Les bas salaires en Midi-Pyrénées

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Percevoir une rémunération faible est fréquent pour les salariés les plus jeunes ou les moins qualifiés. Néanmoins d'autres facteurs, comme être une femme, exercer son emploi à temps partiel, être salarié d'une entreprise de taille réduite, travailler dans certains secteurs d'activité ou résider dans certaines zones d'emploi de la région, renforcent fortement le risque de percevoir un bas salaire.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Numéro 44 : décembre 2000
Les bas salaires en Midi-Pyrénées
Une plus forte concentration des bas salaires en Midi-Pyrénées
Distribution des salaires en 1997 (de 4 000 F à 7 000 F)
France : les 20 % des emplois les moins rémunérés
Midi-Pyrénées : les 20 % des emplois les moins rémunérés
% Emplois rémunérés au voisinage du SMIC
2,5
Midi-Pyrénées : seuil 20 % : 6 169 F
SMIC : 5 381 F
France : seuil 20 % : 6 431 F
2,0
France
Midi-Pyrénées
1,5
1,0
0,5
0
tranche de salaire mensuel (francs)
Source : Insee - DADS 97
Note de lecture : En Midi-Pyrénées, 2 % des salariés gagnent entre 5 300 F et 5 400 F pour 1,3 % environ au niveau France.
INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES ÉCONOMIQUESPercevoir une rémunération faible est fréquent
DIRECTION REGIONALE
DE MIDI-PYRENEES
pour les salariés les plus jeunes ou les moins qualifiés.
Téléphone : 05 61 36 61 36
Télécopie : 05 61 36 62 00
Adresse : 36, rue des Trente-Six-PontsNéanmoins d’autres facteurs, comme être une femme,
31054 TOULOUSE CEDEX 4
Directeur de la publication :exercer son emploi à temps partiel, être salarié d’une
Benjamin Camus
Rédacteur en chef :
entreprise de taille réduite, travailler dans certains Bruno Mura
Maquettiste :
Madeleine Cambounetsecteurs d’activité ou résider dans certaines zones
Imprimeur : Reprographie Moderne, 31770 Colomiers
Dépôt légal : décembre 2000d’emploi de la région, renforcent fortement le risque
ISSN : 1262-442X
CPPAP : 183AD
SAGE : SIPAG4476de percevoir un bas salaire.
Prix : 15 F - 2,29
1
4 000-4 100
4 100-4 200
4 200-4 300
4 300-4 400
4 400-4 500
4 500-4 600
4 600-4 700
4 700-4 800
4 800-4 900
4 900-5 000
5 000-5 100
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5 200-5 300
5 300-5 400
5 400-5 500
5 500-5 600
5 600-5 700
5 700-5 800
5 800-5 900
5 900-6 000
6 000-6 100
6 100-6 200
6 200-6 300
6 300-6 400
6 400-6 500
6 500-6 600
6 600-6 700
6 700-6 800
6 800-6 900
6 900-7 000Les bas salaires en Midi-Pyrénées
es bas salaires peuvent le niveau de rémunération dépend les hommes (15% ). Les jeunes sont
s’apprécier par rapport au salaire fortement du type de poste occupé, des également très concernés par les basLminimum (SMIC) ou à un seuil caractéristiques du salarié et de salaires. En Midi-Pyrénées comme en
relatif des salaires. Dans cette étude, l’entreprise qui l’emploie. France, environ un salarié de moins de
sont considérés comme “emplois à bas 25 ans sur deux a perçu, en 1997, une
salaires” les 20 % des emplois les moins Du temps partiel, rémunération inférieure au seuil retenu
rémunérés parmi les emplois des femmes, des jeunes comme bas salaire. La proportion est
occupés par les salariés du secteur privé encore de un sur trois pour les salariés
et semi-public, résidant en Midi- La part des faibles rémunérations âgés de 25 à 30 ans. Ce constat est lié
Pyrénées. En 1997, ils correspondaient horaires est beaucoup plus élevée parmi au fait que les jeunes occupent sou-
aux emplois rémunérés jusqu’à un les emplois à temps partiel que parmi vent des emplois moins qualifiés que
salaire net mensuel de 6 169 F. Parmi les emplois à temps complet : près de leurs aînés, mais également au rôle joué
les 92 400 emplois à bas salaire 40 % des emplois à temps partiel ont par l’expérience professionnelle, à qua-
dénombrés en 1997 dans la région, été rémunérés à bas salaire en 1997, lification égale, dans la détermination
près d’un sur deux était “au voisinage alors que seuls 16 % des emplois à du niveau de salaire. A titre d’exemple,
du SMIC”, c’est-à-dire compris entre temps complet sont dans ce cas et ceci 59 % des ouvriers non qualifiés de
0,80 et 1,02 fois le SMIC, dont la aussi bien en Midi-Pyrénées qu’au moins de 25 ans ont perçu un bas
niveau national. Les femmes sont salaire, cette proportion chute à 35 %valeur moyenne était de 5 381 F en 1997.
presque deux fois plus souvent rému- pour ceux ayant entre 30 et 35 ans et
Des bas salaires nérées à bas salaire (28 %) que passe à 30 % pour ceux de plus de 50 ans.
plus concentrés
en Midi-Pyrénées
Beaucoup de temps partiel dans les emplois
à bas salaires en Midi-PyrénéesAu niveau national, les bas salaires -
Distribution des salaires (de 4 000 F à 9 000 F) selon la condition d'emploi les 20 % des emplois les moins
Les 20 % des emplois
rémunérés - correspondaient en 1997 les moins rémunérés
à des salaires mensuels inférieurs à Emplois rémunérés
% au voisinage du SMIC 6 431 F, soit près de 300 F de plus 12
SMIC : 5 381 F
qu’en Midi-Pyrénées. Près d’un tiers
10d’entre eux étaient situés au voisinage Salaire seuil des 20 % des emplois les moins rémunérés : 6 169 F
du SMIC ; ces emplois au v
8
du SMIC représentent 6,5 % des
Emplois à temps partiel
emplois salariés en France en 1997. Laà temps complet6
même année, 8,6 % des salariés
4résidant en Midi-Pyrénées étaient
rémunérés au voisinage du SMIC, soit
2près de deux points de plus qu’en
France. La région Midi-Pyrénées
0
présente ainsi une concentration
des bas salaires beaucoup plus forte
tranche de salaire net mensuelqu’au niveau national, elle résulte
Source : Insee - DADS 97
essentiellement de la structure Note de lecture : Un peu plus de 4 % des salariés à temps complet gagnent entre 6 000 et 6 250 F
pour 8 % des salariés à temps partieldes emplois de la région ; en effet,
2
4 000-4 250
4 250-4 500
4 500-4 750
4 750-5 000
5 000-5 250
5 250-5 500
5 500-5 750
5 750-6 000
6 000-6 250
6 250-6 500
6 500-6 750
6 750- 7 000
7 000-7 250
7 250-7 500
7 500-7 750
7 750-8 000
8 000-8 250
8 250-8 500
8 500-8 750
8 750-9 000© Insee 2000 - IGN 1999
Des emplois Des disparités ques, connaît un taux de bas salaires
peu qualifiés géographiques faible (16 %). A l’inverse, les départe-
assez marquées ments du Gers, du Lot et de Tarn-et-
Le niveau de rémunération va Garonne affichent des proportions de
évidemment de pair avec la qualifica- La répartition géographique des bas salaires supérieures à 24 %. Dans les
tion. C’est chez les employés peu bas salaires dans la région n’est pas uni- autres départements, les zones d’emploi
qualifiés que la proportion de bas forme. La zone d’emploi de Toulouse, où les bas salaires sont fréquents sont
salaires est la plus élevée, elle atteint qui abrite les activités les plus dynami- notamment celles en reconversion
49 %. Les agents de surveillance avec
Le concept de bas salaireune proportion de bas salaires de 39 %,
les employés de commerce (47 %) et
Plusieurs concepts peuvent être retenus pour définir les bas salaires : le salaireles personnels des services directs aux
minimum de croissance (SMIC), un seuil relatif à l’ensemble des salaires (par
(1)particuliers (53 %) sont les plus exemple les deux tiers du salaire médian ), le salaire en dessous duquel se trou-
concernés. A l’inverse, 20 % des vent les 10 % ou les 20 % des salariés les moins rémunérés.
employés qualifiés perçoivent un bas Ces différents concepts sont le plus souvent normatifs et assez peu robustes dans le
salaire. La part des ouvriers percevant temps. Par exemple, si on considère les salariés rémunérés au voisinage du SMIC
comme étant les salariés à bas salaires, leur nombre peut être très variable d’uneun bas salaire est plus faible que celle
année à l’autre au gré des revalorisations du salaire minimum. Ainsi, en Midi-des employés (25 % pour les ouvriers, Pyrénées, 6,3 % de la population a été rémunérée au voisinage du SMIC en
32 % pour les employés). 1996, 8,6 % en 1997 et 12,9 % en 1998.
De même, retenir comme seuil de bas salaire les deux tiers du salaire médian
De petits aurait posé des problèmes de robustesse pour la région Midi-Pyrénées alors que
établissements, c’est le concept souvent utilisé dans les études nationales. En effet, le salaire égal
aux deux tiers du salaire médian est très faible en Midi-Pyrénées. En 1996, il estsurtout du tertiaire
très légèrement supérieur au SMIC, en 1997, il lui est égal et, en 1998, il est très
fortement inférieur au SMIC (5 482 F contre 5 845 F pour le SMIC). La popu-
La proportion des emplois rému- lation percevant des salaires inférieurs aux deux tiers du salaire médian est donc
nérés à bas salaire dépend également évidemment très peu nombreuse et ne peut être considérée comme représentative
des bas salaires.fortement de la taille de l’établissement
employeur et de son secteur d’activité. Ainsi, le concept qui est apparu le plus robuste pour la région et qui a donc été
retenu dans cette étude consiste à prendre comme seuil de bas salaire la borneAinsi, elle atteint 37 % pour les
supérieure des salaires perçus par les 20 % des salariés les moins rémunérés.établissements employant moins de
(1) Le salaire médian est le salaire tel que 50 % des salariés gagnent plus que ce salairecinq salariés pour seulement
(et donc également 50 % moins que ce salaire).11 % pour ceux de plus de 50 salariés.
Avec 23 % d’emplois à bas
Des disparités géographiques marquéessalaire, le secteur tertiaire est, parmi les
Proportion des emplois à bas salaire par zone d'emploi en 1997 grands secteurs d’activité de la région,
celui où le poids des bas salaires est le
Nord-du-Lot
plus fort. En particulier, 28 % des
Figeac-salariés du commerce et 21
Decazeville
Cahorssalariés des services ont perçu en 1997 Rodez
Villefranche-une rémunération nette inférieure à de-Rouergue
6 169 F. Dans l’industrie et dans la
Montaubanconstruction, 15 % des emplois sont à
Albi- Millau
Carmauxbas salaire. L’étude par secteur
Auch
d’activité à un niveau plus détaillé
révèle quelques secteurs où la propor- Castres-
MazametToulouse
tion de bas salaires est très forte. C’est
Tarbes
le cas des services aux particuliers
Saint-
Gaudens(qui comprend entre autres l’hôtellerie
Lanne- Proportion (en %)
Lave-et la restauration), du commerce de des emplois à bas salairemezan
Lourdes lanetSaint-Girons Foix-détail et des industries du textile, plus de 26
Pamiers de 23 à 26de l’habillement, du cuir et de
de 20 à 23
Source : Insee - DADS 1997 moins de 20l’agroalimentaire.
3industrielle, telles Lavelanet et Castres-
Des femmes, des jeunes, des emplois peu qualifiés
Mazamet, ou qui ont une activité
Les caractéristiques des salariés à bas salaire
assez peu développée comme Saint-0 102030405060 %
Sexe
15 Girons.
Homme Midi-Pyrénées15
28 FranceFemme
28 Des effets
Tranche d'âge de structure importants
5718 - 24 ans
52 La plupart des caractéristiques ne25 - 29 ans 29
30 sont pas indépendantes : les femmes
1930 - 34 ans sont plus souvent à temps partiel que19
1635 - 39 ans les hommes, elles occupent souvent des
16
13 postes faiblement qualifiés dans des40 - 49 ans
13
secteurs peu rémunérateurs ; les plus
1250 ans et plus
13 petites structures sont celles qui ont le
Catégorie socioprofessionnelle plus souvent recours aux emplois peu
5Chefs d'entreprises, cadres et professions qualifiés et au temps partiel (dans les
intellec. supérieures, prof. intermédiaires 5
établissements de moins de 10 salariés,20
Employés qualifiés
20 les emplois à temps partiel sont deux
53Employés peu qualifiés fois plus nombreux que dans les49
17Ouvriers qualifiés établissements de plus de 50 salariés).
18
41 On peut alors s’interroger sur l’effet
Ouvriers non qualifiés
38 % propre de chacune des caractéristiques
0 102030405060 du salarié, de l'établissement quiSource : Insee - DADS 97
Note de lecture : En Midi-Pyrénées, 15 % des hommes perçoivent un bas salaire pour 28 % des femmes. l’emploie, de la zone d’emploi où il
habite, dans le fait d’être rémunéré à
bas salaire. Ainsi, le bas salaire desDe petits établissements, essentiellement
du secteur tertiaire femmes résulte-t-il des caractéristiques
Les caractéristiques des établissements employant des salariés à bas salaire des emplois qu’elles occupent ou le%
0 102030405060 simple fait d’être une femme conduit-Taille de l'établissement :
37Moins de 5 salariés il véritablement, « toutes choses37
27De 5 à 9 salariés
26 Midi-Pyrénées égales par ailleurs », à un niveau de22De 10 à 49 salariés
21
12Plus de 50 salariés France rémunération moindre ? L’impor-
11
tance des bas salaires dans une zone
Secteur d'activité
14 d’emploi est-elle uniquement liée àIndustrie
15
dont : la structure économique de la zone
29 industrie agroalimentaire
30
20 ou existe-t-il un effet propre à la biens de consommation
24
44 dont : habillement-cuir zone ? Les emplois à temps partiel43
8 biens d'équipement
6 sont-ils moins rémunérés que les14 biens intermédiaires
15
32 emplois similaires mais à temps complet ? dont industrie du textile
33
14 Des effets propresConstruction
15
au salarié
28Commerce
28
dont : L’utilisation de modèles écono-
37 commerce de détail et réparations
36 métriques permet de répondre à ces
questions en éliminant les effets de
22Services
21 structure et en isolant l’effet propre de
dont :
21 chacun des facteurs étudiés. Certains
services aux entreprises 19
42 services aux particuliers de ces facteurs ont, de façon tout à fait41
46 dont hôtels et restaurants
41 attendue, un effet déterminant sur le
51 services personnels
48 % niveau de rémunération ; il s’agit du
0 102030405060Source : Insee - DADS 97
niveau de qualification et de l’âge : Note de lecture : Dans les établissements de moins de 5 salariés, 37 % des salariés perçoivent un bas salaire.
4le risque d’être à bas salaire est beau- 40 ans à se voir offrir des faibles rémuné- taille de l’établissement s’accroît. Ainsi,
coup plus fort pour les emplois les rations plus souvent qu’aux hommes ? notre individu de référence, qui a un
moins qualifiés et pour les jeunes. Mais risque de 32 % d’être rémunéré à bas
d’autres facteurs, plus inattendus, Des effets propres salaire en travaillant dans un établisse-
interviennent également dans le fait de à l’établissement ... ment de moins de 5 salariés, verrait
percevoir une faible rémunération : être cette probabilité diminuer et passer à
une femme renforce le risque d’être Au-delà de ces facteurs inhérents 23 % s’il travaillait dans un établissement
rémunéré à bas salaire, tout comme au salarié, des caractéristiques propres ayant entre 10 et 19 salariés et à 13 % dans
occuper un emploi à temps partiel. à l’établissement, comme la taille ou un établissement de plus de 50 salariés.
le secteur d’activité, interviennent dans
Si on prend pour individu de la détermination du niveau de rému- ... et à la zone d'emploi
référence un homme ayant entre 40 et nération, indépendamment de la struc-
49 ans, employé peu qualifié, ture des emplois qui y sont exercés. En De même, le risque de percevoir
travaillant à temps complet dans un particulier, la probabilité d’être à bas une faible rémunération est très variable
établissement commercial de moins de salaire diminue fortement quand la selon le secteur d’activité de l’emploi
5 salariés et résidant dans la zone d’em-
Des effets propres importants ploi de Toulouse, il a une probabilité
Ecarts de probabilité d'être rémunéré jusqu'à 6 169 F
%de 32 % de percevoir un bas salaire en
-30 -20 -10 0 10 20 30 40
1997. Un salarié ayant moins de 25 Référence
ans et présentant par ailleurs les Effet du sexe
Femme 11mêmes caractéristiques que l’individu
Effet de l'âge
de référence a une probabilité de 66 % 18-24 ans 34
20 25-29 ansde percevoir un bas salaire, soit deux 830-34 ans
35-39 ans 3fois plus importante que le salarié de
Plus de 50 ans - 240 à 49 ans. Cette probabilité est de 52 %
Effet de la condition d'emploi
Temps partiel 13pour un salarié ayant entre 25 et 30 ans.
Effet de la catégorie socioprofessionnelle
Cadres, professions intermédiaires - 26
Employés qualifiés - 16Les femmes présentant les mêmes
Ouvriers qualifiés - 8
caractéristiques que l’individu de réfé- Ouvriers non qualifiés 8
rence voient leur probabilité d’être à Effet de la taille de l'établissement
5 - 9 salariés - 6
bas salaire atteindre 43 %, soit 11 % 10 - 19 salariés - 9
- 12 20 - 49 salariésde plus que les hommes. De même,
plus de 50 salariés -19
pour l’individu de référence, exercer Effet du secteur économique
- 2Industries agricoles et alimentairesson emploi à temps partiel feraitie de l'habillement et du cuir 17
passer sa probabilité d’être à bas Autres industries des biens de consommation - 8
- 10Industrie des biens d'équipementsalaire de 32 % à 45 %. Une étude
Industrie du textile 10
complémentaire montre qu'il est légè- Autres industries des biens intermédiaires - 11
Industrie automobile, énergie - 21rement plus pénalisant pour un - 11Construction
- 7homme que pour une femme de Hôtels et restaurants
Effet de la zone d'emploitravailler à temps partiel. De même Montauban,Cahors, St-Girons, Foix-Pamiers 6
Albi-Carmaux, Lannemezan,Lavelanet 4l’effet de l’âge n’est pas identique pour
2Tarbes, Castres-Mazamet, St-Gaudens
les deux sexes : la probabilité de perce- 1Rodez, Millau
8Auch, Figeac-Decazeville, Nord-du-Lot,voir un bas salaire décroît avec l’âge
Villefranche-de-Rouergue
mais, jusqu’à 40 ans, beaucoup plus - 6Lourdes %
vite pour les hommes que pour les Source : Insee - DADS 97 -30 -20 -10 0 10 20 30 40
Note de lecture :femmes. Ensuite, pour les classes d’âge
Le modèle utilisé est un modèle à régression logistique. L’individu de référence retenu est un homme, employé
supérieures, l’évolution est à peu près peu qualifié, ayant entre 40 et 49 ans, travaillant à temps complet dans un établissement du commerce de moins
de 5 salariés et résidant dans la zone d’emploi de Toulouse. Il a une probabilité de 32 % de percevoir un bas la même pour les deux sexes mais l’écart
salaire. Les barres du graphique indiquent l’écart de probabilité d’être à bas salaire par rapport à cette probabilité de probabilité en faveur des hommes
de 32 % quand on modifie, une par une, les modalités des variables retenues.
reste supérieur à 10 %. L’éventualité Pour une femme l’écart est positif et vaut 11 %. Ainsi, un individu qui ne diffère de l’individu de référence que par
son sexe aura une probabilité de 32 + 11 = 43 % d’être rémunéré à bas salaire. d’absences pour maternités ou pour
A l’inverse, pour un établissement de plus de 50 salariés, l’écart vaut - 19 %. Ainsi, si l’individu de référence
s’occuper de leurs jeunes enfants travaillait non plus dans un établissement de 5 salariés, mais dans un établissement de plus de 50 salariés - les
autres caractéristiques étant inchangées - sa probabilité de percevoir un bas salaire serait de 32 - 19 = 13 %.conduirait-elle les femmes entre 25 et
5Le champ de l’étude Pour en savoir plus
Les données utilisées sont issues des fichiers DADS (Déclarations Annuelles de
Données Sociales). Le champ de l’étude se limite aux salariés du secteur privé et
« Faibles rémunérations et duréedes entreprises publiques, âgés de 18 à 65 ans, résidant en Midi-Pyrénées, ayant
de travail en 1996 ». Insee Premièretravaillé au moins un mois dans l’année, à temps complet ou à temps partiel. Les
apprentis et stagiaires, les salariés agricoles, les personnels domestiques, les agents n° 640 - Avril 1999
de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements hospitaliers de même
que les agriculteurs et les intérimaires sont exclus du champ. « Les salariés à temps complet au
voisinage du SMIC de 1976 à 1996 ».Les salariés travaillant moins de 13 heures par semaine en moyenne sur l’année
sont classés parmi les travailleurs intermittents et non pas parmi les salariés à Insee Première n° 642 - Avril 1999
temps partiel. Ils ne sont donc pas retenus dans l’étude. Un salarié qui travaille au
« Le Smic, salaire minimum demoins 80 % de l’horaire légal ou conventionnel est considéré à temps complet.
croissance ». Conseil Supérieur de
Le salaire pris en compte est le salaire net incluant les congés payés, la CSG
l’Emploi, des Revenus et des Coûts -(Contribution Sociale Généralisée) et la CRDS (Contribution au Remboursement
La Documentation Française 1999de la Dette Sociale) mais exonéré de cotisations de sécurité sociale, de retraite et
d’assurance-chômage. L’ensemble des calculs effectués pour l’étude s’appuie sur la
« L’évolution des salaires jusqu’ennotion de salaire horaire versé par l’employeur. La présentation en salaire mensuel
s’obtient en multipliant par 169 heures, durée légale du travail en 1997. 1997 ». Insee Synthèses n° 26 -1999
« Les salariés rémunérés au voisi-
Une progression plus favorable nage du SMIC sont plus nombreux en
du pouvoir d'achat des bas salaires Languedoc-Roussillon ». Repères
Midi-Pyrénées France pour l’économie du Languedoc-
1996 1997 1998 1997 Roussillon - Synthèse n° 9 - mars
2000
Salaire net mensuel correspondant aux 6 017 F 6 169 F 6 358 F 6 431 F
20 % des emplois les moins rémunérés « Les bas salaires dans les
pays de l’Union européenne ».
Smic mensuel moyen 5 148 F 5 381 F 5 845 F 5 381 F
Statistiques en bref - Population et
conditions sociales - EUROSTAT -Importance des emplois rémunérés 31 % 43 % 65 % 32 %
au voisinage du SMIC parmi les 20 % Juin 2000
des emplois les moins rémunérés
Importance des emplois rémunérés 6,3 % 8,6 % 12,9 % 6,5 %
toutes la même propension à offrir des basau voisinage du SMIC
dans l'ensemble des emplois salaires. Ainsi, c’est la zone d’emploi de
Lourdes qui propose le moins de bas
Sur trois ans, entre 1996 et 1998, la part des emplois rémunérés au voisinage du SMIC salaires, suivie par celles de Toulouse,
a fortement progressé parmi les emplois à bas salaire en Midi-Pyrénées. De 31 % en
Rodez et Millau. Toutes les autres offrent1996, elle passe à 43 % en 1997 pour atteindre 65 % en 1998. C'est l'effet de
plus souvent des bas salaires, les zones lesrevalorisations importantes du SMIC en 1997 et en 1998 qui portent le SMIC moyen à
près de 5 845 F en 1998 contre 5 381 F en 1997 et 5 148 F en 1996. plus concernées étant celles d’Auch, de
Ces revalorisations, couplées avec une légère progression de l'ensemble des salaires, ont Figeac-Decazeville, du Nord-du-Lot et de
induit globalement une augmentation du pouvoir d'achat des salariés à bas salaire. En Villefranche-de-Rouergue. La position
effet, ces salariés ont disposé d'un salaire net moyen de 5 832 F en 1998 contre 5 470 F
favorable de la zone d’emploi de Lourdesen 1996, soit une progression de 6,6 %, alors que sur la même période le salaire médian
s’explique par une tendance à mieuxen Midi-Pyrénées augmentait de 3,5 % et les prix de 2 % .
rémunérer les emplois dans l’hôtellerie et la
d’emploi de Castres-Mazamet que dansexercé : faible dans la construction, restauration (activités dominantes dans cette
dans l’hôtellerie et la restauration et celle de Lavelanet alors que, pour tous zone) qu’ailleurs dans la région. Pour
dans certaines industries (automobile, les autres secteurs d’activité, la proba- toutes les autres activités, la probabilité d’être
énergie, biens intermédiaires), ce bilité d’être à bas salaire est plus forte à bas salaire quand on réside à Lourdes est
risque est maximal dans les industries dans la zone de Lavelanet que dans la même que dans les autres bassins
celle de Castres-Mazamet.du textile, de l’habillement et du cuir. d’emploi de la région.
De plus, pour les salariés du textile, la
probabilité de percevoir un bas salaire Une position
n’est pas la même selon qu’ils résident inattendue pour Lourdes
Laure DEVLAMYNCK,dans l’une ou l’autre des zones
étudiante à l’Université Paul Sabatier à ToulouseUne fois éliminées les composantesd’emploi où cette activité est
Caroline ESCAPAdominante : elle est nettement plus structurelles des emplois qu’elles offrent, les
Odile RUHLMANNforte s’ils résident dans la zone zones d’emploi de la région n’ont pas
6

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