Les fonctions culturelles : des dynamiques régionales différenciées qui accompagnent le boom de l'emploi

De
Publié par

En 1999, l’emploi dans les fonctions culturelles occupait un peu plus de 315 000 personnes en France, soit 1,4% de l’emploi total. Entre 1982 et 1999, il a progressé de 74%. Les fonctions culturelles sont inégalement réparties sur le territoire, avec une hypertrophie de la région francilienne. Près de la moitié sont exercées par des diplômés de l’enseignement supérieur. Le contrat à durée déterminée s’est développé : il concernait un emploi culturel sur cinq en 1999, contre à peine un sur dix en 1990. Avec près de 6 200 emplois culturels en 1999, la Lorraine se situait au douzième rang des régions françaises. Encadré : Une nouvelle nomenclature : les fonctions culturelles De plus en plus de contrats à durée déterminée Envolée de l’emploi dans le spectacle vivant Contenu en emplois des fonctions culturelles Typologie : Une nouvelle nomenclature : les fonctions culturelles Le spectacle vivant : place aux jeunes L’édition et l’audiovisuel : tendance parisienne Les métiers des arts visuels et de l’architecture plutôt diplômés Les professions du patrimoine,des musées et des archives, et les professeurs d’art : place aux femmes Les métiers d’art : compétences techniques requises Les gestionnaires de spectacles ou de services récréatifs Hypertrophie de la région francilienne Indice de concentration de Hoover L'économie géographique des fonctions culturelles Lieux centraux Les pôles d'emploi culturels Pour en savoir plus
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 28
Tags :
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

www.insee.fr/lorraine
°
Les fonctions culturelles :127N
En 1999, l’emploi dans les fonctions culturelles occupait un peu plus
de 315 000 personnes en France, soit 1,4% de l’emploi total. Entre 1982
et 1999, il a progressé de 74%. Les fonctions culturelles sont inégalement
réparties sur le territoire, avec une hypertrophie de la région francilienne.
Près de la moitié sont exercées par des diplômés de l’enseignement
supérieur. Le contrat à durée déterminée s’est développé : il concernait
un emploi culturel sur cinq en 1999, contre à peine un sur dix en 1990.
Avec près de 6 200 emplois culturels en 1999, la Lorraine se situait
au douzième rang des régions françaises.
Pour étudier l’emploi culturel, on peut uti- Par ailleurs, en 1999, les diplômés de l’ensei-
liser une approche par professions culturelles gnement supérieur représentent presque la
ou une par secteurs d’activité cultu- moitié des effectifs culturels et les personnes
rels. Ces deux approches nous ont semblé sans diplôme environ 6%. En 1982, un quart
trop restrictives. Dans cette étude, nous seulement des personnels de la culture possé-
avons utilisé le concept de fonctions culturel- daient un diplôme du supérieur, et un sur cinq
les, qui sont les professions culturelles défi- n’avaient aucun diplôme. L’augmentation du
nies sur le champ des secteurs d’activité dans nombre de diplômés dans les emplois cultu-
lesquels ces professions sont fortement re- rels est à l’image de l’évolution observée dans
présentées [cf. encadré “Une nouvelle nomencla- l’ensemble de la population.
ture : les fonctions culturelles”].
Dans la sphère culturelle, si le contrat à
En 1999, en France métropolitaine, un peu durée indéterminée (CDI) est encore le con-
plus de 315 000 personnes occupent un trat le plus courant, le contrat à durée dé-
emploi dans des domaines aussi divers que terminée (CDD) concerne 21% des emplois
l’audiovisuel et le spectacle, les arts plasti- culturels en 1999, contre seulement 9% en
ques et les métiers d’art, les activités litté- 1990. D’une façon générale, jusqu’au début
raires, l’enseignement artistique, la des années 80, le CDI était la norme. Dans
documentation, et l’architecture. Cela les années 80-90, les modes de recrute-
représente 1,4% de l’emploi total. ment changent et les contrats de travail se
multiplient. Le CDD remplace de plus en plus
souvent la période d’essai.De plus en plus de contrats
à durée déterminée
Envolée de l’emploi
Leshommesoccupent la majorité desem-
dans le spectacle vivantplois culturels. Cependant, de plus en plus
de femmes travaillent dans le domaine de la Entre 1982 et 1999, l’emploi dans les fonc-
culture. Elles sont 37% en 1999, elles n’é- tions culturelles augmente de 74,2%,
taient que 31% en 1982. contre 8,6% pour l’emploi total. La hausse
Vde l’emploi culturel est plus im- ans représentent la moitié des ef- més de l’enseignement supérieur,
portante entre 1982 et 1990 fectifs. Ces professions sont sou- contrairement aux métiers du
(+4,8% par an) qu’entre 1990 et vent peu diplômées. Leur spectacle vivant, et de jeunes de
1999 (+2,1% par an)danslame- situation est plus fragile. Ils dispo- 20à40ans.Les emplois offerts
sure où le nombre d’emplois est sent de contrats relativement dans ces professions sont souvent
relativement faible en 1982. précaires de type CDD,emplois ai- à temps partiel ou en CDD.Dans
Par ailleurs, les évolutions de dés ou en intérim et sont plus les secteurs de l’édition et de l’au-
l’emploi culturel sont très différen- souvent à temps partiel. diovisuel, il n’est en effet pas facile
tesselon lesrégions.EnLangue- d’obtenir un contrat stable, comme
doc-Roussillon, les effectifs dans le spectacle vivant.L’édition et l’audiovisuel :
culturels ont plus que doublé tendance parisienne Depuis 1990, la situation de ces
entre 1982 et 1999. Dans les
Les métiers de l’édition et de l’au- professions s’est fragilisée. En
régions Midi-Pyrénées, Rhône-
diovisuel sont centralisés en 1999, la moitié des emplois sont
Alpes, Bretagne et Île-de-France,
Île-de-France. Ils sont caractérisés en CDI, alors qu’ils étaient plus des
les évolutions sont supérieures à
par une forte proportion de diplô- deux tiers dans ce cas en 1990.
80%.
Des fonctions culturelles très différentesDans les années quatre-vingt, le
selon le diplôme et le contrat de travailsecteur de la culture se développe
considérablement. La politique cultu- Axe 2
relle et la montée de la demande
culturelle des ménages se tradui-
sent par un essor de l’offre cultu-
relle suivi d’une forte augmentation
du nombre d’emplois culturels. Dans
le domaine du spectacle vivant no-
tamment, la hausse est considé-
rable. Le nombre d’emplois a été
d'études
multiplié par un peu plus de deux
entre 1982 et 1999. En 1999, on
compte près de 109 000 emplois
dans le spectacle vivant, ce qui re-
présente plus du tiers des emplois
culturels. En particulier, le nombre
d’assistants techniques de la réalisa-
tion des spectacles vivants et audio-
visuels a été multiplié par quatre
entre 1982 et 1999 et le nombre
d’artistes dramatiques par trois.
Les fonctions culturelles sont ras-
semblées, selon leurs caractéristi-
ques (situation géographique, diplômes,
Axe 1contrats de travail, etc.), en six grou-
pes [cf. Encadré “Typologie”].
Note de lecture : sur l'axe 1, les métiers d'art et les gestionnaires de spectacles s'opposent aux métiers
du spectacle vivant, du patrimoine et de l'enseignement artistique, et de l'édition et de l'audiovisuel.
Les premiers sont plutôt titulaires de diplômes de type CAP ou sont sans diplôme et exercent en province.Le spectacle vivant :
Les seconds sont plus diplômés et exercent surtout en Île-de-France. Sur l'axe 2, les métiers des arts
visuels et de l'architecture s'opposent aux métiers du spectacle vivant. Les premiers exercent à tempsplace aux jeunes
complet et sont non salariés. Les seconds sont plus souvent à temps partiel et exercent plutôt en CDD
ou en intérim.
Dans les métiers du spectacle vi-
Source : Insee - Recensement de la population de 1999
vant, les jeunes de moins de 35
Le spectacle vivant en forte expansion entre 1982 et 1999
Nombre d’emplois en 1999 Taux de croissance entre 1982 et 1999 (%)Groupes de fonctions culturelles
Spectacle vivant 144,5108 600
Édition et audiovisuel 117,992 300
Métiers des arts visuels et de l’architecture 24,345 900
Patrimoine, musées, archives et enseignement artistique 55,835 400
Métiers d’art 26,921 400
Gestionnaires de spectacles -34,311 600
Total 315 200 74,2
Source : Insee - Recensements de la population de 1982 et de 1999
2les deux tiers sont exercées par tes entreprises artisanales. Ces pro-Les métiers des arts
des femmes. Ces emplois sont fessions sont plutôt exercées envisuels et de l’architecture
occupés principalement par des province, dans des secteurs tels
plutôt diplômés
diplômés, notamment de que la bijouterie et l’horlogerie, l’ébé-
Près des deux tiers des créateurs deuxième ou troisième cycle uni- nisterie, et l’imprimerie.
indépendants sont détenteurs de di- versitaire. Ces professions cultu-
plômes universitaires. Contraire- relles, que l’on rencontre plus Les gestionnaires
ment aux architectes libéraux, les particulièrement dans les associa-
de spectacles ouartistes plasticiens et les photogra- tions, les bibliothèques, les mu-
de services récréatifsphes indépendants peuvent exercer sées et les établissements
leur métier sans diplôme particulier, Les gestionnaires de spectacles oud’enseignement artistique, sont
même si certains peuvent avoir suivi de services récréatifs qui exercentexercées soit dans la fonction pu-
des cursus artistiques (École des en indépendants, sont souvent peublique, soit en CDI et confèrent
Beaux-arts). Depuis 1982, la part diplômés. Seulement 14,3%donc une plus grande stabilité.
des diplômés de l’enseignement su- d’entre eux sont détenteurs d’un
Par ailleurs, le tissu associatif, en
périeur dans ces professions a tou- diplôme de l’enseignement supé-
essor depuis 1982, offre ainsi un
tefois progressé continuellement. rieur. Deux sur cinq ont plus de 45
débouché supplémentaire à ces pro-
De 34% en 1982, elle atteint 63% ans. Ils sont pour la plupart des
fessions, qui sont 21% à travailler
en 1999. hommesetexercentplusparticu-
dans des associations en 1999,
Ces indépendants sont également lièrement en province.
contre 7% seulement en 1982.
plus âgés que la moyenne. Ils travail-
lent véritablement dans leurs cœurs HypertrophieLes métiers d’art :
de métier : les activités d’architec-
de la région franciliennecompétences techniquesture, de photographie et les activités
La répartition des emplois dansrequisesartistiques.
les fonctions culturelles entre ré-Parmi les artisans d’art et les ou-
gions françaises fait apparaîtrevriers d’art, seulement 12,5%Les professions du patri-
une forte concentration dansd’entre eux sont diplômés de l’ensei-moine, des musées et des
trois d’entre elles : Île-de-Francegnement supérieur. Ces métiers àarchives, et les profes- (46%), Rhône-Alpes (8,4%)etdominante technique impliquent des
seurs d’art : place aux Paca (6,7%), qui regroupentdiplômes à dominante technique
61,1% des emplois en 1999.femmes également. Le CAP est ainsi détenu
Parmi les professions du patri- parplusdu tiers desartisansetou- En 1999, avec près de 6 200 em-
moine, des musées, des archives vriers d’art. La moitié d’entre eux plois dans les fonctions culturelles,
et de l’enseignement artistique, sont non salariés, à la tête de peti- soit 0,8% de l’emploi régional, la
Ratio emploi culturel
par département en 1999
Ratio emploi culturel =
(emploi culturel / population) * 1000
Fait avec Philcarto - http://perso.club-internet.fr/philgeo Source : Insee - Recensement de la population de 1999
3Lorraine se situe au douzième la moitié d’entre eux travaillentSavoir plus :
rang des régions françaises. De dans cette zone d’emploi.
parl’importancedelapresse quo- Entre 1982 et 1999, l’emploi cul--L’économiedelaculture en Europe,
tidienne locale, les établissements
KEA European Affairs, Media Group, turel en métropole a été multiplié
tels que le RÉPUBLICAIN LORRAIN àMKW Wirtschaftsforschung GmbH par 1,7, soit 134 000 emplois
pour la Commission européenne, no- Woippy ou encore l’EST RÉPUBLICAIN supplémentaires. La région
vembre 2006. à Houdemont regroupent de nom- Île-de-France a contribué pour
- L’emploi dans le secteur culturel en breux emplois culturels. Par moitié à cette croissance. En Lor-
2004, Frédérique Patureau, Yves contre, les autres fonctions cultu- raine, l’emploi culturel progressaitJauneau, les Notes de l’Observatoire
relles se répartissent dans de
de l’Emploi Culturel, n°44, mai 2006. de 38,7%, tandis que l’emploi to-
nombreux petits établissements :
- Secteur culturel, métropolisation tal diminuait de 5,7%. En Lor-
centres socioculturels, compagnieset centralités urbaines : le cas de raine, comme au niveau national,
l’Île-de-France, Catherine Baumont, de théâtre, écoles de musique, ca- le domaine de l’audiovisuel et des
Céline Boiteux-Orain, Université de binets d’architectes, etc. spectacles est en nette progres-
Bourgogne, septembre 2005.
En termes d’inégalité de réparti- sion.Lenombredeprofesseurs
- Toute la méthodologie associée à
tion des emplois culturels, la Lor- d’art augmente également. Il estcette étude est disponible dans la
version électronique de la publica- rainenefaitpas exception. En multiplié par deux entre 1982 et
tion : effet, la zone d’emploi de Nancy 1999 et devient la profession cul-
http://www.insee.fr/fr/insee_re- rassemble le tiers des emplois turelle la plus représentée en Lor-
gions/lor/publi/pub_elect/
culturels. Si on lui ajoute celle de raine en 1999.
EL127/EL127.htm
Metz, ces deux zones d’emploi re-
groupent à elles seules plus de la
Typologie : les six groupes de fonc-
moitié des emplois culturels lor-tions culturelles décrits dans l’étude Laurence LABOSSE
ont été déterminés grâce à une ana- rains, notamment dans le spec-
lyse en composantes principales tacle vivant et l’audiovisuel. À
suivie d’une classification ascendante Nancy, on trouve également
hiérarchique, menées sur les don-
beaucoup d’architectes. Près de
nées au niveau France métropolitaine
en 1999. Chaque groupe rassemble
des fonctions culturelles qui se res-
Une nouvelle nomenclature : les fonctions culturellessemblent, mais qui sont suffisamment
éloignées de celles d’un autre groupe, Pour étudier l’emploi culturel, trois approches sont possibles. La première
d’après des caractéristiques telles est une approche par profession. La nomenclature des professions et caté-
que l’âge, le sexe, le diplôme, la région gories socioprofessionnelles (PCS) est organisée en 455 postes, parmi les-
d’emploi, le contrat de travail et le quels une sélection de 24 postes est effectuée pour reconstituer les
temps de travail. professions culturelles, qui constitue la nomenclature officielle du DEPS (Dé-
partement des Études, de la Prospective et des Statistiques du Ministère de
Ministère de l’Économie, la culture et de la communication). L’inconvénient de cette approche est que
de l'Industrie et de l'Emploi toutes les professions culturelles ne sont pas forcément exercées dans des
Insee secteurs d’activité dits culturels. Par exemple, de nombreuses professions
Institut National de la Statistique culturelles sont exercées dans des entreprises dont l’activité principale n’est
et des Études Économiques pas culturelle (exemple : ‘’organisations associatives non classées ailleurs’’).
Direction Régionale de Lorraine La deuxième approche est une approche par secteur d’activité. Elle s’inté-
15, rue du Général Hulot
resse aux emplois dans les entreprises et organismes dont l’activité princi-
CS 54229
pale (définie par la NAF) est relative à la culture. L’inconvénient est alors que
54042 NANCY CEDEX
tous les actifs du secteur culturel n’exercent pas nécessairement une profes-
Tél :03 83 91 85 85
sion culturelle, exemple des secrétaires ou des comptables qui peuvent exer-
Fax :03 83 40 45 61
cer leur métier dans un secteur culturel.www.insee.fr/lorraine
La troisième vise à adopter une logique fonctionnelle, autrement dit croiser
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
professions et activités. Nous avons choisi d’adopter cette logique fonction-
Jean-Paul FRANÇOIS
nelle dans notre étude.
Directeur régional de l’Insee
Afin de définir au mieux le champ des fonctions culturelles, nous avons choisi
COORDINATION RÉDACTIONNELLE de nous attacher à la problématique suivante : quels sont les secteurs d’acti-
Christian CALZADA vité employeurs des professions culturelles ?
Gérard MOREAU
Étant donné que les contenus des nomenclatures, professions et activités,
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET ont la particularité d’évoluer dans le temps, l’analyse des dynamiques sur la
RELATIONS MÉDIAS période 1982-1999 nous a conduit à figer une nomenclature, celle des pro-
Jacqueline FINEL fessions (champ DEPS), qui a en outre l’avantage de pas avoir évolué sur la
période, contrairement aux nomenclatures d’activités (Nap 600, Naf 700).
RÉDACTRICE EN CHEF
La méthode consiste alors à croiser les 24 professions “culturelles” (DEPS)
Agnès VERDIN
avec des secteurs dits “créatifs”, avec pour objectif d’aboutir à une nouvelle
nomenclature fonctionnelle. Les secteurs “créatifs” sont les secteurs d’activi-SECRÉTARIAT DE FABRICATION
té dans lesquels le nombre de professions culturelles est supérieur à 100 etMISE EN PAGE - COMPOSITION
la part des personnes exerçant une profession culturelle supérieure à 2,5%,Marie-Thérèse CAMPISTROUS
et ce pour les années 1982 et 1999. Étant donné que les nomenclaturesMarie-Odile LAFONTAINE
d’activités ont évolué entre 1982 et 1999, des regroupements de secteurs
ISSN : 0293-9657
d’activité ont été opérés.
© INSEE 2008
4

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.