Les emplois métropolitains supérieurs : Des emplois en forte croissance

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Symbôle de la puissance économique des grandes villes, l'emploi "métropolitain supérieur" se développe rapidement. En Haute-Normandie, le nombre de ces emplois a augmenté de 9,8% de 1990 à 1999. Ce rythme de croissance est nettement supérieur à celui de l'emploi total (+1,6%)mais inférieur à celui de l'emploi métropolitain national (+14,8%). La fonction transports est bien représentée. Urbains par excellence, ces emplois sont concentrés pour 56% d'entre eux à Rouen et au Havre. On note des disparités importantes dans le développement de ces emplois dans l'espace régional.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LES EMPLOIS MÉTROPOLITAINS SUPÉRIEURS LES ONZE FONCTIONS
MÉTROPOLITAINES SUPÉRIEURES
Des emplois en forte croissance
ART : artistes et emplois supérieurs artisti-
ques, artisans d’art.
Martial MAILLARD BANQUE-ASSURANCE : cadres des banques
et des assurances.
COMMERCE : cadres des commerces de gros
et interindustriel.
plois au niveau national. De ce fait, les ré-Symbole de la puissance COMMERCIAL DANS L’INDUSTRIE : ingénieurs
et cadres commerciaux, technico-commerciauxgions concernées se positionnent en têteéconomique des grandes villes,
dans les établissements industriels.
de ce classement. La Haute-Normandiel’emploi «métropolitain GESTION : cadres de direction, d’administra-
figure dans un second groupe de régions tion et de finances des établissementssupérieur» se développe
industriels.dont le taux d’emploi métropolitain se
rapidement. En INFORMATION : cadres et emplois supérieurs
situe entre 4 et 5%. Le nombre de ces
de l’information.Haute-Normandie, le nombre de
emplois a augmenté dans la région de INFORMATIQUE : ingénieurs et cadres de l’in-
ces emplois a augmenté de 9,8% formatique des établissements industriels.9,8% depuis le précédent recensement
RECHERCHE : ingénieurs et cadres techniquesde 1990 à 1999. Ce rythme de de 1990, contre 14,8% au niveau natio- de recherche, études ou développement dans
croissance est nettement nal. La croissance de l’emploi métropoli- les établissements industriels, chercheurs de
la recherche publique, emplois supérieurs dessupérieur à celui de l’emploi tain est donc moins dynamique en
établissements de recherche et d’enseigne-
Haute-Normandie. Toutefois, ce rythmetotal (+1,6%) mais inférieur à ment supérieur.
de croissance est largement supérieur à SERVICES AUX ENTREPRISES : cadres descelui de l’emploi métropolitain
services aux entreprises.celui de l’emploi total haut-normand.national (+14,8%). La fonction TÉLÉCOMMUNICATIONS : ingénieurs et cadres
En Haute-Normandie, les pôles ur- des postes et télécommunications.transports est bien représentée.
bains regroupaient 79,3% de l’emploi TRANSPORTS : ingénieurs et cadres des
Urbains par excellence, ces transports.métropolitain supérieur en 1999 quand
emplois sont concentrés pour POUR EN SAVOIR PLUS : «Onze fonctions pour qualifier lescette proportion était de 68,8% pour
grandes villes», Julien P., Insee première n° 840, 200256% d’entre eux à Rouen et au l’emploi total (1). Caractéristiques des
Havre. On note des disparités villes, ces emplois doivent être étudiés
importantes dans le dans le cadre des aires urbaines. Le taux
développement de ces emplois est 13e et Le Havre 30e en termesd’emploi métropolitain (2) augmente
d’emploi total. Ces deux villes apparaisdans l’espace régional. avec la taille des aires urbaines. En 1999, -
ce taux s’élevait à 6,5% dans l’aire ur sent donc relativement pauvres en em- -
baine de Rouen (soit 13 200 emplois) et plois métropolitains. Des métropoles
à 5,4% dans celle du Havre (soit régionales voisines présentent des taux
d’emploi métropolitain supérieurs : 6,9% àa liste des «fonctions métropolitai 6 100 emplois). Les deux grandes villes-Lnes supérieures» (abrégé par Caen et à Reims, 8% à Orléans. Ce conshaut-normandes se placent respective- -
«fonctions supérieures») a été élaborée ment aux 24e et 37e rangs des villes tat est à rattacher à la prédominance des
pour compléter l’analyse usuelle par sec françaises pour le taux d’emploi métro activités de production en- -
teur d’activité et caractériser les fonctions politain. A titre de comparaison, Rouen Haute-Normandie.
spécifiques des grandes villes. L’emploi
TAUX D’EMPLOI MÉTROPOLITAIN SUPÉRIEUR EN 1999associé est qualifié d’emploi métropoli-
tain. En 1999, 32 700 actifs occupés rele- Poitou-Charentes
Basse-Normandievaient des onze fonctions supérieures en
Limousin
CorseHaute-Normandie, soit une proportion de
Champagne-Ardenne
4,9% de l’emploi total contre 7,9% en Pays-de-la-Loire
PicardieFrance. La région se place au 9e rang
Auvergne
des régions françaises. Quelques métro- Centre
Franche-Comtépoles telles que Paris, Lyon, Toulouse,
Bourgogne
Marseille, Bordeaux ou Strasbourg Lorraine
Languedoc-Roussillonconcentrent une bonne partie de ces em-
Haute-Normandie
Nord-Pas-de-Calais
Bretagne
Aquitaine(1) La part des “couronnes périurbaines” était de
Alsace8,8%. En 1990, les pôles urbains représentaient
Provence-Alpes-Côte d’Azur81,9% de l’emploi métropolitain et les “couronnes pé-
Midi-Pyrénéesriurbaines” 7,4%. La part des communes multipolari-
Rhône-Alpessées est restée stable autour de 5,2% tandis que celle
France métropolitainede l’espace à dominante rurale a légèrement progres-
Ile-de-Francesé, et passe de 5,5 à 6,5%. Un certain desserrement
de ces emplois des villes-centres vers leurs périphé- 0 5 101520
ries est donc intervenu sur cette période.
(2) Part de l’emploi métropolitain dans l’emploi total. Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 17 - Septembre 2002
EMPLOIL’EMPLOI MÉTROPOLITAIN EN 1999 ET SON ÉVOLUTION DE 1990 À 1999LA FONCTION «TRANSPORTS» présentées à Louviers. On
DANS QUELQUES AIRES URBAINES
EST BIEN REPRÉSENTÉE note toutefois une cer-
Évolution de
taine faiblesse de la foncÀ ROUEN ET AU HAVRE - l’emploi Évolution de
Emploi Taux d’emploi métropolitain l’emploi totaltion banque-assurance au métropolitain métropolitain de 1990 à de 1990 à
en 1999 en 1999 1999 (%) 1999 (%)L’ensemble des fonctions supérieures Havre. Globalement, les
Haute-Normandie
est représenté dans les villes haut-nor spécificités fonctionnelles- 12 218 6,5 5,9 -0,2Rouen
Le Havre 6 075 5,4 12,3 0,8mandes, mais des spécificités fonctionnel- des villes de Haute-Nor-
2 292 5,0 20,9 6,6Évreux
les apparaissent néanmoins. Du fait de mandie se révèlent Vernon 1 252 8,3 7,6 -3,3
1 049 3,2 17,6 2,2Elbeuf
l’activité portuaire, la fonction transports complémentaires. Dieppe 1 018 3,3 -5,7 -3,4
1 015 5,5 16,4 17,9Louviersest très développée au Havre et, dans une
Autres régions
moindre mesure, à Rouen. Le Havre et Orléans 12 494 8,0 19,2 9,3
Caen 9 982 6,9 40,7 8,1Évreux bénéficient d’une bonne implanta- DES ÉVOLUTIONS Reims 8 185 6,9 22,3 6,8
Amiens 5 544 5,4 23,3 5,3tion de la fonction services aux entrepri- CONTRASTÉES
Paris 815 552 16,0 11,7 -0,6
ses. La présence d’activités de recherche SELON LES VILLES
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unités : emploi, %
Le taux d’emploi métropolitain supérieur est le rapport du nombre d’emplois métropolitains supérieurs auet développement de l’industrie aérospa-
nombre total d’emplois de l’aire urbaine.
tiale permet à Vernon d’afficher, malgré sa De 1990 à 1999,
dans ces deux villes. Le moindre dévetaille modeste, un taux d’emploi métropoli- l’emploi métropolitain s’est développé -
tain de 8,3%, qui la place en tête des aires dans l’ensemble des aires urbaines loppement de l’emploi métropolitain à
urbaines haut-normandes. Enfin, les fonc haut-normandes, à l’exception de celle Rouen résulte donc largement de l’atonie-
tions recherche, gestion dans l’industrie et de Dieppe. Des croissances remarqua de la fonction services aux entreprises.-
L’emploi dans les activités de conseil etinformatique dans l’industrie sont bien re bles sont observées à Évreux (+20,9%),-
d’assistance a diminué dans cette ville,Elbeuf (+17,6%) et Louviers (+16,4%). Si
STRUCTURE DE L’EMPLOI MÉTROPOLITAIN Le Havre a connu un bon développement contrairement à l’évolution générale.
DANS LES PRINCIPALES AIRES URBAINES
de ses fonctions supérieures (+12,3%),HAUT-NORMANDES EN 1999
Le l’évolution constatée pour Rouen est
Rouen Havre Évreux
moins favorable (+5,9%). Pour recher LES ACTIFS-Art 6,1 4,6 6,2
Banque-Assurance 10,0 4,5 11,8 cher l’origine de cette divergence, on DES FONCTIONS SUPÉRIEURES
Commerce 11,3 10,9 9,9
peut décomposer la contribution de cha FORMENT UN GROUPE HOMOGÈNE-Commercial dans l’industrie 3,7 3,4 4,8
Gestion dans l’industrie 6,8 7,9 8,1 cune des onze fonctions à l’évolution de
Information 1,8 1,3 3,0
l’ensemble. La fonction recherche a forte Parmi les actifs des fonctions supéInformatique dans l’industrie 1,4 0,7 2,4 - -
Recherche 16,7 15,8 10,5 rieures, 88% sont cadres, ingénieurs oument progressé et de façon comparable
Services aux entreprises 27,8 20,0 32,5
exercent une profession intellectuelleTélécommunications 5,3 2,4 6,4 dans les deux villes. Ce facteur explique
Transports 9,1 28,6 4,4
la moitié de la croissance de l’emploi mé supérieure et 12% sont artisans, com- -
Ensemble 100,0 100,0 100,0
tropolitain havrais et la totalité de celle de merçants ou chefs d’entreprise. Moins
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
Rouen. L’autre moitié de la croissance d’un cadre sur deux (44%) relève des
fonctions supérieures. Les artisans,havraise résulte de la fonction services
UNITÉ URBAINE – AIRE URBAINE commerçants ou chefs d’entreprisesaux entreprises, les variations dues aux
On définit une UNITÉ URBAINE comme le re autres fonctions s’annulant globalement. qui exercent une fonction supérieure ne-
groupement d’une ou plusieurs communes Or, celle-ci a stagné à Rouen. Par ail constituent que 10% des actifs de ces-
sur le territoire desquelles se trouve un en-
leurs, la fonction transports, prééminente catégories socioprofessionnelles. Ilssemble d’habitations qui présentent entre
elles une continuité (règle des 200 mètres) et sont concentrés au sein des fonctionsà Rouen et plus encore au Havre, a glo-
comportent au moins 2 000 habitants. commerce, gestion dans l’industrie et,balement stagné alors qu’elle s’est déve-
loppée au niveau national. La fonction dans une moindre mesure, transportsUNE AIRE URBAINE est constituée d’un pôle
urbain et des communes périurbaines dans commerce a régressé significativement et art. Les actifs qui exercent une fonc-
l’influence de celle-ci (la «couronne périur- tion métropolitaine sont
baine»). Une aire urbaine est un ensemble de CONTRIBUTION DE CHAQUE FONCTION
des hommes pour 78%communes d’un seul tenant et sans enclave, À L’ÉVOLUTION DE L’EMPLOI MÉTROPOLITAIN DE 1990 À 1999
constitué par : d’entre eux. Avec unRouen Le Havre Évreux France
- un pôle urbain (unité urbaine offrant au Art 1,4 1,8 3,7 2,0 tiers de femmes, les
moins 5 000 emplois et qui n’appartient pas à Banque-Assurance 0,9 0,4 0,1 0,4
fonctions information,Commerce -3,3 -2,5 1,8 -0,6la couronne périurbaine d’un autre pôle
Commercial dans l’industrie -0,9 0,7 1,4 -0,5urbain). art et télécommunica-Gestion dans l’industrie -0,2 0,2 -3,1 -0,5
- une couronne périurbaine composée de Information 0,1 0,0 1,3 0,6 tions sont les plus fémi-
communes n’appartenant pas à une unité ur- Informatique dans l’industrie 0,8 -0,3 -1,5 0,4
nisées. Ces actifsRecherche 5,7 6,2 -0,6 3,9baine ou d’unités urbaines, dont au moins
Services aux entreprises 0,6 5,0 11,5 5,840% de la population résidente ayant un relèvent du secteur ter-Télécommunications 1,3 0,6 4,4 2,0
emploi travaille dans le pôle ou dans le reste Transports -0,5 0,2 1,9 1,4 tiaire pour 70% d’entre
de l’aire urbaine. Ensemble 5,9 12,3 20,9 14,9
eux et de l’industrie pourL’aire urbaine correspond donc à un territoire
Source : INSEE- Recensements de la population 1990 et 1999 Unité : %
dans lequel les liens entre les communes sont Note : la fonction art a contribué à 1,4 point de la croissance de l’emploi métropolitain supérieur dans 30%
l’aire urbaine de Rouen. La somme des contributions de chacune des onze fonctions correspond àforts en matière d’emploi.
l’évolution de l’emploi métropolitain supérieur de l’aire urbaine.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 17 - Septembre 2002 5

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