Les années 90 : emploi et population active sur un même sentier de croissance(Octant n° 86)

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La Bretagne comptait 1 259 000 actifs en 1999, soit 75 000 actifs de plus qu'en 1990. Trois effets concourent à la variation de la population active : le renouvellement des générations qui « explique » l'essentiel de la croissance, la baisse globale du taux d'activité et les migrations de population qui en définitive, ont apporté un surcroît d'actifs dans la région. La population active dans la terminologie de l'INSEE, regroupe les personnes ayant un emploi, les chômeurs et les militaires du contingent. Au cours de ces neuf années, le solde net de créations d'emplois s'élève à 77 700 emplois et dépasse la croissance de la population active. Une partie de ces emplois a été occupée par des personnes résidant à l'extérieur de la région (2 250). Les listes d'attente du chômage se sont allongées de 5 800 demandeurs d'emploi. Le nombre de militaires du contingent a diminué de 6 200 unités.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Population active
Les années 90 :
emploi et population active
sur un même sentier de croissance
La Bretagne comptait 1 259 000 actifs en 1999, soit 75 000 actifs
de plus qu’en 1990. Trois effets concourent à la variation
de la population active : le renouvellement des générations
qui “explique’’ l’essentiel de la croissance, la baisse globale
du taux d’activité et les migrations de population qui en définitive,
ont apporté un surcroît d’actifs dans la région.
La population active dans la terminologie de l’INSEE, regroupe
les personnes ayant un emploi, les chômeurs et les militaires
du contingent.
Au cours de ces neuf années, le solde net de créations d’emplois
s’élève à 77 700 emplois et dépasse la croissance de la population
active. Une partie de ces emplois a été occupée par des personnes
résidant à l’extérieur de la région (2 250). Les listes d’attente
du chômage se sont allongées de 5 800 demandeurs d’emploi.
Le nombre de militaires du contingent a diminué de 6 200 unités.
a population active bretonne a de la population active entre 1990 et groupes 15-19 ans et 20-24 ans entreLaugmenté en moyenne de 1999. Les générations arrivant à l’âge 1990 et 1999. A l’autre bout de la vie
0,69 % par an entre 1990 et 1999 actif ont été plus nombreuses que cel- active, les 55-59 ans sont eux aussi
(contre 0,42 % entre 1982 et 1990). les qui ont pris leur retraite. Sous le moins nombreux qu’en 1990. La
seul effet du renouvellement naturel baisse des naissances pendant la se-
des générations, c’est à dire à taux conde guerre mondiale a réduit les ef-
Une forte augmentation d’activité constant et hors migrations, fectifs de cette tranche d’âge de près
la population active aurait augmenté d’un quart par rapport à 1990.des générations
de 81 200 personnes. Ce glissementen âge de travailler
naturel est de même importance Le vieillissement de la génération dite
qu’entre 1982 et 1990. du « baby boom » a provoqué une
augmentation de la population, active
La baisse de la natalité dans les an- ou non, d’environ 35 % pour lesL’augmentation du nombre des per-
nées 70 a fait diminuer les générations 50-54 ans et de plus de 55 % pour lessonnes en âge de travailler est la prin-
cipale composante de la croissance les plus jeunes : -14 et -9 % pour les 45-49 ans entre 1990 et 1999. De
4 Octant n° 86 - Juin 2001Population active
même les enfants des “baby boo- La population active en Bretagne aux deux recensements
mers”, qui ont entre 25 et 29 ans en
Variation1999, ont été nombreux à arriver sur 1990 1999 1990/1999
le marché du travail au cours de la
Population active résidente (en millier) 1 184,1 1 259,1 + 6,3 %dernière décennie.
Population active résidente ayant un emploi
1 044,4 1 119,9 + 7,2 %(en millier)
Nombre d’emplois au lieu de travailUne vie active plus courte 1 031,8 1 109,4 + 7,5 %
(en millier)
Chômeurs 127 792 133 601 + 4,5 %
Militaires du contingent 11 893 5 677 - 52,3 %
Si la structure de la population par Solde des navettes domicile-travail - 12 675 - 10 422 + 2 253
sexe et âge avait été identique à celle
Champ : 15-65 ans
de 1990, le taux d’activité global au- Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
rait diminué d’un demi-point entre
1990 et 1999. Des modifications im-
portantes de comportement se sont
opérées aux différents âges de la vie Décomposition de la variation de la population active bretonne
active qui ont limité la croissance de entre 1990 et 1999
la population active. Toutefois le taux
Variation Variationd’activité des 15-65 ans a augmenté
absolue en %
de 2,4 points depuis 1990. Cette pro-
Variation totale de la population active + 75 038 + 6,34gression du taux global est liée à la dé-
formation de la pyramide des âges car Effet génération + 81 184 + 6,86
les effectifs ont beaucoup augmenté Effet migration d’actifs + 3 305 + 0,28
dans les âges où les taux d’activité Effet variation des taux d’activité - 9 452 - 0,8
sont élevés.
dont : moins de 25 ans - 28 135 - 19,2
de 25 à 54 ans : + 30 409 + 3,3
Les taux d’activité ont baissé aux deux
- hommes - 3 131 - 0,6extrémités de la vie active pour les
- femmes + 33 540 + 8,2hommes comme pour les femmes.
D’une part, la population active des 55 ans et plus - 11 726 - 10,3
garçons et des filles de 19 à 26 ans di- Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
minue fortement. Cette baisse résulte
de deux phénomènes : la prolonga-
tion de la durée des études et la dimi-
nution du nombre de militaires du sont actifs en 1999, contre respective- les filles que les garçons. L’âge
ment 62 % et 68 % en 1990. Le phé- d’entrée dans la vie active a reculé encontingent comptabilisés on le sait,
nomène d’allongement de la durée moyenne d’une année chez les fillesdans la population active. A 22 ans,
des études semble plus marqué chez entre 1990 et 1999.46 % des filles et 56 % des garçons
Octant n° 86 - Juin 2001 5Population active
Quelques définitions
Population active résidante = personnes résidantes ayant un emploi + chômeurs + militaires du contingent
Actif occupé = actif ayant un emploi
Emploi au lieu de résidence = ensemble des actifs occupés résidant dans une zone au lieu de travail = des actifs travaillant dans une zone qu’ils y résident ou non
Navettes domicile - travail (appelées aussi migrations alternantes) = déplacements entre domicile et lieu de travail
Solde des navettes = différence entre les personnes qui entrent dans une zone pour travailler et les personnes qui quittent la zone
pour se rendre à leur travail ( = entrées - sorties). C’est aussi la différence entre l’emploi au lieu de travail et l’emploi au lieu de
résidence
Taux d’activité = population active résidante / ensemble de la population
Taux de chômage = nombre de chômeurs / population active résidante
NB : Dans cette étude le champ se limite à la des 15 à 65 ans. Les taux d’activité sont calculés sur des classes d’âge ou sur
la population des 15-65 ans.
Les équations du bouclage
La variation de la population active entre les recensements de 1990 et 1999 se décompose en trois facteurs :
- l’effet génération = (proj_pop 99* - population 90) x taux d’activité 99
- l’effet migration = (population 99 - proj_pop 99*) x taux d’activité 99
- l’effet variation des taux d’activité = population 90 x (taux 99 - taux d’activité 90)
* proj_pop99 = population 1999 calculée s’il n’y avait eu aucune migration entre 1990 et 1999. Ce nombre est obtenu en faisant
vieillir de 9 ans la de 1990, puis en retirant le nombre de décès enregistrés au cours des 9 années dans les classes d’âge
que les personnes auraient atteint en 1999 si elles avaient vécu. Les naissances n’ont pas été ajoutées, les enfants nés au cours de la
période n’ayant pas atteint l’âge actif en 1999.
variation de population active = effet génération + effet migration + effet variation des taux d’activité
L’ajustement avec le marché du travail appelé “bouclage du marché du travail” se fait selon l’équation :
variation de population active = [variation d’emploi au lieu de travail - variation solde des navettes]
+ [variation du chômage]
+ [variation du nombre de militaires du contingent]
6 Octant n° 86 - Juin 2001Population active
Les jeunes ont continuéD’autre part l’avancement de l’âge de des comportements a généré une ar-
départ à la retraite commence à peser rivée de 33 000 femmes dans le à quitter la Bretagne
sur les effectifs de la population active monde du travail au cours de la dé- pour prendre un travail
à partir de 57 ans pour les hommes et cennie. A 27 ans, 86 % des femmes
de 58 ans pour les femmes. Le recul sont actives (84 % en 1990) et la nais-
de l’activité a été particulièrement sance des enfants réduit à peine le
marqué chez les hommes de 59 et 60 taux d’activité féminin, il redescend à La population active régionale (chô-
ans, le taux d’activité des hommes à 84 % entre 32 et 36 ans (80 % en meurs ou actifs ayant emploi résidants
cet âge a en effet diminué de 15 points 1990) pour remonter à 86 % à 38 ans. en Bretagne) s’est légèrement accrue
entre 1990 et 1999. Il reste supérieur à 80 % jusqu’à 50 grâce aux migrations résidentielles de
ans en 1999 (en 1990 seulement deux population qui sont redevenues excé-
femmes sur trois étaient actives à cet dentaires au cours de la décennie 90.
Les femmes plus souvent âge). L’activité féminine décroît en- Entre 1982 et 1990, la Bretagne avait
suite et passe au-dessous de son ni-actives qu’antérieurement enregistré un solde migatoire d’actifs
veau de 1990 à 58 ans. déficitaire.
En revanche, le taux d’activité des Les migrations résidentielles d’actifs
hommes de 25 à 54 ans s’est légère- entre 1990 et 1999 sont cependantLa hausse de l’activité féminine a con-
déficitaires entre 20 et 32 ans. Le défi-tribué fortement à l’augmentation de ment replié (95,0 % à 94,2 %) mais
cit d’actifs de 21 à 32 ans est estimé àla population active, mais un peu reste élevé. L’écart entre les taux d’ac-
moins qu’entre 1982 et 1990. Le taux tivité masculine et féminine (de 25 à environ 38 500 actifs. Les 25-29 ans
d’activité des femmes de 25 à 54 ans a 54 ans) s’est donc réduit de 7 points (il ont été les plus nombreux à quitter la
augmenté de plus de 6 points entre est passé de 18 points en 1990 à 11 région (déficit de 27 000), souvent
1990 et 1999. Cette simple évolution points en 1999). pour prendre un premier emploi. Les
Les taux d’activité aux deux recensements
Variation
1990 1999 1990/1999
Globalement le taux d’activité des 15-65(en points)
ans a augmenté entre 1990 et 1999 de 2,4
Taux d’activité (en %) des 15-65 ans 64,1 66,5 + 2,4 points en raison de la forte augmentation
des effectifs des générations à fort tauxdont : hommes 15-24 ans 37,1 30,9 - 6,2
d’activité. Si la structure de la populationfemmes 15-24 ans 30,4 23,4 - 7,0
1999 (par âge et sexe) avait été identique à
hommes 25-54 ans 95,0 94,2 - 0,8 celle de 1990 le taux d’activité global au-
femmes 25-54 ans 77,0 83,2 + 6,2 rait diminué de 0,5 point entre les deux
derniers recensements.hommes 55-65 ans 38,7 31,5 - 7,2
femmes 55-65 ans 28,4 25,7 - 2,7
Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
Octant n° 86 - Juin 2001 7Population active
migrations de ces jeunes représentent L’ajustement sur le marché du travail entre 1990 et 1999
une perte d’actifs potentiels de près de
16 % dans la tranche des 25-29 ans, Variation en %
Variation de la populationce qui équivaut au surcroît de popula- absolue active 1990tion lié à l’effet génération dans cette
tranche d’âge. En définitive après Variation totale de la population active + 75 038 + 6,34
prise en compte de ces départs, le + Accroissement de l’emploi en Bretagne + 77 698 + 6,56
nombre d’actifs de cette génération - Variation du solde des navettes
- 2 253 - 0,19est donc équivalent à celui de 1990. domicile-travail
+ Variation du nombre de militaires - 6 216 - 0,52Ces départs aux âges les plus jeunes du contingent
ont été compensés numériquement + Variation du chômage + 5 809 + 0,49
par les arrivées d’actifs plus âgés au
Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999
cours de la décennie. Le solde migra-
toire d’actifs redevient en effet large-
ment positif à partir de 33 ans et reste l’offre d’emploi dans la région a pro- de 500 unités. Le nombre de jeunes
élevé jusqu’à 45 ans, puis décroît en- gressé de 77 700 postes de travail. Les chômeurs et surtout de jeunes chô-
suite l’âge de la retraite. Ce créations d’emploi ont induit une meuses (moins de 25 ans) a nettement
profil migratoire est identique pour les amélioration du solde des navettes diminué, en lien sans doute avec l’al-
hommes et les femmes. domicile-travail (+ 2 250) : les actifs longement des études, générales ou
des régions voisines sont de plus en professionnelles. Le chômage des
Par contre, les migrations définitives plus nombreux à venir travailler en plus de 55 ans a diminué aussi. A l’in-
varient selon la situation d’emploi : Bretagne. Certes, le solde des en- verse il a nettement augmenté chez
les arrivées de personnes ayant un trées-sorties quotidiennes reste en- les 25-29 ans et les 45-55 ans. Pour
ces derniers il ne s’agît pas d’une ag-emploi sont moins nombreuses que core négatif en 1999 mais moins
gravation du chômage mais d’uneles départs tandis que les arrivées de qu’en 1990. La hausse de l’emploi en
augmentation liée à l’importance dechômeurs sont un peu plus importan- Ille-et-Vilaine a profité aux actifs des
cette génération.tes que les départs. Les jeunes partent régions voisines, le solde des navettes
souvent seuls chercher un travail à domicile-travail s’est amélioré notam-
l’extérieur de la région. Les arrivées ment pour les jeunes de 18 à 25 ans Rappelons que le recensement a été
d’actifs se faisant à un âge plus avan- des deux sexes sur l’ensemble de la réalisé en mars 1999. Deux ans plus
cé, les « immigrants » qui ont trouvé Bretagne. A partir de 29 ans et jusqu’à tard, le résultat serait plus positif
un emploi, sont parfois accompagnés 45 ans, le différentiel toujours positif encore. Le nombre de demandeurs
d’un conjoint demandeur d’emploi. profite essentiellement aux hommes. d’emploi de catégorie 1* inscrits à
Après 45 ans, le solde des navettes l’ANPE en Bretagne est passé de
s’est détérioré, les hommes sont un 125 400 en mars 1999 à 84 400 en
En Bretagne, peu plus souvent amenés à quitter la mars 2001.
région pour se rendre à leur travailla croissance de l’offre
qu’en 1990. Enfin, on avait recensé près 11 900
d’emploi a dépassé
militaires du contingent résidants
l’augmentation dans la région en 1990, ils n’étaient
de la population active plus que 5 700 en 1999.Le nombre des chômeurs
a moins augmenté
Irène HOUSSAIS
qu’au cours de la décennie 80
Comment ont évolué les différentes
composantes de la population active
entre 1990 et 1999 dans la région ?
La croissance de l’offre de travail n’a
toutefois pas endigué la montée du Pour en savoir plus :Entre 1982 et 1990, la population ac-
chômage entre 1990 et 1999 : le
tive avait augmenté de 39 000 person-
- “Chômer au pays ou partir ?” -nombre de chômeurs (tel qu’il a été
nes mais face à la croissance de cette Octant n° 51, INSEE Bretagne -déclaré par les personnes au recense-
force de travail, l’économie bretonne Octobre 1992 ;ment) a augmenté de 4,5 %, ce qui re-
n’avait dégagé qu’une croissance
présente 5 800 chômeurs supplémen- - “Une évolution de l’emploi forte-
nette de 2 400 emplois. L’ajustement
taires. Entre 1982 et 1990, la hausse ment liée à la démographie” - Réfé-
s’était alors opéré par une forte aug-
rence n° 32, INSEE Pays-de-la Loire -avait été beaucoup plus importante
mentation du chômage (+32 800) et
Décembre 2000 ;(+ 32 846 chômeurs). Les hommes ont
par une dégradation du solde des na-
été plus touchés que les femmes : en - “Les migrations en France entrevettes domicile-travail (- 3 500) : les
1999 on dénombre 6 300 hommes au 1990 et 1999 : Les régions de l’OuestBretons étaient de plus en plus nom-
chômage de plus qu’en 1990, tandis de plus en plus attractives” - INSEE
breux à exercer leur activité à l’exté-
que le nombre de femmes a diminué Première n° 758 - Février 2001 ;
rieur de la région.
- “Comment se sont équilibrés les
marchés régionaux du travail de-* personnes à la recherche d’un emploi à tempsLe résultat est bien meilleur entre
plein et à durée indéterminée, immédiatement puis 10 ans” - Économie et Statis-1990 et 1999 puisqu’en regard de
disponible, et n’ayant pas travaillé plus de 78 tique n° 253 - Avril 1992.
l’augmentation des 75 000 actifs, heures dans le mois.
8 Octant n° 86 - Juin 2001

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