Les femmes et les métiers : vingt ans d'évolutions contrastées

De
Publié par

La présence des femmes sur le marché du travail continue d'augmenter et se rapproche de celle des hommes. Les différences de répartition des hommes et des femmes selon les métiers ont toutefois tendance à se maintenir, malgré les importantes transformations de l'emploi. D'une part, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les métiers de service à la personne, et dans des emplois peu qualifiés, parfois précaires, souvent à temps partiel, qui se développent rapidement ; d'autre part, avec des niveaux de formation devenus équivalents ou supérieurs à ceux des hommes, elles investissent largement certains métiers qualifiés en expansion. La répartition des emplois des plus jeunes et des plus diplômés fait apparaître de moindres différences selon les sexes en 2002 que vingt ans plus tôt, à l'inverse des plus âgés et des moins diplômés. La concentration des femmes dans certaines professions demeure très forte, et, globalement, la ségrégation des emplois féminins et masculins selon les métiers ne s'estompe pas.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 74
Nombre de pages : 10
Voir plus Voir moins

Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Emploi 3
Les femmes et les métiers :
vingt ans d’évolutions contrastées
Monique Meron, Mahrez Okba, Xavier Viney*
La présence des femmes sur le marché du travail continue d’augmenter et
se rapproche de celle des hommes. Les différences de répartition des
hommes et des femmes selon les métiers ont toutefois tendance à se
maintenir, malgré les importantes transformations de l’emploi.
D’une part, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les métiers
de service à la personne, et dans des emplois peu qualifiés, parfois
précaires, souvent à temps partiel, qui se développent rapidement ; d’autre
part, avec des niveaux de formation devenus équivalents ou supérieurs à
ceux des hommes, elles investissent largement certains métiers qualifiés en
expansion. La répartition des emplois des plus jeunes et des plus diplômés
fait apparaître de moindres différences selon les sexes en 2002 que vingt
ans plus tôt, à l’inverse des plus âgés et des moins diplômés.
La concentration des femmes dans certaines professions demeure très
forte, et, globalement, la ségrégation des emplois féminins et masculins
selon les métiers ne s’estompe pas.
teurs d’activité s’évalue au regard 64 ans ont ou recherchent un’activité féminine a pour-
des transformations structurelles emploi. Entre 25 et 49 ans, lesuivi sa progression au
taux d’activité des femmes, quiL cours des deux dernières de la distribution des emplois.
n’a pas cessé de croître, atteintdécennies. L’évolution sur vingt
81 %, tandis que celui des hom-ans de la répartition selon le sexe En 2004, 64 % des femmes et
mes se maintient autour dedans les professions et les sec- 75 % des hommes de 15 à
* Monique Meron, Mahrez Okba et Xavier Viney font partie de la Dares, direction de l’Animation, de la recherche et des études statistiques
du ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement.
Données sociales - La société française 225 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:46Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
3 Emploi
94 %. Entre 50 à 64 ans, 54 % jeunes hommes sont sur le ploi masculin a reculé (– 0,8 %).
des femmes sont sur le marché marché du travail. La différence entre les évolu-
du travail, niveau qui se rap- tions est considérable, même en
proche de celui des hommes du Le nombre d’emplois en France tenant compte du fait que les
même âge (65 %). L’activité des a augmenté de 10 % de 1982 à hommes ont des horaires de tra-
jeunes (15 à 24 ans) a cessé de 2002 ; les emplois occupés par vail en moyenne plus importants
baisser vers 1998, le temps d’étu- desfemmessesontaccrus de (encadré 1). La part des femmes
des ne s’allongeant plus depuis 24 %, alors que pour ceux occu- dans l’emploi est ainsi passée de
cette date. À ces âges, les évolu- pés par les hommes, l’accroisse- 40,3 % en 1982 à 45,6 % en
tions des taux d’activité des fem- ment n’a été que de 1 %. Depuis, 2004. L’évolution récente des mé-
mes et des hommes ont été dans une conjoncture écono- tiers est caractérisée par le déve-
semblables depuis la fin des an- mique ralentie, l’emploi féminin loppement des services, le recul
nées quatre-vingt : en 2004, 30 % a continué d’augmenter (+1,5 % de nombreux secteurs industriels
desjeunesfemmeset38 % des de 2002 à 2004) tandis que l’em- et de l’agriculture, la forte crois-
Encadré 1
Des emplois moins stables, et plus souvent à temps partiel, surtout pour les femmes
Beaucoup d’emplois créés, no- mes, qui sont concernés : en 2002, dés s’adressent aussi plus souvent
tamment dans certains métiers 40 % des employés non qualifiés et aux femmes.
très féminisés des services, sont à 20 % des qualifiés sont à
temps partiel. 30 % des femmes temps partiel, contre 28 % et 10 % Entre 1982 et 2002, la durée
ayant un emploi ne travaillent en 1982. moyenne hebdomadaire du travail
pasàtempsplein,contre5%des est passée de 43,2 heures à 40 heu-
hommes. Parmi elles, une sur La part des contrats de travail respourles hommesetde37,0heu-
trois souhaiterait travailler da- courts (intérimaires, apprentis, sta- res à 33,7 heures pour les femmes.
vantage. En 2002, le temps partiel giaires ou contrats aidés et contrats En tenant compte des emplois à
est de 79 % chez les employées de à durée déterminée) dans le salariat temps partiel, le nombre hebdoma-
maison, 58 % chez les assistantes a aussi sensiblement augmenté : elle daire d’heures travaillées a diminué
maternelles et 57 % chez les cais- s’élève à 11 % en 2002 (9 % des de 6,7 % en vingt ans pour les hom-
sières. hommes et 13 % des femmes). Ces mes, tandis qu’il a augmenté de
formes d'emplois moins stables se 12,5 % pour les femmes (enquête
La part du temps partiel s’est for- sont plus particulièrement dévelop- annuelle de l’emploi collectée au
tement accrue pendant les années pées pour les femmes, les plus jeu- mois de mars de chaque année). La
quatre-vingt et jusqu'en 1997. nesetles moinsdiplômés.La différence d’évolution du nombre
Ensuite, la mise en place des 35 progression de l’intérim et de l’ap- d’heures travaillées est donc aussi
heures a nettement freiné cette prentissage concerne plutôt des em- spectaculaire qu’en nombre d’em-
progression. 16 % des emplois plois masculins, alors que les plois (baisse de 1 % du nombre
sont à temps partiel en 2002, contrats à durée déterminée se sont d’emplois masculins pour une
contre 9 % en 1982. Ce sont sur- surtout développés dans l’emploi fé- hausse de 24 % de l’effectif des
tout les employés, et donc les fem- minisé. Les stages et les contrats ai- femmes ayant un emploi).
Encadré 2
Familles et domaines professionnels
Cet article repose essentiellement Cette nomenclature emboîtée a été l’Insee. Les Fap permettent donc
sur la nomenclature des « familles construite en 1993 par un groupe de d’étudier dans le même cadre l’em-
professionnelles » (FAP) qui re- travail piloté par la Dares et asso- ploi et le chômage.
groupent les professions faisant ciant l’ANPE, l’Insee, et des organis-
appel à des compétences commu- mes régionaux (Oref, DRTEFP). Se À partir de 2003, la nomenclature
nes sur la base de « gestes profes- doter d’une grille de lecture par des PCS a changé et une refonte
sionnels » proches. Les 84 familles «métiers»permetd’analyserlemar- des familles professionnelles s’est
professionnelles rassemblent les ché du travail, l’insertion profession- imposée. En plus des changements
métiers correspondant à un même nelle et les liens entre formations et dans l’enquête Emploi, ce change-
niveau de qualification (figure 1). emplois. Ce classement rapproche le ment de nomenclature explique
Elles sont agrégées en 22 « domai- répertoire opérationnel des métiers que les comparaisons dans l’étude
nes professionnels » qui prennent et des emplois (Rome) de l’ANPE et s’arrêtent en 2002. Toutefois, des
en compte les différents niveaux la nomenclature des professions et chiffres globaux ont pu être four-
hiérarchiques. catégories sociales (PCS) utilisée par nis pour 2002 à 2004.
Données sociales - La société française 226 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:47Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Emploi 3
sance des emplois de cadres et femme en 2002, contre un surMoins d’ouvrières sans
de techniciens et la baisse des trois 20 ans plus tôt.qualification
emplois d’ouvriers non qualifiés
(Dares, 2004). Les femmes ont Cette féminisation importante a
Le monde ouvrier est tradition-été les premières concernées par ététrèsinégaleàl’intérieurde
nellement masculin, mais son dé-ces changements. certaines professions. Ainsi, dans
clin a aussi touché les femmes. les métiers du droit, les femmes
Les effectifs d’ouvriers qualifiés sont devenues majoritaires parmi
sont restés stables ; ceux des ou- les avocats (52 % en 2002) et
Encore plus de femmes vriers non qualifiés ont diminué progressent rapidement dans la
de 38 % entre 1982 et 2002. Lesdans les services et les magistrature. Elles demeurent
ouvrières représentent à peine toutefois minoritaires parmi lesemplois familiaux
10 % de l’emploi féminin, la moi- notaires (23 % en 2002), les
tié d’entre elles étant sans qualifi- conseillers juridiques et fiscaux
cation. En comparaison, 40 %En 2002, les femmes sont le plus (40 % en 2002). Les femmes qua-
des hommes sont ouvriers, et unsouvent agents d’entretien, en- lifiées ont été nombreuses à se
cinquième seulement n’ont passeignantes, assistantes maternel- diriger vers l’enseignement (61 %
de qualification reconnue. Parti-les, secrétaires, employées de de femmes parmi les enseignants
culièrement touchés par les res-bureau, vendeuses, infirmières en 1982 ; 64 % vingt ans plus
tructurations industrielles, lesou aides-soignantes. Les hom- tard). Par ailleurs, elles sont plus
effectifs des ouvrières les moinsmes sont plus fréquemment souvent présentes dans les filiè-
qualifiées des industries légèresouvriers dans le bâtiment, res d’expertise que dans l’enca-
(dont le textile et le cuir) ont di-conducteurs de véhicules, agri- drement ; la féminisation des
minué. Des emplois féminins ontculteurs, enseignants, informati- métiers de cadres techniques
cependant été créés dans les mé-ciens (encadré 2 et figure 1). reste en outre modeste par
tiers de l’emballage et de la ma- rapport à celle des métiers plus
nutention dans les transports.La montée du salariat, la tertiari- administratifs. L’informatique et
Les professions des industries desation de l’économie et l’élévation la recherche sont des domaines
process (industries chimiques,du niveau de qualification des encore peu féminisés où les fem-
agro-alimentaires, etc.) ont con-emplois ont surtout bénéficié à mes occupent rarement les pos-
tribué à l’augmentation dul’emploi féminin. Le recul des in- tes les plus prestigieux. Ces
nombre d’ouvrières qualifiées.dépendants a plutôt touché les différences selon le genre ren-
hommes (13 % des emplois mas- voient pour partie à la gestion
culins en 2002, contre 17 % en des personnels dans ces métiers
1982). La proportion de femmes Nettement plus de et aussi à l’orientation des jeunes
relevant de ces statuts d’emploi femmes dans les filières de for-femmes dans les métiers
s’est maintenue autour de 6 % ; mation.qualifiés, mais pas
cependant, 8 % des femmes
partout
étaient aides familiales en 1982,
contre 2 % en 2002. L’emploi des femmes est
En 1982, un cadre sur quatre
toujours très concentré
Les métiers tertiaires occupent, était une femme ; vingt ans plus
en 2002, les trois quarts des tard, cette proportion est de une
actifs, contre 60 % vingt ans sur trois. Elles sont également Dans 14 des 84 familles profes-
plus tôt. Les employés sont dé- plus nombreuses parmi les pro- sionnelles (encadré 2), le taux de
sormais plus nombreux que les fessions intermédiaires (47 %, féminisation dépasse 70 %, alors
ouvriers. Ce sont les domaines contre 38 %). Même dans les que 43 de ces catégories com-
professionnels des services aux métiers où la présence des fem- portent plus de 70 % d’hommes
particuliers, de la santé, de l’ad- mes est encore modeste, elle a (figure 1). De plus, ces familles
ministration et de la gestion qui souvent bien progressé : le taux de métiers les plus féminisées
contribuent le plus à la crois- de féminisation des personnels ont des effectifs très importants.
sancedel’emploi, avecnotam- d’études et de recherche double Cesconstatssontliésaux no-
ment une augmentation des en vingt ans, passant de 10 % à menclatures utilisées, certains
professions peu qualifiées sou- 20 % sur la période. Par ailleurs, métiers féminins (comme les se-
vent déjà très féminisées. un formateur sur deux est une crétaires par exemple) étant
Données sociales - La société française 227 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:48Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
3 Emploi
Figure 1 - Effectifs féminins et variation de l’emploi par familles professionnelles sur 20 ans
Effectifs Taux de féminisation (en %) Variation des
Effectif total
féminins effectifs totaux
en 2002
en 2002 2002 / 1982
En 1982 En 2002 (en milliers)
(en milliers) (en %)
Agents d’entretien 798 77 74 1 075 17
Enseignants 716 62 64 1 120 21
Assistants maternels 656 99 99 663 206
Secrétaires 651 95 97 672 – 6
Employés administratifs de la Fonction publique (cat. C) 650 69 72 899 12
Vendeurs 545 71 69 792 – 15
Employés administratifs d’entreprises 460 74 76 605 37
Infirmiers, sages-femmes 374 88 87 431 51
Aides-soignants 369 90 91 405 85
Professionnels de l’action sociale, culturelle et sportive 341 59 65 524 105
Comptables 335 76 80 418 3
Employés de maison 258 98 98 263 – 7
Caissiers, employés de libre service 228 90 84 271 51
Employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie 216 57 62 351 32 administratifs de la Fonction publique (cat. B) 203 60 63 325 12
Techniciens des services administratifs, comptables et financiers 198 45 63 313 69
Représentants 195 22 40 493 76
Cadres administratifs, comptables et financiers 195 26 43 459 109
Professions para-médicales 180 61 69 262 57
Agriculteurs, éleveurs 173 37 30 584 – 62
Ouvriers non qualifiés des industries de process 152 36 41 374 – 32
Coiffeurs, esthéticiens 152 71 85 178 24
Employés et techniciens de la banque 146 51 62 235 – 2
Maîtrise des magasins et intermédiaires du commerce 141 30 42 332 45
Ouvriers non qualifiés de la manutention 133 36 34 389 30
Employés et techniciens des assurances 131 66 77 170 27
Médecins et assimilés 130 36 43 302 25
Cadres de la Fonction publique 129 28 37 345 50
Ouvriers qualifiés des industries de process 102 22 23 446 38
Cadres commerciaux et technicocommerciaux 98 9 25 392 57
Professionnels de la communication et de la documentation 97 44 58 167 108
Maraîchers, jardiniers 89 24 28 317 8
Informaticiens 89 34 20 452 147
Formateurs, recruteurs 85 33 50 171 341
Ouvriers qualifiés du textile et du cuir 84 65 67 125 – 30
Patrons d’hôtels, cafés, restaurants 81 56 45 179 – 19
Agents adminis. et commer. du tourisme et des transports 74 34 56 132 92
Secrétaires de direction 73 96 97 75 – 26
Professionnels des arts et des spectacles 71 33 39 183 70
Cadres de la banque et des assurances 58 16 33 176 48
Agents de gardiennage et de sécurite 58 38 26 221 22
Employés des services divers 57 38 35 162 115
Techniciens, agents de maîtrise des industries de process 56 12 19 297 48
Cuisiniers 53 33 25 212 72
Personnels d’étude et de recherche 52 9 20 265 152
Données sociales - La société française 228 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:50Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Emploi 3
Figure 1 (suite) - Effectifs féminins et variation de l’emploi par familles professionnelles sur 20 ans
Effectifs Taux de féminisation (en %) Variation des
Effectif total
féminins effectifs totaux
en 2002
en 2002 2002 / 1982
En 1982 En 2002 (en milliers)
(en milliers) (en %)
Conducteurs de véhicules 49 3 7 691 8
Ouvriers non qualifiés du textile et du cuir 47 82 73 64 – 79
Ouvriers non qualifiés de la mécanique 46 16 22 206 – 36
Ouvriers qualifiés de la manutention 46 8 11 402 8
Armée, pompiers, police 46 4 11 421 39
Artisans et ouvriers artisanaux 45 46 43 105 – 33
Ouvriers non qualifiés de l’électricité et de l’électronique 36 49 60 60 – 52
Ouvriers qualifiés de l’électricité et de l’électronique 29 20 34 83 – 26
Ouvriers qualifiés de la maintenance 27 2 8 355 40
Professionnels du droit 24 28 46 53 96
Ouvriers des industries graphiques 23 18 23 99 – 28
Ouvriers qualifiés de la mécanique 21 5 9 245 – 7
Bouchers, charcutiers, boulangers 20 8 9 229 – 18
Dirigeants d’entreprises * 20 14 14 146 23
Ouvriers non qualifiés travaillant par enlèvement de métal n.s. 25 30 62 – 60
Techniciens, agents de maîtrise des industries mécaniques n.s. 4 7 243 – 5 agents de maîtrise de la maint. et de l’orga. n.s. 2 6 272 15
Techniciens, agents de maîtrise des indus. légères et graph. n.s. 23 23 70 0
Ingénieurs et cadres techniques de l’industrie n.s. 4 10 155 32
Agents d’exploitation des transports n.s. 8 14 102 5
Techniciens du bâtiment et des travaux publics n.s. 9 9 138 14 et cadres de l’agriculture n.s. 6 17 75 66
Techniciens, agents de maîtrise de l’électricité n.s. 4 9 136 – 15
Cadres des transports et navigants de l’aviation n.s. 6 20 47 44
Ouvriers qualifiés travaillant par enlèvement de métal n.s. 1 5 170 – 17
Cadres du bâtiment et des travaux publics n.s. 2 5 186 – 6
Ouvriers non qualifiés du bâtiment, second œuvre n.s. 3 6 122 – 18
Ouvriers non qualifiés du bois n.s. 23 14 40 – 61
Marins, pêcheurs n.s. 12 12 44 – 28
Ouvriers qualifiés du bâtiment, second œuvre n.s. 0 1 521 – 3
Ouvriers de la réparation automobile n.s. 1 2 223 0
Ouvriers qualifiés du bois n.s. 5 6 71 – 32
Professionnels de la politique et clergé n.s. 3 15 19 – 47
Ouvriers qualifiés des travaux publics n.s. 2 2 108 – 10
Ouvriers non qualifiés du gros œuvre du bâtiment n.s. 0 1 162 – 57
Ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment n.s. 0 1 323 – 13
Ouvriers qualifiés travaillant par formage de métal n.s. 0 1 135 – 13
Conducteurs d’engins de traction et de levage n.s. 3 2 46 – 23
Conducteurs d’engins du bâtiment et des travaux publics n.s. 0 0 47 19
Total 10 830 40 45 23 924 10
* En dessous de 20 000, les données statistiques sur les FAP ne sont pas significatives.
Sources : Insee, enquêtes Emploi, traitement Dares.
Données sociales - La société française 229 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:51Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
3 Emploi
moins précisément décrits que la mes secteurs d’activité : parmi les teurs ayant plus de 80 % d’em-
plupart des métiers masculins dix s où les femmes sont plois occupés par des hommes
qui font l’objet de reconnaissan- majoritaires, figurent essen- sont, en dehors du « commerce
ces plus précises et d’enjeux dans tiellement des secteurs de servi- et réparation automobile », tous
les négociations professionnelles ces (éducation, santé et action industriels (construction, équipe-
(Amossé, 2004 ; figure 2). sociale, services personnels, etc.) ment mécanique, métallurgie,
et seulement trois secteurs indus- automobile, etc.).
Hommes et femmes ne travail- triels (habillement, pharmacie et
lent pas non plus dans les mê- textile). Au contraire, les dix sec-
« Concentration » et « ségré-
gation » professionnelles sont
Figure 2 - Concentration des emplois masculins et féminins en deux notions complémentaires
1982 et en 2002 par familles professionnelles (encadré 3). Lesemploisdesfem-
mes sont plus « concentrés »
1 dans certains métiers que ceux
0,9 des hommes ; par ailleurs, leur
répartition selon les métiers est0,8
très différente de celle des hom-
0,7
mes : la ségrégation des emplois
0,6 entre hommes et femmes appa-
0,5 raît ainsi importante. Selon la
nomenclature choisie, la concen-0,4
tration et la ségrégation des em-0,3
plois évoluent de façon différente
0,2
entre 1982 et 2002. La ségréga-
0,1 tion diminue légèrement depuis
0 dix ans si les classements les plus
fins sont utilisés, tandis qu’elle
Femmes en 1982 Hommes en 1982 paraît stable sur la période au
Femmes en 2002 en 2002 travers du prisme des nomencla-
tures plus regroupées, comme
Lecture : les 20 familles professionnelles les plus nombreuses regroupent 71 % des femmes contre seulement
celle des 84 familles profession-51 % des hommes en 2002 (respectivement 76 % et 53 % en 1982).
Source :Insee, enquêtes Emploi de 1982 et 2002, traitement Dares par familles professionnelles (en 84 postes). nelles (encadré 3 et figure 3)
Encadré 3
Concentration et ségrégation professionnelles : deux notions complémentaires
La concentration des emplois répartition par catégorie pour les classement en 84 familles profes-
dans un nombre plus ou moins hommes et pour les femmes, et en sionnelles se réduit légèrement sur
restreint de métiers ou de secteurs rapportant ce nombre à la popula- vingt ans : en 2002, les vingt famil-
est mesurée grâce à l’indice de tion totale, hommes et femmes, les professionnelles les plus fémini-
Gini. Ce dernier montre que les concernée. sées (au sens des effectifs)
catégories d’emplois sont toujours regroupent 71 % de l’emploi fémi-
beaucoup moins dispersées pour Ainsi, une profession importante (en nin, contre 76 % en 1982. Pour les
lesfemmesque pour leshommes proportion) dans la structure des hommes, les vingt familles profes-
(figure 2). emplois féminins contribue à la sionnelles les plus importantes re-
concentration de ces emplois, mais groupent 51 % de leurs emplois en
La question de la ségrégation dans ne contribue à la ségrégation que si 2002, contre 53 % en 1982. En re-
l’emploi se réfère à la mesure d’une son poids dans la structure des em- vanche, si l’analyse s’appuie sur un
distance entre les répartitions pro- plois masculins est différent de son regroupement en 31 catégories so-
fessionnelles masculine et fémi- poids dans la structure des emplois cioprofessionnelles, la concentra-
nine selon les métiers ou les féminins. tion des emplois féminins est plus
secteurs. Pour cela, l’indice de Ma- stable : les six professions les plus
clachlan est utilisé. Il s’obtient en Ces notions peuvent aussi renvoyer féminisées regroupent alors 60 %
calculant lenombreminimum une image sensiblement différente des femmes en emploi (61 % en
d’individus qu’il faut changer de en évolution, selon la nomenclature 1982, 60 % en 1990 et 62 % en
catégorie pour arriver à la même choisie. La concentration selon le 2002).
Données sociales - La société française 230 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:53
1 5 9 13 17 21 25 29 33 37 41 45 49 53 57 61 65 69 73 77 81 85Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Emploi 3
En fait, cette apparente stabilité vingt ans. Mais le nombre d’em- âgées, mais les différences avec
de la concentration et de la sé- plois qualifiés a augmenté, pour leshommesdumêmeâge sont
grégation entre 1982 et 2002 dis- les femmes comme pour les importantes. Jusqu’en 1999, la
simule des transformations hommes ; du côté des emplois ségrégation entre les emplois des
importantes, car la répartition les moins qualifiés, les effectifs hommes et femmes de moins de
des emplois a notablement évo- des employés qui se sont accrus 40 ans était plus forte que pour
lué en vingt ans. Des recomposi- sont essentiellement féminins, les plus âgés ; elle a nettement
tions se sont opérées parmi les alors que le recul du nombre diminué depuis, alors que celle
emplois masculins et féminins des ouvriers non qualifiés a prévalant entre emplois des hom-
pour reproduire des différences surtout touché les hommes ; la mesetdes femmesdeplusde
aussi importantes qu’auparavant, polarisation des emplois selon 40 ans a au contraire augmenté,
mais sur une nouvelle répartition la qualification s’est donc par- au point de devenir un peu supé-
des familles professionnelles. En ticulièrement accrue pour les rieure àcelle desplusjeunesen
20 ans, la présence des femmes a femmes. 2002 (figure 4).
ainsi augmenté là où elle était
faible – dans des postes qualifiés La contribution de chacune des
ou techniques par exemple – tout La ségrégation des familles professionnelles à la
en se maintenant dans des mé- concentration ou à la ségrégationhommes et des femmes
tiers peu qualifiés qui se sont dé- des emplois a pu évoluer diffé-selon les métiers
veloppés. En 2002, les femmes remment. Par exemple, la famille
a diminué pour les plus
représentent encore les trois professionnelle des agriculteurs
jeunes mais augmentéquartsdeseffectifsd’employés contribuait fortement à la
pour les plus âgésnon qualifiés, 73 % des employés concentration des emplois fémi-
qualifiés, et 31 % des ouvriers nins de plus de 40 ans en 1982
non qualifiés (contre 11 % parmi Lesemploisdesfemmesde – elle représentait alors 12 % de
les ouvriers qualifiés) ; ces pro- moins de 40 ans sont moins ces emplois –, mais elle contri-
portions ont peu évolué sur concentrés que ceux des plus buait peu à la ségrégation entre
Figure 3 - Évolution de 1982 à 2002 des indices de ségrégation professionnelle entre hommes et
femmes selon les nomenclatures utilisées (indices de Maclachlan)
0,31
Professions et catégories socioprofessionnelles
détailées en 455 postes0,29
Familles professionnelles détaillées en 224 postes
0,27
Croisement des professions et catégories
Familles professionnelles niveau intermédiaire en 84 postes socioprofessionnelles agrégées en 6 postes0,25
avec le secteur d'activité (nes 36)
0,23 Professions et catégories socioprofessionnelles
niveau agrégé (en 31 postes)
0,21
Familles professionnelles au niveau agrégé
0,19 (en 22 postes)
Catégories socioprofessionnelles en 6 positions
0,17
Secteurs d'activités en 36 postes (nes36)
0,15
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
Note : trois nomenclatures sont utilisées ici :
– celle des familles professionnelles : 224 postes au niveau le plus détaillé, 84 familles professionnelles au niveau intermédiaire (figure 1), et 22 domaines professionnels
au niveau le plus agrégé ;
– celle des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) : 455 postes au niveau le plus détaillé, 31 au niveau intermédiaire et 6 au niveau le plus agrégé ;
– celle des secteurs d'activité : la nomenclature nes36 comporte 36 postes.
Lecture : l'indice de ségrégation professionnelle peut se lire comme la proportion de population (hommes et femmes) qu'il faudrait déplacer pour pouvoir obtenir
des distributions par profession identiques pour les hommes et les femmes. Par exemple, en 2001, il faudrait déplacer 27 % de la population pour pouvoir égaliser
les distributions d'emplois des hommes et des femmes en utilisant la nomenclature des familles professionnelles en 84 postes.Le niveau de ségrégation est lié à la finesse des
nomenclatures utilisées pour classer les métiers : il est plus élevé en PCS que dans les 84 familles prof. Cet indice s'accroît de 23 % à 25 % entre 1982 et 2002
lorsque la population est ventilée par grandes catégories socioprofessionnelles, tandis qu'il reste plus stable si l'analyse porte sur les familles professionnelles ou les secteurs
d'activité.
Sources : Insee, enquêtes Emploi de 1982 à 2002, traitement Dares.
Données sociales - La société française 231 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:55Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
3 Emploi
hommes et femmes : 41 % des concentration des emplois fémi- mentsdanslarépartition des
agriculteurs de plus de 40 ans nins, tandis que les secrétaires, métiersplusoumoinsféminisés.
étaient des femmes, une propor- chauffeurs routiers et assistant(e)s Lesjeunesfemmessontplusdi-
tion proche de la moyenne dans maternel(le)s interviennent le plômées que leurs aînées et ont
cette classe d’âge. Aujourd’hui, le plus dans la ségrégation entre même dépassé les hommes de
poids des agriculteurs – qui était hommes et femmes. Bien sûr, les leurs générations depuis le milieu
donc du même ordre pour les différences d’orientation scolaire des années quatre-vingt-dix ; ce-
hommes et pour les femmes – et d’accès à l’éducation selon les pendant, les filières d’orientation
ayant beaucoup diminué, son ef- générations d’hommes et de fem- restent très différenciées : les gar-
fet sur la concentration des em- mes ont à voir avec ces change- çons investissent les filières tech-
plois s’est estompé. Toutefois, les
femmes ayant plus massivement Figure 4 - Évolution des indices de ségrégation professionnelle
entre hommes et femmes selon les âges (indices de Maclachlan)quitté l’agriculture, la contribu-
tion de cette famille profession-
0,30nelle à la « ségrégation » entre
hommes et femmes s’est accrue,
0,29
puisque son poids est devenu dif-
férent dans l’emploi des hommes 0,28
et des femmes. En 2002, ce sont
0,27les postes d’assistants maternels
et d’agents d’entretien qui contri-
0,26
buent le plus à la ségrégation
comme à la concentration des 0,25
emplois féminins des plus âgés ;
en effet, les emplois familiaux et 0,24
de service à la personne, très fé-
0,23minisés, ont pris beaucoup d’im-
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
portance au fil du temps,
Moins de 40 ans 40 ans et plus Ensemble
notamment dans cette tranche
Lecture : pour les moins de 40 ans, les différences de répartition des emplois masculins et féminins par famillesd’âge. Pour les moins de 40 ans,
professionnelles (84 postes) ont diminué entre 1982 à 2002 ; par contre, pour les plus de 40 ans, la ségrégationen 2002, ce sont les postes de se-
entre emplois masculins et féminins s'est accrue.
crétaires, d’enseignants et de ven- Sources :Insee, enquêtes Emploi de 1982 à 2002, traitement Dares.
deurs qui contribuent le plus à la
Figure5- Évolution de 1982 à 2002 de la ségrégation professionnelle entre hommes et femmes selon
les niveaux de diplôme (indices de Maclachlan)
0,33
Diplôme de niveau CAP ou BEP0,31
0,29
Sans aucun diplôme
0,27
Diplôme de niveau baccalauréat
0,25
Diplôme de niveau BEPC
0,23
Diplôme de niveau DUT BTS
0,21
0,19
0,17
Diplôme de niveau supérieur ou égal à la licence
0,15
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002
Lecture :pour les non-diplomés, il faudrait déplacer, en 1982, 25 % de la population pour avoir des distributions d'emplois entre hommes et femmes identiques et près de 29 %
en 2002 (les emplois étant déclinés par familles professionnelles en 84 postes) ; la ségrégation s'est donc accrue. Pour ceux ayant un diplôme supérieur, ces chiffres passent
de19%à16%,laségrégation a donc diminué dans ces catégories d'emplois.
Sources : Insee, enquêtes Emploi de 1982 à 2002, traitement Dares par familles professionnelles.
Données sociales - La société française 232 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:56Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Emploi 3
niques tandis que les filles se techniciens de maintenance de conducteurs de véhicules pren-
retrouvent plus souvent dans les 1982 pour expliquer cette diffé- nent l’importance qu’avaient les
spécialités littéraires ou tertiaires. rence des répartitions. Au niveau employés administratifs et les
CAP-BEP, les aides à domicile et vendeurs en 1982 pour les titu-
les agents d’entretien rempla- laires du BEPC. Enfin, les em-
cent, en 2002, les employés de ployés de maison et les ouvriersLes hommes
l’administration et les compta- qualifiés du gros œuvre du bâti-
et les femmes bles de 1982 parmi les contribu- ment sont aujourd’hui les mé-
les plus diplômés tions les plus fortes aux tiers les plus significatifs dans la
occupent des emplois différences de métiers selon le ségrégation entre emplois mas-
sexe. Les assistants maternels, culins et féminins des moins di-de plus en plus
les agents d’entretien et les plômés.similaires
Figure 6 - Évolution du taux réel et du taux structurel deEn 20 ans, la ségrégation entre
féminisation entre 1982 et 2002l’emploi masculin et féminin
s’est renforcée pour les moins
Dans les servicesen %diplômés, tandis qu’une meilleure
55osmose s’instaure entre les mar-
chés de l’emploi masculin et fé-
54
minin des plus diplômés. Aux
niveaux de qualification intermé- 53
diaires, la ségrégation entre hom-
52mes et femmes est restée stable.
C’est pour les CAP et BEP qu’elle
51est la plus forte : il faudrait
qu’un tiers des hommes et des
50
femmes ayant ce niveau change
de famille professionnelle pour 49
obtenir des répartitions identi-
48ques selon le sexe, alors que
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002pour les diplômés ayant au
moins une licence, il suffirait de Dans l'industrieen %
15 % (figure 5).
31
Les informaticiens sont l’une des
cinq professions contribuant le 30
plus aux ségrégations entre les
plus diplômés en 2002, alors
29
qu’en 1982, les cadres adminis-
tratifs d’entreprises jouaient ce
28rôle. Au niveau « bac+2 », les in-
formaticiens et les professionnels
de l’action sociale expliquent une 27
bonne part de la ségrégation
entre emplois féminins et mascu-
26lins en 2002, alors que vingt ans
1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002plus tôt, c’étaient les cadres com-
merciaux et les techniciens de l’é- Taux structurel de féminisation Taux réel de féminisation
lectricité et de l’électronique.
Note :le taux structurel de féminisation est obtenu en appliquant le taux de féminisation de 1982 à la structure desParmi les bacheliers, les métiers
emplois de chaque année ; la nomenclature utilisée est la nes36 (secteurs en 36 postes), croisée avec les
exercés dans l’armée ou la police catégories socioprofesionnelles (en 31 postes).
Lecture : le taux de féminisation structurel décroît régulièrement depuis 1987 dans l'industrie. Depuis les annéeset les employés administratifs
quatre-vingt-dix, les métiers se sont féminisés au-delà du seul effet de la transformation structurelle des emplois.d’entreprises se substituent aux
Sources :Insee, enquête emploi, traitement Dares.
enseignants (instituteurs) et aux
Données sociales - La société française 233 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:57Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
3 Emploi
de chaque année les taux de fémi- spécificités. La féminisationLes métiers
nisation de 1982, la féminisation parfois spectaculaire de certainsse sont féminisés
aurait été nettement moindre métiers qualifiés, liée aux pro-
au-delà du seul effet
qu’aujourd’hui, aussi bien dans grès générationnels des femmes
de la transformation l’industrie que dans les services dans le système éducatif, n’a
structurelle des emplois (figure 6). Danslesprofessionsin- pas suffi à mieux répartir globa-
dustrielles, du bâtiment et des tra- lement l’emploi des femmes.
Si la féminisation par métiers vaux publics, la stabilité de la part Des enseignants aux aides à do-
n’avait pas changé depuis 1982, des femmes provient aussi d’une micile, les femmes restent spé-
les modifications de la réparti- progression de la féminisation qui cialisées dans certains types de
tion des emplois dans l’économie a compensé l’effet de structure lié professions liées aux services.
auraient entraîné une féminisa- à la diminution des effectifs dans Encore timide, la féminisation
tion de l’emploi : ce sont en effet certains secteurs (Lainé, 2005). des métiers techniques a cepen-
les emplois les plus féminisés qui Dans les métiers de l’industrie, dant bien progressé et les em-
se sont le plus développés. Ces concentration et ségrégation pro- ploisdesjeunesfemmessont
changements expliquent, à eux fessionnelles entre hommes et plus diversifiés. Mais les chan-
seuls, deux tiers de l’augmenta- femmes ont aussi nettement dimi- gements au cours du temps
tion du taux moyen de féminisa- nué de 1982 à 2002. Pour les mé- dans la répartition des métiers,
tion entre 1982 et 2002. La tiers du tertiaire en revanche, les en touchant surtout la
féminisation a donc augmenté indicateurs montrent que la répar- main-d’œuvre féminine, con-
bien au-delà de ce seul effet de tition des emplois s’est un peu dis- tribuent à créer une polarisation
structure (Okba, 2004). persée durant cette période, mais entre d’une part des emplois peu
la ségrégation entre hommes et qualifiés, souvent partiels, parfois
La féminisation a augmenté dans femmes ne se réduit que depuis le précaires, qui restent surtout fé-
les services (51 % à 54 %) alors milieu des années quatre-vingt-dix. minisés, et d’autre part des pro-
qu’elle est restée stable dans l’in- fessions plus qualifiées où la
dustrie (autour de 29 %). En ap- Les emplois masculins et fémi- mixité devient nettement plus
pliquant à la structure d’emplois nins conservent donc de fortes fréquente.
Pour en savoir plus
Amira S. et De Stéfano G., « Con- tion annoncée », Note Emploi Maruani M., Travail et emploi des
trats à durée déterminée, intérim, Formation, Cereq, n° 6, janvier femmes (nouvelle édition), éditions
apprentissage, contrats aidés : les 2004. La Découverte, Coll. Repères, 2003.
emplois à statut particulier ont pro-
gressé entre 1982 et 2002 », Premiè- Dares, « Familles Professionnelles ; Maruani M. (sous la direction de),
res Synthèses, Dares, n° 14.2, avril Vingt ans de métiers ; Portraits sta- « Femmes, genre et sociétés, l’état
2005. tistiques 1982-2002 », Les Dossiers des savoirs », éditions La Décou-
de la Dares, Documentation Fran- verte, 2005.
Amossé T., « Professions au fémi- çaise, octobre 2004.
nin : représentation statistique, Okba M., « L’accès des femmes aux
construction sociale », Travail, Huet M., « La concentration des métiers : la longue marche vers l’é-
genre et sociétés, n° 11, p. 31-46, emplois féminins », Économie et galité professionnelle », Premières
2004. Synthèses, Dares n° 31.2, juilletstatistique, n° 154, avril 1983.
2004.
Amossé T., Chardon O., « La carte Lainé F., « Secteurs et métiers in-
des professions (1982-1999) : le dustriels : l’industrie n’est plus ce Périvier H., « La marche vers l’éga-
marché du travail par le menu » qu’elle était », Premières Synthèses, lité des sexes au travail : du piétine-
Données Sociales 2002-2003, Insee, ment au recul, il n’y a qu’un pas »,Dares, n° 16.2, avril 2005.
Droit social, septembre-octobrep. 215-224, 2002.
Marchand O., « Les emplois fémi- 2004.
nins restent très concentrés », Don-Couppié T., Epiphane D., «Des
nées Sociales 1993,Insee www.travail.gouv.fr, rubriquebancsdel’école auxpostesdetra-
vail… chronique d’une ségréga- p. 495-503, 1993. Études et statistiques.
Données sociales - La société française 234 édition 2006
051.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\051\051.vp
vendredi 3 mars 2006 16:17:58

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.