Léconomie sociale emploie un salarié sur dix en 2006

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Dans le secteur de l’économie sociale, 200 000 établissements emploient 2,1 millions de salariés en 2006, soit 10 % de l’ensemble des salariés. Associations, mutuelles, coopératives et fondations sont les quatre familles de l’économie sociale. Leurs activités économiques relèvent des activités financières, de l’éducation, la santé et l’action sociale et des services aux particuliers. Les emplois de ce secteur, souvent à temps partiel, sont fréquemment occupés par des femmes. Avec 80 % des salariés, les associations sont le principal employeur. Elles interviennent essentiellement dans le domaine social : accueil des personnes handicapées, aide à domicile ou aide par le travail. L’économie sociale est composée d’entités réparties sur l’ensemble du territoire. Mais c’est dans l’Ouest de la France et en zone rurale que l’implantation est la plus forte. L'économie sociale : 10 % des emplois salariés Activités financières, éducation, santé et action sociale mais aussi services aux particuliers Principaux employeurs : les associations Des emplois essentiellement féminins et à temps partiel Une forte implantation des emplois à l’Ouest Un poids plus important en milieu rural Encadrés L’économie sociale Géographie de l’économie sociale
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 1224 - FÉVRIER 2009
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L’économie sociale emploie
un salarié sur dix en 2006
Guillaume Gaudron, pôle Études économiques régionales, Insee
ans le secteur de l’économie so- L’économie sociale fait partie de la vie de mil-
lions de citoyens adhérents de mutuelles, deciale, 200 000 établissements
coopératives ou d’associations. Elle regroupeDemploient 2,1 millions de sala-
diverses structures économiques qui partagent
riés en 2006, soit 10 % de l’ensemble
des principes fondateurs (encadré 1).
des salariés. Associations, mutuelles, Parmi les 100 plus grosses entreprises appar-
coopératives et fondations sont les tenant à l’économie sociale, 45 sont des coo-
quatre familles de l’économie sociale. pératives (Coopérative atlantique, Banque
populaire, etc.), 11 sont des mutuelles (Mgen,Leurs activités économiques relèvent
Macif, etc.), 36 sont des associations (Croixdes financières, de l’éduca-
rouge française, Association des paralysés de
tion, la santé et l’action sociale et des
France, etc.) et 8 des fondations. Par rapport
services aux particuliers. aux autres entreprises, elles sont de plus
Les emplois de ce secteur, souvent à petite taille et mieux réparties sur le territoire :
temps partiel, sont fréquemment occupés seules 3 d’entre elles appartiennent aux 100
plus importantes entreprises employeuses depar des femmes.
France et uniquement un quart des 100 plusAvec 80 % des salariés, les associations
gros employeurs de l’économie sociale ont
sont le principal employeur. Elles intervien-
leur siège en Île-de-France.
nent essentiellement dans le domaine so-
cial : accueil des personnes handicapées,
Activités financières,aide à domicile ou aide par le travail.
éducation, santé et action socialeL’économie sociale est composée d’entités
mais aussi services aux particuliersréparties sur l’ensemble du territoire. Mais
c’est dans l’Ouest de la France et en zone
Les salariés de l’économie sociale travaillent
rurale que l’implantation est la plus forte. essentiellement dans les activités financières
(coopératives et mutuelles), les services aux
particuliers et l’éducation, la santé, et l’action
En 2006, l’économie sociale représente 9,8 % sociale (associations pour l’essentiel). La
de l’emploi salarié national hors agriculture, et contribution de l’économie sociale à chacun
8 % de la masse salariale (définitions). Sur les de ces secteurs est respectivement de 29 %,
22 millions de salariés que compte le pays, 2,1 10 % et 25 % de la masse salariale nationale.
millions travaillent dans ce secteur et sont L’économie sociale est aussi présente, mais
employés dans 203 000 établissements dans une moindre mesure, dans les industries
(tableau 1). agroalimentaires et les services aux entrepri-
ses (tableaux 2 et 3).
Répartition des salariés et des établis-
sements employeurs de l'économie
sociale par famille Principaux employeurs :
les associations
NombreEffectifs
d'établissements
au 31 décembre Avec 1,7 million de salariés, les associationsemployeurs
sont le principal employeur de ce secteur. Les
Coopératives 295 000 22 000
trois quarts des salariés de l’économie sociale
Mutuelles 117 000 7 000
travaillent au sein d’associations, pour un totalAssociations 1 676 000 173 000
de 7,6 % de l’emploi salarié total (privé etFondations 58 000 1 000
public). Les salaires y sont en moyenne plusTotal 2 146 000 203 000
faibles puisqu’ils ne représentent que 5,7 % deChamp : France.
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture). la masse salariale totale (graphique 1).
INSEE
PREMIERE173 000 associations emploient au moins travail, et 150 000 pour l’accueil des per- « équivalent temps plein » (définitions)
un salarié dans le secteur de l’économie sonnes handicapées (tableau 4). Ces ce secteur ne concentre que 9,1 % des
sociale en 2006. Les associations ont chiffres ne tiennent pas compte des emplois (alors qu’il représente 9,8 % de
recours à un grand nombre de postes bénévoles qui accompagnent ces asso- l’emploi salarié). Cela contribue à expli-
occupés sur de très courtes périodes ou ciations dans leurs missions. quer l’écart entre le poids de ce secteur
pour un nombre d’heures peu important : en effectif salarié et sa part dans la
dans les associations, un poste sur trois masse salariale nationale.
Des emplois essentiellementn’est pas un poste principal, contre un sur Les ouvriers sont assez peu présents
cinq dans l’ensemble de l’économie. Il est dans l’économie sociale, en dehorsféminins et à temps partiel
difficile de dénombrer les associations acti- des coopératives qui emploient 21 %
ves en France. En effet, une association L’économie sociale est un secteur très d’ouvriers, contre 27 % en moyenne
n’a aucune obligation de déclarer sa ces- féminisé : 70 % des emplois sont occu- nationale (tableau 5). Les mutuelles
sation d’activité et seul l’emploi d’au moins pés par des femmes dans les mutuelles, comme les associations font davan-
un salarié sur la période témoigne que l’as- les associations et les fondations, tage appel à des employés (45 % et
sociation est réellement active. contre 45 % dans le reste de l’économie 39 %, contre 32 % en moyenne natio-
Leurs champs d’intervention sont principa- (graphique 3). L’emploi à temps partiel nale) et à des professions intermédiai-
lement l’action sociale (45 % des emplois), y est plus développé qu’ailleurs : en res (34 % et 32 %, contre 23 % en
l’éducation (20 %), la santé (8 %), le sport
(4 %) et la culture (3 %) (graphique 2). Encadré 1
Au sein des associations, ce sont plus de L’économie sociale
120 000 salariés qui œuvrent pour l’aide
En France, l’économie sociale est couramment définie comme le regroupement desà domicile, 130 000 pour l’aide par le
structures économiques qui partagent des principes fondateurs définis dans une charte
commune publiée en 1980 : fonctionnement démocratique, liberté d’adhésion, but non Part de chaque famille
lucratif (non appropriation individuelle des excédents financiers, à l’exception des
de l'économie sociale
sociétés coopératives), dimension humaine au centre de la finalité des entreprises.
dans l'emploi et les salaires
Ces principes garantissent une certaine stabilité aux entreprises de l’économie sociale, qui
sont profondément ancrées dans une forte dynamique territoriale. Ils permettent également
à chaque sociétaire d’avoir une voix égale aux autres (quel que soit son apport financier)
notamment lors du choix des orientations prises par sa structure. Le périmètre de l’éco-
nomie sociale est donc défini par la forme juridique des entreprises, et non par leur domaine
d’intervention. La sélection statistique des établissements de l’économie sociale est essen-
tiellement guidée par l’identification de leur appartenance à ces catégories juridiques.
Les structures de l’économie sociale sont classées en quatre grandes familles :
– les coopératives : ce sont des groupements de personnes poursuivant des buts éco-
nomiques, sociaux ou éducatifs communs. Elles sont gérées par leurs propres membres, à
leurs risques et sur la base de l’égalité des droits et obligations entre chaque sociétaire ;
– les mutuelles : elles regroupent des personnes qui choisissent de répartir collective-
ment les coûts de la prévention et de la réparation des risques auxquels elles sont soumi-
Champ : France. ses. Leur principe fondateur est donc la solidarité. Les mutuelles ont pour ressources
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
principales les cotisations des adhérents. Elles affectent ces ressources à des actions de
prévoyance et à l’indemnisation de leurs adhérents victimes de dommages ou de sinistres ;
Part de l'économie sociale
– les associations : la loi de 1901 définit une association comme étant « une
dans la masse salariale
convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun de façon
pour chaque activité économique
permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de parta-
Activités économiques en % ger des bénéfices ». Les associations représentent la majorité des établissements
Industries agricoles et alimentaires 5,6 du domaine de l’économie sociale ;
Industries des biens de consommation 0,9
– les autres acteurs de l’économie sociale : ils ne comprennent que les fondations,
Industrie automobile 0,1
telles que la Fondation santé des étudiants de France ou la Fondation orphelins ap-
Industrie des biens d'équipement 0,2
prentis d’Auteuil.Industrie des biens intermédiaires 0,4
Énergie 0,2
Construction 0,9 Part de l'économie sociale dans la masse salariale pour quelques activités
Commerce 2,2
économiques, pour les coopératives, mutuelles et associationsTransports 1,1
en %Activités financières 28,5
Activités immobilières 0,6 Coopératives Mutuelles Associations
Services aux entreprises 2,3 Ensemble de l'économie sociale 1,6 0,6 5,7
Services aux particuliers 10,2
dont : activités financières 19,4 8,8 0,4Éducation, santé, action sociale 24,9
services aux particuliers 0,2 0,0 9,9Administration 6,6
éducation, santé, action sociale 0,0 0,7 22,9Total 8,1
Champ : France. Champ : France.
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture). Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIEREmoyenne nationale). La nature des l’économie sociale dans l’effectif salarié Quelques régions ont une économie
emplois est liée aux champs mêmes est de 6,6 % (carte A). sociale rurale très développée (Bretagne,
d’intervention de l’économie sociale, Cet ancrage territorial, plus marqué Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon),
concentrés dans les activités financiè- pour le secteur de l’économie sociale portée par un grand dynamisme associa-
res, les services aux particuliers et l’édu- que pour d’autres activités, est souvent tif. La Corse est nettement en retrait avec
cation, la santé, et l’action sociale. lié à la petite taille de ses entreprises. seulement 5 % de l’emploi salarié dans
Leur centre de décision est donc le l’économie sociale en milieu rural.
plus souvent local. Leur mode de gou- L’Alsace,laLorraineetlaPicardiesedistin-
Une forte implantation vernance (un homme, une voix) guent elles aussi par un niveau moindre de
implique que le processus de décision l’emploi associatif en milieu rural (carte B).des emplois à l’Ouest
reste largement ancré à l’échelon local,
Bien que l’économie sociale soit com- même dans les grandes structures Répartition de l'emploi
posée de structures réparties sur l’en- comme les mutuelles. Enfin, l’éco- au sein des associations
semble du territoire, l’implantation de nomie sociale a un impact positif sur par secteur de l'action sociale
ses emplois est plus marquée dans l’économie locale, avec le développe- EffectifsSecteurs de
%l’Ouest de la France. Ces régions ont ment des services de proximité, l'action sociale au 31 décembre
comme point commun une surrepré- notamment dans les secteurs du social
Aide à domicile 7,4 124 000
sentation des activités coopératives et et de la santé.
Aide par le travail 7,7 129 000
associatives. En Poitou-Charentes, Accueil des personnes 9,0 152 000
l’activité mutualiste est particulièrement handicapées
Un poids plus importantimportante. À l’inverse, l’Île-de-France 4,0 67 000
âgéeset la Corse ont une faible part de leur en milieu rural
Crèches et garderies 1,7 29 000économie orientée vers ce secteur : en
Autres actions sociales 15,0 251 000Île-de-France, l’activité économique est L’économie sociale est davantage pré-
Total 44,8 752 000
essentiellement tournée vers les activi- sente en milieu rural. Elle y représente
Lecture : 44,8 % des emplois dans les associations relèventtés financières et les services aux 12 % des emplois salariés, dont 2 %
du secteur de l'action sociale.
entreprises ; en Corse, l’activité asso- dans les coopératives et 9,3 % dans les Champ : France.
ciative est relativement faible, la part de associations. Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
Répartition de l'emploi associatif Répartition des salariés par sexe et par famille de l'économie sociale
par secteur d'activité
Champ : France. Champ : France.
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture). Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
Les catégories socioprofessionnelles dans l'économie sociale
en %
Ensemble
Catégories socioprofessionnelles Coopératives Mutuelles Associations Fondations
de l'économie
Agriculteurs exploitants c. 0,0 0,0 c. 0,0
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise c. 0,5 0,2 c. 0,5
Cadres et professions intellectuelles supérieures 16,8 18,2 16,9 15,2 18,1
Professions intermédiaires 38,9 33,7 32,0 37,5 22,9
Employés 22,5 44,7 38,6 38,9 31,7
Ouvriers 21,3 2,9 12,3 8,2 26,8
Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
(c. : secret statistique)
Champ : France.
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
INSEE - 18, BD ADOLPHE PINARD - PARIS CEDEX 14 - TÉL. : 33 (0) 1 41 17 50 50
INSEE
PREMIERELe référentiel d’entreprises et d’établisse-Part régionale de l’économie sociale dans l’effectif salarié
ments est constitué à partir du Répertoire na-
tional des entreprises et des établissements
(Sirene).
Les données sur l’emploi salarié résultent
d’une mise en cohérence des informa-
tions issues de l’exploitation de trois sour-
ces : les DADS (Déclarations annuelles
de données sociales) ; les bordereaux ré-
capitulatifs de cotisations de l’Urssaf
(Unions de recouvrement des cotisations
de sécurité sociale et d’allocations fami-
liales) et les fichiers de paye de la fonction
publique d’État.
Définitions
La masse salariale est le cumul des ré-
munérations brutes des salariés de l’éta-
blissement (hors cotisations patronales).
Champ : France. Cette notion de masse salariale est uti-
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture). lisée dans les statistiques produites par le
système d’information « Connaissance
Part régionale de l’économieEncadré 2 locale de l’appareil productif » (Clap). Les
sociale dans l’effectif salarié, rémunérations correspondent aux salai-Géographie de
en milieu rural* res et primes des salariés au cours de
l’économie sociale
l’année d’exercice. Pour les établisse-
ments abritant à la fois des agents de laLes tableaux statistiques régionaux et na-
fonction publique d’État et des salariés à
tionaux de l’économie sociale sont consul-
statut privé, les rémunérations se cumu-
tables gratuitement sur le site de l’Insee
lent selon les mêmes règles que pour l’ef-
(www.insee.fr), dans le thème « Éco-
fectif au 31 décembre.
nomie », rubrique « Données détail- L’emploi en équivalent temps plein cor-
lées ». Ils seront mis à jour chaque année, respond au nombre total d’heures travail-
à partir de la source Clap (Connaissance lées divisées par la moyenne annuelle des
locale de l’appareil productif) qui utilise heures travaillées dans des emplois à plein
temps sur le territoire économique.des données issues de plusieurs sources
(Urssaf, DADS, fichier des agents de
l’État, etc.). Ces tableaux ne retiennent Bibliographie
que les emplois « non annexes »,
c’est-à-dire d’une durée ou d’un niveau de
Auriac E., Desbordes C., Coly B., Mala-rémunération suffisants. Seuls les em-
bou D., « L’économie sociale en Limousin :
plois principaux sont comptés, ce qui
plus d’un emploi salarié sur dix », Focal Insee
laisse de côté l’analyse plus fine de l’em- * résultats non significatifs pour l’Île-de-France en raison du Limousin n° 44, mars 2008.
ploi. À partir de 2009, ces données inclu- faible nombre d’établissements dans les communes rurales.
Ruhlmann O., « L’économie sociale et soli-
Champ : France.ront le champ de l’agriculture (sur des daire fortement ancrée dans les territoires
Source : Insee, Clap 2006 (hors agriculture).
chiffres de 2007). de Midi-Pyrénées », 6 Pages de l’Insee
Le périmètre de l’économie sociale, discu- n° 107, février 2008.Sources
té et validé par le Conseil national des ChopartJ.-N.,NeyretG.,RaultD., Les dy-
namiques de l’économie sociale et soli-Chambres régionales de l’économie so-
Connaissance locale de l’appareil productif daire, collection Recherches, éditions Laciale et la Délégation interministérielle à
(Clap) : c’est un système d’information ali- Découverte, 2006.l’innovation, à l’expérimentation sociale et
menté par différentes sources dont l’objectif Robert V., L’irrésistible montée de l’éco-
à l’économie sociale, est lui aussi mis à la
est de fournir des statistiques localisées au nomie sociale. Un projet, une culture, des
disposition de tous pour permettre une har-
lieu de travail jusqu’au niveau communal, sur valeurs, collection Monde d’aujourd’hui,
monisation des publications statistiques.
l’emploi salarié et les rémunérations. éditions Autrement, 2007.
INSEE PREMIÈRE figure dès sa parution sur le site Internet de l'Insee : www.insee.fr (rubrique Publications)
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