Le travail à temps partiel féminin et ses déterminants

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Les actives à temps partiel ne constituent pas une population homogène. Les unes ont fait le choix de ne pas travailler à temps plein ; les autres, au contraire, ont dû accepter un temps de travail inférieur au temps complet. En outre, pour celles qui ont choisi le temps partiel, les motivations peuvent être diverses : garder de jeunes enfants, prendre en charge un parent ou un conjoint dépendant, sortir progressivement du marché du travail, suivre une formation, etc. D'après les chiffres de la partie française du Panel européen de ménages, dans plus de la moitié des cas, c'est pour des raisons d'ordre familial que les actives optent pour le temps partiel. Dans le choix du temps partiel, et, plus particulièrement, lorsque celui-ci s'inscrit dans une logique de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, le niveau de rémunération du conjoint et le nombre d'enfants à charge sont deux éléments déterminants. La probabilité de choisir le temps partiel plutôt que le temps plein, que ce soit pour des raisons d'ordre familial ou pour d'autres raisons, est également plus forte pour les actives âgées de 55 ans ou plus et pour celles qui souffrent d'un handicap. À l'inverse, toutes choses égales par ailleurs, plus le taux de salaire de la femme est élevé, moins le choix de travailler à temps partiel pour des raisons familiales, plutôt qu'à temps complet, est probable. En revanche, lorsque la décision relative au nombre d'heures de travail renvoie à une logique autre que familiale, le niveau du salaire horaire ne semble pas jouer.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Le travail à temps partielféminin et ses déterminants
Cécile Bourreau-Dubois, Olivier Guillotet Éliane Jankeliowitch-Laval*
ACTIVITÉ
Les actives à temps partiel ne constituent pas une population homogène. Les unes ontfait le choix de ne pas travailler à temps plein ; les autres, au contraire, ont dû accepterun temps de travail inférieur au temps complet. En outre, pour celles qui ont choisi letemps partiel, les motivations peuvent être diverses : garder de jeunes enfants, prendreen charge un parent ou un conjoint dépendant, sortir progressivement du marché dutravail, suivre une formation, etc. D’après les chiffres de la partie française duPaneleuropéen de ménages, dans plus de la moitié des cas, c’est pour des raisons d’ordrefamilial que les actives optent pour le temps partiel.Dans le choix du temps partiel, et, plus particulièrement, lorsque celui-ci s’inscrit dansune logique de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, le niveau derémunération du conjoint et le nombre d’enfants à charge sont deux élémentsdéterminants. La probabilité de choisir le temps partiel plutôt que le temps plein, que cesoit pour des raisons d’ordre familial ou pour d’autres raisons, est également plus fortepour les actives âgées de 55 ans ou plus et pour celles qui souffrent d’un handicap.À l’inverse, toutes choses égales par ailleurs, plus le taux de salaire de la femme estélevé, moins le choix de travailler à temps partiel pour des raisons familiales, plutôt qu’àtemps complet, est probable. En revanche, lorsque la décision relative au nombred’heures de travail renvoie à une logique autre que familiale, le niveau du salaire horairene semble pas jouer.
* Cécile Bourreau-Dubois, Olivier Guillot et Éliane Jankeliowitch-Laval appartiennent à l’ADEPS-EPS (CNRS et Université Nancy 2 ).Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d’article.
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n France, les femmes sont de plus en plusEnombreuses à travailler à temps partiel.Ainsi, entre 1982 et 1999, d’après les chiffresdes enquêtesmploi de l’Insee, la proportionEd’actives occupées concernées est passée de19 % à 32 % (1).Le temps partiel peut résulter ou non d’unchoix. On peut considérer que le temps partielest « choisi » lorsque le nombre d’heures tra-vaillées correspond au volume horaire qu’unefemme souhaite offrir, compte tenu de son tauxde salaire, des revenus de son conjoint éventuel,de ses charges familiales, etc. (Mourre, 1999).En revanche, le temps partiel peut être qualifiéde « subi » si la durée hebdomadaire de travailest inférieure au volume désiré. C’est le caslorsqu’il existe, sur le marché du travail, unrationnement des emplois à temps plein et/oudes emplois à temps partiel « long » (d’unedurée de trente heures ou plus par semaine, parexemple). Ainsi, en 1999, toujours d’après lesdonnées de l’enquêteEmploi, ce sont plus d’untiers des femmes travaillant à temps partiel quidéclaraient souhaiter travailler davantage (lestrois quarts d’entre elles désirant occuper unemploi à temps plein).L’intérêt d’intoduire une distinction entre tempspartiel choisi et temps partiel subi a été récem-ment souligné (Galtier, 1999a, 1999b et 1999c).En effet, les femmes souhaitant travaillerdavantage présentent des caractéristiques diffé-rentes de celles qui sont satisfaites de leur duréede travail. Leur position sur le marché du travailest, en moyenne, moins favorable : salaire men-suel plus faible, moindre ancienneté dans l’éta-blissement, emploi temporaire plus fréquent.Le choix de travailler à temps partiel plutôt qu’àtemps plein peut renvoyer à différentes logiquesde comportement : logique de conciliation entrevie familiale et vie professionnelle, de sortieprogressive d’activité en fin de carrière, deretrait partiel du marché du travail lorsque l’étatde santé s’est dégradé, d’investissement encapital humain pour des actives suivant une for-mation, etc. Ceci invite, au-delà de la distinctionentre temps partiel subi et temps partiel choisi, àne pas considérer la population des activesayant fait le choix du temps partiel comme unensemble homogène.C’est en cherchant à tenir compte de ces diffé-rentes logiques que l’on aborde ici la questiondes déterminants individuels du travail à temps
partiel. Avant d’en venir à l’approche économé-trique, on présente les résultats d’une analysedescriptive portant sur les caractéristiques desactives occupées à temps partiel et sur leurs tra-jectoires d’activité. Cette étude s’appuie sur lesdonnées françaises des trois premières vagues(1994-1996) duPanel européen de ménages (cf.encadré 1). (1)Un portrait des activesà temps partielors de la première vague d’enquêteL(automne 1994), 28 % des actives occupéestravaillaient à temps partiel. Avant d’opérer unedistinction entre temps partiel choisi et tempspartiel subi, il peut être intéressant de comparerles caractéristiques de ces femmes, dans leurensemble, avec celles des actives ayant unemploi à temps plein.Les femmes travaillant à temps partiel sont plusnombreuses à vivre en couple avec au moinsdeux enfants (30 % contre 18 %). En revanche,ni le statut d’activité du conjoint, ni les gainsmensuels de ce dernier ne semblent être des cri-tères de différenciation (cf. tableau A enannexe).Plus souvent employées des services aux parti-culiers (20 % des cas contre 7 %), les actives àtemps partiel ont, en moyenne, moins d’ancien-neté que les autres actives occupées (8 anscontre 11 ans) alors qu’elles ont, en moyenne, lemême âge (39 ans). Notamment, une sur cinqétait présente depuis moins d’un an dans l’éta-blissement les employant à la date de l’enquête,contre 10 % des actives à temps complet.Ces femmes ont davantage connu le chômageet/ou l’inactivité depuis la fin de leurs études :plus de 7 ans en moyenne, contre 4 ans pour lesautres actives (pour une durée potentielle d’acti-vité à peu près identique). Au cours des deuxannées précédant l’enquête, elles sont aussi troisfois plus nombreuses à s’être trouvées au chô-mage durant au moins six mois (11 % des cascontre 4 %). Cette précarité se manifeste égale-ment par une proportion bien plus forte de con-trats à durée déterminée (20 % contre 8 %).1. Le temps partiel est nettement moins répandu chez les hom-mes (5,5 % des actifs ayant un emploi en 1999).
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Les gains horaires nets, pour celles d’entre ellesUne précarité plus marquée pourqui sont salariées, sont, en moyenne, plus fai-les actives en temps partiel subibles (de 16 %), ce qui n’est pas surprenant auregard des caractéristiques précédentes. On peut parler de temps partiel subi lorsque laÀ niveau égal de diplôme et d’expérience pro- personne a déclaré, à la date de l’enquête,fessionnelle, en revanche, l’écart entre les taux «souhaiter travailler davantage». Selon cettede salaire n’est pas significatif. définition, retenue dans les travaux qui
Encadré 1LA SOURCE STATISTIQUE : LEPANEL EUROPÉEN DE MÉNAGESLe Panel européen de ménages (European Community Je souhaite travailler à temps partiel :-Household Panel – ECHP) est une enquête commu-… 1. pour poursuivre une formation, des étudesnautaire harmonisée, coordonnée par Eurostat, qui… 2. pour exercer une autre activité professionnellevise à fournir des données transversales et longitudi-… 3. pour faire des travaux ménagers, garder unnales comparables sur les conditions de vie des indivi-enfant ou d’autres personnesdus et des ménages dans les différents pays membres… 4. pour raison de santé (maladie, handicap)de l’Union européenne. Il s’agit d’une enquête à pas-… 5. pour d’autres raisonssages répétés : les mêmes ménages sont réinterrogés- 6. Je n’ai pas trouvé d’emploi à temps pleinchaque année.- 7. Autres cas (préciser) »La présente étude a été menée à partir des données Deux estimations de la part du temps partiel « subi »françaises du Panel européen. En France, la gestion de peuvent dès lors être fournies. On peut soit considérerl’enquête (collecte et mise en forme des données) est que les actifs en temps partiel contraint sont ceux quiassurée par l’Insee. La première vague, conduite à ont déclaré, à la date de l’enquête, «souhaiter travaillerl’automne 1994, a porté sur 7 344 ménages (près dedavantage», soit se fonder sur la réponse à la seconde19 000 individus). Ce sont les données de cette pre- question et estimer que sont concernés par le tempsmière vague d’enquête qui ont principalement été partiel subi ceux qui ont mis en avant, comme raisonexploitées ici. Pour l’analyse des trajectoires individuel- principale de leur activité à temps partiel, le fait deles d’activité, on a utilisé les trois premières vagues «n’avoir pas trouvé d’emploi à temps plein». Les chif-(1994-1996), les seules qui étaient disponibles au fres qui peuvent être obtenus sur la base de ces deuxdéfinitions ne sont pas directement comparables. Enmoment de la réalisation de cette étude (sur les donnéeseffet, outre qu’une partie des actifs à temps partiel quifrançaises du Panel européen (vagues 1, 2 et 3), voiraimeraient travailler d rent allerCases (1997), Chambazet al. (1997) et Legendre (2000)). avantage ne dési pasjusqu’au temps plein, les souhaits en matière de tempsLe questionnaire individuel de ce panel apporte de de travail ont pu évoluer entre le moment où la per-nombreux éléments d’information sur l’activité des sonne est entrée dans l’emploi, période à laquelle faitindividus âgés de 17 ans et plus. La position sur le référence la seconde définition, et la date de l’enquête.marché du travail est observée non seulement à la Toutefois, les deux sous-populations ainsi délimitéesdate de l’enquête (c’est-à-dire, selon le cas, en octo- se recoupent assez largement (3). (1) (2) (3) (4)bre, novembre ou décembre de l’annéet), mais égale-ment mois par mois, grâce à un calendrier rétrospectif La première définition du temps partiel subi (c’est-à-(débutant en octobre de l’annéet –1) (1). Lorsque la dire le fait de souhaiter travailler davantage) est cellepersonne est active occupée au moment de l’enquête, qui est généralement utilisée dans les travaux menés àses conditions de travail sont décrites. Entre autres partir des données de l’enquêteEmploi (4). C’est cetteinformations, on sait si l’activité est exercée à tempspartiel ou à temps complet (2).1. Le calendrier d’activité de la première vague porte sur uneDeux définitions du temps partiel « subi »2p.ériLoedseinpdliuvsidlousngauyea,ntalluanntedmepljaoinsvieerso1n9t9v3uàdoecmtoabnrdeer19e9x4p.lici-teL’enquête renseigne, d’une part, sur les souhaits entdeismtienncttisoinlsetnrtarveaitlleamiepnstàpatretimelpsetptaertmieplsouplàeinmapésgcaloemmpelnett.éLtaématière de durée de travail des actifs à temps partiel,introduite dans le calendrier d’activité.et, d’autre part, sur les raisons pour lesquelles ceux-ci3. Lors de la première vague, plus de 80 % des actifs à tempsne travaillent pas à temps complet. Chaque année, lespartiel ayant déclaré n’avoir pas trouvé d’emploi à temps com-deux questions suivantes ont été posées :phlaeittaoiennttétgraalveaimlleerntdianvdainqtuaég,eà.ladatedelenquête,quilssou-- « Actuellement, souhaitez-vous travailler davantage4. Dans l’enquêteEmploi, les actifs à temps partiel sont invitéset êtes-vous disponible pour cela ?àArcétpuoenlldermeesntu,ccMes..s.ivesomuehnatitae-utx-ildetruaxvaqiluleerstiodnasvasnutiavgaent?es:1. Oui, à temps plein«2. Oui, sans aller jusqu’au temps plein1c.oOmupil,età,t3e.mNposn»c,opmupilset«,E2s.t-Oiluia,ctsuaenllsemalleenrtjduissqpuonaiublteepmopusr3. Non »travailler davantage ? ». Dans le Panel européen, ces deux revanch ’en- « Quelle est la principale raison qui vous amène à tra-qEumepsltiooinnseopnetrémtéetrépuansiedseesnavuoniersqeuuellele.Eenstlaraisoen,lprincqiupêatleevailler à temps partiel ?de l’activité à temps partiel.
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s’appuient sur l’enquêteEmploi, 42 % des acti-ves à temps partiel étaient concernées (pour unecomparaison avec les résultats de l’enquêteEmploi de 1994, cf. encadré 2) (2).Lorsqu’on fait la distinction entre le cas desfemmes en temps partiel subi et celui des autresactives à temps partiel, il apparaît que ce sontprincipalement les premières qui se différen-cient des actives à temps plein.Ainsi, la précarité de l’emploi, observée pourl’ensemble des actives à temps partiel, concerneessentiellement celles qui aimeraient accroîtreleur durée de travail. Plus de 20 % d’entre ellesont connu au moins six mois de chômage aucours des deux dernières années, alors que cetteproportion n’est que de 4 % chez les actives quine souhaitent pas travailler davantage et parmicelles qui sont à temps plein. De même, ellessont nettement plus nombreuses à travailler enCDD (32 % contre, respectivement, 10 % et8 % dans les deux autres sous-populations).Plus jeunes, plus souvent sans diplôme et sansancienneté, les femmes souhaitant travaillerdavantage perçoivent, lorsqu’elles occupent unemploi salarié, un salaire horaire moyen infé-rieur de 20 % à celui des autres actives à tempspartiel et de plus de 25 % à celui des actives àtemps plein.Les gains du conjoint (3), pour celles qui viventen couple, sont également plus faibles enmoyenne (inférieurs, respectivement, de 36 %
Encadré 1 (suite)définition que l’on a retenue ici pour la partie descrip-tive de l’étude (les statistiques s’appuyant sur l’autredéfinition, également présentées dans certainstableaux à titre de comparaison, n’étant pas commen-tées). Pour l’approche économétrique, en revanche,on a utilisé la seconde définition (cf. encadré 2).Le champ de l’étudeL’analyse porte sur les femmes (âgées d’au moins17 ans) qui avaient un emploi à la date de la premièreenquête annuelle, c’est-à-dire à l’automne 1994.L’échantillon comprend 3 178 actives, dont 912 ayantdéclaré travailler à temps partiel et 2 266 à temps com-plet (5). C’est uniquement sur la base de cette indica-tion fournie directement par la personne elle-mêmeque la distinction entre temps partiel et temps plein aété faite ici (la durée hebdomadaire de travail effectiven’entrant pas en ligne de compte). La description descaractéristiques des actives en 1994 s’appuie sur
et de 24 %), ce qui peut s’expliquer, en partie,par le fait que plus de 40 % d’entre elles ont unconjoint ouvrier, contre seulement un quart desautres actives. (2) (3)Une femme sur deux choisit le tempspartiel pour des raisons familialesPrès de six actives à temps partiel sur dix ontdéclaré «souhaiter travailler à temps partiel».On peut considérer que, pour ces femmes, letemps partiel a été choisi (cf. tableau 1) (4).Leurs motivations peuvent être très diverses :suivre une formation ou continuer des études,exercer une autre activité professionnelle, gar-der un enfant, ou encore ménager un état desanté précaire (maladie ou handicap), pourreprendre les items prévus par l’enquête.Les raisons d’ordre familial («faire des travauxménagers, garder un enfant ou d’autrespersonnes») ont été invoquées par plus de lamoitié des actives en temps partiel choisi. Vien-nent ensuite les raisons de santé, qui concernent10 % de ces femmes. Toutefois, une fois surquatre, ce sont d’autres raisons, non explicitéesdans l’enquête (et qui restent donc indétermi-2. Interrogées sur les raisons pour lesquelles elles travaillent àtemps partiel, 37 % des actives ont invoqué le fait de« n’avoirpas trouvé d’emploi à temps plein ». Il s’agit là d’une autre esti-mation de la part du temps partiel subi (cf. encadré 1).3. Il s’agit des gains mensuels moyens calculés sur l’année 1993.4. Aux 37 % d’actives n’ayant pas trouvé d’emploi à temps plein(temps partiel subi) et aux 58 % en temps partiel choisi s’ajoutent5 % « d’autres cas ».
l’ensemble de l’échantillon ; l’analyse des trajectoiresindividuelles d’activité sur les deux sous-échantillonssuivants : d’une part, les femmes ayant un emploi en1994 qui ont répondu à l’enquête de 1995 et dont lasituation d’activité en 1995 est connue (2 838 femmessoit 89,3 % de l’échantillon initial) ; d’autre part, cellesqui ont pu être réinterrogées à la fois en 1995 et en1996 et dont on a observé la situation d’activité en1996 (2 710 femmes soit 85,3 % de l’échantillon ini-tial). Enfin, pour l’analyse économétrique, menée àpartir des données de la première vague, seules lesactives occupées âgées de 17 à 59 ans, personnes deréférence de leur ménage ou conjointes de la personnede référence, ont été prises en compte (sous-échan-tillon comportant, après exclusion de 54 cas devaleurs manquantes, 2 869 femmes). (5)5. 43 actives pour lesquelles cette information est manquanteont dû être écartées.
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Tableau AProportion d’actives occupées à temps partiel et part du temps partiel subiEn %Panel européen EnquêteEmploi Enquête Emploid(evamgéuneag1)esdemars1994(1)demars 1995 (1)Proportion d’actives occupées travaillant à temps partiel 28,0 27,8 28,9Proportion d’actives à temps partiel souhaitant travailler davantage 42,3 37,1 36,41. Source : Bisaultet al.(1996).Tableau BSituation d’activité en 1996 des actives en temps partiel subi en 1994En %EnquêtesEmploi1994-1996 (1)23,062,039,09,06,0100,0
Panel européende ménages(vagues 1, 2 et 3)21,359,444,214,54,8100,0
Emploi à temps completEmploi à temps partieldont :Temps partiel subiChômageInactivitéTotal1. Source : Galtier (1999c), champ restreint aux salariées du secteur privé.
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Tableau 1nées), qui ont été avancées. Il pourrait s’agir, parRaison principale du travail à temps partielexemple, de femmes dont le conjoint a des gainssuffisants mais qui souhaitent rester présentesEn %Souhaite travailler à temps partiel...sur le marché du travail, ou de femmes ayantréduit leur activité parce que leur conjoint plus3,7... pour poursuivre une formation, des étudesâgé est déjà retraité.... pour exercer une autre activité professionnelle 1,6... pour faire des travaux ménagers, garder unenfant ou d'autres personnes 30,9Si l’on compare les caractéristiques des femmes... pour raison de santé (maladie, handicap) 5,9fqauimitlriaavleaisllàenctelàletsemdepssapcatirtvieeslqpuoiurondteshroaiissionlesc... pour d'autres raisons 15,7t re motif (cf. tableau AN'a pas trouvé d'emploi à temps plein 37,3eenmapnsnpeaxreti)el(5p)o,uornuncoanusttatequelespremièresAutres cas 4,9Total 100,05. L’échantillon étant de taille restreinte, il n’a pas été possibleChamp : actives occupées à temps partiel. de faire la distinction entre les différentes motivations autres queSource :Panel européen de ménages(vague 1), 1994, Insee. familiales.
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Encadré 2COMPARAISON DES CHIFFRES DUPANEL EUROPÉEN DE MÉNAGESAVEC CEUX DES ENQUÊTESEMPLOIParmi les actives à temps partiel qui ont été interro- attendu à ce que la proportion soit, au contraire, ungées à l’automne 1994, lors de la première vague du peu moins élevée dans cette source.Panel, 42,3 % ont déclaré souhaiter travailler davan-tage. La part du temps partiel subi observée dans S’agissant des trajectoires professionnelles des acti-l’enquêteEmploi de mars 1994 (comme dans celle de ves en temps partiel subi, les résultats présentés icimars 1995) est sensiblement plus faible (cf. tableau A). sont assez proches de ceux qui ont été obtenus parCet écart est quelque peu surprenant. En effet, compte Galtier (1999c), pour les seules salariées du secteurtenu de la manière dont la question relative aux sou- privé, à partir des données des enquêtesEmploi dehaits en matière de temps de travail a été formulée 1994, 1995 et 1996 (cf. tableau B).dans le Panel (cf. encadré 1), on se serait plutôt
sont bien évidemment celles qui ont les plusLes trajectoires individuelleslourdes charges de famille (58 % d'entre ellesvivant en couple avec au moins deux enfants àd'activitécharge, contre 21 % des autres actives en tempsqpuaretimelmecnhtoiâsgi)é.deLemuroindserdneie6r-annés(e5s0t%plduessfcraés-Eonbsseervféoensdaantuxsudralteesssditeusattiroonissdenaqctuiêvtietsécontre 24 %). Ce sont également celles dont le annuelles successives, on a étudié les transitionsconjoint a les gains mensuels les plus élevés intervenues entre 1994 et 1995, puis entre 1994(1 895 euros, en moyenne, contre 1 584 euros). et 1996. Le commentaire sera centré sur les tra-jectoires d’activité entre 1994 et 1996, davan-Parmi les actives ayant choisi le temps partiel tage de femmes ayant connu un changement depour des raisons autres que familiales, on trouve situation au bout de deux ans.davantage de femmes âgées de 55 ans et plus,déclarant souffrir d’un handicap (ou d’uneLe temps partiel choisi pour raisonstmifa.laCdeiceicnhreosntiqpuaes)souurpdroenntalnetcpounijsoqiunteedstesinraaci--familiales est une situation plus stablesons de santé peuvent notamment avoir été Les sorties du temps partiel ont été beaucoupavancées. plus fréquentes que les transitions à partir dutemps plein. Ainsi, parmi les femmes qui tra-Chez les femmes ayant choisi le temps partiel vaillaient à temps partiel en 1994, seulementpour des raisons familiales, la durée hebdoma- trois sur quatre occupaient encore un emploi àdaire de travail est plus souvent supérieure ou temps partiel en 1995 et elles n’étaient plus queégale à 30 heures (dans 37 % des cas contre deux sur trois dans ce cas en 199627 %), ce qui correspond sans doute (mais (cf. tableau 2). En revanche, chez les actives àl’enquête ne renseigne pas sur ce point) à un temps plein, ce sont plus de huit femmes sur dixtemps partiel « scolaire », pour reprendre qui se trouvaient toujours dans la même situa-l’expression de Galtier (1999b), certaines tion deux ans plus tard.d’entre elles se réservant le mercredi pours’occuper de leurs enfants. Ces femmes ont aussi Les femmes ayant quitté le temps partiel entredeux fois moins souvent un emploi sous contrat 1994 et 1996 se répartissent pour moitié entreà durée déterminée (8 % contre 15 %). En revan- celles qui ont accédé à un emploi à temps pleinche, elles ne se distinguent guère de celles qui et celles qui sont devenues chômeuses ou inac-ont choisi le temps partiel pour d’autres raisons tives.pour ce qui est du salaire horaire, de la profes-sion exercée ou de la durée cumulée de chômage Les actives qui sont passées, au bout de deuxau cours des deux dernières années. ans, du temps partiel au temps plein sont, enTableau 2Devenir des actives travaillant à temps partiel ou à temps plein en 1994En %Ensemble des actives occupées Ensemble des actives occupéesà temps partiel en 1994 à temps plein en 1994Situation en 1995Emploi à temps plein 12,6 88,3Emploi à temps partiel 76,9 6,3Chômage 5,8 3,3Inactivité 4,7 2,1Total 100,0 100,0Situation en 1996Emploi à temps plein 16,0 84,0Emploi à temps partiel 66,6 7,8Chômage 8,2 3,8Inactivité 9,2 4,4Total 100,0 100,0Lecture : parmi les actives qui travaillaient à temps partiel en 1994, 16 % occupaient un emploi à temps plein deux ans plus ta rd (12,6 %en 1995).Source :Panel européen de ménages(vagues 1, 2 et 3), 1994-1996, Insee.46ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 349-350, 2001-9/10
proportion, deux fois plus nombreuses que cel- deux ans, contre 41 % des actives en temps par-les qui ont effectué la transition inverse (16 % tiel choisi (s’agissant des transitions à partir ducontre 8 %). La proportion de sorties vers le temps partiel subi, voir la comparaison avec leschômage ou l’inactivité est également deux fois chiffres des enquêtesEmploi dans l’encadré 2).plus élevée chez les actives qui travaillaient àtemps partiel (17 % contre 8 %). Les trajectoires d’activité des femmes ayant faitle choix du temps partiel ne sont cependant pasLorsqu’on introduit une distinction entre tempshomogènes (cf. tableau 4). Ainsi, les sortiespartiel subi et temps partiel choisi en adoptant la ve m s n entre 1994 etdéfinitionhabituellementutilisée(cf.tableau3)rsletepinpslefir1996ontété(6), on constate que les femmes qui souhaitaient deux fois mo équentes chez les actives quiont déclaré travailler à temps partiel pour destravailler davantage ont plus souvent quitté le familiatempspartiel,entre1994et1996,quecellesquiamvoatnifcsédautresurxaisqounes(p1a0rm%iccoenltlrees2q2ui%).onIltne désiraient pas accroître leur durée de travail en va de même pour les transitions vers l’inacti-(41 % contre 29 %). Parmi ces actives en temps vité (7 % contre 15 %). Bien qu’elles soient unpartiel subi, une sur cinq occupait un emploi à peu plus souvent passées du temps partiel autaeumtrpesspalcetiinveesnà19t9e6m,palsorpsarqtiueelsoeunltesco1n2nu%udnesechômage(7%contre4%),lespremièressontdonc plus nombreuses à occuper encore untransition similaire. Les premières sont propor- emploi à temps partiel deux ans plus tard (troistvieornsnleellcehmôemnatgpel(upsrènsodmebr1e5us%escoàntrêtere4s%o)rtiEenssurquatrecontresixsurdix). (6).revanche, celles qui ne souhaitaient pas tra-vailler davantage sont plus souvent passées du Si l’on tient compte de la nature du temps partieltemps partiel à l’inactivité (12 % contre 5 %). en 1996, on constate que les transitions duQuant aux transitions du temps partiel subi vers temps partiel choisi pour raisons familiales versle temps partiel choisi, elles ont été un peu plus le temps partiel choisi pour d’autres raisons ontfréquentes que les transitions inverses (respecti-vement 15 % et 12 % des cas). Au total, plus de6. Sur la base de la seconde définition (c’est-à-dire le fait dela moitié des actives qui souhaitaient travaillern’avoir pas trouvé d’emploi à temps plein), on obtient des résul-davantage ont changé de situation au bout detats peu différents (cf. tableau 4).Tableau 3Devenir des actives travaillant à temps partiel en 1994 selon le souhaiten matière de durée du travailEn %Actives occupées à temps partiel en 1994, ayant déclaré....(..etsêoturdheaavdiatisenrptatorgnaievbaliellse)rt.r..avnaeillpearsdsaovuahntaaitgeerEnsembleSituation en 1995Emploi à temps plein 16,9 9,6 12,6Emploi à temps partiel 70,5 81,7 76,9dont :Ayant déclaré, en 1995, souhaiter travailler davantage(et être disponibles) 54,5 13,8 30,8Chômage 9,6 3,0 5,8Inactivité 3,0 5,7 4,7Total 100,0 100,0 100,0Situation en 1996Emploi à temps plein 21,3 12,4 16,0Emploi à temps partiel 59,4 71,4 66,6dont :Ayant déclaré, en 1996, souhaiter travailler davantage(et être disponibles) 44,2 12,3 25,8Chômage 14,5 3,9 8,2Inactivité 4,8 12,3 9,2Total 100,0 100,0 100,0Lecture : parmi les actives qui étaient à temps partiel en 1994 et qui souhaitaient travailler davantage, 21,3 % occupaient un emploi àtemps plein deux ans plus tard (16,9 % en 1995).Source :Panel européen de ménages (vagues 1, 2 et 3), 1994-1996, Insee.ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 349-350, 2001-9/1047
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