Le ralentissement de la croissance pèse sur l'emploi

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Le ralentissement de la croissance se poursuit. Les industries fortement dépendantes des commandes étrangères sont plus touchées que les autres. Dans l'automobile et la construction, la situation reste encore bonne. Les effets sur l'emploi sont apparus rapidement. Le chômage est reparti à la hausse dès le mois de juin.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Le ralentissement de la croissance se poursuit. Les industries fortement dépendantes des commandes étrangères sont plus touchées que les autres. Dans lautomobile et la construction, la situation reste encore bonne. Les effets sur lemploi sont apparus rapidement. Le chômage est reparti à la hausse dès le mois de juin.
Nº 51 - JANViER 2002
La conjoncture en Franche-Comté
année 2001 aura été marquée par une nette inflexion de la croissance de léco-nomie française sous leffet dune exceptionnelle contrac-tion du commerce internatio-nal. Le ralentissement de lin-vestissement aux Etats-Unis a provoqué un infléchissement des anticipations des industriels et les a conduit à réduire leurs stocks et à modérer leurs inves-tissements. Les évènements du 11 septembre ont accru lincer-titude et accentué le freinage des dépenses des entreprises. Contrairement à ce qui sétait produit en 1999, ce ralentisse-ment industriel sest diffusé aux autres secteurs dactivité et no-tamment aux services aux en-treprises. En revanche, la con-
sommation des ménages est res-tée soutenue grâce à la progres-sion des revenus sous leffet de hausses de salaires etdallè-gements dimpôts. La consom-mation est ainsi restée le seul pilier de la croissance hexago-nale. Celle-ci devrait atteindre 2,1% en 2001. Dans ce con-texte, les effectifs salariés con-tinuent à progresser mais à un rythme nettement ralenti (+ 190000 emplois) après une année 2000 exceptionnelle (+530 000). Le chômage, après avoir atteint un point bas en mai est reparti en hausse modérée et est revenu, en novembre 2001, à son niveau de la fin 2000 (9,0%). En Franche-Comté comme en France, on observe un ralentis-sement de la croissance. Lin-
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dustrie des biens intermédiai-res, qui est fortement dépen-dante de la demande étrangère, est le secteur où le freinage est le plus marqué. On observe un fléchissement dans la transfor-mation des matières plastiques après plusieurs années de forte croissance. Latransformation des métaux est restée dynami-que jusquau printemps avant
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de connaître un net ralentisse-ment à partir de lété. La croissance dans les biens déquipements est restée soute-nue au premier semestre. Les délais de réalisation des pro-grammes dinvestissement ont permis à la demande de se main-tenir au début de lannée. Au deuxième semestre, le niveau de production est encore resté
ENQUÊTES DOPINION
L INSEE interroge réguliè-rement les chefs dentreprise de lindustrie et du bâtiment sur la marche de leurs affai-res. Lobjectif est dobtenir rapidement des renseigne-ments sur les tendances ré-centes et les anticipations. Cest pourquoi les questions sont surtout qualitatives : on demande par exemple au chef dentreprise son avis sur lévolution de sa production, de ses effectifs ; sur le ni-veau de ses stocks et de son carnet de commandes. Les
réponses obtenues ont donc un caractère subjectif. Le plus souvent, trois moda-lités sont prévues : par exem-ple, « hausse », « stabilité », « baisse ».Il faudrait donc, en principe, suivre lévolu-tion de plusieurs pourcenta-ges. Ce qui nest pas aisé. Doù la construction dun in-dicateur résumé, appelé solde dopinions, qui est constitué par la différence entre les pourcentages de réponses « en hausse » et « en baisse ». Il traduit assez bien les tendances. Il na de signification quen évolution.
satisfaisant dans la région.de lannée. La demande est res-Néanmoins, on observe une éro-tée bien orientée aussi bien au sion des carnets de commandes,niveau national quau niveau notamment dans le secteur deseuropéen. Sur les 11 premiers équipements mécaniques. Lesmois de lannée, la production anticipations des industriels, audu Groupe Peugeot, sur le site niveau national, sont peu favo-de Sochaux, a progressé. Plus rables. de90 000véhicules supplémen-Dans les biens de consomma-taires sont sortis des chaînes tion, lactivité a été sou-grâce au succès de la Succès dans tenue par le dynamisme307 et de la motorisa-l'automobile de la consommation destion HDI. ménages pendant la plus grandeEnfin, lactivité dans les abat-partie de lannée. La croissancetoirs qui avait été touchée par est restée bien orientée dans lales crises sanitaires au début de fabrication de jouets, mais lalannée a vu sa situation samé-conjoncture de la lunetterieliorer par la suite avec la mise comme de lhorlogerie est plusen place dudispositif des difficile. «achats retraits ». En revanche, Un secteur reste encore dyna-les mauvaises conditions clima-mique : dans lautomobile, lac-tiques ont entraîné une baisse tivité a été soutenue tout au longdes rendements des cultures cé-réalières. La conjoncture régionale dans le bâtiment est restée remarqua-blement soutenue. Les mises en chantier augmentent de 12,7% durant les onze premiers mois de lannée par rapport à la même période de lannée précédente. Alors que linvestissement des ménages dans le pavillonnaire se stabilise à un niveau élevé, le
lancement de gros programmes de construction dappartements (2059 mis en chantier contre 1374 un an plus tôt)explique en grande partie la bonne tenue de la croissance dans ce secteur. On observe cependant une baisse des mises en chantier dans le Territoire de Belfort et dans le Jura aussi bien pour lha-bitat collectif que pour les loge-ments individuels. En revanche, celles-ci progressent nettement en Haute-Saône et surtout dans le Doubs, en hausse respective-ment de 11,4% et 31,7%.Cest dans ce dernier département que se concentrent les plus gros pro-grammes de construction dap-partements. La croissance dans la construc-tion de locaux à usage non rési-dentiel est toujours forte. Sur les 11 premiers mois de lannée, 904 000 m² de locaux ont été mis en chantier contre 754 000 lannée précédente. La cons-truction de bâtiments agricoles est particulièrement dynamique. Les perspectives restent favo-rablement orientées pour les
prochains mois avec une hausse de près de 5% des autorisations de construire, notamment grâce au dynamisme de la construc-tion dappartements. La croissance de lactivité dans le secteur tertiairea subi le contrecoup du ralentissement observé dans lindustrie. Cest le cas tout particulièrement des services aux entreprises et no-tamment de lintérim où lon observe une baisse du nombre de contrats conclus. Les activi-tés liées au tourisme daffaires font également partie des sec-teurs touchés. En revanche, le commerce a mieux résisté, sou-tenu en cela par une consomma-tion toujours dynamique. Le
niveau des immatriculations de véhicules neufs a notamment été particulièrement élevé dans la région avec une hausse de 15,3% sur les 10 premiers mois de lannée contre une augmen-tation de 2,8% au niveau natio-nal. Dans ce contexte, daprès les statistiques provisoires de lASSEDIC, la croissance de lemploi salarié qui était encore dynamique au premier trimes-
tre a commencé à ralentir au printemps. Puis, lemploi sala-rié est resté quasiment stable au cours de lété.Dans lacons-truction, il est toujours dynami-que et progresse de 2,5% en un an. Dans lindustrie, il progresse encore mais le ralentissement est plus marqué depuis le mois de juin. En revanche, le secteur tertiaire qui joue traditionnelle-ment un rôle moteur dans les créations demploisne pro-
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gresse plus depuis l'été et sanational, la hausse est moins hausse annuelle nest que deforte (+6,4%). 2,3%. La tendance est peu favo-Il y a un an, le chômage avait rable dans les services aux en-baissé, dans la région, en parti-treprises et notamment dansculier grâce au dynamisme des linterim. Les entreprises, quimissions dinterim. Celles-ci avaient fait appel à un fort vo-sont désormais moins nombreu-lant dintérimaires pour répon-ses. Leur retournement expli-dre à la forte croissance de cesque en partie que la hausse du dernières années, ont réagi ra-chômage a surtout touché les pidement au ralentisse-jeunes de moins de 25 Remontée ment de léconomie enans qui constituent le ne renouvelant pas lesdu chômageprincipal vivier de lem-contrats dintérim.à partir duploi intérimaire. Le ra-Au niveau départemen-lentissement industriel a printemps tal, cest dans le Jura quelogiquement contribué à la croissance globale de lem-faire augmenter davantage le ploi salarié est la plus faiblechômage masculin que féminin. (+0,8% sur un an) tandis quilLa zone de ontbéliard a été augmente à un rythme procheparticulièrement affectée. En de 3% dans les autres départe-revanche, on nobserve pas de ments. forteaugmentation du nombre Par contrecoup, la situation dude demandeurs demploi ayant marché du travail sest dégra-travaillé sur courtes périodes dée à partir du printemps. Le(plus de 78 heures dans le mois). nombre de demandeurs dem-Le nombre de chômeurs de plus ploi qui avait diminué réguliè-dun an dancienneté reste par rement depuis juin 1997 pourcontre en forte baisse sur un an atteindre un point bas en mai( 13,9%). Les effets de la baisse 2001 est reparti nettement à ladu chômage depuis la mi-1997 hausse avec +22,4% de mai àrestent encore visibles. novembre. On comptait 32 000Le taux de chômage qui avait demandeurs demploi dans laatteint un point bas au premier région à cette date. Au niveautrimestre 2001 à 6,0% sest re-
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LE RALENTISSEMENT ÉCONOMIQUE TOUCHE AUSSI LHÔTELLERIE
L es hôtels de la région ont ressenti les effets du ralentisse-ment économique. La fréquentation diminue de 2,3% pour atteindre 1 254 100 nuitées. La clientèle daffaires qui, depuis 1999, avait été le principal moteur de la hausse de lactivité régionale, diminue cette fois-ci de 4% à 54 000 nuitées. Les hôtels du Territoire de Belfort, très sensibles à la conjoncture économique ont vu baisser de 6,6% leur fréquentation. Lac-tivité dans les hôtels en zone de montagne a, pour sa part, diminué de près de 9%. L'été 2001 aura été marqué par la fin de la dégradation de lactivité dans les campings de la région. 1 210 300 nuitées ont été vendues entre mai et septembre, en hausse de 1,8% par rapport à lannée précédente. La clientèle venant de Grande-Bretagne et du Bénélux comme la clientèle française auront été au rendez-vous cette saison. Cest au cours des mois de juillet et août que la hausse de la fréquentation a été la plus forte. Les taux doccupation ont augmenté de 2,2 points en moyenne à cette période. Les campings 1 étoile auront cette année tiré leur épingle du jeu avec une hausse de 24% de leur fréquentation. Ce sont cependant toujours les campings 3 et 4 étoiles qui captent la plus grande part du marché avec 0,1% des nuitées.
mis à augmenter. Fin septem-bre, il sétablissait dans la ré-gion à 6,6% soit au même ni-veau quun an auparavant. Il reste néanmoins nettement in-férieur au niveau national. Les perspectives pour le début dannée 2002 sont moroses. La croissance ne devrait sappuyer que sur le seul pilier de la con-sommation des ménages soute-nue par un pouvoir dachat tou-jours dynamique. Le commerce mondial ne devrait pas samé-liorer de façon significative tant que léconomie américaine naura pas repris, ce qui ne de-vrait pas arriver avant la mi-2002. Linvestissement resterait ainsi déprimé mais le déstockage qui a pesé pour 0,8 point de croissance en 2001 ne devrait plus avoir deffet pro-noncé à partir du printemps.n
Rédaction achevée le 7 janvier 2002. Patrice Perron (dossier préparé par Philippe Lafourcade)
INSEEFranche-Comté « le Major » 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99
Directeur de la publication :Bernard Le Calvez Rédacteur en chef :Lionel Espinasse Mise en page :Maurice Boguet Imprimerie :Éblé Besançon
Nº de CPPAP : 3 021 AD ISSN : 1248-2544 © INSEE 2002 dépôt légal : Janvier 2002
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