Le niveau de vie des ménages de 1970 à 1999

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En 20 ans, de 1970 à 1990, le niveau de vie moyen des ménages s'est fortement accru passant en euros constants de 760 euros par mois et par unité de consommation (uc) à 1 150 euros, soit une augmentation de 50 %. Entre 1990 et 1997, la croissance s'est essouflée pour ne redémarrer qu'entre 1997 et 1999. Depuis 1970, les retraités ont été les principaux bénéficiaires de la croissance, notamment ceux qui avaient des niveaux de vie très faibles dans les années soixante-dix. Les salariés et chômeurs ont également participé à cette amélioration, surtout en début et en fin de période. Les niveaux de vie mensuels s'échelonnent, en 1999, entre 610 euros/uc (niveau en deçà duquel vivent 10 % des ménages) et 2 030 euros/uc (niveau au-delà duquel vivent 10 % des ménages). À un niveau de vie de 610 euros/uc, correspond un revenu disponible de 610 euros dans le cas d'une personne vivant seule et de 1 281 euros dans le cas d'un ménage de deux adultes et deux enfants. Le niveau de vie du ménage dépend d'abord de l'accès à un emploi et de la qualification de cet emploi. À un salaire égal au Smic peuvent correspondre plusieurs niveaux de vie selon la composition familiale.
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Revenus, patrimoine, conditions de vie 6
Le niveau de vie des ménages
de 1970 à 1999
Olivier Guillemin, Valérie Roux*
En 20 ans, de 1970 à 1990, le niveau de vie moyen des ménages s’est
fortement accru passant en euros constants de 760 euros par mois et par
unité de consommation (uc) à 1 150 euros, soit une augmentation de 50 %.
Entre 1990 et 1997, la croissance s’est essouflée pour ne redémarrer qu’entre
1997 et 1999. Depuis 1970, les retraités ont été les principaux bénéficiaires
de la croissance, notamment ceux qui avaient des niveaux de vie très faibles
dans les années soixante-dix. Les salariés et chômeurs ont également
participé à cette amélioration, surtout en début et en fin de période.
Les niveaux de vie mensuels s’échelonnent, en 1999, entre 610 euros/uc
(niveau en deçà duquel vivent 10 % des ménages) et 2 030 euros/uc
(niveau au-delà duquel vivent 10 % des ménages). À un niveau de vie de
610 euros/uc, correspond un revenu disponible de 610 euros dans le cas
d’une personne vivant seule et de 1 281 euros dans le cas d’un ménage de
deux adultes et deux enfants. Le niveau de vie du ménage dépend d’abord
de l’accès à un emploi et de la qualification de cet emploi. À un salaire égal
au Smic peuvent correspondre plusieurs niveaux de vie selon la
composition familiale.
e niveau de vie d’un mé- est une agrégation des revenus distribution, c’est-à-dire avant
nage est déterminé par cumulés de tous ses membres perception des prestations socia-L son revenu disponible et après redistribution (encadré 1). les et avant paiement des impôts
sa composition démographique. Il diffère du revenu déclaré au directs. Toute différence d’évolu-
Le revenu disponible du ménage fisc, qui est un revenu avant re- tion entre revenu déclaré et reve-
* Olivier Guillemin et Valérie Roux font partie de la division Revenus et patrimoine des ménages de l’Insee.
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6 Revenus, patrimoine, conditions de vie
Encadré 1
Définitions
Revenu déclaré au fisc L’échelle d’équivalence utilisée par À l’extrémité inverse, le dixième
l’Insee et par Eurostat attribue 1 décile (D10) regroupe les 10 % de
Le revenu déclaré au fisc est un re- unité de consommation au premier ménages les plus aisés.
venu avant impôts et prestations adulte, 0,5 unité de consommation
qui, une fois exclus les revenus du (uc) aux autres adultes de 14 ans ou La courbe de Lorenz
patrimoine, se définit de la façon plus et 0,3 uc aux enfants.
suivante : Pour un certain seuil de niveau de
Niveau de vie vie, on considère sur un graphique
Revenu déclaré au fisc le point correspondant, sur l’axe
= revenu disponible par unité de horizontal, au pourcentage dans la
= revenus d’activité (salaires, béné- consommation population des ménages dont les
fices) nets de cotisations sociales et = revenu disponible du ménage / niveaux de vie sont en dessous du
de CSG déductible (à partir de nombre d’unités de consommation cor- seuil, et, sur l’axe vertical, au pour-
1997) respondant à la structure du ménage. centage de la masse des revenus de
+ revenus de remplacement (indem- ces ménages, par rapport à la
nités de chômage, pensions de re- Une telle échelle d’équivalence re- masse totale des revenus de tous
traite) nets de cotisations sociales et pose sur quelques conventions. Les les ménages.
de CSG déductible (à partir de valeurs prises par l’échelle sont ap-
1997) puyées par des estimations économé- La courbe de Lorenz relie les
+ solde des transferts reçus et versés triques, mais toute estimation points ainsi définis correspondant
à d’autres ménages (pensions ali- d’échelle repose sur des hypothèses à différents seuils de niveau de vie.
mentaires, etc.) normatives. En outre, l’échelle uti- La forme de la courbe de Lorenz
lisée est trop simple pour rendre permet de distinguer les réparti-
Revenu disponible compte de la complexité de la réalité. tions de niveau de vie plus ou
En particulier, les besoins des famil- moins inégalitaires.
Le revenu disponible s’obtient à les monoparentales pourraient s’avé-
partir du revenu déclaré en ajou- rer sous-estimés tandis que ceux des L’indice de Gini
tant les prestations sociales non personnes âgées seraient surestimés.
contributives et en excluant les im- C’est un chiffre qui résume la
pôts directs, soit : Pour comparer des niveaux de vie courbe de Lorenz : plus cet indice
sur longue période, il est nécessaire est proche de 1, plus l’inégalité de
Revenu disponible de raisonner en monnaie constante la distribution des niveaux de vie
car, compte tenu de l’inflation, un est importante.
= revenus déclarés franc en 1970 n’offre pas le même
+ prestations sociales non contribu- pouvoir d’achat qu’un franc en 1999. L’indice de Theil
tives (prestations familiales, aides C’est pourquoi tous les revenus se-
au logement, minima sociaux) ront présentés en monnaie cons- Il mesure l’écart entre la distribu-
- impôts directs (IRPP, TH, CSG tante de 1999 (en euros 99). tion égalitaire (distribution uni-
non déductible + CRDS) forme) et la distribution constatée.
Déciles S’il est nul, la est par-
D’autres éléments, plus difficiles à faitement égalitaire. À l’inverse,
cerner, pourraient être inclus dans On suppose les ménages classés se- plus les revenus sont dispersés,
ce revenu disponible, comme des lon leur niveau de vie. On les divise plus il sera fort.
loyers fictifs imputés aux proprié- en dix groupes, appelés déciles :
taires ou certains revenus en nature chaque décile rassemble ainsi 10 % La pression fiscale
(soins médicaux, autoconsomma- des ménages. En commençant par
tion alimentaire, etc.). Ils ne sont les ménages les plus pauvres, le pre- L’impôt sur le revenu (IR), la taxe
pas pris en compte ici. mier groupe est le premier décile d’habitation principale et les con-
(D1) : il regroupe donc les 10 % des tributions sociales (CSG déduc-
Niveau de vie ménages les plus pauvres de la po- tible, CSG non déductible, CRDS)
pulation. La limite supérieure de ni- constituent la fiscalité directe des
À partir du revenu disponible, on veau de vie dans le premier décile ménages. La pression fiscale est
peut ensuite calculer le niveau de est telle que 10 % des ménages ont calculée ici de manière extensive
vie du ménage qui tient compte de un niveau de vie inférieur à ce seuil. en incluant l’ensemble de ces pré-
la structure de ce ménage et cor- La limite supérieure du deuxième lèvements.
respond à un revenu par équiva- décile est telle que 20 % des ména-
lent-adulte. En effet, les besoins ges sont situés en dessous en termes Pour l’impôt sur le revenu stricto
d’un ménage de n personnes sont de niveau de vie ; les deux premiers sensu, un ménage est dit « impo-
inférieurs à n fois les besoins d’une déciles (D1+D2) rassemblent les sé » chaque fois que le solde des
personne seule, grâce aux écono- 20 % les plus pauvres, etc. Ainsi, les impôts acquittés par les foyers fis-
mies d’échelle issues de la mise en cinq premiers déciles la caux qui le composent est stricte-
commun de certains biens. moitié la plus pauvre des ménages. ment positif.
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Revenus, patrimoine, conditions de vie 6
nu disponible résultera donc de Encadré 2
l’évolution de la politique redis-
La structure des revenus se déforme le long de l’échelle
tributive. Les ménages des pre-
des niveaux de vie
miers déciles (encadré 1) bénéfi-
En fonction de la structure des reve- et pensions prédominent toujours,cient davantage des prestations
nus des ménages et de la pression mais à mesure que l’on croît dans
sociales et ont donc un revenu fiscale supportée (figure 1), une clas- l’échelle des niveaux de vie, les revenus
sification des ménages selon les déci- d’indépendants prennent une impor-disponible supérieur au
les de niveau de vie se dessine. tance croissante. La pression fiscaledéclaré ; en revanche, au delà de
avoisine 20 %, et l’impôt sur le revenu
la médiane, les impôts s’avèrent Les ménages modestes (déciles1à3, en représente ici l’essentiel (12 %).
prépondérants et le système de soit 30 % des ménages) : ils ont un ni-
veau de vie mensuel inférieur à environ Les hauts revenus (Le dernier centile,redistribution joue son rôle de ré-
900 euros/uc. Leurs revenus se caracté- soit les 1 % des ménages les plus aisés).ducteur des inégalités (encadré 2).
risent par une présence importante de Les revenus d’indépendants sont très
prestations sociales sous condition de présents, bien que les salaires représen-
er
ressource (de 35 % dans le 1 décile à tent toujours plus de la moitié des reve-Le revenu disponible permet au
e15 % dans le 3 décile), bien que leurs nus. Les revenus du patrimoine ne sontménage de consommer ou d’épar-
revenus soient principalement consti- pas pris en compte dans cette analyse ;
gner. Les principaux arbitrages de tués de revenus d’activité ou de rempla- si on les intégrait, ces derniers repré-
consommation étant décidés au cement. Ils paient peu d’impôts directs senteraient aussi une part importante
et sont rarement imposés au titre de des hauts revenus. Le poids de la fisca-niveau du ménage, on choisit une
l’impôt sur le revenu. Le poids de la fis- lité directe dépasse 30 %, dont plus de
approche par ménage plutôt calité directe ne dépasse pas7%en 20 % pour le seul impôt sur le revenu.
qu’une approche individuelle. Le 1999, et c’est la Contribution Sociale
Généralisée (CSG) sur les revenus d’ac-niveau de vie du ménage, qui cor-
Figure 1 - Structure du revenutivité et de remplacement qui repré-
respond au niveau de vie de tous et pression fiscale par décilesente le prélèvement le plus important,
ses membres, peut se rapprocher devant la taxe d’habitation.
d’un revenu par équivalent-adulte.
Le bas de la classe moyenne (décilesDans un souci de comparabilité
4 à 5, soit 20 % des ménages) : ils ont
temporelle, on préfère exclure les un niveau de vie mensuel compris
revenus du patrimoine qui ne fi- entre 900 euros/uc et 1 100 euros/uc.
Dans cette catégorie intermédiaire, lesgurent que partiellement dans la
salaires et pensions prédominent,
déclaration fiscale, cette part di- même si les prestations sociales sont
minuant au fur et à mesure des encore bien présentes. Environ la moi-
tié sont imposés au titre de l’impôt surannées. Les inégalités et leur évo-
le revenu. Le poids de la fiscalité di-lution sont alors légèrement atté-
recte s’y situe entre 8 % et 9 %, et c’est
nuées par l’absence de ces reve- la CSG qui en représente l’essentiel (à
peu près 6 %).nus du patrimoine (encadré 3).
Les ménages moyens (déciles6à9,
soit 40 % des ménages) : ils ont un ni-
veau de vie mensuel compris entreNiveau de vie en hausse,
1 100 euros/uc et 2 000 euros/uc. Dans
inégalités en baisse, ces déciles, les salaires et pensions
continuent de prédominer (plus demais une tendance
95 % du revenu). Ils sont plus de 90 %
à l’essoufflement entre à être imposés au titre de l’impôt sur le
revenu. En 1999, la fiscalité directe ab-1990 et 1997
sorbe entre 11 % et 16 % de leur reve-
nu. Le poids de l’impôt sur le revenu
croît avec le niveau de vie, tout en res-Pendant 10 ans, de 1970 à 1979,
tant inférieur à celui de la CSG. En ef-le niveau de vie médian des mé-
fet, depuis 1998, le passage de 3,4 % à
nages, c’est-à-dire le niveau de vie 7,5 % du taux de CSG sur les revenus
au delà duquel se situe la moitié d’activité et de remplacement a donné
un poids aux contributions sociales audes ménages, s’est accru très for-
moins égal à celui de l’impôt sur le re-
tement, à un rythme voisin de
venu.
5,3 % par an en euros constants
Les ménages aisés (le dernier décile(figures 4 et 5). Entre 1979 et
hors les 1 % les plus aisés, soit 9 % des1997, il a continué à progresser
ménages) : ils ont un niveau de vie
mais nettement plus lentement mensuel compris entre 2 000 euros/uc
(0,8 % par an entre 1979 et 1990 et 3 800 euros/uc environ. Les salaires
et 0,4 % par an entre 1990 et
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1997). La reprise économique, rapides (+ 2,2 % par an entre par uc et par mois en 1970 (en
amorcée en 1997, s’est traduite 1997 et 1999). Au final, si la moi- euros constants de 1999), ils ne
par un retour à des rythmes de tié des ménages disposait d’un ni- sont plus que 12 % à se situer
croissance du revenu médian plus veau de vie inférieur à 640 euros sous ce seuil 29 ans plus tard.
Encadré 3
Influence de la prise en compte des revenus du patrimoine
sur la distribution des niveaux de vie
Dans cette étude, nous avons choi- déclarés, la distribution des niveaux patrimoine tels qu’ils sont déclarés
si d’analyser le niveau de vie des de vie change peu, les seules modi- dans l’enquête Revenus Fiscaux ac-
ménages hors revenus du patri- fications intervenant aux extrémités croît très peu les inégalités car peu
moine. En effet, selon les années, de la distribution : le premier décile de revenus du patrimoine sont pré-
les revenus du patrimoine sont augmente de 4 %, et la limite sents. De plus, les ménages les plus
plus ou moins présents dans la dé- au-dessus de laquelle se situe 5 % riches préfèrent en général opter
claration fiscale en fonction no- des ménages s’accroît de 3 %. En pour le prélèvement libératoire : la
tamment des changements de revanche, la prise en compte de re- déclaration fiscale 2042 assure
législation sur les revenus non im- venus du patrimoine plus complets donc une meilleure couverture des
posés ou soumis à prélèvement li- aboutit à des limites de déciles 10 à revenus du patrimoine pour les
bératoire. En quoi la prise en 15 % plus élevées. Cette fois, ce ménages les moins aisés. En re-
compte de ces revenus mo- sont les limites de déciles des mé- vanche, lorsque l’on essaye de
difie-t-elle la distribution des ni- nages les plus aisés qui s’accrois- prendre en compte l’ensemble des
veaux de vie ? Dans le tableau sent le plus. Ainsi, la limite du revenus du patrimoine, on aboutit
suivant, les déciles de niveaux de neuvième décile croît de 19 % et à des indices d’inégalités beaucoup
vie sont représentés pour trois celle des 5 % les plus riches aug- plus forts. En pratique, les revenus
concepts : un niveau de vie hors mente de 23 %. du patrimoine sont davantage
revenu du patrimoine, un niveau concentrés vers le haut de la distri-
de vie avec les revenus du patri- Les indicateurs d’inégalités témoi- bution des niveaux de vie et ampli-
moine tels qu’ils sont déclarés gnent de ce phénomène (figure 3): fient donc les inégalités constatées
dans la déclaration fiscale, un ni- prendre en compte les revenus du ex-ante.
veau de vie avec des revenus du
patrimoine recalés sur la compta-
Figure 3 - Influence de la prise en compte des revenus du patrimoinebilité nationale (les revenus du pa-
sur les indicateurs d'inégalité en 1996trimoine non présents dans la
déclaration ont été estimés écono-
métriquement à partir de l’enquête Hors revenus du Avec revenus du Avec revenus du
Patrimoine (voir Pour en savoir patrimoine patrimoine déclarés patrimoine imputés
Plus, l’étude de C. Lagarenne et J.-P.
Lorgnet). L’année considérée est Gini 0,271 0,273 0,287
l’année 1996, sur laquelle avait été
Theil 0,126 0,130 0,142fait le travail d’imputation écono-
métrique (figure 2).
Champ : ménages ordinaires non compris les ménages dont la personne de référence est étudiante,
dont le revenu déclaré est positif ou nul et le revenu disponible positif.
Avec un concept de niveau de vie
Sources : Insee-DGI, enquêtes revenus fiscaux 1996 et enquête patrimoine 1998 pour les imputations.
incluant les revenus du patrimoine
1Figure 2 - Déciles de niveau de vie en 1996 selon le degré de couverture des revenus du patrimoine
D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7 D8 D9 C95
Sans revenus du patrimoine (1) 563 713 836 945 1 062 1 187 1 346 1 558 1 936 2 324
Avec du déclarés (2) 587 727 841 950 1 065 1 192 1 350 1 569 1 965 2 391
Avec revenus du patrimoine imputés (3) 642 795 923 1 056 1 189 1 348 1 535 1 798 2 295 2 851
Rapport (2)/(1) 1,04 1,02 1,01 1,01 1,00 1,00 1,00 1,01 1,01 1,03 (3)/(1) 1,14 1,12 1,10 1,12 1,12 1,14 1,14 1,15 1,19 1,23
1. En euros constants de 1999, sans arrondi.
Champ : ménages ordinaires non compris les ménages dont la personne de référence est étudiante, dont le revenu déclaré est positif ou nul et le revenu
disponible positif.
Sources : Insee-DGI, enquêtes revenus fiscaux 1996 et enquête patrimoine 1998 pour les imputations.
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En termes d’inégalités, les évolu- moyenne de 3,9 % par an contre (encadré 1), qui est également un
tions ont été concomitantes : el- 2,6 % pour la médiane des ni- indicateur de la concentration
les se sont réduites sur toute la veaux de vie et 1,6 % pour la li- des revenus (figure 6).
période mais plus fortement mite inférieure du dernier
avant 1980. En effet, les plus décile – c’est-à-dire le niveau de
pauvres ont vu leurs revenus vie au delà duquel se situe les Les salariés et chômeurs
s’accroître plus rapidement que 10 % les plus aisés –. Le rapport touchés par la crise
la moyenne. Ainsi, la limite supé- inter-décile, qui mesure le rap-
du début des années
rieure du premier décile de ni- port des niveaux de vie entre les
quatre-vingt-dixveau de vie, c’est-à-dire le niveau 10 % les plus riches et les 10 %
de vie en deçà duquel se situe les plus pauvres, a donc diminué
10 % des ménages, a crû en de même que l’indice de Gini Ce resserrement des inégalités
s’est aussi opéré de manière dif-
férenciée pour les ménages deFigure 4 - Répartition du niveau de vie
retraités et pour les deLimites de déciles du niveau de vie
salariés ou chômeurs.en euros constants de 1999
Chez les retraités, les inégalitésEnsemble des ménages 1970 1975 1979 1984 1990 1997 1999
de niveau de vie se sont rédui-
pMoyenne 760 940 1 070 1 090 1 150 1 200 1 260 tes fortement jusqu’en 1979,
p plus lentement ensuite. CetteLimite supérieure de D1 (a) 290 380 470 520 550 570 610
p baisse des inégalités entre ména-Médiane 640 810 940 960 1 030 1 060 1 110
pLimite inférieure de D10 (b) 1 380 1 630 1 770 1 810 1 870 1 940 2 030 Figure 6 - Évolution des
p inégalités de niveau de vieRapport inter-décile (b)/(a) 4,8 4,3 3,8 3,5 3,4 3,4 3,3
pIndice de Gini 0,34 0,32 0,3 0,29 0,28 0,27 0,27
Note : les revenus du patrimoine sont exclus. Pour l’année 1999, les chiffres sont encore provisoires.
Définition des déciles et de l’indice de Gini : voir encadré 1.
Champ : ménages ordinaires non compris les ménages dont la personne de référence est étudiante,
dont le revenu déclaré est positif ou nul et le revenu disponible positif.
Sources : Insee-DGI, enquêtes « Revenus fiscaux » (voir encadré 5).
Figure 5 - Taux d'évolution moyen par an des limites de déciles
de niveau de vie
en %
Ensemble
1970- 1979- 1984- 1990- 1997-
de la
1979 1984 1990 1997 1999
période
Médiane 5,3 0,5 1,1 0,5 2,2 2,6
Ensemble Limite supérieure de D1 (a) 7,2 2,0 1,0 0,6 3,2 3,9
Limite inférieure de D10 3,2 0,4 0,6 0,5 2,3 1,6
Médiane 4,2 0,6 0,5 0,1 2,0 1,8Salariés
Limite supérieure de D1 (a) 4,9 0,5 0,6 - 0,2 2,7 2,0ou
chômeurs Limite inférieure de D10 2,5 0,6 0,2 0,5 2,1 1,3
Médiane 7,9 1,8 1,9 1,4 2,3 4,8
Retraités Limite supérieure de D1 (a) 8,9 1,2 1,2 1,9 3,6 5,1
Limite inférieure de D10 5,1 0,8 1,1 1,3 2,5 3,0
Note : les revenus du patrimoine sont exclus. Les évolutions 1997-1999 sont encore provisoires. Pour
erles retraités, l'évolution de la limite du 1 décile a été réalisée sur la période 1979-1990 prise dans son
ensemble. Déciles : voir encadré 1.
Champ : ménages ordinaires non compris les ménages dont la personne de référence est étudiante, dont
le revenu déclaré est positif ou nul et le revenu disponible positif.
Sources : Insee-DGI, enquêtes " Revenus fiscaux " (voir encadré 5).
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ges âgés a été favorisée par les entre 1970 et 1984 (figure 7). En retraite à des conditions plus
fortes revalorisations du mini- outre, avec l’arrivée progressive avantageuses que par le passé,
mum vieillesse intervenues à la retraite de personnes ayant puis avec l’arrivée à la retraite
entre 1975 et 1984. Ainsi, en cotisé durant toute leur vie pro- de plus en plus fréquente de
monnaie constante, le premier fessionnelle au système par ré- femmes ayant eu des carrières
décile de niveau de vie a doublé partition et ayant liquidé leur complètes, les revenus des mé-
nages retraités ont fortement
progressé tout au long de la pé-
1 2 riode (+ 4,8 % par an pour laFigure 7 - Évolution du premier décile de revenu
médiane entre 1970 et 1999).
Les montants des pensions per-
çues par les nouvelles généra-
tions de retraités sont également
de moins en moins dispersés.
Le renouvellement des généra-
tions se traduit donc depuis
30 ans par une baisse structu-
relle et régulière des inégalités
de revenus au sein des ménages
de retraités.
Pour les salariés ou chômeurs
ayant déjà travaillé en tant que
salarié, l’évolution des revenus
est toujours moins importante
que celle des retraités. Les reve-
nus déclarés par uc et le niveau
de vie ont progressé sur la pé-
riode 1970-1984, mais après une
relative stabilisation durant la pé-
riode 1984-1990, les déciles les
plus bas ont vu leur revenu dé-
claré en euros constants par uc
diminuer entre 1990 et 1997, tan-
dis que le revenu déclaré aug-
mentait assez fortement pour lesFigure 8 - Déciles de niveau de vie en 1999 et équivalences
déciles les plus hauts (+ 7 %selon la structure du ménage
dans le dernier décile). En ter-
en euros mes de niveau de vie (revenu dis-
ponible par uc), ces évolutions
Équivalence pour le revenu disponible ont été légèrement atténuées, no-
tamment en bas de la distribu-
Niveau Famille
Couple tion, grâce à la montée en chargePersonnede vie monoparentale
du Revenu Minimum d’Insertionseule
0 enfant 1 enfant 2 enfants 1 enfant 2 enfants et des allocations logement. La
reprise économique a permis de
Lim. Sup de D1 610 610 915 1 098 1 281 793 976
redresser la situation : depuis
Médiane 1 110 1 110 1 665 1 998 2 331 1 443 1 776
1997, le niveau de vie a progressé
Lim. Inf. de D10 2 030 2030 3 045 3 654 4 263 2 639 3 248
pour tous les déciles et notam-
Note : tous les enfants ont ici moins de 14 ans. ment pour les plus modestes
Lire ainsi : le revenu disponible correspondant aux limites de décile est différent selon la composition er(+2,7 % pour la limite du 1 dé-
familiale ; ainsi 10 % des ménages ont un niveau de vie inférieur à 610 euros en 1999 : ce niveau de vie
cile). Néanmoins, les inégalités
correspond à un revenu disponible de 610 euros pour une personne vivant seul, de 1 098 euros pour un
ont progressé dans les annéescouple avec un enfant (610 x 1,8 uc = 1098) et de 976 euros pour une famille monoparentale avec
2 enfants (1,6 uc). quatre-vingt-dix au sein des mé-
Sources : Insee-DGI, enquêtes « Revenus fiscaux » (voir encadré 5). nages de salariés ou chômeurs.
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identique, un couple avec deux sonne inactive. Et de manièreTrois déterminants
enfants entre 6 et 14 ans aura, en corrélative, l’augmentation dumajeurs influencent le
théorie, un niveau de vie de nombre de personnes occupant
niveau de vie des ménages
570 euros/uc si ses revenus sala- un emploi dans le ménage, lié au
riaux équivalentà«1 Smic », de choix d’activité féminine et à
Le niveau de vie médian, qui est 860 euros/uc s’il perçoit l’équiva- l’absence de situation de chô-
en 1999, de 1 110 euros/uc cor- lent de«2Smic»etde1170 eu- mage, induit une forte progres-
respond à un revenu disponible ros/uc pour « 3 Smic ». Ainsi, sion du niveau de vie. À titre
de 1 665 euros par mois pour un avec deux personnes gagnant le d’exemple, un couple composé
couple sans enfant et de 2 331 eu- Smic, ce couple a un niveau de d’un employé et d’un chômeur a
eros par mois pour un couple avec vie proche du 3 décile (figure 9). un niveau de vie médian de
edeux enfants de moins de 14 ans Le niveau de vie d’un salarié 960 euros/uc (4 décile) contre
e(figure 8). À un même niveau de payé au Smic dépend donc for- 1 250 (frontière des 6 et
evie peuvent donc être associés tement du nombre de personnes 7 déciles) lorsque les deux mem-
des revenus très différents selon qui travaillent dans le ménage. bres du couple sont employés.
la composition familiale. Pour les employés et ouvriers,
Le niveau de vie du ménage ré- l’accès à un deuxième emploi per-
Deux personnes percevant un sulte donc de la conjugaison de met souvent au ménage de dé-
même salaire pourront égale- trois déterminants : la structure passer le niveau de vie médian
ment avoir un niveau de vie très familiale du ménage (personne et de figurer dans la moitié la
variable selon le nombre de per- seule, couple, famille monopa- plus aisée de la population. Ce-
sonnes qui travaillent dans le rentale et nombre d’enfants), le pendant, cette approche moné-
ménage. À structure familiale nombre de personnes apporteu- taire a ses limites car elle ne
ses de ressources dans le mé- permet pas de valoriser la pro-
nage (personnes en emploi ou duction domestique des femmes
Figure 9 - Niveau de vie
percevant des revenus de rem- inactives et les soins apportés
théorique d'un couple avec
placement) et la position pro- aux enfants. L’écart entre lesdeux enfants entre 6 et 14 ans
fessionnelle de ses membres couples mono-actifs et les cou-
(activité, trajectoire d’emploi, ples bi-actifs serait beaucoup
qualification). moins important si ce travail do-
mestique était pris en compte.
L’emploi est le premier La qualification de l’emploi est
un facteur complémentaire dedéterminant du niveau
l’élévation du niveau de vie : lade vie des ménages
plupart des couples de deux ca-
non retraités
dres en emploi figurent ainsi
dans les 10 % les plus aisés.
Quelle que soit la structure fami-
liale, l’existence d’au moins un La composition du ménage in-
emploi dans le ménage assure tervient ensuite. À catégorie so-
un meilleur niveau de vie (fi- ciale équivalente, les familles
gure 10). Ainsi, les couples dont monoparentales s’avèrent plus
les deux membres sont au chô- pénalisées. Ainsi, les familles
mage ont un niveau de vie mé- dont le membre
edian les plaçant dans le 2 décile actif exerce une profession inter-
de la distribution des niveaux de médiaire ont un revenu médian
e evie. Dès que l’un des deux à la frontière des 6 et 7 déciles,
conjoints occupe un emploi, et alors que les professions inter-
quelle que soit la qualification médiaires vivant seules se pla-
de celui-ci, le niveau de vie mé- cent en médiane dans le haut du
edian s’améliore : il se situe à la 7 décile et que les couples dont
e elimite du 2 et du 3 décile pour les deux membres exercent une
les ménages composés d’un ou- profession intermédiaire attei-
evrier non qualifié et d’une per- gnent le 8 décile.
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Néanmoins, même après avoir rieur à la médiane. Plusieurs cas de famille monoparentale,
tenu compte des effets de la phénomènes peuvent expliquer la pension alimentaire versée
composition familiale, de l’em- cette hétérogénéité des niveaux peut être plus ou moins forte).
ploi et de la catégorie sociopro- de vie à structure familiale,
fessionnelle, il subsiste encore nombre d’emplois et qualifica-
une grande hétérogénéité dans tion donnés : des trajectoires Quel est le niveau de vie
les niveaux de vie des ménages. d’emploi différentes dans l’année d’un salarié payé
À titre d’exemple, la moitié des (emploi toute l’année ou alter-
au Smic ?
familles monoparentales dans nance de périodes travaillées et
lesquelles l’adulte est employé de périodes chômées), l’existence
ont un niveau de vie compris d’une activité à temps partiel, Le niveau de vie correspondant
e eentre le 2 et le 5 décile. Mais des taux de salaires horaires dif- à un salaire de l’ordre du Smic
un quart d’entre elles ont un ni- férents et des revenus autres que est très différent selon la situa-
eveau de vie inférieur au 2 décile salariaux – hors revenus du pa- tion familiale. Avant tout, il
et une même proportion béné- trimoine – plus ou moins im- faut rappeler que le Smic est
ficie d’un niveau de vie supé- portants (en particulier dans le un salaire individuel alors que
Figure 10 - Niveaux de vie selon la situation familiale et professionnelle en 1999
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le niveau de vie est une carac- tir de situations types (enca- ménage touchant « au total un
téristique du ménage. Nous dré 4). On considérera donc, seul salaire annuel équivalent à
avons mené une analyse à par- dans les cas-types suivants, un un Smic à temps plein » et ne
Encadré 4
Calcul des cas-types de niveau de vie d’un smicard
Les résultats présentés s’appuient Le complément familial (CF) :il le premier cas (familles monopa-
sur des cas-types. On suppose en est attribué chaque mois aux ména- rentales).
particulier que le ménage ne per- ges ou personnes qui ont la charge
çoit pas d’autres revenus que ses d’au moins 3 enfants de plus de trois L’allocation pour jeune enfant
revenus salariaux auxquels s’ajou- ans, et qui satisfont aux conditions (APJE) : il existe deux types
tent ensuite les prestations. de ressource applicables en matière d’APJE, celle qui rentre dans les
d’APJE. Il existe une possibilité de calculs des cas-types étudiés ici est
Les principales prestations fami- cumul avec l’APJE, mais unique- l’APJE dite « longue » ; elle est at-
liales reprises dans les simulations ment pendant la période de gros- tribuée par enfant à compter du
présentées font référence au ba- sesse, par contre APE et CF ne premier jour du mois civil qui suit
er
rème en vigueur au 1 jan- peuvent être cumulés. C’est une allo- celui des trois mois de l’enfant jus-
vier 1999. Toutes les allocations cation différentielle de 136 euros. qu’à ses trois ans. C’est une alloca-
qui suivent sont soumises à un tion différentielle de 150 euros par
prélèvement de 0,5 % au titre de la L’allocation parentale d’éduca- mois lorsqu’elle est à taux plein.
CRDS. Les montants qui ont été tion (APE) : elle est versée dès l’ar- Elle est attribuée sous condition
considérés sont ici des montants rivée du deuxième enfant, à celui de ressources. Il existe aussi une
nets de CRDS. des deux parents qui n’exerce pas APJE courte versée entre le cin-
d’activité rémunérée, à condition quième mois de grossesse et les
Les allocations familiales (AF) : qu’une activité professionnelle d’au trois mois de l’enfant. Une APE et
elles sont attribuées selon une pé- moins deux années consécutives ait une APJE ne se cumulent pas.
riodicité mensuelle, à toutes les été exercée moins de cinq ans avant
familles d’au moins deux enfants. l’arrivée de cet enfant (délai porté à L’allocation de rentrée scolaire
Cependant, les enfants ouvrant dix ans dès l’arrivée du troisième en- (ARS) : elle est attribuée annuelle-
droit à ces allocations doivent fant). Cette allocation est versée jus- ment, chaque fois qu’un enfant
remplir certaines conditions : ils qu’aux trois ans de l’enfant (six ans scolarisé atteint l’âge de 6 ans
er
doivent être scolarisés et avoir dès qu’il y a des naissances multi- avant le 1 février de l’année qui
moins de 16 ans, ou avoir moins ples). Elle est de 464 euros par mois suit celle de la rentrée scolaire.
de 20 ans et être inactifs, ou ne lorsque l’ayant droit ne travaille pas. Elle continue d’être perçue pour
pas percevoir une rémunération L’exercice d’une activité à temps chaque rentrée tant que l’enfant
de plus de 55 % d’un Smic à partiel n’exclut pas du système APE, n’a pas atteint l’âge de 18 ans révo-
temps plein. Ils continuent d’être mais le montant varie : il diminue à lus au 15 septembre de l’année
pris en compte par le barème et ce mesure que le taux d’activité croît. considérée. Cette allocation est at-
jusqu’à l’âge de vingt-deux ans, Aucune condition de ressources tribuée sous condition de ressour-
s’ils poursuivent des études, s’ils n’est requise. ces. Son montant est de 20 euros
sont en apprentissage, en forma- par mois.
tion, ou sont infirmes. Le montant L’allocation de soutien fami-
des allocations familiales aug- liale (ASF) : elle prend le relais de Les allocations de logement à
mente à mesure que croît le l’obligation d’entretien qu’ont les pa- caractère familial et social
nombre d’enfants et aucune rents à l’égard de leurs enfants, (l’ALS et l’ALF) : l’ALF au même
condition de ressources n’est re- chaque fois que celle-ci est défail- titre que l’ALS finance une partie
quise. Il est attribué dans les fa- lante. Il peut s’agir du non-paiement des loyers ou des emprunts con-
milles de trois enfants ou plus, d’une pension alimentaire mise à la tractés pour l’acquisition de la ré-
une majoration pour âge,pour charge de l’un ou l’autre des parents sidence principale de l’allocataire.
chaque enfant de 11 ans ou plus. par décision de justice ou d’une si- Elle est destinée à aider les famil-
Son montant est quasiment dou- tuation de précarité qui rend impos- les et les jeunes couples mariés
blé dès le seizième anniversaire de sible le respect de cette obligation. depuis peu de temps. L’ALS prend
l’enfant qui ouvre droit à ce com- Elle est aussi attribuée pour chaque le relais, chaque fois que le bénéfi-
plément d’allocation. À titre d’in- enfant orphelin de père et/ou de ciaire ne remplit pas les conditions
formation, trois enfants donnent mère, ou encore aux enfants dont la requises par l’ALF. Le montant de
droit à un montant d’allocations filiation, n’est pas connue à l’égard ces deux allocations varie avec la
mensuel de 238 euros, si l’un des de l’un et/ou l’autre des parents. situation familiale de l’allocataire,
trois enfants a plus de onze, mais le montant de ses ressources et/ou
moins de seize ans, alors le mon- Le montant de l’allocation diffère de celles des personnes vivant dans
tant d’allocation sera complété selon que seul l’un des deux pa- le même foyer, le montant de son
par la majoration pour âge de rents, ou les deux, sont défaillants ; loyer versé ou celui des rembour-
29 euros. elle est de 72 euros par enfant dans sements d’emprunt qu’il effectue.
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erbénéficiant d’aucun autre reve- Si le ménage au Smic a des en- plaçant dans le 1 décile. Avec
nu imposable (ni revenus du fants, les revenus salariaux seront un troisième enfant, de nouvel-
patrimoine, ni primes, ni reve- complétés par des prestations fa- les allocations comme le com-
nus de remplacement, etc.). miliales plus ou moins généreu- plément familial sont perçues et
ses selon le nombre d’enfants et élèvent le niveau de vie au-des-
erDans ces simulations, les ména- leur âge. Dans un premier temps, sus du 1 décile. Cependant, les
ges sont supposés être locataires on suppose que les enfants ont ménages en couple peuvent aus-
ou accédant à leur logement et entre 6 et 14 ans. Avec un seul si cumuler deux emplois et donc
toucher une allocation de loge- salarié au Smic dans le ménage, deux salaires au Smic et dépas-
ement familiale (ALF) ou sociale les niveaux de vie les plus faibles ser alors souvent le 3 décile.
(ALS) à taux plein en région pa- se rencontrent chez les ménages
risienne. Si le ménage était pro- en couple : ceux qui ont moins Les familles monoparentales vi-
priétaire, son revenu monétaire de deux enfants ne perçoivent vant avec un Smic apparaissent
serait certes plus faible, mais il que relativement peu de presta- relativement plus aisées que les
n’aurait pas à supporter la tions et ont un niveau de vie les couples avec un Smic pour deux
charge financière d’un loyer.
Figure 11 - Niveau de vie théorique d'un ménage avec 1 ou 2
Le niveau de vie s’avère forte- Smic en 1999
ment influencé par la structure
familiale. L’effet de la famille
transite via deux canaux : tout
d’abord la taille du ménage
aboutit à un nombre d’unités de
consommation qui influence
mécaniquement le niveau de
vie ; d’autre part, le système de
prestations (familiales, loge-
ment) complète différemment le
revenu selon la composition de
la famille (encadré 4). Ainsi, un
ménage ne percevant comme re-
venus qu’un salaire équivalent à
un Smic aura un niveau de vie
pouvant varier du simple au
double.
Si le ménage est composé d’une
personne vivant seule, le Smic
sera complété par une petite al-
location logement et après paie-
ment de l’impôt sur le revenu et
de la taxe d’habitation, il lui res-
tera en théorie environ 840 eu-
ros par mois pour payer son
logement et couvrir ses autres
dépenses. Il sera alors dans le
e3 décile de la distribution (fi-
gure 11), si l’on suppose que la
distribution des niveaux de vie,
telle qu’elle est observée dans
l’enquête Revenus Fiscaux en
1999, est bien conforme à la réa-
lité et qu’il n’y a pas, en particu-
lier, de sous-déclaration fiscale
systématique.
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