Le RMI - Synthèse du dossier de la revue N°118

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Synthèse du dossier de la revue économie de La Réunion N°118

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Le RMI
entre survie et insertion
’importance du RMI en tant aidés sont donc régulièrement redis-
Un filet de protection
que minimum social s’est tribués parmi les bénéficiaires poten-Laffirmée depuis sa création. De tiels. La combinaison RMI/emploi L’importance du RMI comme minimum social
1990 à 2001 environ 20 000 alloca- aidé/indemnités de chômage est une s’est affirmée depuis quinze
ans. L’insertion profession-taires supplémentaires sont venus des stratégies de survie de la popu-
nelle des allocataires restes’ajouter aux 47 000 retenus à l’issue lation défavorisée. L’objectif étant
difficile.de la phase d’initialisation. L’accrois- de maximiser les revenus à court
sement annuel moyen a été de 3 % terme, plutôt que de construire une
pages 12-13par an ; cette évolution rapide est en carrière professionnelle.
1fait similaire à celle de l’ensemble
En métropole aussi le bilan de
de la population adulte. Aujourd’hui,
l’insertion professionnelle est mitigé. La politique d’insertioncomme en 1990, environ un Réu-
Une enquête de 1998 a montrénionnais sur cinq dépend du RMI, Près de trois érémistes surqu’un allocataire sur quatre avait puqu’il soit lui-même allocataire, ou quatre signent maintenant untrouver un emploi en l’espace d’unbien conjoint ou enfant d’allocataire. contrat d’insertion. L’insertion
an. Ces emplois sont le plus souvent professionnelle passe essentiel-
Les érémistes sont les personnes les temporaires et faiblement rémunérés, lement par les emplois aidés.
plus éloignées du marché du travail, ils débouchent rarement sur un
notamment les femmes et les jeunes emploi durable. Si la majorité des pages 14 à 16
adultes. Trois sur quatre n’ont pas érémistes gagnerait financièrement
2atteint le niveau du BEPC et 60 % à occuper un emploi, ces gains sont
sont illettrés. La montée en charge souvent faibles. Plusieurs mesures Une gestion rapprochée
du dispositif s’est accompagnée récentes ont visé à rendre le travail
d’une augmentation sensible du Les érémistes sont plus nombreux dans les com-financièrement plus attractif. Il
munes éloignées de l’activité économique. L’Adinombre de familles monoparentales reste à évaluer leurs effets sur le
et la Caf ont décentralisé leuret d’hommes seuls. Il est difficile de comportement des allocataires du activité pour se rapprocherdire si la dissociation des couples est RMI. des allocataires.réelle ou s’il s’agit d’une stratégie
économique pour utiliser au mieux Une étude ethnographique éclaire
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les règles d’attribution du RMI. les comportements des érémistes
réunionnais. Certains ont décroché
Les actes fondateurs du RMI ont 3du marché du travail et survivent
posé la nécessité de l’insertion. A En métropole aussi…
avec le RMI, en simulant un objec-
La Réunion il ne s’agit pas d’inté-
tif professionnel quand le maintien En métropole aussi l’insertiongrer une frange de la population mais
de leur allocation en dépend. professionnelle ne va pas dede composer avec le chômage de
D’autres sont à la recherche d’un tra- soi et le gain à la reprise d’un
masse. L’insertion professionnelle a travail est faible.vail à tout prix, qu’il soit déclaré ou
été engagée massivement dès 1990
non. Le travail au noir s’obtient paravec l’instauration des contrats Pages 18-19relation dans le cadre du quartier, ilemploi-solidarité (CES). En 1995
est plus fréquent dans les quartiersles Contrats d’insertion par l’activité
traditionnels. Les allocataires des(CIA) sont institués au seul profit
quartiers modernes sont plus pru-des allocataires du RMI dans les 4Travail et solidarité
dents à ce sujet ou plus éloignés desDom. Mais la croissance de l’emploi
opportunités. Bien entourés, les En garantissant un revenu àaidé atteint cependant ses limites. En
allocataires des quartiers tradition- ses allocataires le RMI a2002 un allocataire sur quatre a pu
nels accroissent leurs ressources par changé leur rapport au tra-bénéficier d’un CES ou d’un CIA.
vail et à la solidarité.la solidarité familiale et de voisi-
L’insertion professionnelle durable nage ; au contraire ceux des quar-
ne peut concerner qu’une faible Pages 20 à 22tiers modernes entretiennent peu de
partie des postulants. Les emplois relations sociales.
économie4e trimestre 2003 11
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