3 476 10 958 215 207 291 243 489 18
Source : Insee - Fichier Sirene
La quasi-totalité de ces installations Parmi ces délocalisations, 9 sur 10 d’emploi retrouve à peu près celui des an-
(90 %) concerne des petites et moyennes proviennent de communes de l’agglo- nées antérieures. En cinq ans, 7 500
entreprises, des petites et mération de Bordeaux voisines de la nouveaux emplois ont été créés dans la
industries ou des entreprises artisanales ZFU. zone franche, dus à la fois à l’implantation
non-employeurs ou ne dépassant pas des nouveaux établissements (Mitsiu
Le poids des sociétés s’est renforcé par
5 salariés. logistique à Lormont, Sonitech à
rapport aux entreprises individuelles,
Floirac…) et à l’embauche de personnels
La répartition par grands secteurs avec une augmentation moyenne de
par les établissements déjà présents.
d’activité se caractérise, que ce soit par 52 % par an sur la période.
rapport à la zone d’emploi de Bordeaux-
Les plus fortes contributions à l’emploiSur la zone, l’effectif initial des employeurs
zone centrale ou au département de la
sont celles que les secteurs de la cons-avec au moins un salarié, a triplé. Pour
Gironde, par une sur-représentation de
truction et des services, notamment lesles établissements d’au moins 10 salariés,
la construction au détriment du commerce
services aux entreprises, ont apportées.cette hausse est particulièrement remar-
et de l’industrie. Ainsi, le nombre d’en-
Pour chacun de ces secteurs, un gainquable puisque leur nombre a quintuplé.
treprises du secteur de la construction
d’environ 2 200 salariés est enregistré.Les non-employeurs, majoritaires en
est-il passé, en 5 ans, de 138 à 533, soit
Ainsi, parmi l’ensemble des salariés du1997 (55 %), doublent leur effectif,
près de 4 fois plus. Sur la même période
secteur marchand privé de la ZFU, ceuxmais deviennent minoritaires (46 %) en
et dans la zone d’emploi correspondante,
de la construction représentent près defin de période.
la hausse dans ce secteur a atteint près er22 % (7 % au 1 janvier 1997) et ceux
de 13 %. Effectifs salariés du secteur privé erdes services, 41 % (35 % au 1 janvier
triplés en 5 ans
1997). Parallèlement, dans la zoneToujours dans le secteur de la construc-
er
d’emploi correspondante, au 1 janvierA l’instar de l’expansion des établissements,tion, mais aussi dans celui des services,
2002, ces parts atteignent environ 8 %l’emploi salarié privé a été multiplié parse retrouvent également les plus gros
pour le premier secteur et 52 % pour le3 entre 1997 et 2002. Après un légeremployeurs délocalisés en zone
second.tassement en 2000, le niveau des créationsfranche, avec pour certains plus de 30 ou
40 salariés (ainsi dans la construction,
Batisol Dallages à Floirac, dans les
services aux entreprises, à Cenon le GIE
Éxonérations de cotisations patronales et compensationsEuropac, à Lormont la société Azur).
Selon le rapport au Parlement de juillet 2001 relatif au bilan des ZFU, plus du quart des
salariés ouvrant droit à exonération réside en zone franche urbaine.
Définitions On rappellera que, lorsque l’employeur a embauché dans la ZFU deux salariés ouvrant
droit à l’exonération de cotisations sociales patronales, le maintien de l’exonération estTaux brut de création : rapport des créa-
subordonné, lors de toute nouvelle embauche, à la condition qu’il ait embauché outions d’une année donnée au stock d’éta-
qu’il emploie au moins 1/5 de résidants de cette ZFU. Au niveau national cette condi-blissements en début d’année.
tion semble respectée, puisqu’en 1999 26 % des salariés exonérés, soit 13 000 personnes,
Taux d’implantation : rapport du sont des résidants des ZFU. Ils étaient 24 % dans ce cas en 1998.
nombre erDepuis l’entrée en vigueur, le 1 janvier 1997, de ce régime d’exonérations, on constated’implantations d’une année donnée au
une forte progression du coût du dispositif zone franche.stock d’établissements en début d’année.
oN 111
OCTOBRE 2002Les salariés* de la ZFU selon le secteur d’activité
au 01-01-1997 : 3 476 salariés au 01-01-2002 : 10 958 salariés
Transports 7 %
Transports 8 %
Industrie 16 %
Industrie 25 %Autres services 15 %
Autres services 9 %
Services aux
Construction 7%entreprises 13 %
Commerce 33 % Construction 22 %
Services aux
entreprises 24 %
Source : Insee - Fichier Sirene Commerce 21 %
* secteur marchand privé
Garonne-Bastide a chuté de 36 %, soit
(1)Variation annuelle du nombre de demandeurs d'emploi
2 points de mieux que la baisse enregistrée
Nbre de demandeurs d'emploi 1/1/97 1/1/98 1/1/99 1/1/00 1/1/01 1/1/02 dans l’ensemble de la zone d’emploi de
ZFU 4 644 4 612 4 337 3 914 3 090 2 957 Bordeaux-zone centrale. Ce léger avantage
Variation anuelle en % -1 -6 -10 -21 -4 pour la ZFU n’est observé qu’en 2001.
Zone d’Emploi de
Bordeaux-zone centrale 55 578 54 728 52 164 46 691 36 961 36 715 L’évolution du chômage a suivi -2 -5 -10 -21 -1 la tendance générale
(1)Source : ANPE DEFM catégorie 1
Amorcée dès la seconde année de la
(1)
Évolution du nombre de salariés et du chômage dans la ZFU mise en place du dispositif zone
12 000
franche, la baisse du chômage la plus
significative s’est déroulée durant
10 000
l’année 2000, où 21 % des demandeurs
d’emploi ont retrouvé du travail, suivant
8 000
en cela le rythme de la zone d’emploi.
Total salariés
6 000 En 2001, la baisse a ralenti. Cependant,
(2)Total chômeurs
pour la première fois, la diminution du
4 000 chômage est plus rapide dans la ZFU
que dans la zone d’emploi englobante
2 000
(-4,3 % contre -0,7 %).
0 Les jeunes de moins de 26 ans et surtout
1/1/97 1/1/98 1/1/99 1/1/00 1/1/01 1/1/02
les chômeurs sans emploi depuis plus
(1) (2)Source : Insee et ANPE du secteur marchand privé DEFM catégorie 1
d’un an, ont le plus bénéficié de cette
baisse. En 5 ans, leur effectif a presque
Les effectifs salariés du commerce et de cupe plus, en 2002, que le cinquième. diminué de moitié, alors que celui des
l’industrie ont, quant à eux, doublé sur L’industrie représentait le quart de demandeurs d’emploi de moins d’un an
la période considérée avec des gains l’emploi, elle n’en représente plus ne se réduisait que d’un tiers.
respectifs de 1 130 et 890 salariés. La qu’un sixième.
structure de l’emploi de la zone Entre 1997 et 2002, environ un millier
franche s’est donc notablement mo- Entre 1997 et 2002, le nombre de de- de femmes à la recherche d’un emploi a
difiée. En 1997, le commerce y mandeurs d’emploi résidant dans la retrouvé du travail. Cependant, les femmes
occupait le tiers des salariés, il n’en oc- zone franche urbaine des Hauts de représentent, comme au début de la mise
oN 111
OCTOBRE 2002oN 111
OCTOBRE 2002
en place du dispositif, la moitié de l’en- l’ensemble des ménages, la proportion de de la zone franche urbaine sont des
semble des chômeurs de la zone franche. ces allocataires est deux fois plus importante logements sociaux (9 900 logements).
que celle de la zone d’emploi de Bordeaux- Dans la zone d’emploi de Bordeaux-
Une population plus jeune,
zone centrale, en fin comme en début de zone centrale, cette part est plus faible
des ménages plus nombreux
période. puisqu’un cinquième seulement des
Entre les deux derniers recensements, résidences principales correspond àMoins de bénéficiaires du RMI
1990 et 1999, la population de la ZFU a un logement social.
La taille des ménages de la zone franchediminué d’environ 1 000 habitants. Elle
En 5 ans, la part d’allocataires à revenusdes Hauts de Garonne-Bastide s’amoindrits’établit à 36 600 habitants, soit un peu
modestes bénéficiant également d’unesensiblement à la fois par la diminution demoins de5%du total de la population
aide au logement s’est accrue dans lessa population et l’augmentation dude la zone d’emploi de Bordeaux-zone
deux zones avec un écart constant de 7nombre de ménages. Entre 1997 etcentrale. Cette population se caractérise
er
points : au 1 janvier 2002, ces parts2002, le nombre d’allocataires àtoujours par sa jeunesse, malgré un léger
atteignent 81 % dans la ZFU et 74 %faibles revenus a cependant progressévieillissement général. La part des jeunes
dans la zone d’emploi. Cependantde 15 %. Dans la zone d’emploi dede moins de 20 ans atteint 28 % contre
dans la ZFU l’augmentation annuelleBordeaux-zone centrale, la population21 % pour l’ensemble des 4 communes
de ces allocataires est plus lente queet les ménages ont continué de croîtrede référence dont une partie seulement
dans la zone d’emploi correspondante,et le nombre d’allocataires à faiblescompose la zone franche : Bordeaux,
respectivement environ 4 % et 5 %.revenus a augmenté de 23 %. SurCenon, Floirac et Lormont.
l’ensemble de la période, le nombre de
En proportion, les familles monopa- bénéficiaires du Revenu Minimum
Jean-Pierre DUBAN
rentales, les couples avec enfants et d’Insertion (RMI) a, quant à lui, légèrement
les ménages comportant plus de six baissé. Cette amélioration, dans la zone
personnes y sont davantage représentés. d’emploi correspondante, n’a pas été
Ainsi, au sein de cette population, les perceptible malgré une légère diminution
allocataires à bas revenus recensés par en fin de période.
POUR EN SAVOIR PLUS…les caisses d’allocations familiales, se
Peu d’évolution dans le parc
distinguent dans la ZFU par une forte “La Zone Franche Urbaine : un an
des logements sociaux après” - Insee Aquitaine n°64 - Octobreprésence de familles avec enfants, qu’il
1998 - (4 pages) - 1,98 euro.er
s’agisse de couples avec enfants ou de Au 1 janvier 2002, comme en 1997,
“Bilan des zones franches urbaines”familles monoparentales. Rapportée à les deux tiers des résidences principales
Rapport au Parlement - Ministère délégué
à la Ville - Juillet 2001.
L’avenir des ZFU à compter de 2002 “Les zones franches urbaines : un suc-
cès et une espérance” - Paris ; SénatDans les zones franches urbaines, dont le dispositif est arrivé à terme fin décembre 2001,
2002 Rapport d’information n°354 -l’État consentait aux entreprises des exonérations de charges sociales et fiscales pour une
Commission des affaires économiques.durée de cinq ans. Cependant le dispositif a légèrement évolué pour éviter une
désaffection brutale des entreprises, la loi de finances pour 2002 a ainsi prévu “Zones urbaines sensibles et zones
une sortie dégressive. Pendant trois ans, les entreprises bénéficieront d’un franches urbaines” - Cédérom Insee -
abattement de 60 %, puis 40 % et enfin 20 %. Octobre 2002 - 135 euros.
Directeur de la publication : Michel Schrantz - Rédacteur en chef : Élisabeth Nadeau -
Assistante de rédaction : Christiane Fournier - Secrétaire de fabrication : Daniel Lepphaille
INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex
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