Les emplois métropolitains supérieurs en Haute-Normandie : Un avantage menacé au sein du Bassin parisien

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L'Ile-de-France concentre une grande partie des emplois métropolitains supérieurs français. Pourtant, les régions limitrophes ne sont pas tellement désavantagées. La Haute-Normandie, en particulier se situe dans la moyenne des régions de province et même un peu mieux que les autres régions proches de la capitale. Elle le doit surtout à la taille relativement élevée de ses principales agglomérations, Rouen et Le Havre. La situation des villes moyennes comme Vernon et Louviers est particulièrement favorable, contrairement à Dieppe et Elbeuf.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 48 - Octobre 2005
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
À Y REGARDER DE PLUS PRÈS
Dans les diagnostics qui portent sur l’éco- LES EMPLOIS MÉTROPOLITAINS SUPÉRIEURS
nomie haut-normande, un relatif « sous-dé-
EN HAUTE-NORMANDIEveloppement » du secteur tertiaire est
souvent mis en avant, en particulier pour le
tertiaire supérieur. Certes, la part des servi- Un avantage menacé au sein
ces dans l’emploi total (69%) est presque 5
points inférieure à la moyenne nationale. du Bassin parisien
Mais cette moyenne est tirée vers le haut
par l’Ile-de-France et la Haute-Normandie se
Michaël LÉVI-VALENSINsitue en fait « dans la moyenne » des ré-
gions, au 11e rang sur 22. De même, pour
ce qui est des services aux entreprises, la
région se distingue surtout par ses services L’Ile-de-France concentre une LES FONCTIONS MÉTROPOLITAINES
opérationnels, en général peu qualifiés (in- SUPÉRIEURESgrande partie des emplois
térim, nettoyage, gardiennage), mais elle
Part dans l’emploi métropolitain supérieur au niveaumétropolitains supérieursn’est pas si mal dotée en activités de conseil régional :
et d’assistance (10e rang), qui pour la plu- français. Pourtant, les régions Services aux entreprises (24,4%) : cadres des servi-
part correspondent à ce qu’on appelle le ces aux entrepriseslimitrophes ne sont pas
tertiaire supérieur. Les emplois dits « métro- Recherche (17,9%) : ingénieurs et cadres techniques
tellement désavantagées. Lapolitains supérieurs » recouvrent une de recherche, études ou développement dans les
établissements industriels, chercheurs de la re-grande partie de ces services de haut Haute-Normandie, en
cherche publique, emplois supérieurs des établisse-niveau. La Haute-Normandie occupe là
ments de recherche et d’enseignement supérieurparticulier, se situe dans laaussi une position médiane, meilleure
Transports (12,1%) : ingénieurs et cadres des
même que les autres régions du Bassin pa- moyenne des régions de transports
risien. Mais les deux agglomérations province et même un peu mieux Commerce (10,7%) : cadres des commerces de gros
haut-normandes d’envergure nationale, et interindustriel
que les autres régions prochesRouen et Le Havre, apparaissent relative- Gestion industrielle (9,6%) : cadres de direction,
ment peu dotées en emplois supérieurs eu d’administration et de finance des établissementsde la capitale. Elle le doit
industrielségard à leur taille. Autre idée à nuancer : la surtout à la taille relativement
Banque-Assurance (7,3%) : cadres des banques etproximité de Paris, souvent invoquée pour
des assurancesélevée de ses principalesexpliquer cette situation, en particulier pour
Art (5,8%) : artistes et emplois supérieurs artisti-Rouen, ne semble pas avoir des effets si évi- agglomérations, Rouen et Le ques, artisans d’art
dents : Reims dispose de davantage d’em-
Havre. La situation des villes Commercial dans l’industrie (4,4%) : ingénieurs etplois métropolitains supérieurs que
cadres commerciaux, technico-commerciaux dans
moyennes comme Vernon etLimoges, et Orléans est mieux dotée que les établissements industriels
Dijon, Nancy, Metz ou Clermont-Ferrand. Si Télécommunications (3,9%) : ingénieurs et cadresLouviers est particulièrement
Paris pénalise le développement d’emplois des postes et télécommunications
favorable, contrairement àsupérieurs dans les villes voisines, c’est cer- Informatique dans l’industrie (2,0%) : ingénieurs et
cadres de l’informatique des établissementstainement dans des créneaux d’activité qui Dieppe et Elbeuf.
industrielsrestent limités.
Information (1,9%) : cadres et emplois supérieurs de
es emplois métropolitains supé- l’inf
Jérôme FOLLIN Lrieurs (EMS) recouvrent les fonc-Responsable de la division
tions économiques dont le contenu« Etudes sur l’aménagement du territoire »
UNE POSITION ASSEZ FAVORABLEdécisionnel est élevé et qui contribuent à
AU SEIN DU BASSIN PARISIEN…l’image de marque et au rayonnement
des villes où elles s’exercent. Onze fonc-
En 1999, la part de l’emploi « straté-tions métropolitaines supérieures, cor-
gique » dans l’emploi total s’élève à plusrespondant à des domaines d’activité
de 9% en France métropolitaine, dépas-S O MM A IRE différents, peuvent être distinguées (voir
sant même 16% en Ile-de-France. Avecencadré ci-contre).
une proportion de 5,3% (soit 29 000 em-Le rapport de ces emplois à l’emploiEMPLOI
plois), la Haute-Normandie se situe dansLES EMPLOIS MÉTROPOLITAINS SUPÉRIEURS total de chaque région place la
EN HAUTE-NORMANDIE le milieu du classement des régions (13eHaute-Normandie dans une situation re-
Un avantage menacé au sein
rang). La proximité de la capitale appa-du Bassin parisien. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 lativement favorable, en partie grâce à
raît finalement assez peu pénalisante. Ill’urbanisation plus marquée de la région
ENTREPRISES est même intéressant de noter que la(La Haute-Normandie est la 5e
LES ÉTABLISSEMENTS DE 500 SALARIÉS ET PLUS région devance les autres régions du
DU SECTEUR MARCHAND EN HAUTE-NORMANDIE française la plus urbaine). En effet, les
Un élément important du tissu économique Bassin parisien (1) (Picardie, Cham-emplois métropolitains supérieurs sont
haut-normand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 pagne-Ardenne et Basse-Normandieprincipalement localisés dans les gran-
sont classées dans les dernières régionsCONJONCTURE des agglomérations. Pour cette raison,
avec la Corse).LA seuls les emplois présents dans les aires
EN HAUTE-NORMANDIE AU 2e TRIMESTRE 2005
urbaines des zones étudiées sont pris enUn bon trimestre (1) Sauf mention contraire, les comparaisons avec le Bassin
pour l’industrie et le bâtiment . . . . . . . . . . . . . . 6 considération dans cet article. parisien sont réalisées hors Ile-de-France.
EMPLOITAUX D’EMPLOI MÉTROPOLITAIN EN 1999 PAR FONCTION
Commercial Informatique Services
Banque dans Gestion dans aux Télécom- Total des
Art assurance Commerce l’industrie industrielle Information l’industrie entreprises munications Transports Recherche EMS*
Bassin parisien (hors Ile-de-France) 0,34 0,44 0,61 0,26 0,48 0,12 0,07 1,25 0,24 0,42 0,95 5,18
Hors Bassin parisien 0,44 0,48 0,83 0,32 0,50 0,15 0,13 1,86 0,33 0,39 1,26 6,69
France 0,61 0,76 1,03 0,39 0,57 0,30 0,18 2,86 0,39 0,54 1,40 9,04
Haute-Normandie 0,31 0,39 0,57 0,23 0,51 0,10 0,11 1,29 0,21 0,65 0,95 5,31
Rang de la Haute-Normandie 20 17 19 16 8 22 9 14 22 2 17 13
Aires urbaines Rouen 0,40 0,65 0,74 0,24 0,44 0,12 0,09 1,81 0,34 0,59 1,09 6,50
Référentiel 0,36 0,49 0,78 0,29 0,44 0,14 0,10 1,89 0,45 0,33 1,89 7,16
Le Havre 0,25 0,24 0,58 0,18 0,42 0,07 0,04 1,07 0,13 1,54 0,85 5,37
Référentiel 0,45 0,62 0,68 0,30 0,48 0,19 0,04 1,38 0,27 0,45 1,38 6,22
Evreux 0,31 0,59 0,50 0,24 0,41 0,15 0,12 1,64 0,32 0,22 0,53 5,04
Référentiel 0,27 0,57 0,65 0,29 0,51 0,13 0,07 1,22 0,23 0,30 0,78 5,01
Elbeuf 0,19 0,12 0,43 0,25 0,61 0,00 0,15 0,53 0,02 0,24 0,70 3,24
Dieppe 0,27 0,18 0,43 0,16 0,65 0,08 0,04 0,77 0,09 0,37 0,27 3,30
Louviers 0,15 0,10 0,45 0,34 0,99 0,01 0,55 0,81 0,15 0,40 1,57 5,51
Vernon 0,45 0,21 0,33 0,48 0,95 0,13 0,34 1,41 0,09 0,17 3,74 8,30
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 exploitation complémentaire Unité : %
Note : Pour les trois plus grandes aires urbaines de la région, le référentiel est constitué d’aires urbaines du Bassin parisien dont le nombre d’emplois est comparable.
* EMS : Emplois Métropolitains Supérieurs.
TAUX D’EMPLOI MÉTROPOLITAIN la recherche (42% du total des EMS), la BASSIN PARISIEN
SUPÉRIEUR DANS LES AIRES URBAINES
Haute-Normandie est cependant dans la Le découpage du Bassin parisien retenu dans cet articleDES DÉPARTEMENTS
a été créé en 1992 par la DATAR, et est reconnu par l’en-même situation que les autres régions du
semble des conseils régionaux concernés. Cet ensemble
Bassin parisien.
comprend 28 départements : ceux des régions
Enfin, dans tous les autres secteurs, Ile-de-France, Centre, Basse-Normandie, Haute-Nor-
mandie, Picardie, Champagne-Ardenne plus les départe-très variés (34% des EMS), la région se
ments de la Sarthe et de l’Yonne. Une fraction
situe légèrement en retrait par rapport au significative des actifs résidents dans ces départements
travaillent en Ile-de-France.niveau national et aux autres régions du
Bassin parisien.
baisse plus marquée) ainsi que les télé-
communications et les transports sont
…MAIS FRAGILISÉE également moins bien orientés. Ce der-
LORS DE LA DERNIÈRE DÉCENNIE nier secteur, point fort de la Haute-Nor-
En % mandie, a en effet stagné depuis 1990
14,7 Si la situation de la région, observée alors qu’il s’est fortement développé sur
7,2 Contour du Bassin parisien en 1999, n’est pas vraiment défavorable, le reste du territoire national tout comme
4,7 départemental
l’évolution constatée sur la décennie 90 au sein du Bassin parisien. La
Source : Recensement de la population 1999 (exploitation complémentaire) l’est davantage : la Haute-Normandie est Haute-Normandie perd ainsi peu à peu
en effet la région française dans laquelle sa position maîtresse par rapport à l’en-
les emplois « stratégiques » ont le moins semble des régions françaises dans lesLa Haute-Normandie se distingue
progressé entre 1990 et 1999 (+8,5% transports. La région se comporte mieuxparticulièrement dans les emplois supé-
contre près de +15% dans la moyenne que la plupart des autres régions seule-rieurs des transports : 2e région fran-
çaise dans ce domaine, elle marque des régions), perdant ainsi deux places ment dans les domaines banque-assu-
au profit de la Bourgogne et deencore plus cette spécificité par rapport rance et informatique dans l’industrie
l’Auvergne. (mais les effectifs concernés sontaux autres régions du Bassin parisien
La faiblesse de la croissance en faibles).sur ce plan.
Haute-Normandie est principalement Au sein du Bassin parisien, la posi-Les fonctions liées à la gestion indus-
trielle et à l’informatique dans l’industrie due au développement moins rapide des tion de la Haute-Normandie se dégrade
services aux entreprises : premier do-sont également bien représentées (res- sensiblement. A l’exception de la Cham-
maine d’emplois métropolitains supé- pagne-Ardenne (où l’évolution est égale-pectivement 8e et 9e rangs). C’est le
rieurs (1/4 du total en Haute-Normandie), ment faible), les autres régions prochesreflet de la place importante de l’industrie
il ne s’est accru que d’à peine 10%, de la capitale connaissent des rythmesen Haute-Normandie.
Moins bien dotée que la moyenne na- contre +20% en moyenne dans les de croissance environ deux fois plus sou-
autres régions et +15% pour le Bassintionale dans les deux grands domaines tenus. La Basse-Normandie bénéficie
parisien. Le commerce de gros (en notamment d’une forte poussée de la re-que sont les services aux entreprises et
VARIATION DU NOMBRE D’EMPLOIS MÉTROPOLITAINS ENTRE 1990 ET 1999
Commercial Informatique Services
Banque dans Gestion dans aux Télécom- Total des Emploi
Art assurance Commerce l’industrie industrielle Information l’industrie entreprises munications Transports Recherche EMS* total
Bassin parisien
(hors Ile-de-France) 28,5 5,3 3,2-8,3 -1,1 -3,1 30,0 18,9 15,2 29,7 26,3 47,7 15,1
Hors Bassin parisien 36,4 0,8 -4,2 0,2 2,5 26,6 31,2 19,2 64,6 30,0 40,1 18,4 6,2
France 29,3 5,3 -3,3 -10,8 -7,2 17,7 22,2 19,7 69,7 23,6 27,5 14,8 3,8
Haute-Normandie 25,1 7,4 -16,9 -5,6 -3,2 15,5 31,6 9,6 38,7 3,3 34,1 8,5 1,5
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 exploitation complémentaire Unité : %
* EMS : Emplois Métropolitains Supérieurs.
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 48 - Octobre 2005
 IGN - Insee 2005chacune de ses principales aires urbai-DÉFINITION PROXIMITÉ DE L’ILE-DE-FRANCE
nes en tenant compte de leur taille et de ET FONCTIONS SUPÉRIEURES :Une aire urbaine est définie comme un ensemble de
communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué UN EFFET LIMITÉleur statut. Rouen et Le Havre se situent
par un pôle urbain, et par des communes ou unités urbai- à un niveau relativement faible au regard En se limitant aux emplois dans les aires urbai-nes dont au moins 40% de la population résidente ayant
des métropoles de même taille au plan nes, le taux d’emploi métropolitain supérieur estun emploi travaille dans le pôle urbain ou dans des com-
munes attirées par celui-ci. plus faible dans les régions du Bassin parisiennational (à l’instar des grandes villes du
hors Ile-de-France qu’en dehors de celui-ci : 5,2%
Nord) mais à peu près dans la moyenne
contre 6,7%. A première vue, la proximité franci-
cherche et la Picardie d’une très bonne des grandes villes du Bassin parisien. lienne semble donc produire un déficit d’emplois
métropolitains. Somme toute, l’écart observé esttenue des fonctions commerciales et des Rouen accuse toujours un certain déficit
relativement faible et il doit surtout être relativisé,
domaines banque-assurance et en matière de recherche et Le Havre
particulièrement sous deux angles :
transports. dans la fonction banque-assurances et d’une part, les principales métropoles françai-
dans les services aux entreprises ses de province sont en dehors du bassin pari-
sien (Rouen est la plus grande aire urbaine du(malgré un rattrapage en cours). Mais sur
Bassin parisien après Paris) et le taux de fonc-
LES SERVICES AUX ENTREPRISES la dernière décennie, les deux principa- tions supérieures est très lié (positivement) à la
SE DÉVELOPPENT MOINS VITE les agglomérations haut-normandes ont taille de l’aire urbaine ; l’ensemble Bassin pari-
sien hors Ile-de-France est donc en quelqueQU’AILLEURS connu une croissance plus faible des
sorte “ pénalisé ” par un effet de taille de ses ai-
EMS que leurs homologues du Bassin
res urbaines ; pour preuve, en comparant les ai-
Pour les autres fonctions stratégiques parisien (surtout Rouen). Cette faiblesse res urbaines des régions limitrophes de
l’Ile-de-France avec celles du reste de la pro-également, les évolutions sont plus sou- provient de la forte baisse de la fonction
vince dans des catégories de taille homogène,vent en défaveur de la région. Pour les commerce dans les deux aires urbaines,
peu de différences significatives apparaissent ;
services aux entreprises, tout d’abord, la ainsi que de la stagnation des transports d’autre part, les chiffres en général plus faibles
Haute-Normandie reste un peu mieux et des services aux entreprises (à constatés pour le Bassin parisien sont pour
certaines fonctions plutôt le résultat d’une dif-dotée que les autres régions du Bassin Rouen). Dans le même temps, la re-
férence nord-sud : c’est le cas pour les fonc-
parisien (hors Ile-de-France), mais la cherche s’est toutefois plus renforcée tions liées à l’art, à l’information et même de
Basse-Normandie ou la Picardie, par qu’ailleurs (environ +50% dans les deux façon moins marquée aux services aux entre-
prises, qui constituent la catégorie la plus nom-exemple, connaissent des croissances cas) et l’informatique dans l’industrie a
breuse d’emplois supérieurs.deux fois plus fortes. Pour la recherche, plus que doublé à Rouen.
Il y a même des fonctions métropolitaines supé-
la Haute-Normandie connaît la même Avec 5% d’emplois métropolitains su- rieures pour lesquelles la proximité de Paris
semble constituer un avantage. Par exemple, lescroissance que la Picardie (+34%), mais périeurs, l’aire urbaine d’Evreux se situe
trois fonctions spécifiques à l’industrie (com-nettement moins forte qu’en Cham- à un niveau satisfaisant pour sa taille.
merce, gestion et informatique) apparaissent net-
pagne-Ardenne (+57%) et surtout qu’en Elle a en effet bénéficié d’une croissance tement plus présentes dans les franges
Basse-Normandie (+66%). significative entre 1990 et 1999 (environ franciliennes en faveur de départements comme
l’Eure, l’Oise ou l’Eure-et-Loir. Les villes “ deL’informatique dans l’industrie fait +20%), à l’image d’un grand nombre de
frange ” sont en effet surtout des pôles d’activité
toutefois figure d’exception, avec un ren- villes du Bassin parisien (notamment
industriels alors que les emplois technologiques
forcement conséquent dans les deux ré- Beauvais et Chartres). Cette croissance ou financiers sont plus développés en
Ile-de-France.gions normandes, alors qu’on est surtout à mettre à l’actif des services
En terme d’évolution, l’influence parisienne n’ap-enregistrait des reculs sensibles en Pi- aux entreprises, maintenant bien pré-
paraît pas s’exercer de façon très significative non
cardie ou en Champagne-Ardenne (ce sents dans la capitale de l’Eure. plus. Dans les années 90, les emplois métropoli-
tains ont juste un peu moins progressé dans lesecteur ne recouvre cependant que quel-
Bassin parisien (+15% contre +18,5%), particuliè-ques centaines d’emplois).
rement dans les plus petites aires urbaines ; les
VERNON ET LOUVIERS EN POINTE principales agglomérations des régions proches
de Paris ont elles, pour la plupart, enregistré des
croissances de l’ordre de 20%.ROUEN ET LE HAVRE Parmi les aires urbaines de taille
Les télécommunications, les services aux entre-
ASSEZ PEU DOTÉS POUR LEUR TAILLE moins importante, quatre comptent un
prises et le commerce dans l’industrie (excepté en
peu plus d’un millier d’emplois métropoli- Picardie) sont les seules fonctions à s’être plus
nettement renforcées en Ile-de-France au détri-Les emplois métropolitains supé- tains supérieurs : Vernon, Elbeuf, Dieppe
ment des régions du Bassin parisien, distancéesrieurs sont, par définition, fortement et Louviers. Ces effectifs peuvent être
par les autres régions.
concentrés dans les principales aires ur- considérés comme faibles pour Dieppe
baines de la région, à commencer par et pour Elbeuf (à peine plus de 3% d’em-
distingue également par la fonction servi-Rouen, Le Havre et Evreux. Les particu- plois « stratégiques » dans les deux cas),
ces aux entreprises et Louviers par l’in-larités de la Haute-Normandie sont donc qui ont en commun une faible présence
formatique dans l’industrie. Grâce auxlogiquement le reflet de ses pôles ma- des services aux entreprises. Elbeuf a
emplois supérieurs dans l’industrie et àjeurs. La spécificité régionale dans la toutefois connu une décennie 90 favo-
la recherche, Louviers a enregistré unefonction transports, par exemple, s’ex- rable (notamment dans la recherche)
croissance significative dans les annéesplique par l’importante activité portuaire contrairement à Dieppe, en baisse.
90, beaucoup plus que Vernondu Havre, mais aussi de Rouen. De Louviers et surtout Vernon bénéfi-
même, la relative faiblesse de la fonction cient de densités d’emplois supérieurs
recherche se vérifie à la fois à Rouen, au élevées compte tenu de leur taille. Ces Pour en savoir plus :
Havre et à Evreux. deux agglomérations sont très bien pour- « Onze fonctions pour qualifier les grandes
villes », Insee Première n° 840, mars 2002.L’image globale de la région est tou- vues dans les postes de la recherche et
« Des emplois en forte croissance »,
tefois un peu différente si on analyse de gestion dans l’industrie. Vernon se AVAL n° 17, septembre 2002.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 48 - Octobre 2005 3

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