Les départements lorrains : baisse de l'emploi salarié en 2002.

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En 2002, la région lorraine a perdu près de 6500 emplois salariés dans le secteur marchand. Des différences d'un département à l'autre ainsi que des disparités sectorielles importantes apparaissent cependant. La Meurthe-et-Moselle et la Moselle totalisent plus des 3/4 de la destruction d'emplois en Lorraine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les départements lorrains :
baisse de l’emploi salarié en 2002
En 2002, la région lorraine a perdu près de 6 500 emplois salariés dans le secteur
marchand. Des différences d’un département à l’autre ainsi que des disparités
sectorielles importantes apparaissent cependant. La Meurthe-et-Moselle et la Moselle
totalisent plus des 3/4 de la destruction d’emplois en Lorraine.
près un sérieux ralentissement de la prises qui font moins appel à des prestatai-
croissance de l’emploi salarié lorrain en res extérieurs.
2001, tous secteurs confondus, on as- La fermeture programmée des Houillères se
siste en 2002 à une nette dégradation de ce- traduit par une involution de l’emploi : les ef-
lui-ci. La baisse atteint 1,5% en rythme fectifs ont ainsi fondu de 874 personnes.
annuel. Ainsi, après avoir créé 18 000 em-
Les activités de transport se portent un peu
plois en 2000, le secteur concurrentiel n’en
mieux en Moselle qu’ailleurs (+1,5%). Enfin,
a généré que 8 000 en 2001 et en a perdu
l’activité dans le bâtiment reflète bien le cli-
près de 6 500 en 2002. Alors que l’industrie
mat général de l’économie en Moselle.
représente 37% de l’emploi salarié lor-
rain (1), elle est responsable de plus des trois

quarts des suppressions de postes de travail.
Dans les services, on relève une quasi-stabili-
té de l’emploi.
Si les 3,1% de pertes d’emplois de l’en-
semble de l’industrie en Meurthe-et-Moselle

sont conformes à la moyenne régionale, il
apparaît que cette diminution de l’offre de
C’est en Moselle que le marché du travail
travail est imputable en grande partie aux in-
s’est le plus fortement dégradé (-2%). L’in-
dustries des biens intermédiaires. Les indus-
dustrie mosellane est comptable à elle seule
tries de biens de consommation ont mieux
de plus d’un tiers des emplois supprimés en
Lorraine. Mis à part l’agroalimentaire, tou-
tes les spécialités sont touchées par la
décrue du travail salarié. Comme pour les LORRAINE
Évolution
Vosges, une mention toute particulière doit Effectifs aude l’emploi salarié Évolution
31.12.2001être faite de la position très déficitaire des in- dans la région Lorraine en %
dans EPURE
dustries des biens de consommation et des
Industries agricoles et alimentaires 18 879 0,0
biens intermédiaires.
Industries des biens de consommation 21 463 - 8,1
Industrie automobile 20 918 -1,8La quasi-stabilité dans les services masque
Industries des biens d’équipement 22 959 - 2,4
en réalité des disparités sectorielles impor-
Industries des biens intermédiaires 78 595 - 2,9
tantes. Ainsi, les embauches réalisées par Énergie (hors EDF, GDF) 9 117 - 8,4
Construction 47 124 -1,7les entreprises de prestations aux particu-
Commerce 96 461 0,6liers d’une part et les entreprises de trans-
Transports (hors SNCF, Air France) 26 784 1,1
port d’autre part, ont permis de contenir la
Activités financières 13 584 - 1,5
diminution conséquente de l’offre de travail. Activités immobilière (hors HLM) 2 210 4,5
Services aux entreprises 51 364 - 0,8Ce constat défavorable dans les services aux
Services aux particuliers (hors intérim) 33 471 0,3
entreprises est lié aux difficultés des entre-
ENSEMBLE 442 932 - 1,5
Champ couvert : secteur marchand, hors agriculture, intérim, État et grandes entreprises natio-
nales (EDF, GDF, SNCF, La Poste…)
(1) Sur le champ EPURE. Source : EPURE - Insee (voir encadré méthodologique)
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 20
EMPLOIEMPLOI
résisté qu’en Moselle ou dans les Vosges. baisse observée dans les services résulte
Dans le secteur automobile, la conjoncture exclusivement de la chute des effectifs dans
est tout aussi défavorable. le domaine des prestations aux entreprises.
Un recul non négligeable de l’emploi s’est
Compensé par des créations nettes d’em également produit dans la construction.-
plois dans le secteur des transports, la Même si la croissance de l’emploi dans le
MÉTHODOLOGIE
Les déclarations mensuelles ou trimestrielles ef l’éducation, la santé et le domaine social (26,9%),-
fectuées par les établissements auprès des les HLM dans les activités immobilières (37,5%).
URSSAF lors du paiement des cotisations sociales Par souci de fournir des données fiables et repré-
et recueillies par l’Insee, ont permis de cons- sentatives, seuls les secteurs présentant un taux
truire un système d’information. Les établisse- de couverture signicatif figurent dans le tableau
ments sont tenus d’indiquer dans leurs sur l’évolution de l’emploi salarié lorrain.
déclarations notamment leurs effectifs ainsi que L’estimation des variations d’emplois salariés
les salaires versés. provisoire est réalisée à partir de l’évolution de
Ce dispositif (appelé EPURE) contient, après traite- l’emploi dans les établissements présents en dé-
ments (contrôle de qualité, contrôle d’exhaustivité sur but et en fin de trimestre. Sur ces établisse-
les établissements présents, les établissements qui ont ments présents, un indice trimestriel est calculé.
cessé leur activité…) une information de qualité sur L’indice annuel est calculé par chaînage des indi-
l’emploi salarié et les revenus. Il permet ainsi un ces trimestriels. La variation absolue des effec-
suivi conjoncturel ou annuel de l’emploi salarié en tifs est calculée in fine à partir de l’indice annuel.
Lorraine.
Le principe de calcul de l’évolution à partir des seuls
établissements présents, méthode garantissant laLe champ couvert est plus restreint que celui des
robustesse des estimations, implique que les varia-estimations d’emploi. Ne figurent en effet que les
tions absolues ne soient pas rigoureusement additi-établissements assujettis au régime général de
ves. Ainsi, la somme des effectifs des secteurs neSécurité sociale. Sont donc exclus tous ceux qui
donne pas tout à fait un résultat identique à celuine relèvent pas du secteur marchand non agri-
obtenu pour la ligne «ensemble». De même, lacole, de même que les entreprises contrôlées
somme des effectifs des quatre départements nemajoritairement par l’État : Air France, SNCF pour
donne pas un résultat identique à celui obtenu pourle transport (secteur dont le taux de couverture par
l’ensemble Lorraine.
rapport aux estimations d’emploi est de 77,8%),La
En outre, les données contenues dans le tableauPoste, France Telecom dans les services aux
relatif à l’évolution de l’emploi salarié ont été réac-particuliers (taux de couverture : 62,6%), EDF-GDF
tualisées, de sorte qu’il existe parfois des diffé-dans l’énergie (64,7%), les administrations
rences avec les valeurs publiées dans le bilan(1,4%), l’intérim dans les services aux entrepri-
annuel 2002 («Économie lorraine»).ses (57%) et les établissements publics dans
MEURTHE-ET-MOSELLE MOSELLE
Évolution
Effectifs au Effectifs aude l’emploi salarié Évolution Évolution
31.12.2001 31.12.2001dans la région Lorraine en % en %
dans EPURE dans EPURE
- 1,8 0,6Industries agricoles et alimentaires 3 554 7 261
Industries des biens de consommation 4 947 - 4,6 6 639 - 12,6
Industrie automobile 4 372 - 3,8 13 304 - 1,6
Industries des biens d’équipement 5 881 - 1,8 12 220 -4,1
Industries des biens intermédiaires 18 951 - 3,2 31 536 - 2,2
Énergie (hors EDF, GDF) 748 6,7 7 684 - 11,0
Construction 13 081 - 1,6 22 250 - 2,6
Commerce 29 567 0,8 44 869 0,1
Transports (hors SNCF, Air France) 7 859 1,4 11 989 1,5
Activités financières 5 984 - 0,1 5 362 - 3,3
Activités immobilière (hors HLM) 695 8,0 1 189 4,2
Services aux entreprises 18 678 - 1,5 24 524 - 1,5 aux particuliers (hors intérim) 10 075 - 0,5 15 926 0,7
ENSEMBLE 124 662 - 1,1 204 756 - 1,9
Champ couvert : secteur marchand, hors agriculture, intérim, État et grandes entreprises nationales (EDF, GDF, SNCF, La Poste…)
Source : EPURE - Insee (voir encadré méthodologique)
Économie Lorraine n° 228 - Septembre 2003 21EMPLOI
commerce est plus modeste que dans les personnes employées, a largement contribué
Vosges, on observe tout de même une petite à la bonne résistance de l’emploi vosgien.
embellie.


La Meuse n’échappe pas à la morosité
L’anémie de l’industrie vosgienne est l’unique conjoncturelle de l’emploi industriel, ob-
cause des difficultés du marché de l’emploi servée en Lorraine, mais parvient à en limi-
de ce département. Plus précisément, ce ter les effets. Comme ailleurs, le niveau de
sont les industries des biens de consomma l’emploi s’est nettement contracté dans les-
tion (surtout les équipements du foyer)etdes industries des biens de consommation mais
biens intermédiaires (essentiellement le textile) à un rythme plus faible que dans l’ensemble
qui sont responsables de la quasi-totalité des de la région. L’agroalimentaire a même été
pertes d’effectifs de ce secteur. Durant la un pourvoyeur de nouveaux emplois. Les in-
période 2001-2002, de nombreux établis dustries des biens d’équipement ont relative- -
sements en difficultés aussi bien dans les ment peu débauché.
équipements du foyer que dans le textile ont Dans les services, les résultats sont légére-
été mis en liquidation judiciaire, entraînant ment meilleurs que la moyenne régionale,
des licenciements massifs. soutenus par des embauches dans les servi-
A l’inverse, le dynamisme du marché de l’em ces aux entreprises (hors intérim).-
ploi des services place les Vosges dans une En revanche, les performances sont moins
position atypique par rapport aux départe- bonnes dans le commerce et les transports.
ments voisins. Les bonnes performances Dans la construction, la bonne tenue du
des services aux entreprises tranchent sin- marché du travail, n’accusant qu’un léger flé-
gulièrement avec la baisse du nombre de sa- chissement, s’explique par des mises en
lariés constatée dans ce domaine dans le chantier en progression en 2002 de 15%.
reste de la Lorraine.
Le commerce, qui a enregistré une crois Achour REZZIK-
sance remarquable de 2,4% du nombre de
MEUSE VOSGES
Évolution
Effectifs au Effectifs au
de l’emploi salarié Évolution Évolution
31.12.2001 31.12.2001
dans la région Lorraine en % en %
dans EPURE dans EPURE
2,4 - 0,7Industries agricoles et alimentaires 2 050 6 014
Industries des biens de consommation 2 874 - 4,2 7 003 - 7,8
Industrie automobile 708 - 2,7 2 534 1,1
Industries des biens d’équipement 1 290 - 1,0 3 568 1,5
Industries des biens intermédiaires 5 703 - 3,6 22 405 - 3,5
Énergie (hors EDF, GDF) 296 7,4 389 0,7
Construction 3 720 - 0,4 8 073 - 0,1
Commerce 6 610 - 1,3 15 415 2,4
Transports (hors SNCF, Air France) 2 003 - 1,5 4 933 0,8
Activités financières 564 1,7 1 674 - 1,3
Activités immobilière (hors HLM) 85 5,7 241 - 5,0
Services aux entreprises 2 673 2,5 5 219 3,2 aux particuliers (hors intérim) 1 911 - 1,0 5 559 0,7
- 1,3 - 0,9ENSEMBLE 30 487 83 027
Champ couvert : secteur marchand, hors agriculture, intérim, État et grandes entreprises nationales (EDF, GDF, SNCF, La Poste…)
Source : EPURE - Insee (voir encadré méthodologique)
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