Le potentiel de main d'oeuvre à l'horizon 2015 : le Languedoc-Roussillon se démarquerait.

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Si les tendances observées dans la décennie 90 sur les taux d'activité et les migrations se poursuivent, le nombre d'actifs du Languedoc-Roussillon continuerait d'augmenter chaque année dans les 10 ans à venir. Sous ces conditions, à l'horizon 2015, le rythme régional de croissance de la population active serait le plus élevé de France. Contrairement à la grande majorité des régions françaises et à la moyenne nationale, le départ à la retraite des générations du baby-boom n'induirait pas en 2007 dans notre région une baisse de la population active mais seulement un ralentissement de son taux de croissance. Les arrivées nombreuses de population des autres régions françaises à chaque âge compenseraient en effet largement le phénomène des sorties massives de fin de vie active. La population active augmenterait cependant moins rapidement que l'ensemble de la population régionale. De plus, elle vieillirait et le décalage ainsi créé modifierait l'équilibre entre actifs et inactifs.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Octobre 2005N° 7 -
LE POTENTIEL DE MAIN D’ŒUVRE À L’HORIZON 2015
LE LANGUEDOC-ROUSSILLON SE DÉMARQUERAIT
Françoise Auzeby-Le Roy
Si les tendances observées dans la décennie 90 sur les taux d'activité et les migrations se poursuivent, le
nombre d'actifs du Languedoc-Roussillon continuerait d'augmenter chaque année dans les 10 ans à venir.
Sous ces conditions, à l'horizon 2015, le rythme régional de croissance de la population active serait le plus
élevé de France.
Contrairement à la grande majorité des régions françaises et à la moyenne nationale, le départ à la retraite
des générations du baby-boom n'induirait pas en 2007 dans notre région une baisse de la population active
mais seulement un ralentissement de son taux de croissance. Les arrivées nombreuses de population des
autres régions françaises à chaque âge compenseraient en effet largement le phénomène des sorties mas-
sives de fin de vie active.
La population active augmenterait cependant
Evolution de la population active en Languedoc-Roussillon
moins rapidement que l'ensemble de la population selon le scénario tendanciel
régionale. De plus, elle vieillirait et le décalage ainsi
130 Unité : indice base 100 en 1990
créé modifierait l'équilibre entre actifs et inactifs.
125
Languedoc-Roussillon
120Le rythme de croissance de la population
115active serait le plus élevé de France
110
En 1999, lors du dernier recensement général de la popula-
105tion, la région Languedoc-Roussillon comptait environ
France
100957000 personnes actives, c’est à dire des personnes tra-
vaillant ou à la recherche d’un emploi. Cette population acti- 95
ve avait augmenté de 10,3 % entre 1990 et 1999 (voir 19951990 2000 2005 2010 2015
Source : Insee - Omphale encadré page suivante).
En prolongeant les dernières tendances connues en matiè-
re de natalité, de migrations et de comportements d’activi- Les projections de population active dans le modèle Omphale :
té (progression des taux d’activité féminins et quasi stabili- les hypothèses du scénario tendanciel
té des taux masculins), la population active de la région Le modèle de projection des actifs (Omphale) travaille en deux temps :
pourrait atteindre 1079000 personnes en 2015. Attention, - on projette d'abord la population totale connue en 1999 d'une zone en fai-
il ne s’agit pas là d’un nombre d’emplois attendus mais d’un sant naître, vieillir, migrer et mourir la population par application de quo-
niveau de ressources en main d’oeuvre dont pourrait dispo- tients de fécondité,de décés et de migration.
ser la région dans les années à venir. - ensuite, on applique à la population totale projettée des taux d'activité par
sexe et âge pour chaque année afin d'obtenir une projection de population
active. Malgré les départs massifs à la retraite des premières géné-
Les hypothèses du scénario tendancielrations issues du baby-boom qui interviendront dès 2007, la
Maintien du taux de fécondité au niveau de celui observé en 1999population active régionale devrait donc croître chaque
Baisse de la mortalité au même rythme que la tendance constatée enannée d’ici 2015. Au total, entre 1999 et 2015, elle aug-
France métropolitaine entre 1990 et 1999menterait de 12,7 % alors que sous les mêmes hypothèses
Les comportements migratoires moyens observés entre 1990 et 1999 au
le potentiel de main d’œuvre de la France métropolitaine
niveau de la zone sont reconduits sur la période de projection
n’augmenterait sur la même période que de 2,3 %. Les taux d'activité par âge et sexe observés en 1999 évoluent selon les
tendances d’évolution observées au niveau national : progression du tauxChaque année, le Languedoc-Roussillon devrait compter en
d'activité des femmes et stabilité de celui des hommes. moyenne 7600 actifs supplémentaires soit une évolution
moyenne de 0,7 % l'an. Le rythme global resterait ainsi très Les projections présentées dans cette étude ne prennent pas en
compte les résultats des enquêtes de recensement réalisées annuel-
lement à partir de 2004. L’INSEE élaborera en 2006 de nouvelles pro-
Cette synthèse est issue d’un partenariat d’étude entre l'INSEE et la
jections démographiques, nationales et régionales, pour prendre en
Direction Régionale du Travail de l'Emploi et de la Formation
compte ces résultats.Professionnelle.soutenu, même s'il marque un ralentissement par rapport à Population active du Languedoc-Roussillon
la période passée (1,1 % l'an dans la décennie 90). Ce en 2000 et 2015 selon le scénario tendanciel
serait le plus élevé de toutes les régions de France, loin
75 ansdevant les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Alsace.
Hommes en 1999 Femmes en 1999
Toutefois une augmentation de la population active moins
Hommes en 2015 Femmes en 201565 ans
forte que par le passé ne signifie pas forcément une déten-
te sur le marché du travail. 55 ans
45 ansSeulement un ralentissement en 2007
35 ansAlors qu'en France métropolitaine, la population active
devrait commencer à diminuer dès 2007 avec les premiers
25ansdéparts en retraite des générations du baby-boom, ce
retournement ne devrait pas avoir lieu dans la région si les
15 ans
tendances démographiques se poursuivent comme par le 20 000 15 000 10 000 5 000 0 5 000 10 000 15 000 20 000
Source : Insee - Omphale passé. La croissance devrait même être continue jusqu'en Unité : nombre d’actifs
2030.
Au cours de l'année 2000, 23500 jeunes de 15 à 24 ans
Le Languedoc-Roussillon serait ainsi une des rares régions
entraient dans la vie active et ils seraient encore 23800 en
de France métropolitaine à ne pas être marquée par une
2015. Dans le même temps, le nombre d'actifs de plus de
baisse de son potentiel en main d'œuvre à compter de
55 ans quittant le monde du travail devrait s'accroître avec
2007; la région enregistrerait uniquement à cette date un
les départs à la retraite de générations plus nombreuses:
ralentissement de la croissance de sa population active. Le
environ 16000 au début des années 2000, ils pourraient
rythme de progression, de 0,7 % par an en moyenne sur
atteindre 26000 en 2015.
l'ensemble de la période 1999-2015, serait en effet moins
élevé en fin de période (0,4 % par an après 2007) après Ainsi, le solde des entrées - sorties entre début et fin de vie
avoir été beaucoup plus soutenu en début de période active, largement positif en début de période devrait deve-
nir négatif dès 2008. Ce déficit devrait s'accentuer jusqu'en(1,5 % par an avant 2007).
2015, ce qui explique le ralentissement de la croissance de
Cette absence de retournement en 2007 créerait un décala-
la population active en fin de période.
ge important entre notre région et le niveau national: la
croissance moyenne du potentiel de main d'œuvre entre
Entrées et sorties du marché du travail 2000 et 2015 dans la région serait 5 fois supérieure à celle
entre 2000 et 2015 en Languedoc-Roussillon du niveau national.
selon le scénario tendanciel
Unité : nombre d’actifsUn difficile remplacement
35 000
des départs à la retraite
Sorties à 55 ans ou plus
30 000
A l'horizon 2015, dans la plupart des régions, les entrées
nettes des jeunes sur le marché du travail devraient dimi-
25 000
nuer et ne plus permettre de compenser les départs à la
retraite des personnes de plus de 55 ans. A l'inverse de ces
20 000
régions, le Languedoc-Roussillon devrait maintenir ses res-
Arrivées entre 15 et 24 ans
sources en main d'œuvre de jeunes. Les apports migratoi-
15 000
res positifs pour cette tranche d'âge permettraient, en effet,
de contrecarrer la moindre croissance démographique du 10 000
fait de la baisse de la fécondité depuis les années 1970. 2005 20252000 2010 2015 2020 2030
Source : Insee - Omphale
L'évolution de la population active durant la décennie 1990
En 1999, lors du dernier recensement général de la population, la région Languedoc-Roussillon comptait environ 957000 actifs (per-
sonnes qui travaillent ou qui recherchent un emploi). Cette population active a augmenté de 10,3 % entre 1990 et 1999, avec une
progression de 17,9 % pour les femmes et de 4,5 % pour les hommes.
La ressource globale en main d'œuvre dans la région a donc progressé de 1,1 % en moyenne annuelle au cours de la décennie 90,
soit à un rythme deux fois plus rapide que celui enregistré en France métropolitaine. Sur les 89000 actifs supplémentaires, les trois
quarts étaient des femmes. La hausse sensible de la participation des femmes au marché du travail résulte de deux facteurs: d'une
part, d'un effet démographique essentiellement lié aux migrations (60 %) et, d'autre part, de l'évolution des comportements d'activi-
té féminins (40 %).
Les taux d'activité féminins, très en dessous du niveau national en 1990, ont marqué un important rattrapage dans la région durant
la décennie 90, même s'ils restent encore inférieurs aux taux nationaux (cf. Repères Synthèse n° 5 - mars 2001: " Forte augmenta-
tion de l'activité féminine en Languedoc-Roussillon "). Les femmes ont accru leur participation au marché du travail: leur taux d'acti-
vité entre 25 et 55 ans, c'est à dire la part des femmes actives parmi l'ensemble des femmes, est passé de 69,7 % à 76,7 % en 9
ans. Dans le même temps, les hommes sont devenus moins présents, notamment au-delà de 60 ans.
Pour les hommes, comme pour les femmes, la période passée à travailler ou à rechercher un emploi durant le cycle de vie s'est rédui-
te: l'arrivée sur le marché du travail a lieu plus tardivement du fait de la prolongation de la scolarité et la sortie est plus précoce du
fait de l'avancement de l'âge de la retraite sur cette période.
2 Le potentiel de main d’œuvre - Le Languedoc-Roussillon se démarquerait © INSEE 2005Les composantes de l'augmentation de la population active
La forte croissance de la population active est due à la institutionnel inchangé. Les projections réalisées avant le
conjugaison de plusieurs facteurs: d'une part, un facteur vote de la loi Fillon sur les retraites ne tiennent donc pas
démographique composé lui-même d'un effet de remplace- compte des changements de comportements que la réfor-
ment des générations et d'un effet purement migratoire et, me ne manquera pas d'induire. Toutefois, des hypothèses
d'autre part, du comportement de participation des indivi- d'augmentation des taux d'activité en fin de vie active sont
dus au marché du travail (meusuré par les taux d’activité), présentées en fin de document (voir encadré page 5).
notamment des femmes et des personnes en fin de vie acti-
ve. Les composantes de l’évolution
de la population active en Languedoc-Roussillon
à l’horizon 2030 selon le scénario tendancielDes effets démographiques
Unité : taux annuel de croissance de la population active en %prépondérants 1,60
1,40En Languedoc-Roussillon, le facteur démographique (effet Variation annuelle
1,20génération et effet migratoire) expliquerait à lui seul une
dont Effet démographique
1,00augmentation annuelle moyenne de 5600 actifs sur les
Effet taux d’activité0,807200 prévus. Ainsi, la croissance de la population active
0,60résulterait pour une très large part du dynamisme démo-
0,40graphique de la région qui contribuerait pour près de 80 %
à la croissance du potentiel de main d'œuvre régional dans 0,20
0les quinze années à venir.
2005 2010 2015 2020 20252000 2030Plus que le simple renouvellement des générations, c'est le
jeu des arrivées nettes de population, en provenance d'au- Source : Insee - Omphale
tres régions ou de l'étranger, très importantes à tous les
âges dans notre région, qui participe le plus à la poursuite Globalement, selon le scénario tendanciel, pour la popula-
de la croissance du potentiel de main d'œuvre. tion régionale de 20 à 59 ans, les taux moyens d'activité
devraient peu varier et rester autour de 78 %; la montée
de l'activité féminine (de 70,6 % en 2000 à 73,3 % enDes comportements d'activité
2015) compensant la baisse de l'activité masculine (deinfluant peu
85,7 % à 83,4 %).
L'évolution de la population active dépend également de l'é-
Quel que soit le sexe, seul les taux d'activité des très jeu-
volution des comportements de participation au marché du
nes (moins de 20 ans) devrait continuer à légèrement
travail des hommes et des femmes à chaque âge, compor-
décroître sur la période (de 14,8 % à 13,9 %). A contrario,
tements appréhendés par les taux d’activité.
la baisse du taux d'activité des jeunes de 20 à 24 ans, due
à la prolongation des études, observée sur la décennie 90,Par le seul jeu de l'augmentation tendancielle des taux d'ac-
devrait globalement cesser et les taux d'activité se stabilisertivité observés sur la période passée, notamment pour les
autour de 58 % pour cette tranche d'âge. On assisterait enfemmes et en fin de vie active, le réservoir de main d'œu-
fait pour les jeunes à une compensation entre hausse desvre disponible dans la région n'augmenterait en moyenne
taux des jeunes filles et baisse des taux des jeunes garçons.que de 1600 actifs par an sur les 7200 prévus, soit une
contribution de 20 % seulement à la croissance.
Les plus fortes progressions de taux d'activité seraient enre-
gistrées pour les tranches d'âge comprises entre 50 et 59Sous l'hypothèse tendancielle, la projection suppose que les
ans, sous l'influence d'une plus forte participation au mar-principales tendances observées dans le passé se prolon-
ché du travail des femmes de cette génération.gent et se stabilisent, dans un contexte conjoncturel et
Les composantes de l'évolution de la population activeLa population active en Languedoc-Roussillon
entre 2000 et 2015 en Languedoc-Roussillon selon le scénario tendanciel
selon le scénario tendanciel
Nombre d'actifs Nombre d'actifs
Nombre d'actifsen 2000 en 2015 Taux annuel moyen
supplémentaires
Moins de 30 ans 231 700 246 200 d'augmentation
par an
dont moins de 25 ans 103 800 114 300
Effet taux d'activité 1 600 0,16
30 à 49 ans 549 900 571 400
Effet démographique 5 600 0,55
50 ans et plus 189 700 261 100
Total 7 200 0,71
dont 55 ans et plus 69 200 114 800
Source : Insee - Omphale - Recensements
60 ans et plus 12 300 19 800
Total 971 300 1 078 700
Hommes 524 700 560 200
Femmes 446 600 518 500
Part des moins de 30 ans 23,9 22,8
Part des 50 ans ou plus 19,5 24,2
Part des femmes 46,0 48,1
Source : Insee - Omphale - Recensements
© INSEE 2005 Le potentiel de main d’œuvre - Le Languedoc-Roussillon se démarquerait 3Vieillissement et féminisation de la population active
Plus que le nombre, ce sont les caractéristiques des actifs qui Ainsi, on assisterait à un vieillissement marqué de la main
risquent d'être fortement modifiées dans les années à venir. En d'œuvre disponible dans les quinze ans à venir, la part des
effet, la croissance du réservoir de main d'œuvre ne serait pas 50 ans et plus passant de 19,5 % en 2000 à 24,2 % en
identique à tous les âges ni pour les deux sexes. 2015. C'est le nombre d'actifs de plus de 55 ans qui aug-
menterait le plus: + 66 % en 15 ans dans la région.
L'activité féminine
Les taux d’activité selon l’âge et le sexecontinuerait d'augmenter en Languedoc-Roussillon selon le scénario tendanciel
Unité : taux d’activité en %La hausse globale de la population active de 12,7 % entre 1999 100
et 2015 masque en fait des différences importantes selon le 90
sexe. En effet, alors que le réservoir de main d'œuvre masculin 80
s'accroîtrait de 8,1 %, il augmenterait deux fois plus rapidement 70
pour les femmes: +18,1 % en 16 ans. 60
Hommes en 199950
Ainsi, la part des femmes dans la population active passerait de
40 Hommes en 2015
45,8 % en 1999 à 48 % en 2015, si l'on prolonge de façon ten-
30
dancielle la hausse des taux d'activité observés pendant la Femmes en 199920
décennie 90. Témoins d'une modification des comportements Femmes en 2015
10
des femmes par rapport au marché du travail, les taux d'activi-
0
té féminins continueraient d'augmenter à tous les âges, mais la
15 ans 25 ans 35 ans 45 ans 55 ans 65 ans 75 ans
hausse serait surtout sensible entre 45 et 59 ans.
Source : Insee - Omphale
Un actif sur quatre Un problème d'équilibre?
aurait plus de 50 ans en 2015 La question se pose alors de savoir si la nouvelle structure de
ces actifs (par âge, sexe et qualification) sera adaptée à la struc-
En comparant les pyramides des âges de la population acti-
ture des emplois offerts en nombre et surtout en compétences
ve aux deux dates 1999 et 2015 (cf. page 2), on constate
requises.
que:
Au-delà de ce problème d'adéquation entre main d'œuvre et
Parmi les moins de 30 ans, le potentiel de main d'œuvre
emploi, la société devra faire face à un problème plus général
resterait stable, tant pour les hommes que pour les fem-
d'équilibre entre population active et inactive (cf. pyramides ci-
mes.
dessous). En effet, dans les quinze années à venir, un nouveau
partage de la population entre actifs et inactifs va se dessiner: Entre 30 et 40 ans, le potentiel de main d’oeuvre mascu-
la population active augmentant deux fois moins vite que laline baisserait légèrement, alors que le potentiel féminin
population inactive et notamment celle des personnes âgées.resterait inchangé.
Au-delà de 40 ans, le potentiel de main d'œuvre des hom- On peut donc légitimement penser que ces transformations
mes et des femmes augmenterait, en lien avec l’augmenta- démographiques vont être à l'origine de profondes évolutions en
tion générale de la population pour ces tranches d'âge terme d'emplois offerts. Embauchera-t-on dans la prochaine
(imputable notamment au dynamisme démographique très décennie sur les même métiers, au même niveau de qualifica-
marqué de la région). Cette croissance de potentiel de main tion, en nombre égal?
d'œuvre chez les plus de 40 ans serait beaucoup plus sen-
sible pour les femmes que pour les hommes où elle se
conjuguerait à la poursuite du rattrapage sur les taux d'ac-
tivité.
Population totale et population active du Languedoc-Roussillon selon le scénario tendanciel
2015 Unité : nombre de personnes1999
100 ans
90 ans
FemmesHommes Hommes Femmes80 ans
70 ans
60 ans
50 ans
40 ans Population activePopulation active
30 ans
20 ans
10 ans
20 000 15 000 020 000 15 000 10 000 5 000 0 5 000 10 000 15 000 20 000 10 000 5 000 5 000 10 000 15 000 20 000
Source : Insee - Omphale
4 Le potentiel de main d’œuvre - Le Languedoc-Roussillon se démarquerait © INSEE 2005D’autres scénarios possibles
Différents scénarios basés sur la remontée des taux d'activité Scénario B: Forte progression de l'activité féminine
ont été testés afin d'en mesurer les effets sur le volume de main avec une montée du taux d’activité des languedo-
d'œuvre potentielle; les hypothèses d’évolution de la population ciennes au niveau de celui des franciliennes
totale restant, pour leur part, inchangées.
En Languedoc-Roussillon, les taux d'activité féminins ont beau-
Variante A: Augmentation de l'activité des seniors coup progressé au cours des 25 dernières années, mais ils res-
avec une montée progressive des taux d’activité des tent encore inférieurs à ceux constatés dans de nombreuses
55-59 ans au niveau de ceux de 50-54 ans. régions françaises, notamment en Ile-de-France.
Un scénario supposant la montée des taux d'activité féminins auLe taux d'activité des 55-59 ans est, dans la région, inférieur au
niveau de ceux de l'Ile-de-France à l'horizon 2015 a donc ététaux moyen national, lui-même particulièrement faible par rap-
testé. Sous cette hypothèse, le potentiel de main-d'œuvre dispo-port au reste de l'Europe. Ainsi, on peut tester une hypothèse de
nible en Languedoc-Roussillon augmenterait de 130000 actifsremontée des taux d'activité des 55-59 ans à l'horizon 2015 au
dans la région en 15 ans, soit + 8 700 actifs par an en moyen-niveau de ceux des 50-54 ans; hypothèse d'actualité dans un
ne, contre + 7200 sous le scénario tendanciel. Cette évolutioncontexte d'allongement de la durée des cotisations nécessaire
correspond à un taux annuel de progression de 0,9 % par anpour bénéficier d'une retraite à taux plein, mais supposant éga-
(0,7 % dans le scénario tendanciel)lement une modification du dispositif des pré-retraites.
Cette variante aurait bien sûr pour effet de restreindre les sor-
ties du marché du travail: 1100 sorties annuelles de moins par Evolution de la structure par âge
de la population active du Languedoc-Roussillonrapport au scénario tendanciel.
selon les trois scénarios
Sous cette hypothèse, le potentiel de main-d'œuvre disponible
Part des actifs de moins de 30 ansen Languedoc-Roussillon augmenterait de 141000 actifs dans la
Unité : %
30région en 15 ans, soit + 9400 actifs par an en moyenne, con-
Scénario variante Atre + 7200 sous le scénario tendanciel. Cette évolution cor-
Scénario variante Brespondrait à un taux annuel moyen de progression de 0,9 %
Scénario tendanciel Métropole (tendanciel)par an (0,7 % dans le scénario tendanciel).
25
20Evolution de la part des femmes
20302000 2005 2010 2015 2020 2025dans la population active du Languedoc-Roussillon
selon les trois scénarios
Part des actifs de 50 ans ou plus
Unité : %Unité : %
50 30
Scénario variante A
Scénario variante B49
25Scénario tendanciel
48
20
47
Métropole (tendanciel)
Métropole (tendanciel)
15
46
2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
Source : Insee - Omphale45
2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030
Source : Insee - Omphale Evolution de la population active en Languedoc-Roussillon
à l'horizon 2015 selon les trois scénarios
Scénario tendanciel Variante A Variante B
Evolution du nombre d’actifs en Languedoc-Roussillon 2000 2015 2000 2015 2000 2015
selon les trois scénarios Moins de 30 ans 231 700 246 200 231 700 246 200 231 900 250 500
dont moins de 25 ans 103 800 114 300 103 800 114 300 103 800 114 300Unité : indice base 100 en 1999120
30 à 49 ans 549 900 571 400 549 900 571 300 551 300 591 300
Variante A : + 141 000 actifs en 15 ans 50 ans et plus 189 700 261 100 191 200 296 200 189 700 261 100
116
dont 55 ans et plus 69 200 114 800 70 500 146 300 69 200 114 800
Variante B : + 130 000 actifs en 15 ans 60 ans et plus 12 300 19 800 12 300 19 800 12 300 19 800
112
Total 971 300 1 078 700 972 800 1 113 700 972 900 1 102 900
Hommes 524 700 560 200 525 400 575 900 524 700 560 200108 Scénario tendanciel :
+ 107 400 actifs Femmes 446 600 518 500 447 400 537 800 448 200 542 700
en 15 ans
104 Part des moins de 30 ans 23,9 22,8 23,8 22,1 23,8 22,7
Part des 50 ans ou plus 19,5 24,2 19,7 26,6 19,5 23,7
Métropole (tendanciel)100 Part des femmes 46,0 48,1 46,0 48,3 46,1 49,2
1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 Variante A : décalage de 5 ans des taux d'activité de 50 à 54 ans
Source : Insee - Omphale Variante B: montée des taux d'activité féminins au niveau de ceux d'Ile de France
Source : Insee - Omphale - Recensements
© INSEE 2005 Le potentiel de main d’œuvre - Le Languedoc-Roussillon se démarquerait 5Des métiers plus ou moins touchés par les futurs départs en retraite
Jean-Claude GIDROL - DRTEFP du Languedoc-Roussillon
Le Languedoc-Roussillon devrait être l'une des rares régions de France où la population active continuera d’augmenter dans
les années qui viennent.
Le dynamisme démographique de la région crée des nouveaux besoins en biens et en services, avec pour conséquence l'aug-
mentation des offres d'emploi déposées par les employeurs et la création de nouvelles entreprises.
Les métiers qui occupent une majorité d'emplois (en Languedoc-Roussillon, la moitié des emplois sont regroupés dans seu-
lement 16 familles professionnelles) sont appelés à perdurer et, dans une région en croissance démographique, à se déve-
lopper pour nombre d'entre eux.
Ils ne seront pas tous touchés de la même façon par les prochains départs à la retraite des générations du baby-boom entrées
dans la vie active dans les années 60.
Alors que certains métiers ne devraient pas rencontrer de problèmes de recrutement en raison notamment de la plus grande
part de jeunes occupant actuellement les postes (professions de l'action culturelle et sportive…), d'autres seront confrontés à
un faible potentiel de relève suite aux départs en retraite.
En l'absence de régulation, le déficit toucherait d'une part les métiers à faible pouvoir d'attraction (ouvriers du bâtiment, agents
d'entretien.) et, d'autre part, des métiers qualifiés en particulier dans le secteur sanitaire (sages-femmes, infirmières,...).
Tout le panel des qualifications pourrait être atteint: des faibles niveaux (travailleurs familiaux, assistants maternels,…) aux
niveaux les plus élevés (médecins,…).
Le secteur agricole ne serait pas, lui non plus, épargné car, malgré l'ajustement « mécanique » entre le déclin des offres d'em-
ploi et le non remplacement des départs en retraite, les emplois restants demandent de plus larges qualifications et le secteur
souffre au regard des jeunes de la concurrence de secteurs aux revenus plus élevés et aux conditions de travail moins péni-
bles.
Si les déficits de main d'œuvre pourront en partie être compensés par des arrivées de population d'autres régions, le défi
majeur de la région consistera à assurer l'adéquation entre les qualifications des actifs et celles des postes libérés par les
départs en retraite.
Confrontées dans un même temps à ces problématiques de renouvellement d'une partie de leur population salariée, toutes les
régions françaises (pouvoirs publics, branches, régions, entreprises) vont devoir anticiper leurs besoins de renouvellement de
main d'œuvre et s'interroger sur les compétences nécessaires (quelles que soient les modalités de leur acquisition: formation
initiale ou formation tout au long de la vie, expérience professionnelle).
L'action des pouvoirs publics
Pour la plupart des familles professionnelles, les pouvoirs publics peuvent agir sur l'emploi, à la hausse ou à la baisse, que ce
soit par le biais des postes de fonctionnaires ou assimilés, par l'action sur le nombre de places aux concours médicaux ou
paramédicaux, par l'injection de fonds publics dans certaines activités ou par décision de grands travaux ou d'espaces d'a-
ménagement pour les équipements, les entreprises ou les logements (cf. publications régionales ci-dessous).
Pour en savoir plus
Publications nationales
«Projections de population active : un retournement progressif», Nauze-Fichet Emmanuelle (2002), INSEE Première, n° 838.
«Les projections de population active 2003-2050», Nauze-Fichet Emmanuelle, Leres Frédéric et Lhermitte Stéphane - Insee Résultat n° 13 -
juin 2003.
«Le vieillissement de la population active : ampleur et incidence Dossier projection de population active», Blanchet Didier (2002), Revue
Economie et Statistique, n° 355/356.
«Projections de population active en 2050 : l'essoufflement de la croissance des ressources en main d'œuvre», Nauze-Fichet Emmanuelle (2002),
Revue Economie et St
«Evolution démographique et croissance : une projection macroéconomique à l'horizon 2020», Beffy P.-O. et alii (2003), Document de travail Insee
G 2003 / 04, Direction des Etudes et Synthèses Economiques.
Publications régionales
«La dynamique des métiers en Languedoc-Roussillon», Repères Synthèse, n°2, 2004
«La dynamique des métiers en Languedoc-Roussillon : prospective de 16 familles professionnelles à l'horizon 2010», Rapport à la demande de
M. le Préfet de Région, Statistique Publique, Ministère des Affaires Sociales du Travail et de la Solidarité, INSEE Languedoc Roussillon, Académie
de Montpellier.
«Forte augmentation de l’activité féminine en Languedoc-Roussillon : l’écart se réduit avec la France», Repères Synthèse, n° 5, 2001
www.insee.fr
Directeur de la publication: Henri THERON Prix: 4
INSEE Languedoc-Roussillon - 274, allée Henri II de Montmorency - 34064 Montpellier CEDEX 2 ISSN n° 1286-4218
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© INSEE 2005(*)Mél: insee-contact@insee.fr 0,15 la minute
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