Le chômage en Haute-Normandie en 2001 : Une année difficile pour les jeunes

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Courant 2001, le chômage est reparti à la hausse en Haute-Normandie. Les jeunes, grands bénéficiaires de l'amélioration des dernières années, ont connu une année sensiblement plus délicate sur le marché du travail. la région, qui a un taux de recours à l'intérim assez important, est particulièrement concernée par un nombre croissant d'inscrits à l'ANPE à la suite d'une mission.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE CHÔMAGE EN HAUTE-NORMANDIE EN 2001
Une année difficile pour les jeunes
Damien BARTHÉLÉMY - Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP)
François GITTON
d’un passé plus favorable et reste doncCourant 2001, le chômage est de moins de 25 ans. Soulignons tout de
sensiblement moins touché par le chô- même que la situation reste compliquéereparti à la hausse en
mage avec un taux à 9,7% de deux pour les plus de 50 ans dans la région qui
Haute-Normandie. Les jeunes, points inférieur à celui du département sont souvent en chômage de longue
voisin. En Seine-Maritime, l’année a été durée. Les personnes aux âges intermé-grands bénéficiaires de
particulièrement difficile dans les zones diaires sont sensiblement moins tou-
l’amélioration des dernières de Dieppe ou de la Vallée de la Bresle, chées par le chômage.
l’évolution étant nettement plus favorableannées, ont connu une année
dans les zones du Havre et de
sensiblement plus délicate sur le Lillebonne. RECUL SENSIBLE DU CHÔMAGE
La population qui a le plus souffert de DE LONGUE DURÉEmarché du travail. La région, qui
cette hausse du chômage est celle des
a un taux de recours à l’intérim jeunes : le nombre de demandeurs La forte baisse des dernières années
d’emploi en fin de mois (catégories 1assez important, est explique en très grande partie la diminu-
et 6) a globalement augmenté de tion du nombre de chômeurs de longue
particulièrement concernée par
1 100 unités en un an, cette hausse cor- durée. Les entrées au chômage étaient
un nombre croissant d’inscrits à respond à celle du nombre de chômeurs moins nombreuses et cela se ressent un
l’ANPE à la suite d’une mission.
près trois années de baisse, la
Acourbe du chômage a changé
d’orientation en 2001. Après un premier
trimestre assez calme, le nombre de de-
mandeurs d’emploi a cessé de diminuer
dès le printemps et a connu une hausse
à un rythme soutenu sur le second
semestre.
FORTE HAUSSE DANS L’EURE
ET DANS LE NORD
DE LA SEINE-MARITIME
Fin 2001, le taux de chômage de la
région s’établit à 11,1% de la population
active, soit 2,1 points de plus que le taux
national. La Haute-Normandie fait tou-
jours partie des régions les plus tou-
chées derrière le Nord-Pas-de-Calais le
Languedoc-Roussillon ou la région Pro-
vence-Alpes-Côte-d’Azur. A l’autre ex-
trême, l’Alsace affiche un taux inférieur à
6%. Au niveau départemental, l’Eure a
plus souffert du retournement conjonctu-
rel que la Seine-Maritime, mais bénéficie
14 CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002
EMPLOI
CHÔMAGELES DEMANDEURS D’EMPLOI INSCRITS A L’ANPE AU 31 DECEMBRE 2001
Catégorie 1 Catégorie 6
Seine- Haute- France Seine- Haute- France
Eure Maritime Normandie Métropolitaine Eure Maritime Normandie métropolitaine
Ensemble 20 828 56 033 76 861 2 264 067 5 463 13 837 19 300 412 660
Évolution sur un an (%) 7,2 -0,4 1,6 2,5 -4,6 1,2 -0,5 -9,5
Hommes 10 055 28 644 38 699 1 153 223 2 260 7 157 9 417 183 605 11,1 1,0 3,5 6,7 -8,8 -0,5 -2,6 -12,3
Femmes 10 773 27 389 38 162 1 110 844 3 203 6 680 9 883 229 055
Évolution sur un an (%) 3,7 -1,8 -0,3 -1,5 -1,4 3,0 1,6 -7,0
Moins de 25 ans 4 562 13 703 18 265 436 168 1 456 3 925 5 381 98 971 16,9 5,4 8,1 9,3 -8,1 -1,6 -3,5 -12,0
Inscrits depuis plus d’un an 6 260 18 381 24 641 661 241 2 063 5 962 8 025 161 284
Évolution sur un an (%) -9,2 -11,0 -10,6 -9,0 -16,6 -3,9 -7,5 -13,1
dont
Inscrits depuis plus de trois ans 1 458 5 035 6 493 147 897 437 1 411 1 848 32 643
Évolution sur un an (%) -17,3 -18,6 -18,3 -18,7 -20,3 -5,6 -9,5 -15,2
Sources : ANPE - DRTEFP Unités : nombre brut, %
an plus tard pour le nombre d’inscrits LES CHÔMEURS LES MOINS DIPLÔMÉS DE FRANCE
depuis plus d’un an. Les personnes à la
recherche d’un emploi depuis plus d’un Le niveau de diplôme reste un élément déterminant pour s’insérer sur le marché du travail.
Les résultats du recensement montrent de manière très explicite la forte liaison entre di-an ne sont plus que 32 500 contre 40 000
plôme et chômage. Cependant, même si la tendance est très nette, il ne faut pas faire de con-
courant 2000. Cette amélioration est
clusions caricaturales, les personnes actives de moins de 30 ans sans diplôme ou peu
aussi sensible pour les chômeurs de très diplômées ne sont pas toutes au chômage, loin de là. Fin 2001, la Haute-Normandie est la
région qui compte le plus de non-diplômés parmi ses demandeurs d’emploi de moins de 30longue durée (inscrits depuis plus de 3
ans. En règle générale, même si la distinction n’est pas toujours très marquée avec d’autresans) : leur nombre est passé de 7 900 fin
régions, les chômeurs haut-normands de moins de 30 ans sont parmi les moins diplômés de
2000 à 6 500 fin 2001. France. A cela, on peut apporter trois éléments de réponse. Tout d’abord, le niveau de forma-
tion de la population et de la population active est traditionnellement (ou structurellement)
bas dans la région. Ceci se ressent naturellement chez les chômeurs. Ensuite, la région étant
plus touchée que d’autres, la situation est plus difficile pour les non-diplômés ; devant un
DE L’INTÉRIM AU CHÔMAGE
plus grand réservoir de main-d’œuvre, les employeurs peuvent plus qu’ailleurs être exi-
geants sur le diplôme. Enfin, les emplois haut-normands sont globalement moins qualifiés
L’analyse des flux du chômage, en qu’ailleurs. L’importance de l’inté- -
rim est liée à un grand nombretrées et sorties, confirme en tous points
RÉPARTITION DES CHÔMEURS
d’emplois industriels non qualifiés.
l’idée peu surprenante et déjà connue SELON LE NIVEAU DE FORMATION
Ce qui permet aux jeunes sans di-
d’une conjoncture nettement moins favo- plôme de s’insérer en période de Haute-Normandie France
bonne conjoncture les dessert dèsrable sur le marché du travail. Avec en
1er cycle 2ème degré (VI) 8 6
que la situation économique estparticulier plus d’entrées (plus de nou BIS CEP SES (V) 8 7-
moins favorable. De plus, le faible BEP CAP (V) 45 40veaux chômeurs) et moins de sorties. Le
nombre d‘emplois qualifiés dans la Bac BTN BT BP (IV) 22 22
nombre de reprises d’emploi déclarées Bac + 2 ans (III) 9 13région n’incite pas nécessairement
Bac + 3 ou 4 ans (I et II) 5 9les jeunes diplômés à attendre une(1) a fortement chuté : -15% en un an.
Non précisé 2 3
opportunité en Haute-Normandie,
C’est-à-dire qu’en 2000, on comptait
d’où une faible proportion de de- Total 100 100
34 000 sorties du chômage sur reprise mandeurs d’emplois ayant un
Source : INSEE Unité : %
d’emploi (déclarée) contre 29 000 en bac+2 ou plus.
2001. L’analyse des entrées est sensible-
TAUX DE CHÔMAGE EN FONCTION DU NIVEAU DE DIPLÔME
ment plus riche d’enseignements. La
60
Haute-Normandie est une région forte-
ment concernée par l’intérim qui est sou 50- 20 à 24 ans
vent considéré comme une forme 25 à 29 ans
40
d’emploi précaire. Avec une très forte
augmentation du nombre d’inscrits à la 30
suite d’une mission d’intérim, la région
20
connaît une hausse marquée du chô-
mage, nécessairement plus sensible que 10
dans les régions où l’intérim est moins
0
Aucun diplôme CEP - BEPC CAP - BEP BAC - BP BAC + 2 Diplôme supérieur
(1) D’autres personnes sortent du chômage pour retrouver un Source : INSEE Unité : %
emploi mais elles peuvent être enregistrées parmi les absen-
ces au contrôle par exemple.
CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002 15MOINS DE CHÔMEURS “AU SENS LARGE DU TERME”
Alors que depuis quelques années, le chômage avait tendance à se diversifier (les catégories 2,3,4,5,7 et 8 prenaient une place de plus en
plus importante dans le total), en 2001, cette tendance semble s’être arrêtée. Les chômeurs de catégories 1 et 6, c’est-à-dire les personnes
disponibles et recherchant un emploi à temps plein représentent 72% du total des demandeurs d’emploi. Ceci est lié à une baisse importante
du nombre de personnes sans et recherchant un emploi à temps partiel (catégorie 2) ou saisonnier ou temporaire (catégorie 3). Ces
deux baisses sont légèrement compensées par les hausses du nombre de personnes demandant le même type d’emploi mais ayant exercé
une activité réduite dans le mois (catégories 7 et 8). Enfin, le nombre de personnes ayant un emploi et s’inscrivant à l’ANPE comme deman-
deur d’emploi (catégorie 5), a fortement chuté. Le contexte conjoncturel défavorable n’a sans doute pas incité les personnes ayant un emploi
à en chercher un autre. Globalement, en un an, le nombre d’inscrits à l’ANPE a diminué de près de 2%.
LES DEMANDEURS D’EMPLOI : un demandeur d’emploi en fin de
LES CHÔMEURS SELON LA CATÉGORIE EN HAUTE-NORMANDIE mois est une personne inscrite aux ASSEDIC. Les personnes à la
recherche d’un emploi sont classées selon différentes
Effectifs
catégories.au 31 Répartition Répartition Évolution
décembre 2001 en 2001 (%) en 2000 (%) 2001/2000 (%) Les personnes inscrites en catégories 1 et 6 sont les plus sou-
vent dénombrées. Ce sont des personnes sans emploi, disponi-Catégorie 1 76 861 58 56 2
bles, à la recherche d’un emploi à durée indéterminée (CDI) àCatégorie 2 14 400 11 12 -10
temps plein (catégorie 1) ou ayant exercé une activité de plus deCatégorie 3 6 271 5 5 -10
78 heures au cours du mois (catégorie 6).Catégorie 4 6 620 5 5 5
Catégorie 5 3 395 3 4 -39 Les autres catégories correspondent à :
Catégorie 6 19 300 14 14 -1 - des personnes sans emploi, disponibles, à la recherche d’un
Catégorie 7 3 299 2 2 5 CDI à temps partiel (catégorie 2) ou un emploi à durée déter-
Catégorie 8 2 980 2 2 13
minée (CDD) temporaire ou saisonnier (catégorie 3).
- des personnes non disponibles, sans emploi, à la rechercheTotal 133 126 100 100 -2
d’un emploi (catégorie 4) ou ayant un emploi et cherchant un
Source : INSEE Unités : nombre, %
autre 5) même à temps partiel (catégorie 7) ou
un CDD temporaire ou saisonnier (catégorie 8).
NOMBRE DE SORTIES DES DEMANDES D’EMPLOI DE CATÉGORIE 1 AU COURS DE L’ANNÉE 2001 SELON LE MOTIFprésent. L’idée, assez intuitive, qu’en cas
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie Francede conjoncture défavorable, les em-
Évolution Évolution Évolution Évolutionployeurs commencent par se séparer
Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000
des intérimaires se vérifie assez bien. Le
Reprise d’emploi 8 651 -18,8 20 526 -13,2 29 177 -14,9 1 049 069 -15,0
nombre de licenciements a lui aussi aug- Entrée en stage 2 644 -7,3 11 061 2,7 13 705 0,6 310 618 -11,3
menté, particulièrement en Seine-Mari- Arrêt de recherche 3 358 -16,9 8 219 -7,2 11 577 -10,3 369 604 -12,7
time Absence au contrôle 12 864 -2,0 35 607 10,1 48 471 6,6 1 522 618 8,4
Autre motif 6 338 -0,1 17 990 -10,8 24 328 -8,3 654 290 -12,3
Total 33 855 -8,6 93 403 -2,5 127 258 -4,2 3 906 199 -6,0
Source : ANPE - DRTEFP Unités : sortie, %
NOMBRE D’INSCRIPTIONS À L’ANPE EN CATÉGORIE 1 AU COURS DE L’ANNÉE 2001 SELON LE MOTIF
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie France
Évolution Évolution Évolution Évolution
Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000 Nombre 2001/2000
Licenciement économique 1 665 3,2 2 864 6,9 4 529 5,5 203 964 3,7
Fin de convention de conversion 615 4,2 1 140 -35,7 1 755 -25,7 40 561 -23,7
Autre licenciement 3 524 6,2 7 255 12,8 10 779 10,6 464 530 9,8
Démission 2 300 9,0 4 449 15,3 6 749 13,0 265 473 13,8
Fin de contrat 8 594 2,5 22 520 5,3 31 114 4,5 1 168 628 2,0
Fin de mission d’intérim 6 044 28,6 10 378 43,9 16 422 37,9 410 387 36,4
Première entrée 2 058 -43,5 8 468 -34,0 10 526 -36,1 293 452 -21,3
Reprise d’activité 323 98,2 1 347 44,8 1 670 52,8 113 230 24,8
Autre 12 160 15,4 39 406 16,2 51 566 16,0 1 143 832 4,9
Total 37 283 6,3 97 827 7,5 135 110 7,2 4 104 057 5,1
Sources : ANPE - DRTEFP Unités : inscription, %
16 CAHIER D’AVAL n° 61 - Juillet 2002

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